Tag: Montpellier

  • À Montpellier, une semaine pour promouvoir un message de paix

    À Montpellier, une semaine pour promouvoir un message de paix

    Nous sommes dans un basculement. On considère qu’il y a un recul des notions de liberté et d’égalité dans le monde avec des rapports de force qui se sont accentués car nous sommes dans un système capitaliste en crise, qui n’a plus comme ressource que la guerre », soupire Bénédicte Rougy, membre du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap). Alors pour réaffirmer un soutien à la paix, est organisée à Montpellier pour la troisième fois la Semaine de la paix avec plusieurs manifestations, conférences-débat, projections de film.

    Un événement proposé par le collectif éponyme, regroupant une pléthore d’associations et syndicats tel que le comité montpelliérain du mouvement pour la paix, la LDH, l’AFPS 34, la FSU, la CGT Retraités, etc. Premier rendez-vous est donné dimanche 21 septembre pour la Journée internationale de la paix.

    Au programme, une manifestation pacifiste au départ de l’office de tourisme (16h) dans un contexte d’abandon du droit international, comme le montre notamment le génocide en cours à Gaza. « Il ne peut y avoir de paix sans justice, basée sur le droit international et son respect. Or, au Proche-Orient, un État est devenu un État voyou, qui ne respecte aucune résolution de l’ONU dont il est membre. Son dirigeant est sous mandat d’arrêt international et est en train de commettre un génocide devant les yeux du monde entier. Il se livre à la piraterie en Méditerranée à l’égard des flottilles qui essaient d’exprimer leur solidarité vis-à-vis de la Palestine », insiste Évelyne Duval de l’Association France Palestine solidarité (AFPS 34).

    80 ans d’Hiroshima

    La manifestation sera par ailleurs précédée par la projection du documentaire Innocence, réalisé par l’Israélien Guy Davidi (11h, au cinéma Utopia). « Il a récupéré des vidéos de familles israéliennes où l’on voit six jeunes instrumentalisés dès l’école, ils dessinent des chars, etc. Dès le départ, on montre que ces enfants ne sont pas manipulables, différents. Les enfants grandissent jusqu’au service militaire où ils finiront par se suicider, ne voulant pas être complices du gouvernement », détaille Monique Serot-Chaïbi, de l’AFPS 34. Un débat suivra la projection, animé par l’historienne Sophie Besis.

    Mais la semaine de la paix ne se focalise pas uniquement sur la situation au Proche-Orient. Également au programme, une conférence portant sur les guerres et la violence du système global, une nouvelle fois animée par Sophie Besis, mais cette fois-ci épaulée par le doctorant en droit public et membre de la LDH, Logan Girard (lundi 22 à 18h, avenue Saint-Charles). « Aujourd’hui on peut se poser la question de la violence comme mode d’organisation de la société et finalement la force. Il faut interroger ces notions pour bien les prendre en compte. L’important est de diffuser le plus largement ce message de paix, même si avec tout ce qui se passe dans le monde, notamment en Russie, est quand même particulièrement inquiétant », fait valoir Sophie Mazas, membre de la LDH de l’Hérault.

    Cette édition de la Semaine de la paix coïncide également avec la commémoration des 80 ans d’Hiroshima et Nagasaki. En ce sens, un hommage est organisé le vendredi 26 septembre à Plan-Cabanes à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires. Au programme, une agora littéraire (15h), des témoignages sur cette catastrophe (17h30) ainsi qu’un débat portant sur le désarmement nucléaire avec Didier Latorre, représentant de Arrêt du nucléaire 34 (18h). « Les gens n’imaginent même pas le danger que représente la course au nucléaire. Notre rôle dans la semaine est d’informer sur ces enjeux, ne pas faire que ce soit des impensés », insiste Martine Ragonnet du Mouvement de la paix. En somme, une semaine pour prendre conscience de l’importance cruciale de la paix.

    Programme complet à retrouver sur lacarmagnole.fr.

  • « La Méditerranée est capable de faire naître des monstres météorologiques »

    « La Méditerranée est capable de faire naître des monstres météorologiques »

    « C’est un changement de posture que nous avons initié depuis 2020. Il consiste à assumer pleinement le fait que nous sommes un territoire à risques, donc à sortir de l’image du Montpellier carte postale. Le risque principal étant que le citoyen n’est pas assez préparé », estime Sébastien Cote. Comme chaque année à la fin du mois d’août, période charnière entre la saison des feux et celle, à venir, des épisodes méditerranéens, l’adjoint à la protection de la population et à la tranquillité publique a réuni les partenaires locaux de la collectivité pour une conférence de presse de sensibilisation au risque pluie-inondation qui s’annonce.

    « À Montpellier, nous avons chaque année 50 000 personnes qui changent de lieu d’habitation : 25 000 qui arrivent, avec une image de la Méditerranée qui est celle de la carte postale ; et 25 000 Montpelliérains qui changent d’habitation au sein de la ville, sans, le plus souvent, s’informer suffisamment sur le nouveau territoire sur lequel ils s’installent », explique Sébastien Cote. Or en seulement quelques heures, des précipitations équivalentes à plusieurs mois peuvent s’abattre, provoquant, à certains endroits, des inondations par débordements de cours d’eau, des crues torrentielles ou un ruissellement pluvial. Il y a 10 ans, en 2015, deux personnes étaient décédées à Montpellier.

    Ces épisodes méditerranéens sont rendus propices par la température élevée de la mer, qui constitue leur carburant. « Le 26 août, sur l’ensemble du bassin méditerranéen, on était, en valeur médiane, près de 30 degrés. Soit plus que le record de 29,6 degrés relevé l’année dernière à la même période », indique Alix Roumagnac, expert en risques météorologiques et président de la société Predict Services. « Le dôme de chaleur qui nous touche reste bloqué sur la Méditerranée pendant quasiment tout l’été. C’est une vraie cocotte-minute. Donc quand une dépression arrive là-dessus, elle s’alimente en énergie. La Méditerranée est capable de faire naître des monstres météorologiques », insiste-t-il.

    Des outils pour anticiper

    Seule façon d’en contenir les conséquences : connaître ce risque, s’y être préparé et observer scrupuleusement les consignes de sécurité. En effet, l’épisode Méditerranée survenu en octobre dernier à Valencia, en Espagne, a fait 200 victimes alors même que le territoire avait été placé en vigilance rouge. « L’événement avait été identifié. Malgré ce, les gens ont continué à vivre normalement, à circuler, à aller faire des courses dans des grands magasins en zone inondable, magasins qui leur ont dit d’aller chercher leurs véhicules garés dans les parkings en sous-sols… autant de choses inverses à ce qu’il faut faire », souligne Alix Roumagnac.

    « Il faut savoir que 75% des décès ont lieu en vigilance orange », ajoute Sébastien Cote, selon lequel « 82% des Français se disent pas assez préparés à faire face à une catastrophe ». D’où l’importance, insiste-t-il, de « l’acculturation au risque. C’est la clé. Les citoyens doivent être les acteurs de leur propre sécurité. Notre travail de collectivité, c’est de mettre leur disposition le plus d’outils possible pour anticiper ce qui va arriver. Car je ne sais pas quand ça va arriver, mais ça va arriver. L’an dernier, c’est tombé sur Valencia, mais ça peut tomber sur Montpellier. »

    Chaque citoyen peut ainsi, sur l’onglet dédié aux risques majeurs du site internet de la Ville, connaître les risques et menaces auxquels il est exposé au plus près de son lieu de vie ou de travail, grâce à une cartographie interactive. Un guide pratique des risques majeurs est également disponible dans les principaux équipements de la collectivité (mairiesde proximité, maisons pour tous, médiathèques…). La Ville propose également un service gratuit de téléalerte par SMS et/ou par mail*. « Hélas, seuls 5 600 Montpelliérains sont inscrits », déplore Sébastien Cote.

    La collectivité a également créé, en 2021, une réserve citoyenne qui compte aujourd’hui 64 volontaires bénévoles formés par le Sdis et la Croix rouge. Ils sont chargés de mener des actions de sensibilisation et peuvent intervenir en appui des services sollicités en cas d’événement exceptionnel.

    À noter également que la Croix rouge recommande à chacun de constituer un kit d’urgence pour être autonome durant les 72 premières heures de la crise, comprenant notamment des médicaments, du matériel de première nécessité (comme une lampe de poche ou des bougies, le principal risque étant la coupure d’électricité), une copie de ses papiers d’identité, quelques vêtements ainsi que des bouteilles d’eau et des denrées non périssables.

    * montpellier.fr/telealerte

  • « On ne peut pas agir seul face au suicide. Il faut demander de l’aide »

    « On ne peut pas agir seul face au suicide. Il faut demander de l’aide »

    À l’occasion de Septembre jaune, mois dédié à la prévention du suicide, le CHU de Montpellier propose des stands d’information ouverts au grand public. Les prochains auront lieu mercredi 17 de 9h à 16h dans le hall d’Arnaud de Villeneuve et mercredi 24 de 9h à 16h dans le hall de Gui de Chauliac.

    La Marseillaise : Le 10 septembre, journée internationale de prévention du suicide, s’inscrit dans un mois de mobilisation plus large baptisé Septembre jaune.
    La prévention dans ce domaine s’avère-t-elle efficace ?

    Lucile Villain : On dénombre à peu près 9 200 décès par suicide chaque année en France, ce qui représente 13,3 personnes sur 100 000. La prévention fonctionne, puisqu’avec les différentes actions mises en place depuis les années 2000, on enregistre une diminution de 33% de ce taux de décès par suicide. Ces dernières années, on note néanmoins une stagnation de cette baisse.

    Une des raisons est le tabou que représente le suicide : c’est encore un sujet très peu abordé à l’échelle de la société, de même qu’à l’échelle restreinte, amicale. C’est quelque chose qu’on ne va pas questionner. Souvent, les gens voient qu’il y a un mal-être mais ne savent pas comment aborder les choses. Nous voulons faire passer l’idée qu’il est important de demander de l’aide. Le suicide, c’est le drame d’une souffrance qui n’a pas été entendue. Mais ce n’est pas une fatalité. Les 9 000 décès par an doivent être mis au regard des 200 000 tentatives de suicide et des 3 millions de personnes qui ont des idées suicidaires. Entre ceux qui ont des idées suicidaires et ceux qui en décèdent, il y a un énorme fossé, ce qui signifie que la très grande majorité des personnes arrivent à trouver de l’aide et à aller mieux. Que l’on soit médecin, personne concernée ou proche, on ne peut pas agir seul face au suicide.

    L’idée est donc d’inciter les gens
    à oser sortir du silence
     ?

    L.V. : Oui, il faut libérer la parole autour du suicide et des idées suicidaires pour que ceux qui sont en souffrance puissent trouver des oreilles attentives et que ceux qui perçoivent une souffrance chez leur proche sachent qu’on peut parler de ce sujet-là, que ce n’est pas ça qui va générer des idées suicidaires, bien au contraire ; ça va contribuer à rompre l’isolement.

    La première façon d’aider, c’est déjà de montrer qu’on est dans le souci de l’autre, pas dans le jugement. Le simple fait de dire : « J’ai l’impression que ça ne va pas en ce moment, que tu es en souffrance » peut permettre d’ouvrir le dialogue.

    Comment fonctionne ce numéro national de prévention du suicide créé il y a 4 ans, en 2021 ?

    L.V. : Il s’agit d’une ligne de recours disponible 24h/24, 7 jours sur 7 qui s’adresse aux gens en souffrance, à leurs proches ainsi qu’aux professionnels en contact avec des personnes en détresse. La spécificité, c’est que ce sont des professionnels, infirmiers et psychologues, qui répondent. On fait une évaluation et selon cette évaluation, on va orienter au mieux. S’il y a des éléments d’inquiétude, on va orienter vers les services d’urgence voire vers le Samu si on estime qu’il y a un risque de passage à l’acte imminent. Si on voit qu’il y a la nécessité d’un suivi, on va réorienter selon les structures géographiquement disponibles autour de la personne. Parfois, on peut aussi orienter les gens vers des associations. Tout dépend de la problématique identifiée.

    Le lancement de ce numéro national, en 2021, est-il en lien avec la période du confinement, pendant laquelle on a davantage parlé de santé mentale ?

    L.V. : C’était une demande que les professionnels de la prévention du suicide portaient depuis longtemps. Les lignes de recours comme celle-là existent dans de nombreux pays, mais
    il n’y en avait pas en France. Effectivement, le contexte de Covid et l’accent qui a été mis sur la santé mentale et la nécessité de mener des actions de prévention ont permis d’accélérer les choses.

    Qu’en est-il de la santé mentale des jeunes ?

    L.V. : Selon de récentes études, 15% des jeunes déclarent aller mal. Je pense que ce qu’il faut dire aussi, c’est qu’il y en a quand même 85% qui vont bien !

    Il y a effectivement un mal-être, mais est-ce qu’il est plus important qu’avant ? Je ne suis pas sûre, car à l’époque on ne les questionnait pas autant sur leur santé mentale. Ce qui est positif, c’est qu’il y a, chez les jeunes, une augmentation des indicateurs de prise en charge aux urgences, de consultation, de sollicitation des associations. Cela veut dire qu’ils vont chercher de l’aide. Et ça c’est vraiment bien, car ce n’est pas le cas des générations précédentes. Les chiffres montrent que les personnes qui décèdent le plus par suicide sont les hommes de 40-55 ans et ceux de plus de 85 ans, qui ne vont pas ou très peu consulter. Ce qu’il faut regarder aussi, c’est le nombre de décès par suicide de cette tranche d’âge : il reste stable et ça reste la population qui décède le moins par suicide.

  • L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    Si bien des syndiqués se sont joints à l’appel citoyen du 10 septembre pour « tout bloquer », les syndicats n’étaient pas vraiment partie prenante, même si le mouvement était soutenu par la CGT et SUD. « Le blocage du pays ne peut se faire que par la grève, pas en bloquant des ronds-points », estime pour sa part Gilbert Fouilhé (FO 34).

    Jeudi 18 septembre, ce sera justement au tour des syndicats d’entrer pleinement dans la contestation sociale. Une journée de grèves et de manifestations* à l’appel d’une intersyndicale pour la première fois au complet depuis 2023 et le grand mouvement contre la réforme des retraites finalement passée en force via le 49-3. Si à l’époque l’épisode jugé anti-démocratique avait amené démobilisation voire résignation l’année suivante, il semble avoir été digéré et les troupes semblent à nouveau gonflées à bloc. « Une journée intersyndicale aussi tôt à la rentrée, c’est le signe de quelque chose qui va durer », professe Sébastien Audebeau, secrétaire de la FSU 34.

    Rien que dans l’Hérault, une cinquantaine d’appels à la grève public/privé sont déjà recensés le 18 septembre. De là à dire que des débrayages reconductibles vont s’enchaîner et réussir à faire fléchir le nouveau gouvernement Lecornu, il y a un pas. « Nous n’avons pas de bouton pour déclencher les grèves. Ce serait présomptueux d’annoncer tel ou tel mot d’ordre. Nous attendons les remontées de terrain, nos bases nous diront », tempère Franck Mary-Montlaur (FO 34). « L’intersyndicale a déjà prévu de se revoir. Mais ce n’est pas une journée de grèves qui suffira à faire plier le gouvernement », prévient le Sébastien Boudesocque pour la CGT 34.

    Ce qui est sûr c’est que tous les ingrédients de la colère sont là : une précarité grandissante et des solutions toujours plus austéritaires proposées par les gouvernements d’Emmanuel Macron au mépris du résultat des urnes. Mais plutôt que de réclamer le départ du chef de l’État ou de cibler son nouveau Premier ministre, l’intersyndicale appelle à un changement de leurs choix politiques.

    Redistribution des richesses

    À commencer par la question des salaires et des pensions à revaloriser. « Depuis 2010 et le gel du point d’indices des fonctionnaires, les collègues ont perdu 15 à 20% de pouvoir d’achat », calcule Sébastien Audebeau (FSU 34). Même tendance baissière du côté des cadres, insiste Frédéric Thieffy, président de la CFE-CGC 34. « Les entreprises privilégient l’actionnariat à l’encadrement. Le ruissellement à la baisse touche aussi les cadres. Il faut aussi arrêter de taper sur les retraités qui ont travaillé et cotisé toute leur vie. »

    Bref, « Les sacrifices pour
    le monde du travail, ça suffit
     ! », synthétise Sébastien Boudesocque. À la récurrente problématique de la dette, le cégétiste répond que des alternatives existent à l’image des 211 milliards d’euros annuels distribués aux entreprises sans contrepartie. « La part du PIB passé de la poche des travailleurs à celle du patronat est passée de 6 à 40%. » « La France est l’un des pays qui compte le plus de milliardaires où la rémunération du CAC40 est le plus élevée. Le monde du travail en a marre d’être les vaches à lait », abonde Franck Mary-Montlaur (FO 34). « De moins en moins de gens vivent dignement de leur travail. On a besoin d’une autre répartition des richesses, marre des miettes plutôt que la baguette », illustre Marie-Pierre Zabalète, co-secrétaire de Solidaires 34.

    Services publics à l’os

    L’inquiétude est tout aussi grande sur l’avenir des services publics. « Il y a une déconnexion entre les gouvernants et la réalité du terrain. Ils mettent en difficulté de fonctionnement les services publics, ce qui génère un sentiment de manque de reconnaissance », déplore Grégoire Delattre, secrétaire académique de l’Unsa. L’école et l’hôpital se disent particulièrement à l’os. « Certaines AESH sont rémunérées sous le seuil de pauvreté. On nous parle de ne pas remplacer un tiers des départs à la retraite », s’indigne Sébastien Audebeau (FSU) sans parler de la crise des vocations dans l’Éducation nationale qui a besoin « d’emplois pérennes ». Au CHU, « tout va mal, la colère monte. On a eu le Ségur, il faut passer à autre chose, on a besoin de ratios soignants/soignés », abonde Pierre Renard (CGT). Du côté de la CFTC enfin, Sylvie Bernard alerte aussi sur le besoin de justice sociale. « Pendant le Covid, on a vu le rôle d’amortisseur de la Sécu. Depuis 2019, il y a un durcissement des conditions d’accès à France Travail. Or, le chômage nous pend au nez à tous. »

    * À 10h30 place Albert 1er
    à Montpellier.

    À 14h30 haut des allées
    Jean-Jaurès à Nîmes.

  • La création contemporaine au service de la solidarité

    La création contemporaine au service de la solidarité

    Soutenir à la fois la création contemporaine et la solidarité. C’est le but du salon Solid’Art, au cours duquel une centaine d’artistes se mobilisent en faveur du Secours populaire dans l’objectif de récolter des fonds destinés à permettre aux enfants accompagnés par l’association de partir en vacances et d’accéder à la culture et aux loisirs.

    Née à Lille en 2015, la manifestation -également déclinée à Paris- existe depuis 2018 à Montpellier, où elle s’est fait une place dans le paysage culturel local. « Il y a 8 ans, le premier salon faisait 200m². Aujourd’hui on est installés sur 2 000m², avec une centaine d’artistes invités et 5 000 visiteurs attendus », indique le fondateur et directeur de ce salon d’art contemporain solidaire, Florian Neveu. Preuve du succès de la manifestation, « on reçoit plus de 300 candidatures chaque année », parmi lesquelles un jury présidé par Numa Hambursin, directeur du MoCo (Musée d’art contemporain de Montpellier), opère une sélection.

    « Les artistes sont présents »

    Ils sont 90 (peinture, photographie, street art, sculpture…), la plupart issus de la région (Sunra, Oups, Prooz, Noon, Sodade, Bella Bah…), à avoir été retenus pour cette nouvelle édition qui se déroulera du 19 au 21 septembre au Zénith Sud de Montpellier. Après Hervé Di Rosa, Nasty, Franck Noto, M. Chat, JonOne, c’est au tour de Maye, « jeune prodige montpelliérain du graffiti », de parrainer cette 8e édition. « Il fait un travail de projection assez poétique. Ses toiles sont un peu une alerte : il peint le monde dans 50 ans si on ne fait rien face aux enjeux sociaux et climatiques. C’est un artiste côté, qui a explosé à l’international », détaille Florian Neveu. Présent tout au long du salon, Maye proposera une performance en ouverture.

    Le principe de la manifestation est le suivant : « L’entrée est gratuite dans l’idée de favoriser l’accès à la culture. Ensuite, chaque vente d’œuvre d’art s’accompagne d’un don au Secours populaire. Ainsi l’artiste est rétribué et on collecte des dons pour l’association par la même occasion. » L’an dernier, 120 000 euros ont ainsi été récoltés au profit du Secours populaire de l’Hérault, un record depuis la naissance de Solid’art dans le département.

    « La force du salon, c’est que les artistes sont présents. On peut les rencontrer, leur poser des questions, les voir travailler en direct, comprendre leur démarche », souligne Florian Neveu. Sans oublier toute une partie animation, « avec des ateliers participatifs, des initiations à la sérigraphie, des ateliers collage, pochoirs… » Enfin, un « petit banquet sétois » sera proposé aux visiteurs avec le soutien de conchyliculteurs du Bassin de Thau.

    * Vendredi 19 septembre : 14h–22h ; samedi 20 : 11h–20h ; dimanche 21 : 10h–19h. Entrée gratuite.

  • La Région met la main à la poche pour les associations

    La Région met la main à la poche pour les associations

    Le secteur associatif tire la langue. Premières victimes de la cure d’austérité ayant frappé les collectivités territoriales de plein fouet, les associations doivent maintenant se plier en quatre pour garder la tête hors de l’eau. Avec 160 000 structures en Occitanie, ces dernières représentent un pan non négligeable de l’économie régionale, avec pas moins de 5 milliards d’euros de budget cumulé. Dès lors, il devient nécessaire de sauver le secteur. « Les choix budgétaires 2025
    -que ce soit pour les associations ou les collectivités- ont entraîné l’aggravation des difficultés et posent des problèmes. Nous avons souhaité maintenir nos politiques publiques, bien qu’il y ait eu une baisse budgétaire de 5%. Mais nous avons amplifié nos relations politiques pour être le plus efficace possible avec les associations
     », soutient Pierre Lacaze, vice-président PCF de la Région, chargé de la vie associative. Comprendre, plus les associer sur le processus de décision. « Le réseau associatif a un rôle considérable dans la République, c’est un interlocuteur à part entière pour travailler les politiques publiques », poursuit le vice-président.

    Malgré cette baisse, l’Occitanie contribue à hauteur de 33 millions d’euros pour le secteur associatif. Et lance pour la seconde année un appel à projets « pour une Région Occitanie plus inclusive et solidaire » d’une enveloppe de 700 000 euros, qui bénéficiera à 134 lauréats.

    13 000 emplois menacés

    Parmi eux, l’Association d’entraide et de reclassement social (AERS), qui lutte contre l’exclusion – 40 000 personnes ont été aidées dans l’Hérault. « Nous avons créé un partenariat avec d’autres associations pour la collecte et la distribution des produits de première nécessité hors alimentation. Les petites et moyennes associations sont souvent confrontées à des problèmes de logistique et cette synergie a permis de distribuer 220 000 produits », détaille Charlotte Cedo, directrice générale de l’AERS. Grâce à ce dispositif, pas moins de 700 000 euros auraient été économisés.

    L’appel à projets bénéficie également au mouvement associatif de l’Occitanie, qui œuvre à accompagner les associations sur le territoire et représente près de la moitié des structures régionales. « Nous avons lancé plusieurs dispositifs, dont Prev’asso pour accompagner les associations au bord d’une procédure judiciaire. Dépendant des tribunaux judiciaires, les associations n’ont pas d’interlocuteur quand elles sont en mauvaise santé financière. L’idée était de proposer un espace avec des professionnels pour échanger afin de faciliter la prise de décision en ayant une meilleure visibilité sur leur modèle économique », développe Erwann Favre, délégué régional du mouvement. Une aubaine pour le secteur, car près de 13 000 emplois associatifs seraient menacés en Occitanie. Au vu de leur apport dans la société, il est primordial de les sauver.

  • La Mosson ouvre la campagne municipale

    La Mosson ouvre la campagne municipale

    Quel remue-ménage. Le club de Montpellier range-t-il les plans, les rêves de nouveau stade pour rester à la Mosson ? S’apprête-t-il à suspendre, de force plus que de gré, son déménagement, envisagé en 2014 à la suite d’une seconde inondation en dix ans ? C’est tout au moins
    le sens de la promesse du
    maire et président de l’Agglomération Michaël Delafosse ainsi que la colère de Jean-Pierre Rico, maire de Pérols prêt à accueillir le stade Louis-Nicollin du côté de l’Arena.

    Lors de l’inauguration des Cuves gourmandes le 4 septembre, l’élu de Pérols, vice-président de la Métropole, s’est ouvertement agacé des intentions du maire de Montpellier, à sept mois des élections municipales (15 et 22 mars). « Le président de la Métropole [Michaël Delafosse] va officiellement annoncer au mois d’octobre où sera le stade de foot. Comme je ne suis pas associé à la démarche, je vous dis ce qu’il en est : le stade sera à la Mosson », s’est-il emporté dans une vidéo filmée par Laurent Jaoul, maire de Saint-Brès.

    Depuis un an et demi, un projet se faisait jour du côté de la Sud de France Arena, aux mains de la Région Occitanie de la présidente Carole Delga et de son fidèle vice-président en charge des sports Kamel Chibli. Il était question d’associer la rénovation du Parc des Expos, situé sur la commune de Pérols, et la construction d’un nouveau stade.

    Ce dossier avait valeur de dernière chance après l’abandon du projet de Cambacérès. Imaginé par Philippe Saurel, le lieu avait été délocalisé après 2020 par son successeur Michaël Delafosse du côté d’Ode à la mer, aux abords d’un espace commercial sur la commune de Lattes.

    M.Delafosse était associé au projet à la Sud de France Arena sans en être acteur dans la mesure où il s’est engagé lors de son premier mandat pour un stade 100% privé.

    Aujourd’hui, désire-t-il reprendre en main le dossier du stade Louis-Nicollin ? Tout comme Georges Frêche, maire de Montpellier (1977-2004) et ex-mentor, Michaël Delafosse se refuserait à quitter le quartier de la Mosson. Fin août, lors de la conférence de presse de rentrée, il avait promis de révéler début octobre le choix du nouveau site.

    Jean-Pierre Rico a éventé le secret et s’est insurgé sur le montant de l’investissement, de l’ordre de 70ME, pour prévenir toute inondation. « Et je ne voterai pas cela lors de la prochaine mandature. Je ne jetterai pas 70 millions d’euros dans la Mosson », a-t-il promis.

    Pour l’heure, le président du Montpellier Hérault Sport Club Laurent Nicollin se réfugie dans le silence. Et semble spectateur d’un nouveau retournement politique après les choix de Saurel, Delafosse et de la Caisse des dépôts, qui avait abandonné son aide à hauteur de 100ME.

    Le dirigeant du foot montpelliérain et de l’entreprise Nicollin, en charge du traitement des déchets, va attendre le mois d’octobre de connaître les intentions de Michaël Delafosse. Pour la troisième fois, après 2014 et 2020, le futur stade Louis-Nicollin sera un enjeu du scrutin. Il y revient cette fois d’une manière plutôt inattendue.

    Par ailleurs, les services de la Métropole ont pris contact avec les dirigeants du MHB, selon le président Julien Deljarry et fils du président de la CCI, pour envisager une évolution du palais des sports Bougnol, rebaptisé FDI stadium, alors que Christian Assaf avait réduit à néant toute nouvelle construction ou aménagement en février dernier. « La situation économique ne nous permet pas de faire une salle à 100M d’euros telle qu’elle était prévue en lieu et place du Zénith », avait soufflé le vice-président de la Métropole, en charge des sports.

    Enfin, Michaël Delafosse ferraille à l’heure actuelle avec le président du MHR Mohed Altrad, candidat déchu aux dernières élections municipales, au sujet du Complexe du Manoir, et du Septeo stadium. En février dernier, l’équipe dirigée par le manager Joan Caudullo avait été contrainte de jouer à Béziers deux rencontres de Top 14 en raison de l’état déplorable de la pelouse, à la charge de la mairie.

    Désireux de construire la maison du rugby, Altrad multiplie les plaintes sur la dégradation du Complexe Du Manoir, inauguré en 2007 en marge de la Coupe du monde de rugby. Sans nul doute, il va revenir à la charge et menacer de quitter du Manoir. Pour aller à Pérols ? Le Stade, ou les stades, s’invitent une fois encore dans les urnes. Et ouvrent la campagne. Quel remue-méninges.

  • [Bloquons tout] À Montpellier, joli succès pour le 10 septembre

    [Bloquons tout] À Montpellier, joli succès pour le 10 septembre

    Les drapeaux et pancartes étaient de sortie, à Montpellier, sur une place de la Comédie noire de monde. Plusieurs milliers de personnes -6 000 selon la préfecture, 10 000 selon les organisateurs- dont beaucoup de jeunes s’étaient retrouvées à la suite de l’appel du 10 septembre. Si plusieurs rassemblements ont eu lieu dans l’Hérault, notamment à Béziers, Sète ou encore à Bédarieux, c’est sans aucun doute dans la capitale héraultaise que la contestation a été la plus forte. Blocages de ronds-points, de tramway, de lycées et de l’université Paul-Valéry -néanmoins partiel, les étudiants pouvaient se rendre dans les amphithéâtres- autant d’actions pour exprimer le ras-le-bol général qui couvait depuis longtemps. À l’instar d’Andrée et de Jacques, venus sur la place de la Comédie. « Cela fait des années que l’on bat le pavé mais je crois qu’on touche le fond. Le déni démocratique d’Emmanuel Macron, la violence d’État, la mise à bas de nos services publics, on commence à être vraiment en colère », soutient Andrée, qui fait d’ailleurs partie du collectif citoyen du Nouveau Front populaire (NFP) du quartier des Beaux-Arts. « Emmanuel Macron se fout de nos revendications telles que l’abrogation de la réforme des retraites, l’augmentation des budgets dans la Santé, l’Éducation. Et Sébastien Lecornu comme Premier ministre, c’est une nouvelle provocation », renchérit Jacques.

    Demande de changement

    En effet, pour beaucoup de manifestants, la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon le 9 septembre est venue rajouter de l’huile sur un feu. « Cette nomination n’est pas en accord avec le résultat des élections législatives de 2024 [où le NFP était arrivé en tête, Ndlr]. Cela montre que l’on n’est pas entendus », soupire Sébastien, étudiant à l’université Paul-Valéry. Renforçant le sentiment de déconnexion des dirigeants. « Sébastien Lecornu n’est pas un changement de politique, c’est la garde rapprochée d’Emmanuel Macron. Ils vont sûrement aller chercher un compromis avec l’aile droite du PS tout en continuant de taper comme des brutes sur l’immigration, la sécurité. Si on veut un changement de politique, il nous faut un changement de gouvernement, voire la démission du président », fait valoir André Dechot, délégué syndical CGT à la mission locale de Montpellier.

    Une demande de changement de politique qui revient souvent dans la bouche des manifestants, passant notamment par une revalorisation des services publics. « L’hôpital est à bout de souffle, il nous faut plus de moyens si l’on veut soigner dans la dignité et la sécurité. Ce qui permettrait aussi de donner envie aux jeunes de travailler », observe Fatima, secrétaire administrative au Centre hospitalier universitaire de Montpellier.

    Face à des dirigeants faisant la sourde oreille aux demandes populaires, l’instauration d’un nouveau rapport de force est primordiale pour se faire entendre. « À l’heure où certains prétendent qu’il n’y a pas de majorité, on voit qu’elle est là à s’exprimer aujourd’hui. La solution ne sera pas institutionnelle avec le montage d’une nouvelle majorité à l’Assemblée mais dans la rue, comme en 1936, en 1997 où le mouvement social a précédé la conquête de droits », insiste Nicolas Cossange, secrétaire du PCF 34, présent à la manifestation. Prochain round jeudi 18 septembre.

    « Nommer Lecornu Premier ministre, c’est une nouvelle provocation »

  • Une édition hommage du salon des livres et des arts de Montpellier

    Une édition hommage du salon des livres et des arts de Montpellier

    Donner la chance aux artistes émergents

    Dès 9h, ce dimanche 1, 4la place Salengro accueillera artistes et publics pour cette journée un peu particulière. « Un hommage sera rendu à Thierry Arcaix à 11h, avec des témoignages et des prises de parole », indique Francis Viguié. L’événement est important pour la vie de ce quartier populaire de Montpellier. « Depuis qu’il n’y a plus le marché, cette place est un peu délaissée. Or, c’est un lieu central de Figuerolles avec des commerces, des bars. L’enjeu de cette journée de passage sera de le rendre vivant », reprend Francis Viguié. Pour ce faire, le trio de jazz Sunny Side donnera un concert à midi et Driss, habitant du quartier, servira la paella.

    Si dynamiser la vie de quartier est un objectif du salon, donner de la visibilité aux artistes émergents est l’autre pierre angulaire de la manifestation, dans un contexte budgétaire défavorable à la culture. « Quand je regarde la Comédie du livre, par exemple – je n’ai rien contre -, on met en avant des auteurs déjà confirmés. L’idée de Thierry était de donner la possibilité à chacun de se montrer, la culture est un monde ouvert », soutient Francis Viguié.

  • [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    D’Arles à Toulon en passant par Avignon, plusieurs collectifs citoyens ont tenu des actions. Si les appels à la mobilisation portent sur des formes d’actions protéiformes, mêlant blocage de rond-point, refus de paiements bancaires, manifestations sauvages ou grève, reste que les partis politiques de gauche (PCF, LFI, PS ou EELV) ont apporté leur soutien au mouvement. Tout comme la CGT, au niveau confédéral, et Solidaires, avec moults syndicats qui ont déposé des préavis pour une grève ce jour. En bref, une effervescence sociale pour imposer d’autres choix.

    A la mi journée, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône fait état de 10 interpellations dont 2 à Arles, 8 à Marseille. Les motifs sont des faits de violence sur des personnes dépositaires de l’autorité publique, rébellion, jet de projectile, vol, incendie et feu de poubelle. Le bilan n’est pas définitif.

    Mercredi soir à Marseille, une assemblée générale de plusieurs heures des membres de Bloquons Tout Marseille, s’est tenue devant le kiosque à musique des réformés. Une mobilisation devant le commissariat de Noailles pour soutenir les manifestants interpellés dans la journée a été organisée. Les manifestants chantent « siamo tutti antifascisti » et « libérez nos camarades » devant le lieu sous bonne garde policière. Par ailleurs, l’assemblée générale a voté le fait de libérer la place des réformés dans la soirée et prévoit une nouvelle mobilisation ce samedi ainsi qu’une participation à la journée d’action et de grève du 18 septembre prochain. Les participants prévoient de nouvelles assemblées dans les jours à venir.

    La préfecture du Vaucluse recense plusieurs rassemblements dans le département : « Dans le secteur de Réalpanier entre Avignon et le Pontet, devant les lycées Frédéric Mistral et Théodore Aubanel à Avignon, à Pertuis et à Carpentras notamment. L’intervention de la police nationale a évité le blocage et assuré le bon fonctionnement des lycées d’Avignon, tandis que la gendarmerie a interpellé un individu à Réalpanier pour rébellion.»

    Marseille, Martigues, Aix-en-Provence, Avignon, Montpellier, Alès, la rue a répondu présente au mot d’ordre « Bloquons tout».

    A Montpellier dans l’Hérault :

    Dans le Gard :

    Suivez le direct via notre carte interactive