Tag: Montpellier

  • Les propositions très sociales des communistes de Montpellier

    Les propositions très sociales des communistes de Montpellier

    C’est place Albert 1er, alors que le tramway de la nouvelle ligne 5 fait ses essais « à blanc » (sans passagers) avant sa mise en service, le 20 décembre (lire aussi page 14), que les communistes de Montpellier ont rendu publiques lundi 8 décembre leurs propositions pour les élections municipales de mars 2026.

    « Les élections municipales se déroulent dans un contexte national très compliqué et particulier avec la contradiction des 211 milliards d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni social et écologique et dans le même temps des collectivités à qui on va demander encore 8 milliards d’économies », introduit Clara Gimenez, conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée.

    Cela posé, la détermination reste de mise et Hervé Martin, adjoint aux sports, souligne la qualité du bilan municipal de la majorité du maire Michaël Delafosse (PS) à laquelle les communistes participent. « On coche toutes les cases du projet que l’on avait proposé aux Montpelliérains en 2020 », résume Hervé Martin. « D’abord, des gros investissements avec la ligne 5 de tramway, la prolongation de la ligne 1, la gratuité des transports. Tout le bouclier social qui avait été promis aux Montpelliérains, au-delà des gros investissements, a été réalisé », appuie l’adjoint aux sports. Il rappelle que pour une famille, la gratuité des transports représente l’équivalent d’un 13e mois de salaire. Le bilan « c’est aussi la mutuelle communale, les premiers m3 d’eau gratuits, le coup de pouce pour inscrire un enfant dans un club de sport ou une association culturelle. C’est l’encadrement des loyers… »

    Pour poursuivre cette dynamique, les communistes ont des propositions nouvelles à mettre en débat pour construire le prochain projet municipal. La première est plus que symbolique : « Nous faisons la proposition qu’il y ait quelque part à Montpellier sur une place, dans un lieu emblématique un monument pour la paix », quelle que soit sa forme : « Une statue, une grande fresque. On fera appel à des artistes pour réfléchir à ce sujet pour nous absolument fondamental », insiste Hervé Martin. La deuxième grande proposition est la création d’une agence municipale du logement. « C’est un vrai sujet, particulièrement à Montpellier avec des ménages qui peinent de plus en plus à se loger avec un secteur privé qui spécule », explique Clara Gimenez. Après l’encadrement des loyers, le permis de louer « on a besoin de passer un nouveau cap et c’est dans ce contexte que l’on propose la création de cette agence municipale du logement qui permette de regrouper tous les dispositifs existants et de nouveaux. Que les gens aient un lieu unique pour poser leurs questions, connaître leurs droits. »

    « Nous souhaitons continuer à travailler

    avec cette équipe »

    La troisième grande proposition des communistes montpelliérains est l’accès aux vacances. « Pas un enfant ne doit entrer en classe de 6e sans souvenirs de vacances », annonce Hervé Martin. « On propose que la Ville de Montpellier achète un centre de vacances, que cela soit à la mer, à la montagne, peu importe, de façon à pouvoir accueillir tous les enfants de Montpellier qui ne peuvent pas partir en vacances. C’est absolument fondamental. »

    Alors que le maire Michaël Delafosse n’a pas encore déclaré sa candidature pour un deuxième mandat (il prendra sa décision en début d’année), les communistes précisent : « Pour nous, les discussions commencent de parti à parti pour s’entendre sur les contenus. Il est bien évident que si l’équipe a bien fonctionné pendant six ans, c’est aussi parce qu’elle avait un capitaine qui savait faire fonctionner l’équipe. Bien entendu nous souhaitons pouvoir continuer à travailler dans cette équipe élargie avec le même capitaine », précise Hervé Martin.

  • Cité de l’alimentation : top départ d’un projet innovant

    Cité de l’alimentation : top départ d’un projet innovant

    La spécificité de cette cuisine centrale, c’est qu’elle est conçue pour valoriser et favoriser la cuisine à partir de produits locaux, bio, de saison. On n’est pas dans une cuisine centrale d’assemblage », explique Marie Massart, adjointe au maire de Montpellier déléguée à la politique alimentaire et à l’agriculture urbaine, au lendemain de la pose symbolique, le 3 décembre, de la première pierre de la future Cité de l’alimentation.

    Impulsé il y a cinq ans, le projet est passé en phase de réalisation (les travaux ont débuté en novembre). Implantée dans le quartier Montpellier sud, la Cité de l’alimentation sera adossée au Marché gare (MIN) : « Ce n’est pas un hasard, c’est pour faciliter les interactions avec les producteurs. » Elle accueillera donc le nouveau pôle de production alimentaire de la Ville, en remplacement de l’actuelle cuisine centrale construite en 1982, dont le seuil maximum de production est dépassé depuis presque 10 ans. Dès la rentrée 2028, elle fournira plus de 16 000 repas quotidiens aux cantines des écoles de Montpellier. « La capacité pourra monter jusqu’à 20 000 repas par jour. À terme, il sera aussi sûrement possible de fournir d’autres communes de la métropole », indique l’élue.

    Des cours de cuisine

    pour les enfants

    « Pour respecter l’esprit du “fait maison, frais et de saison” », on y trouvera un pôle de transformation des produits bruts constitué d’une légumerie, d’une mûrisserie pour les fruits et d’un atelier de production des desserts. Par ailleurs, les 80 agents de la cuisine centrale, dont certains, aujourd’hui « n’ont pas accès à la lumière du jour », bénéficieront d’une qualité de travail nettement améliorée.

    Mais la dimension la plus innovante du projet réside dans son ambition pédagogique. « Cette cité de l’alimentation est conçue pour accueillir des classes. Elle a été aménagée avec un amphithéâtre, il y aura un jardin pédagogique, un espace pour proposer des ateliers cuisine et des visites seront prévues sur les coursives, permettant de voir la cuisine se faire », énumère Marie Massart. Le lieu disposera également d’un « véhicule pédagogique itinérant » qui se rendra dans les écoles. Objectif : « Donner aux enfants le goût de la cuisine », les sensibiliser à une alimentation saine.

    D’un montant de 60 millions d’euros, ce projet qui représente un des plus gros investissements du mandat, sera en partie financé par la vente du site de l’actuelle cuisine centrale.

  • À Montpellier, les avocats font bloc pour défendre la procédure d’appel

    À Montpellier, les avocats font bloc pour défendre la procédure d’appel

    « Pour le justiciable, ce projet de décret Rivage* serait un véritable ravage », assène Marie-Pierre Vedel-Salles, vice-bâtonnière de l’ordre des avocats de Montpellier. Massées autour d’elle ce 4 décembre sur les marches de la Cour d’appel de Montpellier, une grosse centaine de robes noires ont répondu à un appel national lancé par l’ensemble des barreaux de France et les syndicats d’avocats.

    La profession se mobilise contre un projet de décret porté par le ministre de la Justice Gerald Darmanin, visant à limiter les procédures d’appel après un jugement de première instance. « Ce décret est totalement injuste, car des petits litiges seront privés du double degré de juridiction », dénonce la bâtonnière. C’est-à-dire d’un éventuel réexamen de leur affaire.

    La réforme portée par le gouvernement prévoit en effet la suppression de la possibilité de faire appel pour des dossiers dont l’enjeu est inférieur à 10 000 euros (contre 5 000 euros aujourd’hui). La quasi-totalité des contentieux civils est concernée : droit du travail, droit commercial, indemnisation des préjudices corporels, loyers… « Par exemple, un salarié ayant demandé au conseil de prud’hommes de condamner son employeur à lui payer 8 000 euros de salaires et qui n’obtient pas gain de cause ne pourra pas faire appel, avec pour conséquence possible une interdiction bancaire, une procédure de surendettement…», illustre une pétition mise en ligne par la Conférence des bâtonniers de France sur Change.org, qui avait recueilli 6 000 signatures le 8 décembre. « Le rehaussement de ce seuil va éliminer beaucoup de litiges. 10 000 euros, c’est déjà une somme très importante pour beaucoup de justiciables. Ce sont les plus vulnérables qui seront le plus impactés », assure Maxence Delchambre, du SAF (Syndicat des avocats de France).

    « Il vaudrait mieux mettre des moyens »

    Pire, « certaines décisions ne pourront plus du tout, quel que soit l’enjeu financier, faire l’objet d’un appel », dénonce la bâtonnière de Montpellier. C’est le cas notamment des décisions des juges aux affaires familiales concernant les pensions alimentaires. « Par exemple, une mère isolée ayant saisi le juge aux affaires familiales pour avoir des pensions alimentaires ne pourra pas faire appel de la décision si elle ne les obtient pas ou si le montant obtenu ne lui convient pas », détaille la pétition.

    Enfin, le projet de décret contesté prévoit également l’instauration d’une « autorisation » préalable du premier président des cours d’appel pour juger en appel certains types de contentieux. Autrement dit « un filtrage des affaires qui va là aussi être un frein d’accès au juge », pointe Marie-Pierre Vedel-Salles.

    « Nous sommes dans une période où énormément de décisions sont rendues. Les juges traitent beaucoup de dossiers, parfois rapidement. Si on ne peut pas compter sur cette correction, ce second regard, c’est particulièrement grave » considère Sophie Barruet, de l’ACE – Avocats, Ensemble (association des avocats conseils d’entreprises). « Ce n’est pas parce que la justice est en manque de moyens qu’elle doit priver le justiciable d’accéder à son juge », renchérit la bâtonnière. « Avec Darmanin, les moyens supplémentaires qui pourraient être alloués à la Justice ne sont fléchés que vers la construction de prisons de haute sécurité, qui ont un coût énorme. Plutôt que ce choix du tout-sécuritaire, dont on sait qu’il n’est pas efficace car il y a un problème de réinsertion des détenus, il vaudrait mieux recruter de nouveaux magistrats et mettre des moyens dans les rouages de la justice », estime le représentant du SAF.

    À l’issue d’une rencontre sur le sujet fin octobre, Gerald Darmanin écrivait sur X avoir « parfaitement entendu » les préoccupations des avocats et promettait une « phase de concertation approfondie » avec leurs représentants. Une suspension du projet a été évoquée, qui ne satisfait pas la profession. « Nous exigeons son retrait ».

    * Rationalisation des instances en voie d’appel pour en garantir l’efficience.

  • Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    « Rassembler toutes les autorités des sécurités sur un même lieu pour travailler ensemble et être mieux coordonné ». Voilà l’objectif affiché du futur hôtel des sécurités de Montpellier dont Michaël Delafosse a posé la première pierre, jeudi 4 décembre, à Celleneuve. « C’est une brique importante à l’ouest de Montpellier. L’efficacité passe par la coordination et la rationalisation des moyens. Tout était trop éclaté, on perdait du temps et de l’argent », résume le maire socialiste qui qualifie l’actuelle salle de crise de l’Hôtel de Ville de « passoire thermique ». « Ça nous coûte 300 000 euros par an ! »

    « Gérer les crises »

    Construit en lieu et place de l’ancien bidonville de Celleneuve, le futur hôtel des sécurités qui verra le jour d’ici 2 ans et demi, regroupera quelque 450 agents de la police municipale, de la police métropolitaine des transports, des missions de la prévention de la délinquance et de la sécurité civile. S’y ajoutent l’ensemble des moyens du centre de supervision urbaine de la Ville de Montpellier ainsi que ceux du PC sécurité de la TAM qui gère les contrôles des transports en commun. Si bien qu’au cœur de ce véritable quartier général (QG) de la sécurité, une salle sera équipée d’un gigantesque mur d’images.

    Si certains pourraient y voir une sorte de système de surveillance qui questionne les libertés individuelles, la municipalité insiste sur l’aspect dissuasif de l’outil. Le but est « la prévention de la délinquance et la protection de la population », explique l’adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique, Sébastien Cote. En cas d’infraction constatée, « nous pourrons identifier les flagrances et aider à rendre justice », abonde le maire qui précise une autre fonctionnalité du lieu, celle de « mieux gérer les crises » lors des épisodes cévenols ou neigeux.

    Conçu par le cabinet Imagine – Architectes pour un coût de 65 millions d’euros, le bâtiment de 13 000 m² (dont 4 000 pourront être loués à des privés dans un pôle tertiaire), sera équipé « d’espaces polyvalents en cas de crise » (exemple : la vaccination Covid), d’un espace de formation et d’entraînement au tir, précise l’architecte lauréate Solveig Orth.

  • [Entretien] Eric Renard : « Une très bonne nouvelle pour les patients atteints de diabète de type 1 »

    [Entretien] Eric Renard : « Une très bonne nouvelle pour les patients atteints de diabète de type 1 »

    La Marseillaise : Comment fonctionne ce nouveau dispositif ?

    Eric Renard : Ce sont des pompes à insuline de la taille d’un petit pacemaker (6,5 cm de diamètre et 2,5 cm d’épaisseur) qu’on implante dans la paroi abdominale. Elles sont reliées à un cathéter péritonéal qui délivre l’insuline à l’intérieur du ventre. L’insuline suit donc le même circuit que celle sécrétée par le pancréas. Toutes les 6 semaines, les patients doivent venir à l’hôpital remplir le réservoir de leur pompe d’insuline. Ils disposent d’une télécommande avec laquelle ils vont pouvoir commander la délivrance d’insuline en fonction des glycémies qui leur sont fournies par une petit capteur qu’ils mettent sous la peau.

    Quelle était la situation des deux femmes implantées avant l’opération ?

    E.R. : Elles étaient traitées avec les anciennes pompes [dont la fabrication a été stoppée, Ndlr.], mais il y en a une dont la pompe ne fonctionnait plus et l’autre dont la pompe allait arriver à échéance, car ces dispositifs ont une durée de vie de 7 ans. Il y avait donc une forme d’urgence à les remplacer. En effet ces patientes souffrent d’un diabète de type 1, qu’on ne peut pas contrôler avec les pompes classiques sous-cutanées portables car leur peau absorbe mal l’insuline. Si bien que ces personnes ont un diabète complètement instable : un coup elles sont en hyperglycémie, un coup en hypo… Parfois il faut même les hospitaliser.

    Les patients dans ce cas sont-ils nombreux au CHU
    de Montpellier
     ?

    E.R. : Actuellement, on a une cinquantaine de patients traités avec ces pompes à insuline implantables. Mais ils avaient l’ancien modèle, qui arrive à échéance. Au cours des mois et des années qui viennent, on leur implantera donc le nouveau système s’il confirme son efficacité.

    Cette opération s’inscrit
    dans une étude coordonnée conduite également dans d’autres hôpitaux
     ?

    E.R. : Oui, les deux implantations réalisées à Montpellier sont les premières d’une série de 20 à 40 qui seront effectuées dans une dizaine de centres hospitaliers français ainsi que dans un centre aux Pays-Bas. Les implantations devraient être faites l’année prochaine et je pense qu’on devrait avoir les résultats de l’étude courant 2027. S’ils sont positifs, cette étude permettra d’obtenir le marquage CE et de commercialiser ces nouvelles pompes.

    C’est un dispositif très attendu ? Des patients s’étaient mobilisés suite à l’annonce par Medtronic, en 2017, de l’arrêt de fabrication de la pompe précédente…

    E.R. : Comme ce type de diabète représente peu de patients, le fabricant considérait que c’était un petit marché et que ça coûtait très cher pour un nombre limité de patients. Mais il n’avait pas pris en compte que c’était des patients qui dépendaient absolument de ce mode de traitement. Le ministère de la santé a donc réuni les diabétologues concernés et un collectif de patients, et nous avons fait valoir auprès de Medtronic qu’il ne fallait pas abandonner, car sinon ces patients étaient condamnés. Sous cette pression conjointe des malades, des médecins et du ministère, l’entreprise a revu sa position. Elle a fabriqué 175 pompes du précédent modèle pour qu’on tienne le coup dans l’attente de la nouvelle pompe.

    L’opération telle qu’elle s’est déroulée à Montpellier permet d’être optimiste ?

    E.R. : Oui ! Sur le plan chirurgical il n’y a pas de problème : les patients cicatrisent comme il faut. Et sur le plan des résultats, ils sont bons. Donc a priori on n’a pas de crainte. C’est une très bonne nouvelle pour tous ces patients atteints de diabète de type 1 en attente d’une nouvelle pompe.

  • Annonces militaristes : la « préparation des esprits »

    Annonces militaristes : la « préparation des esprits »

    Ces derniers jours, la petite musique qui monte sème l’angoisse. À mesure que le budget alloué à la défense se muscle, les annonces publiques liées à la menace russe se succèdent. Selon le chef d’état-major des armées Fabien Mandon, il faut s’attendre à une guerre « dans trois ou quatre ans ». Devant les maires de France le 18 novembre, il s’est montré plus pressant encore en affirmant qu’il fallait « accepter de perdre ses enfants ». Le jeudi 27 novembre, Emmanuel Macron a ensuite dévoilé les contours du tout nouveau service national volontaire, plus militaire que le SNU (service national universel) qui le précède, et qui engagera les jeunes sur 10 mois.

    Une pression militariste inquiétante, que le chercheur en sciences politiques Jean Joana assimile à une sorte de préparation mentale. « Je crois qu’il s’agit d’une préparation des esprits, mais finalement, on reste dans la demi-mesure. Si la situation devait dégénérer au-delà de l’Ukraine, je pense que la France est plus sûrement protégée par le fait qu’elle dispose de l’arme nucléaire, que par les effectifs qu’elle est susceptible de mobiliser », analyse le chercheur.

    Si ces annonces ont suscité une vague d’émotion, c’est parce qu’elles sont inédites. « Nous avons rarement été confrontés à ce genre de situation par le passé. À l’époque de la guerre contre le terrorisme, quand le chef d’état-major des armées expliquait qu’il fallait rester sur le qui-vive et que la menace était forte, cela restait dans le cadre d’une armée professionnelle. Ce qui a suscité le débat ces derniers jours, c’est qu’aujourd’hui, l’effort demandé touche tout un chacun », ajoute Jean Joana, qui estime le risque plus élevé qu’il y a cinq ans.

    « Personne n’est dans la tête de Vladimir Poutine, mais il est dans une posture offensive. Cependant, on se dit aussi qu’il n’est peut-être pas prêt pour repartir à la conquête d’autres territoires, membres de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord) qui plus est, et qui impliqueraient une réaction militaire plus forte qu’en Ukraine. C’est peut-être hors de sa portée », tempère le chercheur.

  • Reconditionnement haut de gamme : Cykero s’implante à Montpellier

    Reconditionnement haut de gamme : Cykero s’implante à Montpellier

    C’est une belle prise pour la métropole de Montpellier. Jeudi 13 novembre, Bichoi Metias, fondateur et PDG de la marque européenne du reconditionné premium Cykero, posait au Mibi (Montpellier business & innovation centre) la « première pierre symbolique » de son futur technocentre, bientôt érigé à Castelnau-le-Lez. Une implantation « extrêmement soutenue par les acteurs publics et financiers locaux », se félicite Bichoi Metias, la Métropole de Montpellier et la Région Occitanie ayant notamment voté des aides de 300 000 euros pour la première et 800 000 euros pour la seconde. L’entreprise quant à elle a investi 20 millions d’euros dans la construction de ce technocentre.

    C’est dans son garage en Allemagne, où il vivait à l’époque, que Bichoi Metias, ancien ingénieur dans le ferroviaire, a lancé en 2020, en plein confinement, la marque Cykero.
    Cinq ans plus tard, la start-up franco-allemande enregistre un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros (en 2024) et a su se positionner comme un acteur de référence en Europe dans le reconditionnement haut de gamme des appareils électroniques dotés de batterie (smartphones, tablettes, ordinateurs portables, montres et écouteurs connectés…).

    « 77 kg de CO2 économisés pour chaque appareil »

    « Il existe plusieurs types de reconditionnement. Nous nous situons dans la gamme premium, avec une exigence de qualité élevée », explique le PDG de Cykero. « Aujourd’hui, sur le marché du reconditionné, la moyenne des retours pour problème qualité est de 20%. Chez Cykero, on est à moins de 2%, très proche d’un appareil neuf (entre 1,3 et 1,5%). » La marque offre également des services qui se rapprochent des appareils neufs : « 2 ans de garantie pour les particuliers, 30 jours satisfaits ou remboursés, une traçabilité totale sur les appareils. Des choses qui donnent du pouvoir au consommateur pour décider de mettre le prix ou pas », insiste Bichoi Metias. Car si les appareils Cykero peuvent être jusqu’à
    30 ou 40% moins chers que du neuf, « on n’est pas les moins chers du reconditionné car on propose du haut de gamme ». L’entreprise vante également une démarche écoresponsable, avec « 77 kg de CO2 économisés pour chaque appareil vendu, sachant qu’on en vend 10 000 par mois », souligne le PDG.

    Désormais Montpellier sera donc « le nouveau centre de gravité » de la marque, qui y a d’ores et déjà transféré son siège en France, basé jusque-là dans les Yvelines. « On vient avec un engagement fort pour l’innovation, l’industrialisation, l’économie circulaire », assure Bichoi Metias. Les travaux du technocentre, qui sera situé dans le quartier Eurêka, à Castelnau-le-Lez, ont débuté le 17 novembre et se poursuivront « jusqu’à fin 2026-début 2027 ». Une ouverture partielle du site est prévue « tout début 2027 pour qu’on commence à installer nos machines. Ensuite, il y aura une remise des clés finale à la fin du premier trimestre ou au début du deuxième trimestre 2027. »

    S’il est question de « technocentre » et pas simplement d’usine, c’est « parce que ça va être bourré d’innovations technologiques : on va avoir de l’automatisation, de la robotisation, de l’intelligence artificielle… On va mettre le paquet sur cet aspect innovation pour pouvoir quadrupler notre capacité dès l’ouverture. Aujourd’hui on est à 10 000 pièces par mois en capacité maximum, on passera à 40 000. Et à l’horizon 2030, en pleine capacité, on pourra traiter 150 000 appareils par mois », estime le PDG de Cykero. Une activité qui devrait permettre de créer 160 postes d’ici 2030. « Outre le fort engagement régional pour l’innovation, la réindustrialisation et l’économie circulaire, qui nous ont séduits, il y a aussi à Montpellier une attractivité qui facilite le recrutement des futurs talents : c’est une ville extrêmement jeune et dynamique, avec beaucoup d’écoles de commerce, d’ingénieurs, de BTS. »

    À noter que Cykero a récemment ouvert une boutique éphémère (jusqu’au 31 janvier) au 10, place de la Comédie, préfiguration d’un showroom qui sera également accessible aux clients au sein de son futur site montpelliérain.

  • À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    À Montpellier, l’espace Bagouet met la médecine à l’honneur

    Sélectionnée par la Ville de Montpellier dans le cadre d’un appel à projets, l’artiste sud-coréenne Mona Young-eun Kim présente une nouvelle exposition à l’espace Dominique-Bagouet rénové. Intitulée « La prophétie est une mémoire, la croyance est synthétique », celle-ci fait dialoguer les archives de la Ville concernant la médecine avec une vision contemporaine des questions médicales. Manuscrits médiévaux et documents fac-similés répondent aux images conçues par l’Intelligence artificielle (IA). « Elle a choisi de générer un récit à partir de l’évolution du corps en fonction de sa capacité à ingérer du plastique. C’est une préoccupation scientifique actuelle », détaille Marie-Caroline Allaire-Matte, commissaire de l’exposition. Une préoccupation faisant écho à celle observée par les médecins du Moyen-Âge lors des débuts de la chirurgie, des autopsies.

    Une manière de questionner le public sur le futur. « Son récit dystopique se base sur un fait objectif : manger du plastique. C’est comment la fiction se nourrit du réel et comment la fiction va engendrer une réflexion sur l’avenir de la condition humaine », poursuit la commissaire de l’exposition. Sans oublier de le mettre en perspective avec le passé, d’où le nom de l’exposition « la prophétie est une mémoire ». « On ne peut comprendre notre avenir et l’anticiper que quand on regarde ce que l’on sait déjà, c’est-à-dire la capacité que l’on a à mémoriser toutes les archives qui ont conditionné l’apprentissage de la science. »

    L’autre partie de l’exposition, « la croyance est synthétique », se concentre sur une vidéo réalisée par l’artiste dont 80% générée par l’IA, où un homme ingère -encore- du plastique et se transforme en quelque chose de monstrueux. « Cela montre également que la croyance ne se fait plus en dieu ou en une religion mais la croyance dans le progrès des outils numériques qui nous accompagnent tous les jours. La science est venue se substituer à une croyance religieuse », observe Marie-Caroline Allaire-Matte.

  • Hérault : bientôt une appli pour détecter le paludisme ?

    Hérault : bientôt une appli pour détecter le paludisme ?

    « Je trouvais l’application PlantNet [permettant l’identification de plantes à partir de photos, Ndlr.] géniale. Je me suis demandé si je pouvais appliquer ça à mon domaine de recherche où nous sommes amenés à faire des diagnostics d’infection au plasmodium, le parasite qui cause le paludisme », rembobine Grégoire Pasquier, praticien hospitalo-universitaire au laboratoire de parasitologie-mycologie au CHU de Montpellier. C’est ainsi que le chercheur planche, depuis 2021, sur Plasmo detect, une application pouvant identifier le type de parasite causant le paludisme en prenant une photo d’un frottis sanguin.

    « On a une base de données de 30 000 photos de frottis sanguins sur lesquels il y a différentes espèces de paludisme. Nous nous sommes focalisés sur l’identification de l’espèce de parasite, [une des étapes du diagnostic du paludisme, Nldr.]. Selon l’espèce de plasmodium – cinq peuvent infecter l’homme – ce n’est pas le même traitement. Nous avons annoté les images en fonction des globules rouges infectés. Nous avons ensuite entraîné un algorithme qui peut différencier les différents parasites », détaille Grégoire Pasquier. L’application peut détecter en temps réel l’infection et définit la bonne espèce dans 80% des cas. « L’objectif serait d’atteindre 90%, le niveau 1 des critères du manuel qualité de l’OMS », reprend le chercheur. Ce qui garantirait la qualité de la prestation réalisée en laboratoire. Une aubaine pour la médecine, d’autant que « certains espèces ont des formes parasitaires latentes au niveau du foie, sur lesquels les traitements habituels ne marchent pas et nécessitent un second traitement pour soigner le patient », note Grégoire Pasquier.

    Surtout, Plasmo detect permettrait de venir en aide aux centres en Afrique subsaharienne, qui concentre la majorité des cas de paludisme des 2,6 millions de personnes infectées chaque année dans le monde pour 600 000 décès. « Là bas, ils ne sont pas toujours formés à lire des frottis sanguins pour détecter le paludisme. » Cela permettrait une prise en charge plus rapide des patients.

  • Municipales : les communistes de Montpellier « dans la dynamique » avec des propositions sociales fortes

    Municipales : les communistes de Montpellier « dans la dynamique » avec des propositions sociales fortes

    C’est Place Albert 1er, alors que le tramway de la nouvelle ligne 5 fait ses essais « à blanc» (sans passagers) avant sa mise en service, le 20 décembre, que les communistes de Montpellier ont rendu publiques ce lundi 8 décembre leurs propositions pour les élections municipales de mars 2026.

    « Les élections municipales se déroulent dans un contexte national très compliqué et particulier avec la contradiction des 211 milliards d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni social et écologique et dans le même temps des collectivités à qui on va demander encore 8 milliards d’économies», introduit Clara Gimenez, conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée. Cela posé, la détermination reste de mise et Hervé Martin, adjoint aux sports, souligne la qualité du bilan municipal de la majorité du maire Mickaël Delafosse (PS) à laquelle les communistes participent. « On coche toutes les cases du projet que l’on avait proposé aux Montpelliérains en 2020.» résume Hervé Martin. « D’abord, des gros investissements avec la ligne 5 de tramway, la prolongation de la ligne 1, la gratuité des transports. Tout le bouclier social qui avait été promis aux Montpelliérains, au-delà des gros investissements, a été réalisé », appuie l’adjoint aux sports. Hervé Martin rappelle que pour une famille, la gratuité des transports représente l’équivalent d’un 13e mois de salaire. Le bilan « c’est aussi la mutuelle communale, les premiers m3 d’eau gratuits, le coup de pouce pour inscrire un enfant dans un club de sport ou une association culturelle. C’est l’encadrement des loyers…»

    Pour poursuivre cette dynamique, les communistes de Montpellier ont des propositions nouvelles à mettre en débat pour construire le projet municipal de la prochaine mandature. La première est plus que symbolique : « Nous faisons la proposition qu’il y ait quelque part à Montpellier sur une place, dans un lieu emblématique un monument pour la paix», quelle que soit sa forme : «une statue, une grande fresque. On fera appel à des artistes pour réfléchir à ce sujet pour nous absolument fondamental», insiste Hervé Martin.

    la deuxième grande proposition est la création d’une agence municipale du logement. « C’est un vrai sujet, particulièrement à Montpellier avec des ménages qui peinent de plus en plus à se loger avec un secteur privé qui spécule», explique Clara Gimenez. Après l’encadrement des loyers, le permis de louer «on a besoin de passer un nouveau cap et c’est dans ce contexte que l’on propose la création de cette agence municipale du logement qui permette de regrouper tous les dispositifs existants et de nouveaux. Que les gens aient un lieu unique pour poser leurs questions, connaître leurs droits».

    La troisième grande proposition des communistes montpelliérains est l’accès aux vacances. «Pas un enfant ne doit entrer en classe de 6e sans souvenirs de vacances» annonce Hervé Martin. « On propose que la ville de Montpellier achète un centre de vacances, que cela soit à la mer, à la montagne, peu importe, de façon à pouvoir accueillir tous les enfants de Montpellier qui ne peuvent pas partir en vacances. C’est absolument fondamental».

    Alors que le maire sortant Mickaël Delafosse n’a pas encore déclaré sa candidature pour un deuxième mandat (il prendra sa décision en début d’année), les communistes de Montpellier précise : « Pour nous, les discussions commencent de parti à parti pour s’entendre sur les contenus. Il est bien évident que si l’équipe a bien fonctionné pendant six ans, c’est aussi parce qu’elle avait un capitaine qui savait faire fonctionner l’équipe. Bien entendu nous souhaitons pouvoir continuer à travailler dans cette équipe élargie avec le même capitaine», précise Hervé Martin.