Tag: Mondial à pétanque

  • Une galaxie de champions étoilés au Mondial à pétanque

    Une galaxie de champions étoilés au Mondial à pétanque

    Les combats de chefs ont commencé plus tôt que prévu. Ce lundi a été marqué par des oppositions de très haut niveau, où plusieurs équipes annoncées parmi les favorites comme les outsiders ont déjà laissé des plumes. Une journée digne d’un ring de boxe, avec des K.-O. dans l’air. C’est ainsi que la formation composée de David Riviera, Adrien Delahaye et Mayron Baudino a fini au tapis. Longtemps dominés, parfois acculés dans les cordes (1-11), ils ont subi le retour spectaculaire de Marco Foyot d’un côté et Ludovic Montoro de l’autre, capables de renverser la situation pour arracher une victoire presque inespérée. La marque des grands dans une Marseillaise où la pression est maximale, où les passages à vide se paient cash sous une chaleur écrasante. Le tirage, cruel pour certains et heureux pour d’autres, joue une fois encore un rôle déterminant dans ce marathon où la fraîcheur physique est essentielle. Les chocs se sont enchaînés. Foyot, associé à Sissou Cantarell et Jérémy Fernandez, a su déjouer le piège d’Aimé Courtois dans un stade France 3 en surchauffe, validant ainsi son billet pour les 32e de finale dès le lendemain matin.

    Juste derrière, dans une ambiance toujours aussi dense, la confrontation entre Philippe Roux et Vigo Dubois, deux anciens vainqueurs, a retenu l’attention. Cette fois, Philippe Roux a pris le dessus avec ses partenaires aixois Sébastien Batista et Stéphane Pagni. Antoine Dubois, dit « Vigo », ne décrochera pas sa septième étoile. Les spectateurs affluent, et Dylan Rocher est passé tout près de la sortie. Tous se battent pour gagner, comme beaucoup d’autres encore en course.

    Des outsiders dangereux

    La Marseillaise se montre impitoyable : la moindre faiblesse peut être fatale. On ne sait plus où donner de la tête. Même les spécialistes du long jeu, Hervé Fontani, Alain Valdes et Philippe Stievenart, revenus de très loin lundi matin, ont trouvé les ressources pour décrocher leur place en 32e de finale. On note également la présence d’anciens pointeurs de renom comme Gilles Gayraud ou Michel Adam. Puis viennent les « gros poissons », très gros même, à l’image de Maurel, Durk et Prudhomme, qui avancent sans bruit et sans trembler. Ils seront bien présents dans la course finale, aux côtés de Dylan Rocher, Mickaël Bonetto ou Stéphane Robineau.

    Le Mondial La Marseillaise 2026 s’impose plus que jamais comme un véritable championnat du monde officieux, avec une multitude de prétendants au titre. On pense aux champions du monde malgaches, accompagnés de l’étonnant Franck Picq, mais aussi au Belge Claudy Weibel, heureux de découvrir le stade France 3.

    Sans oublier Jean-Michel Puccinelli et Ligan Doerr, anciens lauréats toujours ambitieux. Luc Laille impressionne au tir depuis dimanche, bien épaulé par un Kévin Philipson en pleine ascension et un Jean-Baptiste Tellene solide à l’appoint. Attention à eux. La journée de mardi s’annonce prometteuse avec la nouvelle formule des quarts de finale.

    15

    C’est le nombre d’anciens vainqueurs du Mondial à être encore en lice, ce mardi matin, lors de cette 65e édition : Yves Rakotoarisoa, Marco Foyot, Tyson Molinas, Jean-Michel Puccinelli, Philippe Roux, Michel Adam, Gilles Gayraud, Patrick Messonnier, Cédric Salvini, Ludovic Montoro, Ligan Doerr, Mickaël Bonetto, Dylan Rocher, Stéphane Robineau et Didier Chagneau.

    Renversant

    La matinée a été riche en émotions, avec plusieurs favoris au bord du gouffre, à l’image de Foyot ou de Montoro, finalement sauvés in extremis. Mais la Marseillaise ne laisse jamais de répit : chaque mène peut renverser une partie, chaque erreur se payer cash, et les écarts se font et se défont à une vitesse folle sous la chaleur déjà pesante.

  • Un dimanche enthousiasmant au Mondial

    Un dimanche enthousiasmant au Mondial

    Le premier jour du Mondial La Marseillaise est toujours un moment particulier. 4 832 triplettes au départ et, sur le papier, les mêmes chances de l’emporter mercredi. Dès huit heures du matin, ce dimanche, les allées du Parc Borély grouillaient de monde. Les déambulations étaient nombreuses et les quelque 14 000 joueurs réalisaient leurs derniers préparatifs avant de s’attaquer à la compétition. L’impatience était de mise, le pragmatisme aussi. Venus de Gardanne, Romain et ses amis Anthony et Mathias étaient réalistes quant à leurs chances. « On est surtout là pour l’apéro car on sait qu’on ne va pas aller loin. On est avec les collègues, l’ambiance est sympa. En plus, on a passé une nuit mouvementée… »

    Direction les terrains les plus éloignés de l’épicentre du tournoi : les clubs de la Boule Orange et de la Vieille Charité. En bord de mer, proche de la Pointe-Rouge, le mercure est monté à 30 degrés dès 10h. Sous un soleil de plomb, boules en acier dans les mains, les participants entamaient leur partie devant leurs proches. Agnès est venue d’Alès pour encourager son mari. « C’est la 2e fois qu’il participe avec ses amis, moi c’est la première fois que je viens ici. On croise les doigts pour qu’ils aillent loin, ils aimeraient au moins jouer 3 parties », dit-elle, assise sur sa chaise en plastique blanche.

    À seulement quelques mètres d’Agnès, Maurice et Stéphane avaient un rôle différent, mais primordial pour le confort des joueurs. Les deux hommes étaient les préparateurs de sandwich merguez. « On met de la potion magique dans nos merguez pour faire gagner les gens », lance Maurice, en forme dès ce début de journée. Il poursuit : « Tout était prêt à 9h, je peux vous faire un sandwich merguez en moins de 4 minutes ».

    « Nous sommes sur le plus beau site du tournoi », nous dit-on en se déplaçant vers la Boule Orange. En effet, le lieu typiquement marseillais, avec vue sur la Méditerranée, apporte aux triplettes un cadre idyllique pour pratiquer la pétanque. Certains terrains proposent aussi un véritable défi. Le revêtement sur lequel joue Nicolas est recouvert de petits cailloux. « Il faut plus s’appliquer, car on fait vite des saucisses », dit-il, philosophe. L’aire de jeu 1005 est sans doute la plus pittoresque. Collée aux rochers, elle offre un air plus frais et le son d’une houle légère en musique de fond. Lucas acquiesce : « Je suis content de jouer ici et de jouer à cette heure-là car sinon on brûle ».

    Chaleur accablante

    sur Marseille

    L’hippodrome Borély ressemblait à une fourmilière géante à l’heure du début de la 2e session, en milieu de matinée. La terre battue est piétinée par les mondialistes, les 140 terrains de cette parcelle étaient pleins à craquer. Les rayons du soleil frappaient puissamment et l’absence totale de nuages faisait souffrir les boulistes. Chacun avait sa manière pour refroidir les corps et poursuivre sa journée dans le meilleur état possible. Serviette mouillée ou t-shirt sur la tête, ventilateur de poche et les bouteilles d’eau se vidaient aussi vite que le tableau du tournoi. Inès supportait ses amis, assise sur une barrière métallique. « Je m’occupe du ravitaillement avec mon pack de bouteilles. J’irai en chercher à nouveau plus tard parce que c’est sûr qu’on en aura besoin », explique la jeune femme.

    Circuler aux abords des terrains permet également d’entendre ces courtes phrases que l’on attrape souvent lors d’une mène. « Allez, craque pas », « Applique toi », « bien pointé » ou encore « bravo monsieur ! », puisque le fair-play vogue toujours un peu partout dans ce type de compétitions. Trente pays participent cette année au Mondial La Marseillaise et c’est aussi par les maillots que l’on mesure l’internationalisation de l’événement. Des tuniques de tous les coloris, Lyon, Nice, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne, le Laos représentés.

    Si beaucoup de triplettes viennent à Marseille chercher une expérience et vivre un moment à part, d’autres sont pleinement dans la compétition. Sur l’hippodrome, beaucoup de visages fermés, des boulistes concentrés dans le seul but de gagner. À part une poignée d’encouragements et un point tactique durant les mènes, certains matches se déroulaient avec seulement le cliquetis des boules. Tyron (18 ans), licencié à la Boule du château, à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), le disait clairement : il voulait « gagner le plus possible ». Associé à Kyslon et Boston, le jeune homme est par ailleurs champion de la Côte d’Azur en triplette. Ce trio participera, les 11 et 12 juillet, aux championnats de France jeunes à Blaye-les-Mines, dans le Tarn.

    Contes et légendes

    du Mondial

    Les histoires dans l’histoire, c’est ce qui fait le charme du Mondial La Marseillaise. La journée de dimanche est propice aux rencontres, comme celle avec Auguste Espinas. Ex-huitième de finaliste du tournoi, l’homme a été gentleman. « Je suis juste venu voir jouer mon beau-frère. J’ai préféré ne pas m’inscrire cette année car j’ai des obligations ce lundi. ça aurait pu pénaliser d’autres équipes si je m’étais qualifié et que j’avais déclaré forfait ensuite », détaille Espinas, spectateur au club de la Boule Orange.

    Bruno a lui obtenu un titre que même les Rocher, Lacroix ou Foyot n’ont pas effleuré : celui de champion du monde de pétanque en moufles. Le Caennais avait eu son moment de gloire en 2023 et était même apparu dans nos colonnes, lors de sa participation à la 62e édition. Le bouliste ganté était tout heureux de revenir à Borély ce week-end. À 17 heures, les parties étaient nettement moins nombreuses dans les allées du parc. Beaucoup de joueurs effectuaient des matches entre eux, sans enjeu. C’était le cas de Jean-Baptiste Florès. Vauclusien du Pertuis, il se déplace chaque année pour vivre La Marseillaise. Avec une personne précise dans un coin de sa tête. « Je suis là pour faire la fierté de mon père, joueur de pétanque et de jeu provençal. Il a été jusqu’en quarts de finale ici. C’est un peu pour lui que je fais ça, même si c’est difficile. On perd contre des inconnus mais c’est le jeu », dit-il, sourire aux lèvres.

    Le village au cœur du parc Borély a évolué cette année pour offrir plus d’activités aux visiteurs. Food-trucks, diverses boutiques et stands de partenaires, mais aussi un emplacement pour l’association prévention routière. Régis distillait ses meilleurs conseils pour rester en bonne santé après la fête aux groupes de jeunes se succédant. Laura détaille les ateliers sous sa tente blanche : « Il faut faire un petit slalom entre les cônes, récupérer le cochonnet et revenir au départ. Tout ceci avec un masque reproduisant une vision à 0,5 g ou 1,2 g d’alcool par gramme de sang. » L’association distribuait également des éthylotests et des verres doseurs pour apprendre au grand public les bonnes quantités d’alcool à servir. « Quand je bois, j’ai l’impression de mieux voir », lâche Arthur, venu de Saint-Etienne avec trois autres amis. Laura précisait donc que les masques reproduisent « une vision immédiate à 0,5 et 1,2 g et non progressive ».

    La nouvelle ombrière proposait également un îlot d’air frais, aidant les gens de passage à se rafraîchir. Toutes les 30 secondes, de l’eau était vaporisée au-dessus des têtes. Bref, ce lundi matin, il ne restait plus que 604 triplettes engagées, soit 12,5% des participants.

  • Saint-Barth’ est présent au rendez-vous

    Saint-Barth’ est présent au rendez-vous

    Les palmiers dessinés sur le côté gauche de leurs maillots blancs ne laissaient guère de place au doute. Deux cadets engagés au Trophée Crédit Mutuel Mondial des Jeunes ont traversé l’Atlantique depuis Saint-Barthélemy et Saint-Martin pour prendre part à la fête. Ce vendredi après-midi, aux alentours de 14h30, ils ont entamé leur tournoi par une victoire 13-10 face à une équipe de Vitrolles.

    Les Îles du Nord sont les dernières arrivées dans le paysage français de la pétanque. Émilie Aubin accompagne ces jeunes de moins de 15 ans et explique comment la discipline est structurée dans cette collectivité d’outre-mer : « Nous sommes le dernier comité créé par la fédération donc on est le CD 989. Il y a trois clubs, deux à Saint-Barth’ et un à Saint-Martin. La seule école de pétanque a été ouverte il y a seulement six ans et une autre est en développement à Saint-Martin. »

    Le comité compte environ 300 membres, dont 20 jeunes placés dans ladite école de pétanque. Les tournois sont peu nombreux dans ce coin des Caraïbes. « Nous avons un Grand Prix sur chaque île, Saint-Martin en juin et Saint-Barthélemy en octobre. Ce sont des nationaux. Ensuite, on a régulièrement des concours, des championnats de France. On y envoie plusieurs catégories, dont les doublettes et triplettes mixtes et hommes, ainsi que des jeunes en cadets », éclaire Emilie Aubin.

    L’éloignement de la métropole, sur des territoires de seulement 25 et 53 km², engendre certaines contraintes spécifiques. Les îles du Nord ne possèdent que des équipes cadettes puisqu’il est tout simplement impossible d’avoir des juniors. Saint-Barthélemy ne possède pas de lycée et les adolescents de 15-18 ans sont donc très peu nombreux, voire absents de l’île.

    En préparation pour

    les championnats de France

    Celian et Ethan sont associés durant la Marseillaise à Gianni, venu de l’Hérault, car leur troisième équipier n’a pas vu venir. « Ethan et Celian vont participer à leur troisième championnat de France et La Marseillaise est un peu une mise en bouche à une semaine de l’échéance », souffle Emilie Aubin.

    Ces compétitions en métropole leur permettent d’affronter des jeunes de leur catégorie puisque, outre-Atlantique, ils sont parfois obligés de se confronter à des adultes pour s’entraîner. Le Mondial prend tout son sens lorsqu’une petite bande parcourt près de 7 000 km pour jouer à la pétanque.

  • Inscriptions Mondial à pétanque : nouveaux records battus !

    Inscriptions Mondial à pétanque : nouveaux records battus !

    Mercredi en milieu de journée, la barre des 4 784 équipes, atteinte en 2025, a été franchie. À son approche, les inscriptions en ligne ont été fermées avec quelques heures d’avance. L’équipe n° 4 785 a été symboliquement attribuée à la triplette de Pierre Guille, l’ancien président délégué du Mondial, qui s’était engagé depuis quelques jours déjà sous les couleurs de la Team Solimut représentée par plus de 250 joueurs à Borély. Dans le GP féminin Paprec, 186 équipes étaient inscrites hier et le Trophée Crédit Mutuel Mondial des jeunes, flirtait avec les 200 participants. Là encore des records battus…

  • [Pétanque] Rocher, Lacroix, Doerr et Feltain soupçonnés de paris truqués

    [Pétanque] Rocher, Lacroix, Doerr et Feltain soupçonnés de paris truqués

    Leurs domiciles ont fait l’objet de perquisitions par les policiers du service central des courses et jeux de la police judiciaire, selon des informations du Parisien et de TF1. Parmi eux figurent Dylan Rocher, Henri Lacroix, Jean Feltain et David Doerr, internationaux français de pétanque. Le résultat d’une enquête ouverte pour « escroquerie en bande organisée » et « corruption active et passive dans une manifestation sportive ouverte aux paris » par le parquet de Toulon. Lors de la 7e et ultime étape des Masters de Pétanque en septembre 2025, leur équipe, tenante du titre, avait été largement battue 13-4 par l’équipe locale de Levallois, en quarts de finale. Une alerte a alors été donnée par la plateforme nationale de lutte contre la manipulation des compétitions sportives, coordonnée par l’autorité nationale des Jeux après l’observation de mises anormalement élevées.

    Le montant des gains (60 000 euros dont un tiers a finalement été bloqué
    par l’un des sites de paris qui soupçonnait une fraude) aurait bénéficié à des proches de certains joueurs de l’équipe
    de France.

  • De Saint-Bart à Marseille, l’amitié en guise de boussole

    De Saint-Bart à Marseille, l’amitié en guise de boussole

    Un bateau, deux avions et 14 heures de voyage pour venir jusqu’au parc Borély. Un long périple porté par une profonde amitié, teinté d’humour et de passion pour la pétanque, qui sont, ici, le moteur de chaque performance. Licenciés à l’Amicale bouliste de Saint-Barthélemy, au cœur des Caraïbes, Benjamin Couet et Vincent Dewez participent cette année au Mondial La Marseillaise avec leur ami varois Christophe Dicolangelo, licencié au club de Saint-Raphaël.

    Entre 80 et 100 licenciés

    « À Saint-Barth, il y a un vrai noyau de passionnés, aussi bien chez les natifs de l’île que chez les expatriés », raconte Benjamin Couet, qui a déjà eu la chance de représenter Saint-Barth’ au championnat de France. Cette petite île francophone des Caraïbes, réputée pour ses plages de sable blanc et ses boutiques de créateurs, compte entre 80 et 100 licenciés pour 9 000 habitants. Chaque année, le club local organise un Grand Prix et essaie d’attirer des champions.

    En octobre dernier, pour la 9e édition, quatre grands noms de la pétanque ont fait le voyage : Michel Loy, trois fois champion du monde, Christophe Sarrio, champion du monde triplette en 2023, Ludovic Montoro, champion d’Europe en 2023 et vainqueur du Mondial La Marseillaise 2021, et Yohan Cousin, champion de France en doublette en 2024 et vainqueur des Masters 2025.

    Jouer en métropole et participer à La Marseillaise est évidemment une immense joie pour Benjamin et Vincent. Ils apprécient la variété des terrains marseillais qui nivellent les niveaux. Car ce n’est pas l’expérience qui manque au sein de cette triplette des îles.

    Vincent Dewez a joué en club pendant plus de 20 ans et Christophe Dicolangelo a commencé il y a 5 ans, à Saint-Barth justement. Ils peuvent être à la fois tireur ou milieu. Benjamin joue à Saint-Barthélemy depuis une dizaine d’années. Il est plutôt pointeur ou milieu.

    Leur objectif est d’aller « le plus loin possible ». Les trois compères, qui ont déjà participé à La Marseillaise, mais jamais ensemble, ont conscience que dans le temple de la discipline, le niveau est élevé. « Ce serait sympathique de rencontrer un champion comme Dylan Rocher. Mais on espère que ce ne sera pas avant la finale. Le plus tard sera le mieux », sourient les amis.

  • Laurent Causse : « La Marseillaise a une place à part dans le cœur des joueurs »

    Laurent Causse : « La Marseillaise a une place à part dans le cœur des joueurs »

    La Marseillaise : Vous avez été speaker sur les plus grands concours et compétitions de pétanque à travers le monde, mais jamais au Mondial La Marseillaise à pétanque. Ce sera chose faite lors de cette 65e édition, aux côtés de Vincent Baqué. Pourquoi n’aviez-vous encore jamais animé ce grand rendez-vous phocéen ?

    Laurent Causse : Je n’ai jamais animé le Mondial parce qu’il y avait déjà des personnes en place. Il y a quelques années, lorsque Michel Montana dirigeait l’épreuve, j’avais été présenté à lui par l’intermédiaire de la Fédération française de pétanque. Mais l’animation était alors assurée par un proche de l’organisation et cela n’avait pas abouti. Par la suite, Marc Alexandre a pris le relais. Comme nous nous entendons très bien, il était hors de question pour moi de démarcher une manifestation sur laquelle il officiait. Aujourd’hui, avec le changement de direction, Maryan Barthélémy m’a contacté pour animer le Mondial et j’ai accepté avec plaisir. Il y a quelques années, dans une interview, j’expliquais avoir animé la plupart des plus grandes compétitions, en France comme à l’étranger, jusqu’aux championnats du monde. La seule qui manquait à mon palmarès, c’était La Marseillaise. Aujourd’hui, la boucle est bouclée. Je n’y ai jamais travaillé, mais je connais bien l’événement. Je suis venu à plusieurs reprises comme spectateur. Je ne l’ai jamais joué, principalement pour des raisons professionnelles : il était difficile pour moi de me rendre disponible plusieurs jours de suite. En revanche, mon père disputait le Mondial chaque année et je venais régulièrement le suivre.

    Qu’est-ce qui vous impressionne le plus lorsque vous assistez à une édition de La Marseillaise ?

    L.C. : Ce qui m’a toujours marqué, c’est l’ampleur de l’organisation. Ce sera un peu moins le cas cette année, mais autrefois, le dimanche, les parties étaient réparties sur de très nombreux sites. Il fallait parfois prendre des bus pour rejoindre les terrains. C’était impressionnant. Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est l’atmosphère du premier jour au parc Borély : cette foule immense où se côtoient champions et anonymes. C’est toute l’âme populaire de l’événement. Et puis il y avait le carré d’honneur sur le Vieux-Port. C’était quelque chose d’unique. Voir une partie de pétanque disputée sur une barge au cœur de Marseille, c’était extraordinaire. Aujourd’hui, avec les contraintes de sécurité, cela paraît difficilement envisageable, mais ce cadre reste l’un de mes plus beaux souvenirs du Mondial.

    Qu’est-ce qui fait, selon vous, le charme du Mondial ?

    L.C. : D’abord, tout le monde peut s’inscrire. C’est ce qui en fait la compétition la plus populaire au monde. Aujourd’hui, beaucoup de concours sont limités à 256 ou 512 équipes. À La Marseillaise, chacun peut tenter sa chance. Ensuite, dès la première partie, un jeune joueur peut se retrouver face à un champion du monde. C’est quelque chose de rare dans le sport et particulièrement vrai à la pétanque. C’est la magie du Mondial.

    Si vous deviez choisir un joueur pour incarner le Mondial La Marseillaise à pétanque, qui serait-il ?

    L.C. : Je dirais Marco Foyot. Il a remporté six fois La Marseillaise et a également été consultant sur l’épreuve. On l’a vu sous plusieurs facettes et son nom est indissociable de celui du Mondial. Bien sûr, il y a aussi Philippe Quintais, mais Philippe représente davantage la pétanque dans son ensemble. Quand on évoque La Marseillaise, Marco Foyot vient immédiatement à l’esprit.

    Quelle est la recette pour séduire son auditoire ?

    L.C. : Ma priorité est de faire vibrer le public en lui proposant les meilleures affiches dans les meilleures conditions possibles. Lorsqu’il existe un carré d’honneur ou un terrain central, l’objectif est d’y programmer les rencontres les plus attractives afin d’attirer le public, de satisfaire les partenaires et de mettre en valeur l’événement. De belles parties, il y en a pendant toute la compétition, mais certaines ont un pouvoir d’attraction particulier. Il faut aussi valoriser les joueurs de haut niveau. Un plateau prestigieux contribue largement au succès d’une manifestation. Cela passe notamment par la présentation de leur palmarès et de leurs performances. Le défi consiste à trouver le bon équilibre entre les attentes de l’organisateur, celles du public, des partenaires et des joueurs. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est essentiel.

    Faut-il privilégier l’aspect informatif ou le côté divertissant pour que le public passe un bon moment ?

    L.C. : Sur ce type d’événement, nous sommes avant tout des animateurs sportifs. Notre rôle est de transmettre des informations liées à la pétanque tout en restant accessibles à tous. Dans les tribunes, il y a des passionnés, mais aussi des novices. Il est donc important de présenter les joueurs et leur palmarès. Beaucoup de spectateurs connaissent les noms de Marco Foyot, Philippe Quintais, Dylan Rocher ou Henri Lacroix sans forcément mesurer l’ampleur de leurs performances. Pendant les parties, il faut également expliquer certaines situations de jeu et certains points du règlement. Pourquoi un joueur reçoit-il un carton jaune ? Pourquoi telle décision est-elle prise ? Ce sont des éléments qui intéressent le public. Au final, il faut trouver le juste équilibre entre information et animation. S’adresser à la fois aux initiés et aux non-initiés n’est pas évident, mais c’est, selon moi, la meilleure recette.

    Est-ce que le Mondial La Marseillaise à pétanque est, selon vous, la compétition la plus prestigieuse à remporter ?

    L.C. : On me pose souvent la question : quel est le plus grand ou le plus beau concours de pétanque en France ? Ma réponse a toujours été la même et elle n’a pas changé. Pour moi, trois compétitions se détachent clairement : le Mondial La Marseillaise à pétanque, le Mondial de Millau et l’Europétanque des Alpes-Maritimes. Mais chacune possède sa propre identité et ses spécificités. C’est pour cette raison qu’il m’est impossible de les comparer ou d’affirmer que l’une est supérieure aux autres. Ces trois événements attirent les meilleurs joueurs de la planète, mais leurs formats sont totalement différents. Si l’on parle de popularité, alors oui, La Marseillaise est sans doute la référence. Avec plusieurs milliers d’équipes engagées et des participants venus de nombreux pays, c’est un événement hors-norme. C’est certainement la compétition la plus populaire du monde de la pétanque. Le Mondial de Millau était souvent considéré comme la « Mecque de la pétanque ». Il attirait moins d’équipes que La Marseillaise, mais proposait une multitude de compétitions : tête-à-tête, doublettes, triplettes, épreuves féminines… À Millau, même après une élimination précoce, les joueurs pouvaient continuer à participer à d’autres concours pendant plusieurs jours. L’expérience était totalement différente. En revanche, il est certain que La Marseillaise occupe une place à part dans le cœur des joueurs.

  • Inscriptions Mondial à pétanque : le Cambodge au départ

    Inscriptions Mondial à pétanque : le Cambodge au départ

    Le Cambodge rejoint l’Algérie, l’Allemagne, Andorre, l’Angleterre, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, la Bulgarie, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la Grèce, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, Madagascar, le Maroc, le Mexique, Monaco, les Pays-Bas, le Portugal, le Sénégal, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, la Suisse, le Togo et la Tunisie au concert des nations présentes à Marseille. 4 681 équipes étaient engagées à 18h à la clôture du bureau central des inscriptions

  • Le tireur d’élite Damien Hureau vise son premier sacre à Borély

    Le tireur d’élite Damien Hureau vise son premier sacre à Borély

    Son balancier, à la fois élégant et d’une fluidité remarquable, fait de lui l’un des tireurs les plus redoutés du circuit. Damien Hureau, canonnier au palmarès parmi les plus riches de la planète pétanque, tentera de décrocher, dès dimanche, sa première victoire à la Marseillaise à l’occasion de la 65e édition du Mondial.

    « Compte tenu du nombre d’équipes engagées, du fait que le concours se dispute à Marseille et de l’histoire même de la pétanque, née ici, cette épreuve revêt forcément une dimension particulière », souligne-t-il.

    L’Angevin de 48 ans avait atteint les demi-finales dès sa première participation, en 2001, aux côtés de Jean-Luc Robert et d’un certain Philippe Quintais. « Pour tout le monde, c’est une évidence : c’est un monsieur dans tous les sens du terme », confie celui qui compte parmi les plus fidèles partenaires du « roi ». « Par son jeu, son parcours et tout ce qu’il a apporté à la pétanque. Je l’ai souvent comparé à Roger Federer dans le tennis : un joueur d’une immense classe, fluide, intelligent dans sa façon de jouer, doté d’une mentalité irréprochable et toujours respectueux, aussi bien de ses partenaires que de ses adversaires. En un mot : la classe. Et ce qualificatif lui correspond parfaitement. »

    Vingt-cinq ans après ses premiers pas au Parc Borély, le licencié du club d’Hanches (Eure-et-Loir) s’apprête à retrouver les allées marseillaises aux côtés de l’un de ses partenaires de toujours, Julien Lamour, et d’un coéquipier inattendu : l’Américain Mark Greenberg.

    « J’ai partagé tellement de choses avec Julien. Nous avons remporté quasiment toutes les grandes compétitions ensemble, à l’exception du championnat de France. Pour moi, c’est comme un petit frère », glisse Damien Hureau.

    Trio pas comme les autres

    Le troisième larron de l’équipe est bien moins connu du grand public. « Mark est originaire de Santa Monica, près de Los Angeles, où il vit toujours. Il a environ 75 ans et c’est un véritable passionné de pétanque. Nous nous sommes rencontrés lors d’un concours en Floride, il y a une quinzaine d’années. Le courant est tout de suite passé, nous avons commencé à jouer ensemble et une véritable amitié est née », raconte celui qui participe régulièrement à des compétitions en Amérique du Nord depuis plusieurs années.

    « C’est quelqu’un de très attachant, animé par une passion rare. Malgré son âge, il est complètement habité par la pétanque. Il n’avait encore jamais participé à La Marseillaise, alors que c’était un rêve pour lui. Je lui ai expliqué que ce ne serait pas facile : il y a beaucoup de marche, la chaleur, l’intensité du concours… Mais il m’a répondu que s’il ne la faisait pas cette année, il ne la ferait jamais. Avec Julien, nous avons donc décidé de l’accompagner dans cette aventure. L’objectif est simple : prendre du plaisir, aller le plus loin possible, le préserver au maximum et, surtout, lui permettre de vivre enfin cette Marseillaise dont il rêve depuis tant d’années », confie le cofondateur de la marque Valtop.

    Selon Damien Hureau, le charme du Mondial réside en partie dans la diversité des conditions de jeu selon les lieux et la proximité avec le public. « C’est toujours plaisant. On sent que les gens vivent les parties avec nous, ce qui rend l’expérience unique. On ne retrouve cela nulle part ailleurs. Dans les compétitions plus classiques, tout est beaucoup plus encadré et les spectateurs sont éloignés. À La Marseillaise, c’est différent : il faut aussi s’adapter à cette atmosphère », souligne le tireur au calme légendaire.

  • Dernière ligne droite pour les inscriptions au Mondial La Marseillaise

    Dernière ligne droite pour les inscriptions au Mondial La Marseillaise

    Le rythme ne faiblit pas. 3 607 équipes engagées mardi à 18h, 3 675 mercredi à midi… C’est 250 équipes de plus qu’en 2025 à même date. Alors que le bureau central ouvre ses portes ce jeudi à la salle des Rotatives au siège du journal La Marseillaise sur le cours d’Estienne-d’Orves, le record de participation, 4 784 équipes l’an dernier, commence à trembler.

    L’analyse des premiers 10 000 joueurs montre des signes encourageants avec plus de 40% des participants venus d’en dehors de la région Sud-Paca. Et certains de très loin puisqu’on compte cinq équipes ultramarines, venues de Guadeloupe, de Guyane et de La Réunion.

    26 pays étrangers

    à l’international, 26 pays sont d’ores et déjà représentés. Avec plus d’une centaine de joueurs, l’Allemagne qui a remporté GP Féminin Paprec en 2021, est de loin le pays le plus représenté et confirme son statut de nation montante de la pétanque après avoir été championne d’Europe 2025. Cette année sa sélection nationale juniors est inscrite sur le Trophée Crédit Mutuel des jeunes. Le continent américain, avec quatre équipes américaines et une mexicaine, l’Asie avec le Japon, et l’Afrique seront présents aussi. Un continent africain représenté par plusieurs triplettes venues d’Algérie qui n’avaient pas pu s’engager l’an passé sur fond de relations diplomatiques tendues, du Maroc, de Tunisie mais aussi du Togo, du Sénégal et de Madagascar évidemment.

    Beaucoup de joueurs malgaches expatriés sont engagés, dont l’un des vainqueurs 2025 (Yves Cédrick Rakotoarisoa) qui évolue désormais en France à Décines. Mais de dossard n°1, réservé aux tenants du titre, sera attribué à une des deux équipes de la sélection nationale dans laquelle évolueront Tiana et Lova qui l’avaient emporté avec lui l’an dernier.

    Elles feront partie des prétendants au titre avec une quarantaine d’équipes dont les teams Eldera Bonetto – Robineau – Rocher et Baudino – Delahaye – Riviera, ou celle du Marseillais Puccinelli associé à la pépite Dawson Herlemann (15 ans).

    Du côté du GP Féminin Paprec, plus de 160 triplettes sont inscrites. Elles sont 165 sur les trois concours du Trophée Crédit Mutuel Mondial des jeunes. 32 équipes, enfin, sont attendues sur le Handi Mondial. Trois premières étapes qualificatives ont été organisées à Arles, Salon et Marseille (Boule Vallier). Elles ont réuni une cinquantaine de participants. La prochainea lieu à Septèmes, samedi, et la dernière à Borély, le 7 juillet. On devrait y retrouver deux équipes ukrainiennes issues du programme de réhabilitation des soldats blessés au front, pour lequel la Fédération ukrainienne a reçu la Boule d’or en 2025. Ils s’engagent cette fois dans le Handi après avoir organisé un tournoi qualificatif chez eux.

    À noter car ce tournoi est mixte, que Patrick Bosso, vainqueur 2024, y participera à nouveau en tant que valide, espérant se qualifier pour le tournoi final du 8 juillet. La finale sera retransmise sur France TV.