Tag: monde du travail

  • Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    « Dans ce combat, les communistes doivent être en première ligne. » L’opération de tractage a été décidée voilà quelques jours dans toutes les sections communistes marseillaises. Pour Anthony Gonçalves, chef de file PCF aux municipales, le sondage La Marseillaise /Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié dans nos colonnes ce 13 janvier, qui met à égalité au premier tour le maire sortant, Benoît Payan (DVG), et le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote, a renforcé la nécessité de s’engager dans la bataille. À l’aune de l’histoire des communistes dans la ville, « acteurs majeurs de la Libération, les armes à la main », il s’agit pour lui d’un « coup de tonnerre » : « On est saisi par l’effroi que cette dynamique RN fait peser sur la ville. »

    Faire s’exprimer les quartiers populaires

    Saluant l’entrée en campagne de Benoît Payan, il ajoute que cette opération va permettre de « rappeler que le rassemblement à gauche, des citoyens, des écologistes, du monde du travail autour de [cette] liste doit se faire maintenant, de la façon la plus large possible et dès le premier tour ». Un rassemblement où le PCF a son rôle à jouer.

    « On doit être à l’avant-garde du dialogue avec les quartiers populaires, celles et ceux qui ne veulent pas revenir à cette ville de classes construite pendant 25 ans de gestion de droite », assène Anthony Gonçalves. Pour convaincre là où, souvent, on ne va plus aux urnes, les communistes comptent sur leurs propositions qui ont « infusé » le programme, mais aussi sur leur bilan au sein du Printemps marseillais : « Je pense au combat pour l’accès aux soins, le logement, l’égalité homme-femme. Il y a aussi ce qui a été fait par nos adjoints, Audrey Garino dans le domaine de la solidarité, Jean-Marc Coppola à la culture. »

    Et d’insister aussi sur le développement du port, inquiet de ce que « certains veulent en faire, y compris d’où on ne l’attendrait pas »… En clair, des insoumis. « Nous sommes partisans de lier de façon indissoluble développement économique et exigences écologiques. Ce n’est pas en les opposant qu’on va avancer », estime-t-il.

  • [Monde du travail] Chronique des invisibles : en 2026, faire reculer un peu la nuit

    [Monde du travail] Chronique des invisibles : en 2026, faire reculer un peu la nuit

    Les mêmes choses, d’une année sur l’autre : la paix, la santé, un peu de bonheur, et que le monde, tel qu’on le connaît, existe encore jusqu’au Printemps.

    Nous les enverrons par cartes (tant que La Poste perdure toujours, le Danemark vient de la fermer définitivement), par courriels, par SMS, par messages pressés entre deux courses au supermarché. « Bonne année, bonne santé ! ».

    Et pourtant, malgré leur apparente banalité, ces mots conservent une force intacte : ils témoignent qu’au cœur des épreuves, du labeur quotidien, de ce climat anxiogène où la haine l’emporte sur l’empathie, l’espérance persiste.

    Je me surprends à penser, en écrivant mes vœux, que nous sommes pareils à ces jardiniers d’hiver. Ils retournent la terre gelée, convaincus que quelque chose finira bien par pousser.

    Nous savons que la saison est rude. Nous savons aussi que le simple fait d’écrire « bonne année » est déjà un acte de résistance contre la détresse généralisée du monde. Il n’existe pas de geste inutile lorsqu’il s’agit de dire aux autres qu’ils comptent, ne serait-ce qu’un instant.

    C’est l’idée même de cette série de portraits de jeunes travailleurs de « La Marseillaise » et au-delà de cette nouvelle chronique où seront abordés les gens humbles, ceux par lesquels la vie est réellement influencée, écrite, bouleversée, magnifiée. La mondialisation n’écrase pas seulement les hommes, elle digère les valeurs humaines fondatrices. Elle transforme la solidarité en opportunité commerciale, la culture en produit dérivé et la dignité en slogan publicitaire. Sous ses apparences d’universalité, elle uniformise les consciences. Notre rêve collectif ne doit jamais devenir un flux de données. Dans ce grand mouvement sans visage, sans âme, l’humanité se dissout lentement dans une logique capitaliste dépourvue de morale.

    Alors souhaitons, maladroitement, imparfaitement, sans garantie, avec force, détermination « une bonne année 2026 » mais souhaitons-le tout de même.

    Car les vœux, comme les mots, parfois, ont le pouvoir de faire reculer un peu la nuit, ces ténèbres vers lesquelles nos ennemis veulent nous entraîner.

    Sébastien Gehan

    Né en 1973, il est écrivain, auteur de polars, contes et nouvelles plusieurs fois primées. Deux fois papa, il vit à Istres. Douanier, ancien responsable syndical, il dédie cette chronique à celles et ceux qui font le monde du travail d’aujourd’hui.