Tag: mobilisation

  • Séché Assainissement 34 : la grève a payé

    Séché Assainissement 34 : la grève a payé

    Depuis le rachat de l’entreprise par Séché Environnement en 2022, les salariés ont vu leurs revenus et leurs conditions de travail décliner. « On n’avait jamais fait grève jusqu’ici, mais nos rétributions ont été considérablement dégradées », confirme Patrice Mandelli, délégué CGT. « Nous avons des heures de travail en moins, des primes avaient été retirées… La direction s’était justifiée par une perte d’activité, mais en juin dernier, les trois actionnaires du groupe – le père et ses deux fils – se sont partagés 9 millions d’euros. Nous, on ne veut pas de surplus ; on veut seulement récupérer ce qui a été supprimé ».

    Après une semaine de grève et un dialogue parfois difficile, la mobilisation et la médiation de l’inspection du travail ont fini par payer le mardi 25 novembre dernier. « On a eu gain de cause sur une partie de nos revendications. Nous avons par exemple obtenu le passage de la convention 3D (désinfection, désinsectisation, dératisation) à la convention Assainissement, qui est notre activité principale, et puis la mise en place d’une prime d’intéressement. Nous avons aussi obtenu quelques arrangements, comme le jour de repos qui avait été perdu pour les astreintes et les déplacements », détaille le syndicaliste.

    Pas d’augmentation pour le moment

    La direction a également consenti à payer aux salariés la moitié des jours de grèves, mais pour l’heure, elle n’a pas cédé d’un iota sur l’une des revendications les plus importantes : l’augmentation des salaires ! En effet, depuis 2022, les salariés ont perdu 30 minutes de temps de travail par jour, soit une dizaine d’heures par mois. « Cela représente entre 120 et 150 euros sur la fiche de paie », explique Patrice Mandelli. A ce sujet, la direction renvoie les salariés vers les prochaines négociations annuelles dédiées aux augmentations, qui devraient démarrer en février prochain. « Si on a repris, c’est qu’on a trouvé un terrain d’entente. Pour le reste, nous verrons au prochain combat », poursuit Patrice Mandelli, qui salue une belle mobilisation. Selon lui, près de 95% des 40 salariés étaient bel et bien en grève entre le 18 et le 25 novembre, puisque seuls les personnels administratifs étaient restés à leur poste.

    Cotée au Cac 40 depuis 1997, le groupe Séché Environnement regroupe une cinquantaine d’entreprises en France et 120 à l’international, dont neuf agences dédiées à l’assainissement. Au total, elle dénombre aussi plus de 7300 collaborateurs. Au 31 décembre 2024, le groupe a affiché un chiffre d’affaires contributif de 1 110,4 millions d’euros. Un résultat en progression de + 9,6 % par rapport à 2023…

  • Mobilisation pour l’égalité sur les primes au Grand Avignon

    Mobilisation pour l’égalité sur les primes au Grand Avignon

    « Certains sont dans le même service, font le même travail et ne touchent pas la même prime. Ce n’est pas normal », confie Jean-Philippe Quiot, agent autonome au Grand Avignon et représentant du syndicat PFA. Quelques heures plus tôt, lui et une vingtaine d’autres agents de l’intercommunalité avaient interpellé les élus sur cette « rupture du principe d’égalité », rappelant que sur 650 agents, 350 ne bénéficient pas de la prime annuelle de 900 euros.

    Dans un tract distribué le matin même, ils renvoient le président de la communauté de communes, Joël Guin, à sa déclaration lors de son élection en 2021 où il promettait de « gommer les inégalités de prime entre agents ». « Or, aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas. Dans le contexte actuel, c’est dommage », regrette le représentant syndical.

    Pas cette année

    Déjà mobilisés en juillet dernier, leur demande de mise à égalité n’avait pas été acceptée par le Grand Avignon. Contactée par La Marseillaise à l’époque, l’intercommunalité assurait que, « soucieuse des conditions de travail et de vie de ses agents », elle privilégiait « des dispositifs améliorant le pouvoir d’achat de tout son personnel en augmentant, par exemple, la valeur faciale des tickets-restaurants et la prise en charge de la part employeur ».

    « C’est un choix politique et on sait qu’on ne l’aura pas cette année, mais il faut rester mobilisés », constate Jean-Philippe Quiot, qui demande à ce que soient mises en place des mesures compensatoires. « On nous dit que ce n’est pas possible, mais cela a déjà été fait pour 132 agents. Et c’est possible financièrement », ajoute-t-il, en chiffrant la mesure à environ 330 000 euros.

  • L’énergie de la victoire

    L’énergie de la victoire

    Au commencement, il y avait l’arbitraire. Une décision tombée d’en haut et justifiée par l’impératif climatique sans qu’aucune perspective d’avenir ne soit tracée : la fermeture de la Centrale à charbon de Gardanne.

    Qu’importe l’emploi, qu’importent les besoins en électricité de notre région, qu’importent la perte des savoir-faire et les potentialités d’une transition écologique vertueuse du site.

    C’est grâce à l’abnégation des salariés de la Centrale, de leur syndicat CGT et de leur association de travailleurs que ces choix mortifères ont été battus en brèche.

    Aujourd’hui devenue centrale à biomasse, le site de la Centrale va accueillir le projet de biogaz défendu bec et ongles par les travailleurs permettant l’embauche d’anciens salariés.

    Solutions ouvrières

    C’est une nouvelle fois la démonstration, dans notre région, que les solutions viennent des travailleurs organisés. Les caricatures qui sont faites d’eux sont indignes. Non, ils ne sont pas « contre tout », ce sont même souvent les seuls à apporter des propositions d’avenir.

    Qui porte la responsabilité du déclin industriel ? Qui instrumentalise l’écologie pour justifier des choix incohérents ? Qui mise sur le dumping social pour maximiser ses profits ? Certainement pas les Gardannais qui se battent pour l’avenir de leurs familles, de leurs métiers et de leur territoire.

    Dans une France où le monde du travail est trop souvent malmené, la détermination des salariés de la Centrale a valeur d’exemple.

    C’est l’énergie de la victoire.

  • Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    « La nuit, il ne faut pas se réveiller car on va se dire “merde, comment je vais faire pour la journée ?” On a parfois l’impression d’être dans la secte Marie Blachère », confie avec hargne une représentante syndicale, ce lundi 24 novembre, quelques minutes avant l’ouverture des Négociations annuelles obligatoires (NAO) avec la direction de la plus grande chaîne de boulangeries en France, aux Angles (Gard).

    Une réunion qui n’a débouché que sur « une petite avancée sur la prime d’ancienneté », regrette Véronique Marchois, représentante CFDT. Mais rien sur les principales revendications des syndicats, à savoir de « vraies augmentations de salaires pour tous », ainsi que l’amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité ou encore le droit à la déconnexion.

    « Cela ne suffit pas », appuie Christine Tonarello, secrétaire CGT du géant de la boulangerie, en précisant que les propositions devraient être mises à nouveau sur la table, ces prochains jours. Si elles ne conviennent toujours pas, un nouveau mouvement est envisagé, cette fois pendant la période des fêtes de Noël.

    Intersyndicale historique

    Après un premier rassemblement organisé par la CGT de Marie Blachère, qui compte 850 boutiques et presque 13 000 employés, c’est aussi la première fois qu’une intersyndicale se forme avec la CFDT, qui s’est jointe au mouvement. « C’est un message fort. Car on n’a pas de vie de famille. On a l’impression que notre vie de famille, c’est Marie Blachère. On dit stop, on en a marre ! Le ras-le-bol est général et on sait que beaucoup de salariés sont d’accord avec nous, mais ne peuvent pas se permettre de perdre une partie du faible salaire qu’ils ont », poursuit Véronique Marchois, à bout. « On s’appuie sur les mêmes revendications toute l’année. Le but, c’est de se faire entendre à travers toute la France », ajoute Nathalie Pascal, déléguée syndicale CGT.

    Un rassemblement était également organisé en amont de la réunion, avec une quarantaine de militants présents aux Angles, à proximité d’une boutique de la firme. Tandis qu’à quelques mètres de là, plusieurs membres de l’équipe de direction se sustentaient avec des produits de la maison, observant d’un air mi-amusé, mi-inquiet la mobilisation qui prenait forme, certains allant jusqu’à photographier les manifestants posant devant la banderole. Aucun d’entre eux n’a souhaité s’exprimer sur la situation.

  • Ces militants dénoncent l’usage de l’arme nucléaire

    Ces militants dénoncent l’usage de l’arme nucléaire

    Les mines sont graves dans une salle de la mairie de Marseille plus habituée à accueillir des mariages que des échanges sur l’arme nucléaire. En cette journée solennelle, la délégation des Bouches-du-Rhône du Mouvement de la paix et les deux élus recevaient des invités exceptionnels : des représentants du Nihon Hidankyo (confédération japonaise des organisations des survivants des bombes A et H, Prix Nobel de la paix 2024) et du Gensuikyo (organisation pour l’interdiction de l’arme nucléaire). Ces derniers sont présents dans le sud de la France depuis le 19 novembre.

    Les militants de ces structures dénoncent la remilitarisation et l’usage des armes nucléaires. Dans ce cadre, ils mettent notamment en avant un outil : le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian). à l’heure actuelle, 74 États l’ont ratifié. Les représentants du Nihon Hidankyo et du Gensuikyo se sont scindés en deux groupes pour échanger avec des acteurs locaux : l’un pour l’Occitanie et l’autre pour Paca.

    « Lutter pour la mémoire »

    Michèle Rubirola et Jean-Marc Coppola partagent le sentiment des organisations venues les rencontrer. Le contexte de remilitarisation globale est inquiétant, l’élu communiste s’en alarme : « Personne n’aurait imaginé que le XXIe siècle voit autant de conflits. » Et de s’adresser aux délégations japonaises : « Je veux réaffirmer notre solidarité avec vos initiatives pour porter un message de paix et de non-violence. »

    De son côté, l’édile écologiste observe que « les villes sont devenues des acteurs de paix. Elles sont des espaces où la santé publique, les questions climatiques, la qualité de vie et les solidarités sont à l’œuvre : les armes nucléaires sont l’opposé de tout ça. »

    Emiko Honma, 75 ans, est « Hibakusha », à savoir survivante de deuxième génération de la bombe d’Hiroshima. Sa mère a été exposée aux radiations pendant l’explosion du 6 août 1945. Née en 1950, Emiko n’entendra jamais celle-ci parler ni de la catastrophe, ni de son irradiation.

    Les « Hibakushas » et leurs familles ont longtemps subi le rejet de la population japonaise. Aujourd’hui, la septuagénaire milite pour que son histoire ne tombe pas dans l’oubli : « La bombe ne cause pas seulement des tragédies au moment de l’explosion, elle cause la souffrance des survivants qui ont souffert de leurs maladies et de ne pas avoir pu aider ceux qui les entouraient. » Militante depuis 12 ans au sein de Nihon Hidankyo, elle s’enthousiasme : « Le Prix Nobel de 2024 nous encourage à partager notre histoire et notre expérience avec toutes les générations. » Avant de conclure, laconique : « Si un pays utilise les armes nucléaires, un autre en fera aussi usage et la terre sera détruite. »

  • [Témoignages] Ils ont marché pour Mehdi samedi

    [Témoignages] Ils ont marché pour Mehdi samedi

    Zohra, salariée dans le social

    « On se sent tous concernés. J’habite à Miramas mais ces problèmes-là sont présents aussi chez nous, c’est partout et depuis très longtemps. Je viens dans l’espoir que ce combat prenne une nouvelle dynamique. Je vis dans un petit quartier mais j’ai peur pour mon fils de 27 ans et mes filles de 20 et 18 ans. Quand j’entends que les enfants se font attraper par les réseaux sur leur chemin vers l’école, je me dis que ça peut arriver aux miens. »

    Saïd, membre de l’association Adepec

    « Si on arrive maintenant à assassiner des gens pour intimider, on a dépassé le point de bascule. On est à l’extrémité de la violence et de l’inimaginable. C’est l’honneur de tout le monde de venir à ce rassemblement pour montrer qu’on est là et dire stop, plus jamais ça. Ce qui s’est passé a réveillé et éveillé les gens, même s’ils ne sont pas là physiquement, ils sont là avec le cœur. Partout dans nos quartiers, on lèvera toujours la main pour dire stop : plus jamais ça. »

    Latifa, retraitée

    « J’espère qu’on trouvera les assassins. Il faudrait que ça s’arrête et que le maire fasse quelque chose, même monsieur Darmanin qui était-là il y a quelques jours. Pour moi, tous ces discours c’est du pipeau. Il y a de la récupération politique, j’en suis persuadée, je n’ai jamais vu autant de monde. Les jeunes ont peur, ils n’osent plus sortir, c’est le cas de mes neveux qui ne traînent plus le soir. Je pense qu’il n’y a pas assez de policiers à Marseille. »

    Adam, étudiant

    « La mort du grand frère d’Amine, nous avait fait froid dans le dos. Là c’est encore pire, on ne se sent plus en sécurité. Il faut continuer à faire du bruit, à se battre. On avait déjà fait plein de rassemblements avec Amine mais rien n’a changé ; aujourd’hui en est la preuve, l’État n’a rien fait. Certains ne sont là que pour faire de la récupération politique à l’approche des municipales. Cet après-midi on est plein mais demain il ne restera que les proches d’Amine et encore… »

  • Debout

    Debout

    Et maintenant ? Après l’hommage impressionnant de dignité exprimé samedi par les milliers de personnes présentes au rassemblement en mémoire de Mehdi Kessaci, 20 ans, assassiné par les tueurs de la mafia de la drogue, quel sera l’après ? « Mon frère est mort pour rien et on nous traite comme des moins que rien. » Amine Kessaci, 22 ans, frère de Mehdi, exprime le profond vécu de centaines de milliers de familles populaires, laissées pour compte dans des quartiers immenses, ceux qui font l’essentiel de la France, en proie à la mainmise des trafiquants de drogue. Ce sont eux, ces lâches, qui vampirisent la vie quotidienne, imposent non pas leur loi – ils n’en ont aucune – mais la terreur pure et la cruauté totale. Dans un seul et unique but : accumuler toujours plus d’argent sale, couvert du sang de leurs victimes.

    Douleur et dignité

    Et maintenant ? Les États européens, dont la France, vont-ils continuer à fermer les yeux sur cet argent pourri de la drogue, recyclé en toute impunité, avec des complices en cols blancs, dans l’économie dite « légale » ? À quand des moyens pour couper les têtes de l’hydre ? Et où sont les protections durables dans nos villes, dans nos villages ? C’est-à-dire des services publics développés et de qualité ? Qui pour dire que le narcotrafic est systémique, amplifié par le libéralisme échevelé, sans éthique, ni morale ? Qui pour lever le voile et lutter contre la corruption ? Qui pour respecter la justice en lui donnant tous les moyens pour agir ? Samedi, Amine Kessaci, 22 ans, a tracé la voie et fait clamer le mot justice. Il incarne et la douleur et la dignité de ceux qui savent rester debout et résister.

  • Le plan grand froid activé par la préfecture de Vaucluse

    Le plan grand froid activé par la préfecture de Vaucluse

    La préfecture de Vaucluse a activé ce vendredi 21 novembre le plan Grand froid « en raison des tensions sur les dispositifs d’hébergement d’urgence ainsi que des prévisions des températures ressenties en Vaucluse sur les tout prochains jours », précise-t-elle dans un communiqué de presse.

    Des mesures d’accueil d’urgence sont donc mises en place, avec notamment un centre d’hébergement exceptionnel pour les personnes sans abri, mis en place ce vendredi à partir de 15 heures à Avignon. Celui-ci se situe à la maison municipale Mérindol, au 15 rue Paul-Mérindol, et ce grâce à la mobilisation des services de la ville d’Avignon, du Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), de la Croix-Rouge et du Secours populaire, aux côtés des services de l’État. Dispositif déjà activé en début d’année.

    Un lieu d’une capacité maximale de 43 places qui sera ouvert chaque jour de 15 heures à 9 heures le lendemain. « Une évaluation quotidienne des besoins sera conduite par les services de l’État permettant le maintien de cet accueil jusqu’au radoucissement des températures », ajoute la préfecture. L’orientation des personnes en demande d’hébergement d’urgence vers le centre est réalisée uniquement par le SIAO en appelant le 115, joignable 24 heures sur 24. Un numéro qui peut également être utilisé pour signaler une situation préoccupante.

    La préfecture assure ensuite dans le même communiqué que le SIAO « continue d’assurer la coordination, le suivi des capacités d’hébergement d’urgence ainsi que l’orientation des demandes d’hébergement vers l’ensemble des structures adaptées » et appelle les maires « à la plus grande vigilance et à faire preuve de solidarité en accueillant toute personne en difficulté qui leur serait signalée ».

  • La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    « Il est hors de question de laisser ces débats lunaires se faire dans le silence ! ». À la Bourse du travail de Marseille, ce jeudi, Greg Fontaine, infirmier à l’hôpital de la Timone et co-secrétaire de la CGT AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), tient à « sonner l’alerte » sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) débattu au parlement.

    Le tout, à l’occasion d’une journée de communication nationale de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale. Ce budget pour 2026 est jugé comme une « catastrophe » annoncée pour les établissements de santé et notamment les hôpitaux publics. « Ils sont déjà à l’os et une nouvelle réduction de moyens risque de provoquer leur effondrement », dénonce-t-il. La montée au créneau des organisations CGT ne vient pas de nulle part : « Le PLFSS 2026 prévoit une suppression de 7 milliards d’euros pour le budget de la santé, tandis que le budget de l’armée bénéficie d’une hausse sans contreparties », renchérit Ludovic Vergnaud-Rousseau, pour l’USD 13 (Union syndicale départementale de la santé) et aide médico-psychologique à l’association Unapei.

    Si les maux des hôpitaux sont connus, Greg Fontaine tient à les remettre en avant : « Les structures subissent une crise de l’emploi qui met en danger la santé des personnels et des patients. 92% des établissements déclarent des difficultés de recrutement. » L’analyse de la CGT s’appuie sur des données chiffrées : « Pour le seul secteur de la santé, il y a 180 000 postes qui sont à pourvoir selon une étude de la Dares au 1er trimestre 2025. »

    « Manque de matériel

    à tous les niveaux »

    Et l’organisation estime à 74 000 aides-soignants et 43 000 infirmiers et sages-femmes manquants en France. Même constat dans le privé et les structures associatives du reste du secteur : « Des maternités ferment, les Samu sont saturés, les personnes âgées souffrent dans les Ehpad », énumère Ludovic Vergnaud-Rousseau. La faute à « 30 ans de politique libérale et d’une gestion des établissements comme des usines à soins ». Et qui risque de se poursuivre avec ce PLFSS, la CGT ciblant plusieurs mesures qui ne passent pas : « Jour de carence pour les arrêts maladie, gel du point d’indice pour les fonctionnaires et doublement des franchises médicales. »

    Greg Fontaine rappelle les conséquences concrètes de ces mauvais coups dans les services : « Les brancardiers de la Timone se sont mobilisés contre le sous-effectif, les agents de la sécurité incendie également. Et les soignants des Baumettes ont fait grève contre la suppression de jours de repos compensateur ! ». Séverine Jeanroy, aide-soignante à l’hôpital Nord à Marseille et élue CGT confirme que ces exemples ne sont pas des cas isolés : « La situation à [l’hôpital] Nord s’aggrave d’année en année. L’attente pour avoir des rendez-vous est rallongée, les patients sont hébergés dans des services dont ils ne dépendent pas. » Et rappelle « le manque de matériel à tous les niveaux comme les appareils à tension, les couvertures… »

    Alerte à la population

    D’où « l’alerte à la population » lancée par les organisations CGT qui demandent sa participation pour « interpeller les élus ». Notamment en vue d’obtenir un PLFSS en « hausse entre 7 et 10% ». Ou, à défaut, « que les parlementaires s’y opposent » et donc ne votent pas le texte. Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle que le refus de cette politique passe par la mobilisation le 2 décembre dans la rue avec un appel confédéral à la manifestation et à la grève : « On ne pouvait pas ne pas manifester contre ce budget qui est encore pire que les précédents. »

  • Mobilisation contre un happening du média identitaire « Frontières »

    Mobilisation contre un happening du média identitaire « Frontières »

    Deux semaines après avoir monté une opération similaire à Strasbourg, c’est devant la faculté Schumann, à Aix-en-Provence, que le média identitaire Frontières s’est installé ce mercredi midi. Une installation pour enregistrer une émission comme une provocation, pour le média financé par le député (UDR) de la ville Gérault Verny et qui n’hésite pas à glisser un symbole néonazi comme la rune d’Odal dans sa communication. Mais peu avant 13h, ce happening a tourné court face à la rapide mobilisation de près d’une centaine d’étudiants et militants des Jeunes communistes, insoumis, de l’Union étudiante ou du Poing levé. Et les organisateurs du happening ont dû replier leur table installée devant la bibliothèque universitaire pour se déplacer vers la faculté de droit, où ils se sont heurtés à la même mobilisation. « Il y a quelques étudiants qui nous ont interpellés en nous disant qu’ils cherchaient juste à débattre, mais débattre avec eux c’est normaliser leurs idées nationalistes, racistes, misogynes », témoigne Shana Maisueche, secrétaire à l’organisation du Mouvement des jeunes communistes dans les Bouches-du-Rhône, « fermement opposée à leur présence ». Et de rappeler que le directeur de la rédaction Erik Tegnér a déjà été reconnu coupable d’injures raciales et est par ailleurs visé par une plainte pour agression sexuelle et harcèlement.

    De son côté, la militante identitaire Nina Azamberti, membre de Nemesis et ancienne collaboratrice du député RN Romain Baubry, se mettait en scène touchée par un jet d’œuf, recevant le soutien du candidat RN Jean-Louis Geiger. Pas gêné par les idées de ces groupuscules.