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  • Énergies renouvelables : l’urgence d’un cap politique clair à Montpellier

    Énergies renouvelables : l’urgence d’un cap politique clair à Montpellier

    « Un cap politique clair et assumé sur la transition énergétique », qui rende de la visibilité aux entreprises du secteur et permette une continuité dans les appels d’offres et les investissements. C’est ce que réclament les salariés du secteur des énergies renouvelables, appelés à se rassembler le 10 février à Paris devant l’Assemblée nationale et à Montpellier, où la filière est très représentée, devant la préfecture. Une mobilisation inédite.

    Voilà deux ans et demi, maintenant, que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), feuille de route énergétique de la France jusqu’en 2035, se fait attendre en raison de divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables.

    « On nous a notamment menacés, ces derniers mois, d’un moratoire. Cette situation fait peser beaucoup d’incertitudes sur notre secteur, si bien qu’aujourd’hui beaucoup d’entreprises ont enclenché des licenciements économiques », explique Florence Vollaro, membre du CSE de la société Apex Énergies, à Montpellier, et porte-parole de l’inter-CSE.

    30 000 à 40 000 emplois menacés

    France Renouvelables, qui représente 370 acteurs de la filière, estime qu’une trajectoire énergétique marquée par un recul des renouvelables par rapport aux prévisions actuelles pourrait entraîner « la destruction de 30 000 à plus de 40 000 emplois  » selon les scénarios retenus, sur une filière qui représente environ 118 000 emplois directs et indirects en France (dont 80 000 à 120 000 dans l’éolien et le solaire). « C’est pour ça qu’on a décidé de se mobiliser, pour se rendre visibles et maintenir la pression », insiste Florence Vollaro.

    Car si la signature du décret de publication de cette très attendue feuille de route énergétique de la France sur dix ans n’est plus, selon le Premier ministre, qu’une affaire de jours, la filière reste vigilante. « On ne s’arrête pas à des promesses, on attend des éléments concrets, des choses qui vont nous permettre de sécuriser un maximum d’emplois et de limiter la casse en cours dans de nombreuses entreprises », précise la porte-parole héraultaise.

    « On réclame une programmation ambitieuse, une véritable stratégie industrielle qui permette de préserver et de créer des emplois durables. Il faut que l’État soit prêt à vraiment investir dans les déploiements d’énergies renouvelables et qu’il soit cohérent. Pour ça, il faut également mettre en place une planification d’électrification, essentielle pour le déploiement des énergies renouvelables. C’est un peu la bataille qui manque aujourd’hui dans notre secteur d’activité. Car actuellement, l’énergie fossile représente encore 60% de notre consommation d’énergie », indique Florence Vollaro.

  • L’horizon s’obscurcit pour les salariés d’Alinea

    L’horizon s’obscurcit pour les salariés d’Alinea

    « On sera là pour manifester notre colère, sans débordement, sans invectives », déclare, vendredi, Sébastien Laisne de la Couronne, délégué syndical central (CFDT) à Néomarché, maison-mère d’Alinea.

    À l’appel de l’intersyndicale CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC (Sega ou Syndicat national des entreprises du groupe Auchan), les salariés feront un débrayage de 10h à 12h samedi devant le magasin Alinea, Zone des Paluds. Samedi dernier, ils étaient déjà une trentaine à s’être mobilisés, mais alors sans l’appui des syndicats.

    Depuis, les 249 salariés du magasin Alinea Aubagne et du siège social de l’enseigne dans la ville ont appris que le principal repreneur roumain d’Alinea, la SDC Holding, qui envisageait de reprendre 575 des 1 172 salariés de l’enseigne au niveau national, avait retiré son offre… L’enseigne a été placée en redressement judiciaire depuis le 20 novembre dernier par le tribunal des activités économiques de Marseille.

    Offres inacceptables

    Si tout n’est pas perdu, la menace de la liquidation judiciaire de cette enseigne créée en 1988 à Avignon prend de plus en plus corps… « Le juge ne s’est cependant pas encore prononcé. Il le fera d’ici mi mars. Car tous les repreneurs qui ont fait des offres de reprise auprès du tribunal jusqu’au 26 janvier dernier, ont jusqu’au 2 mars pour présenter des offres bonifiées », explique le cédétiste.

    Selon une salariée du magasin Alinea à Aubagne, syndiquée au CGC- CFE- SEGA, « les négociations des syndicats au sujet du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sont au point mort. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a un appel à mobilisation samedi ». Sébastien Laisne précise : « On n’est pas du tout d’accord avec ce que nous proposent les actionnaires de l’association familiale Mulliez (AFM). Si on se place dans la situation la plus défavorable, c’est-à-dire la liquidation judiciaire, la prime de PSE passerait de 5 000 euros par salarié licencié à environ 2 500 euros. Les salariés ne peuvent pas accepter d’être traités comme ça ! » Dans le tract diffusé par la CFDT, on peut lire : « Les salariés subissent aujourd’hui les conséquences de décisions prises par un actionnaire qui en 2020 avait déjà procédé à un redressement judiciaire afin d’écraser les dettes dans son propre intérêt. » Aujourd’hui encore, « ce sont des centaines d’hommes et de femmes qui s’apprêtent à perdre leur emploi. L’actionnaire reste sourd à l’appel des salariés », poursuit le tract. « La galaxie Mulliez pèse des milliards, mais les salariés sont licenciés à moindre coût… »

    Vendredi matin, le candidat aux municipales Jean-Pierre Squillari (liste Aubagne en commun, gauche, écologistes et citoyens) a publié un communiqué. « Je veux assurer les salariés de ma solidarité pleine et entière. Avec mes amis, nous nous tenons à leur disposition », écrit le candidat. « Le secteur du commerce évolue, c’est un fait. Mais ce n’était pas la première alerte pour Alinea. L’anticipation n’a pas été au rendez-vous. Quand un groupe verse des dividendes massifs et qu’une filiale s’effondre, la question des priorités est posée », commente-t-il.

  • [Entretien] Sophie Binet : « La lutte des salariés de la centrale est exemplaire »

    [Entretien] Sophie Binet : « La lutte des salariés de la centrale est exemplaire »

    La Marseillaise : Pourquoi faire un « meeting de victoire » à la centrale de Gardanne ?

    Sophie Binet : Mon premier déplacement en tant que secrétaire générale était à Gardanne, pour une grande initiative dans le cadre de la mobilisation des travailleurs. Évidemment qu’il fallait que je sois à nouveau présente. C’est une magnifique lutte, une magnifique victoire après 10 ans de combat. Alors qu’il y avait une fermeture sèche et violente mise en place par le gouvernement, sans reconversion du site prévue, on a réussi à maintenir tous les salariés, qui reprennent une production, qui sont réembauchés. C’est un exemple de ce qui devrait être généralisé pour organiser la transformation environnementale des entreprises. Un exemple de ce qui doit être fait pour éviter le chantage entre l’emploi et l’environnement. En face de nous, les théories libérales classiques disent « destruction créatrice ». Elles disent que des usines ferment, mais que d’autres se créent et que donc tout va bien. Mais ça ne concerne pas les mêmes travailleurs, ce ne sont pas les mêmes types d’emplois qui sont créés quand on en supprime. On ferme des usines dans le périurbain, dans les zones rurales, avec des territoires sinistrés par ces fermetures, et l’on recrée des emplois dans les métropoles. Des emplois qui ne sont pas du même type : plus précaires, avec des salaires plus faibles, dans le tertiaire, la logistique ou des entrepôts… D’où ce que porte la CGT : une sécurité sociale professionnelle environnementale. Avec la création de fonds mutualisés au niveau des branches, dans les secteurs qui doivent être transformés, en vue de faire évoluer l’outil de production et former les ouvriers, pour les réembaucher. On le voit dans l’automobile : passer du thermique à l’électrique est un prétexte pour amplifier les délocalisations. La question environnementale est un prétexte pour optimiser les coûts et supprimer des emplois. Ces pratiques patronales conduisent à obliger les ouvriers à faire un choix entre l’environnement et l’emploi. Ce choix est délétère.

    Face aux politiques libérales
    des gouvernements successifs,
    la réappropriation des outils de travail par les salariés s’impose
     ?

    S.B. : Cette lutte, si elle est victorieuse, c’est parce que les ouvriers ont pris les choses en main. Ils se sont approprié les enjeux de gestion, comme pour 1336 et Scop-ti. Ce sont eux qui ont organisé les études économiques, ont construit le projet, sont allés chercher les industriels et les fonds pour le faire aboutir. Nous avons tout fait. Il a fallu des années, un rapport de force énorme et un savoir-faire militant incroyable. Tout cela était possible car la CGT est forte dans l’usine, forte chez les portuaires et dockers qui étaient solidaires, forte sur le territoire qui s’est entièrement mobilisé pour la centrale de Gardanne. En bref, un syndicat fort, des fédérations fortes, celles de l’Énergie et des Ports, et une Union départementale qui est l’une des plus grosses de la CGT. Tout cela s’est cumulé pour une réussite, mais malgré ce contexte, ça a duré dix ans. Et tout le monde n’a pas ce savoir-faire, ce rapport de force. Il y a peu d’endroits où on aurait pu avoir une telle victoire. Gardanne montre qu’il n’est plus possible que les salariés soient les passagers clandestins des stratégies des entreprises. Nous devons avoir des droits d’interventions sur les orientations, pouvoir siéger dans les tribunaux de commerce, avoir accès aux données, aux financements. Cela nécessite des outils législatifs et financiers. Dans banque publique d’investissement, il y a le mot « public ». Elle ne peut pas être une banque qui impose des taux de rentabilité à deux chiffres, qui refuse de financer les Scops.

    Vous plaidez pour la nationalisation d’Arcelor et de Fibre Excellence. Est-ce une question de survie pour les filières respectives ?

    S.B. : C’est une question des instruments de l’État pour intervenir sur l’économie. La période montre qu’avoir comme seule politique industrielle celle du chèque en blanc aux fonds et aux multinationales conduit au désastre que l’on connaît. Cela marche encore moins quand on est confronté à des enjeux nouveaux, dont celui de la décarbonation. Elle ne fonctionne qu’avec la planification. Si on continue à être les béni-oui-oui de la mondialisation, on va voir les usines partir les unes après les autres les bras croisés. L’Italie et la Grande-Bretagne, pour sauvegarder leur acier, ont actionné des clauses qui se rapprochent de la nationalisation. La France est un des seuls pays à ne pas avoir de stratégie d’intervention. On a besoin de protéger nos secteurs stratégiques. S’ils sont renvoyés aux logiques de marchés et qu’on laisse faire, Mittal continuera de transférer les compétences et les qualifications vers l’Inde et le Brésil, puis il fermera les sites en Europe, pour faire primer une logique de coût.

    Vous avez adressé une lettre aux candidats aux élections municipales, hors RN. Quel message envoyez-vous aux travailleurs à l’approche du scrutin, particulièrement dans la région, où la menace brune plane ?

    S.B. : J’envoie deux messages. Le premier, c’est que les municipales sont importantes pour notre quotidien, elles nous concernent tous. Il faut donc aller voter. Ce sont les maires qui ont la main sur les politiques du logement, qui peuvent permettre à tous de se loger sans y laisser un salaire. Ils ont la main sur les politiques de transport pour les décarboner. Ce sont aussi eux qui peuvent mettre en place la prise en charge des personnes dépendantes, notamment dans la petite-enfance, pour que les femmes puissent travailler tout en ayant des enfants ou éviter le développement du privé lucratif. Le deuxième, c’est que l’extrême droite est la pire ennemie des travailleurs. Sur ses promesses sécuritaires déjà, dans les communes qu’elle gère, le bilan montre qu’il n’y a pas d’avancées dans la lutte contre la délinquance. L’extrême droite ne la fait pas reculer : À Perpignan, la délinquance a augmenté. Et sur le social, c’est moins de services publics, une mise en opposition des travailleurs avec des politiques racistes, discriminantes, xénophobes. C’est aussi des politiques sexistes contre les femmes : on se souvient de l’affichage fait à Béziers qui légitimait les violences contre les femmes. Ne laissons pas l’extrême droite rentrer dans nos mairies.

  • Bourses et voyages gelés, à Marseille le collège Katherine-Johnson mobilisé

    Bourses et voyages gelés, à Marseille le collège Katherine-Johnson mobilisé

    Au collège Katherine-Johnson (15e), le problème révolte presque à l’unanimité : ce jeudi, 83% du personnel était en grève pour dénoncer l’absence d’un gestionnaire à temps plein, indispensable pour que « les dépenses courantes soient convenablement assurées ».

    Depuis septembre, le bon fonctionnement de l’établissement est empêché par un manque de personnel dans le service de gestion, pour l’instant géré par une seule personne en temps partiel. Une situation insoutenable que professeurs, élèves et parents dénoncent. Un rassemblement s’est tenu à 10 heures devant les grilles du collège. « On ne demande pas de traitement de faveur, on ne demande pas de moyens supplémentaires par rapport aux autres établissements, s’agace Julien Marec, professeur d’histoire et représentant du Snes-FSU, plus grand syndicat du second degré. On demande juste à avoir un poste de gestionnaire complet, comme partout, pour que le collège tourne. »

    « Des familles galèrent,

    ce n’est pas normal »

    Car le dysfonctionnement du service de gestion a de sérieux impacts sur le quotidien des élèves, enseignants et autres personnels. « Le gestionnaire, c’est celui qui s’occupe de tout ce qui est financier, souligne Mathilde Tailleu, professeure de mathématiques. Dès qu’il faut signer une facture, payer des fournitures à l’infirmerie pour que l’infirmière puisse travailler correctement, distribuer les bourses aux élèves, c’est par lui que ça passe. »

    Alors, faute d’une gestion correctement pourvue, des « bourses se retrouvent retardées, voire gelées », et des voyages scolaires suspendus. « On est dans un collège d’éducation prioritaire renforcée, c’est-à-dire qu’il y a beaucoup de familles boursières. La situation n’est pas acceptable, dénonce l’enseignante. Et il y a aussi la question des voyages. Nous avions obtenu, grâce à un long travail des professeurs, une bourse Erasmus + qui devait nous permettre d’organiser trois voyages scolaires, en Grèce, en Italie et en Espagne. Pour l’instant, la situation est gelée. »

    Les surveillants, eux aussi présents au rassemblement de jeudi, s’inquiètent. « On fait la grève avant tout pour les bourses. Déjà qu’il y a des situations compliquées, que des familles galèrent, ce n’est pas normal », souffle l’un d’entre eux. Et Elias, en classe de troisième dans le collège Katherine-Johnson, d’ajouter : « C’est dommage parce qu’on reste tout le temps ici, dans nos quartiers. On aimerait bien voyager, pour changer d’air. »

    Hedi Ramdane, conseiller municipal (DVG) du secteur des 15e et 16e arrondissements, était lui aussi sur place pour appuyer la mobilisation. « On rajoute de la pauvreté à la pauvreté, c’est inadmissible », s’indigne-t-il. Sollicité depuis novembre par les personnels du collège, le rectorat a fini par répondre au Snes-FSU, jeudi matin, promettant un rendez-vous dans la semaine de la rentrée. Samia Ghali, conseillère municipale (DVG), a elle aussi demandé à ce qu’un entretien soit organisé en présence de représentants du corps enseignant et des parents d’élèves.

  • La CGT se mobilise dans les Hautes-Alpes pour soutenir les saisonniers

    La CGT se mobilise dans les Hautes-Alpes pour soutenir les saisonniers

    Un an après la venue de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, au front de neige de Vars, le syndicat poursuit son soutien aux saisonniers, ce vendredi à 10h. « Tous les ans, on tient un stand sur un parking. On tourne en équipe et on va dans les boutiques qui entourent Vars. Parfois, on envoie des camarades sur les pistes quand on est assez nombreux, ils vont à la rencontre des restaurants d’altitude et des perchmans », confie Julien Bouillé co-secrétaire de la CGT des Hautes-Alpes.

    Les résultats du rapport de l’Institut de recherche économique et sociale (Ires), paru en 2024, indiquent que les saisonniers sont en situation de fragilité. D’abord du côté du logement. « Comment prétendre à la propriété d’un logement avec un statut de saisonnier aujourd’hui ? Comment accéder à la location avec des alternances d’emploi et de chômage ? », interroge l’Institut. Cette fragilité s’observe aussi du côté de la santé. L’Ires constate : « Avec une couverture santé discontinue et des changements de territoires réguliers ne permettent pas un suivi médical régulier. » L’Institut évoque aussi « certaines personnes au RSA durant l’intersaison depuis plusieurs années, y compris en travaillant en saison ».

    Un guide pour accompagner

    Julien Bouillé explique : « Souvent, ce sont des jeunes travailleurs qui arrivent dans le monde du travail. Ils font le choix du travail en saisonnalité pour peut-être se sentir plus libres, mais sont souvent assez peu renseignés. » Selon le syndicat, 65% des travailleurs saisonniers affirment ne pas connaître leurs droits. Face à ce constat, la CGT propose « un guide des saisonniers » pour informer ces travailleurs de leurs droits et leur « proposer un accompagnement concret ». Le rapport de l’Ires rappelle que les saisonniers sont très souvent exposés à la pénibilité du travail, ne sont que rarement suivis par la médecine du travail, mais semblent avoir intériorisé cette situation et n’en font pas un sujet de revendication.

    Julien Bouillé dénonce : « Souvent, les garants des notions de ressources humaines pour les petites entreprises, ce sont les comptables. Un comptable à une formation comptable, pas RH, et ça pose un problème. » Les saisonniers travaillent sur la base de contrats à durée limitée et bénéficient d’une protection sociale régie par la règle du contrat de travail stable à temps plein, alors que leur travail est par essence discontinu. Comme le rappelle le syndicaliste, « un saisonnier aujourd’hui est soumis à la même législation qu’un travailleur non saisonnier, mais il n’a pas la prime de précarité, et une saison dans les Hautes-Alpes dure quatre mois, alors qu’il faut six mois de travail que pour pouvoir bénéficier des droits au chômage ».

    Pour Julien Bouillé, c’est la même problématique qui touche tous les travailleurs : « Il faut une prise de conscience des situations à risque auxquelles ils sont exposés dans les entreprises où ils peuvent être malmenés. » La CGT continue de demander la création d’un statut de saisonnier qui permettrait de reconnaître la particularité de l’activité et de réfléchir à de nouveaux droits pour ces salariés. Il insiste sur le collectif : « Il faut qu’on leur fasse comprendre que l’adhésion à la CGT leur permet aussi de connaître leurs droits. Ça donne accès à des formations et à un collectif. C’est ça le plus important, parce qu’un saisonnier est parfois seul. »

  • À Marseille, ils refusent une formation sociale au rabais

    À Marseille, ils refusent une formation sociale au rabais

    « Depuis plusieurs mois, on assiste à des changements dans l’organisation de l’association qui impactent directement notre apprentissage », explique Romane. Futurs éducateurs spécialisés, assistants de service social ou moniteurs éducateurs, ils se sont mobilisés devant les portes de l’établissement à Saint-Just pour se faire entendre de la direction de l’IMF RIS.

    Des « minutes de retard qui se traduisent en absence d’une demi-journée, soit à une perte de salaire pour les étudiants en alternance, alors qu’on ne vient pas tous de Marseille, qu’on est confronté aux aléas des transports », des « heures de régulation de proximité, qui sont un temps d’échange avec nos formateurs, supprimées », ce qui représente « un suivi dégradé », des « intervenants extérieurs qui n’ont pas été payés durant des mois. Or ce sont aussi des directeurs de mémoire », listent Noémie, Oriana et Garance. « On a des semaines à tous, mal organisées, sans temps réel de préparation pédagogique », déplore également une future travailleuse sociale. « Lors d’un examen, il y a eu des différences de traitements entre l’IMF d’Avignon et celui de Marseille », n’admet pas un autre.

    À Marseille, l’ancienne bâtisse du diocèse avait servi durant plus d’un an de refuge pour les mineurs isolés et les familles avec enfants sans solution d’hébergement avant qu’un incendie en 2020 n’aboutisse à l’évacuation de tous ses occupants. Ouvert en 2023, l’IMF RIS fait déjà front à des remaniements qui « mettent en cause la qualité de notre formation », craignent les étudiants, et interviennent dans un contexte de réductions budgétaires tout terrain. La Région, essentiel soutien de l’association a « baissé ses crédits » assure un autre étudiant, « mais nous ne pouvons pas être la variable d’ajustement. Le manque de moyens ne doit pas être l’excuse à des décisions sur l’organisation des cursus qui dégrade nos études et nos métiers. » Sollicitée, la direction n’a pas souhaité s’exprimer mais a accepté de recevoir une délégation d’étudiants.

  • Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    « On envoie le message qu’il faut être solidaire, qu’il faut se battre pour le maintien des emplois. On veut montrer qu’on est soutenus et que c’est une question de survie. » Laurent Quinto, représentant de la CGT de Fibre Excellence Tarascon, attend du soutien, ce mardi, pour la mobilisation, devant le site, lancée à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT).

    Pour rappel, l’usine de pâte à papier est en sursis suite à des alertes de sa direction et une situation financière intenable (lire notre article du 26/01), avec une menace de placement en redressement judiciaire d’ici la mi-mars. « La direction nous a rappelé qu’elle prendrait des décisions lapidaires s’il n’y avait pas de mesures de soutien prises entre le 15 février et fin mars », relate Laurent Quinto. D’où le timing de la mobilisation : à la veille d’une réunion à Paris avec le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), auprès duquel les réunions s’enchaînent depuis décembre. « On veut des réponses rapidement, on attend beaucoup de cette réunion à Bercy », résume le syndicaliste. Dans le viseur ? Obtenir une révision du prix de vente de l’électricité produite sur le site. « C’est la seule mesure qui pourrait sauver le site immédiatement », insiste la CGT.

    C’est dans cet objectif que l’intersyndicale rencontre des élus du territoire depuis des semaines. Juan Martinez (PS), maire de Bellegarde, Lucien Limousin (DVD), maire de Tarascon, ou encore Patrick de Carolis (Horizons), maire d’Arles, sont attendus par les salariés sur le site pour le rassemblement de mardi. Et la semaine dernière, l’intersyndicale a rencontré la présidente de Région d’Occitanie, Carole Delga (PS). Le site étant frontalier avec le département de Gard et son usine sœur se situant à Saint-Gaudens en Haute-Garonne (31). « Elle nous a confirmé que des négociations, entre les ministères, la direction et EDF sont en cours sur la revente d’électricité. Les portes sont ouvertes », développe Laurent Quinto. Avant de noter positivement : « Elle se mobilise pour que les choses avancent ! »

    « On est solidaire de la Centrale de Gardanne »

    Et si certains tentent d’opposer la Centrale de Gardanne et Fibre Excellence sur la question des tarifs de vente d’électricité, la première revendant à des prix bien plus élevés que la deuxième, la CGT du site tarasconnais est claire : « On est solidaire de la Centrale de Gardanne, on ne veut pas léser le site. Le problème ne vient pas de Gardanne, mais bien de l’État. C’est lui qui fixe les tarifs de vente d’électricité et c’est avec lui qu’on négocie. » Même discours au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a rédigé un courrier à l’adresse du ministre de l’Industrie, le 23 janvier, qui réclamait un « plan d’urgence » pour les usines de pâte à papier, et une « nationalisation si nécessaire ».

  • Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une procédure accélérée pour une adoption avant les municipales, afin de permettre aux futurs maires de disposer d’une toute nouvelle « boîte à outils ». Voilà comment le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a vendu le projet de loi sur la réforme de la police municipale dont l’examen a démarré le 3 février au Sénat, le vote devant avoir lieu ce mardi 10 février. En fait d’outil, c’est la boîte de Pandore qui a été ouverte, renforçant une « municipalisation de la sécurité », au détriment de l’État de droit, analyse dans une note circonstanciée la CGT Intérieur Police.

    Concrètement, le texte soumis au Parlement s’appuie sur une mission d’information de la commission des lois, pilotée en 2024 par le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur d’alors, François-Noël Buffet (LR), en parallèle d’un « Beauvau de la police municipale ». Dont les syndicats ont dénoncé au passage l’absence de mesures sociales… Mais, au nom du fameux « continuum de sécurité », policiers municipaux et gardes champêtres se verraient attribuer des compétences judiciaires élargies. Outre la possibilité de relever une identité, ils seraient à même de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) – dont le taux de recouvrement atteint péniblement les 31% – pour au moins neuf délits « de l’insécurité du quotidien ». Les membres de la majorité de droite, pris dans un enthousiasme tout sécuritaire, en ont rajouté. Sous certaines conditions, les agents pourraient procéder à des fouilles, utiliser des drones « à titre expérimental », auraient accès à de nouveaux fichiers. Tout ça restant au bon vouloir des maires, se prévaut le gouvernement.

    Pas de doctrine nationale

    « C’est tout simplement une atteinte à la démocratie », résume Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police. Avec ce « ballon d’essai » de transfert d’une compétence régalienne au local, il estime le risque constitutionnel « sérieux » et alerte sur l’absence de doctrine nationale sur la municipale. « Comment on les arme ? Comment doivent-ils rendre des comptes ? À qui ? Quelles sont leurs missions ? » interroge-t-il. Pour lui, la mise en place d’une mission de contrôle des polices municipales, commune aux inspections générales du ministère de l’Intérieur prévue dans le texte, reste insuffisante. Au nom de la libre administration territoriale, le droit des citoyens est mis à mal, dans un contexte de « montée des discriminations », estime la CGT. Sur les AFD, le syndicaliste rappelle que le droit est déjà bafoué, le policier se faisant juge : « C’est une inscription au casier, direct, alors qu’un délit, c’est une enquête à charge et à décharge, un droit à la défense… »

    La CGT craint une « pénalisation territorialisée », avec un maire qui peut utiliser sa police sur des zones « à forte mobilisation électorale ». À l’inverse, le pouvoir de la police municipale sur l’édile s’en trouverait renforcé. « On l’a vu à Bordeaux, où le maire écologiste ne voulait pas les armer », illustre-t-il. Résultat : une police municipale équipée de semi-automatique, cet été, « après trois semaines de grève ».

    Sans attendre la fin de la navette parlementaire, la CGT a fait parvenir sa note « à tous les députés et sénateurs, sauf le RN ».

    Repères

    Des prérogatives élargies

    Vente à la sauvette, vol, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeuble, vente d’alcool aux mineurs… Au moins neuf nouveaux délits pourraient être sanctionnés par la police municipale d’une amende forfaitaire délictuelle. Les sénateurs ont déjà proposé d’ajouter la conduite sans permis, sans assurance ou encore le port d’armes blanches.

    45%

    de hausse. Le nombre de policiers municipaux est passé de 19 405 en 2012 à 28161 en 2023. En 2026, 11000 agents devaient être recrutés, selon le Centre national de la fonction publique territoriale.

    Drones et caméras embarquées

    La police municipale pourrait être autorisée à utiliser des drones à titre expérimental durant 5 ans sur cinq segments précis, des grands rassemblements à la protection des bâtiments communaux.

    Sur 5 ans aussi, des caméras embarquées équiperaient les véhicules.

  • Mobilisation devant le collège Gabriel-Péri

    Mobilisation devant le collège Gabriel-Péri

    Dès 7h devant le collège Gabriel-Péri, une vingtaine de parents d’élèves se sont mobilisés ce vendredi. La raison : l’absence régulière, et non remplacée, d’une professeure de français, précisent les parents d’élèves. « Sur l’académie, il faut avoir trois semaines d’arrêt complet pour avoir un remplacement, donc nos élèves se retrouvent sans cours », rapporte une mère parmi l’Association de parents d’élèves, à l’appel de l’action. Sa fille, est en 5e. Cette mère estime que la situation ne s’arrête pas seulement à cette enseignante. Il serait question d’une professeure de sport absente pendant trois mois, « qui vient seulement d’être remplacée ».

    « On nous dit qu’il n’y a plus de subventions, plus d’argent, plus de contractuels. Mais pour nos enfants, qui perdent des heures de cours ? poursuit cette parent d’élève. On demande à ce que dans ces cas-là il y ait au moins un doublon. » De son côté, le rectorat assure que « la situation est déjà prise en charge par les services académiques. Une enseignante titulaire remplaçante sera en poste à compter de la semaine prochaine ».

  • Plusieurs organisations mobilisées contre la guerre à Aix-en-Provence

    Plusieurs organisations mobilisées contre la guerre à Aix-en-Provence

    Philippe Sénégas, de la Ligue des droits de l’Homme, a pris la parole au nom des organisateurs pour dénoncer les conflits meurtriers à Gaza, en Ukraine, ainsi que les violences en Iran et en Syrie, évoquant également les tensions ravivées par l’offensive impérialiste menée contre le Venezuela par le président américain, Donald Trump.