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  • Airbus Helicopters met le paquet sur le marché militaire

    Airbus Helicopters met le paquet sur le marché militaire

    La loi de programmation militaire 2024-2030 est une aubaine pour Airbus Helicopters. Adopté le 13 juillet 2023, le texte prévoyait une enveloppe de 413,3 milliards d’euros pour les armées. Mais le 13 juillet dernier, lors d’un discours prononcé depuis l’Hôtel de Brienne, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé un effort de 10 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans (3,5 Md en 2026, +6,5 Md en 2027) pour accélérer le réarmement. Et le leader mondial de l’hélicoptère a toute sa place dans ce mouvement.

    En visite sur le site industriel marignanais ce lundi 1er septembre, le ministre des Armées Sébastien Lecornu explique : « La question des hélicoptères est devenue symptomatique de l’état de dégradation très important dans lequel étaient confrontées nos armées. On a une quinzaine de modèles différents, donc une hétérogénéité de la flotte absolument épouvantable, qui totalise 400 hélicoptères dans les forces armées hors gendarmerie et sécurité civile. Une grande part tutoie la moyenne d’âge de cinquante années. » La programmation militaire acte le remplacement de plus de 150 de ces 400 appareils par le nouvel hélicoptère interarmée léger (HIL) d’Airbus Helicopters, dont la moitié a vocation à être livrée d’ici 2030. Pour Bruno Even, le PDG de l’entreprise, l’État français est non seulement son premier client mais surtout « un partenaire ».

    Une disponibilité en progrès de 30%

    Pour acter cette relation de confiance, l’industrie aéronautique a rajouté il y a quatre ans une orientation « Défense et sécurité » dans sa planification visant à « marquer un effort significatif dans le domaine militaire », souligne le général Patrick Brethous, conseiller de Bruno Even.

    Parmi les quatre axes stratégiques, la disponibilité arrive en bonne place. « Le nombre d’hélicoptères dans les tableaux capacitaires des armées n’a pas beaucoup d’intérêt, ce qui compte c’est le nombre d’heures disponibles, précise Sébastien Lecornu. Ça, ça a été un gros défi. En deux ans, cette disponibilité a progressé de 30%. » Une amélioration qui se justifie par une réforme du maintien en condition opérationnelle, le développement des contrats verticalisés, une meilleure gestion des stocks et des efforts réalisés sur la chaîne logistique. Patrick Brethous estime que la dualité du carnet de commandes d’Airbus Helicopters, partagé entre marché civil (50% des parts mondiales) et militaire (20% des parts mondiales), est « un atout ». Bruno Even développe : « Le standard, dans le domaine civil, c’est 90% de disponibilité. Les appareils volent 1 200 heures par an contre 200 heures pour le militaire. La force du programme HIL c’est qu’on peut bénéficier de cette maturité en s’appuyant sur ce gain d’expérience qui est beaucoup plus rapide. »

  • La défense européenne, thématique principale du 28e conseil des ministres franco-allemand ce vendredi

    La défense européenne, thématique principale du 28e conseil des ministres franco-allemand ce vendredi

    Pour son premier Conseil des ministres franco-allemand depuis son élection, le 6 mai, le chancelier Friedrich Merz va avoir droit à un baptême du feu. Et pour cause : dans un contexte international particulièrement explosif depuis le début de la guerre en Ukraine, en février 2022, le sentiment de menace pesant sur l’Europe ne cesse de croître. D’autant plus qu’un trublion est venu complexifier ce grand jeu de positions et remettre en question les allégeances historiques stabilisatrices : Donald Trump. Revenu à la Maison Blanche en janvier, il ne cesse depuis d’ébranler les certitudes géopolitiques au gré de ses déclarations et décisions à brûle-pourpoint.

    L’Union européenne va donc devoir revoir sa stratégie. Car ses relations avec son allié historique sont soumises à la versatilité du magnat de l’immobilier, notamment sur la question russe, qu’il estime tantôt pouvoir régler par voie diplomatique, tantôt par le biais de sanctions économiques, promises au Kremlin mardi, s’il ne conclut pas d’accord de cessez-le-feu avec l’Ukraine. Si cela va dans le sens des Vingt-Sept, ceux-ci ne sont pas pour autant exemptés des pressions américaines, notamment sur la question des tarifs douaniers. Mais aussi en matière de défense, Trump ayant obtenu de l’Otan une augmentation des budgets militaires à 3,5% des PIB respectifs d’ici 2035, dont 1,5% supplémentaires dédiés aux infrastructures.

    La coordination

    comme ligne directrice

    Il est donc venu le temps de reconstruire des certitudes à long terme. Pour cela, si satisfaire les exigences de l’Otan reste une priorité affichée, il va d’abord falloir compter sur soi-même. Le propos principal de ce Conseil des ministres franco-allemand sera ainsi celui de la constitution d’une défense européenne plus indépendante, à laquelle l’Élysée et le Bundestag, en tant que leaders de l’Union européenne, souhaitent donner un élan significatif, déjà lancé lors de la tribune conjointe des deux chefs d’États, le 7 mai. Même s’il ne s’agit pas du seul ressort, Paris et Londres ayant conclu des accords de rapprochements sur leurs doctrines nucléaires, en juillet.

    Au-delà des enjeux, la relance du couple franco-allemand tient « à la nécessité de convergence sur les enjeux de réarmement technologique, stratégique et militaire. Il faut une Europe plus efficace, capable d’être dans la compétition internationale via l’allègement des contraintes normatives », appuie l’Élysée. Après un dîner à Brégançon entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz jeudi, ce thème sera au cœur de la première des trois sessions plénières prévues vendredi, auxquelles participeront dix ministres de part et d’autre, chacun sur ses sujets respectifs.

    Les projets industriels et politiques de sécurité seront discutés, avec comme mots d’ordre la coordination, l’efficacité et la complémentarité dans une logique dite du « meilleur athlète » : diminuer le nombre de systèmes d’armes au sein de l’Union, pour se concentrer sur l’efficience. Les agendas des États membres en matière de commerce, d’énergie, de numérique, d’intelligence artificielle, d’espace et d’industrie seront à l’ordre du jour, sous le prisme de la souveraineté.

    Après la rencontre des partenaires sociaux franco-allemands à Berlin, le 1er juillet, la seconde session visera, d’après les objectifs affichés, à synchroniser et faire converger réformes économiques et sociales respectives. « On travaille sur les sujets de productivité, de marché du travail, d’emploi des jeunes et des seniors », détaille l’Élysée, qui précise qu’un point sera fait « sur la coopération bilatérale en matière de migration, protection civile, culture et coopération transfrontalière ».

    La dernière session, en format « 3+3 » (les chefs d’États avec les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Économie), portera directement sur les sujets de sécurité et de défense, suivant la logique des deux dirigeants. Avec en filigrane la guerre en Ukraine (cessez-le-feu et garanties de sécurité), mais aussi les questions liées au nucléaire iranien (possible réinstauration des sanctions qui doit être décidée d’ici octobre) et de la Palestine (cessez-le-feu et de solution à deux États). L’occasion de traiter ensemble les sujets industriels et stratégiques.

    Ces trois sessions auront pour base les documents de travail résultant de la tribune de mai dernier. à leur issue, chaque ministre présentera « des plans d’actions et projets concrets sur les sujets évoqués », explique l’Élysée, sans que ne soit prévue de déclaration conjointe.

    Ce rendez-vous sur la scène internationale représente un enjeu majeur pour Emmanuel Macron, une nouvelle fois confronté à une instabilité politique dans le pays. La chute du gouvernement est attendue après l’annonce par le Premier ministre, François Bayrou, d’un vote de confiance à l’Assemblée, le 8 septembre.

    « Il faut une Europe plus efficace, capable d’être dans la compétition internationale
    via l’allègement des contraintes normatives. »

  • Hara-Kiri

    Hara-Kiri

    François Bayrou choisit de se faire Hara-Kiri. Le 8 septembre, il posera la « question de confiance » à une Assemblée nationale dans laquelle il est minoritaire. Il le sait et s’en était bien gardé en arrivant à Matignon. Avec cette décision qui est une démission de fait, il cherche à partir en martyr libéral du « sérieux budgétaire » en faisant passer les oppositions pour des irresponsables au regard du niveau de la dette publique.

    C’est cette petite musique qu’il a fait entendre, ce lundi, en expliquant aux Français que la « dette, c’est chacun de nous ».

    Comme si cette dette ne résultait pas de décisions politiques. Comme si son camp ne gouvernait pas la France depuis 8 ans. Comme si lui n’avait pas été, quatre ans durant, Haut-commissaire au plan, avec pour mission d’« éclairer les choix des pouvoirs publics ». Comme s’il n’avait pas approuvé chacun des choix fiscaux de la Macronie pour plaire aux plus riches et aux grandes entreprises tout en asséchant les recettes de l’État.

    Un si grand déficit de confiance

    François Bayrou partira le 8 septembre, c’est désormais une évidence. Avant de présenter sa potion amère pour réduire la dette,
    il aurait été bien inspiré de s’interroger sur le si grand déficit de confiance que les Français ont en lui. Dans le dernier sondage Elabe pour Les échos, 12% d’entre eux déclarent « lui accorder leur confiance pour affronter les problèmes qui se posent au pays ».

    Difficile, en effet, d’emporter l’adhésion lorsqu’on est le représentant d’une politique sanctionnée dans les urnes après
    la dissolution voulue par Emmanuel Macron.

    Puisque le président de la République a exclu une nouvelle dissolution, qu’il nomme enfin un ou une Premier ministre chargé de constituer un gouvernement de progrès qui marque un changement de politique.

    Pour l’y contraindre, les mobilisations de la rentrée seront décisives.