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  • Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    « On envoie le message qu’il faut être solidaire, qu’il faut se battre pour le maintien des emplois. On veut montrer qu’on est soutenus et que c’est une question de survie. » Laurent Quinto, représentant de la CGT de Fibre Excellence Tarascon, attend du soutien, ce mardi, pour la mobilisation, devant le site, lancée à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT).

    Pour rappel, l’usine de pâte à papier est en sursis suite à des alertes de sa direction et une situation financière intenable (lire notre article du 26/01), avec une menace de placement en redressement judiciaire d’ici la mi-mars. « La direction nous a rappelé qu’elle prendrait des décisions lapidaires s’il n’y avait pas de mesures de soutien prises entre le 15 février et fin mars », relate Laurent Quinto. D’où le timing de la mobilisation : à la veille d’une réunion à Paris avec le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), auprès duquel les réunions s’enchaînent depuis décembre. « On veut des réponses rapidement, on attend beaucoup de cette réunion à Bercy », résume le syndicaliste. Dans le viseur ? Obtenir une révision du prix de vente de l’électricité produite sur le site. « C’est la seule mesure qui pourrait sauver le site immédiatement », insiste la CGT.

    C’est dans cet objectif que l’intersyndicale rencontre des élus du territoire depuis des semaines. Juan Martinez (PS), maire de Bellegarde, Lucien Limousin (DVD), maire de Tarascon, ou encore Patrick de Carolis (Horizons), maire d’Arles, sont attendus par les salariés sur le site pour le rassemblement de mardi. Et la semaine dernière, l’intersyndicale a rencontré la présidente de Région d’Occitanie, Carole Delga (PS). Le site étant frontalier avec le département de Gard et son usine sœur se situant à Saint-Gaudens en Haute-Garonne (31). « Elle nous a confirmé que des négociations, entre les ministères, la direction et EDF sont en cours sur la revente d’électricité. Les portes sont ouvertes », développe Laurent Quinto. Avant de noter positivement : « Elle se mobilise pour que les choses avancent ! »

    « On est solidaire de la Centrale de Gardanne »

    Et si certains tentent d’opposer la Centrale de Gardanne et Fibre Excellence sur la question des tarifs de vente d’électricité, la première revendant à des prix bien plus élevés que la deuxième, la CGT du site tarasconnais est claire : « On est solidaire de la Centrale de Gardanne, on ne veut pas léser le site. Le problème ne vient pas de Gardanne, mais bien de l’État. C’est lui qui fixe les tarifs de vente d’électricité et c’est avec lui qu’on négocie. » Même discours au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a rédigé un courrier à l’adresse du ministre de l’Industrie, le 23 janvier, qui réclamait un « plan d’urgence » pour les usines de pâte à papier, et une « nationalisation si nécessaire ».

  • L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    Dans les immenses hangars de l’usine Airbus Helicopters, les tout derniers engins H160 sont sur leurs chaînes de fabrication. Dans deux à trois ans, il y en aura un tiers en plus.

    C’est en tout cas le défi que s’est lancé Airbus, démarrant par la construction d’une nouvelle usine sur le site de Marignane. Vendredi, les ministres du transport Philippe Tabarot (LR) et Sébastien Martin (LR) sont venus sur place pour inaugurer le chantier d’un futur bâtiment de 31 000m². À l’intérieur, NextGen factory, cœur « de fabrication des rotors et transmissions, des pièces critiques nécessitant une fiabilité parfaite », détaille Laurent Mazoué, responsable du projet. « Nous allons entièrement informatiser le système de production, avec des machines de dernière génération et une logistique automatique », développe-t-il. 600 millions d’euros sont mis sur la table par le constructeur à cet effet, dont 25 millions d’aides de l’État au titre de France 2030. La création de 1 700 nouveaux emplois est à la clé pour supporter un accroissement d’activité de près de 40% selon le constructeur.

    Faire face à la croissance

    La raison de cette montée en cadence est simple. « Le marché mondial est en croissance constante », explique Bruno Even, PDG d’Airbus Helicopters lors du temps officiel. L’entreprise est « numéro un mondial, en tête du marché militaire », selon le dirigeant, revendiquant « un carnet de commandes de 544 hélicos ». Mais « notre site est vieillissant saturé et enclavé », poursuit Bruno Even, et c’est pour cela qu’Airbus « déploie une stratégie d’envergure pour améliorer sa compétitivité » avec le pacte territorial « Sud avenir hélico » regroupant État, Région, Métropole et les Villes de Vitrolles et Marignane. « Un environnement stable est la seule condition pour rester ici et être plus performant. Si on ne réussit pas la croissance sera captée par les concurrents », conclut-il.

    L’enjeu de ce pacte est de créer les conditions d’accueil nécessaires à la vie et surtout au transport des salariés, actuels comme nouveaux. « Il ne peut pas y avoir de développement industriel sans infrastructures de transport » relève à ce titre le ministre de l’Industrie Sébastien Martin. Le ministre des Transports Philippe Tabarot appuie : « Le pacte va au-delà de l’outil de production, il s’inscrit dans un projet de transformation territoriale. » « Une usine est performante quand les salariés peuvent s’y rendre facilement, dans des conditions acceptables. L’amélioration de la desserte des transports en commun, l’optimisation des liaisons intermodales et le développement du covoiturage doivent répondre aux besoins » des 12 500 salariés du site selon le ministre. « Quelle frustration quand 1 emploi sur 3 est refusé pour des questions de mobilité », conclut-il.

    En marge de la signature du pacte, Philippe Tabarot affirme que l’État va « accélérer la logistique d’infrastructures » de transport de passagers et de fret, ferroviaire comme routier, prenant l’exemple des contournements de Martigues – Port-de-Bouc et Fos-Salon.

    Académie de l’hélicoptère

    En parallèle du volet industriel et mobilité, un nouveau centre de formation baptisé « académie de l’hélicoptère » a été annoncé pour 2030 sur le site Cap Horizon, à Vitrolles. L’ambition est de former d’ici 5 700 travailleurs dans la filière d’ici 2032, « un signal fort adressé à la jeunesse » selon Philippe Tabarot. 9,5 millions d’euros y ont été consacrés avec le programme France 2030.

    « Les transports doivent répondre aux besoins »

  • Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Pas question de « culpabiliser » le consommateur, mais de lui « faire prendre conscience » qu’en prenant des stupéfiants, il contribue au narcotrafic. Corinne Simon, préfète de police déléguée, accompagnée de Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, et de Pierre Baillargeat, commandant du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône, a lancé officiellement, ce mercredi 28 janvier une vaste opération de contrôle de trois jours dans 23 villes du département, engageant 1 200 agents.

    « Nous avons eu, en 2025, de bons résultats sur les stupéfiants », se félicite Corine Simon au préalable, du pilonnage des points de deal, dont le nombre a été divisé par deux en deux ans, en passant par l’application de la loi sur le narcotrafic avec des interdictions administratives de paraître et autres fermetures de commerce. Un nouveau volet s’ouvre désormais, « la lutte contre les consommateurs ». Et la préfète de dérouler son équation : plus de consommateurs sur les points de deal égal assèchement, égal fermeture du point de deal. « Mon objectif n’est pas de piéger les gens, mais d’avertir », insiste Corinne Simon.

    Sur instruction du ministre de l’Intérieur, policiers et gendarmes sont déployés pour 159 contrôles dans « tous les quartiers sans distinction » prévient Cédric Esson, aux abords des collèges, lycées, facultés, dans les gares, dans les trains, trams, métro ou sur la route, mais aussi la nuit, à la sortie des discothèques.

    Des amendes jusqu’alors inutiles ?

    Les contrevenants écoperont d’une AFD (amende forfaitaire délictuelle) de 200 euros, que le « président de la République souhaite monter à 500 euros », ajoute la préfète. Une des seules « annonces » faites par Emmanuel Macron sur la lutte contre le narcotrafic lors de sa venue à Marseille, le 16 décembre. Près de 14 000 AFD ont été dressées l’an dernier sur le département en zone police. Des amendes dont le taux de recouvrement atteindrait à peine les 20%, estimait le sénateur socialiste Jérôme Durain, qui a fait une proposition de loi pour les réformer. La réponse de Corine Simon : une possible inscription au casier judiciaire en cas de récidive. « Nous allons travailler avec le parquet », promet-elle.

    Si cette opération est une première a priori en France, elle a vocation « à se reproduire tout au long de l’année, régulièrement », prévient Corine Simon, partie en « guerre » contre le trafic. Une guerre « qu’on gagnera d’autant plus vite que les consommateurs seront prévenus », estime-t-elle.

    « En zone gendarmerie, on s’aperçoit que nous sommes clairement sous l’influence de Marseille, voire d’Avignon, dans d’autres parties du département, le narco se développe, nous sommes sur une posture dynamique », ajoute le commandant Pierre Baillargeat, précisant que pour le seul mois de janvier, le stup’ a augmenté de 25% dans l’activité des gendarmes. Ce dernier misant également sur 22 équipes cynophiles, dont quatre des douanes, qui permettent de détecter la drogue de façon plus certaine.

    À l’arrêt de tram des Réformés, pas de policier canin, mais des humains qui ont engagé des séries de « palpations » sur des voyageurs se demandant bien ce qui leur arrive. Si les agents assurent sélectionner leurs cibles au hasard, la majorité des personnes contrôlées ce jour-là sont des jeunes. Certains se disant un peu découragés voire agacés de se voir contrôlés « tout le temps ».

    Et quand on demande justement à la préfète si des actions vont être menées en matière de prévention auprès de la jeunesse, elle affirme lancer des assises sur le sujet en février.

  • Catherine Vautrin veut renforcer la souveraineté de l’armement français

    Catherine Vautrin veut renforcer la souveraineté de l’armement français

    Après le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou la semaine dernière, c’est la ministre des Armées et des Anciens Combattants Catherine Vautrin qui était à Toulon ce jeudi, sur le site de la Direction générale de l’armement (DGA). Une visite qui s’inscrit elle aussi dans le cadre de l’augmentation du budget de la Défense (+ 6,7 milliards d’euros en 2026, soit 57,1 milliards) et de la loi de programmation militaire 2024-2030, qu’Emmanuel Macron souhaite faire passer de 413 à 449 milliards d’euros.

    Dans cette optique, la DGA a un rôle central à jouer sur l’aspect capacitaire, en tant qu’outil de la souveraineté française. Sa raison d’être : maîtriser techniquement notre avenir pour créer la force de dissuasion et les outils de défense. Un aspect primordial « dans un monde qui se réarme » et « où les conflits régionaux se multiplient », soutient Catherine Vautrin. « Depuis 2017, le budget de l’armée a suivi une trajectoire inédite et a presque doublé. C’est une nécessité, en aucun cas un luxe. » Son objectif est de permettre la conception de moyens en un minimum de temps grâce aux nouvelles technologies, captées, notamment, dans le domaine civil. Et outre la souveraineté, l’autre but est d’être capable de soutenir les missions de l’Otan.

    La visite du jour était centrée sur le projet DANAE, qui, comme cet acronyme l’indique, vise à doter la Marine nationale d’un Drone de surface autonome naval avec une capacité d’armement embarqué. Un projet d’accélération de l’innovation (PAI), qui devra intégrer des capacités létales et non létales, avec deux types de mission : la protection des ports, et l’escorte de navires, en pouvant être commandé depuis la terre, ou embarqué dans une frégate. Il est imaginé pour « avancer à la vitesse des changements d’aujourd’hui. Nous n’avons plus le luxe d’un fonctionnement de temps de paix. Les temps politiques, industriels et opérationnels se contractent. La période de transition ouverte en 2001 s’achève », reconnaît la ministre des Armées.

    Ce projet consiste en la réalisation de sept drones navals, à plusieurs centaines de milliers d’euros, portés en collaboration par une dizaine d’entreprises (Naval Group, Thales, Exail…), dont certains sont déjà utilisés dans le civil, notamment dans la protection de plateformes pétrolières. Trois seront sélectionnés puis affinés selon les besoins de la Marine, et un seul intégrera l’arsenal maritime français d’ici 2027. À ce titre, des essais ont lieu depuis deux semaines.

    L’innovation, priorité stratégique

    Dans un monde qui se replie sur lui-même, l’innovation est une priorité : « Le champ de bataille connaît son plus grand bouleversement depuis la Première guerre mondiale. On ne pourra tenir que si on innove plus vite que l’adversaire. C’est une révolution permanente, technique, mais avant tout une révolution des mentalités », martèle Catherine Vautrin, qui invite à passer « de la stricte planification à un modèle un peu plus basé sur l’adaptation, devenue indispensable pour toutes les raisons évoquées ».

    Mais la ministre soutient également d’autres aspects liés au développement de l’industrie militaire française : « La France demeure le deuxième exportateur d’armes au monde. Notre Base industrielle et technologique de défense (BITD) n’est soutenable que parce qu’elle exporte. C’est une condition de survie industrielle, et un outil de puissance, car là ou nos équipements sont déployés, notre influence stratégique s’enracine. »

    Second aspect, et pas des moindres : la question de l’Europe de la défense, qui peine historiquement à s’affirmer sur la scène internationale. « Nous devons être plus européens dans notre stratégie industrielle, sans aucune naïveté, avec des équipements capables d’agir de concert. Nous ne pouvons parler d’Europe de la défense sans produire ni acheter européen », insiste Catherine Vautrin, non sans pragmatisme : « Mais les clients d’hier sont les compétiteurs d’aujourd’hui. Nous devons donc être offensifs et stratèges. » Et in fine, « pouvoir mieux peser sur l’Otan ». Car face à la folie trumpiste, c’est avant tout de cela qu’il s’agit.

    « Nous n’avons plus le luxe
    d’un fonctionnement de temps de paix »

  • En visite dans le Var, Jean-Pierre Farandou veut créer de l’insertion professionnelle grâce à la Défense

    En visite dans le Var, Jean-Pierre Farandou veut créer de l’insertion professionnelle grâce à la Défense

    Dans le contexte de l’augmentation annoncée du budget de la Défense
    (+ 6,7 milliards d’euros en 2026, soit 57,1 milliards si le projet de loi finance est voté), et au lendemain de l’annonce d’Emmanuel Macron concernant la volonté de porter les dépenses de la loi de programmation militaire 2024-2030 de 413 à 449 milliards d’euros (avec l’objectif d’avancer à 2027 au lieu de 2030 l’objectif d’un budget annuel de défense de 64 milliards d’euros), le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre, Farandou, est déjà sur le pont.

    Ce dernier était dans le Var, vendredi, pour visiter deux entreprises liées à l’industrie de la Défense. Première étape : le site de Naval Group, à Ollioules, spécialisé dans la conception, le développement et l’intégration de systèmes de mission pour les navires. Il a pu y découvrir les dispositifs de surveillance de missions et les outils anti-drones, ainsi que le projet « Synergie », qui consiste en une plateforme souveraine sécurisée au sein de Naval Group pour développer des logiciels embarqués, en s’appuyant, notamment, sur l’IA.

    Une future initiative

    avec France Travail

    L’entreprise compte recruter 1 500 salariés dans le Var et 10 000 en France d’ici 5 ans. Un enjeu d’importance pour lequel l’État « doit aider les entreprises à trouver les compétences et ressources dont elles ont besoin », affirme le ministre, qui annonce la création d’une « organisation particulière au sein de France Travail pour réussir ce défi stratégique pour notre pays. » Il s’agira « d’aider les entreprises à remplir les emplois dont on a besoin, et aider les personnes à trouver du travail. C’est un enjeu de formation, avec un écosystème à mettre en place autour des universités et écoles. France Travail en sera le bras armé, pour coordonner l’ensemble des forces vives », développe-t-il, sans entrer dans les détails, précisant que le projet sera « partagé avec le ministère de la Défense, qui sera le donneur d’ordres. Il faut aussi citer le président de la République, qui a compris que les enjeux de défense étaient absolument clé. »

    Ensuite, direction La Seyne, sur le site de l’entreprise Acti, spécialisée dans la chaudronnerie, engagée dans différents secteurs, dont le naval défense, travaillant à ce titre avec Naval Group. « La défense est un écosystème. Naval Group a besoin d’un réseau de sous-traitants et Acti y participe », souligne l’ancien patron de la SNCF, qui reconnaît toutefois que ces « petites entreprises » peuvent se concurrencer « sur les ressources humaines », argument fondateur pour la mise en place de l’initiative France Travail. Revendiquant 200 salariés, Acti souffre cependant de difficultés de recrutement, la chaudronnerie peinant à attirer malgré des perspectives d’évolutions horizontales et verticales. « Il faut aller chercher les jeunes mais aussi les seniors », milite Jean-Pierre Farandou. « Pour pouvoir se défendre, il faut arriver au plein-emploi. »

    Une jeunesse toutefois bien représentée au sein des ateliers de production, de quoi ravir le ministre : « Ce sont des métiers nobles. Que les jeunes qui cherchent leur voie viennent dans l’industrie. Les dirigeants ici savent repérer les jeunes qui ont de l’envie pour leur apporter des formations. De plus, l’industrie de la défense est majeure sur ce territoire. » Jean-Pierre Farandou sera de retour dans le Var le 23 avril, pour le Toulon Défense Event.

  • [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    La SPLA-IN remet debout ses premiers immeubles

    La société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix-Marseille-Provence a réceptionné en ce dernier trimestre 2025 les travaux de gros œuvre des 34, 36, 38 et 40, rue Jean-Roque (6e) à Noailles. Désormais, le second œuvre (sols, cloisons, plomberie, électricité) est lancé pour y aménager 16 logements sociaux confiés au bailleur Vilogia. Le gros œuvre se termine au 50-52, rue de la Joliette. D’autres chantiers des deux premiers appels à manifestations d’intérêt ont démarré au 30, rue du Musée, 4, 6 et 7, rue Nationale, 23, rue des Petites Maries, 28, montée des Accoules, 1 et 2, rue Puits Baussenque, 1, rue Porte Baussenque. La livraison des premiers immeubles entièrement réhabilités interviendra à l’automne 2026. Les travaux de démolition de la pointe de l’îlot Hoche Kléber (80 au 88, rue Hoche et 107/109, rue Kléber prolongée) vont débuter. La démolition est achevée des immeubles irrécupérables des 166, 168, 170, rue Félix-Pyat et des 33, 35, 37, rue Hoche.

    Après avoir élaboré
    un modèle
    d’intervention réplicable qui satisfait les exigences architecturales, patrimoniales, environnementales, la SPLA-IN détenue à 59% par l’État, 35% par la Métropole et 6% par la Ville de Marseille, est désormais totalement lancée dans l’opérationnel pour recycler 182 immeubles dont 116 immeubles sur les quatre îlots prioritaires démonstrateurs, couvrant plus de 17 hectares de terrain. Son budget prévisionnel reste à 256 millions d’euros. « C’est une cordée, une chaîne d’acteurs, un modèle unique et innovant. On créé une nouvelle grammaire de la réhabilitation du centre de Marseille », résumait Franck Caro, le directeur général de la SPLA-IN en guidant la ministre du Logement, Valérie Létard, sur ses chantiers.

    Ce mois-ci, alors que le lieu-ressource est en cours d’aménagement sur le site des effondrements du 5 novembre 2018 et que le 61, rue d’Aubagne a été conforté, que le 69 a été démoli, le marché unique de travaux est lancé pour la réhabilitation des huit immeubles au 61, 71, 73, 75, 77, 79, 81 et 83, rue d’Aubagne. La signature des marchés est prévue pour mars 2026 avec un calendrier de 17 mois de travaux et une réception attendue en juillet 2027. Lauréat du second appel à manifestations d’intérêt, le bailleur social Erilia prendra en charge, en co-maîtrise d’ouvrage, la réhabilitation des immeubles du n°71 au n°83 pour produire 24 logements sociaux majoritairement en PLAI.

    Rue d’Aubagne : un jugement incompris

    Le procès qui s’est tenu du 7 novembre au 18 décembre 2024 a été à la mesure de l’onde de choc politique et humaine que continue de susciter ce drame historique de l’habitat indigne. 12 personnes et 4 sociétés ont fait face durant 6 semaines à leurs juges dans ce procès hors-norme pour rendre justice aux huit victimes de la rue d’Aubagne. Mais le délibéré rendu le 6 juillet 2025 a été une douche froide pour les familles. Les 102 parties civiles n’ont pas compris certaines relaxes ni la tiédeur des peines infligées alors que la faillite de toute la chaîne des responsabilités a été pleinement démontrée lors des débats. L’incurie systémique des propriétaires, du syndic, des agents municipaux, de l’expert judiciaire, du bailleur public, avait pourtant sauté aux yeux. Le procès en appel est d’ores et déjà très attendu. Il se tiendra du 2 novembre au 19 décembre 2026 dans la salle bien nommée des procès hors-norme de la caserne du Muy.

    D.C.

    12 mai : les Zennou, marchands de sommeil XXL, sont condamnés

    Ce jour-là, Raphaël Zennou, 86 ans, écope de 4 ans de prison dont un an sous bracelet. Il louait plus de 60 taudis à Noailles et Belsunce aux plus vulnérables. Les comptes du couple et deux immeubles sont confisqués soit plus de 1 million d’euros. Ils ont fait appel.

    D.C.

    Airbnb, la fête est finie, Marseille est passée à l’offensive

    Après avoir fourbi ses armes, la Ville est passée cette année à l’offensive judiciaire pour tenter d’endiguer la jungle des meublés touristiques qui aggrave la crise du logement.

    Dans une ville où l’habitat dégradé frappe plus de 100 000 habitants pris au piège de 40 000 taudis, où près de 13 000 annonces de meublés touristiques fleurissent sur les plateformes en ligne dont plus de la moitié sont en violation du règlement édicté par la Ville, l’assignation exemplaire de trois multipropriétaires en infraction devant le tribunal judiciaire le 24 novembre est un tournant. Le cynisme triomphant du chirurgien de Périgueux narguant la mairie avec son « c’est Marseille bébé » était devenu intolérable, insupportable aux Marseillais qui peinent à se loger. Un des spéculateurs a même osé exploiter un meublé saisonnier dans un immeuble frappé d’un arrêté de péril.

    La Ville a réclamé une amende civile de 2,4 millions d’euros à l’encontre de trois gros propriétaires et de la conciergerie de l’un d’eux, pour n’avoir pas déclaré le changement d’usage de leurs 24 logements touristiques. Le tribunal judiciaire rendra son délibéré le 2 février 2026.

    L’arsenal réglementaire s’était considérable étoffé. La fête est finie. La municipalité a renforcé en février 2025 sa réglementation qui ne permet plus à ses investisseurs en nom propre ou via des sociétés de louer en courte durée leur soi-disant résidence secondaire, sauf à créer un logement classique en compensation dans le même secteur. Et au 1er janvier 2026, il sera interdit de louer plus de 90 jours par an contre 120 jours. 300 mises en demeure ont été adressées. L’offensive judiciaire n’est qu’à son début.

    D.C.

  • [Rétrospective 2025] Narcotrafic, l’insupportable bascule

    [Rétrospective 2025] Narcotrafic, l’insupportable bascule

    Quand se heurtent effets d’annonce et réalité de terrain

    On allait voir ce qu’on allait voir… À peine passé le jour de l’an, Gérald Darmanin alors ministre de la Justice avait déboulé le 3 janvier à Marseille annonçant mettre le paquet sur le narcotrafic, mais sans détailler les moyens mis en œuvre.

    Dans un bilan, le préfet de police d’alors, Pierre-Édouard Colliex, et le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, mettent en avant l’efficacité de la tactique dite du « pilonnage » qui a permis de supprimer 29 points de deal, de 161 en 2023 à 84 en 2024. Les interpellations de trafiquants ont grimpé, de 40% par rapport à 2023, le nombre de narchomicides a baissé de moitié, de 49 en 2023 à 24 en 2024.

    Une compagnie de CRS, une centaine de policiers sur la voie publique, 25 enquêteurs viennent compléter les rangs, le réseau de la Castellane est démantelé par la tête fin avril. Mais l’effort ne permet pas d’endiguer les meurtres : la Cayolle, La Ciotat, la Belle de Mai, la Bricarde, Air Bel, les Rosiers… Deux victimes, dont une retrouvée calcinée, sont des mineurs. Il aura fallu attendre le printemps pour que le Parlement adopte la loi sur le narcotrafic à laquelle manque le volet sanitaire et prévention. Seuls 5 décrets sur 37 ont été publiés, notaient nos confrères de FranceInfo le 15 décembre.

    Macabre décompte

    Véritable électrochoc pour Marseille et la France, l’assassinat de Mehdi Kessaci par un commando à moto, le 13 novembre, va cruellement mettre en lumière la nécessité d’agir. Mehdi est le petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste, qui a fondé l’association Conscience pour venir en aide aux victimes du narcotrafic, suite à la mort de son aîné, Brahim retrouvé calciné en 2020 dans une voiture. Il dénonce aussi l’attentisme de l’État dans un livre publié en septembre. Ce nouveau meurtre est très vite qualifié de crime « d’intimidation » par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez qui, avec Gérald Darmanin, garde des Sceaux, fait le déplacement à Marseille. Une marche blanche en hommage à Mehdi réunit plus de 6 000 personnes. À l’Élysée, Emmanuel Macron organise une réunion en urgence, et nomme Jacques Witkowski, dix ans de gendarmerie au compteur, préfet de région. Là encore, la lutte contre le narcotrafic est érigée en priorité. Le préfet organise pour son arrivée une vaste opération dans 15 points de deal. Le président de la République revient à Marseille le 16 décembre sans autre annonce que l’augmentation de l’amende pour consommation de drogue de 300 à 500 euros.

    Et le macabre décompte continue… Un véhicule est retrouvé brûlé parc Kallisté (15e) par la police municipale le jour de Noël. À l’intérieur, un corps carbonisé.

    18

    personnes, majoritairement des jeunes, ont perdu la vie dans des assassinats liés au trafic de drogue en 2025 dans le départementdes Bouches-du-Rhône.

    22 novembre : une marche blanche pour Mehdi Kessaci

    Anonymes, amis, associatifs, politiques… Répondant à l’appel d’Amine Kessaci et de son association Conscience, plus de 6 000 personnes se rassemblent sur le rond-point où a eu lieu le drame. Le 13 novembre, un commando à moto a abattu le petit frère du militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Un assassinat « d’avertissement », affirmera très vite le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Amine Kessaci avait déjà perdu son aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture en 2020. « Debout », il poursuit son combat appelant le 15 décembre à la création d’une « convention citoyenne ».

    M.R.

    Pénitentiaires en danger et détenus entassés

    Dans les prisons de la région, où la surpopulation peut dépasser les 200%, la tension monte. Après la prise d’otage de 4 personnels à Arles le 3 janvier, le 14 avril, c’est une attaque coordonnée en France qui touche la Farlède, cible de tirs à l’arme automatique, Tarascon ou Luynes avec des voitures brûlées ou tagués « DDPF » pour « Droits des prisonniers français ». En août, un rapport salé sur les conditions de détention écrit par la contrôleure générale des lieux de privation de liberté préconise la fermeture de la prison pour mineurs de la Valentine à Marseille. Mais les constructions se poursuivent. Un quartier haute sécurité est prévu à Luynes, les Baumettes 3 sont inaugurées le 16 décembre.

    M.R.

    La préfecture de police disparaît

    Un décret du ministre de l’Intérieur a enterré la préfecture de police des Bouches-du-Rhône le 16 juillet, pendant qu’en un an ont été nommés deux préfets et une préfète de police déléguée.

    Un conseil municipal et s’en va. Après un an dans le département, le préfet de police Pierre-Edouard Colliex a été nommé dans le Jura, le 12 mars, deux semaines après avoir défendu devant l’hémicycle municipal un bilan positif en matière de sécurité qui a fait bondir à droite. Avec son départ disparaît, après presque treize ans d’existence, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, qui retourne dans l’escarcelle du préfet de région Georges-François Leclerc, nommé le 12 mars en remplacement de Christophe Mirmand qui, après un passage à la tête du cabinet des Outre-mer, est depuis le mois de juillet ministre d’État de Monaco.

    Le 13 mars, l’ancienne championne d’aviron Corinne Simon est nommée préfète de police déléguée de cette nouvelle organisation, confirmée par un décret daté du 16 juillet, signé par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Le 30 octobre, Georges-François Leclerc quitte, à son tour, le département, nommé directeur de cabinet à l’Élysée. Un mois et demi plus tard, c’est l’ancien directeur général de la Sécurité civile Jacques Witkowski qui lui succède.

    Y.S.

    Et aussi

    23 avril. Opération Jumbo

    1 000 agents sur la voie publique, les routes, 7 compagnies de CRS sont déployés dans le département pour une opération Jumbo afin d’assurer « la sécurité du quotidien ».

    29 août. Des trafiquants « solidaires » à Orange

    La préfecture du Vaucluse interdit une distribution de fournitures scolaires dans le quartier de Fourchevieilles. Une initiative du « FV Gang », groupe lié au trafic de stupéfiants…

    14 octobre. La MDS des Flamants tire le rideau

    Les agents de la Maison départementale de la solidarité manifestent pour dénoncer la pression d’un réseau de narcotrafic. Seule solution trouvée : délocaliser la permanence à Arenc, d’abord l’après-midi. Depuis la mi-décembre c’est à plein temps, obligeant les habitants à se déplacer.

    25 novembre. Orange évacue les salariés

    Suite à des « incidents » devant les grilles du site d’Orange à Saint-Mauront (3e), les salariés sont évacués, la préfète de police assurant ne pas avoir de traces de rixes. La direction décide de fermer jusqu’à la mi-décembre. Le travail reprend sous vigilance policière.

  • Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Le bailleur social Logis Méditerranée programme la création d’un immeuble de 20 logements sociaux et d’un équipement d’intérêt collectif à Septèmes-les-Vallons dans l’ancien chai Cazel jeune à l’abandon. Un projet de reconversion de ce vieux commerce de vin très attendu dans le contexte où la commune rattrape sa carence en logements sociaux avec un taux qui se situe déjà à 18% contre 25% attendus par la loi SRU.

    Cet ancien bâtiment a été racheté par l’Établissement public foncier Paca à la demande de la commune. Il est au cœur du centre ancien, le long de l’avenue du 8-Mai 1945. Ce n’est pas le premier projet porté par la commune qui a inauguré lundi dernier la fin de la réhabilitation de 20 logements sociaux répartis sur 6 sites du centre ancien. 9 autres logements sociaux seront encore livrés en décembre dans l’ancienne bastide Val Fleuri, chemin de la Bédoule.

    Pour l’ancien chai Cazel, il s’agit d’insérer dans ce bâtiment proto-industriel 12 logements sociaux, d’en créer 8 autres sur un nouveau bâtiment au sud, d’y adjoindre en rez-de-chaussée un local d’activité de 203 m² dont la destination et de créer 28 places de stationnements en sous-sol tout en conservant le jardin. « On réhabilite, on travaille sur les friches inutilisées » explique Sophie Celton (PCF), première adjointe. « On est aussi au démarrage de la reconversion de l’ancienne friche Duclos avec 350 logements attendus dont 40% de logements sociaux. Ce nouveau quartier va permettre d’éviter une dent creuse entre le centre-ville ancien et le quartier des Caillols. Et sur l’ancien chai, on garde l’histoire de ce bâtiment », se réjouit-elle. Dans quelle proportion conserver cette histoire ? Alertée par des habitants, Sites & Monuments a demandé au maire de retirer ce permis, certes purgé de tout recours, mais qui a enjambé allègrement trois avis défavorables consécutifs de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) des 2 avril, 30 juin et 31 juillet 2025 qui ne sont même pas mentionnés aux visas de l’arrêté accordant le permis. Or l’ABF est en avis conforme pour cet édifice en covisiblité avec un monument historique, la cheminée-colonne qui domine la commune. Aussi, l’association a saisi la ministre de la Culture d’une demande d’instance de classement le temps de « trouver une solution alternative ».

    « La destruction de la toiture et de la façade nord de cet édifice à fort caractère patrimonial, alliant bâtiment proto-industriel et maison de maître, revenant à une démolition quasi totale, altérerait les abords proches de la cheminée-colonne dont elle est contemporaine », écrit en effet l’ABF dont le dernier avis concluait qu’« un projet de reconversion plus respectueux du caractère patrimonial et historique du lieu formant abords du monument historique serait susceptible de recevoir un avis favorable ».

    « On est au point d’équilibre entre la protection, les enjeux d’avenir et la forme urbaine », assure Patrick Magro (PCF), conseiller municipal délégué à l’histoire et à la mémoire locale. Il est à l’origine de la protection au PLUi de la façade et de la grille du chai. À ses yeux, le projet est dans « le respect absolu de la façade principale qui sera à l’identique de ce qu’elle était historiquement et aussi de la grille. Avec ce projet, on laisse une vraie trace de la mémoire. » Tant pis si la toiture et la façade arrière doivent être détruites. D’ajouter : « L’intégrisme ne vaut rien sur ces questions. On a sauvé cet édifice qui aurait pu devenir une ruine ou être livré au squat en le faisant protéger et acquérir par l’EPF pour du logement social. Et en plus on a pris la décision politique de ne pas artificialiser le jardin dans le respect total de l’objectif du zéro artificialisation nette. »

  • Les syndicats réclament des moyens

    Les syndicats réclament des moyens

    « Qu’ils inaugurent, c’est bien mais qu’ils respectent aussi les engagements d’échelonner l’ouverture, nous serons vigilants. » À la veille de la venue d’Emmanuel Macron pour inaugurer les Baumettes 3, Catherine Forzi, surveillante pénitentiaire et déléguée FO Justice, réclame des effectifs. Après l’ouverture d’un quartier homme mi-novembre, d’un autre la semaine suivante, un troisième va suivre en janvier, précise-t-elle. Mais il manquera toujours une vingtaine d’effectifs pour permettre le fonctionnement des deux « quartiers de confiance », en mai, où les détenus peuvent, durant la journée, circuler librement dans les coursives, assure-t-elle.

    Le chef de l’État n’a pas prévu de recevoir les organisations syndicales, mais Aïcha Khelfa, secrétaire régionale adjointe de la CGT Pénitentiaire a tout de même un message à lui faire passer : « qu’avec le ministre, ils se donnent les moyens humains et financiers de leurs ambitions ! Nous sommes la troisième force d’État mais la cinquième roue du carrosse. »

    Elle insiste aussi sur les effectifs : « on ne sait pas ce que ça va donner à la prochaine sortie de l’Enap [École nationale d’administration pénitentiaire Ndlr]. Il manque des personnels aussi dans l’insertion, la probation, l’administratif… » Ce qu’elle craint, c’est le transfert de détenus depuis les autres établissements, surtout avec l’ouverture du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) à Luynes. De manière plus générale, sur les mesures prises dans les établissements pénitentiaires comme les « fouilles XXL » qui ont permis de saisir le 11 décembre, 44 téléphones et 70 g de substances illicites, rappelle FO, les deux syndicats appellent à plus de discrétion. « Le ministre communique à outrance, les détenus ont la télé » résume Aicha Khelfa, qui là encore, réclame des effectifs et un assouplissement de l’article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 pour permettre des fouilles plus « systématiques. »

  • Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Un instant « solennel » pour « honorer le souvenir » des disparus mais aussi un « moment de reconnaissance en cette année intense, sans aucun répit ni sur le front du secours ni sur celui des feux », a introduit ce samedi 6 décembre, Richard Maillé, président du Sdis (Service départemental d’Incendie et de Secours) 13 à l’occasion de la cérémonie de la Sainte-Barbe, protectrice de ceux qui affrontent le feu et le danger.

    Dans le hall cathédrale de l’Hôtel du Département, des hommes et femmes casqués plutôt habitués au terrain, à raison d’une intervention toutes les 3 minutes. Le Sdis 13 étant l’un des plus importants de France avec 1 250 sapeurs-pompiers professionnels et 4 700 volontaires. La collectivité poursuivant une « politique volontariste du recrutement malgré la pression financière », s’est félicité Richard Maillé, ils seront 75 à venir compléter les rangs annonce-t-il. Soit une augmentation de plus de 23% en dix ans, ajoute-t-il.

    « Depuis 2015, nous mettons en avant la protection des biens et des personnes », a martelé Martine Vassal, présidente DVD du Département qui en a profité pour adresser un message au préfet Jacques Witkowski.

    Un « modèle atypique »

    « J’espère que vous resterez un long moment dans nos murs, je suis persuadée que vous allez être l’homme de la situation », a-t-elle lancée, rappelant que « nous sommes dans un département particulier où vous avez tous les risques sauf celui des avalanches ». Pour les pompiers, « pas d’économie, que des dépenses pour du matériel et des casernes du XXIe siècle », poursuit l’élue qui prévient : « Les recettes ne sont pas extensibles. » Pour elle, « les départements sont en danger », estimant que « sans eux c’est une régression de la démocratie ». Elle insiste : « Il va falloir qu’au plus haut niveau de l’État, on travaille sur l’équation des recettes et des dépenses, Monsieur le préfet. »

    Le représentant de l’État se bornera à la lecture du message de Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, défendant un « modèle atypique fondé sur le volontariat qui nous oblige ». Les sapeurs pompiers vont également pourvoir bénéficier de trimestres supplémentaires pour la retraite « dans un décret pris dans les prochains jours », a promis le ministre.

    Cette cérémonie a également été l’occasion de remise de médailles de la sécurité intérieure, échelon bronze argent ou or, et de casques pour la 55e promotion de professionnels, baptisée du nom d’Emma Bouquet, tragiquement décédée à 21 ans en février et, volontaire au centre d’incendie et de secours d’Eyguières depuis 2 ans.