Tag: migrants

  • David Rachline forcé de retirer une banderole xénophobe de la façade de la mairie de Fréjus

    David Rachline forcé de retirer une banderole xénophobe de la façade de la mairie de Fréjus

    En matière d’actes tombant sous le coup de la loi et de prises de position à caractère xénophobe, David Rachline, le maire (RN) de Fréjus, n’a plus grand-chose à apprendre. Nouvel épisode ces derniers jours avec l’affichage d’une banderole sur la façade de l’hôtel de ville, sur laquelle on pouvait lire « Une OQTF non exécutée est un danger pour les Français ». Celle-ci faisait suite au meurtre d’un jeune homme de 19 ans le 28 juin, à Fréjus, dont le principal suspect est un individu de 20 ans sous OQTF.

    L’édile fréjusien, qui sera jugé en septembre pour favoritisme dans une affaire d’attribution de marchés publics, ce qui avait valu une perquisition de la mairie en mars 2025, n’a ainsi pas manqué de saisir l’occasion de récupérer ce drame au profit de son idéologie, ce qu’a même dénoncé la famille de la victime. Sans, évidemment, se soucier du fait qu’une large partie des OQTF sont prononcées à cause de lenteurs administratives dans le renouvellement des titres de séjours, et que leur nombre a fortement augmenté suite à la circulaire Retailleau de janvier 2025. « Il n’a pas eu la même réaction pour Hichem Miraoui, assassiné par un fanatique du RN l’année dernière », rappelle Catherine Aubry, co-animatrice de LFI Est-Var. « Il saute à pied joint sur la récupération. Cela montre une nouvelle fois son obsession pour les migrants. »

    « Atteinte grave

    au principe de neutralité »

    Pas au goût du Préfet du Var, qui a saisi le tribunal administratif de Toulon le 10 juillet, par une requête en référé-liberté, afin de demander le retrait de la banderole, au motif que son message « portait une atteinte grave au principe de neutralité du service public. Il est interdit d’apposer sur tout bâtiment public, une inscription symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques. »

    La préfecture ajoute que « le message faisait à tort référence à une situation dans laquelle la mesure administrative [l’OQTF, ndlr] prononcée par la préfecture ne pouvait précisément pas être exécutée car elle était l’objet d’un recours devant le tribunal administratif. » Sachant que la justice lui ordonnerait probablement de le faire, David Rachline a ainsi décidé de retirer la banderole sans attendre le verdict du tribunal administratif lundi. En conséquence, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer. Un dénouement salué par Pierre Daspre, membre du bureau départemental du PCF : « C’est bien que le préfet ait rappelé les principes républicains, il faut respecter la justice et l’État de droit. » « C’était une banderole odieuse et raciste. Le préfet l’a faite interdire sous un autre angle, mais c’est déjà ça », ajoute Catherine Aubry. « C’est cocasse d’être dans l’illégalité quand on veut faire appliquer la législation sur les OQTF », a, quant à elle, souligné Christine Romano, élue d’opposition (PCF) « Fréjus Riposte ! ».

  • Le Cercle de silence persévère à Aix

    Le Cercle de silence persévère à Aix

    « Nous avons pu compter sur la force de notre présence et de notre volonté de ne pas nous laisser intimider » affirme Philippe Sénégas, coprésident de la section du pays d’Aix de la Ligue des droits humains. Le rassemblement du Cercle de silence, en solidarité avec les migrants et les étrangers, s’est tenu sans perturbation de l’extrême droite ce samedi matin à l’entrée des Allées provençales.

    Une mobilisation pacifique et silencieuse pour rappeler « la solidarité avec les migrants à une époque où le système législatif français et européen se durcit », selon Philippe Sénégas. Même son de cloche pour le député (PS) Marc Pena, présent aux côtés d’élus du groupe d’opposition de gauche dont David Tessier (PCF). « Nous exprimons notre solidarité avec les personnes étrangères et rappelons que la fraternité, la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux ne sont pas négociables », écrit sur ses réseaux le député.

    Car l’extrême droite sévit

    L’initiative du 13 juin avait été perturbée par un groupuscule de jeunes hommes d’extrême droite, avec banderole « Lola, Philippine : face aux massacres, plus de silence », mégaphone en main pour scander « ne plus vouloir des assassins […] ceux que les gauchistes nous imposent » sous les caméras du média Frontières. Une scène à rapporter à un premier raid du collectif Nemesis en novembre, toutes deux condamnées et signalées au sous-préfet par le député Pena. « Ces gens dangereux nous poussent à continuer le cercle », affirme le responsable de la Ligue.

  • Chaîne humaine sur la corniche en soutien à SOS Méditerranée

    Chaîne humaine sur la corniche en soutien à SOS Méditerranée

    Corniche Kennedy, samedi, 11 heures. Au pied de l’œuvre murale de l’artiste Mahn Kloix représentant une sauveteuse et au-delà du monument aux morts, une chaîne humaine se forme. Des centaines de personnes sont vêtues d’orange, couleur des gilets de sauvetage à bord mais aussi de l’Aquarius, le premier navire de SOS Méditerranée. Ce happening était organisé pour célébrer les dix ans d’opération de l’association de recherche et de sauvetage en mer, en cette journée internationale des réfugiés.

    « On ne peut pas laisser mourir les gens en mer »

    En une décennie, l’organisation a secouru plus de 43 000 rescapés, malgré les nombreuses entraves, politiques pour la plupart. Baya, donatrice, s’indigne : « Tous les États répressifs qui refusent d’accueillir les bateaux de SOS, la finalité c’est quoi ? De laisser mourir tous ces migrants dont on a pourri la terre ? », s’emporte-t-elle. « La planète n’appartient à personne ! », renchérit à ses côtés son amie Diana. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), depuis 2014, plus de 35 000 exilés ont péri dans les eaux méditerranéennes en tentant de rejoindre le continent européen.

    Sous les applaudissements, une flottille de 19 bateaux parade sur la mer. Sur l’un d’entre eux est accrochée une banderole : « 10 ans, toujours là ». Les bénévoles de l’association rythment l’événement. à leur signal, les participants dégainent des jumelles ou en forment en ramenant leurs mains à leurs yeux. Une image rappelant la fresque qui trône au-dessus de l’eau.

    Des enceintes diffusent au même moment des sons enregistrés à bord. Les participants sont ainsi immergés dans le quotidien des sauveteurs à bord de l’Ocean Viking. « SOS Méditerranée existe grâce à la mobilisation des citoyennes et des citoyens. En France, nous avons désormais plus de 1 000 bénévoles », se réjouit Anaïs, salariée de la structure, rappelant qu’une seule journée de navigation est estimée à plus de 24 000 euros.

    Cherchant un coin
    d’ombre, François, longtemps militant au sein d’Amnesty International tempête : « On ne peut pas laisser mourir les gens en mer, ce sont des choses élémentaires, quelles que soient les conditions politiques ! Et c’est, de toute façon, ce que dit le code de la marine : on porte toujours assistance à quelqu’un qui est en danger en mer », pousse-t-il. Le retraité regarde autour de lui et esquisse un sourire, « ça fait du bien de voir tout ce monde, surtout dans des moments où la vie politique est difficile. En venant j’étais un peu inquiet de ce que pouvait faire l’extrême droite mais dans un sens, c’est aussi ça qui m’a motivé à venir. » Selon les organisateurs, 730 personnes ont répondu présentes à ce rassemblement, sous le regard curieux des passants.

    « Ça fait 10 ans que SOS Méditerranée sauve des personnes en mer. On veut montrer qu’on n’est pas indifférents, que les citoyens se mobilisent », explique Vanessa, venue accompagnée ses fils, Isidor et Maxim. Et quand ce dernier, lycéen, est interrogé sur la mission de l’association, il répond du tac-au-tac : « Ils sauvent des vies. » Tout simplement.

  • Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Un événement placé sous le signe du partage. Dans une centaine de restaurants, du bistrot à l’étoilé, mais aussi dans les cantines solidaires, restaurateurs, artisans de la région et cuisiniers réfugiés se réuniront afin de concocter des plats du monde entier, du 20 au 27 juin à Marseille. Au menu : banquet afghano-provençal, cuisines marocaines, palestiniennes ou encore ukrainiennes. « À travers ces rencontres nous voulons défendre l’idée que l’exclusion, la défiance et la peur s’effacent lorsque l’on apprend à se connaître », témoignent les organisateurs du Festival.

    C’est dans le cadre de la Journée mondiale des réfugié.es que s’organise chaque année autour du 20 juin, le Festival. « Nous voulons parler de chacun des individus qui sont appelés “réfugiés”. De chacune de ces personnes qui font preuve d’une résilience et d’un courage exceptionnels pour tout réapprendre », expliquent-ils.

    « La cuisine porte

    la mémoire »

    Manon Fleury, cheffe étoilée, parraine cette édition aux côtés d’Aïssa Maïga, réalisatrice, autrice et productrice française d’origine sénégalaise et malienne. « La cuisine fait partie de ces espaces très puissants où tout devient concret. Elle porte la mémoire, l’exil parfois, mais aussi la transmission, la joie. Elle permet de recréer du lien, même loin de chez soi », souligne-t-elle. « C’est ça la France, dans ce qu’elle a de plus beau : un lieu où les cultures se croisent, se transforment et inventent ensemble. »

    Programmation à retrouver sur festival.refuge-food.org/marseille

  • SOS Méditerranée, lueur d’espoir et d’humanité

    SOS Méditerranée, lueur d’espoir et d’humanité

    Toujours là. » C’est au sein de l’auditorium du Mucem à Marseille que SOS Méditerranée a dévoilé, vendredi, un rapport inédit : « En pleine tempête ». Le document revient sur les dix années d’opérations de l’association de sauvetage et de recherche en mer. « J’espère que le Mucem continuera à être ce que vous recherchez : un port sûr », martèle Cécile Dumoulin, responsable du département du développement culturel et des publics du musée. C’est dans ces lieux qu’en 2015 l’association, nouvellement fondée, avait organisé l’une de ses premières manifestations. Et c’est toujours ici que sont célébrés, ce samedi, ces dix ans en mer (lire ci-contre). « On partage ces valeurs républicaines et humanistes », insiste Cécile Dumoulin.

    En dix ans, SOS Méditerranée a secouru avec ses deux navires 43 418 personnes, au cours de 464 opérations menées en mer. Des enfants, des femmes, des hommes, qui, sans le secours des équipages auraient pu sombrer au fond de la Méditerranée. Dans ce rapport, l’organisation documente comment, au fil des années, les États européens se sont désengagés du sauvetage en mer, ont externalisé le contrôle des frontières et accentué la criminalisation de l’action humanitaire. Pour l’association, le point de bascule intervient en juin 2018, lorsque la coordination des secours est transférée des garde-côtes italiens aux garde-côtes libyens. Cette année-là, sont atteints des « sommets de harcèlement administratifs », assène Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée. Les équipes sont alors contraintes d’arrêter l’affrètement de l’Aquarius, qui a secouru entre mars 2016 et décembre 2018 quelque 29 523 personnes.

    Entraves de Rome

    et Tripoli

    Le deuxième navire, l’Ocean Viking est allé au secours de 13 895 rescapés entre août 2019 et juin 2026. Ce contraste entre les chiffres symbolise à lui seul la répression accrue. « On est beaucoup moins opérationnels, beaucoup moins efficaces dans notre mission parce qu’on ne nous transmet plus les alertes de détresse. En dix ans, on est passé de 70% des cas de détresse signalés par les autorités maritimes à 4% », déplore Sophie Beau. Entre 2020 et 2023, le navire a été détenu à trois reprises pour des raisons techniques, pour un total de 150 jours. Près de cinq mois durant lesquels les morts se sont accumulés dans ce cimetière marin qu’est devenue la Méditerranée.

    C’est également en 2023 que le décret Piantedosi que le gouvernement d’extrême droite italien impose aux navires de sauvetage de rejoindre immédiatement le port assigné par les autorités, souvent très loin de la zone de sauvetage.

    À ce tableau déjà sombre, s’ajoute la violence de Tripoli. « En août 2025 on a été pris pour cible, attaqués à balles réelles par les garde-côtes libyens alors qu’on patrouillait en eaux internationales », relate Soazic Dupuy, directrice des opérations de SOS Méditerranée, appuyant sur le « traumatisme » provoqué par cette épreuve. Face à toutes ces entraves, « on se retrouve très seuls, très impuissants », regrette-t-elle. Mais partout, des lueurs d’espoirs subsistent. « Depuis que la Méditerranée se vide des navires civils de sauvetage, on est plus en interaction avec les navires marchands », atteste Soazic Dupuy.

    « Résistance »

    L’association qualifie son action de « résistance ». Car cette semaine, le Parlement européen, phagocyté par la droite et l’extrême droite, a voté la mise en place de « hubs » de retour pour les migrants, soit des centres de rétention en dehors des frontières de l’UE. « La société civile n’a jamais été indifférente malgré tout ce qu’on entend de discours défaitistes ou sombres sur cet écrasement de nos valeurs fondamentales. En fait, beaucoup de personnes sont attachées à ces valeurs d’humanité, de solidarité, de fraternité et ça s’incarne très concrètement dans notre mission », insiste Sophie Beau.

    Les bénévoles n’ont jamais été aussi nombreux et conscients de cette mission vitale. « Nous sauvons des vies. Si notre bateau n’est pas là, ces personnes meurent en mer, cette évidence-là s’impose chez beaucoup de citoyens ». Et pour cause, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) recense 1 342 personnes disparues en mer depuis le début de l’année.

    « Nous sauvons des vies. Si notre bateau n’est pas là, ces personnes meurent en mer »

    43 418

    C’est le nombre de rescapés sauvés par SOS Méditerranée depuis mars 2016 avec ses deux navires, l’Aquarius et l’Ocean Viking, au cours de 464 opérations de sauvetage. Parmi lesquels figurent 10 524 enfants, dont 80% étaient non accompagnés.

    35 002

    C’est le nombre de personnes décédées en Méditerranée depuis le début du recensement par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Depuis le début de l’année, au moins 1 342 personnes ont disparu en mer. Ce qui fait de 2026 l’année la plus meurtrière.

  • L’humanisme papal face aux réactionnaires

    L’humanisme papal face aux réactionnaires

    Depuis son arrivée à Madrid le 6 juin, le Pape a rencontré des dizaines de milliers de jeunes lors d’une veillée, puis plus d’un million de fidèles pour une messe géante place de Cibeles dans la capitale, il aura rencontré le Roi, le chef du gouvernement Pedro Sanchez, tous les représentants politiques de tous les partis, il est intervenu au Parlement, une première. Rencontre aussi avec des représentants du monde de la culture, comme Antonio Banderas ou encore Bad Bunny. Autant d’occasions pour que celui-ci, à chaque fois, délivre un message de concorde et de paix. Il aura, à la fois appelé à rejeter les discours identitaires et appelé à la solidarité internationale et au multilatéralisme.

    Bien sûr, il a parlé religion, appelé à renouveler la foi catholique, dans un pays si fortement imprégné par le catholicisme, malgré tout en perte de vitesse. Puis à Barcelone, il a inauguré la plus haute tour de la Sagrada Familia et s’est rendu au Monastère de Montserrat où les dénonciateurs des crimes pédophiles de l’Église sont restés sur leur faim. Le souverain pontife a clairement dénoncé cette plaie ouverte en amont de cette visite, mais pas sur le lieu le plus tristement connu pour ces crimes. Cette visite, au-delà de l’hypocrisie ambiante, manifestée par les représentants politiques de droite et extrême droite, qui cachaient mal leur désarroi sur l’évolution de l’Église concernant des sujets tels l’immigration, où l’exigence d’un nouvel ordre mondial multilatéraliste, aura marqué un tournant historique par les messages sans ambiguïtés du Pape. L’Église qui maintient un pouvoir influent dans le monde, est fortement traversée par la volonté de paix et de justice des peuples, ce qui n’empêche pas des divisions internes avec une partie de l’Episcopat espagnol dans la mouvance nationale catholique, qui ne voit pas d’un bon œil les évolutions progressistes portées par Léon XIV.

    L’extrême droite espagnole, qui semble faire bonne figure, constate une fois de plus des divergences de fond avec le Vatican, notamment sur les questions de l’immigration qui viennent contrarier la campagne de Vox, ralliée par le Parti Populaire dans certaines régions sur « la priorité nationale ». Il y a quelque temps, Santiago Abascal leader de Vox, avait accusé les évêques de se taire face à « l’invasion musulmane ».

    Vendredi, tout ce que compte l’Espagne de nostalgiques de la race pure, du franquisme, adeptes de l’intolérance, en ont eu pour leur compte avec le point final de la visite du Pape. Celui-ci a réitéré lors de sa rencontre avec des migrants, et des associations « qu’une conscience humaine, et encore plus une conscience chrétienne, ne peut rester indifférente face aux victimes des naufrages et du manque d’aide, devant ces cimetières de la mer ». Et d’ajouter : « Chaque vie perdue sur ces routes est un échec pour la famille humaine. » Une bataille prioritaire pour le Pape qui a rejoint Rome vendredi après-midi et qui se rendra le 4 juillet prochain sur l’île italienne de Lampedusa, symbole de la tragédie migratoire en Méditerranée.

  • Rosmerta se met en fête pour mieux se faire connaître à Avignon

    Rosmerta se met en fête pour mieux se faire connaître à Avignon

    Depuis que Rosmerta a vu le jour en 2018, les épreuves sont dans l’ADN de l’association. Créée en réponse à l’abandon de nombreux mineurs isolés, Rosmerta a installé un squat pendant cinq ans rue Pasteur à Avignon avant d’acquérir sa propre maison destinée à héberger et accompagner une trentaine de jeunes migrants et familles en exil. Un combat de longue haleine que Rosmerta entend poursuivre dans la durée. Pour ce faire, elle organise ce dimanche 31 (16h-23h) une journée festive à la ferme de la Durette. « Cela permet de rencontrer les gens, expliquer notre action d’accueil et de solidarité, faire adhérer mais aussi se retrouver entre bénévoles », indique Giguou Chenevier, une des chevilles ouvrières de Rosmerta.

    L’association redoute une nouvelle épreuve politique en 2027 avec la présidentielle. « Il est essentiel de nous rassembler pour résister de toutes nos forces contre le racisme, la xénophobie et toutes les formes mortifères de l’idéologie de l’extrême droite », enjoint Rosmerta. Face à cela, Guigou Chenevier martèle : « Quand on s’occupe bien des exilés, cela se passe très bien, depuis 8 ans, la plupart des 300 personnes que l’on a accompagnées se sont intégrées comme elles ont pu malgré les difficultés étatiques des titres de séjour. » La journée de dimanche s’annonce donc politique avec des prises de parole (17h30 et 19h), notamment des anciens élus municipaux Julien de Benito et Catherine Gay. La partie festive démarrera à 18h par un concert apéritif (avec le trio Mr Henry & the Parrots), suivi d’un repas champêtre (8 euros)* et d’un DJ set (21h-22h30).

    * Réservations : evenements@rosmerta-avignon.fr

  • Sans-papiers : la Cimade dénonce une sévérité « draconienne » dans les Hautes-Alpes

    Sans-papiers : la Cimade dénonce une sévérité « draconienne » dans les Hautes-Alpes

    « Nous avons été traités comme des criminels, je voulais m’intégrer et ne pas vivre aux dépens des Français mais on ne m’en a pas laissé la chance. » C’est le message qu’a envoyé A., Arménien qui résidait dans le département depuis plusieurs années, aux bénévoles de la Cimade de Gap, association de solidarité aux migrants réfugiés. Alors que ses filles étaient scolarisées en France, ce juriste de formation prenait des cours de français et cherchait du travail pour pouvoir obtenir sa régularisation, sa femme également. Mais d’après le récit fait aux bénévoles, cette dernière a été arrêtée à l’automne, à 7h du matin au domicile familial, et contrainte de repartir le jour même en avion dans un pays voisin à celui dont elle est originaire. Son mari et ses deux enfants, qui désiraient pourtant rester, ont été contraints de la rejoindre.

    Des épisodes qui se multiplient, d’après Michèle Clamens et Élodie Para. Comme chaque mercredi, ces deux bénévoles de la Cimade de Gap, tiennent une permanence juridique d’aide aux démarches administratives auprès des personnes étrangères en situation irrégulière ou qui doivent renouveler leur titre de séjour. « Désormais, la préfecture ne laisse plus de deuxième chance, tout refus de titre de séjour ou de renouvellement est accompagné d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Même quand les personnes travaillent et sont installées depuis plusieurs années. Elles peuvent perdre tout ce qu’elles ont construit du jour au lendemain », explique Michèle Clamens. Elle affirme que la sévérité de la préfecture est devenue « draconienne » depuis la « loi immigration » portée par Gérald Darmanin en janvier 2024 et la « circulaire Retailleau », transmise aux préfectures l’année suivante.

    Parcours du combattant

    « C’est un parcours du combattant, il faut désormais justifier de 12 bulletins de salaire à temps complet sur les deux années écoulées, et être en activité au moment de la demande de régularisation. Sauf qu’en situation irrégulière, c’est très difficile puisque c’est illégal d’être embauché. » S’ouvre alors un « cercle vicieux », dont la seule issue consiste à trouver ce que les associations appellent un « patron solidaire » qui accepte d’attendre la fin des démarches et qui accorde une promesse d’embauche. « Cela reste soumis au bon vouloir de la préfecture, qui peut exiger un CDI, et il faut une autorisation de travail que le patron doit demander. Elles sont délivrées au compte-goutte », explique Élodie Para.

    Une généralisation des OQTF

    Parmi les personnes accompagnées par la Cimade de Gap, M., qui a souhaité rester anonyme, est arrivé en France à 16 ans en situation irrégulière. Reconnu comme mineur pris en charge par l’association sociale à l’enfance (ASE), il obtient un diplôme de peintre qualifié. Mais au moment de demander son renouvellement, son CDD vient de se terminer, il perd donc son titre de séjour. S’il trouve un CDI dans les jours qui suivent, la préfecture maintient son refus. Il se retrouve en situation irrégulière, sans droit au chômage, après avoir cotisé pendant trois ans et sous le coup et sous la menace constante d’une OQTF. « On constate que depuis la circulaire de 2025, des OQTF sont presque automatiquement associées au refus de titre de séjour. Or, les démarches peuvent échouer pour des motifs dérisoires. Une personne que nous accompagnons a vu son dossier refusé car elle avait fourni sa copie de livret de famille en couleur et pas en noir et blanc, déplore Élodie Para. C’est une charge de stress énorme pour les personnes concernées, qui peuvent terminer à la rue ou renvoyées pour une erreur dans un dossier. » Une situation complexe pour des personnes souvent en situation de grande précarité. La hausse des frais de titre de séjour, de 250 à 350 euros, annoncée en mai, ne va pas leur simplifier la tâche.

  • Titres de séjour « étudiant » : plus de 1 000 dossiers en attente

    Titres de séjour « étudiant » : plus de 1 000 dossiers en attente

    Nous tenons des permanences toutes les semaines. Depuis quelque temps, des dizaines d’étudiants nous contactent car ils n’ont toujours pas reçu de confirmation du renouvellement ou de la demande de leur titre de séjour étudiant », explique Mathéo, membre de Réseau université sans frontières (RUSF) 34, qui accompagne des étudiants étrangers dans leurs démarches administratives.

    « Habituellement, dans ces cas-là, on contacte un délégué du défenseur des droits, qui interpelle la préfecture et nous permet, souvent, d’accélérer la situation, ou tout au moins d’avoir une réponse. Cette fois, malgré l’intervention du délégué du défenseur des droits, rien ne bouge », poursuit le militant.

    L’association a donc multiplié les sollicitations de la préfecture, laquelle a fini par répondre qu’« à ce jour plus de mille dossiers sont à traiter », au motif que « le service qui traite des demandes “étudiant” connaît actuellement une surcharge de travail et un sous-effectif croissant », rapporte RUSF. « La dégradation des conditions de travail des agents et la dégradation du service rendu aux usagers sont les deux faces d’un même problème : les coupes budgétaires et les politiques répétées d’austérité dans les services publics », dénonce l’association.

    « Cette situation alimente l’angoisse, l’incertitude et la précarité de nombreux étudiants dont la situation dépend directement de ces démarches administratives », insiste RUSF. Certains peuvent en effet voir leur année invalidée par l’impossibilité d’obtenir une alternance ou un stage faute de titre de séjour. Qui plus est, « sans titre de séjour on ne peut pas travailler à côté de ses études », complète Mathéo, qui pointe également l’impact psychologique de ces dysfonctionnements administratifs : « Il y a des étudiants qui font des crises d’angoisse, ils nous disent qu’ils sont débordés par la situation, que ça les stresse. Beaucoup envisagent d’abandonner leurs études. Ils vivent dans la peur d’un contrôle de police », décrit-il.

    Plus globalement, l’association dénonce les politiques menées au niveau national, jugées discriminantes : la loi « bienvenue en France », qui instaure des frais d’inscription différenciés, les étudiants extra-européens payant 16 fois plus cher (2 850 euros pour une inscription en licence et 3 879 euros pour un master) ; la décision récente du gouvernement de supprimer les APL (aide pour le logement) pour les étudiants non européens ; ou encore l’annonce d’un « travail » engagé pour « renforcer la sélectivité des étudiants étrangers », « ce qui risque une nouvelle fois de dégrader leurs conditions d’accueil et d’études ».

    Outre l’abrogation de ces mesures, RUSF 34 réclame « la mise en place de mesures exceptionnelles pour traiter les dossiers les plus urgents et la garantie qu’aucun étudiant ne soit pénalisé du fait des retards administratifs. » L’association revendique également « le recrutement immédiat de personnel supplémentaire » et appelle les étudiants concernés à se faire connaître*.

    * Par mail sur : rusf34montpellier@gmail.com

  • Une association accompagne les exilés dans la vallée de l’Ubaye

    Une association accompagne les exilés dans la vallée de l’Ubaye

    Cours de français langue étrangère, accompagnement pour les démarches administratives, transport jusqu’à la préfecture de Marseille… Depuis 2015, l’association Solidaritat Ubaye accompagne les demandeurs d’asile dans leurs démarches. « En 2015, en voyant la photo du petit garçon mort sur la plage dans Paris Match, on s’est demandé, dans la vallée, si on pouvait pas participer à l’accueil de ces personnes qui fuyaient, surtout la Syrie à l’époque », se rappelle Fabienne Cordier, l’une des cofondatrices de l’association.

    Un groupe de personnes à Saint-Paul-sur-Ubaye a d’abord eu pour projet d’accueillir des familles dans l’ancienne gendarmerie, alors que le peloton de gendarmerie de haute montagne venait d’être dissous. « Il y avait des appartements qui avaient été rénovés par la mairie, qui étaient inoccupés », explique Fabienne Cordier. À l’époque, « l’État a décidé de démanteler les campements de la porte de la Chapelle et de Calais, et de répartir les demandeurs d’asile sur tout le territoire français », précise l’ancienne présidente de l’association. C’est comme cela qu’un centre d’accueil et d’orientation a été ouvert à Barcelonnette en novembre 2016. Sept appartements ont alors permis d’accueillir 40 personnes.

    L’association Solidaritat Ubaye s’est alors mise à proposer des cours de français langue étrangère, de l’aide pour les démarches administratives, un accompagnement médical, des activités ou encore sorties sportives. Il y avait un groupe de trois ou quatre bénévoles pour chaque appartement. Le centre a ensuite fermé en 2022, suite à un regroupement des occupants de tous les petits centres d’accueil sur une grande structure de 150 places à Digne-les-Bains.

    Une épicerie sociale et solidaire itinérante

    Au même moment, en 2022, plusieurs familles ukrainiennes sont arrivées dans la vallée et ont pu être accompagnées par l’association. « On a pris l’habitude de faire la ramasse d’invendus des supermarchés pour leur proposer des produits alimentaires et d’hygiène », précise Fabienne Cordier. L’association a alors commencé à être sollicitée par des habitants de cités HLM de l’Ubaye qui souhaitaient également bénéficier de ces produits. « On était la seule zone du 04 à ne pas avoir d’épicerie sociale et solidaire », explique l’ancienne présidente. C’est comme ceci que l’association a créé une épicerie sociale et solidaire itinérante.

    « C’est des personnes qui sont dans l’attente du statut de réfugié, donc ils n’ont pas le droit de travailler, ils ont 4 euros par personne par jour, c’est des situations compliquées », regrette Fabienne Cordier. « En 2022, ça a changé, les familles ukrainiennes n’étaient pas accueillies de la même façon que les Soudanais ou les Erythréens. Ils avaient le droit de travailler, aux allocations logement… », se remémore l’ancienne présidente. « On avait eu que des hommes célibataires venus d’Afrique ou d’Afghanistan qui essayaient de s’intégrer et de faire venir leur famille, alors que, pour les Ukrainiens, c’était provisoire », explique la bénévole. L’association a donc adapté son accompagnement au fil du temps, en fonction des besoins des bénéficiaires.