Tag: Michaël Delafosse

  • « Un espace de résistance face à la grande offensive réactionnaire »

    « Un espace de résistance face à la grande offensive réactionnaire »

    La Marseillaise : Les premiers actes du nouveau maire RN de Vauvert ont été de déprogrammer une exposition de photos à cause des opinions politiques prétendues de son auteur et de retirer ses subventions au festival Jazz à Vauvert, entraînant son annulation. Qu’en pensez-vous ?

    Michaël Delafosse : C’est extrêmement choquant et ça montre le visage de l’extrême droite. Jazz à Vauvert est un très beau festival porté par des bénévoles qui s’efforcent de faire découvrir cette musique mondialement connue. Et comme ça, sine die, on coupe la subvention, on envoie un signal hostile. L’annulation d’une exposition au motif des opinions politiques de son auteur est également inadmissible. Voltaire disait : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » À la Comédie du livre à Montpellier, on accueille des gens de toutes sensibilités. Le service public de la culture ne consiste pas à programmer ce qu’on aime ou ce avec quoi on est d’accord.

    En sanctuarisant les budgets dédiés à la culture malgré les finances fragilisées des collectivités, Montpellier fait un choix politique fort ?

    M.D. : Oui, c’est un choix politique au sens le plus noble du terme, qui fait consensus à la Ville comme à la Métropole. C’est rassurant, car les temps sont durs. Les coupes de l’État sont violentes pour les collectivités. Malgré ce, nous avons décidé de préserver le budget de la culture pour faire vivre ce service public. Le service public de la culture, ce sont 15 médiathèques réparties dans les communes de la métropole, des grands festivals [Comédie du livre, Printemps des Comédiens, Montpellier Danse puis Radio France, Ndlr.], une politique culturelle ambitieuse, tournée sur l’éducation artistique. Quand vous payez une place au théâtre ou à Montpellier Danse, elle est subventionnée, sinon plein de gens ne pourraient pas y aller. Quant à une médiathèque, ça coûte quasiment 1 million d’euros pour fonctionner. Mais nous sommes fiers d’en avoir un nombre très important pour garantir l’accès aux livres et l’éducation à la lecture.

    Ce qui nous paraît normal à Montpellier : un accès facilité à la culture, des budgets maintenus, ne l’est pas forcément ailleurs ?

    M.D. : Non ! Prenez la Comédie du livre, qui débute le 15 mai : il y a plein de festivals littéraires qui s’écroulent en France parce que les coûts sont renchéris avec l’inflation. Mais c’est un choix de tenir. Montpellier s’inscrit dans un espace de résistance face à la grande offensive réactionnaire sur la culture. Quand je fais le partenariat avec le festival de Radio France, c’est le service public de la radio qui est mis à l’honneur à Montpellier pour la musique. Quand, à la Comédie du livre, 38% des éditeurs invités sont des éditeurs indépendants, c’est une façon de résister à Bolloré et sa mainmise sur l’édition. C’est nos actes qui nous font résister. Et plus les gens nous soutiendrons dans cette démarche, plus nous donnerons de la force à ces modèles, car on voit bien que l’internationale réactionnaire mène une offensive méthodique, organisée. À nous de porter un modèle de résistance. Les collectivités territoriales ne peuvent pas tout faire, mais elles ont un rôle important à jouer. Il faut défendre le service public de la culture, car on est dans un moment politique grave sur ce sujet. Cela pourrait ouvrir la voie à quelque chose qui n’incarne plus l’idée de liberté, d’émancipation que porte la culture. Car c’est la liberté des artistes qui nous émeut, qui nous touche, c’est leur créativité. C’est le rôle du service public de la culture de permettre de montrer cette diversité de la création. La culture offre des controverses esthétiques et intellectuelles, c’est l’expression du génie humain. C’est essentiel ! Et derrière, il y a la toute la question du vivre ensemble : est-ce qu’on veut une société populiste, de la vulgarité ou est-ce qu’on croit au beau ?

    « Le service public de la culture
    ne consiste pas
    à programmer
    ce qu’on aime
    ou ce avec quoi
    on est d’accord.  »

  • Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Responsable, juste et protecteur » pour les uns. « Trahissant la parole donnée aux électeurs » pour les autres. Voté mardi 28 avril, le budget 2026 de la Métropole de Montpellier n’a pas fini de faire parler. Pas tant pour son montant (1,7 milliard d’euros) dont 1,26 milliard de dépenses réelles parmi lesquelles des dépenses de personnel (173 millions d’euros ; +2,2%) « plutôt maîtrisées », convient le nouveau maire divers droite (DVD) de Grabels, Pascal Heymes. Pas davantage pour la charge de la dette (130 millions d’euros d’annuité) accrue en raison des 480 ME investis sur la 5e ligne de tramway. Ni même à cause d’investissements ramenés à un niveau jugé « plus soutenable » (371 ME au lieu de 450 ME et avant les 200 ME annoncés pour 2027).

    Non, ce qui a nourri les presque quatre heures de débat, c’est le choix du président Michaël Delafosse (PS), révélé la semaine dernière, d’activer le levier fiscal. Un « tournant », selon l’élu LFI de Montpellier, Antoine Bertrand. « Un mois après les municipales, c’est un déni de démocratie. Il fallait le dire pendant la campagne ! », reproche l’ancien bras droit de René Revol (LFI), battu à Grabels. S’il s’était engagé à ne pas toucher à la fiscalité à l’échelle communale, Michaël Delafosse n’avait rien promis au sujet de l’intercommunalité.

    Son choix surprise concerne uniquement la taxe sur le foncier bâti. Si les taux de la Contribution foncière des entreprises (36,58%), du foncier non bâti (5,69%), de la taxe d’habitation (12,8%), de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (14,62%) ou de la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et lutte contre les inondations (+50 euros décidés par l’État) restent stables, le taux de la taxe foncière explose, lui, de 0,167% à 5,8%. Pour les propriétaires, cela représente un surplus estimé entre 50 à 250 euros annuels en fonction des caractéristiques du logement.

    La droite vent debout

    C’est trop selon l’élu pro-Altrad, Salim Jawhari. « Ce n’est pas une stratégie, c’est un renoncement. On demande toujours l’effort aux mêmes, aux classes moyennes et aux entreprises qui auront une double peine fiscale. » Du côté des maires, la pilule ne passe pas à Castelnau-le-Lez où le nouveau maire Julien Miro (DVD) a choisi de « baisser de 20% cette taxe et de stopper les logements sociaux ». À Montferrier-sur-Lez, l’édile Frédéric Gueydan (DVD) ne cautionne pas davantage, de même que Guy Lauret (DVD) à Vendargues (DVD), Roger Caizergues (sans étiquette) à Lavérune ou encore Virginie Martos-Ferrara (DVD) à Villeneuve-lès-Maguelone. « C’est un effort trop brutal, trop rapide. » Avec à peine 25 votes contre et 9 abstentions sur 102, la hausse est toutefois validée.

    Si la plupart des élus s’y sont résolus, c’est en raison d’une situation financière délicate. « L’État a supprimé toutes les recettes dynamiques aux collectivités », déplore Christian Assaf (PS). L’État qui « ne s’attaque pas aux plus riches (ISF +211 milliards d’exonérations fiscales) et démantèle les services publics », fustige Hervé Martin (PCF). Un choix funeste refusé à Montpellier. « Nous ne vendrons pas nos médiathèques, nos crèches, nos piscines ou notre réseau des eaux », insiste le vice-président communiste.

    S’il consent que « personne ne paye l’impôt avec plaisir », l’écologiste Grégoire Delforge assure « qu’on peut y consentir s’il est transparent, juste, exemplaire et finance une part d’avenir ». C’est le cas selon le premier vice-président, Renaud Calvat (PS), qui promet que « chaque euro dépensé doit l’être utilement ». 350 millions d’euros iront aux mobilités douces (tramway 124 ME, bustram 8 ME, bus 6 ME…), 176 ME à la transition énergétique (déchets 128 ME), 140 ME à la voirie et à l’espace public (nettoiement 47 ME, entretien voirie 19 ME, espaces verts 9 ME, éclairage 5 ME….), 117 ME à la culture (subventions aux associations 20 ME, médiathèques 15 ME…) et au sport (subventions aux clubs sportifs 8,4 ME, piscines 11,7 ME). La solidarité (rénovation urbaine, aide aux communes) sera dotée de 90 ME (aides à la pierre 34 ME), le développement économique de 44 ME (filières 4,7 ME) ou encore la sécurité de 40 ME (Sdis 20,2 ME). Au total, 1 095 euros de dépenses de fonctionnement par habitant au lieu de 595 en moyenne ailleurs. « Nous faisons plus donc nous portons plus de charges, c’est un choix politique du service public », insiste Julie Frêche (PS). « Fermer des piscines, réduire la voirie, personne ne l’a proposé », observe Michaël Delafosse. « L’impôt ne fait jamais plaisir mais il permet de tenir sur la qualité de vie. »

  • Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Dix jours après le débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Montpellier, place à celui de la Métropole, ce 21 avril, pour les 102 élus communautaires. Dans un contexte budgétaire dégradé, le vice-président délégué aux Finances a annoncé la couleur. « La situation financière des collectivités n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela nous impose une gestion extrêmement précise et rigoureuse pour que chaque euro dépensé le soit utilement », fait valoir Renaud Calvat, également maire PS de Jacou.

    En effet, la collectivité socialiste va devoir composer avec moins de recettes de l’État, notamment via la Dotation globale de fonctionnement (DGF). « Depuis 12 ans, nous sommes la métropole qui touche la DGF par habitant la plus basse de France. Par exemple, Lille touche 167 euros tandis que nous en avons 85. Nous ne demandons pas d’être au même niveau, mais d’avoir la même moyenne nationale, ce qui nous permettrait de récupérer 20 millions d’euros », précise Renaud Calvat. Le président Michaël Delafosse ira d’ailleurs à Paris le 4 mai afin de négocier avec Bercy à ce sujet. Autre difficulté, l’augmentation des ponctions de l’État de 12,4 millions d’euros.

    Le budget prévisionnel de 2026 est donc moins ambitieux que celui de la précédente mandature. Notamment en termes de dépenses d’équipement, revues à la baisse. « Entre 2020 et 2024, le budget équipement dépassait les 400 millions d’euros. Ça, c’est fini, notamment car une grande partie des travaux a été réalisée. Nous mettrons 371 millions d’euros, ce qui permettra de financer la fin de la ligne 5, le début des bustrams, l’achat de matériel, etc. 30 millions seront investis sur l’espace public et la voirie [dans le cadre du plan de marchabilité, Ndlr] », énumère Renaud Calvat. Les recettes de fonctionnement envisagées progressent de 7% pour s’établir à 813 millions d’euros, tout comme les dépenses, qui elles, augmentent de 5% (709 millions d’euros). Des orientations qui ne convainquent pas l’opposition. « Dans ce contexte de crise, on attend des orientations pour les régies publiques de manière à garantir les services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence, d’engager la planification écologique en refusant notamment d’accorder des permis pour des activités polluantes », soutient Nathalie Oziol, élue LFI.

    Cruel dilemme

    Toute la question pour la majorité est de savoir comment maintenir le même niveau de services publics dans l’une des métropoles les plus intégrées de l’Hexagone, possédant notamment 15 médiathèques et autant de piscines « Nous dépensons 1 055 euros par an et par habitant alors que la moyenne des métropoles s’élève à 595 euros », poursuit Renaud Calvat. Deux pistes de réflexion sont envisagées. Tout d’abord, une baisse des investissements. « Notre trajectoire est celle d’être une Métropole qui investit 200 millions d’euros pour financer les projets », promet Michaël Delafosse. Ce qui permettra de baisser le niveau de la dette. Surtout, le socialiste prévoit d’augmenter la fiscalité foncière intercommunale, qui devrait passer de 0,16 à 5,8%. « Il y a trois choix. Soit on demande un effort aux communes, certaines seraient dans des situations compliquées, ce que nous refusons au nom de la solidarité. Soit on ferme des services publics, s’il y a des volontaires, qu’ils lèvent le doigt », développe Michaël Delafosse. Reste donc, selon le président, la hausse d’impôt intercommunal. Le vote est prévu le 28 avril.

  • Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Mardi 14 avril, le nouveau conseil municipal de Montpellier a adopté (53 voix, 8 LFI contre, 8 abstentions du groupe Altrad), le premier budget de la mandature. Qualifié par le maire Michaël Delafosse (PS) de « responsable, sérieux et volontariste » en dépit d’un « contexte d’incertitudes » sur les recettes fiscales et du « désengagement progressif de l’État » ajoute Julie Frêche (PS), le budget 2026 de la Ville s’élève à 718 millions d’euros (ME). Malgré l’inflation (2,6% attendus en 2026), le « choix fort » a été fait de ne pas augmenter les taux de la taxe foncière bâtie (52,63%), non bâtie (112,71%) et de la taxe d’habitation (22,49%) sur les résidences secondaires.

    Autre double pari ambitieux : celui des « efforts de gestion sans transiger la qualité des services publics ». Dans une ville à la « solvabilité préservée », « chaque euro dépensé doit être utile », prévient Serge Guiseppin, l’adjoint aux finances. Sous réserves d’ajustements, 240 ME doivent être dépensés en investissement et 396 ME pour le fonctionnement (dont 222 ME en dépenses de personnel).

    Des projets déjà contestés

    Sur les 498 ME affectées aux politiques publiques, l’école (nouveaux groupes scolaires), les crèches et l’alimentaire se taillent la part du lion avec 181 ME. 64ME seront consacrés à l’aménagement (foncier, Zac Montpellier Sud, ravalement des façades…), 53 ME à la sécurité (vidéo-protection, lutte contre les tags…), 44 ME à la solidarité (CCAS, Ehpad, tarifs sociaux dans les cantines…), 38 ME au sport (assos, clubs…) et à la culture (Moco, Pavillon Populaire…) ou encore 32 ME à la transition écologique.

    Parmi les projets emblématiques, figure la future cité de l’alimentation (60 ME) qui en 2028 « produira près du marché gare 16 000 repas bio et locaux pour renforcer notre souveraineté alimentaire », détaille Marie Massart. À l’élu d’opposition LFI Antoine Bertrand qui préférerait « la gratuité des cantines » à la tarification sociale (repas dès 50 centimes), l’écologiste répond. « Ce n’est pas comparable aux transports. Le coût serait élevé (100ME) avec un risque de saturation des cantines ».

    L’écolo Stéphane Jouault a vanté le projet (8,3ME) de la « grande boucle piétonne » du futur « poumon vert » du nord (parc Lunaret, Lavalette, Montmaur) et Serge Guiseppin celui de l’Hôtel des Sécurités (17,8 ME) en devenir à Celleneuve. De quoi agacer Livia Jampy (LFI). « C’est open bar pour le tout répression et des miettes pour répondre à la crise sociale ». Attaque contre laquelle Hervé Martin (PCF) dégainera l’« agence municipale du logement ».

    Pas de quoi convaincre Salim Jahwari (pro-Altrad) qui pointe les 468 ME de dette (et 117 ME d’emprunt) ni Nathalie Oziol (LFI). « Ce budget est la mise en œuvre de la feuille de route austéritaire dictée par le gouvernement ». Caricatural pour l’écolo Manu Reynaud qui, face à ce « macronisme fantasmé », invite LFI à « ne pas se tromper de combat ni d’adversaire à la Présidentielle ».

  • À Montpellier, LFI se pose en première force d’opposition à Michaël Delafosse

    À Montpellier, LFI se pose en première force d’opposition à Michaël Delafosse

    Nous sommes la première force d’opposition et de proposition à la Ville et à la Métropole. » À l’aune de cette nouvelle mandature, le groupe insoumis à Montpellier entend jouer les premiers rôles, bien qu’arrivé au second tour loin derrière Michaël Delafosse (50,13%) avec 25,06%, talonné par le milliardaire Mohed Altrad (24,8%). « Nous sommes le groupe qui est le plus intervenu dans les conseils. Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration ni pour accompagner la politique [du maire PS] Michaël Delafosse comme le fait le groupe de Mohed Altrad », soutient Nathalie Oziol, cheffe de file du groupe LFI-Verts Populaires (LFIVP). Elle met en avant « la bataille sur le budget, commencée avec le débat d’orientation budgétaire, un budget à rebours des attentes des Montpelliérains : pas de propositions sur le logement, sur le maillage des transports », ose l’insoumise.

    Avec huit élus à la Ville et trois à la Métropole, le groupe revendique tout de même la présidence de la commission des finances. « Cette commission revient normalement au premier groupe d’opposition [c’est le cas à l’Assemblée nationale mais pas dans les communes, Ndlr.]. Nous le revendiquons. Je m’engage à accomplir ce travail et à contrôler les finances de la Ville », déclare Antoine Bertrand. Et ainsi chiper la place au groupe de Mohed Altrad, qui compte également huit conseillers. « Mais ils sont plutôt sept, Mohed Altrad ne siège jamais et nous sommes arrivés en seconde position aux élections », se justifie Antoine Bertrand.

    Le règlement contesté

    Une opposition que LFI veut la plus vivante possible, option réalisable grâce à la constitution d’un groupe. Or, si les insoumis ont pu le créer à la Ville, ce n’est pas le cas à la Métropole. « Michaël Delafosse empêche le pluralisme. Le règlement intérieur a été changé en catimini afin de museler l’opposition. C’est un double verrou : le nombre de conseillers et le nombre de communes représentées ont été augmentés pour constituer un groupe, ce qui témoigne d’une vision dépolitisée de la Métropole », déplore Julia Mignacca. Alors qu’il ne fallait que trois élus auparavant, il en faut maintenant six, issus de trois communes différentes, pour créer un groupe. « Si déposer un recours juridique est pertinent, nous le ferons », annonce Rhany Slimane. Sur les dossiers, les insoumis entendent avancer leurs pions sur la gratuité totale de la cantine scolaire et un plan d’investissement pour faire face à la crise énergétique.

  • Michaël Delafosse donne les grandes lignes du budget 2026 de la Ville

    Michaël Delafosse donne les grandes lignes du budget 2026 de la Ville

    Un conseil municipal pour le moins particulier. Pour nombre d’élus, il faisait office de baptême du feu, à l’instar de la conseillère de la majorité, Delphine Esselin ou encore de l’opposante Livia Jampy, qui intervenaient pour la première fois dans l’enceinte montpelliéraine au sujet du rapport annuel sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Mais surtout, c’est le débat d’orientation budgétaire (DOB) qui a été au centre des discussions de la nouvelle assemblée.

    Porté par Serge Guiseppin, transfuge du milliardaire et élu d’opposition – néanmoins absent – Mohed Altrad, qui a pris la délégation des finances et des ressources humaines, le document présenté met en avant le maintien des taux de fiscalité et le fort niveau d’investissement. « 157 millions d’euros d’investissement sont programmés en 2026. Ce n’est pas un chiffre mais un choix politique fort. Il va renforcer nos infrastructures et, dans un contexte économique tendu, jouer un rôle d’amortisseur social, en préservant l’activité et en soutenant l’emploi », souligne Serge Guiseppin. Et de citer les grands projets portés par la mairie socialiste cette année : groupes scolaires de la Mosson, construction de la cité de l’alimentation, de l’hôtel des sécurités ou encore le projet du parc Lunaret-Lavelette-Montmaur. La taxe foncière est maintenue à 52,63%. Des résultats permis grâce à la maîtrise de la dette et à la progression de l’épargne brute. « La dette est plutôt maîtrisée. En fin 2024, nous étions à 6,7 années d’endettement. L’en-cours était lui à 1 338 euros par habitant. Dans nos comptes anticipés 2025, les épargnes brutes et nettes s’améliorent. Notre capacité de désendettement sera réduite à 6,2 ans tout en maintenant les dépenses d’équipement à 168 millions d’euros [contre 173 millions en 2024, Ndlr] », détaille Serge Guiseppin. Le tout dans un contexte national tendu – un effort de cinq milliards d’euros a été demandé par le gouvernement Lecornu aux collectivités locales, dont 3,1 millions d’euros pour Montpellier – et des turbulences internationales marquées par la guerre menée par Donald Trump.

    « On nous annonce rien »

    Des orientations qui n’ont pas manqué de faire réagir les oppositions. À gauche notamment, les critiques sont venues du groupe insoumis. « Au prétexte des coupes budgétaires gouvernementales, on ne nous annonce rien. Pas d’investissement pour le social, pas d’investissement pour l’écologie, pas d’investissement pour des budgets participatifs qui permettent aux citoyennes et aux citoyens de s’impliquer dans la vie politique de leur commune », fait valoir Nathalie Oziol, regrettant qu’il n’y ait aucune réponse apportée à la crise du logement que connaît la septième ville de France et à la planification écologique. Un constat partagé par son collègue Antoine Bertrand. Dénonçant « un budget à l’équilibre sur le papier mais en profond déséquilibre face à la réalité sociale que vivent les Montpelliérains », l’élu insoumis pointe « la seule véritable ambition qui est assumée, c’est celle de ne pas augmenter la taxe foncière. Mais posons les choses simplement : combien de personnes à Montpellier paient la taxe foncière ? Alors oui, vous protégez les propriétaires certes, mais qui protège les 70% de Montpelliéraines et de Montpelliérains qui ne le sont pas ? »

    C’est également sur ces mêmes propriétaires que la droite s’est inquiétée. « On parle de taxer les propriétaires. Mais ils tiennent la ville, ils payent des impôts, ce sont les premiers à contribuer et à porter la solidarité. Comptez-vous stabiliser le taux de fiscalité sur l’ensemble du mandat ou sur ce budget-là ? », interroge Salim Jawhari, bras droit de Mohed Altrad. La réponse de la majorité municipale ne s’est pas fait attendre : « Nous ne répondrons pas favorablement à une augmentation du taux de la fiscalité communale, c’est un engagement de stabilité. L’augmenter aurait un impact très lourd sur les ménages », précise le maire PS Michaël Delafosse. Et de continuer : « 157 millions d’euros d’investissement, c’est conséquent. Annoncer un tel niveau d’investissement marque un volontarisme. Pour l’éducation, pour la cité de l’alimentation, pour coordonner nos efforts en termes de protection avec l’hôtel de sécurité. » Avec 8 voix contre du groupe LFI, le DOB a tout de même été voté, laissant présager le même scénario pour les conseils à venir.

  • La course à la LGV sur le point de changer de vitesse ?

    La course à la LGV sur le point de changer de vitesse ?

    Après des décennies de tergiversations et de retards, le projet ferroviaire de Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) serait-il enfin sur le point de changer de braquet ? À l’occasion de leur dernière rencontre, les porteurs du projet (État, SNCF, collectivités partenaires) se sont en tout cas félicités du respect du calendrier. À savoir que la date de début des travaux du premier tronçon de 52,3 km à construire d’ici 2034 entre Montpellier et Béziers est maintenue en 2029.

    D’ici là, les étapes vont s’accélérer sur le terrain sur cette première phase déclarée d’utilité publique en 2023. Dès le mois de mai 2026 doit être délivrée l’autorisation environnementale à l’issue à l’enquête publique. Cet été et à l’automne auront lieu les sondages géotechniques et diagnostics archéologiques « indispensables à la sécurisation » de la future Ligne à grande vitesse (LGV). Notamment dans le bassin de Thau, où l’actuel tracé reste contesté pour ses nuisances sur l’environnement (biodiversité, terres agricoles, bruit, qualité de l’eau du site d’Issanka…), en raison de l’impact du futur Viaduc de Poussan. À l’instar du collectif citoyen Alerte TGV Thau, d’autres pointent le risque économique de voir moins de TGV s’arrêter à l’avenir en gare de Sète…

    Quid des nouvelles gares ?

    C’est aussi à l’automne que sera lancé par SNCF Réseau l’appel d’offres pour la conception et la réalisation de la LGV. Un long processus technique d’environ 2 ans qui doit aboutir au choix du constructeur en 2028. Les mastodontes Bouygues, Eiffage ou Vinci devraient concourir parmi d’autres. Mais grâce aux clauses d’insertion permises par la loi, le tissu local devrait bénéficier de retombées positives pour l’emploi, promettent les porteurs du projet.

    La phase 2 (tronçon Béziers-Perpignan long de 97,7 km) de la LGV n’en est encore qu’à ses balbutiements (livraison à l’horizon 2040). Mais elle va aussi connaître une avancée dès le printemps. Du 9 avril au 19 juin va se tenir la concertation préalable relative aux fonctionnalités du second tronçon. En attendant l’enquête publique prévue pour 2030, il va y avoir de quoi débattre. Car ni la nature de la ligne (mixte ou seulement voyageurs), ni le lieu des nouvelles gares TGV à construire (Béziers Est et/ou Narbonne ouest ?) ne mettent les défenseurs du TGV d’accord.

    Enfin demeure la principale inconnue, source des procrastinations du passé et des crispations d’aujourd’hui. Qui va payer ce chantier colossal estimé à au moins 6,2 milliards d’euros ? Si la clé de financement de la première phase avait été trouvée (État et collectivités 40% chacun, Europe 20%), l’austérité est depuis passée par là. Si bien qu’un partenariat public-privé (PPP) serait dans les tuyaux pour le projet voisin de Grand Sud-Ouest (GSO) Bordeaux-Toulouse, où les travaux ont débuté il y a 19 mois. Une idée à laquelle s’oppose la présidente de Région. « 2,5 milliards d’euros ont déjà été engagés (…). On ne met pas à l’arrêt un projet de cette ampleur par une vision court-termiste et purement comptable », fustige Carole Delga (PS), qui évoque un « non-sens » en raison d’un « surcoût faramineux » de 7,3 milliards d’euros ainsi qu’un « retard de plusieurs années » dans la mise en service de cette LGV.

    Le surcoût d’un PPP

    Le 12 février en assemblée plénière, les élus régionaux du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC) ont d’ailleurs fait adopter un vœu qui sacralise cette position. Le texte demande à l’État de « respecter l’intégralité de ses engagements financiers et calendaires » et s’oppose à « tout recours à un PPP qui se traduirait par un surcoût inacceptable et un retard préjudiciable à l’intérêt général ». Car à l’image de Carole Delga ou du maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS), les pro-LGV persistent et signent. En plus d’être « écologiques », ces projets sont à leurs yeux « indispensables » au désenclavement de l’Occitanie. Là où est concentrée 60% de la population française située à plus de 4h de Paris…

  • Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Deux mille cent soixante dix-huit jours. Sitôt reconduit dans ses fonctions de maire de Montpellier par ses colistiers (53 voix sur 68), samedi 28 mars, Michaël Delafosse a immédiatement relancé le compte à rebours dans son bureau du 8e étage de l’Hôtel de Ville. 2 178 comme le nombre de jours à mettre à profit durant son second mandat à la tête de la 7e ville de France qu’il promet « plus belle, plus solidaire, plus écologiste, plus fraternelle ».

    Avant de s’attaquer à convaincre les 30 maires de la Métropole qui devront élire leur président jeudi 9 avril, l’étape municipale n’était pour Michaël Delafosse qu’une formalité depuis sa nette victoire (50,13%), le 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%). Mais le premier maire de Montpellier à se faire réélire depuis Georges Frêche en 2001 n’a pas bâclé l’exercice, bien au contraire.

    Au cours d’un discours fleuve, empli de gravité, d’espoirs et d’émotion, le maire socialiste à qui deux enfants du conseil municipal des jeunes ont remis son écharpe tricolore, a pris son temps à la tribune. Dans une ville qui s’est abstenue à 54,16%, dans un monde qui va mal entre intolérances, climatoscepticisme et guerres, M. Delafosse refuse la résignation et joue la carte du vivre ensemble. « Mon engagement est viscéralement républicain ». Qu’il s’agisse de lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie, les violences faites aux femmes, le narcotrafic ou les marchands de sommeil, « il n’y a pas de République à géométrie variable, il y a une République pour tous les habitants ».

    En présence de la maire honoraire Hélène Mandroux, il a d’abord remercié les Montpelliérains. « Votre confiance m’honore, m’engage et m’oblige ». Dans un salut républicain, il a d’abord dit au revoir à ceux qui ne siégeront plus dont Jacques Domergue (LR) ou l’ancien maire, Philippe Saurel, battu. « Nous nous sommes affrontés vivement mais le respect doit l’emporter, la République l’exige ». Il a ensuite eu des remerciements poignants pour les siens : son épouse Anne-Lise, ses enfants Hugo, Adrien et son père, disparu il y a 2 ans sans qui le professeur d’histoire géographie ne serait pas où il est. Le gorge nouée, saluant la mémoire de récents disparus (Gasset, Serrou, Montanari…), M. Delafosse a aussi décrit le « compagnonnage douloureux avec la mort » qui entoure la difficile fonction de maire.

    La liste des 26 adjoints

    L’édile a ensuite esquissé le « cap » de son second mandat. A l’instar du premier, il promet de tenir ses engagements de campagne. Après « la question écologique et sociale » grâce à la gratuité des transports, la 5e ligne ou la mutuelle communale, il vise « les services publics les plus performants de France ». Et se veut rassurant : « Chaque euro dépensé sera un euro utile ». Pêle-mêle, il liste la création d’une maison des syndicats, d’une agence municipale du logement et d’un millier de logements étudiants avec le Crous, la rénovation de quartiers populaires comme la Mosson, les Cévennes ou la cité Saint-Martin. Mais aussi la naissance de 10 nouveaux parcs, un millier de jardins partagés, des places réaménagées avec leur mobilier urbain (bancs…) qui favorisent les rencontres. Ou encore une aide à la rénovation des façades pour les enseignes commerciales, les « circuits courts » plutôt que le « Mercosur » ou le soutien aux entreprises de l’économie sociale et solidaire.

    Pour mener à bien sa mission, M. Delafosse a désigné 26 adjoints. Certains l’étaient déjà (Sébastien Cote, Marie Massart, Tasmine Akbaraly, Laurent Nison, Agnès Saurat, Manu Reynaud, Radia Tikouk, Stéphane Jouault, Agnès Robin, Eddine Ariztegui, Michel Aslanian, Boris Bellanger, Emilie Cabello, Alban Zanchiello, Mustapha Laoukiri, Elodie Brun-Mandon). D’autres le deviennent (Christophe Bourdin, Serge Guiseppin, Muriel Ressiguier, Inbal Benayon, Nelly Lacince, Delphine Esselin, Annie Benezech, Yvan Nosbé, Sophiane Mansouria, Adama Kanté). Leurs délégations seront dévoilées lors du prochain conseil municipal du 8 avril.

    D’ici là, les deux oppositions ont fait savoir qu‘elles veilleraient au grain, chacune à leur manière. Orphelin de son leader Mohed Altrad, absent alors qu’il aurait présidé la séance en tant que doyen à la place de Michel Calvo, Salim Jawhari a promis une « opposition constructive ». « On continuera à défendre nos idées en espérant mixer nos valeurs et projets ». Tonalité différente chez les Insoumis où Nathalie Oziol déplore ne pas avoir pu s’exprimer avant l’élection du maire à laquelle elle candidatait (8 voix). « Cela aurait pu être un moment de changement de pratiques démocratiques. Ce n’est pas en nous coupant le micro qu’on nous fera taire », prévient la députée LFI dont le groupe revendique la présidence de la commission des finances. Vu leur entrée en matière musclée, pas sûr que les Insoumis aient gain de cause.

  • Grandes villes d’Occitanie : de nouveaux maires et députés

    Grandes villes d’Occitanie : de nouveaux maires et députés

    Si les deux locomotives régionales Toulouse et Montpellier ont réélu leur maire (Jean-Luc Moudenc et Michaël Delafosse), plus de la moitié des grandes villes d’Occitanie ont changé d’édile.

    Parce qu’ils ne se représentaient pas ou qu’ils ont été battus, 14 maires des 27 villes de plus de 20 000 habitants ont laissé la place. Le grand vainqueur est l’extrême droite, qui, après Béziers (2014), Beaucaire (2014) et Perpignan (2020), fait main basse sur
    5 nouvelles villes : Montauban (Didier Lallemand), Carcassonne (Christophe Bathès), Castres (Florian Azéma), Agde (Aurélien Lopez-Liguori) et Bagnols-sur-Cèze (Pascale Bordes).

    La droite récupère Millau (Christophe Saint-Pierre) au PS. Les Républicains dirigeront toujours Castelnau-le-Lez mais avec Julien Miro. Des maires centristes dirigeront Tarbes (Pascal Claverie), Rodez (Stéphane Mazars) et Cugnaux (Aurélien Andreu-Seigné). Enfin, outre Nîmes (Vincent Bouget), la gauche sera aux affaires à Auch (Camille Bonne), Plaisance-du-Touch (Florence Queval) et Cahors (Vivien Coste).

    Touchés par le cumul des mandats, 4 députés RN et 1 Renaissance vont laisser la place à leur suppléant. Dans le Gard Nicolas Meizonnet (Vauvert) passe la main à Caroline Devaux et Pascale Bordes (Bagnols/Cèze) à Catherine Dellong Meng. Dans l’Hérault, Bernard Chaumeil remplace Aurélien Lopez-Liguori (Agde). Dans l’Aude, Édouard Jordan supplée Christophe Barthès (Carcassonne). Et dans l’Aveyron, Pauline Cestrières (Renaissance) remplace Stéphane Mazars (Rodez).

  • Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    En 2020, il s’était imposé face à Philippe Saurel en tant qu’outsider. Six ans plus tard, Michaël Delafosse a brillamment transformé l’essai dans le costume du favori. En remportant haut la main (50,13%) la triangulaire, dimanche 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), le sortant socialiste n’a pas seulement multiplié par 1,6 le nombre de ses voix (38 668 contre 24 046) lors de ce scrutin à la participation certes un peu moins faible. Michaël Delafosse a d’abord écarté, sans doute définitivement, deux adversaires politiques coriaces. Philippe Saurel éjecté du conseil municipal où il siégeait depuis 1995. Et Mohed Altrad, 78 ans, qui, s’il annonce créer l’association « Montpellier, notre fierté », va sans doute s’éclipser rapidement de la scène politique. Reste la députée insoumise Nathalie Oziol qui prépare clairement la suite et ne fera pas de cadeau à la majorité avec ses sept colistiers de l’opposition.

    Qu’importe. À bientôt 49 ans, le professeur d’histoire géographie dont le profil fait écho à son homologue nîmois Vincent Bouget, 46 ans, a désormais du temps (sans doute sept ans) et le champ libre (sans crise Covid à gérer en début de mandat). Premier maire de Montpellier à être réélu depuis Georges Frêche en 2001 (élue en 2008, Hélène Mandroux, maire depuis 2004, n’avait pas été élue sur son nom la première fois), Michaël Delafosse va pouvoir suivre le fameux « cap » qu’il a en tête pour la septième ville de France et sa Métropole.

    La première étape, samedi 28 mars (10h), ne sera qu’une formalité. Avec 53 élus acquis sur 69, le conseil municipal le réélira maire sans encombre. Quelques jours plus tard, la seconde étape pour la présidence de la Métropole ne devrait pas être un énorme casse-tête. Cependant, avec l’élection de 13 nouveaux édiles sur 30 autour de Montpellier, le socialiste va devoir ménager les susceptibilités, trouver le savant équilibre et donc travailler avec la droite, dans une Métropole qui pourrait se politiser davantage si des groupes venaient à se former. Plus que les postes d’adjoints au maire, l’attribution des vice-présidences sera scrutée à la loupe. À voir par exemple qui récupérera le dossier compliqué des déchets dont s’occupait René Revol, battu.

    Le pouvoir d’achat aidé

    Si l’alchimie prend, M. Delafosse pourra alors dérouler. Son premier mandat visait à réveiller Montpellier l’endormie. Ce fut chose faite avec la plupart des promesses tenues (gratuité des transports, 5e ligne de tramway, mutuelle communale…) au prix de nombreux chantiers qui riment forcément avec perturbations. La carte de « l’apaisement » jouée par le maire avec les territoires voisins, vaudra-t-elle aussi pour Montpellier ? C’est ce que M. Delafosse a promis durant la campagne. Après le tramway ou l’Esplanade, le maire a l’intention de réparer et d’équiper les quartiers, les uns après les autres. En prenant soin « des parcs, des écoles, des rues, des places, des trottoirs ». Ainsi l’avenue de Toulouse, la place des Beaux-Arts ou le chemin de l’Aqueduc vont être repensés après concertation. À terme, l’esplanade de Gaulle sera reliée à Antigone. Parmi les premières mesures pour faire faire des économies, la gratuité des médiathèques fera son apparition, un office pour le pouvoir d’achat et une agence du logement seront aussi créés.

    Mais attention, plus de proximité dans les quartiers ne signifie pas la fin des grands chantiers. Le Contournement routier ouest (COM) et le Service express régional métropolitain (Serm) sont sur les rails. Mené avec l’État, l’indispensable projet de rénovation urbaine (Anru) va, durant ce mandat, transformer des quartiers populaires comme la Paillade. De nouveaux quartiers vont naître à l’instar de Montpellier Sud entre Saint-Martin et les Prés d’arènes. Pour M. Delafosse, le nouveau challenge ne fait que débuter.