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  • Midterms : Les démocrates prennent le contrôle du Congrès des États-Unis

    Midterms : Les démocrates prennent le contrôle du Congrès des États-Unis

    C’est un tsunami pour le Parti démocrate, qui, à l’issue de ces élections de mi-mandat prennent le contrôle du Congrès des États-Unis. Selon les derniers résultats communiqués ce mercredi matin, les démocrates ont remporté 226 sièges à la Chambre des représentants contre 139 pour les républicains. Au Sénat, les démocrates sont crédités, à cette heure, de 54 sièges contre 44 pour le camp conservateur. Dans ces deux chambres, le Parti démocrate a désormais la majorité.

    Donald Trump a assuré dans la nuit qu’il «acceptait» le résultat du scrutin. «Je suis tout à fait disposé à accepter ces résultats», a-t-il déclaré au New York Times.

    «Nous travaillerons avec les démocrates ; nous nous réjouissons, vous savez, de collaborer avec eux. Nous parviendrons probablement à trouver un terrain d’entente». À noter que l’article 1, section 7 de la Constitution américaine donne un droit de veto au président, lui permettant de rejeter une loi votée par le Congrès.

    Cette vague bleue s’accompagne de victoires hautement symboliques pour les minorités aux États-Unis. Parmi lesquelles, celle d’Abdul El-Sayed, issu de l’aile gauche du parti, qui a remporté l’élection sénatoriale dans l’État du Michigan. Il devient ainsi le premier musulman au Sénat et le premier médecin démocrate à siéger dans cette chambre depuis 1969. Dans le New Hampshire, Chris Pappas, devient le premier sénateur ouvertement gay. Adam Hamilton devient le premier sénateur démocrate du Kansas depuis 1932. James Talarico, fait basculer le Texas côté démocrate pour la première depuis 1988 de même qu’Annie Andrews en Caroline du Sud.

    En ce qui concerne les gouverneurs, 24 démocrates et 18 républicains ont été élus à ce stade. En Géorgie, État marqué par son histoire ségrégationniste, Keisha Lance Bottoms a été élue gouverneure, devenant la première femme noire à occuper ce poste à l’échelle des États-Unis. Dans le Nouveau-Mexique, Deb Haaland, membre de la tribu Laguna Pueblo, est devenue la première femme amérindienne à se hisser à la fonction de gouverneure.

    Enfin, l’actuel chef des députés démocrates, Hakeem Jeffries, pourrait devenir le premier homme noir à présider la Chambre des représentants.

  • [Entretien]« Trump a déjà commencé à contester les résultats »

    [Entretien]« Trump a déjà commencé à contester les résultats »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la campagne des démocrates ?

    Philip Breeden : On est prudents mais optimistes. Il y a clairement un ras-le-bol concentré sur le pouvoir d’achat aux États-Unis et le fait que l’administration n’a pas tenu ses promesses sur le pouvoir d’achat et même empiré la situation avec le cas en Iran. Des électeurs républicains, mécontents de l’action du président sont prêts à s’abstenir ou, pour certains, voter pour les Démocrates dans les élections locales.

    C’est un vote d’adhésion aux propositions du Parti démocrate ou d’opposition à Donald Trump ?

    P.B. : Un peu les deux. Des sondages montrent que les Démocrates sont considérés plus sérieusement sur les questions économiques. On n’a pas vu ça depuis un moment. Je pense que les gens sont aussi prêts à écouter le parti sur les sujets sociaux. Mais clairement, il y a un ras-le-bol vis-à-vis de l’administration en place qui est très important aussi. Si les Démocrates gagnent le Sénat et la Chambre des représentants, ça va être à nous de montrer qu’on est capable d’apporter des solutions.

    Comment faire d’ici l’élection présidentielle ? Le parti semble divisé entre deux lignes allant de Kamala Harris à Zohran Mamdani pour ne citer qu’eux.

    P.B. : Le Parti démocrate, c’est ce qu’on appelle un « big tent », un grand chapiteau [ou parti attrape-tout, Ndlr.] dans lequel plusieurs tendances se retrouvent. Parfois, les Démocrate ont besoin d’un peu de temps pour s’organiser, c’est comme ça depuis toujours. Et on arrive à gouverner quand on est au pouvoir. Les élections, c’est une chose. Les campagnes, c’en est une autre. Mais je pense qu’ils ont une vision pour ce qu’ils veulent faire quand ils arriveront à Washington en janvier. L’important c’est d’apporter des solutions pour le pouvoir d’achat et d’arrêter la guerre en Iran. Il faudra aussi mener beaucoup d’investigations sur la corruption dans l’administration actuelle. Ça, c’est les grandes lignes. Les élections de mi-mandat ne changent pas grand-chose dans le domaine des affaires étrangères, où un président a beaucoup plus de pouvoir, de flexibilité. Et un changement dans le Congrès ne change pas grand-chose dans ce domaine, sauf sur les questions de budget. Mais du point de vue des citoyens lambdas aux États-Unis, ça peut changer beaucoup de choses.

    Donald Trump a-t-il fait de ce scrutin un référendum pour ou contre lui ?

    P.B. : Oui et il a fait ça en 2018 aussi. Les experts disent toujours qu’un président ne doit pas faire ça pour les élections de mi-mandat, parce qu’il y a presque automatiquement une réaction contre l’administration en place. C’est pourquoi il faut laisser les candidats de l’administration en place faire la campagne sans trop montrer le président, parce que ça n’aide pas. Trump croit fermement que c’est lui qui mène le jeu. Il a refusé ces conseils en 2018 et cette année aussi. Il est très présent et dit clairement qu’il faut voter comme s’il était sur le bulletin de vote, parce que c’est comme ça qu’on gagne. Nous pensons qu’il a tort et pas mal de Républicains n’y croient pas non plus. On l’a vu durant la campagne, ils n’ont pas affiché le président sur leurs sites web par exemple.

    On reste prudents parce que Trump est quelqu’un qui casse les codes. Les sondages ont pu être trompeurs dans le passé, mais là, ce serait extrêmement étonnant de ne pas voir les Démocrates au pouvoir à la Chambre des députés et on a une chance importante de gagner le Sénat aussi. Ce qui est important parce que c’est dans cette chambre qu’est donné l’accord pour la nomination des juges fédéraux et des ambassadeurs par exemple.

    Vous vous préparez à ce qu’il conteste le résultat de ces élections ?

    P.B. : Il va les contester, c’est sûr, on n’a pas peur, on est préparé, il a déjà commencé. Les midterms, c’est 50 élections le même jour, dans 50 États, donc c’est quasiment impossible de freiner ça, de ne pas faire respecter les résultats. Il va essayer, il va soulever des questions sans arrêt mais on est confiant sur le fait que le système va savoir résister à tous ces efforts un peu bidons qu’il va entreprendre. Il a fait déposer un recours préventif contre une victoire démocrate en Alaska. Celle-ci vise un procédé parfaitement légal, même si ce n’est pas moralement encouragé, de « nuisance candidate », candidature fantoche, qui vise à siphonner les votes d’un autre [Ici, face à l’élu républicain Dan S. Sullivan, s’est présenté un homonyme, Dan J. Sullivan, encouragé par le Parti démocrate, dont la candidate est Mary Peltola, Ndlr.]. Et le juge a rejeté la plainte de l’administration Trump.

    Aux États-Unis, près de 200 millions d’électeurs sont amenés ce mardi à renouveler leur Congrès à l’issue des élections de mi-mandat qui détermineront les deux années à venir de l’administration sortante. Traditionnellement, c’est l’opposition qui rafle la mise.

    Les Démocrates font donc figure de favoris autant au Sénat qu’à
    la Chambre des représentants. Ces derniers restent tout
    de même prudents, les sondages ayant par le passé sous-estimé
    la mobilisation de la base trumpiste. Reste à savoir si les Maga valideront ou désavoueront l’action de leur président.

  • Un bilan riche pour la tournée citoyenne de la Région Occitanie

    Un bilan riche pour la tournée citoyenne de la Région Occitanie

    Pas moins de 330 déplacements sur le terrain pour 30 000 personnes rencontrées, 5 076 questionnaires remplis et 1 500 propositions de citoyens. La tournée de la Région Occitanie, qui s’est déroulée d’avril à août 2025, fut quelque peu intense pour les élus de la majorité, regroupée derrière la présidente PS Carole Delga. « Nous traversons un épisode de crise politique qui abîme le lien entre citoyens et politiques. L’étude “Fractures françaises” [qui montre que 90% des Français se disent mécontents de la situation du pays, Ndlr] confirme cette défiance entre les élus et le peuple. Notre souhait était d’avoir une relation réinventée avec les citoyens, c’est le fil rouge de nos mandats », souligne Carole Delga.

    Pouvoir d’achat en tête

    Ainsi, au fil des rencontres avec la population, les élus ont pu prendre le pouls de leurs attentes mais aussi recueillir leur avis sur les politiques publiques menées depuis plus de 3 ans, date de l’élection de Carole Delga à la tête de l’Occitanie pour un second mandat. « Nous sommes allés sur le terrain hors contexte électoral, ce qui est d’autant plus intéressant car le dialogue est beaucoup plus franc. Nous n’avons pas toujours bien été accueillis mais assez vite, on voit que ce dialogue apaise la relation des citoyens avec la démocratie, on en a particulièrement besoin », soutient Benjamin Assié, président du groupe Occitanie Écologie.

    À l’analyse des questionnaires, il semblerait que plusieurs préoccupations soient primordiales pour les Occitans. « La question du pouvoir d’achat revient spontanément, toutes les mesures qui viennent en aide aux familles comme celle visant à faire la rentrée scolaire la moins chère de France. Les soins, ensuite, avec les recrutements de médecins dans les déserts médicaux. Enfin, la question des déplacements car nous sommes la région la plus enclavée de France, les citoyens nous demandent de rouvrir des lignes de train hors métropole », énumère Carole Delga. Autant de requêtes résonnant avec les dispositifs mis en place par la Région.

    Ensuite, vient le « mieux vivre ensemble » avec l’égalité femmes-hommes et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Une manière de montrer que les Occitans sont en réalité bien éloignés de la frénésie autour de l’immigration chère à l’extrême droite. « On veut présenter la France comme excédée par les immigrés mais ce n’est pas vrai. Certains populistes présentent l’immigration comme facteur d’insécurité mais ce n’est pas vécu comme tel par les Français », observe Carole Delga. La transition écologique quant à elle arrive en troisième position dans les propositions faites par les Occitans. « Il y a un éco-bashing de l’extrême droite, par certains médias. Mais en réalité, les habitants voient d’un bon œil le développement de cette filière », poursuit Benjamin Assié.

    Néanmoins, la collectivité socialiste a essuyé quelques critiques. « Nous étions parfois interpellés sur le fait d’avoir une meilleure connaissance de l’offre des transports. Nous allons faire des efforts pour avoir une meilleure lisibilité. Tout comme l’installation de médecins où dans certains départements, il n’y en a pas encore assez », reconnaît la présidente. Concernant le projet quelque peu décrié de l’A69, « elle est citée dans le Tarn mais les gens ne nous en parlent pas en dehors du département. C’est un phénomène monté en épingle », précise Carole Delga. Forte de ces échanges, la Région prévoit un acte 2 de cette tournée après les élections municipales, en mars 2026. La collectivité compte également lancer un Comité régional du dialogue citoyen, afin de pérenniser cette relation.

  • FO se projette entre élections et volonté de blocages

    FO se projette entre élections et volonté de blocages

    C’était l’heure d’un premier bilan pour le plus jeune secrétaire départemental de Force ouvrière, Étienne Raoul, à l’occasion du comité général du syndicat, à mi-mandat, ce vendredi 3 octobre.

    Rejoint pour la journée par Michel Beaugas, secrétaire confédéral au secteur de l’emploi et des retraites au national, il se réjouit ainsi « d’instances qui fonctionnent bien », tout en concédant avoir eu besoin d’un temps d’adaptation. « Le plus gros travail a été fait sur la communication, notamment avec la refonte du site, qui est réussie, et nous avons également pu relancer le journal du syndicat », confie-t-il.

    « On effraie le patronat »

    L’objectif fixé est de remporter les prochaines élections professionnelles, en décembre 2026. Mais c’est également l’occasion de se projeter, notamment dans ce climat de tension et dans l’attente de la nomination du nouveau gouvernement par le Premier ministre. Et ce, tout d’abord, avec l’objectif « d’aller au contact des salariés, d’organiser des assemblées générales afin d’expliquer à tous ce qui se prépare. De donner notre lecture à ceux qui ne s’informent pas forcément ». Il demande notamment d’« arrêter les journées saute-mouton et mener une vraie grève massive afin d’établir un véritable rapport de force ». Un propos auquel acquiesce Michel Beaugas. « Ce que l’on est en train de faire effraie clairement le patronat, vu qu’ils organisent un meeting le 13 octobre prochain. La colère des salariés commence à se voir. Et pour être tout à fait entendus, il faut toucher les possédants au portefeuille. Et ce pendant un, deux, voire trois jours, comme on l’avait proposé en intersyndicale », poursuit le responsable national.