Tag: mer

  • [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    La Marseillaise : En 2026, vous avez obtenu le label Tourisme et Handicap. Qu’a-t-il permis dans la prise en charge des personnes en situation de handicap
    à la mer
     ?

    Sophie Guérard : Ils nous ont guidés dans les équipements à mettre en place et de mon côté, j’ai rencontré les usagers et les associations afin de connaître leurs besoins. Aujourd’hui, notre volonté c’est d’être inclusifs pour tout type de handicap, donc on a différentes prises en charge. Si vous êtes en perte de mobilité, c’est essentiellement de l’aide humaine, puis le tapis rigide posé sur la plage permet d’aller jusqu’à l’eau sans s’enfoncer dans le sable. Pour les utilisateurs de fauteuil roulant, il y a l’hippocampe quand le handicap est léger. Il permet de s’immerger, puis la personne peut se lever grâce à la légèreté qu’apporte l’eau. Si le handicap moteur est plus lourd, c’est le tiralo qui va être utilisé. Il flotte et permet donc de se baigner. Pour les personnes déficientes visuelles, on a un dispositif qui émet des sons afin de savoir quand on s’éloigne de la plage. C’est un dispositif mobile qu’on installe sur demande.

    « À nous la mer » a été lancé en 2022 à la Pointe Rouge. Quel bilan en tirez-vous aujourd’hui ? Envisagez-vous d’étendre le dispositif en dehors de la saison estivale ?

    S.G. : L’année dernière, on a tenté septembre et on a eu très peu de fréquentation. C’est un dispositif très coûteux donc cette année, on a préféré se concentrer sur les moments où on a vraiment du public. Le budget « À nous la mer » est de 360 000 euros pour cette saison. On a concentré les efforts sur juin, juillet et août, avec une augmentation de fréquentation très importante par rapport à l’année dernière. En juin, on a fait 76% d’augmentation avec 172 utilisateurs sur les trois plages, particuliers et établissements confondus. En juillet, on a eu une augmentation de 300% avec 623 personnes qui ont bénéficié du dispositif. On n’a que des retours positifs, les gens sont contents de pouvoir se baigner et aussi de pouvoir venir en groupe. Les saisonniers qui les accueillent sont formés au levage, au transfert, à la prise en charge des différents types de handicap. La plupart sont des étudiants, une grande partie en école de kiné. Ils font ça sur plusieurs années, donc ils sont vraiment investis sur le sujet. Les agents peuvent rester dans l’eau et donner leur main pendant 40 minutes si besoin. J’étais présente lors d’une visite d’un IME à Corbière en juillet. Ils étaient douze adolescents en situation de handicap. Ils ont été accompagnés au cas par cas dans l’eau. C’est rassurant pour eux d’être accompagnés humainement, sinon, ils ne se baignent pas. Cet été, on s’est aussi rendu compte, que ceux qui viennent pour la première fois se régalent et reviennent. Par exemple, une dame de 93 ans qui est venue en juillet avec sa petite-fille, en partant, elle a dit : « Je vais venir tous les jours. »

    Aujourd’hui, seulement trois plages sont équipées pour tout
    le littoral marseillais, d’autres ouvertures sont-elles prévues
     ?

    S.G. : On tente de mettre à disposition gratuitement toutes les aides dont les personnes en situation de handicap ont besoin pour pouvoir se baigner comme tout le monde. Pour l’instant, on est sur ces trois plages-là parce qu’il y a énormément de contraintes pour installer le dispositif et qu’on a pu le faire que sur ces plages. Il faut qu’il y ait un parking PMR, que ce soit facile d’aller jusqu’au dispositif, que ce soit des plages surveillées… Pour l’instant, on se concentre sur ces trois-là et on va renforcer leur capacité d’accueil au vu de la fréquentation importante de cet été.

    Une fois à la plage, l’accès est pensé pour les personnes en situation de handicap, mais ce n’est pas toujours le cas pour les transports en commun qui y mènent. Est-ce un sujet sur lequel vous travaillez ?

    S.G. : On sait que c’est éminemment compliqué quand on est une personne en situation de handicap moteur d’utiliser les transports en commun aujourd’hui. C’est un des axes d’amélioration prioritaire. On a déjà fait une réunion sur ce sujet avec Samia Ghali, la présidente de la RTM, pour mettre Mobil Métropole en corrélation avec le dispositif « À nous la mer » pour l’été prochain.

    Entretien réalisé
    par Andréa Goyard de Castro

  • [C’est l’été] Petite balade sur la presqu’île de Saint-Mandrier

    [C’est l’été] Petite balade sur la presqu’île de Saint-Mandrier

    L’itinéraire : au départ du port de Saint-Mandrier, le sentier longe la côte en passant par le secteur de Pin Rolland, la plage de la Coudoulière et les anses successives, avant de revenir par les hauteurs boisées.

    La boucle, d’environ 10 km, est facile mais peut être écourtée ; certains secteurs militaires (Cap Cépet) restent fermés au public. La randonnée elle-même permet de découvrir la côte Sud et les beaux panoramas de la presqu’île de Saint-Mandrier-sur-Mer.

  • Notre mer, un océan d’inhumanité

    Notre mer, un océan d’inhumanité

    La Méditerranée n’est plus seulement un immense cimetière de migrants creusé par l’inaction des gouvernements européens, elle est devenue le théâtre d’une violence croissante.

    Il y a un an, l’Ocean Viking, navire de l’association de sauvetage en mer SOS Méditerranée, avait essuyé des tirs de la part de garde-côtes libyens, causant d’importants dégâts matériels et un grave traumatisme pour les personnes à bord. Depuis, l’association dénonce une multiplication des interceptions de plus en plus violentes de personnes en détresse en mer et des « poursuites » de navires de sauvetage jusque dans les eaux internationales par des groupes armés.

    Impunité et indifférence

    Tout cela dans l’impunité s’agissant des garde-côtes libyens et dans une indifférence complice des gouvernements européens. Ceux-là mêmes qui ont fait de la Libye une plaie ouverte dans la rive sud de la Méditerranée où les migrants subissent l’esclavage, les viols et la faim.

    Comment accepter que des mafias paramilitaires se développent dans notre mer commune en instrumentalisant la misère humaine et ses conséquences ?

    Tandis que SOS Méditerranée sonne l’alerte, d’autres violences ont éclaté en Grèce dans des centres de rétention où la police anti-émeute a été envoyée.

    Cette situation est intenable. Pourtant un autre chemin existe : le respect des droits humains, du droit de la mer, des conventions internationales et le codéveloppement pour faire de la Méditerranée un espace de prospérité commune plutôt qu’un océan d’inhumanité.

  • [C’est l’été] 12e édition du festival Sand & Chopin en Seyne

    [C’est l’été] 12e édition du festival Sand & Chopin en Seyne

    Le Quatuor Lunaris ouvre le bal et interprétera des œuvres de Mozart et Brahms.

    À partir de 21h.

    Réservations sur opéraria.fr.
    Tarif plein 25
     euros,
    gratuit jusqu’à 18
     ans.

  • [Fête du 15 août] Pluie de festivités dans le ciel marseillais

    [Fête du 15 août] Pluie de festivités dans le ciel marseillais

    Karaoké géant, spectacle de drones ou encore feu d’artifice, tout Marseille est invité aux festivités exceptionnelles de ce samedi 15 août. La soirée se déroulera face à la mer, sur l’esplanade Gisèle-Halimi au niveau du J4, dans une ambiance que la Ville promet « conviviale et festive, pour toutes les générations et toutes les envies ».

    Dès 19h, le micro est tendu au public !

    Devenu un rendez-vous incontournable de l’été marseillais depuis sa création en 2021, le célèbre karaoké en plein air fait son grand retour pour cette nouvelle édition. Le temps d’une soirée, Marseillais et visiteurs sont conviés à « monter sur scène et devenir la star de la soirée ». Amateurs de R&B comme passionnés de chanson française, tout le monde pourra chanter en chœur, puisque le répertoire de cette année compte plus de 400 titres. Des tubes intemporels des années 80 au rap français, en passant par l’afrobeat, il y en aura pour tous les goûts.

    Un spectacle insolite dans les airs

    C’est le temps fort de la soirée. Dès 22h, le public pourra lever les yeux vers un spectacle aérien hors norme sous le thème de la « Méditerranée poétique ». Le traditionnel feu d’artifice s’associe à un ballet de drones inédit, conçu par le renommé Groupe F. Un rendez-vous d’une vingtaine de minutes « à découvrir et à partager en famille ou entre amis », soulignent les organisateurs. Ensuite, le karaoké reprendra de 22h30 à minuit, afin de clore la soirée comme elle avait commencé : en musique.

    Autour de la scène, l’ambiance sera de mise toute la soirée avec six stands d’animation ouverts à tous, un espace détente, une aire de pétanque et un coin restauration avec food trucks et bars installés en bord de mer.

    L’événement est entièrement gratuit et accessible à tous. La scène du karaoké dispose d’un accueil inclusion tandis qu’un accès PMR est prévu sur l’esplanade de la Major pour profiter du spectacle pyrotechnique. À noter qu’en cas de mauvais temps, les festivités pourront être reportées au dimanche 16 août.

    Andréa Goyard de Castro

    Circulation modifiée à retrouver sur marseille.fr

  • La mer chauffe, les coquillages étouffent

    La mer chauffe, les coquillages étouffent

    Le 30 mai, la température de l’eau du bassin de Thau, utilisée pour la conchyliculture, a déjà atteint les 25,4°C, soit 4°C de plus que les normales de saison. Ces vagues de chaleur marines correspondent plus précisément à des périodes où « la température de surface de l’eau de mer est plus élevée, pendant plus de cinq jours, que 90% des températures à la même période de l’année, comparée aux 30 années précédentes », selon l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

    Pourtant, les coquillages tels que les moules ou les huîtres supportent difficilement ces hausses de température. Des seuils de résistance en mer Méditerranée ont d’ailleurs été fixés à 26°C concernant les moules et 30°C pour leurs cousines les huîtres.

    La Méditerranée, aux eaux déjà plus chaudes, n’échappe pas au réchauffement. Elle est d’ailleurs classée parmi les mers qui subissent le plus rapidement l’augmentation de leur température, après la mer Noire et la mer Baltique. Depuis 1982, sa température a augmenté d’environ 1,5 degré en moyenne.

    Mesures de température

    Dans le but de mieux comprendre les conséquences d’une telle augmentation de la température dans les bassins de conchyliculture, le réseau Ecoscopa analyse le développement de ces espèces et de leur milieu. Dans leurs huit stations de recherche, partout en France, les chercheurs étudient les huîtres creuses et relèvent la température des bassins à un rythme régulier, notamment dans le bassin de Thau.

    Grâce à ces prélèvements, les chercheurs peuvent identifier des vagues de chaleur, notamment lors de la saison estivale. Pourtant, l’hiver n’échappe pas à ces anomalies. Franck Lagarde, coordinateur du réseau Ecoscopa et chercheur à l’Ifremer, dans son antenne sétoise, les décrit même comme « de plus en plus fréquentes, intenses, précoces et tardives ». Et ce, depuis 2012.

    Les conséquences de tels pics de chaleur ? L’asphyxie des coquillages. L’augmentation de la température et la baisse des phénomènes venteux conduisent à une modification de la solubilité des gaz dans l’eau. Concrètement, l’eau est trop peu oxygénée, ce qui entraîne une surmortalité des huîtres et des moules. L’année 2018 en a été un exemple dramatique sur le bassin de Thau. Près de 4 000 tonnes de coquillages ont été perdues en deux semaines.

    Ce dérèglement de la température n’a pourtant pas systématiquement pour conséquence la mort de ces espèces. Il occasionne également un phénomène observé depuis 2025 : les coquillages pondent de manière précoce sur tout le territoire, étendant la période de reproduction de la fin mai à la fin septembre, contre mi-juillet à mi-août habituellement.

    Des espèces épuisées

    L’élargissement de la période de ponte rime aussi avec l’augmentation de la fréquence des reproductions. Problème : cela entraîne un épuisement des espèces qui ont « de plus en plus de mal à récupérer pendant l’hiver », ajoute le chercheur. Le seul point positif de ces dérèglements en Méditerranée, les huîtres creuses « grandissent mieux », selon Franck Lagarde, preuve d’une forme d’adaptation positive à leur milieu.

    Les conchyliculteurs tentent donc de mettre en place des mesures permettant de limiter les dégâts. Améliorer la détection des anoxies, déplacer les élevages en mer ou encore faire usage de systèmes de rafraîchissement.

    Le changement, nécessaire à la poursuite de telles exploitations, peut même être effectué au niveau commercial. « Les huîtres au printemps sont de meilleure qualité qu’en automne », déclare Franck Lagarde. De quoi faire réfléchir sur les habitudes de consommation des Occitans, exposés régulièrement à des anomalies de température.

  • [C’est l’été] À Martigues, de l’étang de Berre à la mer

    [C’est l’été] À Martigues, de l’étang de Berre à la mer

    Stationné sur l’un des quais du pôle d’échange multimodal de Martigues, le bus de la ligne 30 est déjà quasiment plein. Une trentaine d’arrêts et 44 minutes plus tard – c’est précisément ce qu’affiche l’écran au centre du véhicule – il arrivera au port de Carro après avoir desservi la plage prisée de la Couronne, ainsi que les hameaux de Saint-Pierre-les-Martigues et de Sainte-Croix.

    L’itinéraire côtier a tout pour être l’un des plus empruntés du secteur pour la RTM. Assis à l’avant du bus, le chauffeur Christophe confie : « Le samedi, c’est tellement plein qu’il faut un bus en renfort ». Une ligne détrône tout de même la 30 : c’est la 22, qui relie la commune de Port-de-Bouc à Martigues, du quartier des Aigues-Douces jusqu’au Parc de Figuerolles.

    C’est ce bus qu’ont d’abord emprunté Yanis et ses deux amis pour se rendre à la mer. Les lycéens prévoient de louer un pédalo pour l’après-midi, histoire de profiter des vacances même s’ils ne partent pas. Mais avant d’y arriver, il leur aura fallu près de deux heures. « Faut être patient, glisse l’un d’eux. On est juste à côté, mais on met mille ans. » Son téléphone sonne. À l’autre bout du fil, un quatrième copain qui a raté le bus. « Prends un Uber, ça ira plus vite », lui conseille le jeune Port-de-Boucain.

    Des chantiers sont prévus afin d’améliorer la mobilité des habitants de la commune ouvrière de 17 000 habitants. En août 2025, la Métropole a annoncé mener un projet de transformation de la ligne 22 en Bus à haut niveau de service (BHNS). La promesse faite est de « permettre la desserte de quatre quartiers politique de la Ville » avec « un accès à moins de 500 mètres à pied pour près de 70% des habitants de ces quartiers ». Le bus, qui fera un trajet de 13 km en passant par l’hôpital public de Martigues, les lycées et les collèges ainsi que le parc de Figuerolles, doit entrer en service en 2027. Les études de faisabilité sont en cours.

    Témoin de l’évolution du paysage… et des pratiques

    En attendant, les Port-de-Boucains s’en tiennent donc à la 22, puis la 30 pour profiter des plages de la Côte Bleue. Quelques minutes après le départ du second bus, la ville s’éloigne déjà et laisse place à la garrigue. Les pins et les herbes sèches défilent aux fenêtres. Les passagers ont quitté l’écran de leur téléphone des yeux pour profiter du spectacle. Un seul bémol : la clim qui fonctionne par intermittence. Prospectus, carnet, casquette… Les objets du quotidien se transforment en éventail. Sur les hauteurs de la colline de Saint-Julien, les passagers peuvent à la fois apercevoir l’étang de Berre et la Méditerranée. La petite mer, et la grande mer.

    En ralentissant à l’arrêt La Saulce pour laisser sortir une mère et sa fille parties faire leurs courses en ville, Christophe se remémore : « Quand ça a brûlé, en 2020, on était aux premières loges. On a vu les stigmates de l’incendie pendant longtemps. Tout était noir. Mais depuis, ça a bien repoussé. La nature est bien faite, il faut lui faire confiance ! » De sa cabine, le chauffeur est le témoin quotidien de l’évolution du paysage. Et ça lui plaît.

    Avant, le quinquagénaire était routier. Il sillonnait la France à bord de son poids lourd. Mais le contact humain lui manquait, alors il s’est reconverti dans les transports en commun. « La journée passe souvent très vite, on voit pas filer le temps. Même si parfois, en fonction des gens qui montent, la journée peut aussi être très longue. C’est beaucoup de social, de pédagogie. Parfois, on est le seul lien des personnes avec le monde extérieur. »

    Dans la quinzaine de lignes qu’il se partage avec ses collègues de la RTM, Christophe constate que les usagers sont de plus en plus nombreux. « Les gens n’ont plus les moyens de s’acheter et d’entretenir une voiture. L’assurance et l’essence coûtent tellement cher aujourd’hui… On voit bien la précarité qui augmente. »

  • Tous à l’eau pour les Olympiades du Grand Bleu à Marseille

    Tous à l’eau pour les Olympiades du Grand Bleu à Marseille

    Une journée autant festive que sportive pour ces enfants qui n’ont pas tous bénéficié d’un départ en vacances. Mais c’est avec un engouement visible et sonore qu’ils ont pris celui de la course ce samedi 8 août. Dix équipes se sont affrontées en paddle géant, kayak, pirogue, natation et match de water-polo à l’occasion de la 6e édition de ces Olympiades.

    « La plage c’est nul, ici on s’amuse mieux ! », assure Inès, 12 ans en plein briefing avec Roudayana et Naila et Nesrine. Gilets de sauvetage endossés, le petit équipage s’apprête à grimper dans le kayak. Comme la plupart de ces jeunes venus des cités Font-Vert, Le Mail, Campagne Lévêque, Jean-Jaurès, Consolat, la Calade ou Frais-Vallon, elle connaît bien l’association : « C’est eux qui m’ont appris à nager. »

    Alors que le top départ est donné par le moniteur, sur le quai de la base, les autres compétiteurs hurlent des encouragements. Téléphone en main, trois mamans filment la progression, quelque peu hasardeuse, des deux paddles de dix places lancés à grands coups de pagaies. « Mon fils est là, désigne Rania. On est adhérents du Grand Bleu depuis trois ans. Tous les samedis on vient, on s’éclate. C’est gratuit. Sinon on ne pourrait pas, les activités nautiques, c’est 25 euros la demi-heure », souligne-t-elle. Rania s’est aussi jetée à l’eau grâce aux cours de natation destinés aux adultes. « J’étais phobique de l’eau. Maintenant je suis à l’aise. » S’il faut poursuivre le redressement du plan piscines à Marseille, contrairement aux idées reçues, « on peut apprendre à nager dans la mer », atteste Brahim Timricht, président du Grand Bleu.

    Quartiers d’été plébiscités

    Isabelle Epaillard, préfète déléguée pour l’égalité des chances fait le tour des animations nautiques, soutenues depuis 2021 par l’État. « Dans le cadre des quartiers d’été, nous déployons cette année plus d’un million d’euros pour financer 272 actions. On rouvre aussi les centres sociaux avec la Ville pour un maximum d’activités pour tous », précise-t-elle. Cet été, vu de la base de Corbière, le niveau de natation des Marseillais semble remonter.

    Au loin, près du terrain flottant de water-polo, cinq rameurs à la mer. La pyrogue rouge a chaviré. Sur la rive, L’équipe Aquaman peaufine sa stratégie pour affronter les Warriors en paddle. À son bord Elissa aborde l’épreuve en battante, « grave emballée » par sa deuxième sortie avec l’association. Elle n’a plus de voix à force de rire et crier. Dans le petit bassin, sous l’œil d’un moniteur, sa fille s’égaye avec sa « nouvelle copine ».

  • Des Olympiades aquatiques pour se réapproprier la mer à tout âge

    Des Olympiades aquatiques pour se réapproprier la mer à tout âge

    À vos maillots de bain ! Après l’édition 2024 des « JO des Corbières », Le Grand Bleu renouvelle ses Olympiades ce samedi 8 août, de 13h à 17h. « On a vécu un moment très intense en 2024 avec les familles, les jeunes et les moins jeunes », se rappelle Brahim Timricht, fondateur et directeur du Grand Bleu. Évènement concomitant à l’accueil des épreuves olympiques de voile à Marseille.

    L’association, fondée en 2000, souhaite « rendre accessible l’éducation à la natation, la formation aux métiers de l’eau et l’offre d’activités nautiques à tous ». Pour son fondateur, lui-même né dans la cité phocéenne, « savoir nager, c’est aussi important que de savoir lire et écrire. On apprend à nager à 2 500 enfants par an à Marseille et on fait naviguer 16 000 pratiquants à travers diverses activités », se félicite-t-il. Le Grand Bleu, actif toute l’année, est installé au stade nautique Florence-Arthaud ainsi qu’à la base nautique des Corbières, où se dérouleront les Olympiades de ce samedi. La journée commencera par « un échauffement le matin, pour pouvoir pratiquer les activités en toute sécurité. Puis, autour de 13h, ce sera le départ des Olympiades ! », annonce Brahim Timricht. Au programme, « on a des challenges de paddle géants, des relais en kayak, des pirogues polynésiennes… », énumère l’organisateur du challenge. « On a aussi un tournoi de water-polo en mer. Ça, ça n’existe que chez nous, à Corbières ! », s’impatiente-t-il.

    L’accès à la mer démocratisé

    « Le projet est né en 2021, d’une volonté de la préfecture pour l’égalité des chances, de mettre en place des activités pour les familles qui ne partaient pas en vacances », explique le directeur de l’association. « Il a été pensé pour inclure les parents, composés à 95% de mamans qui accompagnent leurs enfants. Elles font partie intégrante du projet depuis 6 ans. Maintenant, elles savent nager et le plaisir est partagé entre les enfants et les parents. » Brahim Timricht prévoit près de 200 participants cette année, « encadrés par des moniteurs et maîtres-nageurs diplômés, salariés à l’année ou vacataires du Grand Bleu ».

    En attendant samedi, tout le monde semble impatient, enfants comme adultes… « Il y a déjà des invitations qui sont parties vers les associations et les centres de la ville qui sont venus s’entraîner toute la saison. Les Olympiades du 8 août, c’est le point d’orgue de ce projet ! Moi, je vis ces Olympiades avec autant d’enthousiasme que je les prépare », se réjouit Brahim Timricht.

    Olympiades du Grand bleu, samedi 8 août, plage de Corbières, à partir de 13h. Gratuit.

  • [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    « Et voici le château d’If, rendu célèbre par le comte de Monte-Cristo […] Il était réputé impossible de s’en évader » scande un haut-parleur alors que le bateau s’approche de l’île. Après une vingtaine de minutes de traversée, du vieux port à l’ancienne prison politique, il ne reste qu’à débarquer et monter à l’entrée des fortifications. Une fois le billet d’entrée en poche, (7 euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 18 ans), se trouve le château d’If.

    Construit au XVIe siècle sur ordre du roi François 1er pour protéger la côte des attaques, le lieu a ensuite été transformé en prison d’exception, aussi appelée prison politique. Entre histoire et fiction, l’édifice a abrité les plus célèbres des détenus de l’époque. Mais le plus connu reste sans doute Edmond Dantès du célèbre livre d’Alexandre Dumas. « J’ai lu le livre et vu le film, il fallait que je visite le château » déclare comme une évidence Laure, retraitée en visite avec son mari, avant de franchir la grande porte du lieu. Celle-ci débouche directement sur une petite cour carrée. En son centre un puits et tout autour s’articulent les cellules, sur deux étages. L’entrée de ces dernières est surmontée d’une plaque indiquant les noms des condamnés. Parmi lesquels l’Homme au masque de fer, l’Abbé Faria, codétenu du comte de Monte-Cristo, ou encore le comte de Mirabeau. Sur les murs, les ancêtres des graffitis actuels, réalisés par les prisonniers au marteau et au burin : date d’incarcération, nom, fonction.

    Imprégnés d’histoire et de légendes, ces lieux se découvrent aussi grâce aux guides, qui partagent avec passion anecdotes et récits pour en dévoiler les moindres détails. Une fois les deux premiers étages, leurs cachots et leurs expositions visités, le clou du spectacle reste à venir. Tout en haut des escaliers en colimaçon, le point culminant, une vue à 360° autour de l’île, depuis laquelle on peut voir le Frioul ou encore observer Marseille, de l’Estaque aux Goudes. « Ce que j’aime particulièrement ici, c’est la vue en haut, on connaît le château d’If vu de Marseille mais Marseille vu du château d’If est bien différent » retiennent Christelle et Océane, venues entre mère et fille.