Les participants réaliseront leur propre fresque à partir d’outils et de techniques inspirés de l’époque, en s’inspirant des chefs-d’œuvre des grottes ornées.
G.C.
À partir de 3 ans, sur réservation de 14h30 à 15h30.
![[C’est l’été] Atelier d’art à Quinson](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/08/a3c2a7d1b86261a9af3d37e3410b777e.jpg)
Les participants réaliseront leur propre fresque à partir d’outils et de techniques inspirés de l’époque, en s’inspirant des chefs-d’œuvre des grottes ornées.
G.C.
À partir de 3 ans, sur réservation de 14h30 à 15h30.

« Oh là là tes cheveux, ils choppaient la 4G mon frère ! » Sur le semi-rigide de la police nationale, en ce mercredi 22 juillet, ça chambre gentiment. À bord, une vingtaine d’ados âgés de 11 à 16 ans venus d’un centre aéré de Dromel (9e), mais aussi ceux que Mohammed Benmeddour, éducateur spécialisé pour l’association Apis, est allé chercher au pied des tours de Bel Horizon à Saint-Lazare (3e). Tous participent à une des sorties en mer du centre de loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), organisées du lundi au vendredi durant l’été depuis la plage du Prophète (7e) et la base nautique de Corbières à l’Estaque (16e).
À la barre, Sébastien et Djalal, à la fois agents de la brigade nautique départementale et animateurs du CLJ, qui partagent leur temps entre encadrement des petits, 10 000 par an environ, et contrôles en mer. L’idée : rapprocher police et population et faire de la prévention de la délinquance, expliquent-ils. « Quand on vient ici, ils voient que les policiers sont des êtres humains comme les autres », précise Mohammed Benmeddour, qui avec son dispositif de médiation nomade, un camion qui sillonne les quartiers, essaye de faire en sorte qu’un maximum de gamins participent tout au long de la saison.
Gilets de sauvetage sur le dos, à l’appareillage, c’est l’occasion de se remémorer les consignes, de réviser aussi le comportement en mer. « À quelle vitesse je peux aller ? Est-ce qu’on est assez loin de la côte pour accélérer ? », demande Djalal.
Ce que les ados préfèrent, c’est justement quand Sébastien lâche les chevaux. Un retour en enfance. « Ouaaaah, on va décoller ! C’est comme au manège ! », s’enthousiasment-ils.Direction la calanque de Méjean, petit bijou à l’eau translucide et fraîche. On se raconte des histoires sur les sirènes qui peupleraient les fonds. « Moi j’ai lu Ulysse, les sirènes, c’est pas bon », commente un petit, pas rassuré, avant de partir à la découverte d’une grotte.
Du haut de leurs six ans d’expérience pour l’un et plus de vingt ans pour l’autre, Djalal et Sébastien ont pu mesurer l’efficacité du dispositif. Si le moment est à la détente, il permet de faire passer des messages et de créer du lien. « La communication, pour la police, c’est nouveau. Pourtant, il faut expliquer ce qu’est notre mission », développe ce dernier, qui a connu les brigades de proximité, tandis que les minots enchaînent les saltos depuis le bateau. Il lui arrive de croiser des ados qu’il a emmenés en mer. Il se souvient de ce moment où l’un d’entre eux a sauvé son équipage d’une embuscade lors des manifestations de Gilets jaunes.
Les policiers travaillent aussi sur « le libre arbitre », le début de l’âge adulte. « Il faut leur donner une autonomie, une réflexion face aux situations dans lesquelles ils vont être, notamment l’entrée ou pas dans un réseau de stup’. On ne sera pas là pour les aider, ils seront seuls. Alors si, déjà, on leur a expliqué, peut-être que ça va faire tilt », poursuit Sébastien.
Ce jour-là, pour certains, c’est aussi l’occasion d’en sortir définitivement. Comme Kaïs, pour lequel Mohammed Benmeddour avait remué ciel et terre, allant jusqu’à la grève de la faim, pour qu’il ne replonge pas dans le trafic à sa sortie de prison. Djalal s’enquiert de sa situation : « ça va, tu n’as pas de dettes ? J’espère que tu vas tenir parce que tu le sais, après, c’est soit la prison, soit la mort. » Le jeune l’assure, il en a fini avec « ça » et les menaces, il s’en fiche. Il sait très bien de quoi parle policier. « J’ai déjà été criblé, tu sais », lui répond-il en montrant des cicatrices sur ses jambes. Heureux d’avoir décroché le temps d’une après-midi, il appréhende un peu le retour à sa réalité, celle où « on dort mal la nuit ». Mais le temps de voir « plein de poissons » et un cormoran, il faut rentrer, non sans quelques grands virages pour le fun.

L’espace Michèle-Goalard rend hommage au peintre nîmois via l’affichage de ses premières esquisses. Un retour dans le temps aux racines définitivement Camarguaises.
Figure historique de l’abstraction et fondateur du mouvement Supports / Surfaces, on reconnaît Claude Viallat à sa célèbre forme, sorte de haricot répété en impression sur chacune de ses créations. Avec « Retours en boucles », la capitainerie de la Grande Motte se penche sur les premiers pas du peintre à travers des œuvres aux influences très locales. Sur les toiles, courses camarguaises, silhouettes animales et tauromachies se mêlent à l’univers coloré et texturé si caractéristique d’un artiste qui n’a cessé d’explorer les formes et la matière. L’exposition résulte d’un voyage aux confins de la mémoire artistique de Viallat en mettant en lumière des œuvres plus rarement exposées, qui en disent beaucoup sur l’artiste qu’il est devenu par la suite. Complètement contemporaine, « Retours en boucles » invite à (re)découvrir un artiste dont l’œuvre demeure aujourd’hui d’une étonnante liberté, aux portes de la Camargue. L’espace Michèle Goalard n’oublie personne : à travers des ateliers de médiations, l’exposition s’adresse également aux plus jeunes pour leur permettre d’appréhender la forme de Claude Villat par le collage.

« Plouf. » Un adolescent plonge de plus de dix mètres de haut depuis la corniche Kennedy, ce lundi, près de l’Anse de la Fausse Monnaie. « Là-bas, là-bas ! », s’exclame un médiateur. Depuis début juillet, et jusqu’à fin août, une cinquantaine de médiateurs sociaux sillonnent le littoral marseillais et rencontrent de jeunes adeptes des plongeons sauvages pour leur rappeler les risques. « Vous connaissez les dangers de sauter à cette hauteur ? », s’adresse, aux amis du plongeur, Jérôme Borgeot, médiateur depuis plusieurs années. « Détruire sa vie à votre âge, c’est dommage. Imaginez les gens qui vont annoncer à vos parents que vous êtes blessés, paralysés ou décédés. Si vous vous loupez, vous allez arriver comment en bas ? Vous vous imaginez à 16 ans en fauteuil roulant ? », poursuit-il. En face, le groupe d’adolescents est à l’écoute. « Je compte sur vous les gars, vous faites pas de bêtise », conclut Jérôme Borgeot. « C’est bien de faire ça pour les jeunes, ça évite les blessures. On est conscient des risques. Ça me fait peur, mais je sais sauter », confie Alexandre, 15 ans, adepte des plongeons depuis un an. « On essaye de leur parler avec des mots forts. C’est du travail au quotidien. On gagnera peut-être pas la guerre dessus, mais c’est important de gagner des microbatailles », assure Jérôme Borgeot.
Les médiateurs travaillent en collaboration avec la police municipale, en signalant les plongeurs aux agents. Les sauts de plus de trois mètres de hauteur étant interdits sur l’ensemble du littoral, depuis un arrêté municipal de 2006. Une fois qu’un plongeur est repéré, son identité est relevée et il peut écoper d’une amende, allant de 38 à 150 euros. « Le plongeur a l’obligation de venir en mairie pour un rappel à la loi. Lors de cette réunion, il y a également un ancien féru de saut qui s’est blessé lors d’un plongeon et aujourd’hui paralysé. S’il se rend à la mairie, l’amende est annulée », explique Pierre-Marie Ganozzi, adjoint au maire et délégué à la sécurité. Dans le programme du maire de Marseille, figuraient un aménagement de plongeoirs et un accompagnement de la pratique. « On est en train d’analyser les choses, ce n’est pas aussi simple que ça. On verra dans un futur proche, comment on peut, ou pas, arriver à aménager le littoral. Mais pour l’instant, ça fait partie des réflexions », déclare l’adjoint au maire. Depuis le début de l’été, deux personnes se sont gravement blessées en plongeant depuis le littoral marseillais.

Quatre meublés au Panier, deux cabanons dans l’anse de Malmousque, trois logements rue Consolat près du Palais Longchamp dont un 7 m2 impropre à l’habitation. Pour ces 9 meublés touristiques illicites, la Ville a réclamé mardi au tribunal judiciaire de Toulon de prononcer à l’encontre de son propriétaire Philippe Bonifay et de sa société la somme totale de 918 000 euros d’amendes civiles et leur retour à la location classique sous astreinte.
Spécialisé à l’origine dans l’immobilier d’entreprise, Philippe Bonifay, 71 ans, a créé et exploité de 2008 à 2014 la boutique officielle de Plus Belle La Vie où se vendaient les produits dérivés de la série télévisée. Sur Airbnb où ses annonces restent consultables, il se présente comme travaillant « dans le milieu de la location saisonnière entre particuliers depuis 2009 ». En raison de ses fonctions de juge-commissaire au tribunal des activités économiques de Marseille, l’audience a été dépaysée à sa demande à Toulon.
« À Marseille la moitié des 12 937 loueurs de meublés touristiques sont dans l’illégalité » a rappelé l’avocat de la Ville, Me Jorge Mendes, rodé à l’exercice depuis les premières assignations qui ont conduit à la condamnation en février de deux bailleurs à 175 000 euros et 40 000 euros d’amende. « Marseille connaît la plus grave crise du logement depuis l’après-guerre. Le maire veut que ces appartements reviennent à des familles qui vivent dans leur quartier. Les touristes sont les bienvenus à Marseille mais pas dans des meublés illégaux », a dit l’avocat au président Olivier Issanjou dont c’était mardi la première audience à Toulon.
« En tant que juge au tribunal de commerce, M. Bonifay se doit d’être exemplaire. Il doit encore plus se conformer à la loi qu’il applique aux autres », a rappelé Me Mendes. La réglementation adoptée par la commune en 2021 exige, s’agissant des résidences secondaires, une autorisation de changement d’usage qui suppose la création concomitante d’un logement locatif par transformation d’un local qui n’avait pas cet usage (hangar, friche, bureau, etc.). « Or ce professionnel multi-loueur n’a rien demandé, n’a rien compensé et fait commerce de 9 meublés touristiques sans autorisation. Il a fait fortune sur ses appartements qui lui rapportent 180 000 euros par an. »
« Vous n’êtes pas le porte-voix de la municipalité de Marseille qui vous demande de vous rallier à son étendard pour faire un exemple », a lancé au tribunal Me Maxime Rovella pour le dirigeant social qui n’a pas fait le déplacement. « M. Bonifay est le contre-exemple de ce que la Ville prétend combattre. Car il a reconnu dès le début et sa coopération a été sans faille mais la Ville a refusé toute médiation. » À l’en croire, son client ne s’est pas enrichi. « Il n’a pas été gagnant. Il s’est trompé », a avancé l’avocat sur la foi d’une étude d’un expert judiciaire qui écrit qu’il n’a tiré « aucun bénéfice des locations meublées de tourisme en comparaison avec les revenus générés par une location classique ». « Le message est passé », a dit Me Rovella. « Après une période de latence due au respect des réservations », M. Bonifay a « remis à la location huit biens au bénéfice de familles marseillaises ». Un seul fait exception au rez-de-chaussée gauche du 165 rue Consolat. « Ce local de 7 m² ne peut être loué pour de l’habitation » a admis mardi l’avocat du juge marseillais qui a pourtant loué 112 fois en 2024 cette pièce caractéristique d’un hébergement incompatible avec la dignité humaine pour 50 euros la nuit à une clientèle de passage. Un délit cette fois passible de 5 ans de prison, de 150 000 euros d’amende et de la confiscation du gourbi.
Délibéré le 23 juin.
« En tant
que juge, il se doit d’être exemplaire »

Une mère isolée veut quitter l’immeuble en péril où elle demeure avec ses cinq enfants. En septembre dernier, le 25 rue Fongate (6e) à Noailles a été frappé par un arrêté de mise en sécurité, sans évacuation, pour des pathologies diverses dont la corrosion et la putréfaction des poutres dans les caves, des fissurations dans un logement et sur le mur de clôture limitrophe. Mise en demeure, la propriétaire de l’immeuble dispose de 12 mois pour réaliser une liste de travaux exigés par la mairie.
« Depuis cet arrêté, on ne vit plus normalement. Les enfants ont peur. Ma plus jeune fait des cauchemars qui la réveillent. Mon deuxième garçon préfère dormir chez ses amis tant il a peur de rester dans l’immeuble », raconte Ilham Belbard, cette mère courage de 52 ans, qui porte encore son tablier de cuisinière du restaurant qui l’emploie. « Vous savez on a le souvenir de la rue d’Aubagne qui est juste à côté. Heureusement que je les ai mis au sport. » Le péril a suspendu le loyer de 954 euros.
L’association de médiation Asmad du groupe Addap13 a alerté depuis longtemps les autorités sur la situation de « grande précarité domiciliaire » qui « s’aggrave de jour en jour » avec en novembre dernier « l’effondrement partiel du sol dans une des chambres », conduisant la mairie à demander de ne plus utiliser cette pièce. Le logement ne comporte plus que deux chambres pour une famille de cinq enfants. Un relogement adapté s’impose. « Il en va de la sécurité de la famille et du bien-être des enfants notamment mineurs », a écrit l’association tout en rappelant qu’un inspecteur de salubrité de la Ville avait émis en juin 2020 une mise en demeure pour non-décence du logement. Un rapport de 2021 des Compagnons Bâtisseurs Provence, missionnés par la CAF, diagnostiquait déjà l’« affaissement du sol dans une chambre » et conduisait à un constat de non-décence qui suspendait l’allocation logement versée au bailleur. Le propriétaire est décédé depuis. Sa veuve qui vit en dessous, s’est vue réclamer de la CAF un rappel de 23 000 euros d’allocations versées et reste redevable de 13 500 euros à l’égard de sa locataire. Des travaux ont remédié depuis à l’indécence, mais reste le péril. Entre-temps, en août dernier, la commission Dalo a reconnu pour la seconde année de suite le caractère prioritaire de sa demande d’attribution en urgence d’un logement social qu’elle réclame depuis huit ans et il lui a été proposé un logement T5, avenue de la Croix-Rouge (13e) relevant du contingent réservé de l’État auprès du bailleur social 13 Habitat. Ce qu’elle a accepté mais saisis de deux autres candidatures, la commission Caleol a préféré allouer le T5 à une autre famille.

Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.
Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.
Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.
Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.
Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

Le Polygone étoilé, salle de projection et lieu de production de cinéma indépendant du 3e arrondissement de Marseille, souffle sa 25e bougie, en 2026. Un quart de siècle que le lieu a décidé d’entamer avec son traditionnel écran ouvert, le 2 janvier. Un moment où des courts-métrages peu projetés peuvent rencontrer un public. Ce rendez-vous mensuel, depuis cinq ans, remplit la salle tous les premiers vendredis de chaque mois.
Le lieu est né en 2001, grâce à l’association Film Flamme, fondée en 1996 afin de permettre à des projets cinématographiques qui ont peu de moyens de voir le jour. « Ce lieu est un outil de travail et de création cinématographique complet, explique Martine Derain, administratrice du lieu. Il y a des salles de montage pour caméras pellicules ou numériques, une salle de mixage et bien évidemment, cette salle de projection qui est aussi une salle de travail car on peut y faire tous les tests possibles. » Un lieu qui permet également la conservation des films du patrimoine.
Le Polygone étoilé a été pensé par ces fondateurs comme un espace pour échapper aux logiques commerciales de ce milieu. La mutualisation de ces divers environnements de travail permet d’en réduire les coûts et de les rendre accessibles pour des films à petits budgets. Par ailleurs, sa position au cœur du 3e arrondissement, en fait un espace de médiation culturelle. Ainsi, la salle de projection est régulièrement mise à disposition des associations de quartier et Film Flamme organise des ateliers pour les enfants du quartier avec des cinéastes.
Pour Martine Derain, la plus belle réussite « est d’avoir affirmé durant 25 ans que c’est possible de produire des films avec peu de moyens, hors du système ».

Un an après la médiation réussie entre la Ville de Marseille et les promoteurs hôteliers de la Villa Valmer qui a relancé le projet enlisé de transformation de la bastide balnéaire en un ensemble hôtelier de luxe de 35 chambres, un 5e permis modificatif reste en suspens. Son « rejet tacite » purement technique qui vient d’intervenir, ne compromet pas l’avenir du projet, nous dit-on en mairie. Les pétitionnaires ont devant eux 4 mois pour le décrocher.
Ce permis « M5 » est nécessaire pour valider les retouches convenues en juin 2024 au terme de la médiation des parties. Le projet reste basé sur le permis initial d’août 2019. Le modificatif en discussion redéfinit l’accès au futur hôtel qui ne se fera plus par le grand portail de la corniche Kennedy que la ville doit d’ailleurs refaire dans les règles, mais par la rue des Flots bleus.
Pour rappel, la médiation initiée par le tribunal administratif de Marseille pour épargner un long contentieux risqué pour les finances des deux parties, s’est conclue en juin 2024 par un accord qui sauve le bail emphytéotique de 60 ans. Le loyer annuel reste de 330 000 euros pour la Ville de Marseille toujours propriétaire de ce bien immobilier. La Ville a par ailleurs récupéré dans cet accord 1 600 m² de surface d’espaces verts à usage du public. La SAS Valmer a aussi accepté de financer 75 000 euros de travaux sur le parc en souffrance.
Le nouvel accès exige de repositionner et réduire la piscine sur les plans. Le pétitionnaire doit encore offrir des garanties de respect du patrimoine légitimement exigées par l’architecte des bâtiments de France (ABF) dont l’accord express est requis non seulement aux abords du Marégraphe classé au titre des monuments historiques, mais pour les décors intérieurs inscrits aux monuments historiques. Pour rappel, les promoteurs sont tenus de s’entourer des conseils d’un architecte du patrimoine. « On est arrivé en fin d’instruction le 3 novembre 2025, mais on n’est pas en mesure de délivrer le permis modificatif d’où ce refus tacite qui peut encore être levé dans un délai de 4 mois. Le but, c’est bien d’arriver à un accord express de l’ABF », insiste-t-on en mairie. Aucune difficulté n’aurait par ailleurs été relevée dans les travaux en cours.
Pour rappel, à l’issue de la médiation, un modificatif n°4 a été délivré en août 2024 à la SAS Villa Valmer (Pierre Mozziconacci et Didier Germain) pour permettre la régularisation des infractions commises qui passe par la reconstruction des annexes irrégulièrement démolies en avril 2021, fait majeur qui avait justifié un arrêté interruptif du chantier pendant 4 ans. La route est encore longue avant l’arrivée des premiers clients en 2027 dans l’hôtel-restaurant SPA.
![[Entretien] François Bernardini : « L’échéance judiciaire n’entame pas ma sérénité »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2025/10/264dea9f2c1bbcbf413630f0d6208be2.jpg)
La Marseillaise : La révélation d’échéances judiciaires après les élections municipales interpelle dans la population. Qu’avez-vous à dire aux Istréennes et aux Istréens ?
François Bernardini : Après 9 ans d’enquête, on pouvait imaginer que le scénario accouche d’une voie d’achèvement. Je pense que faire ce procès après les municipales me permet de mener une campagne qui se déroule d’une façon suffisamment sereine pour que je puisse proposer à la population d’Istres la continuité du travail accompli depuis des années, qui a fait de ce cadre de vie quelque chose d’exceptionnel. Cette échéance judiciaire n’entame pas ma sérénité, parce qu’on est à un stade de la procédure où la vérité apparaît vraiment, et c’est celle que j’ai définie depuis le début. Au départ, les investigations et les perquisitions menées par le procureur de Paris avaient conduit à une série infamante de chefs d’inculpation, où figuraient la corruption, l’association de malfaiteurs, la notion de malversations… Aujourd’hui, il n’y a plus tout ça. Sur 17 dossiers au départ, il en reste 6, et quand on voit la nature des dossiers, on peut avoir une espèce de sérénité. Je salue le travail de la justice, qui a pris son temps, mais qui a sérieusement examiné les pièces qu’on a pu transmettre et qui a abouti à cette déperdition heureuse. Je répondrai bien évidemment aux reproches qui me sont faits. Bien sûr que je suis gêné par la procédure parce qu’elle existe, mais je ne me sens pas tétanisé, ni effondré par les accusations qui me sont portées. Elles relèvent plutôt d’erreurs que de fautes, parce que derrière la faute, il y a la notion de mauvaise intention. D’ailleurs, les recommandations ayant été établies depuis, je n’assiste plus aux procédures de marchés publics ou de permis de construire. Je n’y apparais plus officiellement par une signature ou par une présence.
En 2020, vous aviez annoncé que ce mandat serait votre dernier. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous représenter ?
F.B. : Plusieurs choses. D’abord, un élément très personnel. À la suite de la déflagration lourde que j’ai vécue avec mes problèmes de santé, j’ai vu, lors de mon rétablissement, ma capacité à relever les plus grands défis. Ensuite, j’ai eu des demandes des administrés de rempiler. Le troisième élément, c’est que lorsque j’ai été obligé de me retirer de la vie politique en 2001, j’ai été assez dubitatif de la médiocrité qui pouvait exister en mon absence, de voir comment Istres a décliné, a perdu des équipements, s’est retrouvée avec 14,5 millions d’euros de déficit. Je ne mets pas Robin Prétot [candidat LR aux élections municipales, Ndlr] sur le même pied d’égalité que Michel Caillat [conseiller d’opposition écologiste et ancien maire de 2002 à 2006] . Mais son opposition au développement de la Ville m’interpelle.
Quand je vois qu’il peut y avoir le risque de cette mentalité malthusienne, rétrograde, je me dis qu’il n’en est pas question. La campagne va avant tout porter sur cette question. Quelle que soit la perspective du résultat, parce qu’on envisage sereinement la victoire mais pas naïvement la défaite non plus, je ne compromettrai jamais ma vision des choses. Je ne ferai aucune concession.
Lors du conseil municipal du 9 octobre, vous avez attaqué « La Provence » à propos d’une enquête sur la décharge illégale d’Entressen qui aurait été écrite pour vous « causer des torts personnels ». Allez-vous porter plainte contre le journal ?
F.B. : Je vais entamer une procédure contre des informations fausses, fallacieuses, délibérément orientées pour me nuire. J’attaquerai également, je ne sais pas encore sous quelle forme, La Provence, qui n’a pas laissé passer que cet article-là, mais aussi des descriptions déshonorantes, à charge, avec un dérivé sur quelques gravats qui seraient, par-ci par-là, issus de la Ville et une superbe première page où on voit un monticule absolument détestable qui ne correspond pas à la réalité. C’est un mensonge éhonté, le détournement d’une déontologie. Et quand je parle d’accointances entre leur journaliste et Robin Prétot, ce n’est pas sexiste. Je dis qu’il y a une accumulation d’intérêts qui est nocive, d’un point de vue politique, intellectuel.
La décharge prospère depuis une dizaine d’années. Qu’avez-vous mis en place pour gérer cette problématique ?
F.B. : Au départ, c’est un signalement de la collectivité, en 2019, qui a amené un début de procédure préfectorale, puisque, fort des éléments qui ont été transmis, il y a eu une considération des pouvoirs publics pour ce dossier avec une première démarche qui était un ordre de remise des choses en état. Voyant que ça n’avait pas été pris en compte, le préfet a émis un ordre d’interdiction en 2020. L’exploitation illégale s’est poursuivie jusqu’à ce que je reçoive moi-même Jean-Luc Girard [le propriétaire de trois parcelles agricoles impactées et gérant de la société Le Vallon d’Entressen, entreprise de recyclage et de vente de matériaux inertes, Ndlr.] lors d’une nouvelle médiation. On s’est mis d’accord sur un calendrier d’intervention et, un mois après, on a constaté que rien n’avait été fait. J’ai donc rappelé le préfet, qui a fait consigner une somme d’1,2 million d’euros en attendant le déroulé judiciaire en septembre. Tout ça montre que la Ville n’a pas failli, au contraire, elle a été à l’origine d’investigations judiciaires.
La procureure a requis la confiscation des terres et de la prison ferme contre les propriétaires du site Vallon d’Entressen, lors du procès, le 9 septembre. Quelle est la suite ?
F.B. : Il appartient à la justice de déterminer l’ampleur des choses, à savoir l’enlèvement des déchets et la fixation d’un élément d’astreinte journalière pour dépassement du délai prescrit.
Certaines entreprises délégataires de marchés publics seraient « soupçonnées de dépôts illégaux ». Qu’en est-il ? Allez vous ouvrir une enquête administrative interne ?
F.B. : C’est faux. On a contacté deux ou trois entreprises, comme celles qui s’occupent des travaux du théâtre de l’Olivier, on a des preuves officielles qu’elles n’y ont rien jeté.
Des études vont-elles être menées pour mesurer l’ampleur de la pollution engendrée par cette décharge illégale ?
F.B. : Oui, j’ai lancé une étude sur le degré de translation souterraine, donc de déversement éventuel, avec l’étang d’Entressen. Concernant la nappe phréatique de la Crau, c’est au Symcrau (le syndicat mixte en charge de sa gestion, Ndlr) qu’il appartient de lancer ce genre de prérogative.