Tag: Médias

  • Le rapport Alloncle adopté sans les voix de la gauche

    Le rapport Alloncle adopté sans les voix de la gauche

    C’est un vote qui acte la fin d’une mascarade qui aura duré six mois. Une commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public instrumentalisée par son rapporteur, le député ciottiste Charles Alloncle. Au total, 67 auditions ont été menées 234 personnes interrogées durant 200 heures de d’échanges particulièrement tendus et très médiatisés. Passé de l’ombre à la lumière, l’élu d’extrême droite a soumis au vote de ses collègues son rapport rédigé à l’issue des travaux. Un document de 400 pages, truffés de mensonges, aux relents trumpistes, avec 80 préconisations dont quelques-unes ont été dévoilées par l’AFP. À savoir : la suppression de la chaîne France 4 et France TV Slash, dédiées aux publics jeunes, pour « redéployer les moyens » sur une nouvelle offre diffusée sur France.tv et les réseaux sociaux ainsi que les fusions de France 2 et France 5 de même que Franceinfo et France 24. Aussi, le député d’extrême droite veut soumettre les figures de la télévision et de la radio publiques à une stricte neutralité et de revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l’Élysée.

    L’objectif final est la privatisation de l’audiovisuel public. Un projet poussé par toute l’extrême droite, des ciottistes, aux zemmouristes en passant par les lepénistes, jusqu’aux libéraux de l’Institut Montaigne et défendu par les médias du milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré. Le Monde a par ailleurs révélé que Lagardère News, propriétaire du JDD et du JDNews médias de la galaxie Bolloré, a envoyé à des députés de la commission d’enquête une série de questions à poser aux personnes auditionnées. Le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission évoque « des éléments concordants [qui] accréditent des tentatives d’ingérence inédites ».

    « Un précédent détestable »

    Réunis à huis clos, la trentaine de membres de la commission a débattu pendant près de cinq heures. Le vote a été acquis par 12 voix contre 10. La gauche s’y est opposée « nous ne souhaitons pas légitimer la manière dont les auditions ont été conduites et le rapport écrit. Cette commission a créé un précédent détestable », estime la députée Génération.s. Sophie Taillé-Poilan. Avant la réunion, les socialistes avaient proposé de couper le voter en deux : l’un pour approuver ou non la publication du rapport et l’autre pour approuver la publication ou non des recommandations de Charles Alloncle. « Pour dissocier les choses », pousse la députée PS Ayda Hadizadeh. « Il y a un autre précédent si on laisse publier ce rapport tel quel », fait-elle valoir, « le précédent selon lequel on peut tout faire, tout dire dans une commission d’enquête, et à la fin il n’y a aucune conséquence ».

    Pour Aurélien Saintoul, « le document est mensonger, partiel, malveillant et lui-même contradictoire » parmi les éléments évoqués par le député insoumis « le rapporteur explique avoir soutenu toutes les demandes d’auditions formulées par d’autres membres de la commission d’enquête : c’est faux. Nous avons, par exemple, demandé l’audition de Gérard Larcher et fort opportunément, il n’a pas soutenu cette demande ». Et pour cause, en tant que « président du Sénat il a nommé lui-même plusieurs personnes au sein du collège de l’Arcom », abonde l’élu.

    Le rapport sera rendu public dans une semaine.

  • Grasset, symptôme d’un pluralisme fragilisé

    Grasset, symptôme d’un pluralisme fragilisé

    En quittant la direction de Grasset après vingt-six années passées à sa tête, Olivier Nora n’a pas laissé vacant qu’un poste stratégique : il a ouvert une fracture béante dans l’un des bastions historiques de l’édition française. Et cette crise qui secoue la maison d’édition n’est pas un simple conflit de gouvernance. Elle révèle des tensions profondes entre concentration industrielle, orientation idéologique et indépendance éditoriale.

    Le départ du PDG, officialisé le 14 avril sans explication par Hachette, maison mère contrôlée depuis 2023 par le milliardaire d’extrême droite, Vincent Bolloré, a été perçu par une large partie des auteurs comme un « licenciement politique ». Une interprétation que celui-ci a balayée dans une rare prise de parole au Journal du dimanche, autre titre de son empire médiatique. À ses yeux, la fronde de plus de 170 écrivains relève d’un « vacarme » orchestré par « une petite caste » persuadée d’être « au-dessus de tout et de tous ».

    Grand remplacement

    Ce mépris est déjà symptomatique de l’écart abyssal entre une logique capitaliste -rentabilité, contrôle, alignement stratégique- et la réalité d’un secteur fondé sur des équilibres symboliques fragiles : la confiance, la liberté intellectuelle, la continuité d’une ligne éditoriale. Car si Vincent Bolloré invoque les « performances économiques très décevantes » de Grasset et la hausse de la rémunération d’Olivier Nora pour justifier son éviction, c’est un différend éditorial qui cristallise la rupture autour de la date de publication du livre de Boualem Sansal, que la direction de Hachette voulait avancer contre l’avis du dirigeant de Grasset.

    L’épisode est lourd de sens. Qu’un actionnaire, même sans « fonction officielle » dans le groupe, tranche unilatéralement un choix éditorial revient à nier l’autonomie même de la maison. Car les auteurs ne dénoncent pas la publication de Boualem Sansal, mais la méthode : une décision imposée verticalement au mépris de l’histoire et des usages de Grasset, dont le catalogue incarne plus d’un siècle de littérature française.

    Face à la contestation, Vincent Bolloré assume la rupture : « Grasset continuera », assure-t-il, ajoutant que les départs permettront l’émergence de « nouveaux auteurs ». Le vocabulaire est révélateur. Les écrivains ne sont plus considérés comme des partenaires créatifs, mais comme une variable d’ajustement, interchangeable, remplaçable. Un grand remplacement déjà opéré avec les journalistes à la prise de contrôle d’I-Télé devenue CNews, puis du JDD.

    Cette vision industrielle de la création alimente aussi la crainte d’une normalisation idéologique progressive, déjà reprochée aux autres médias du groupe Bolloré : Fayard, Grasset, Hachette, mais aussi CNews, Europe 1 ou Le JDD. Autant de piliers du débat public désormais liés à un même centre de gravité idéologique ultra-conservateur, malgré les démentis répétés du groupe.

    Enjeu démocratique

    Et la colère dépasse largement Grasset. Plus de 300 auteurs, éditeurs, libraires et salariés du livre appellent à l’instauration d’une « clause de conscience » dans l’édition, sur le modèle de celle des journalistes. Tous décrivent le même dilemme : partir au prix d’années d’ancienneté et de stabilité, ou rester et accepter une « dissonance morale ». Cette inquiétude collective touche au cœur d’un enjeu démocratique.

    Dans une tribune anonyme publiée par Le Monde, des salariés de plusieurs maisons Hachette alertent sur le danger de la concentration croissante de l’édition et des médias entre les mains d’un même groupe. Avec une question centrale : quel avenir pour la liberté éditoriale ? Le président de la République s’est dit préoccupé, rappelant l’importance du « pluralisme éditorial » et le rôle patrimonial des grandes maisons. Sans condamner ouvertement Vincent Bolloré, Emmanuel Macron souligne qu’un éditeur n’est pas « simplement celui qui imprime des livres », mais le gardien d’une histoire et d’un esprit.

    Des paroles qui attendent surtout des actes. Or les états généraux de l’information initiés en 2023 sont restés sans suite. Début mars, Reporters sans frontières et plusieurs syndicats de journalistes (SNJ et le SNJ-CGT) ont saisi le Conseil d’État pour dénoncer l’inaction de l’État face à la concentration des médias. Ils reprochent à la France de ne pas appliquer le règlement européen sur la liberté des médias, en vigueur depuis août 2025, qui impose un contrôle indépendant des rachats.

  • Le collège Sylvain-Menu dans les coulisses de La Marseillaise

    Le collège Sylvain-Menu dans les coulisses de La Marseillaise

    « Sous la dictature du régime de Vichy, La Marseillaise résistait à l’occupation nazie. Nos fondateurs risquaient leur vie pour briser le mur de désinformation et la censure. » C’est autour d’une table ronde que Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise raconte aux élèves l’histoire du journal. Il en profite pour évoquer les différentes notions associées au paysage médiatique : transparence journalistique, pluralisme, déontologie. Des discussions sur les outils nécessaires pour appréhender, vérifier, situer l’information. Après quelques échanges, le directeur tend un journal pour le présenter à la classe. Certains connaissaient déjà, d’autres un peu moins…

    « Tombée dans

    la désinformation »

    Après avoir levé sa main, Briac rétorque : « C’est démodé les journaux ! » Il réajuste ses lunettes, puis tente de se justifier entre les quelques rires de ses camarades. Le jeune garçon de troisième scolarisé au collège Sylvain-Menu n’a pas pour habitude de lire le journal. Et il n’est pas le seul. Sur la quelque vingtaine d’élèves du collège du 9e arrondissement, la plupart s’informe sur internet. C’est le cas de Chloé, qui raconte être déjà tombée dans la désinformation. « Sur les réseaux sociaux nous n’avons même pas à chercher l’actualité, elle nous tombe dessus. C’est plus simple, plus rapide, et gratuit. Il faut cela dit faire attention à ne pas se faire avoir par l’IA ! », réplique-t-elle avec humour. Sur ces nouvelles plateformes, on retrouve en outre, des vidéos générées par l’intelligence artificielle, qui mettent en scène des situations inventées de toutes pièces.

    Pour Laurent Bedos, professeur d’histoire-géographie, il est important de sensibiliser les collégiens à la désinformation le plus tôt possible. « Cette visite s’inscrit dans le programme d’éducation morale et civique. J’ai pour habitude de pousser mes élèves à réfléchir. S’intéresser au monde qui les entoure. Les confronter à des idées qui ne sont pas les leurs. »

    Apprendre à se renseigner

    L’objectif : savoir se renseigner correctement pour prendre du recul sur ce que l’on apprend. Confronter, comparer, opposer. Maîtriser sa gestion de l’information et ne pas tomber dans la propagande. Après une visite de l’open space, le groupe se dirige vers l’entrée. Au mur, des plaques gravées du nom de personnes qui ont perdu la vie pour la liberté de la presse et pour que vive La Marseillaise. Mala Kriegel, Jean De Bernady, Léon Paranque. Le directeur éditorial en profite pour rappeler : « Mala Kriegel s’est faite mitrailler alors qu’elle distribuait un tirage de La Marseillaise pendant l’insurrection pour la libération de Marseille. Les personnalités inscrites sur ces plaques se sont battues pour qu’aujourd’hui, vous ayez le choix du média sur lequel vous vous informez. » La pluralité. Mais encore faut-il savoir faire le bon choix. Selon lui : « Une partie des jeunes s’informe sur les médias traditionnels. L’autre exclusivement via les réseaux sociaux. C’est très inégal. Les matinées de sensibilisations comme celle-ci sont nécessaires pour que tous les collégiens partent avec le même bagage. »

  • La désinformation en débat à l’université

    La désinformation en débat à l’université

    Préparée depuis décembre à l’initiative d’étudiants dans le cadre d’un projet du master Négociations internationales d’Aix-Marseille Université, la conférence organisée, ce mardi soir, sur la fabrique de l’information, au sein du campus Schumann d’Aix-en-Provence, ne pouvait tomber mieux, percutée par l’actualité locale aussi bien qu’internationale, des élections municipales aux répercussions de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

    PDG de Grimms partners, spécialisée dans la fourniture d’informations et de conseil international auprès de sociétés privées notamment dans des contextes de tensions, Sébastien Benotti était ainsi bien placé pour alerter sur les biais médiatiques, entre les cortèges d’experts, les imprécisions et l’orientation de l’information. À l’image des frappes annoncées des Houthis contre Israël, en réalité des tirs en direction de l’État hébreux. Et d’appeler à comprendre d’où vient l’information, et au temps long de l’analyse loin de toute précipitation médiatique.

    Ancien officier de communication, le lieutenant-colonel de réserve Christophe Chomel de Jarnieu pouvait aussi apporter son éclairage sur les guerres informationnelles et leurs réponses par les institutions, reprenant l’exemple des faux charniers dressés par les mercenaires russes de Wagner au Mali.

    Pour La Marseillaise, le journaliste Yves Souben a pu revenir sur les conditions de production de l’information, toujours plus contraintes par la marchandisation d’un secteur en crise, la course à l’audience, face à une concentration toujours plus forte, une offensive idéologique et les menaces de l’IA générative. L’occasion de rappeler que les promesses issues des États généraux de l’information, en septembre 2024, n’avaient toujours pas abouti malgré l’urgence.

  • La presse des milliardaires au soutien de Ménard

    La presse des milliardaires au soutien de Ménard

    La droite -en tout cas ses dirigeants- et ses médias n’ont plus aucune retenue dans leur soutien à celui qui fut élu en 2014 grâce au FN.

    Au sommet de cette montagne de louanges, se trouve Le Point, propriété de François Pinault, un des hommes les plus riches de France. « Un volcan nommé Ménard » titre l’hebdomadaire. « L’emblématique maire de Béziers, candidat à sa réélection, a remis la ville en état de marche. Saisissant » sous-titre l’hebdo, qui célèbre « la très forte attractivité » de la « plus vieille ville de France ». Redoutant le ridicule, le journaliste ajoute « avec Marseille ».

    Paris Match, propriété de Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, en rajoute en titrant le 6 mars sur une idée que Robert Ménard utilise depuis qu’il sait que le RN va présenter un candidat contre lui, histoire de le narguer : « Qui sait, je pourrais devenir le premier édile centenaire de la ville ? » Et Paris Match illustre la photo du candidat posant avec son chien d’un : « Après tout, Béziers n’a-t-il pas délaissé ses ­haillons de bitume, son manque ­d’attractivité, son insécurité palpable au profit d’atours verdoyants, de pavés, de commerces et de bars branchés… ». Ceux qui habitent à plus de 200 mètres des allées Paul-Riquet, apprécieront. Quant à Gala, propriété de la famille du marchand d’armes Dassault, il fait dans le potin. « Ma femme ne supportait plus mes jérémiades sur le thème : “Béziers, c’était mieux avant.” À un feu rouge, sur les allées Paul-Riquet, elle a arrêté le moteur et m’a dit : “Ou tu arrêtes ou tu te présentes.” Souhaitant faire bouger les choses, il a finalement décidé de s’engager. »

    « Adroit insoumis » ?

    Il faut lire le magazine d’extrême droite Valeurs actuelles pour avoir un peu de recul. Car Ménard n’est désormais plus en odeur de sainteté dans ce média, proche des identitaires, qui a plusieurs fois mis en couverture ce maire qu’il qualifiait de « courageux » lui offrant des dizaines d’interviews, tribunes et autres préfaces de livres qu’il éditait : « Ménard, entre radicalité et compromis : jusqu’où ira le maire de Béziers ? » s’interrogeait-il à propos de ce candidat qualifié d’« Adroit insoumis ». Cela n’empêche pas d’ailleurs une idéologie commune entre eux que Ménard continuera d’instiller sur les plateaux des télés des milliardaires Bolloré et Drahi.

  • Les relations entre l’OM et les médias se tendent

    Les relations entre l’OM et les médias se tendent

    Depuis quelques temps, entre l’OM et une partie de la presse, se joue un drôle de duel. Roberto De Zerbi a tiré le premier, dénonçant la manière dont certains le traitent lors de talk-show télévisés et de radio.

    Son club a enchaîné, en publiant un communiqué dans lequel il précise : «L’Olympique de Marseille ne pratique ni boycott ni censure à l’égard des médias. Les décisions prises relèvent exclusivement de choix stratégiques du club, fondés sur l’analyse des contextes, des traitements observés et du respect de l’institution. L’Olympique de Marseille est en droit d’attendre de l’ensemble des journalistes le respect des règles déontologiques qui encadrent la profession. Le club se réserve le droit d’agir par toutes les voies appropriées face à toute mise en cause infondée portant atteinte à son image ou à celle de ses collaborateurs».

    A cela, l’Union des journalistes de sport en France n’a pas pu accepter certains propos et publie, à son tour ce mercredi, un communiqué : «L’UJSF s’étonne et s’émeut du communiqué récemment publié par l’Olympique de Marseille, dans lequel le club marseillais, en conflit avec de nombreux médias, souligne que l’accès aux informations et aux joueurs, pour résumer, est fondée sur “l’analyse des contextes, des traitements observés et du respect de l’institution”. En clair, l’OM a l’intention de permettre aux journalistes de travailler avec le club selon leur degré de complaisance. L’UJSF dénonce cette conception peu supportable de l’information, qui n’est pas à la hauteur de l’histoire de ce grand club, et sera vigilante sur l’évolution de cette situation».

    La décision de l’OM de ne pas revenir à La Commanderie après le match de Ligue des Champions contre Bruges, ce 28 janvier, ne va pas arrondir les angles. Pour se préparer au duel face au Paris FC, samedi 31 janvier, Roberto De Zerbi a souhaité organiser une retraite près de Rambouillet (Yvelines). Les médias suivant le club n’ont été informés qu’à la dernière minute de cette décision et de l’organisation de la conférence de presse de veille de match à Clairefontaine, vendredi. Ce qui pose des problèmes d’organisation du travail.

  • « La Marseillaise » à la conquête des Alpes à partir du 7 février !

    « La Marseillaise » à la conquête des Alpes à partir du 7 février !

    Près d’un an après la constitution d’un comité des Amis de La Marseillaise dans les Alpes du Sud, notre titre a décidé de partir à la conquête de ces départements à partir du 7 février. Un objectif qui s’annonce sportif mais enthousiasmant dans ce territoire qui se prépare à accueillir les Jeux olympiques d’hiver de 2030.

    Le conseil de surveillance du groupe La Marseillaise a donné son feu vert. Son président, Marc Poggiale, souligne « la véritable demande émanant de la population, d’élus, de maires, pour que La Marseillaise vienne apporter du contenu dans l’actualité de ces deux départements ruraux qui vont être transformés par les JO et ont connu la présence de notre journal par le passé ». Est-ce à dire que la grande fragilité financière de La Marseillaise est derrière nous ? « Non, loin de là, cela veut dire que notre volonté de nous développer est forte et, de ce fait, de créer les conditions pour lever nos difficultés. Nous comptons sur nos lecteurs actuels et à venir pour contribuer à relever le défi. Si on n’avance pas, on recule. Nous faisons le choix d’avancer », indique-t-il.

    De son côté, Frédérique Laîné, présidente du comité des Amis de La Marseillaise des Alpes qui a multiplié les initiatives de soutien et de promotion bénévole de notre titre depuis des mois, ne cache pas sa satisfaction.

    « Je pense que ça va donner encore un coup d’accélérateur à la mobilisation que nous menons dans les Alpes autour de La Marseillaise », réagit-elle. « On est vraiment bien reçu quand on diffuse le journal dans les manifestations, dans les bars, par les gens comme par les patrons de bars. Le fait qu’on arrive à concrétiser l’arrivée du journal, cela va nous permettre de passer à l’étape suivante en faisant des abonnements et en développant la vente en kiosque. On sait que c’est une prise de risque pour le journal, ce serait très satisfaisant pour nous qu’on ne soit pas un boulet mais un tremplin pour son développement », affirme-t-elle.

    Enthousiaste, Frédérique Laîné assure : « On va faire un travail d’explication sur l’idée d’une édition régionale et je suis sûre de mon coup, ce journal va faire un tabac dans les Alpes. »

    Les Amis de La Marseillaise seront mobilisés le 7 février sur les marchés pour diffuser le journal à Gap, Digne, Manosque, Riez et Sisteron. Le 8 à Vinon, Reillanne, Château-Arnoux-Saint-Auban, le 9 à Forcalquier, le 10 à Oraison, le 12 à Gréoux, le 13 à Seyne-les-Alpes. « Je ne doute pas que d’autres initiatives vont s’ajouter ! », promet-elle.

    Élogieuse sur le contenu actuel de La Marseillaise, elle insiste : « Lire quotidiennement des gens qui ne sont pas résignés, c’est bon pour la santé ! »

  • « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    Succès croissant pour le concours Reporters en herbe en Vaucluse. Un dispositif, mis sur pied par le club de la presse Grand Avignon-Vaucluse et le Département. Il vise à la fois à présenter le métier de journaliste, et plus largement le monde de l’information à des collégiens, tout en leur donnant des conseils pour la réalisation de leur projet. Cette année, 19 collèges et 22 classes participent à Reporters en herbe, contre 12 collèges et 14 classes en 2025.

    Comme l’an dernier, La Marseillaise est impliquée dans le concours. Après une première intervention début décembre au collège Jules-Verne du Pontet, nos deux journalistes de la zone se sont rendus tout récemment aux collèges Saint-Exupéry de Bédarrides, Barbara-Hendricks d’Orange et Champfleury d’Avignon. La thématique du concours cette année est le Vaucluse en 2050. À Bédarrides, la classe média s’est tournée sur la construction d’installations sportives. À Orange, la classe de 6e s’est penchée sur le traitement des déchets, en particulier ceux agricoles. Enfin, la 5e Obama du collège Champfleury d’Avignon a choisi le thème de la relation entre la ville et les arbres dans 100 ans. La classe vainqueure sera invitée à Marseille dans les locaux de France 3.

  • Le grand JT des territoires du 17 janvier

    Le grand JT des territoires du 17 janvier

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde :

    – Témoignage des habitants de Crans-Montana en Suisse sous le choc après l’incendie mortel du bar Le Constellation le soir du Nouvel An.

    – Le Mercosur agite encore les débats. Le monde agricole craint un naufrage de l’agriculture française. Les mouvements de soutien naissent partout dans le pays. Exemple dans la Meuse.

    – Le célèbre magazine américain « Time » débarque en France ! La version française est déjà disponible en kiosque. Rencontre avec Dominique Busso, entrepreneur de presse et homme de défi à la tête de Time France.

  • [Le coin du polar] Quand c’est la forêt qui cache l’arbre

    [Le coin du polar] Quand c’est la forêt qui cache l’arbre

    A priori, Ultima se présente comme un thriller. Tireur d’élite à l’anti-gang, Rémi est appelé la veille de Noël pour protéger un magnat des médias, Richard Schönberg qui, en dépit de menaces diverses, a maintenu une fête fastueuse au Musée des arts forains. La soirée tourne au drame. Si Schönberg est indemne, c’est un député européen qui est abattu par un tireur invisible. Mis en cause par son chef qui le déteste, Rémi met tout en œuvre pour laver son honneur avec l’aide tacite de collègues de la Crim et de Maya, la légiste. S’ensuit un suspense haletant rendu crédible par une documentation exigeante et le refus des invraisemblances inhérentes au genre.

    Il faut tuer les livres !

    Au-delà de l’enquête, qui écarte assez vite, malgré des revendications de fanatiques islamistes ou radicaux, pareilles pistes et se concentre sur des idéalistes entre résistance et rébellion, il apparaît que ce sont la corruption du monde de la finance et l’impérialisme de la Big tech qui sont ciblés par une nouvelle sorte de justiciers, de jeunes geeks aux pseudonymes grecs décidés à passer de la dénonciation pacifique et légale à des moyens plus violents. Et, lorsque Rémi accepte la proposition de Schönberg de lui servir de garde du corps personnel, avec l’aval de sa hiérarchie, Ultima devient alors un autre livre, avec la confrontation de deux individus et de deux conceptions de l’homme et de la vie. Car si Rémi est attaché à des valeurs humaines intangibles, Schönberg illustre parfaitement la volonté du grand capital d’écraser toute velléité de résistance. À commencer par le livre et la langue française. Détruire les « tarifs privilégiés qui favorisent le rayonnement de la langue française » en faisant passer de 1,74€ à 37,30€ l’envoi de livres par la poste, et pulvériser les langues nationales au profit de l’anglais en « créant une novlangue, comme les nazis l’avaient fait avec succès ». Et, naturellement, en faisant des réseaux sociaux et de l’IA, l’outil le plus perfectionné pour cette tâche, le fer de lance des menaces fondamentales contre les libertés. On pourrait citer des passages entiers du programme d’un Schönberg, qui aurait pu s’appeler Bolloré ou Stérin, qui font d’Ultima tout autre chose qu’un divertissement de plus, un roman d’une lucidité impitoyable, capital, magnifiquement écrit,
    qui plus est.

    « Ultima », Ingrid Astier, Série noire, 440 p. 21€