Tag: Médias

  • La presse des milliardaires au soutien de Ménard

    La presse des milliardaires au soutien de Ménard

    La droite -en tout cas ses dirigeants- et ses médias n’ont plus aucune retenue dans leur soutien à celui qui fut élu en 2014 grâce au FN.

    Au sommet de cette montagne de louanges, se trouve Le Point, propriété de François Pinault, un des hommes les plus riches de France. « Un volcan nommé Ménard » titre l’hebdomadaire. « L’emblématique maire de Béziers, candidat à sa réélection, a remis la ville en état de marche. Saisissant » sous-titre l’hebdo, qui célèbre « la très forte attractivité » de la « plus vieille ville de France ». Redoutant le ridicule, le journaliste ajoute « avec Marseille ».

    Paris Match, propriété de Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, en rajoute en titrant le 6 mars sur une idée que Robert Ménard utilise depuis qu’il sait que le RN va présenter un candidat contre lui, histoire de le narguer : « Qui sait, je pourrais devenir le premier édile centenaire de la ville ? » Et Paris Match illustre la photo du candidat posant avec son chien d’un : « Après tout, Béziers n’a-t-il pas délaissé ses ­haillons de bitume, son manque ­d’attractivité, son insécurité palpable au profit d’atours verdoyants, de pavés, de commerces et de bars branchés… ». Ceux qui habitent à plus de 200 mètres des allées Paul-Riquet, apprécieront. Quant à Gala, propriété de la famille du marchand d’armes Dassault, il fait dans le potin. « Ma femme ne supportait plus mes jérémiades sur le thème : “Béziers, c’était mieux avant.” À un feu rouge, sur les allées Paul-Riquet, elle a arrêté le moteur et m’a dit : “Ou tu arrêtes ou tu te présentes.” Souhaitant faire bouger les choses, il a finalement décidé de s’engager. »

    « Adroit insoumis » ?

    Il faut lire le magazine d’extrême droite Valeurs actuelles pour avoir un peu de recul. Car Ménard n’est désormais plus en odeur de sainteté dans ce média, proche des identitaires, qui a plusieurs fois mis en couverture ce maire qu’il qualifiait de « courageux » lui offrant des dizaines d’interviews, tribunes et autres préfaces de livres qu’il éditait : « Ménard, entre radicalité et compromis : jusqu’où ira le maire de Béziers ? » s’interrogeait-il à propos de ce candidat qualifié d’« Adroit insoumis ». Cela n’empêche pas d’ailleurs une idéologie commune entre eux que Ménard continuera d’instiller sur les plateaux des télés des milliardaires Bolloré et Drahi.

  • Les relations entre l’OM et les médias se tendent

    Les relations entre l’OM et les médias se tendent

    Depuis quelques temps, entre l’OM et une partie de la presse, se joue un drôle de duel. Roberto De Zerbi a tiré le premier, dénonçant la manière dont certains le traitent lors de talk-show télévisés et de radio.

    Son club a enchaîné, en publiant un communiqué dans lequel il précise : «L’Olympique de Marseille ne pratique ni boycott ni censure à l’égard des médias. Les décisions prises relèvent exclusivement de choix stratégiques du club, fondés sur l’analyse des contextes, des traitements observés et du respect de l’institution. L’Olympique de Marseille est en droit d’attendre de l’ensemble des journalistes le respect des règles déontologiques qui encadrent la profession. Le club se réserve le droit d’agir par toutes les voies appropriées face à toute mise en cause infondée portant atteinte à son image ou à celle de ses collaborateurs».

    A cela, l’Union des journalistes de sport en France n’a pas pu accepter certains propos et publie, à son tour ce mercredi, un communiqué : «L’UJSF s’étonne et s’émeut du communiqué récemment publié par l’Olympique de Marseille, dans lequel le club marseillais, en conflit avec de nombreux médias, souligne que l’accès aux informations et aux joueurs, pour résumer, est fondée sur “l’analyse des contextes, des traitements observés et du respect de l’institution”. En clair, l’OM a l’intention de permettre aux journalistes de travailler avec le club selon leur degré de complaisance. L’UJSF dénonce cette conception peu supportable de l’information, qui n’est pas à la hauteur de l’histoire de ce grand club, et sera vigilante sur l’évolution de cette situation».

    La décision de l’OM de ne pas revenir à La Commanderie après le match de Ligue des Champions contre Bruges, ce 28 janvier, ne va pas arrondir les angles. Pour se préparer au duel face au Paris FC, samedi 31 janvier, Roberto De Zerbi a souhaité organiser une retraite près de Rambouillet (Yvelines). Les médias suivant le club n’ont été informés qu’à la dernière minute de cette décision et de l’organisation de la conférence de presse de veille de match à Clairefontaine, vendredi. Ce qui pose des problèmes d’organisation du travail.

  • « La Marseillaise » à la conquête des Alpes à partir du 7 février !

    « La Marseillaise » à la conquête des Alpes à partir du 7 février !

    Près d’un an après la constitution d’un comité des Amis de La Marseillaise dans les Alpes du Sud, notre titre a décidé de partir à la conquête de ces départements à partir du 7 février. Un objectif qui s’annonce sportif mais enthousiasmant dans ce territoire qui se prépare à accueillir les Jeux olympiques d’hiver de 2030.

    Le conseil de surveillance du groupe La Marseillaise a donné son feu vert. Son président, Marc Poggiale, souligne « la véritable demande émanant de la population, d’élus, de maires, pour que La Marseillaise vienne apporter du contenu dans l’actualité de ces deux départements ruraux qui vont être transformés par les JO et ont connu la présence de notre journal par le passé ». Est-ce à dire que la grande fragilité financière de La Marseillaise est derrière nous ? « Non, loin de là, cela veut dire que notre volonté de nous développer est forte et, de ce fait, de créer les conditions pour lever nos difficultés. Nous comptons sur nos lecteurs actuels et à venir pour contribuer à relever le défi. Si on n’avance pas, on recule. Nous faisons le choix d’avancer », indique-t-il.

    De son côté, Frédérique Laîné, présidente du comité des Amis de La Marseillaise des Alpes qui a multiplié les initiatives de soutien et de promotion bénévole de notre titre depuis des mois, ne cache pas sa satisfaction.

    « Je pense que ça va donner encore un coup d’accélérateur à la mobilisation que nous menons dans les Alpes autour de La Marseillaise », réagit-elle. « On est vraiment bien reçu quand on diffuse le journal dans les manifestations, dans les bars, par les gens comme par les patrons de bars. Le fait qu’on arrive à concrétiser l’arrivée du journal, cela va nous permettre de passer à l’étape suivante en faisant des abonnements et en développant la vente en kiosque. On sait que c’est une prise de risque pour le journal, ce serait très satisfaisant pour nous qu’on ne soit pas un boulet mais un tremplin pour son développement », affirme-t-elle.

    Enthousiaste, Frédérique Laîné assure : « On va faire un travail d’explication sur l’idée d’une édition régionale et je suis sûre de mon coup, ce journal va faire un tabac dans les Alpes. »

    Les Amis de La Marseillaise seront mobilisés le 7 février sur les marchés pour diffuser le journal à Gap, Digne, Manosque, Riez et Sisteron. Le 8 à Vinon, Reillanne, Château-Arnoux-Saint-Auban, le 9 à Forcalquier, le 10 à Oraison, le 12 à Gréoux, le 13 à Seyne-les-Alpes. « Je ne doute pas que d’autres initiatives vont s’ajouter ! », promet-elle.

    Élogieuse sur le contenu actuel de La Marseillaise, elle insiste : « Lire quotidiennement des gens qui ne sont pas résignés, c’est bon pour la santé ! »

  • « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    Succès croissant pour le concours Reporters en herbe en Vaucluse. Un dispositif, mis sur pied par le club de la presse Grand Avignon-Vaucluse et le Département. Il vise à la fois à présenter le métier de journaliste, et plus largement le monde de l’information à des collégiens, tout en leur donnant des conseils pour la réalisation de leur projet. Cette année, 19 collèges et 22 classes participent à Reporters en herbe, contre 12 collèges et 14 classes en 2025.

    Comme l’an dernier, La Marseillaise est impliquée dans le concours. Après une première intervention début décembre au collège Jules-Verne du Pontet, nos deux journalistes de la zone se sont rendus tout récemment aux collèges Saint-Exupéry de Bédarrides, Barbara-Hendricks d’Orange et Champfleury d’Avignon. La thématique du concours cette année est le Vaucluse en 2050. À Bédarrides, la classe média s’est tournée sur la construction d’installations sportives. À Orange, la classe de 6e s’est penchée sur le traitement des déchets, en particulier ceux agricoles. Enfin, la 5e Obama du collège Champfleury d’Avignon a choisi le thème de la relation entre la ville et les arbres dans 100 ans. La classe vainqueure sera invitée à Marseille dans les locaux de France 3.

  • Le grand JT des territoires du 17 janvier

    Le grand JT des territoires du 17 janvier

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde :

    – Témoignage des habitants de Crans-Montana en Suisse sous le choc après l’incendie mortel du bar Le Constellation le soir du Nouvel An.

    – Le Mercosur agite encore les débats. Le monde agricole craint un naufrage de l’agriculture française. Les mouvements de soutien naissent partout dans le pays. Exemple dans la Meuse.

    – Le célèbre magazine américain « Time » débarque en France ! La version française est déjà disponible en kiosque. Rencontre avec Dominique Busso, entrepreneur de presse et homme de défi à la tête de Time France.

  • [Le coin du polar] Quand c’est la forêt qui cache l’arbre

    [Le coin du polar] Quand c’est la forêt qui cache l’arbre

    A priori, Ultima se présente comme un thriller. Tireur d’élite à l’anti-gang, Rémi est appelé la veille de Noël pour protéger un magnat des médias, Richard Schönberg qui, en dépit de menaces diverses, a maintenu une fête fastueuse au Musée des arts forains. La soirée tourne au drame. Si Schönberg est indemne, c’est un député européen qui est abattu par un tireur invisible. Mis en cause par son chef qui le déteste, Rémi met tout en œuvre pour laver son honneur avec l’aide tacite de collègues de la Crim et de Maya, la légiste. S’ensuit un suspense haletant rendu crédible par une documentation exigeante et le refus des invraisemblances inhérentes au genre.

    Il faut tuer les livres !

    Au-delà de l’enquête, qui écarte assez vite, malgré des revendications de fanatiques islamistes ou radicaux, pareilles pistes et se concentre sur des idéalistes entre résistance et rébellion, il apparaît que ce sont la corruption du monde de la finance et l’impérialisme de la Big tech qui sont ciblés par une nouvelle sorte de justiciers, de jeunes geeks aux pseudonymes grecs décidés à passer de la dénonciation pacifique et légale à des moyens plus violents. Et, lorsque Rémi accepte la proposition de Schönberg de lui servir de garde du corps personnel, avec l’aval de sa hiérarchie, Ultima devient alors un autre livre, avec la confrontation de deux individus et de deux conceptions de l’homme et de la vie. Car si Rémi est attaché à des valeurs humaines intangibles, Schönberg illustre parfaitement la volonté du grand capital d’écraser toute velléité de résistance. À commencer par le livre et la langue française. Détruire les « tarifs privilégiés qui favorisent le rayonnement de la langue française » en faisant passer de 1,74€ à 37,30€ l’envoi de livres par la poste, et pulvériser les langues nationales au profit de l’anglais en « créant une novlangue, comme les nazis l’avaient fait avec succès ». Et, naturellement, en faisant des réseaux sociaux et de l’IA, l’outil le plus perfectionné pour cette tâche, le fer de lance des menaces fondamentales contre les libertés. On pourrait citer des passages entiers du programme d’un Schönberg, qui aurait pu s’appeler Bolloré ou Stérin, qui font d’Ultima tout autre chose qu’un divertissement de plus, un roman d’une lucidité impitoyable, capital, magnifiquement écrit,
    qui plus est.

    « Ultima », Ingrid Astier, Série noire, 440 p. 21€

  • [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    Il chuchote au micro, droit, figé dans le déni le plus parfait. « Je n’avais aucune intention sexuelle. Je suis non violent, en particulier envers les enfants. Je cherchais juste un mannequin pour l’articuler de manière à l’asseoir sur une table, car j’avais dans l’idée de simuler des cours scolaires pour faire une autoévaluation de ma manière d’être et de m’exprimer, car ça fait longtemps que je rêve d’enseigner. C’était une démarche à but thérapeutique car j’ai totalement perdu confiance en moi », brode David, 56 ans, électromécanicien qui vit à Bouc-Bel-Air, condamné en 2005 pour l’agression sexuelle de sa fille de 4 ans.

    « Vous avez commandé une poupée enfantine avec un vagin destiné à être pénétré », lui rappelle la présidente Charlotte Joubert, qui décrit l’objet de 20 kg pour 1,32 m aux traits enfantins. Un modèle baptisé « Teen Sex Doll » vendu 539 dollars sur une plateforme chinoise. « Ça a sauté aux yeux du livreur d’UPS qui a donné l’alerte en voyant, au travers du colis endommagé, une poupée d’apparence de 6 ans ! », lance Me Joanny Moulin, avocat de l’association Parole d’enfant, partie civile qui lui fait confirmer que devant les gendarmes, il a reconnu s’être masturbé avec cette poupée.

    Quand la présidente rappelle au prévenu la découverte un an avant les faits, sur son ordinateur, de « sept images de gosses qui font des fellations », il nie encore. « Avez-vous un double maléfique qui télécharge malgré vous ? » – « J’ai jamais voulu les télécharger, ce sont des fichiers corrompus, indésirables. » Devant les gendarmes, il a bien admis regarder des « vidéos sur l’inceste ». à la barre, ce père aux cheveux blancs justifie : « J’ai été agressé sexuellement dans ma famille quand j’étais enfant et adolescent. C’est quelque chose dont je n’arrive pas à me débarrasser. Mon père ne s’est jamais aperçu de rien, mais je suis persuadé que ma mère le savait. »

    Une expertise psychiatrique antérieure aux faits décrit « une personnalité de type pervers dans le déni absolu ». « Non, je ne suis pas pervers », réfute encore le prévenu. Même déni sur la plainte récente d’une autre de ses filles, qui s’est souvenue qu’il l’avait fait venir deux fois dans son lit alors qu’il était tout nu.

    « Nous voulons que par votre décision, vous protégiez les enfants de l’extrême dangerosité que représente l’achat de ce type d’objet et que vous donniez un signal ferme à l’ensemble des pédocriminels », demande Me Moulin, partie civile qui obtiendra l’euro symbolique demandé. « à l’heure de l’invasion chinoise de notre économie, ces poupées pédocriminelles font le buzz. Elles ne sont pas un substitut pour ne pas passer à l’acte, sinon l’état en vendrait ! Tout au contraire, une personne sur deux qui ont procédé à cet achat passe à l’acte. »

    « Le danger est là et prévisible de passer à l’acte », confirme le procureur adjoint, Olivier Poulet, devant ce prévenu « dans le déni absolu de sa déviance avec des histoires à dormir debout ». « Ce n’est rien d’autre qu’une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné en 2005 pour agression sexuelle par ascendant ». Il requiert 12 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de soins psychiatriques et une interdiction d’exercer toute activité en lien avec l’enfance.

    « C’est un procès honteux, la relaxe s’impose ! » tonne Me Nicolas Perrin, pour qui « on a voulu faire du médiatique, on a pris le premier malheureux venu avec la polémique Shein. On met des bûches dans le feu pour alimenter l’étiquette de pédophile qu’on veut lui coller. Rien ne relève d’un caractère pénal. Il a acheté légalement et pas sur le darknet une poupée qui n’a rien d’enfantine ». Son client écope de 18 mois de prison, dont 6 ferme sous bracelet avec 2 ans de soins psychiatriques, et 5 ans d’interdiction d’activité en lien avec les mineurs.

    « Une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné »

  • La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    Dans un communiqué commun diffusé ce mercredi, la CGT des dockers et portuaires de Fos, les dockers CGT de Marseille, le syndicat CGT du Grand Port maritime et de Fluxel, ainsi que la fédération nationale CGT des ports et dock, ont annoncé qu’ils allaient déposer plainte suite à des « propos mensongers et insultants », tenus par le chroniqueur de l’émission « Les Grandes Gueules », Jean-Loup Bonnamy, sur les ondes de RMC ce mardi.

    « Les dockers de la CGT ont complètement détruit l’activité du port de Marseille, les bateaux préfèrent aller à Gênes, où c’est bien tenu, plutôt qu’à Marseille, où c’est complètement tenu par la mafia des dockers. Ils jouent un rôle dans le narcotrafic », osait le normalien, dans la foulée d’une visite à Marseille sans annonces concrètes d’Emmanuel Macron.

    « Les ouvriers dockers et travailleurs portuaires sont les premières victimes de ce narcotrafic et nos camarades du Havre en ont payé un lourd tribu avec l’assassinat d’un des leurs », rappellent les organisations syndicales, cinq ans après l’assassinat d’un docker CGT par des trafiquants dans le port normand. « Comment peut-on affirmer que les marchés sont détournés vers Gênes, “mieux organisé”, alors que la réalité est très différente avec une précarisation des emplois et des problématiques justement d’organisation qui amènent régulièrement à des tensions sociales en Italie ? », interpellent aussi les signataires du communiqué, soulignant que, au contraire, les propositions formulées par leurs organisations « ont été partagées par de nombreux acteurs économiques et politiques et plus particulièrement du port de Marseille – Fos ».

    « Ce genre de dénigrement nous conforte dans nos valeurs d’unité, de solidarité et de lutte des classes pour améliorer nos acquis sociaux, nos emplois et développer nos activités de nos ports », écrivent-ils. Des actions sont envisagées pour obtenir des excuses du chroniqueur, mais aussi de la chaîne et de ses propriétaires, la CMA CGM.

    De son côté, le sénateur PCF Jérémy Bacchi a aussi apporté une condamnation immédiate des propos. « Laisser entendre qu’ils seraient complices est grave, faux et irresponsable », appuie-t-il, rappelant qu’ils sont « des travailleurs essentiels qui défendent leurs droits et un outil stratégique pour le pays ».

  • [Entretien] « Écrire des articles ce n’est pas un crime »

    [Entretien] « Écrire des articles ce n’est pas un crime »

    La Marseillaise : Comment appréhendez-vous l’ouverture de ce procès en appel ?

    Maxime Gleizes : C’est un moment important mais on a toujours été véhiculés par beaucoup de choses positives, donc on a de l’espoir. Il y a des signaux positifs, mais on reste prudent parce que ça fait plus d’un an et demi qu’on dit qu’il n’y a rien, qu’il va rentrer demain. Au final, la seule réalité c’est qu’il risque une grosse peine de prison lors de ce procès en appel.

    Quels sont les chefs d’accusation le visant ?

    M.G. : Il lui est reproché d’être entré dans le territoire avec un visa touristique – normalement il devait avoir un visa journalistique – d’apologie du terrorisme et mise en danger de la sécurité de l’État.

    Vous avez pu lui rendre visite en octobre. Dans quel état était-il ? Quelles sont ses conditions de détention ?

    M.G. : On a pu se parler pendant une demi-heure, à peu près, derrière un plexiglas. Quand je l’ai vu en octobre, on n’avait pas encore la date de l’appel. On n’en a pas beaucoup parlé. Il était bien sûr un peu aminci mais très bronzé. Il a deux heures de sortie le matin, deux heures l’après-midi et comme ça fait depuis cinq mois qu’il est en Algérie… Il a aussi le corps très athlétique parce qu’il fait beaucoup de sport, il lit et écrit beaucoup. Il n’est pas content d’être en prison évidemment mais il est très bien traité par les gardes et par les autres prisonniers, tout le monde l’apprécie dans la prison. Globalement, il va bien. Il n’est pas malheureux. Il était très content de me retrouver, de me voir. En tout cas, il n’était pas miné et ça nous a aussi quand même beaucoup rassurés de savoir qu’il vit bien en attente de son procès. Il a un moral d’acier.

    Dans ce contexte de tensions entre Paris et Alger, la libération de Boualem Sansal est une source d’espoir ?

    M.G. : N’importe quelle personne y verrait plutôt un signe positif que négatif. C’étaient les deux personnalités, l’une franco-algérienne et l’autre française, incarcérées du moment. La libération de l’un, on se dit qu’elle favorisera aussi la libération de l’autre. Le cas de Boualem Sansal était aussi un cas épineux. J’ai l’impression que celui de mon frère l’est moins, donc c’est vrai que ça augure de bons espoirs. Même si les deux affaires sont très très différentes, il ne s’agit pas des mêmes canaux. L’Allemagne a été un acteur important à la libération de Sansal. Dans le cas de mon frère, ce ne sont pas les mêmes personnes qui tirent les ficelles de cette libération. Mais en tout cas, c’est plutôt une bonne nouvelle.

    Les deux cas ont été instrumentalisés ?

    M.G. : Je pense que ça n’a pas arrangé le schmilblick. S’il y avait eu une très bonne entente diplomatique du moins entre la France et l’Algérie, il n’y aurait pas eu ces scénarios. Ça me paraît évident. C’est être au mauvais endroit, au mauvais moment. Il y a des signes annonciateurs d’un apaisement entre la France et l’Algérie depuis, c’est pour ça qu’on a envie de surfer là-dessus et de s’imaginer finir les fêtes tranquillement, en famille.

    La mobilisation de la profession une source d’espoir ?

    M.G. : Lui, n’était au courant de rien, comme il n’a pas la télé française, il ne sait pas du tout ce qui se passe. En Algérie, on parle peu de l’affaire, ce qui est aussi plutôt bon signe, parce qu’il n’est pas repris par d’autres champs politiques. Quand je lui ai parlé des interviews, des articles sur lui, des gens mobilisés, des actions qui se font pour lui, il s’est dit mais pourquoi pour moi ? La mobilisation du monde du foot, des clubs de Ligue 1, des personnalités publiques et journalistiques, comme Denis Brognard, Hervé Matou et même Benjamin Biolay, toutes ces personnes, on les remercie.

    Le cas de votre frère rappelle que la liberté de la presse est menacée, partout, notamment en Algérie ?

    M.G. : On n’est pas obligé de prendre cause forcément pour mon frère et de l’affaire en elle-même. Mais ça raconte énormément sur ce qu’on peut dire parce que ça ne reste que des mots sur du papier. Ce n’est pas un crime d’essayer de faire des livres, d’écrire des articles, de faire son travail tout simplement. À moins de heurter la sensibilité de certains, ça ne reste que des mots sur du papier.

    Le 29 juin dernier, le journaliste Christophe Gleizes est condamné à sept années de prison pour être entré dans le pays avec un visa touristique, pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». La justice lui reproche d’avoir été en contact, en 2015 et 2017, avec un dirigeant du club de foot de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), par ailleurs responsable du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par les autorités algériennes en 2021. Son procès en appel s’ouvre aujourd’hui.

  • Pierre Guille tourne la page de « La Marseillaise »

    Pierre Guille tourne la page de « La Marseillaise »

    Il aura le cœur lourd mais l’esprit léger, en juillet, lorsque l’imposante porte en fer forgé du parc Borély franchie, il longera les barrières pour disputer la première partie du 65e Mondial La Marseillaise à pétanque. Une première, étonnement. « Je viendrais avec deux amis faire un tour par la buvette, sans pression… Le Mondial, j’y travaille depuis 25 ans, mais je ne l’ai jamais fait parce qu’avant je ne jouais pas aux boules. Maintenant, j’adore ça, même si je suis un très mauvais joueur », sourit Pierre Guille.

    Une place aux rotatives

    Le directeur des événements et des partenariats du journal La Marseillaise, surtout connu pour être le président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque, quitte officiellement ses fonctions ce 1er décembre. Maryan Barthélémy, nouveau directeur des événements du journal, prend sa relève. Lui rejoint le groupe Suez pour y occuper la direction du développement dans le Sud, trente ans et cinq mois après avoir fait ses premiers pas comme manutentionnaire au service expéditions des rotatives du journal, cours d’Estienne-d’Orves.

    Sorti de l’école hôtelière un an plus tôt, Pierre Guille a alors tout juste 17 ans et cherche à gagner un peu d’argent pour reprendre des études de droit. Une amie, Sophie, fille de Marcel Richaud, ancien chef des rotatives, l’introduit. « Il connaissait mes difficultés familiales et m’a dit “si tu veux, on a une place à la roto la nuit”. Je suis donc entré dans cette grande maison le 1er juillet 1995. »

    Pendant quatre ans, sous la houlette de Pascal Gallittu, il enchaîne les CDD. « Ménages, manutention… Je travaillais la nuit, pendant les vacances. Dès qu’il y avait besoin, on m’appelait. » Il jongle avec ses études, mais ne les finira jamais. En 1999, il rejoint l’accueil du journal, sous la houlette de notre regretté ami Gaël Blin, qui lui apprend les rudiments du standard. Il y fera « une rencontre déterminante » : « Tous les matins, week-end compris, passait devant moi un petit monsieur ombrageux. Avec lui, souvent, un défilé de ministres, de chefs d’entreprise, les patrons de Ricard, Carrefour qui montaient dans son bureau… Michel Montana. » En août 2000, l’homme aux bretelles le reçoit dans son fameux bureau avec Fred Luzi, alors directeur commercial, pour un entretien d’embauche.

    « Un truc à l’ancienne, surréaliste, qui s’est terminé avec un verre de Ricard dans la main. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il m’a dit : “si t’es pas trop con, que tu m’écoutes et que tu fermes ta gueule, on peut faire quelque chose de toi”. » Pierre signe un CDI d’attaché commercial à la régie publicitaire. « Pendant un an, j’ai fait les petites annonces. Je passais des coups de téléphone toute la journée et je prenais les petites annonces des garagistes : 206, 1.4 litre, HDI… »

    L’été suivant, en 2001, il fait son premier Mondial. « Michel était coquin, il m’a mis aux barrières avec les agents de sécurité. En plein soleil… J’ai fait ça deux ans sous la responsabilité de Dédé Picca puis j’ai passé mon permis. Je suis devenu chauffeur, responsable des chauffeurs, puis secrétaire général. » Dans les pas de Montana, sur le tas, il apprend les rudiments. Au journal, il devient chef de pub, chef des ventes, directeur commercial de 2012 à 2017, puis prend enfin le poste de directeur des événements et des partenariats, à ses yeux surtout « une direction de relations publiques ».

    Passion et valeurs

    « La Marseillaise m’a appris le goût du travail, du vrai travail, l’engagement, à la limite de la rupture parfois, mais avec toujours du plaisir. Puis les relations publiques, le fait de prendre la parole, c’est quelque chose que j’aime », glisse celui qui a grandi dans une modeste famille d’origine arménienne, dans les quartiers Nord de Marseille, à la Viste et la Batarelle. à 10 ans, ses parents s’installent à Aubagne, à la Tourtelle, où sa mère était femme de ménage dans les tours des quartiers populaires de la Tourtelle et du Charrel.

    Le 7 avril 2017, Pierre Guille devient surtout président du Mondial avec la lourde tâche de succéder à Michel Montana. Il le fera avec talent, y apportant sa touche, avec la création du Handi Mondial bien appuyé par l’AJCM, de l’opération des Carreaux du cœur qui a permis de soutenir une trentaine d’associations, l’obtention du plus haut niveau du « label manifestation éco-responsable », pour finir par une édition 2025 ponctuée du record de participation.

    « C’est un parcours assez atypique, il n’y a plus beaucoup de gens qui rentrent dans une entreprise tout en bas et grimpe ainsi », observe Pierre Guille, ses petits yeux bleus rougis par l’émotion. « C’est le signe de quoi ? De la passion, de l’engagement, des valeurs », explique celui qui se définit comme « un militant des causes nobles, justes, fraternelles », et ne cache pas sa fierté « d’avoir porté les valeurs de La Marseillaise pendant 30 ans ».

    Chef d’orchestre

    « Je suis 100% en accord avec ce journal, encore plus depuis que Léo (Purguette) en est le président et directeur éditorial. Je partage ce qui y est écrit tous les jours et je n’ai pas de problème pour défendre son bilan », poursuit celui qui était encore, jeudi, devant cinquante chefs d’entreprise d’un syndicat patronal pour porter la voix de La Marseillaise. Un numéro d’équilibriste dans un journal en perpétuel soutien aux travailleurs en première ligne face aux politiques patronales.

    « Ça tient à deux facteurs. Un, on est reconnu pour une qualité rédactionnelle qui fait référence, y compris chez ceux qui n’ont pas notre sensibilité politique. Deux, nos événements font référence. » Le Mondial bien sûr, mais aussi le GP cycliste La Marseillaise, entré dans le cercle fermé des dix plus grandes courses classiques françaises, La Marseillaise Breaking cup, la Tournée d’été qui cette année a rayonné sur 14 dates dans le département. Et de rappeler au passage que plus de 120 événements ont associé leur image à La Marseillaise en 2025.

    « Sans prétention, prendre la succession de Michel Montana n’était pas facile. Beaucoup de gens auraient parié qu’on se casse la gueule. Je dis on, parce que c’est une équipe, on était tous ensemble. Je pense aussi aux bénévoles, à Maurice, Didier, André… Aujourd’hui, je laisse, on va dire, le fauteuil de chef d’orchestre parce que c’était juste ça, mon job. » à ses successeurs d’écrire une nouvelle partition.