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  • Un évêque dénonce les violences sexuelles dans l’Église

    Un évêque dénonce les violences sexuelles dans l’Église

    L’Église a mis en place les structures qui ont permis d’agresser, et il en reste des réminiscences » : l’évêque de Digne, Riez et Sisteron, Mgr Emmanuel Gobilliard, a appelé vendredi à cesser de protéger l’Église coûte que coûte face aux témoignages de victimes de violences sexuelles. Il prenait la parole devant les 150 membres du personnel de l’enseignement catholique des Alpes-de-Haute-Provence, réunis pour une formation obligatoire à la prévention des violences sexuelles, une « première en France » selon l’évêque.

    Mgr Emmanuel Gobilliard a regretté le fait que le premier réflexe de beaucoup de religieux soit de défendre l’institution, plutôt que d’écouter la parole des victimes. « La personne victime doit passer avant tout, avant la réputation d’une institution », a-t-il lancé au micro à l’ouverture de la journée de formation, pendant laquelle le procureur de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, intervenait notamment. Le prélat a comparé ce « réflexe de protection » à celui « d’un animal qui se sent oppressé et qui attaque les autres ». « Lorsqu’une institution est attaquée, elle attaque la presse, les victimes et l’institution judiciaire, alors que c’est justement les trois qui nous sauvent », a-t-il argumenté, malgré le fait que « cette défense de l’institution est destructrice de l’institution elle-même ».

    « Je suis chrétienne, et, quand je dénonçais les choses, on me disait que je voulais démolir l’Église », a abondé Isabelle Chartier Siben, médecin psychothérapeute, victimologue et cofondatrice d’une association d’aide aux victimes, qui intervenait également pour former le personnel de l’enseignement catholique.

    Face à ce silence destructeur, Mgr Emmanuel Gobilliard a appelé à développer une « culture du signalement, dès qu’on a un doute » puisque « les abus prospèrent dans le secret, l’isolement et les relations d’emprise ».

    « Sans la presse, les choses ne bougent pas »

    « Sans médiatisation, on se protège entre nous », a regretté l’évêque. « Sans la presse, les choses ne bougent pas », a abondé Isabelle Chartier Siben, qui affirme faire partie des « lanceurs d’alerte » sur le sujet des violences sexuelles dans l’Église. Les religieux ont appelé à faire cesser le « terreau mortifère » qui permet aux auteurs de commettre des violences sur des enfants.

    « Les faits prescrits, c’est un drame. Je suis à 1 000% pour l’imprescriptibilité. Je crois qu’on va bientôt l’avoir grâce à la loi intégrale », a par ailleurs avancé Isabelle Chartier Siben. L’Église reconnaît les faits de violences sexuelles « même si l’auteur est décédé », a affirmé Pascale Poch, médecin et responsable pour le diocèse des cellules d’écoute et de veille. Cette dernière « a fait partie de la première cellule d’écoute » et a « vu les ravages dans la vie des personnes victimes d’abus ».

    Emmanuel Gobilliard a créé avec le diocèse de Paris le premier protocole d’accord avec le parquet de Lyon, parce qu’il a vu « à quel point on partait de très loin ». Il a alors demandé « à ce que des formations soient entreprises, et on a mis en place une plateforme de sensibilisation à la prévention des abus. On a entrepris de former les personnels de l’enseignement catholique, avec quelques récalcitrants ».

    Ce dispositif de formation existe depuis 2020 et le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase).

    Dès qu’une personne est mise en examen, elle a « interdiction d’exercer » dans l’Église, a affirmé Mgr Emmanuel Gobilliard, ce qui permet le bon déroulement de l’enquête. « Toute une partie du Code pénal de l’Église concernant les peines a été réécrite à la suite de l’émergence des affaires de pédocriminalité. Il a été complètement refait », a expliqué Pascale Poch. « 100% » des signalements reçus font l’objet d’un signalement à la justice, selon Mgr Emmanuel Gobilliard.

  • [Entretien] Bastien Bonnargent, secrétaire général des Jeunes communistes : « Les revendications des lycéens font consensus dans la société »

    [Entretien] Bastien Bonnargent, secrétaire général des Jeunes communistes : « Les revendications des lycéens font consensus dans la société »

    La Marseillaise : Les syndicats appellent à se mobiliser auprès des lycéens ce mardi. Comment abordez-vous cette journée ?

    Bastien Bonnargent : Beaucoup de blocus nous sont déjà remontés, des assemblées générales sont organisées. Cela va être une date importante de mobilisation parce qu’elle est attendue depuis quelques jours. C’est l’occasion de faire la démonstration que, effectivement, les lycéens ont beaucoup de revendications dans cette mobilisation, contrairement à ce que laissent croire le traitement médiatique.

    Ce traitement médiatique
    est marqué par les images
    de violences. Comment expliquez-vous les débordements
     ?

    B.B. : La première des responsabilités, c’est qu’il y a une doctrine de maintien de l’ordre qui est déployée par le gouvernement qui est extrêmement dangereuse, notamment pour des lycéens. Il y a eu beaucoup de cas d’élèves blessés, de mises en danger. C’est une stratégie consciente du gouvernement pour éviter de parler du fond et des revendications qui font très largement consensus dans la société.

    On a vu les images d’un lycéen mutilé à Lens ce lundi. Ne craignez-vous pas que cela dissuade certains de se mobiliser ?

    B.B. : Il y a ce lycéen qui a perdu sa main, on a vu aussi un lycéen qui a perdu un œil, un autre édenté… Même chez les Jeunes communistes, nous avons des adhérents, mineurs, qui ont été placés en garde à vue alors qu’ils ne faisaient que revendiquer plus de moyens pour l’éducation, sans être violents, ni dégrader quoi que ce soit. Nous sommes atterrés face à cette doctrine de maintien de l’ordre. Mais ce n’est pas ce qui va éteindre la mobilisation, parce qu’on fait face à une mobilisation d’ampleur. Si le gouvernement souhaite en finir, qu’il apporte des réponses politiques aux problèmes qui sont soulevés, la dégradation très forte du bâti scolaire, le manque flagrant de professeurs, la sélection sociale organisée par Parcoursup. Tant que le gouvernement n’en parlera pas, la mobilisation s’étendra.

    Comment porter les revendications des lycéens ?

    B.B. : Nous avons mis en place une grande opération de cahiers de doléances. Partout où nous avons des militants, nous les faisons remplir pour que les lycéens témoignent de la situation dans leur établissement, qu’ils nous fassent part de leurs revendications. Nous en avons fait remplir des centaines depuis la semaine dernière. Il faut se rendre compte de l’état dans lequel les deux mandats d’Emmanuel Macron ont laissé les conditions d’éducation…

    Parmi les remontées du terrain, y a-t-il des témoignages qui vous ont marqué ?

    B.B. : Nous avons des lycéens qui nous racontent que cela fait un an qu’ils ont des cours dans des préfabriqués, qu’ils n’ont pas de porte dans les toilettes. Une lycéenne à Vitry nous indique que le jour même où elle est arrivée en seconde professionnelle, une enseignante lui a dit que si elle souhaitait continuer ses études, il lui faudrait au minimum 15 de moyenne. Nous avons aussi des témoignages sur des stages catastrophiques, parce qu’ils ne sont pas encadrés. Des élèves qui nous disent, comme au lycée Mozart au Blanc-Mesnil, qu’ils sont 39 par classe et qu’ils n’ont ni professeur de français, ni professeur de maths. Cela les met en difficulté pour leur avenir.

    Ce mouvement a été très spontané, comment peut-il s’organiser ?

    B.B. : Ce que nous proposons avec les cahiers de doléances est déjà une façon de s’organiser, parce que cela permet d’inscrire matériellement les revendications des lycéens. Il y a aussi un lien qui se construit avec la mobilisation intersyndicale. Il y a un intérêt convergent entre les professeurs, les agents de l’État mobilisés le 29 septembre et les lycéens, qui demandent aussi la fin des budgets d’austérité. Nous mettons aussi, avec le Mouvement des jeunes communistes de France, un outil à disposition, que l’on a appelé Mouvement lycéen, et que nous avons lancé depuis une semaine. Il a pour objectif d’être utilisé par tous les lycéens aujourd’hui mobilisés pour avoir des débouchés concrets, avec du matériel mis à disposition, pour pouvoir organiser leur colère.

    Ce mardi, Fabien Roussel présente son plan d’urgence pour la jeunesse. Comment l’avez-vous travaillé ?

    B.B. : Depuis longtemps, les communistes font des propositions pour une école qui soit publique, égalitaire, pour avoir plus de moyens… Nous présentons des solutions d’urgence, mais nous alertons depuis des années. Le manque d’enseignants, de moyens, ce n’est pas une nouveauté. Je milite depuis plus de dix ans, nous alertons sur Parcoursup et sur ses effets de sélection sociale depuis sa création !

  • Les Hautes-Alpes au soutien de BFM Dici

    Les Hautes-Alpes au soutien de BFM Dici

    « On vivait un ascenseur émotionnel depuis des mois, souffle un salarié de BFM Dici, qui souhaite garder l’anonymat. La décision a été une vraie surprise. » Mercredi 30 septembre, le groupe CMA Media a annoncé aux salariés de BFMTV qu’il renonçait à la vente des neuf chaînes locales, faute de repreneur. Mais deux d’entre elles, dont BFM Dici qui est en charge des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence, vont devoir fermer d’ici la fin de l’année. Pourtant, « les signaux étaient encourageants », assure le salarié de la chaîne, sidéré.

    Dans les Hautes-Alpes, les réactions de soutien sont nombreuses. Jean-Marie Bernard (LR), président du Département, s’est dit « attristé » pour les treize salariés, mais aussi pour les Haut-Alpins, qui « méritent largement cette fenêtre lumineuse sur leur quotidien, qui méritent de la pluralité et de la diversité pour leur information ». « Dans un territoire rural et montagnard comme le nôtre, l’information locale n’est pas accessoire, a réagi la députée Marie-José Allemand (PS). Elle participe directement à la vitalité démocratique, à la connaissance de ce qui se passe dans nos vallées et à la mise en lumière de celles et ceux qui font vivre les Alpes du Sud. »

    Le préfet Philippe Bailbé s’est dit prêt à « appuyer les initiatives permettant de concourir, dans le respect des responsabilités et des prérogatives de chacun, à la recherche d’une issue et de préserver un média local important pour les Hautes-Alpes et les emplois qui y sont associés ».

    Le Parti communiste français du département s’inquiète également de cette fermeture : « La démocratie ne peut s’exprimer qu’avec une pluralité de voix libres », a relevé la secrétaire départementale Sophie Delfino. Pour Jean-Marc Passeron, le créateur de DICI TV, chaîne locale devenue propriété de BFM, « une fermeture serait à ce stade un gâchis ». Il espère qu’une initiative émergera rapidement pour contredire la direction prise.

    Agathe Di Lenardo

  • Pas de repreneur pour les chaînes locales de BFM

    Pas de repreneur pour les chaînes locales de BFM

    Les chaînes locales de BFMTV ne changent pas de pavillon, mais accusent le coup. Après que CMA Media, branche dédiée aux médias de l’armateur marseillais CMA-CGM, avait annoncé fin juin sa volonté de vendre les BFM locales pour des raisons économiques, sa directrice générale annonce finalement qu’aucun repreneur assez solide n’a été retenu. « Aucune condition de reprise offrant des perspectives suffisamment solides et sécurisées pour l’activité et les équipes n’a été réunie », explique, ce mercredi, Claire Léost, directrice générale de CMA Media, dans un communiqué interne repris par nos confrères de l’AFP. Une nouvelle qui évite une reprise potentiellement sanglante pour l’emploi, mais qui n’évite pas une réorganisation qui s’annonce douloureuse.

    Onde de choc

    pour les salariés

    En effet, Claire Léost évoque une « transformation » desdites chaînes vers « une offre davantage consacrée à l’économie, aux entreprises et aux transformations des territoires » en lien avec La Tribune et BFM Business, également propriétés de la CMA-CGM. Surtout, la fermeture de deux chaînes est tout de même prévue : « L’activité de BFM Normandie et de BFM Dici ne serait pas maintenue. Le projet et ses conséquences sociales feront l’objet d’une procédure d’information-consultation. »

    De quoi faire réagir les salariés, qui ont rédigé une lettre ouverte et signée par 99,2% de 122 travailleurs des chaînes. « Nous refusons de subir encore davantage l’amateurisme qui semble guider les choix de notre direction depuis plus d’un an. C’est notre avenir à nous, salariés, qui est en jeu, même si elle, ne s’en est jamais souciée », écrivent les salariés. Ils font part de leur « souffrance et d’une profonde colère ». Et demandent à leur direction qu’elle tienne « ses engagements » notamment pour un plan de départ volontaire « afin de permettre aux salariés qui voudraient partir d’avoir une porte de sortie digne ».

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • Des collégiens à la découverte de l’info à La Ciotat

    Des collégiens à la découverte de l’info à La Ciotat

    Accueillie par Élisabeth Édouard, la principale du collège Alice-Guy, ce jeudi à La Ciotat, Martine Vassal (DVD) constate l’ampleur de la rénovation de l’établissement : un investissement du conseil départemental de près de 14 millions d’euros d’investissements, a notamment permis la création d’une salle polyvalente, la réhabilitation des bâtiments et l’amélioration de leur isolation thermique. L’établissement abrite un « micro-collège » destiné aux élèves décrocheurs. L’occasion pour Martine Vassal de rappeler son soutien au dispositif.

    C’est déjà l’heure de la distribution des ordinateurs. Dans les yeux des 6es, c’est un peu Noël en septembre. « C’est un matériel d’une valeur de 600 euros, il faut en prendre soin », insiste Martine Vassal tout en présentant la carte « CJeune » qui contient 150 euros, destinée à financer une licence sportive, à acheter des livres ou des places de spectacle. « Elle sera rechargée chaque année jusqu’à vos 25 ans », annonce la présidente du conseil départemental. « C’est vieux 25 ans non ? », interroge-t-elle les 6es, dans un sourire. « Non, vieux c’est 40 ans », répond un élève.

    Hilarité garantie chez les élus présents : le maire de La Ciotat, Alexandre Doriol (DVD), Béatrice Bonfillon-Chiavassa, maire de Fuveau et conseillère départementale chargée des collèges et son homologue de Ceyreste et conseiller départemental, Patrick Ghigonetto… lui-même ancien élève de l’établissement « l’année dernière », plaisante Martine Vassal.

    À leurs côtés, le président de La Marseillaise, Léo Purguette, représente le club de la presse pour évoquer le prix « Collégiens 13 info ». Mais avant que l’échange ne s’engage, une question brûle les lèvres d’un jeune ciotaden : « Est-ce que dans La Marseillaise vous parlez de l’OM ? ». « Oui, presque tous les jours on parle de l’OM : les matches, les supporters, le mercato… Donc en ce moment on parle du club et on le critique aussi… », indique Léo Purguette.

    Martine Vassal saisit le ballon rond au bond : « il n’y a pas que l’OM que La Marseillaise critique… mais c’est la liberté de la presse, c’est ce que vous allez découvrir ».

    Citoyens en devenir

    L’échange se poursuit au CDI où est installé un grand portrait de Christophe Gleizes. « C’est l’un de nos confrères qui est injustement détenu en Algérie pour avoir simplement exercé sa profession », explique le président de notre titre aux collégiens en rappelant que le club de la presse exige sa libération et que son portrait a été placé sur la façade des Archives départementales pour qu’on ne l’oublie pas.

    « La liberté de la presse, le pluralisme, sont indispensables à la démocratie. Au collège, vous ne venez pas simplement étudier pour avoir un métier plus tard, vous êtes des citoyens en devenir », insiste Léo Purguette, convaincu que la meilleure manière d’être immunisé contre les fakes news, c’est de participer soi-même à la fabrique de l’info. C’est dans cet esprit que le collège Alice-Guy va concourir aux côtés de 17 autres établissements des Bouches-du-Rhône au prix « Collégiens 13 info » avec son journal Le Petit Ciotaden mais aussi une émission de radio rendue possible par la remise du matériel nécessaire par le conseil départemental.

  • La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    Le cinéma mondial a rendez-vous dans le sud de la France. Ce lundi, Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes) accueille le Sommet Lumière, une rencontre internationale consacrée à l’avenir du cinéma, de l’audiovisuel, de l’animation et du jeu vidéo. Initié par le Centre national du cinéma et de l’image animée, coprésidé par Emmanuel Macron et le président sud-coréen Lee Jae-myung, ce « Davos du cinéma » réunit près de 150 personnes. Patrons des grands studios et plateformes (Disney, Netflix, Sony, Universal), producteurs (CJ Group), cinéastes, acteurs, grands groupes de l’audiovisuel français et responsables publics y sont attendus.

    Si le choix de Saint-Paul-de-Vence peut surprendre, il s’inscrit dans une logique territoriale forte. Héritière de l’aventure des frères Lumière, terre d’accueil du Festival de Cannes, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est aujourd’hui la deuxième région de cinéma en France, après l’Île-de-France. Plus de 9 000 professionnels y travaillent et le territoire accueille, chaque année, entre 5 000 et 6 000 jours de tournage.

    Terre du Septième art

    Des historiques Studios de la Victorine à Nice aux dynamiques Provence Studios de Martigues, en passant par le Pôle Média de la Belle de Mai à Marseille, la région dispose d’infrastructures capables d’attirer aussi bien des productions françaises que les géants internationaux du secteur. « Aujourd’hui, tout le monde pense qu’on a une main-d’œuvre plus chère, mais quand on regarde la productivité de nos équipes et de nos outils, les restitutions faites par l’état et les aides des collectivités, on est très compétitif », martèle Olivier Marchetti, président de Provence Studios. « C’est ce qu’il faut démontrer : la France est une vraie terre de tournage. Le cinéma a été inventé ici, il doit y rester. »

    Réunissant la plupart des décideurs contrôlant la majeure partie du marché mondial, le Sommet Lumière revêt une dimension stratégique. À l’heure où les États rivalisent pour attirer tournages, studios, talents et investissements, les industries de l’image sont un enjeu économique majeur. Derrière les caméras pointent des questions d’emplois, d’innovation technologique, d’influence et de souveraineté culturelle. Le marasme américain en est une illustration. Le volume des tournages à Hollywood a reculé de 40% en dix ans. Si bien que Donald Trump a demandé au Congrès de renforcer les incitations fiscales pour favoriser le retour des productions et soutenir l’emploi. À travers cette initiative, la France entend défendre son modèle de soutien à la création tout en renforçant l’attractivité de son industrie audiovisuelle. L’Élysée voit ce rendez-vous comme une vitrine du savoir-faire français.

    Autre objectif : peser dans les discussions qui définiront demain les règles mondiales des industries culturelles confrontées aux défis technologiques du XXIe siècle. Selon eux, le secteur traverse une révolution comparable aux grandes mutations qui ont jalonné l’histoire du cinéma. Car l’intelligence artificielle, la montée en puissance des plateformes de streaming, l’évolution des usages, les difficultés rencontrées par les salles obscures et l’apparition de nouveaux modèles de financement bouleversent l’ensemble de la filière. Derrière les débats sur la création et l’innovation se joue donc une bataille beaucoup plus large.

    Trois questions majeures structureront les échanges : comment préserver la diversité culturelle face à des marchés toujours plus concentrés ? Comment encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création ? Et, surtout, comment financer les œuvres de demain dans un environnement dominé par une concurrence internationale de plus en plus intense ?

    En toile de fond à ces débats, la Provence, dont le nom résonne avec l’histoire. C’est ici, à La Ciotat, que les frères Lumière réalisèrent plusieurs de leurs premiers films et qu’Antoine Lumière organisa en 1895, à l’Eden Théâtre, l’une des premières projections. Cent trente ans plus tard, la région qui a vu naître le cinéma peut voir s’y écrire un nouveau scénario.

    CHIFFRES

    9 000

    La filière cinéma en région Provence-Alpes Côte d’Azurrassemble plus de 9 000 professionnels, dont 4 000 techniciens, 2 000 comédiens, 800 auteurs et réalisateurs, ainsi qu’une cinquantaine de sociétés de production.

    6 000

    Avec près de 6 000 jours de tournage en moyenne chaque année, la région s’impose comme l’un des principaux territoires de production audiovisuelle en France. Un dynamisme porté par la diversité des décors, des infrastructures et des savoir-faire locaux.

    135 millions

    En 2024, les tournages ont généré plus de 81 millions d’euros de retombées économiques à Marseille, contre 61,3 millions en 2023.À l’échelle régionale, la filière avait produit 135,1 millions de retombées en 2022.

  • Tichadou investigation, l’émission qui remet au centre le lien social à Port-de-Bouc

    Tichadou investigation, l’émission qui remet au centre le lien social à Port-de-Bouc

    Bonsoir à tous et bienvenue dans le 20h spécial Tichadou investigation. » Le ton y est pour cette émission réalisée par les ados du centre social Tichadou durant cette semaine passée et terminée vendredi.

    Au programme, « une enquête consacrée au rôle des centres sociaux : comment accompagnent-ils les habitants au quotidien et quels sont les défis auxquels ils font face », annoncent les deux speakerines, promettant reportages et témoignages.

    La directrice Yannick Combaluzier en est. « C’est la troisième année de notre cycle d’éducation aux médias, après le travail de presse écrite et photo l’été dernier », explique-t-elle. « Ce travail permet à l’ado de questionner l’info à laquelle il est exposé sur les téléphones », reprend-elle, mais aussi « de parfaire son expression orale et sa posture », selon la directrice.

    Le réalisateur Alexandre Mameli, venu pour la 10e fois au centre social, leur avait proposé trois thèmes. Les ados ont retenu le centre social car « ça nous concerne plus », justifie Kella, qui rentre en 1ère au lycée.

    « Faire les interviews c’était de la patate »

    Tous les rôles ont été distribués et échangés. « J’ai pris la caméra, le son au casque, monté le fond vert, mis les lumières », liste Sofiane, 13 ans. Mais sa partie préférée était de faire les interviews : « C’était de la patate », dit-il. Kella a préféré filmer et faire la voix off. « C’était un peu un mélange entre poser ma voix et parler normalement », détaille-t-elle.

    L’émission complète est disponible sur la page Facebook du centre social.

  • [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    L’ancien cheminot était l’invité, jeudi, de l’assemblée générale de l’IHS CGT de Vaucluse, à Entraigues (lire ci-contre). Dans un département où le RN est bien implanté, il a animé un débat sur les combats de la CGT contre l’extrême droite.

    La Marseillaise : La CGT a toujours été hostile à l’extrême droite. Pourquoi et comment lutter contre sa progression dans le monde du travail ?

    Gilbert Garrel : L’institut est là pour démasquer l’extrême droite par l’histoire. Depuis toujours, ce que porte l’extrême droite est contraire à ce que défend la CGT : un syndicat internationaliste, pour des valeurs de solidarité, contre toutes les formes de nationalisme de l’extrême droite. On organise ce genre de débat et, surtout, sa diffusion pour démontrer la supercherie de l’extrême droite qui essaie aujourd’hui d’avoir un discours ouvriériste, social. Sur le côté plus présent, il faut mettre en évidence les votes du RN qui s’opposent au progrès social comme sur l’opposition à la revalorisation du Smic ou des retraites indexées sur l’inflation, à la création du Smic européen, à la nationalisation d’ArcelorMittal ou encore le RN qui a laissé passer la loi sur le travail le 1er-Mai.

    Cette dichotomie est-elle encore plus prégnante en regardant l’histoire ?

    G.G. : Historiquement, il y a eu des connivences entre le patronat et l’extrême droite. Dès le début du syndicalisme, le patronat crée les syndicats jaunes, les briseurs de grève. Dans l’entre-deux-guerres, il crée la Confédération française du travail, des nervis de l’extrême droite qui traquaient les syndicalistes, qui obligeaient par la force les travailleurs immigrés à briser les grèves. Dans cette continuité, sous Pétain, il y a l’interdiction des confédérations et du droit de grève. Pendant la guerre d’Algérie, l’OAS a été une force contre la CGT, avec notamment une attaque contre l’UD CGT à Pau. La naissance de Le Pen et du Front national sont promues avec le poujadisme, c’est-à-dire des forces d’extrême droite alliées au patronat. Chaque fois que le patronat se rend compte que la droite classique risque de perdre, que la gauche peut passer, il se tourne vers l’extrême droite pour garantir ses intérêts. La peur du rouge, c’est historique. On retrouve ça aujourd’hui avec le Medef qui reçoit Jordan Bardella. Historiquement aussi, il y a une connivence patronat/extrême droite sur le nationalisme : au lieu de chercher l’ennemi du côté du capital, on va le chercher du côté des travailleurs immigrés pour détourner le regard des ouvriers. L’extrême droite, dans son histoire, a toujours su se métamorphoser et adapter son discours pour gagner les classes populaires. Syndicalement, nous avons un rôle pour éclairer et montrer à miroir comment l’histoire peut se reproduire.

    Vous alertez aussi sur le fait que l’extrême droite se diffuse par plusieurs canaux médiatiques.

    G.G. : Oui, elle a cette capacité à revisiter l’histoire à sa manière. L’extrême droite s’accapare des réseaux, des médias pour permettre une large diffusion de son discours. Par exemple, si on prend la Cité de l’histoire sous l’arche de la Défense à Paris, c’est Amaclio productions qui la gère et la détient, dirigée par l’extrême droite [François Nicolas]. Et si vous allez dans ce musée, qu’est-ce que vous retrouvez ? Hitler a sauvé l’Allemagne du risque du communisme, Pétain a sauvé les juifs français… Tout cela avec le soutien de la Région Île-de-France où on envoie des lycéens. On aussi Pierre-Édouard Stérin, derrière son label des plus belles fêtes de France. Sous l’aspect traditionaliste, on dit qu’il y a les Français de souche, les bons Français, et puis il y a l’ennemi, l’étranger. Alors que l’histoire de France s’est construite dans le multiculturalisme.

    André Castelli reconduit président

    S’il fut le fondateur de l’Institut d’histoire sociale CGT de Vaucluse il y a 40 ans, André Castelli a laissé la présidence pendant ses années d’élu PCF avant d’en reprendre la tête il y a trois ans. Il a été reconduit président, jeudi, à l’issue de l’assemblée générale. « On compte près de 100 adhérents, c’est l’un des plus importants de la confédération », souligne-t-il. Parmi les rendez-vous de l’année, la préparation des 90 ans du club des cheminots de Vaucluse. « On envisage aussi de nouer un partenariat avec le secteur universitaire pour que les étudiants se nourrissent de l’histoire du travail et des travailleurs du département », projette André Castelli.

  • La mise en vente des BFM locales met le feu aux poudres

    La mise en vente des BFM locales met le feu aux poudres

    Le groupe CMA Media, qui détient BFMTV, RMC, La Tribune ou encore Brut, veut vendre les neuf chaînes de télévision locales de BFM pour faire des économies dans un contexte « difficile » pour le secteur, un projet qui provoque la colère des syndicats. Il s’inscrit dans un plan visant à générer 20 millions d’euros d’économies dans l’ensemble du groupe, soit 5% de ses coûts. CMA Media est détenu par l’armateur CMA CGM, dirigé par le milliardaire Rodolphe Saadé.

    « Nous avons besoin de réduire nos coûts sur nos métiers traditionnels pour investir dans les nouveaux segments comme le sport, les créateurs de contenu, les réseaux sociaux, a déclaré à l’AFP la directrice générale de CMA Media, Claire Léost. Nous ne trouvons pas le modèle économique sur l’activité des chaînes locales. »

    Un appel à la grève a été lancé par les syndicats SNJ et CGT, mercredi. Plusieurs émissions n’ont pas été diffusées jusqu’à ce jeudi soir, sur les antennes de BFM Marseille Provence, Toulon Var ou Alpes du Sud. Pour les syndicats, les « annonces de la direction sont écœurantes, parce que la direction a clairement menti en assurant vouloir trouver des solutions pérennes pour les locales ». Ils ajoutent : « Désormais, c’est une fermeture qui se profile si aucun repreneur n’est trouvé. Et qui reprendra des chaînes locales dont la direction ne cesse de dire qu’elles ne sont pas viables économiquement ? »