Tag: Medef

  • Soulever l’espoir

    Soulever l’espoir

    « Résistance n’est qu’espérance » écrivait le poète René Char, le capitaine Alexandre du maquis de Céreste. Cette Résistance dont
    le programme, Les jours heureux, a posé les bases d’une société sans guerre et avec des droits nouveaux, dont la Sécurité sociale, se conjugue toujours au présent. Le mouvement social qui se met en route cet automne est l’héritier de ce combat pour la dignité et la justice sociale. Alors que la société bouillonne de colères, l’objectif de l’intersyndicale est de transformer ces colères en mobilisation et en espoir. Un seul chemin pour cela : le nombre et l’unité du monde du travail pour faire plier un Premier ministre missionné par Emmanuel Macron pour poursuivre la même politique.

    Guerre idéologique

    Une politique de cadeaux fiscaux – 211 milliards d’aides publiques aux entreprises -, qui voit s’enrichir à vitesse supersonique les grandes fortunes au détriment des salaires, des pensions, des allocations, des services publics. Cette inégalité se voit de plus en plus et le patronat a bien compris le danger. Conséquence, il a entamé une guerre idéologique avec le soutien de la droite classique et de l’extrême droite. À son crépuscule le pouvoir macroniste a démontré qu’il était incapable de répondre à la question sociale autrement qu’en la niant et/ou en la réprimant.

    L’intersyndicale sonne l’heure de la Résistance avec dans sa musette des propositions concrètes et crédibles pour augmenter les salaires, développer les services publics, financer les retraites, la Sécurité sociale etc. De quoi soulever l’espoir.

  • Le social donne le tempo !

    Le social donne le tempo !

    Les nouveaux sans-culottes font-ils peur aux privilégiés du XXIe siècle ? Le grand patronat et son représentant en chef, le président du Medef, Patrick Martin, tremblent au point d’aller jusqu’à adopter le vocabulaire syndical. « Le patron des patrons » a annoncé, mardi, « un énorme meeting dans les prochains jours ». Au centre de leur effroi, l’idée d’une taxation des hauts revenus des ultra-riches qui infuse de plus en plus dans la société tant les inégalités se sont creusées ces trente dernières années et se sont singulièrement accélérées sous la présidence Macron.

    Faire triompher l’égalité fiscale

    Pour mémoire, rappelons que la proposition de taxe « Zucman » qui fait s’évanouir les milliardaires, (du nom de l’économiste Gabriel Zucman), concernerait uniquement 1 800 foyers fiscaux. Ceux-là mêmes qui paient, en proportion, moitié moins d’impôts que le contribuable moyen.
    Ils seraient taxés à 2% seulement. C’est dire combien l’avidité n’a pas de limite pour s’émouvoir pour si peu ! Sauf qu’au-delà du pourcentage,
    c’est l’idée même de faire triompher l’égalité fiscale et la justice sociale qui insupportent ces libéraux perfusés aux aides publiques : 211 milliards par an, sans contrôle ni contrepartie en emplois et/ou en investissements, comme l’a révélé un rapport du Sénat.

    Ce matin, après
    le succès de la journée du 18 septembre toutes
    les organisations syndicales vont proposer au Premier ministre
    une feuille de route pour relancer un pays à l’arrêt sur le plan des salaires, des investissements
    et des services publics
    et lui proposer d’aller chercher l’argent là où
    il s’accumule. Ces propositions seront-elles entendues ? En tout cas, c’est le social qui donne
    le tempo du débat public.

  • Le Medef Sud combat LFI mais « discute » avec le RN

    Le Medef Sud combat LFI mais « discute » avec le RN

    En conférence de presse, ce mercredi à Marseille, le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou, a décidé d’envoyer les pieds à l’encontre de différents partis de gauche, sur fond de débat autour du budget et des consultations du Premier ministre, Sébastien Lecornu. « La démagogie, le clientélisme, l’incurie et l’inculture des politiques, notamment LFistes, m’insupportent de plus en plus. Raconter à ce point des bêtises, ce n’est pas possible ! », entame-t-il, visiblement remonté. Il fait notamment référence au passage d’Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, sur BFMTV, le 11 septembre dernier, qui s’était pour le moins emmêlé les pinceaux à propos du fonctionnement de la taxe Zucman. « LFI, Mélenchon, Coquerel… Ils surfent sur les angoisses des gens qui ne voient pas de perspectives et qui considèrent que faire payer les riches peut apporter des réponses à leurs difficultés, ce qui est totalement faux », développe Stéphane Benhamou. Il s’attaque également à l’économiste Gabriel Zucman et ses soutiens. « Ce nouvel économiste… Un pikettyste punaise ! [sic, référence à l’économiste classé à gauche Thomas Piketty] Il n’a jamais vu une entreprise. Il ne sait pas faire la différence entre un résultat d’exploitation et le patrimoine virtuel. » En passant, le PS en prend aussi pour son grade puisque l’entrepreneur varois dénonce ses « gesticulations ». « On ne peut pas se revendiquer élu de la république et tenir des propos clientélistes comme ça », tacle-t-il, accusant les socialistes de « surfer à 6 mois des municipales ». En bref, Stéphane Benhamou suit les traces de Patrick Martin, président du Medef, dans sa montée au créneau contre une potentielle reprise de mesures proposées par la gauche par le nouveau Premier ministre.

    « Ils veulent la stabilité fiscale »

    Mais il va bien plus loin dans son raisonnement, dressant un cordon sanitaire à l’encontre de LFI : « Je reconnais le travail des élus locaux et régionaux, de toutes couleurs politiques confondues, à l’exception de LFI. » Par contre, il n’a visiblement aucun problème à tendre l’oreille en direction d’élus d’extrême droite. « Je discute très régulièrement avec des députés du RN, tous me disent qu’ils veulent la stabilité fiscale, qu’ils demandent à ce que les entreprises ne soient pas davantage taxées », explique-t-il sans sourciller. De quoi contraster avec la position de son prédécesseur, Jean-Louis Maurizi, qui pointait un « programme économique vide et [qui] n’a aucun sens » du côté du RN lors des dernières élections européennes. Après l’invitation de Jordan Bardella à l’université d’été de l’organisation patronale, espérons que le grand patronat ne reprenne pas des positions que l’on croyait révolues depuis 1944…

  • La CGT se mobilise et cible les politiques patronales

    La CGT se mobilise et cible les politiques patronales

    Il est un peu plus de 8h30 à l’entrée du Marché d’intérêt national (MIN) d’Avignon. Une voiture entre vite et frôle quelques militants CGT. « Il est énervé lui, il ne doit pas être en grève », plaisante Carlos Acha Moreton. Aux côtés d’une cinquantaine de militants, le secrétaire de l’union locale d’Avignon a pourtant des raisons d’être en colère.

    « Les grands patrons, vous êtes les responsables de la détresse du peuple », adresse-t-il, devant le siège du Medef vauclusien, dont les bureaux sont dans le MIN. Au préalable, une longue déambulation dans les allées d’entrepôts et entreprises se déroule. « Vous vous faites voler par le grand patronat qui capte toutes les aides publiques », harangue Carlos Acha Moreton, à l’entrée de l’enseigne Metro. Le but de la matinée ? « Se faire entendre, distribuer 1 000 tracts et appeler à la grève du 18. »

    Devant le Medef, les militants CGT entonnent l’Internationale. Dans son propos, le secrétaire de l’Union locale dépeint les « galères engendrées par le patronat » : allongement du temps de travail, salaires de misère, délitement des services publics. « Vous êtes des assistés ! », lance Carlos Acha Moreton, rappelant « toutes les exonérations fiscales et sociales » dont bénéficient les entreprises. Ce discours est remis en mains propres à la déléguée générale du Medef 84. Une discussion courtoise s’engage entre deux portes, mais sans protocole d’accord trouvé. Le député Raphaël Arnault (LFI-NFP) fait un passage, se rendant aussi sur d’autres fronts avignonnais.

    En début d’après-midi, c’est cette fois l’union départementale CGT qui donne rendez-vous devant l’usine SEPR du Pontet, pour un « point de convergence » de tous les secteurs en grève. « On dénonce depuis longtemps les licenciements dans le secteur industriel », expose Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT 84, alors que la SEPR est sous le coup d’un chômage partiel, sans plan social annoncé pour l’heure. « Le sujet central n’est pas le casting du Premier ministre, mais le contenu de la politique d’austérité de Macron au service du patronat », estime la secrétaire de l’UD, pour qui « mettre le ministre des Armées à Matignon, c’est déclarer la guerre aux travailleurs ».

    Une autre bataille se profile, jeudi prochain : une manifestation intersyndicale partira à 10h30 de la cité administrative.

  • La CPME Sud n’attend qu’un gouvernement pro-entreprises

    La CPME Sud n’attend qu’un gouvernement pro-entreprises

    Inquiets, mais combatifs. En cette rentrée politique agitée, Alain Gargani, le président de la CPME Sud, installé dans un fauteuil de salon, au 7e étage du Sofitel Vieux-Port de Marseille, prend le pouls des adhérents de l’organisation patronale défendant les intérêts des très petites et moyennes entreprises.

    « Jusqu’en juin, le moral de nos entrepreneurs affichait des indicateurs plutôt positifs », rappelle le conseiller régional (DVD) de la majorité de Renaud Muselier (Ren.). Mais selon lui, le vent tourne : les chiffres sont en baisse dans plusieurs secteurs – bâtiment et travaux publics, immobilier, restauration « jusqu’à -25% par endroits », automobile ou habillement.

    Au mois de juin, en France, les tribunaux de commerce ont enregistré 68 000 défaillances, « un niveau assez historique », avec 18% de déclarations de cessation de paiements et 31 000 procédures collectives ouvertes, une augmentation de 3% sur les cinq premiers mois de l’année. Avec 1 540 plans de sauvegarde, de redressement ou de liquidation, un chiffre en baisse de 4,7%, la région se portait jusqu’ici pourtant bien, à rebours de la tendance nationale (+1,3%).

    Coup politique

    Alain Gargani pointe, parmi les principaux défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs, des problèmes de trésorerie, des investissements au ralenti ou les difficultés de recrutement des patrons confrontés à une forme de « zapping des salariés ». Un contexte aggravé par l’instabilité gouvernementale de ces deux dernières années, assure le responsable de la CPME, fustigeant le « coup politique et médiatique » du Premier ministre François Bayrou, exécuté au détriment de « l’intérêt général ». Un intérêt qui se cantonne ici, surtout, à celui des entrepreneurs.

    « On veut un gouvernement rapidement parce que chaque jour perdu ne se regagnera plus. La priorité, c’est de regarder les économies pas d’augmenter les impôts », martèle le représentant d’un petit patronat « aligné sur 99% des sujets » avec les positions du Medef. Et peu importe le Premier ministre, ou presque. « Le seul critère que nous souhaitons, c’est qu’il soit pro-entreprise, qu’il allège les charges et les normes », poursuit Alain Gargani. Après huit années de gestion du pays par la droite et des décennies de politique libérales qui ont totalement démembré les services publics de la santé et de l’éducation, et plombé la dette de l’état, il met en garde contre un scénario à la grecque.

    Et de mettre sur la table les propositions de la CPME : suppression de la fiscalité sur les quatre dernières heures des 39 heures hebdomadaire, suppression de l’impôt sur les sociétés si l’argent reste dans l’entreprise, suppression des « normes abusives », telles les « normes poissons » lance-t-il en amusant l’auditoire, ou faciliter de l’accès aux prêts bancaires.