Tag: Medef

  • À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    Mettre la pression sur le patronat pour défendre l’emploi. C’est l’objectif de l’UD CGT 13, qui appelle ses militants au rassemblement sur la place du Général-de-Gaulle à Marseille, ce jeudi à 11h30, devant les locaux de l’Union pour les entreprises, déclinaison phocéenne du Medef.

    L’organisation met en exergue des inquiétudes pour l’emploi sur plusieurs sites majeurs du département. « Des milliers d’emplois sont menacés, que ce soit dans l’industrie, dans les pans de la fonction publique, dans le secteur social ou le commerce, notamment avec Arcelor, Kem One, la CPMM (Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne), Fibre Excellence… », énumère la CGT. Avant de résumer : « Dans notre département, nous sommes face à des urgences dans tous les secteurs. »

    Des urgences sociales dont le dénouement pourrait avoir un impact direct sur les ambitions de réindustrialisation du Golfe de Fos et du pourtour de l’étang de Berre. « Il y a des projets de décarbonation et de réindustrialisation, mais la situation actuelle remet tout en cause : on risque de perdre des emplois existants et de ne pas gagner les emplois futurs », pressentait Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, lundi, lors d’une conférence de presse annonçant la mobilisation syndicale à venir. Preuve que son organisation a le nez fin : le projet d’usine XXL de photovoltaïque, Carbon, qui devait s’installer à Fos-sur-Mer, a officiellement été abandonné, le lendemain… D’où le rendez-vous avec le patronat : « Plus de 210 milliards d’euros d’exonérations lui sont offerts chaque année ! »

  • Les organisations économiques avec Olivier Galzi pour la LEO

    Les organisations économiques avec Olivier Galzi pour la LEO

    Un « pack territorial », comme le qualifie le premier édile, afin de poursuivre « une priorité absolue pour l’attractivité, la compétitivité et le développement du bassin de vie avignonnais », explique le Grand Avignon dans un communiqué de presse. « Après l’union politique, l’union économique derrière un projet crucial pour notre territoire ! », se félicite le maire de la Cité des Papes sur ses réseaux sociaux. « L’État doit impérativement se saisir du projet des tranches 2 et 3, majeures pour l’économie locale, l’attractivité et le développement du territoire », assure la CPME de Vaucluse.

  • Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    « On part en croisade pour l’emploi. » Ce lundi, Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, donne le ton des échéances à venir pour son organisation.

    Et autant dire qu’elle va prochainement avoir plusieurs fers au feu. « Il y a urgence à agir face à tous les plans sociaux qui se multiplient dans le département. On ne laissera pas les Bouches-du-Rhône devenir une zone qu’axée sur les emplois tertiaires du tourisme », campe le syndicaliste, le ton grave. Une inquiétude qui ne vient pas de nulle part mais bien d’incertitudes concrètes autour de l’avenir de sites de plusieurs industriels phares du département : « Il y a des menaces particulièrement visibles, qui concernent des dossiers industriels tels qu’ArcelorMittal, Kem One ou Fibre Excellence, avec des milliers de salariés menacés directement. » Trois usines d’importance pour le département et les filières qui dépendent de leur production respective (lire nos articles du 30/03, 02/04 et 27/04). « Arcelor, c’est 20 000 emplois directs et indirects. Fibre, c’est 5 000 emplois induits… », calcule François Canu, secrétaire de l’UD CGT 13, pour donner un ordre de grandeur.

    « Monter le rapport

    de force »

    D’autant qu’il faut aussi ajouter « des suppressions d’emplois moins visibles » « Dans le commerce avec la location-gérance qui aboutit à la perte des deux tiers des effectifs par magasin, dans la fonction publique avec des non-renouvellements de postes… », énumère Marc Pietrosino.

    L’UD CGT 13 met aussi le curseur sur deux collectivités territoriales en difficulté financière : « Il y a la situation très particulière de la Métropole Aix-Marseille qui n’a pas voté son budget mais qui emploie 1 200 contractuels… Sans être alarmiste, on est inquiets pour leur avenir. » « Et le Département qui réduit son budget de plus de 10% pour la protection sociale, c’est un autre mauvais signal », ajoute François Canu. L’organisation évoque aussi le cas de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) qui s’inquiète de sa viabilité économique à terme au regard de « l’absence d’aides de l’État ».

    En résumé, la situation économique décrite par la CGT est particulièrement terne. « On a déjà 200 000 demandeurs d’emploi localement selon les chiffres de France Travail », s’alarme Marc Pietrosino. D’où la volonté de relancer un processus de mobilisation autour d’un triptyque revendicatif cher à la CGT : « Vivre, travailler
    et vieillir dignement dans les Bouches-du-Rhône.
     »

    Concrètement, l’organisation affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles d’ici la saison estivale. « On commence avec une action dès le 21 mai, avec une mobilisation devant le Medef local. On va l’interpeller, il a sa responsabilité dans la situation actuelle », annonce le secrétaire général. Après des interpellations de la préfecture et de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), l’objectif est donc de viser le patronat. « La restructuration du monde du travail est impulsée par le patronat, l’emploi ne peut plus être la variable d’ajustement des comptes d’exploitations », juge Marc Pietrosino. Avant de développer le calendrier : « On déclinera avec d’autres actions sur le territoire par la suite. Ce mardi, on a une réunion à l’Union locale de Fos-sur-Mer avec plusieurs acteurs. »

    Quid de mouvements de grève à venir ? « Plusieurs acteurs sont déjà partants pour monter le niveau du rapport de force. Des actions de grève d’ici fin juin dans la zone ont été évoquées », répond François Canu, secrétaire de l’UD. Avant de résumer le plan : « On va solliciter tous azimuts les acteurs politiques et économiques. »

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    La Marseillaise : En quoi ce 1er-Mai 2026 est particulier ?

    Serge Ragazzacci : Pour trois raisons. Il y a d’abord le contexte de guerre partout dans le monde et le 1er-Mai est une journée internationale. C’est la date choisie en 1889 pour avoir une journée de mobilisation internationale avec un même mot d’ordre qui était à l’époque la réduction du temps de travail, avec, également, l’objectif de rappeler les solidarités ouvrières. Ce qui frappe en 2026, c’est l’étendue des guerres et le retour des visées impérialistes. Il faut donc se mobiliser pour la paix. Le deuxième élément, c’est la nécessité de se mobiliser suite aux tentatives de remettre en cause le caractère férié du 1er-Mai et, au-delà, de disputer le symbole et l’histoire des luttes ouvrières.

    Enfin, il faut profiter de ce 1er-Mai pour faire entendre toutes les revendications et toutes les colères en particulier sur la vie chère puisqu’il y a une nouvelle inflation avec la guerre alors qu’il y avait déjà une inflation forte en particulier des produits alimentaires. Il y a une nécessité que l’on augmente les salaires, les minima sociaux et les pensions de retraite.

    Quelles sont vos propositions face à la hausse des prix du carburant ?

    S.R. : Aujourd’hui il y a la question du détroit d’Ormuz mais il y a aussi les choix politiques de la France qui inquiètent. Crise après crise, c’est toujours la même attitude puisqu’il y a un refus de prendre en compte celles et ceux qui travaillent et d’aller vers les augmentations de salaires. On fait comme s’il n’y avait plus de dividendes dans le pays, comme si des entreprises ne continuaient pas à s’enrichir énormément et comme s’il n’y avait pas 300 milliards d’aides publiques versées sans contrôle ni contrepartie. Il y a des secteurs très fortement touchés puisque la semaine dernière, il y a eu un appel à la grève des aides à domicile de l’Hérault, par exemple. Dans certains secteurs, la voiture est l’outil de travail et, pour d’autres, c’est le moyen d’aller travailler. Il faut vraiment redonner du souffle parce qu’il va y avoir des conséquences sur notre département et sur le tourisme durant la saison estivale. Il y a donc aussi une nécessité de blocage des prix. Il faudrait également avoir une politique industrielle.

    On nous dit qu’il faut aller vers plus d’électrification, mais encore faudrait-il en avoir les moyens. On n’a pas de politique industrielle à hauteur des enjeux économiques et environnementaux. Nous militons toujours pour un retour de ce qu’était EDF-GDF avec une gestion 100% publique. Nous voulons aussi une baisse de la TVA pour les particuliers et les entreprises parce qu’on considère que l’électricité est un bien de première nécessité.

    Les premières conséquences sur l’emploi se font-elles déjà sentir ?

    S.R. : Cela va arriver, surtout chez les artisans et les plus petites entreprises. On ne comprend pas non plus qu’il y ait des remises en cause du télétravail. Au lieu d’inciter au télétravail, ce qui permettrait d’économiser un peu d’argent, on remet en cause ces accords.

    Certains dans le bloc central et à droite voulaient remettre en cause le 1er-Mai. Comment avez-vous vécu cette bataille finalement remportée ?

    S.R. : Il y a une volonté d’être à l’offensive sur ce jour férié et de pouvoir encore libéraliser parce que ça permet de faire sauter des verrous dans le Code du travail. C’est extrêmement important. Ce verrou est primordial car le 1er-Mai est le symbole de la réduction du temps de travail.

    On voit bien les velléités de revenir sur ces réductions du temps de travail, que ce soit sur le droit à la retraite, la semaine de 35 heures ou la journée de huit heures. Il faut que les salariés prennent la mesure du danger. L’objectif est de dérégulariser l’ensemble de certains secteurs. Et pas pour le bien des artisans et des commerçants. Parce que derrière, il y a les grandes surfaces. C’est le cheval de Troie qui a conduit à l’ouverture généralisée des grandes surfaces le dimanche. Il faut aussi rappeler que le volontariat n’existe pas car le contrat de travail est un lien de subordination donc on ne parle pas d’égal à égal avec son patron.

    Le prochain 1er-Mai, en 2027, se déroulera en pleine élection présidentielle, comment appréhendez-vous les prochains mois ?

    S.R. : Il faudra que les gens se mobilisent. Il y a des choses qui se passent dans les entreprises qui permettront peut-être des avancées. On ne sait pas comment va se dérouler l’année à venir, mais nous appelons les salariés à ne pas rester attentistes dans une séquence électorale parce que de l’autre côté, les patrons, eux, ne sont pas attentistes. On voit [après l’invitation de Jordan Bardella par le Medef et la rencontre entre Marine Le Pen et les patrons du CAC 40, Ndlr] la porosité et l’absence de moralité du patronat. Nous sommes dans un phénomène de banalisation et le patronat ne voit pas le caractère raciste, xénophobe, islamophobe et antisémite de l’extrême droite. C’est aussi la conséquence de la démission d’un certain nombre de formations politiques, en particulier à droite, qui ont mis de sacrés coups dans le barrage républicain. Ça devient extrêmement dangereux. C’est un signal d’alerte et il y a besoin d’une réaction à la hauteur. L’autre raison de manifester le 1er-Mai, c’est donc pour s’opposer à la montée de l’extrême droite partout en Europe et plus particulièrement en France. C’est un sujet qui nous mobilise et qui va continuer de nous mobiliser jusqu’à l’élection présidentielle.

    Entretien réalisé par Tristan Arnaud

  • Le Medef Sud enrage d’un 1er Mai chomé

    Le Medef Sud enrage d’un 1er Mai chomé

    « Cette affaire du 1er mai est lamentable. On est sur des positions totalement passéistes qui ramènent à une forme de lutte des classes du XXe siècle. » Ce mercredi lors de sa conférence de presse mensuelle, le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou, a envoyé les pieds à l’encontre de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs. L’entrepreneur varois était visiblement remonté contre « le manque de courage politique » du gouvernement après le recul de ce dernier concernant la proposition de loi prévoyant une extension de la possibilité de travailler le 1er mai. « Ce que demandent les boulangers, les fleuristes et d’autres professions, ce n’est ni plus ni moins que de travailler. Et faire travailler leurs collaborateurs lorsqu’ils en ont envie et de leur faire gagner un peu plus de d’argent à la fin du mois. C’est ballot tout ça ! », débute Stéphane Benhamou.

    « Dans 15 jours, ils seront tous ouverts »

    Pour lui, la proposition émise par les députés Renaissance, Gabriel Attal en tête, « relève du bon sens ». Alors que la réaction des différentes organisations syndicales qui s’y sont opposées relève d’une « posture clientéliste et populiste ». Le patron des patrons du Sud ne retient pas ses coups à l’égard des syndicats : « Ils ne sont pas représentatifs : on sait bien que dans la totalité des TPE ou petites PME la représentation syndicale est proche de 0. La représentation syndicale n’y existe pas. » Droit dans ses bottes, il assure même que la proposition de loi, qui n’a pas abouti pour rappel, est une simple « régularisation d’un état de fait ». « C’est une régularisation de la réalité : les boulangers sont tous ouverts le 1er mai, ils ne sont pas seuls à faire le pain ! Nous, nous sommes dans la réalité », développe-t-il. Il va même plus loin et appelle ses homologues artisans à aller contre la loi : « Nous soutenons l’ouverture au travail le 1er mai. Je les invite à ouvrir [malgré les menaces d’amendes]. » Avant d’assurer : « Dans 15 jours, toutes les boulangeries et tous les fleuristes seront ouverts. »

  • Les travailleurs de la culture mettent la pression au Medef

    Les travailleurs de la culture mettent la pression au Medef

    La banderole qui trône habituellement devant les locaux de l’Union pour les entreprises 13 (UPE13), déclinaison locale du Medef, « Plus que jamais les entreprises ont besoin de nous » a été remplacée par « le Medef tue la culture » lors d’une action coup de poing, ce mercredi matin à Marseille.

    Cette dernière a été menée par plusieurs syndicats et collectifs de travailleurs du monde de la culture et intermittents du spectacle, réunis sous la bannière de « l’assemblée générale culture 13 », qui ont momentanément occupé « la place des entreprises ». Une manière de mettre la pression sur les organisations patronales pour le dernier round de négociations autour de l’assurance chômage qui se déroulait au même moment à Paris au siège de l’Unédic, l’organisme en charge de ladite assurance. Des négociations durant lesquelles Medef, CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) et U2P (Union des entreprises de proximité) ont fait une proposition qui ne passe vraiment pas pour les petites mains de la culture : « L’augmentation de 50 heures par an du nombre d’heures minimum pour ouvrir le droit à l’indemnisation au titre de l’intermittence », comme le résume Maria, comédienne de théâtre à Marseille. Concrètement, ils devront travailler plus pour une indemnisation similaire : « C’est déjà compliqué d’en faire 507, alors 557 n’en parlons pas… »

    Débrayage à Plus belle la vie

    Si d’autres mesures de durcissement de l’assurance chômage pour l’ensemble des salariés sont discutées ce jour, la proposition patronale a des conséquences concrètes pour le monde de la culture : « On parle de 10 000 à 30 000 intermittents sur le carreau. En rehaussant ce seuil, de facto cela va exclure des personnes. D’autant qu’on fait déjà face à une baisse des subventions du ministère de la culture, des collectivités territoriales et donc du volume de l’emploi », explique Léo, pour le syndicat français des artistes CGT. Plus qu’un symbole, « l’ensemble de l’équipe technique, des figurants et quelques comédiens » du tournage de la série Plus belle la vie étaient aussi présents et « ont débrayé une heure ».

  • [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    TAXES TRUMP

    LM : Quels sont les effets des droits de douane en Occitanie ?

    S.H. : Trump a une diplomatie économique qui n’est pas celle qu’on a connue pendant des années. Cela génère un inconfort supplémentaire. Il s’amuse avec le dollar sur les taux d’intérêt, que va-t-il se passer pour nos emprunts, nos investissements ? On est sur une inflation contenue autour de 2% mais il suffit d’une mauvaise humeur pour faire monter les taux. En France, l’agroalimentaire avec l’agriculture est le secteur qui souffre le plus des droits de douane. L’aéronautique est passée à 0% sur demande de Boeing. Les sous-traitants automobiles, les produits de luxe, les vins, fromages… sont taxés à 25%. Pour les viticulteurs c’est un vrai sujet. 6 000 emplois pourraient être perdus dans l’industrie de la beauté.

    ENTREPRISES & EMPLOI

    LM : Avec la fin des aides Covid, y a-t-il plus de défaillances d’entreprises ?

    S.H. : Au 2e trimestre 2025 en Occitanie, on a eu +19% de défaillances. Les petites entreprises et de plus de 100 salariés sont touchées dans le bâtiment, l’hôtellerie restauration. Plusieurs facteurs jouent dont la fin des prêts garantis par l’État (PGE) combinée à l’inflation qui a fait un effet ciseau.

    La verrerie pourrait fermer, êtes-vous inquiet pour l’emploi industriel ?

    S.H. : J’espère que la décision du tribunal pour Perrier va permettre à Nestlé Waters de maintenir le site et le sous-traitant à Vergèze. On est inquiet mais l’Occitanie est la seule région où le solde net d’usines (création/destruction) est positif (+9). Si on veut garder l’industrie, il faudra que la fiscalité, le coût du travail et la simplification soient abordés.

    Les délocalisations ne vous révoltent pas, c’est la loi du marché ?

    S.H. : Pardon tout le monde fait ses calculs. Vous feriez sans doute les mêmes. On peut attendre des grands groupes davantage de responsabilité sur les délais de paiement. Mais pourquoi j’irai produire plus cher ici qu’ailleurs ? Il ne faut pas leur demander de se tirer une balle dans le pied.

    Mais un jour la France ne produira plus rien…

    S.H. : On doit être fort sur les sujets qui créent une forte valeur ajoutée : la RD, l’innovation, le numérique, l’aéronautique. Vouloir garder en France des industries mondialisées, non différenciantes, c’est très compliqué. On peut aussi travailler sur des sujets de souveraineté alimentaire, de défense, de cybersécurité, du nucléaire. Stop aux petits calculs, l’État doit poser les grands enjeux.

    INSTABILITÉ & INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

    LM : Quels effets l’instabilité politique a-t-elle sur le moral et les décisions des chefs d’entreprise en Occitanie ?

    Samuel Hervé : Des études de la Banque de France en Occitanie ou le baromètre de la CCI régionale montrent que si on sort le secteur aéronautique qui tire l’économie vers le haut, on a dans les autres secteurs comme le BTP, l’hôtellerie-restauration, le numérique, les services sanitaires, social et à la personne, tous souffrent de difficultés de visibilité, de capacité à se projeter. Comparé à l’an passé, tous voient leurs chiffres d’affaires, perspectives d’investissement (à l’arrêt) et d’embauche diminuer. Quand vous ne savez pas à quelle sauce vous allez être mangés… On assiste à un grand concours Lépine de toutes les fiscalités possibles. Tout le monde attend. Le contexte international peut aussi un peu jouer quand les règles du jeu peuvent changer du jour au lendemain avec Trump.

    Voyez-vous l’IA comme un atout ou un danger pour l’emploi ?

    S.H. : Le Medef a fait un IA tour dans chaque département. On avait une centaine de chefs d’entreprise chaque fois. L’enjeu c’est de surfer sur la vague et de ne pas se faire submerger. Il faut bien connaître les valeurs de cet outil, ses forces et ses faiblesses, dans son entreprise, indépendamment de l’IA. La cité de l’économie et des métiers de demain avec le groupement Leader et l’appui de la Région ont lancé le programme « IA, on accélère ». Il y a 2 promos de 20 entreprises. On est accompagnés sur les différences d’IA (générative, prédictive…). Par exemple, dans ma PME de restauration collective j’ai une dette technologique à résorber pour récupérer des données accumulées depuis 18 ans. On peut aussi faire en sorte que les collaborateurs se concentrent sur leur cœur de métier. Il y a aussi risque de la substitution. Je ne mettrais pas des garde-fous légaux mais à la main du patron. Trouver des salariés impliqués est précieux, je ne connais pas beaucoup de patrons qui s’en séparent même si la compétence est substituable. On peut acheter de la compétence, pas de la motivation.

    TAXATIONS & RETRAITES

    LM : Vous refusez plus de fiscalité mais les profits du CAC40 sont énormes : 131 milliards en 2024. Ne faudrait-il pas taxer plus les gros et moins les petits ?

    S.H. : Si on regarde l’addition des 53 milliards d’économies, il y en a 31 sur les gros. Il y a en France un CAC40 bashing un peu terrifiant. On devrait se féliciter d’avoir des champions français, européens, ce sont des boîtes transnationales. L’activité de Total est déficitaire en France, ils pourraient s’en débarrasser mais ils la gardent. L’essentiel du prix à la pompe c’est des taxes. Par ailleurs, on demande aux grands groupes de continuer à faire de l’apprentissage alors qu’ils n’ont plus aucune aide. Opposer les grands aux petits c’est une vision idéologique. Les gros sont aussi des donneurs d’ordre. Beaucoup de PME et PTE travaillent avec les patrons du CAC40. A travers eux, on risque d’affaiblir le tissu régional. Aujourd’hui, le capital est moins bien rémunéré en France qu’en Allemagne, en Italie, en Suède. Une étude de l’OFCE montre aussi que le niveau de rémunération (des salariés) comparé à la valeur ajoutée créée par les entreprises est le plus élevée en France.

    Vous étiez dans le Conclave. Pourquoi avoir quitté la conférence sociale ?

    S.H: On est allés au Conclave alors que nos cousins n’y sont pas allés et que personne ne les a questionnés. Cette réforme des retraites était passée, ce n’était plus un objet de discussion. Ça a été remis sur le tapis pour des calculs politiciens, on n’était pas pour. On est allé plus loin que beaucoup de positions qu’on avait pu avoir : sur les carrières des femmes, la prévention de la pénibilité, des carrières longues. Là, avec la suspension, on ne fait plus de prospective, on devient instrumentalisés politiquement, on n’en a pas envie. Pareil sur l’assurance chômage, la réforme était passée il y a 2 ans. On a rouvert la boîte de pandore, c’était du pain béni pour les syndicats (salariés). Je peux concevoir que le 49-3 n’ait pas plu mais il reste un outil constitutionnel. Ce n’est pas un déni de démocratie.

    C’EST QUOI UN BUDGET RESPONSABLE ?

    S.H. : Un budget qui conjugue la capacité d’un pays à pouvoir continuer à faire de la croissance. Si on veut protéger le modèle social, la capacité des entreprises à faire de l’emploi, on ne peut pas assécher les conditions de création de valeur. Il n’y a plus d’incitation fiscale pour les entreprises à créer de la valeur. Les systèmes sont parfois confiscatoires. Ça résonne sur l’investissement, sur l’emploi ce qui fait moins de cotisations sociales qui rentrent. Taper sur les entreprises plutôt que sur les dépenses de l’État ce n’est pas responsable.

  • Le Medef Sud interpelle les élus de la région

    Le Medef Sud interpelle les élus de la région

    Le combat de Stéphane Benhamou, président du Medef Sud, contre « la folie budgétaire » se poursuit. « Il y a une véritable fracture des élus de l’Assemblée nationale et la société civile. Il y a eu une confiscation fiscale pendant les débats. Ce n’est plus acceptable », dénonce-t-il, lors de sa conférence de presse mensuelle, ce mardi à Marseille.

    Il rappelle que le Medef Sud est vent debout contre les « 53 milliards d’impôts supplémentaires qui ont été votés ». « Après avoir mobilisé l’ensemble des fédérations, organisations patronales du territoire, nous allons les recevoir les élus […] pour les écouter et leur faire part de nos positions », développe-t-il. Des rendez-vous sont déjà prévus dans le Var, Hautes-Alpes et Alpes-Maritimes d’ici la mi-décembre avec « tous les députés du territoire de tous les partis ». « Ils vont venir pour un débat à l’union patronale du Var. On a déjà des députés du Rassemblement national de prévu, d’Ensemble pour la République mais c’est silence radio pour les élus les Républicains pour l’instant », précise-t-il. Il appelle aussi les entrepreneurs à s’engager en vue des élections municipales pour « faire valoir la prééminence de l’activité économique » dans les débats et défendre « une approche sociale libérale et humaniste » de la société. Y compris sur des listes RN ? Il assure que « le rejet de l’autre, c’est pas pour nous ».

  • Des doléances portées en préfecture à Marseille

    Des doléances portées en préfecture à Marseille

    Ils ont bien compris la petite mécanique à l’œuvre ces dernières semaines et ne s’en satisfont évidemment pas. Retraités ou non, ils ont marché main dans la main dans les rues de Marseille, jeudi, pour manifester leur rejet du budget d’austérité 2026 préparé avec les projets de loi de finance de l’État et de la Sécurité sociale.

    « Cela va impacter très fortement les travailleurs, en activité ou à la retraite parce que nous considérons bien que nous sommes des travailleurs puisque la retraite est un droit social », glisse d’emblée Josiane Dragoni. La responsable fédérale des retraités de la FSU se veut à rebours de la « guerre des générations prônée par le Medef et reprise par certains partis et une partie de la presse ». Le sentiment est partagé partout dans le cortège où sont présents de nombreux actifs. « Opposer les gens les uns aux autres ça n’amène qu’au pire », résume Marcel, son autocollant CGT bien posé sur sa veste. « Pointer les retraités, les chômeurs, les immigrés comme le fait Monsieur Macron depuis des années, ça ne fait que faire monter l’extrême droite. »

    « On est très en colère et on l’exprime a contrario de ce que veulent le gouvernement et certains médias qui jouent l’opposition entre actifs et retraités. On fait la preuve à Marseille comme dans tout le pays que nos revendications, même si elles sont spécifiques, nous rassemblent », abonde Claude Mas, la secrétaire générale de l’USR CGT 13.

    Ces revendications sont salariales tout d’abord. « Parce que les retraités ne sont pas riches et la pension moyenne est au niveau du Smic » rappelle-t-elle, eux demandent leur indexation sur l’inflation dès janvier, leur revalorisation selon le salaire moyen, et le maintien de l’abattement fiscal de 10%. Elles sont sociales aussi avec la revalorisation des prestations sociales a minima au niveau de l’inflation, l’abandon du doublement des franchises médicales, ou encore le maintien et le développement des services publics sur tout le territoire.

    « Les services publics,

    c’est pour tout le monde »

    Après avoir marché du Vieux-Port à la préfecture, ce sont ces doléances qu’une délégation de l’intersyndicale a transmis aux représentants de l’État dans le département. « Les services publics, c’est pour tout le monde, jeunes, actifs, retraités, et c’est tout ce qui est nécessaire. Cela se déliterait parce que ce serait des dépenses ? Mais non. Ce sont des investissements », reprend Josiane Dragoni. « Les cibler c’est détruire toute solidarité, cela signifie l’effondrement de notre modèle social, et la fin de nos droits sociaux, nos droits à la retraite, à la santé, à l’éducation. Et pour faire quoi ? Faire place au privé et aux grands groupes financiers. » Et la porte-parole des retraités Solidaires 13 de prendre l’exemple des Ehpad dans les Bouches-du-Rhône où plus des 70% sont aux mains de groupes comme Orpea, Korian ou DomusVi. « Les centres de rééducation fonctionnelle, les cliniques de soins sont aux mains de ces groupes avec des situations comparables », poursuit-elle, déplorant que la Sécurité sociale soit tuée à petit feu avec les 80 milliards d’exonération de cotisations sociales annoncées. « On la prive de ses recettes et le report vers les complémentaires de santé et les assurances privées poussés par les déremboursements vont encore s’accélérer avec ce budget. »

    En parallèle, les parlementaires, sénateurs et députés de tout le pays, hors Rassemblement national, « parce qu’on ne discute pas avec eux » sont interpellés. Face à la crainte d’une application par ordonnance, les organisations syndicales comme la CGT veulent connaître leur position dans le débat et attendent qu’ils défendent eux aussi leurs revendications.

  • Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef n’est visiblement pas ravi de la suspension de la réforme des retraites et de la tournure des débats autour du budget. Et le président du Medef Sud, déclinaison régionale de l’organisation patronale, Stéphane Benhamou, en premier lieu. « La notion de compétitivité du pays n’existe pas en France », tonne-t-il, en préambule de sa conférence de presse qui se tenait ce mardi, à Marseille. Avant de développer, sans forcer sur la caricature : « La réduction du déficit public n’est plus un sujet. La baisse des dépenses de l’État, n’est plus un sujet. Et travailler plus pour gagner plus, c’est passé aux oubliettes ! »

    In fine, c’est surtout la suspension de la réforme des retraites qu’il vise. Une suspension qui ne passe pas pour le patronat : « Au-delà du coût de cet abandon, c’est tout ce qu’il représente pour la dynamique entrepreneuriale qu’il faut nourrir dans ce pays. C’est un signe fort donné à des franges très minoritaires politiquement, puisqu’on parle de 69 députés dans l’hémicycle. » En clair, cette suspension serait pour lui « une décision à l’emporte-pièce visant à préserver des postures d’élus », en l’occurrence celle des députés du Parti socialiste. À l’inverse, évidemment, il rappelle que le Medef plaide pour un « rééquilibrage du système de retraite avec une introduction par capitalisation ». S’il note que « plus de 80% des Français demandent à ce que les entrepreneurs s’engagent dans le débat public », en citant un sondage Odoxa pour appuyer ses propos, il oublie bien de préciser que 70% d’entre eux rejettent le système de capitalisation et que 73% des salariés sont toujours opposés à la retraite à 64 ans, selon l’Ifop. Forcément, le patronat a la réponse à ce « paradoxe », jugeant que c’est « un rejet de la réalité d’un revers de main émotionnel ». Le patron des patrons de la région développe son raisonnement : « Le discours politique est de plus en plus clientéliste et populiste. Face au défaut d’argumentation, on parle au cœur et non à la tête. Et donc, ce qui passe très bien dans notre pays c’est : Il faut faire payer les riches, il faut faire payer les entreprises. » Et de ressortir les vieux mots d’ordre du Medef, dénonçant la « surenchère fiscale ».

    Mais le paritarisme

    a du bon

    Le patron des patrons régionaux explique tout de même que son organisation sera de la partie pour la conférence sociale proposée par Sébastien Lecornu. Une participation sous condition : « Nous y participerons, mais pas pour servir de caution à un processus politicien (…), on voit bien où le conclave a mené. Ces sujets relèvent des organisations patronales et syndicales, mais sur notre calendrier. » Il en profite pour vanter les bienfaits du paritarisme, et paradoxalement ses bonnes relations avec les organisations syndicales de salariés : « Je parle régulièrement avec les organisations syndicales, notre relation est franche, on débat sereinement. »

    Le versement mobilité dans le viseur

    Après le vote en assemblée plénière du conseil régional, vendredi dernier, de la baisse de la contribution des entreprises pour le financement des transports régionaux, alias le versement mobilité, qui passe de 0,15% à 0,08%, le Medef Sud ne saute pas de joie. « Cette réduction, nous en pensons du bien, nous l’avons soutenu, mais nous appelons de nos vœux la descente jusqu’à 0% », explique Stéphane Benhamou. Une opposition de principe visiblement : « Nous sommes naturellement contre tout impôt de production en général au Medef. » Rien de nouveau sous le soleil. A.B.