Tag: médecin

  • La gauche présente une liste volontariste à Châteauneuf

    La gauche présente une liste volontariste à Châteauneuf

    « Votre présence nous confirme la nécessité d’une candidature comme la nôtre », lance Laurence Jouanaud (PCF) aux soutiens venus au meeting de mercredi soir, à la salle Michel-Blasco de La Mède. L’enseignante retraitée y présente le programme et la liste d’union de la gauche « Un élan pour l’avenir » qu’elle conduit avec ses 34 colistiers qui « ont en commun les mêmes valeurs de justice sociale ».

    Parmi les candidats mis en avant, Marc Lopez (PS), présenté comme « le compagnon de lutte idéal dans la campagne », Élodie Thiebaut, conseillère municipale sortante, Guy Defrance (EELV), également sortant, Jacques Messeguer (PCF), ancien adjoint à l’éducation de Vincent Burroni (PS). Figure aussi sur la liste Cyril Mistral, sapeur-pompier professionnel et président du moulin associatif Les moulins d’Olive, produisant de l’huile. Mais également Sylvie Grosseau, « châteauneuvaine depuis 1966 qui se battra contre l’abandon des quartiers périphériques » selon Laurence Jouanaud, ou encore Toomaï Boucherat, chercheur associé au CNRS.

    La santé sujet n° 1

    « La justice sociale signifie des services publics forts et accessibles à tous » développe Marc Lopez, qui veut répondre à « l’insécurité routière, physique et des biens. Nous voulons un poste de police nationale, combler les municipaux vacants et former les agents », par exemple à l’accueil de femmes victimes de violences. Et propose de créer une « plateforme de veille sociale avec les associations pour lutter contre l’isolement et l’habitat indigne », bref, « les insécurités sociales comme environnementales ».

    Élodie Thiebaut, ancienne infirmière, fait de la santé « un sujet primordial ». « Avec un médecin pour 3 000 habitants, c’est difficile. Le maire sortant s’en remet à l’État, mais nous avons une volonté en attendant », affirme-t-elle, proposant d’« assurer la disponibilité des locaux et le financement du matériel et des internes pour leur installation » sur la ville.

    Un habitant demande : « Pourquoi vouloir municipaliser l’eau ? ». Guy Defrance répond que « l’eau qui passe par Châteauneuf va à Martigues, mais ils paient moins cher que nous. C’est politique, nous voulons passer en régie ». « C’est les actionnaires qui coûtent cher » complète un autre. Un dernier remarque qu’il s’agit d’une compétence de la Métropole. Jacques Messeguer l’affirme : « En votant pour nous et pour les listes de gauche partout, on récupérera la Métropole. » L’ambition est affichée.

  • [Entretien] « L’affaire a levé le voile sur une réalité des paysages ruraux »

    [Entretien] « L’affaire a levé le voile sur une réalité des paysages ruraux »

    En plus des accueils et accompagnements qu’elle propose aux femmes victimes de violence à Aubignan et à Montélimar, l’association Vivre femmes intervient dans les écoles pour sensibiliser.

    La Marseillaise : En quoi l’affaire Pelicot a modifié le regard qu’on porte sur les violences faites aux femmes ?

    Sandra Barba : En zone rurale, nous sommes souvent confrontés à des discours stéréotypés. L’idée c’est que les violences de ce genre, ça n’arrive qu’aux autres, dans les grandes villes. Nous, dans notre commune, il y a 6 000 habitants, c’est-à-dire que tout le monde se connaît. Doncon se dit que s’il se passait quelque chose, ça se saurait. Le fait que Madame Pelicot soit dans un village à dix minutes de chez nous a permis de lever le voile sur une réalité dans les paysages ruraux, qu’on n’affronte pas toujours franchement. D’autant qu’ici, Madame Pelicot, nous l’avons presque tous croisé. Elle a incarné une vraie réalité, qui fait ses courses comme tout le monde, qui va acheter son pain comme tout le monde, qui va chez le médecin comme tout le monde. Ça a vraiment cassé les codes.

    Pourtant, on sait que près de 50% des féminicides ont lieu en zone rurale, alors que seul un tiers des Françaises y vivent…

    S.B. : Tout à fait. Mais c’est plus diffus, plus flou. Les gens se disent que les violences de rues sont les choses de la grande ville. Ils oublient trop souvent l’isolement, les difficultés d’accès à l’information, les problématiques de mobilité… Une femme qui se met à hurler dans une maison au milieu d’un jardin de 1 000m2 sera moins entendue que celle qui hurle dans un immeuble. L’affaire Pelicot permet aussi de révéler toutes ces difficultés qu’on rencontre en zone rurale et qui sont parfois balayées.

    Cette affaire a aussi permis de montrer que le profil d’un agresseur pouvait être celui de monsieur tout le monde…

    S.B : Exactement. Et nous, nous en avions encore plus besoin. D’autant qu’ici, tout le monde à au moins une connaissance liée à l’affaire. Nous avons tous été impactés en découvrant certains noms, en se disant : « putain, mais j’ai bossé avec lui », « mais, lui, il a bossé avec ma fille » ou même « c’est mon frère ». Dans mon cabinet, j’ai reçu des épouses qui ne croyaient pas que leur conjoint puisse être impliqué, qui, même lorsqu’elles étaient interrogées par la police, disaient que ce n’était pas possible, qu’ils se trompaient. C’est normal, quand vous apprenez que votre voisin a violé quelqu’un, il y a un temps de sidération. Surtout que la phase sociale des agresseurs est souvent policée et travaillée. Mais c’est vrai que l’affaire Pelicot a fait exploser la nécessité de se réveiller. Elle a montré que ça pouvait se passer chez tout le monde, même dans les jolies petites maisons. Je pense que ça a complètement bousculé le Vaucluse.

    Pensez-vous que cela a aussi permis de libérer la parole des victimes ?

    S.B. : Disons que ça a ouvert la porte de ce qui n’était pas normal. À très juste titre, Gisèle Pelicot a soulevé la problématique de la honte. Je pense que ça a beaucoup aidé. Dans notre association en tout cas, nous avons plus d’appels : 143 l’an passé contre 90 l’année d’avant. Et, depuis janvier, nous en recevons presque tous les jours. D’autant qu’ils proviennent à 60 % d’un rayon de 10km à la ronde, alors qu’au départ ils venaient de nos partenaires extérieurs.

    Les associations féministes en parlent

    Annick Karsenty, présidente de l’association Femmes Solidaires à Marseille

    « Gisèle Pelicot est une éveilleuse. Elle a mis en évidence la culture du viol. Un concept dont nous, les militantes, parlions beaucoup, mais que personne ne retenait, ou pas beaucoup. Elle a mis en évidence le fait que la honte devait changer de camp. Et puis sa décision que le procès ne se passe pas par un huis clos a permis de montrer ce que les féministes disaient. Qu’est-ce qu’il se passe pendant un viol, ou dans un tribunal ? La question de la soumission chimique… tout a été mis en évidence. C’est une femme exceptionnelle. »

    M.M.

    Pascale Perez, secrétaire générale du CIDFF dans les Alpes de Haute Provence

    « Gisèle Pelicot est exemplaire dans sa démarche. Mais je crois que c’est un petit peu tôt pour dire si ce procès a changé la vision du viol. Ce qui m’interpelle, c’est que seulement 10% des plaintes pour viol aboutissent. Je souhaiterais que comme en Espagne, on ait une juridiction particulière pour ces questions-là. Parce qu’on a un souci au niveau de la prise des plaintes auprès des forces de police et de gendarmerie. Et je suis très inquiète de la montée de certaines idées qui accompagnent les mouvements masculinistes. »

    E.J.

    Nathalie Rocailleux, directrice de l’AFL Transition à Toulon

    « Le message fondamental qu’elle passe, c’est cette révolution qui est que la honte doit changer de camp. Pour moi, c’est une réforme dans une société patriarcale, dans laquelle nous sommes tous encore. C’est une révolution culturelle, morale, psychologique, sociétale et juridique. Et avec le titre de son ouvrage, paradoxal, qui parle de joie, après l’effondrement, c’est en fait refuser, pour moi, que la violence de l’autre prenne le pas sur sa vie. Ce livre, c’est un très beau témoignage de résilience. »

    E.J.

  • L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    Pendant les fêtes, si vous avez besoin d’un médecin, suivez le bon chemin. » Une manière polie de l’Agence régionale de santé (ARS) d’inciter la population à ne pas engorger les urgences, en cette période d’épidémie de grippe.

    « Les services des urgences en France et dans notre région voient chaque année leur nombre de patients augmenter de manière continue, en particulier à l’approche des fêtes, période durant laquelle les épidémies hivernales cohabitent », indique l’ARS dans un communiqué. Et d’insister : les urgences « doivent être prioritairement réservées aux situations les plus graves ».

    Pour assurer la continuité des soins, un dispositif est mis en place précise-t-elle avec la mobilisation des médecins généralistes en ville, l’ouverture des maisons médicales de garde, le renforcement des moyens de l’aide médicale urgente et une coordination assurée par le Centre 15.

    La bronchiolite stable

    La semaine dernière, l’activité pour grippe aux urgences a continué à augmenter, avec plus de 2 000 passages enregistrés dans la région, conduisant à près de 450 hospitalisations. La vaccination associée aux gestes barrières, demeurant l’une des armes les plus efficaces de protection rappelle l’ARS. Côté bronchiolite, qui touche particulièrement les enfants, la région est en phase épidémique depuis quatre semaines et l’activité des urgences concernant les enfants de moins d’un an se stabilise, à un niveau inférieur à celui observé à la même période l’an dernier.

  • Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    « C’est un peu grâce à eux que j’ai réussi mon parcours pour faire reconnaître ma maladie professionnelle », confie Pierre Seux. Ce retraité de l’industrie pétrochimique est l’un des nombreux travailleurs à avoir été accompagné par l’Association de défense des victimes des maladies professionnelles (Adevimap) de l’ouest de l’étang de Berre qui a ouvert ses portes mercredi. L’initiative se poursuit ce jeudi de 9h à 16h.

    Ayant travaillé chez Arkema à Marseille de 1984 à 2013, le retraité explique avoir « respiré tous les produits de la filière carbone, dont le benzène, jusqu’en 2013 où je suis parti en retraite anticipée car le site a été reconnu amianté en 2012 ». Sept ans après son départ en 2020, Pierre Seux contracte une leucémie. Alors, il demande de l’aide à l’Adevimap pour l’accompagner dans le processus de reconnaissance de cette maladie par la faute de l’employeur.
    « Ils m’ont aidé à remplir le questionnaire destiné à la Sécurité sociale. Ils m’ont aussi préparé à passer devant le médecin-conseil, pour comprendre les questions et bien y répondre », affirme l’ancien ouvrier.

    « Les gens ne peuvent pas aller au tribunal sans eux »

    Pierre Seux est venu aux portes ouvertes de l’Adevimap ce mercredi pour « donner quelques conseils, comme aux collègues de Naphtachimie qui sont passés ce matin, mais aussi pour se retrouver, discuter et se soutenir ». C’est aussi la démarche de Sylvie Pioli, ancienne infirmière de nuit et fondatrice de l’association Cyclosein. « Ce sont presque des amis », reconnaît-elle, car face à la maladie « on n’est pas aidé, ça coûte très cher d’aller au tribunal et les gens moyens ne peuvent pas y aller s’ils ne sont pas aidés par des associations comme l’Adevimap ou les syndicats », estime-t-elle.

    L’ancienne infirmière, atteinte d’un cancer du sein, veut sensibiliser sur « les risques du travail de nuit ». « Il faut que la médecine du travail soit sensibilisée aux cancers du sein, digestifs, ou la dépression que favorise le travail de nuit. Il faut aussi que les candidats à ce type de poste soient prévenus sur les risques », conclut-elle. C’est aussi ça l’Adevimap, un carrefour des battants pour la vie et la justice. La présidente, Christiane de Félice, considère que « c’est important de se soutenir, et les gens qui viennent savent qu’on n’est pas un service administratif, mais des bénévoles qui apportent à la société et aux victimes ». En 2025 l’association a perdu l’un de ses fondateurs Maurice Huc. « Il est toujours dans notre esprit et on continue à se battre pour obtenir justice pour les gens qui ont tout perdu, jusqu’à la vie », assure la présidente.

  • L’hôpital de Toulon – La Seyne ambassadeur du don d’organes

    L’hôpital de Toulon – La Seyne ambassadeur du don d’organes

    Avec près de 30 prélèvements par an, la Coordination hospitalière des dons d’organes et de tissus du Centre hospitalier intercommunal de Toulon -La Seyne-sur-Mer (Chits), aux côtés des équipes médicales, chirurgicales et soignantes, joue un rôle crucial dans l’organisation des activités de prélèvement d’organes et de tissus en vue de greffes. « La coordination du don d’organes du Chits a été créée en 2000 pour recenser tous les donneurs potentiels d’organes et de tissus, d’accueillir et accompagner les proches, d’organiser les prélèvements, de former les professionnels de santé, d’informer le grand public. Et également, d’être dans un réseau avec d’autres lieux de soins, l’hôpital d’Hyères, l’hôpital Sainte-Anne, l’hôpital de Brignoles et les cliniques », détaille Yann Le Bras, directeur du Chits.

    Une coordination qui a permis, en 2024, 102 prélèvements d’organes et 182 prélèvements de tissus au Chits, qui s’est récemment doté d’une nouvelle salle de prélèvements. « Derrière cela, il y a bien sûr des réalités humaines, mais ces chiffres montrent l’activité et un élément très fort d’engagement des équipes », salue Yann Le Bras. C’est pourquoi le Chits a formalisé son engagement, vendredi, en signant, aux côtés du « Collectif Greffes+ », une charte faisant de l’hôpital un ambassadeur du don d’organes, afin d’intensifier la sensibilisation de l’ensemble de son personnel, des patients et des visiteurs.

    « Devenir ambassadeur du don d’organes est pour nous un élément majeur. C’est participer à un mouvement solidaire national permettant de sauver des milliers de vies chaque année », se félicite Yann Le Bras. Un pas de plus pour un hôpital déjà engagé dans cette démarche depuis 25 ans : « Cela marque l’intensification de l’effort de notre établissement pour sensibiliser l’ensemble de la communauté hospitalière, ainsi que les patients et visiteurs. » « Quelle plus belle chose que de donner la vie, mais quelle plus belle chose aussi que de redonner la vie à des personnes qui sont en attente d’un organe et qui souvent décèdent avant », appuie Dominique Andreotti, pneumologue et adjointe à l’action sociale à la mairie de Toulon.

    2 à 3 décès chaque jour

    en France faute de dons

    Il faut tout de même rappeler que nous sommes tous, de fait, présumés donneurs d’organes par la loi, sauf opposition de notre vivant. Cependant, celle-ci prévoit aussi que les proches des défunts soient systématiquement consultés. Mais bien que plus de 80% des Français y soient favorables, moins d’une personne sur deux en a parlé, si bien que leur volonté ne peut être respectée. Dans un tiers des cas, les proches, dans le doute, s’y opposent, et le prélèvement ne peut avoir lieu. « Peu importe ce qu’on en pense, il faut que chacun interroge autour de soi et se pose la question, petit et grand, car il n’y a pas de minimum d’âge pour le prélèvement d’organes, et on peut prélever jusqu’à 90 ans. Il faut aussi se sentir concerné par la solidarité humaine, avoir envie de donner ce qui ne nous a servi et ne nous servira plus », martèle Odile Desrue médecin coordinateur du don d’organes et de tissus, qui rappelle qu’il y a « 20 000 demandeurs chaque année en France, et ce nombre tend à augmenter petit à petit, car on greffe moins de gens qu’il y en a sur liste d’attente. Chaque jour, deux à trois personnes meurent en attente d’organe. »

    Cependant, la situation s’est légèrement améliorée ces dernières années, même si le chemin reste encore long, passant par l’éducation, mais aussi, certainement, par des décisions législatives : « Le Covid a fait beaucoup de mal à la greffe et au don, mais on remonte petit à petit les chiffres, et on a passé la barre des 6 000 greffes en 2024. On espère continuer à progresser, mais ça ne va pas aussi vite que la demande. 80% des Français sont pour mais le taux de refus est de 36%. En Espagne, où le don a été inscrit dans la citoyenneté, il y a 20% de refus », souligne le docteur Desrue.

  • Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    L’ex-chef du service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier d’Aubagne a été reconnu coupable mercredi d’escroquerie aggravée au préjudice de notre système de protection sociale : plus de 400 000 euros détournés en trois ans en explosant son activité libérale et en double facturant des actes fictifs. Il écope de deux ans de prison avec sursis et de 100 000 euros d’amende. La condamnation est assortie d’une interdiction d’exercer pendant 5 ans sa profession en activité libérale au sein d’un hôpital public et à 5 ans d’inéligibilité.

    Le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, qui plaidait l’erreur, l’ignorance et le complot à son procès le 21 octobre, était le seul des 7 médecins avec activité libérale au sein de l’hôpital d’Aubagne, à avoir explosé le volume de remboursement d’interventions par la Sécurité sociale : 313 actes en 2019 pour 98 000 euros d’honoraires libéraux, 569 actes pour 159 000 euros en 2020 et 845 en 2021 pour 327 000 euros, soit cette année-là 113% d’activité libérale, un taux surréaliste et incompatible avec la limitation à 20% pour un praticien hospitalier public à temps plein déjà rémunéré 10 000 euros par mois.

    « Le volume de ces facturations indues exclut la simple erreur », considère le tribunal pour qui le chirurgien n’a pas seulement facturé en libéral des actes relevant du public, mais a également facturé des actes accomplis par des confrères à lui, leur « volant des malades », des actes fictifs remboursés une seconde fois par la Sécurité sociale. Ainsi des actes sur 57 patients du docteur Roge qui découvrait le pot aux roses, que le prévenu réussissait à se faire rembourser en faussant des feuilles de soins.

    « Ces comportements démontrent une réelle volonté de frauder, dans un objectif purement financier », énonce le jugement rendu par la 6e chambre correctionnelle qui observe que le praticien « se présente comme un médecin dédié au service public et ne faisant pas ce métier par appât du gain, alors que le tribunal peine à voir quel autre intérêt il y aurait dans ces actions, qui n’ont aucune plus-value pour le patient ».

    Les CPAM des Alpes-Maritimes, du Bas-Rhin, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis, les moins impactés ont obtenu la fixation de leurs dommages-intérêts pour une poignée d’actes frauduleux. En revanche, les intérêts civils des CPAM les plus lourdement touchés, celles du Var, des Bouches-du-Rhône, de l’Ardèche et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, seront examinés à l’audience du 7 mars 2026. Le conseil départemental de l’Ordre des médecins obtient un euro symbolique.

  • Une soirée dédiée à la sécurité et à la prévention des blessures dans le sport

    Une soirée dédiée à la sécurité et à la prévention des blessures dans le sport

    Chaque année, trop nombreux sont les joueurs de rugby victimes de blessures invalidantes, ou décédés en pleine pratique. Endeuillé en mars par le décès de Nicolas Haddad, 15 ans, suite à un choc en match, le RCT a décidé de renforcer sa prévention des risques. Des dispositions détaillées auprès des parents et joueurs mercredi au campus RCT.

    « Vos enfants on les aime, donc on veut bien s’en occuper. Le rugby a changé, nous n’étions alors pas alignés sur la sécurité des joueurs. Aujourd’hui, on est dans la bonne direction », a introduit Pierre Mignoni, entraîneur des pros et directeur du rugby.

    Tour à tour, éducateurs, préparateurs et membres de la fédération ont pris la parole pour évoquer les priorités en la matière. Les trois grands facteurs de blessures « sont les plaquages subis, réalisés et la course », évoque Didier Demory, médecin de l’équipe pro. Pour prévenir, « on fait de l’évaluation : où se situent les déficits ? Il y a un suivi régulier sur la proprioception, la force et la mobilité. »

    Des méthodes reproduites chez les jeunes. Un accent est mis sur les cervicales (pour lequel le club a mis en place un protocole de suivi en 2024). Mais aussi sur une multitude d’aspects : équipements (casque et protège-dents – bientôt obligatoire au club – diminuent grandement les risques de commotion), mental, posture et technique de plaquage, appréciation des mouvements… Le tout en fonction des catégories d’âge, « car avant d’apprendre à forcer, il faut apprendre à utiliser son corps », soutient Tristan Canessa, préparateur physique, en charge du pôle réathlétisation. Sans oublier l’aspect réglementaire, à la charge de la Ligue Nationale de Rugby, « avec des plaquages limités à la ceinture en amateur, l’interdiction du plaquage à deux, le carton bleu… », détaille Pierre Leroy, directeur technique de la Ligue Paca, qui met enfin en garde les parents contre « les comportements déplacés, qui ont beaucoup d’incidences sur le jeu ».

  • Une journée pour lutter contre la douleur dans les soins à l’hôpital de Toulon – La Seyne

    Une journée pour lutter contre la douleur dans les soins à l’hôpital de Toulon – La Seyne

    Apaiser les douleurs liées à la maladie et aux soins, une problématique importante pour les patients, qui peut être traitée par des moyens auxiliaires à la médecine classique. C’est ce que proposait, lundi, le Comité de lutte contre la douleur (CLUD) du Centre hospitalier de Toulon-La Seyne, dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre la douleur, à travers 16 stands de découverte. « L’idée est de faire savoir aux patients que ça existe », explique Stéphanie Fassié, présidente du CLUD et médecin algologue, qui met à l’inverse en garde contre « les opioïdes, que les gens se font passer entre eux sans avis médical ». Par exemple, « le meopa, mélange d’oxygène et de protoxyde d’azote, qui s’inhale pour lutter contre la douleur liée aux soins, l’activité physique adaptée, neurostimulation, l’art-thérapie… ».

    Parmi les aficionados de cette méthode, Catherine Gonget, patiente experte en art-thérapie, atteinte de migraines et de fibromyalgie, y voit « un moyen de stabiliser les émotions liées à la douleur, de les exprimer et identifier pour dialoguer avec son corps et se projeter de façon positive via ses propres supports artistiques (collages, dessins…). » De son côté, Thierry, atteint d’une tumeur au poumon, a découvert les vertus du fauteuil relaxant et de la réalité virtuelle. Le premier lui a permis « de réguler (sa) respiration, car celle-ci se calque sur le balancement du fauteuil. » La seconde « de s’évader dans un cadre apaisant, stimulant. » Deux expériences que le patient souhaite reproduire, notamment celle du fauteuil, qui lui sera ainsi proposée plusieurs fois par semaine.

  • L’accident de plongée refait surface 15 ans après

    L’accident de plongée refait surface 15 ans après

    Quelle limite poser à l’assistance à personne en danger ? Après des rebondissements judiciaires – deux non-lieux des juges d’instruction, un non-lieu requis du parquet général et une relaxe générale requise du parquet de Marseille au procès en juillet – un accident de plongée survenu il y a 15 ans au large de Marseille, a débouché, lundi, sur une surprise : la relaxe du directeur de plongée poursuivi pour blessures involontaires, mais la condamnation d’un équipier de la palanquée pour non-assistance. Ce dernier devrait faire appel, selon son avocat, Me Thomas Hugues.

    « Putain, j’ai percuté mes paliers ! »

    Le 27 février 2010, Patrick, 53 ans, était victime au large de Marseille d’un accident de décompression qui l’a rendu hémiplégique pendant plusieurs semaines. Il portait plainte devant les manquements et défaillances de l’organisation. Deux jours avant, ce pilote de ligne qui en était à sa 87e plongée, venait de réussir aux épreuves de niveau 3 permettant une autonomie jusqu’à 60 m de profondeur. La formation de 4 jours qu’il regardait comme incomplète et légère avait eu lieu à l’Estaque. Pour cette plongée, il avait reçu comme instruction principale de ne pas dépasser une durée totale de remontée de 15 minutes, paliers de décompression compris.

    Patrick formait une palanquée avec Martial et Roland, des plongeurs aguerris qu’il ne connaissait pas dont un – il est décédé depuis – était anesthésiste réanimateur et médecin hyperbare. Patrick était équipé d’un matériel entièrement nouveau, une bouteille de 15 litres à 200 bars, un baudrier de 9 kg de lest. La météo était très bonne. Après 6 minutes de descente, le trinôme atteint 55 m puis évolue durant 8 minutes. Vu sa consommation d’oxygène, l’ordinateur de Patrick lui indique alors de remonter. Il le fait seul, ses coéquipiers poursuivant leur plongée sans s’intéresser à lui, dira-t-il. Eux diront qu’il a juste fait signe du doigt signifiant qu’il remontait sans manifester de détresse. Arrivé à 27 m après une lente remontée, Patrick constate que son gilet stabilisateur s’est vidé. Il comprend qu’il ne pourra pas faire ses paliers de décompression. C’est à 12 m que sa remontée est subite, brutale, incontrôlée. « Putain j’ai percuté mes paliers ! », s’écrie-t-il en perçant la surface de l’eau sans avoir désaturé.

    Dans les protocoles d’urgences, il reste une ré-immersion immédiate dans les 3 minutes, mais Cédric, le directeur, n’est alors plus équipé pour plonger et il n’a pas placé de bouteille à oxygène sous le semi-rigide comme c’est la règle, et les deux coéquipiers ne sont toujours pas remontés. Cédric expliquera à l’enquêteur et aux juges d’instruction que Patrick ne pouvait pas replonger dans l’état de choc dans lequel il se trouvait. Il le met sous masque à oxygène, alerte les secours et c’est par hélicoptère que le plongeur est dirigé sur le caisson de décompression le plus proche. Mais il a déjà perdu toute sensation de ses jambes. Il restera hémiplégique durant plusieurs semaines.

    Le tribunal a relaxé lundi le directeur de plongée, ses « fautes de négligences » ne pouvant être mises en lien de causalité avec les blessures involontaires dont « l’origine précise n’a pas pu être déterminée ». Martial, le coéquipier, est en revanche condamné pour non-assistance à 12 mois avec sursis : « Un comportement normalement diligent est attendu de toute personne avisée du danger et au vu des usages en vigueur pour les compagnons de palanquée », le risque pour lui-même étant « négligeable compte tenu des circonstances », dit le tribunal.

  • Courbessac : trouver un médecin à tout prix

    Courbessac : trouver un médecin à tout prix

    « Le sujet revient tous les jours, plusieurs fois par jour : “alors vous avez trouvé un médecin ? Comment on va faire ?” Les gens sont très inquiets », confie Coralie Martin. La pharmacienne du quartier de Courbessac, à Nîmes, a donc pris l’initiative, comme on jetterait une bouteille à la mer, de lancer une pétition en ligne sur change.org, qui a déjà recueilli plus de 300 signatures. Des exemplaires papiers sont également disponibles à la pharmacie, au cabinet des infirmiers, de la kiné ou au bureau de tabac du quartier.

    « Situation critique »

    « Le dernier médecin qui reste sur le quartier prend sa retraite à la fin de l’année. Quant aux villages alentour, leurs médecins ne prennent plus de patients et aucun autre n’a prévu de s’y installer. La situation est assez critique, il y a vraiment tout le secteur de Nîmes Est qui est sans solution », explique la pharmacienne dont l’officine, ouverte il y a tout juste un an, se trouve fragilisée par la situation. En désespoir de cause, Coralie Martin a même « envoyé un mail à la fac de médecine de Roumanie, car on m’a dit que des médecins d’Europe de l’est venaient s’installer en France. Mais je n’ai pas eu de réponse ». Emmanuelle Mommeja-Couton, la médecin de Courbessac qui s’apprête à faire valoir ses droits à la retraite, tente elle-même depuis un an de trouver un remplaçant. En vain jusque-là.

    « Il y a des personnes qui vieillissent et qui ne peuvent pas se déplacer vers les autres quartiers de Nîmes. Il y a également des gens qui ont besoin d’un suivi médical régulier », fait valoir Coralie Martin. « On a aussi beaucoup de familles avec des enfants en bas âge qui se sont installées à Courbessac. » Sa pharmacie dispose bien d’une borne de téléconsultation, « mais ça va pour dépanner, ça ne peut en aucun cas remplacer un médecin. Il n’a pas de suivi après. Sans compter que les gens apprécient la relation avec un médecin référent, un médecin de famille qui vous suit. »

    Du côté de la Ville de Nîmes, Frédéric Pastor, le président du Conseil de quartier Mas de Mingue-Courbessac, assure plancher sur le problème. « Avec ma collègue Corinne Ponce, ajointe à la santé, nous travaillons pour trouver une solution sur Courbessac. Il n’en demeure pas moins que ce n’est pas le seul secteur qui est touché, celui du Mas de Mingue l’est également. On est plus globalement face à une problématique nationale de manque de médecins traitants », estime l’élu.