Tag: Martine Vassal

  • La réouverture de la piscine du lycée Marseilleveyre fait plouf

    La réouverture de la piscine du lycée Marseilleveyre fait plouf

    Le tacle était appuyé. Le 5 septembre, lors de la rentrée scolaire, Renaud Muselier, le président (Ren) de la Région, accompagné de Martine Vassal, future candidate (DVD) à la mairie, inaugure la piscine de Marseilleveyre. Après des années de fermeture et 2,6 millions de travaux, le bassin, 25 m et 4 lignes, rouvre enfin.

    Le coup de ciseaux sur le ruban est symbolique et politique. « La dernière piscine ouverte à Marseille, c’était St-Charles en 2019. Puisque rien ne s’est fait depuis, je fais », tance Renaud Muselier, visant la municipalité de gauche. Dans ses pas, Sandra Blanchard (Une génération pour Marseille) lancée dans les municipales, s’enflamme sur le réseau X, et dénonce « la faillite totale de Benoît Payan sur les piscines ».

    « Défaillance de gestion »

    Mais le tacle était surtout glissant. Car depuis, le bassin est resté fermé. « Elle n’a jamais ouvert. Un souci technique dans la distribution de l’eau », avance un personnel de l’établissement. Un flou entoure le sujet. Même les associations de parents d’élèves peinent à être informées de la nature du problème et la durée de sa fermeture. Chaque lundi, un message Pronote informe juste les familles concernées que « la piscine n’est pas fonctionnelle ».

    « Un problème de communication interne », concède Robert Ciampi, à la tête de l’établissement depuis mars. « Quand vous inaugurez quelque chose, vous vous dites que c’est tout de suite fonctionnel mais c’est sous réserve. Il n’y a pas eu de cafouillage », assure-t-il, évoquant quatre créneaux reportés et un « décalage prévu » : « J’en ai pris la responsabilité, tant que les conditions optimales ne sont pas réunies, il n’est pas question que ça se fasse. »

    Sollicitée, la Région évoque « une défaillance de gestion des nouvelles installations techniques » ayant rendu l’eau du bassin trop froide. Elle a nécessité l’intervention d’une entreprise. « Lors de celle-ci, une vanne qui n’était pas correctement ouverte a généré une algue, et l’eau est devenue verte. Il a fallu la retraiter et remettre la piscine en eau », explique le proviseur, espérant que la température reste conforme pour les premiers cours, demain.

    « On a le feu vert mais, on ne sait pas dans quelles conditions », confirme une enseignante, posant en creux la question de la surveillance du bassin. Car depuis sa fermeture en 2019, la législation a changé : un enseignant doit être accompagné d’un titulaire du Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique. Un sujet qui n’est pas réglé.

    Des conventions partenariales avec cinq structures (Sardines triathlon, ASPTT, Staps, Smuc et Cercle des nageurs) prévoient notamment la mise à disposition de surveillants diplômés en échange de lignes d’eau. Mais elles sont en attente. Le conventionnement avec toutes les associations sera acté lors du conseil d’administration qui se tiendra à la rentrée des vacances de la Toussaint, indique la Région. « Jusqu’aux vacances, les cours se dérouleront en double surveillance avec un autre enseignant titulaire d’un brevet. S’il n’y en a pas, en attendant le CA, on le fera par une prestation à titre gracieux de nos partenaires », assure Robert Ciampi.

    « Les enseignants ont l’habitude de bricoler, mais ça ne peut pas durer », glisse une déléguée du Snes-Snep-FSU, regrettant ce « faux départ » après la fanfare politique de la rentrée. « C’est dommage que la Région qui l’a remis à neuf, ne mette pas de moyens pour surveiller la baignade et ne détache personne à l’entretien de la piscine ». Cette mission serait conventionnée avec le Cercle des nageurs.

    « La Région accompagnera le lycée pour trouver une solution pérenne en faveur des lycéens et autres utilisateurs afin que cet équipement fonctionne dès la semaine prochaine pour les élèves, dès novembre pour les associations », conclut la collectivité.

  • Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La campagne des municipales

    Léo Purguette : Est-on déjà dans la campagne ?

    Pour nos adversaires oui. De notre côté, ce qui compte pour moi, c’est qu’on a fait le démarrage de campagne du Printemps marseillais avant les candidats. Samedi matin dernier, 1 500 personnes à la maison de l’Arménie, c’était un signal positif. On revient aux sources de ce qu’a fait le Printemps marseillais en 2020, dans un autre contexte. C’est-à-dire qu’on remobilise notre base militante et les habitants. On revient au message de base du Printemps marseillais : transformer la ville avec un mouvement citoyen et ce mélange un peu particuliers de partis politiques et de citoyens.

    Didier Gesualdi : 5 ans après votre opposition ne cesse de dire que Benoît Payan a volé l’élection de Michèle Rubirola.

    Pour moi, celle qui a volé l’élection, c’est Martine Vassal puisqu’elle oublie à chaque fois de dire que c’est elle qui a perdu. Elle a perdu la mairie des 6-8, elle a perdu le conseil municipal et elle s’est ensuite présentée à la Métropole par revanche politique. Je rappelle que Benoît Payan a gagné les 2-3, Michèle Rubirola les 4-5, Olivier Fortin les 6-8 et moi les 1-7. Ça me rappelle un peu Trump face à Biden. On est face à une droite tellement traumatisée de perdre le pouvoir en 2020, qu’elle a fait un arrêt sur image. Ils n’ont jamais accepté les résultats et là, ils font un redémarrage de campagne où on a l’impression qu’ils ont réappuyé sur la touche de 2020 et on les voit revenir avec les mêmes candidats que ceux qui ont perdu en 2020. Ils reviennent avec la même communication « Marseille à feu et à sang avec le Printemps marseillais » On est seulement au mois de septembre, on se demande ce que ça sera en mars. Et puis, un climat d’affaires judiciaires, et une annonce de campagne où je me suis demandé si c’était Martine Vassal ou Marine Le Pen qui se lançait.

    Léo Purguette : À ce point ? Oui, faire sa rentrée politique en disant « la cause de tous les problèmes, c’est l’immigration », c’était assez spectaculaire.

    Léo Purguette : Elle a fait ce lien sur un fait divers de votre secteur sur lequel vous avez fait le choix d’assez peu vous exprimer.Ah si ! J’ai fait des déclarations claires et nettes. Lorsque la situation était parfaitement maîtrisée et que tout s’est transformé en bad buzz sur les réseaux sociaux, j’ai vraiment réagi très formellement. On est en République. L’état de droit, c’est juger les individus sur les actes qu’ils commettent, pas sur leurs origines ou leur nationalité. J’ai rappelé que Belsunce était un quartier avec beaucoup de personnes d’origine étrangère qui sont aussi les premières victimes de ce qu’il s’y passe. On pourra en reparler.

    La candidature de Martine Vassal

    Didier Gesualdi : Que pensez-vous de ce démarrage de campagne ?

    Pour moi, Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière. C’est-à-dire que ses soutiens veulent reprendre là où ils en étaient en 2020. Qui veut revenir en arrière ? Qui veut revenir à la situation de 2020, où il y avait une crise humanitaire due à l’évacuation des personnes délogées et où il n’y avait même pas de direction de lutte contre l’habitat indigne ? Qui veut revenir avant 2020 où on avait une adjointe aux écoles qui ne savaient même pas combien Marseille comptait d’écoles et qui disait que si les écoles étaient dégradées c’était la faute des enfants ? Aujourd’hui on a un plan écoles d’un milliard, on est passé de 20 ans de retard à 10 ans d’avance dans les nouvelles écoles. Qui veut revenir à avant 2020, où les musées, les bibliothèques, les cantines, les crèches étaient en permanence en souffrance et parfois fermés par manque de personnel ? Qui veut revenir avant 2020 où on nous prédisait la tutelle de l’État sur les finances de la Ville ? Ce n’est pas assez signalé mais nous avons non seulement recruté, renforcé les services publics mais aussi diminué la dette de Marseille. Martine Vassal dirige la Métropole – 5 milliards d’euros -, le Département – 3 milliards d’euros – avec des finances qui vont très très mal. On n’a pas de leçon à recevoir.

    Léo Purguette : Quand elle dit sur ce plateau que dans le magazine bilan de la majorité 80% des réalisations sont dues à la Métropole, vous n’êtes pas d’accord ?

    Quand ça va bien, c’est le bilan de Martine Vassal, le reste c’est Benoît Payan ? Il faut rester sérieux 5mn. Je peux confirmer que, quand l’État, la Métropole et la Ville font ensemble, oui ça permet d’avance. Mais dans ce cas-là, pourquoi dit-elle que Marseille va si mal ?

    Les liens avec la métropole

    Didier Gesualdi : Vous travaillez avec la Métropole…

    La Métropole a beaucoup d’argent et beaucoup de pouvoir. Martine Vassal termine son mandat sur ses grandes compétences avec un fiasco total dans les transports. Les déchets, la propreté, ça remonte de partout, ça ne va pas. Encore trop souvent, elle bloque un certain nombre de demandes que nous lui faisons. Elle a même refusé de mettre une maison des projets dans un immeuble de la Métropole pour expliquer aux Marseillais tout ce que nous faisons ensemble avec la rénovation urbaine sur le centre-ville. Comme si ça devait nous bénéficier à nous, alors que c’est juste l’intérêt commun. Il y a un récit qui ne fonctionne pas. Si elle a tant d’argent et de pouvoir, pourquoi elle critique la situation de Marseille ?

    Léo Purguette : Ça, ce sont vos rapports tendus, mais les Marseillais que vous rencontrez comme maire de proximité, vous disent-ils que tout va bien ?

    Ils me disent que Marseille change, qu’ils ne veulent pas revenir en arrière. Ils me disent qu’ils ont conscience qu’il a de grands sujets qui nous dépassent. Accuser Benoît Payan ou Sophie Camard de la drogue ou des coups de couteau, c’est quand même un peu ridicule. Nous avons libéré beaucoup de projets et d’énergie dans cette ville. Ce n’est pas anecdotique d’avoir remis beaucoup de culture dans l’espace public, d’avoir redressé les écoles, les crèches, la police municipale aussi. Les gens m’en parlent. Après, ils ont bien compris qu’il y a un débat politique qui leur échappe et dont ils ne veulent plus entendre parler, c’est cette opposition Métropole-Ville, Vassal-Payan. C’est pourquoi l’élan transformateur du Printemps marseillais devra, demain, s’étendre à tous les secteurs de la Ville et à la Métropole. Nous voulons l’alignement de la chaîne de commandement.

    Le Premier ministre

    Léo Purguette : La situation nationale est très bloquée. On a un Premier ministre sans gouvernement, un mouvement social qui se déploie. Quelle issue possible ?

    Ce qui m’intéresse dans la situation actuelle, c’est que pour une fois, comme on n’a plus de gouvernement, on a un mouvement social qui met des sujets sur l’agenda politique. Habituellement, on fait des manifestations contre ce que le gouvernement cherche à imposer. C’est un moment très particulier, le mouvement social qui fixe les grands sujets : la Palestine, l’injustice fiscale, les privilèges des milliardaires, l’idée d’aller chercher l’argent là où il est…

    Léo Purguette : Cela débouchera-t-il sur une dissolution ?

    Je m’en méfie car derrière, c’est l’extrême droite. Il faut maintenir la mobilisation. La situation doit se résoudre par des mesures fortes que le mouvement social exige.

    La sécurité

    Didier Gesualdi : Parmi les reproches faits à Marseille, il y a les incivilités et l’insécurité. La réponse est du côté de l’État mais pas seulement. N’avez-vous pas mis un peu trop de temps à vous préoccuper de la question ?

    Je rappelle que dès 2020 nous avions inscrit le doublement de la police municipale dans notre programme. C’est un engagement tenu. Quand nous sommes arrivés aux manettes, nous avons constaté qu’il y avait à peine une équipe de nuit de police municipale pour toute la ville, que pour les fameuses caméras dont on parle, il n’y avait pas les ressources humaines pour exploiter les images et le centre de supervision urbain était insuffisamment doté. C’est nous qui avons recruté, rajouté des brigades maritimes et équestres, qui avons ouvert le poste de police de proximité sur la Canebière, qui avons fait refluer les difficultés à Noailles de manière spectaculaire. Je ne trouve pas du tout qu’on a été aux abonnés absents sur le sujet, bien au contraire. Je pense même que cela a surpris et mis en difficultés nos adversaires qui ne s’y attendaient pas.

    Les forces en présence

    Didier Gesualdi : Vous tapez beaucoup sur Martine Vassal mais quid du RN dont on vous entend peu parler ?

    On en parle de manière indirecte parce que, oui, ça nous inquiète cette fusion de discours entre LR et l’extrême droite. Très clairement, il y a une question qui est posée sur des éventuelles fusions de liste au second, au troisième tour ? On n’en sait rien. Il y a un vrai problème de repérage des forces politiques en présence. Qu’est-ce que ça veut dire la droite à Marseille aujourd’hui par rapport à l’extrême droite ? Je me pose vraiment des questions sur le discours. L’extrême droite est très présente sur le terrain. On peut se retrouver avec un duel gauche-extrême droite.

    Didier Gesualdi : Pourquoi les Marseillais votent pour elle selon vous ?

    Je ne pense pas que Marseille soit isolée des grandes tendances mondiales, nationales, de tout ce climat de fachosphère qui règne dans le pays… Je mesure l’utilité des élus de proximité. On est sans cesse au corps à corps sur des fausses rumeurs, des propos qui n’ont pas lieu d’être… Il y a beaucoup d’angoisse qui s’exprime, beaucoup de peur dans la tête des gens.

    Léo Purguette : Parmi les forces en présence, il y a la FI. Vous étiez suppléante de Jean-Luc Mélenchon, en 2020 vous aviez fait partie de ceux qui ont voulu le Printemps marseillais. N’y a-t-il pas ici aussi une touche pause actionnée ? C’est définitif ?

    Du côté de la France insoumise, pour le moment, je ne vois pas trop de son pas trop d’image. Ce ne sont pas juste des déclarations sur les réseaux sociaux qui manifestent une entrée en campagne. Une campagne, c’est un programme, des candidats, des débats… Effectivement, ils ne veulent pas faire de liste avec nous. Nous sommes les élus sortants, le Printemps marseillais, on va mettre un bilan en débat pour aller plus loin. Qui va nous aider ? Nous renforcer ? Je fais un appel aux citoyens. Je me méfie des étiquettes politiques, surtout à Marseille, l’électorat de gauche peut évoluer d’une élection à l’autre. Je fais confiance aux électeurs de gauche pour faire les bons choix aux bons moments.

    Léo Purguette : On ne sait pas si certains vous rejoindront mais d’autres semblent vouloir vous quitter comme l’écologiste Sébastien Barles. C’est définitif ?

    Je rappelle qu’il avait fait une liste autonome en 2020.

    Léo Purguette : Vous n’aviez pas géré 5 ans ensemble…

    Didier Gesualdi : Il veut être calife à la place du calife ?

    Je ne sais pas, il faut lui demander. Il a été adjoint au maire tout le long, chargé de la transition écologique, il a eu un certain nombre de moyens à sa disposition. Il lui appartient de s’exprimer mais au départ, il était déjà sur une liste qui n’était pas celle du Printemps marseillais.

    Nicolas Sarkozy

    Didier Gesualdi : La condamnation de Nicolas Sarkozy n’est pas de nature à rapprocher les électeurs de la politique…

    Ça c’est sûr. En 2007-2008, c’est ce qui m’a fait reprendre un engagement politique. J’étais déjà à Marseille, c’était le grand début de la brutalisation de la vie politique. On dirait que tout le monde réalise maintenant la gravité des faits qui lui ont été reprochés. Il y a depuis des années, une certaine bienveillance à ne pas mesurer le caractère historique de ce qui se passe avec M. Sarkozy. Quand on dit « c’est la première fois qu’il y a une peine de prison ferme », ce n’est pas vrai. Il a été condamné dans l’affaire Bismuth, il a eu le bracelet électronique, puis l’affaire Bygmalion et là, c’est la troisième affaire avec le financement libyen. Il a en fallu du temps !

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Karim Bendjaballah : Bonjour, qu’est-ce que vous faites pour améliorer Noailles ?

    Je suis très fière de ce qu’on a fait à Noailles. J’ai été élue sur les sujets de la rue d’Aubagne. On a eu la chance de pouvoir installer une Société publique d’intérêt national. Énormément de changements se voient à Noailles, il y a des travaux de voirie dans tout le quartier, tous les réseaux électriques ont été refaits. L’équipement de proximité qui sera un lieu ressource sur le lieu de l’effondrement va s’ouvrir au printemps. Le centre social, promis depuis 10 ans est en travaux. Il devrait pouvoir ouvrir en 2027 et en attendant, l’année prochaine on va pouvoir ouvrir un équipement associatif au 44, rue d’Aubagne. Il y a eu les opérations de police de proximité qui ont énormément soulagé et qui tiennent dans le temps. J’ai commencé le mandat en sentant mes adversaires politiques qui se frottaient les mains sur Noailles en se disant « ils ne vont pas y arriver ». Aujourd’hui l’ambiance a changé à Noailles. Karim, si vous habitez Noailles vous pouvez le voir tous les jours dans votre rue. On est en train de changer d’ère. À tel point que les prix remontent. C’est pour ça qu’on avait prévu, sur le foncier public qu’on va réhabiliter, des logements sociaux qui correspondent aux besoins des habitants. On va essayer de tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas d’emballement à la spéculation. On va maîtriser cela.

  • Martine Vassal chez elle à la rentrée des LR

    Martine Vassal chez elle à la rentrée des LR

    Face aux affiches qui célèbrent « la France des honnêtes gens », ils étaient plus de 400 ce vendredi soir à acclamer leur « candidate naturelle » Martine Vassal. Renforcée après l’élection de Bruno Retailleau, la fédération des Républicains des Bouches-du-Rhône a vu sa rentrée se transformer rapidement en meeting pour la présidente (DVD) de la Métropole.

    Les esprits certes sont échauffés après la condamnation de Nicolas Sarkozy. « Ceux qui ont lu Soljenitsyne, on y est presque », souffle la présidente de la fédération Laure-Agnès Caradec. Mais ce sont les municipales qui occupent les esprits. « Le Printemps marseillais voulait faire le plus grand port d’accueil des migrants, arrêter les permis de construire, ne voulait plus de vidéoprotection, ils ont tenu leurs promesses, ils nous amènent vers l’abîme », lance Martine Vassal. Elle pose trois axes de campagne, la sécurité, les incivilités, l’attractivité. « Il faut un choc fiscal », annonce-t-elle, promettant de baisser les impôts locaux. Certes, il lui faut se justifier après les perquisitions dont elle a fait l’objet, tout comme le « maître chanteur », son ancien directeur des relations internationales, qui l’accuse. « On ne va pas valider un deuxième féminicide politique dans notre ville. Une Rubirola, c’est bon, deux, c’est trop », ose-t-elle. Avant de renvoyer dos à dos « l’immobilisme du Printemps marseillais » et « l’amateurisme du Rassemblement national ». Au risque de banaliser toujours plus l’extrême droite. Peu importe, elle fait semblant d’y croire, pourvu que l’alliance de la droite et du centre tienne : « Ensemble, nous allons gagner ! »

  • La dernière visite de Moscovici à Marseille

    La dernière visite de Moscovici à Marseille

    Parallélisme des formes, Pierre Moscovici, le premier président de la Cour des comptes, a tenu à installer « son » nouveau président de la chambre régionale des comptes Paca, Xavier Lefort, l’ancien préfet de Guadeloupe qu’il a convaincu d’accepter ce poste, après s’être déplacé personnellement le 26 juin dernier pour débarquer la présidente Nathalie Gervais, officiellement démissionnaire.

    Le nom de cette dernière n’a pas été prononcé dans les discours officiels. Une damnation mémorielle qui en dit long sur le sérieux de ce qui a pu lui être reproché en interne mais qui demeure secret. Ce qui a obligé de nouveau Pierre Moscovici à réfuter tout lien avec la publication du rapport sur « Marseille en grand ». « L’épisode qui m’a amené ici en juin est derrière nous », a voulu rassurer M. Moscovici à l’issue de l’audience solennelle à laquelle ont participé le président de région Renaud Muselier (Ren.), la présidente de la métropole et du département, Martine Vassal (DVD), le maire de Marseille Benoît Payan (DVG) ou encore le maire de Nice Christian Estrosi (Hor.).

    Tout juste a-t-il consenti à lâcher que « des difficultés managériales internes étaient intervenues qui ont entraîné le départ à l’amiable de la présidente qui n’a jamais été destituée. Je n’étais pas venu la débrancher mais rassurer le personnel à un moment de flottement après une crise de gouvernance », la situation ayant fait l’objet d’une « enquête administrative indépendante ».

    L’ancien ministre socialiste de l’économie qui a par ailleurs annoncé la semaine dernière son départ anticipé au 1er janvier prochain pour la Cour des comptes européenne, a réfuté tout motif politique : « Le départ de Madame Gervais n’a absolument rien à voir avec Marseille en grand. Il n’a rien de politique. » D’assurer n’être jamais intervenu dans les travaux d’une chambre. « Je n’ai jamais demandé à un président de me faire remonter un rapport. Je ne l’ai jamais censuré, jamais caviardé. Il en va de même pour ce rapport “Marseille en grand”. Que cela ait pu indisposer certains, la chambre régionale des comptes n’est pas là pour plaire ou déplaire, mais pour dire ce que l’on trouve et faire des recommandations. »

    Une « nouvelle feuille de route » s’ouvre pour le président Xavier Lefort qui a fait le vœu d’« être collectivement encore plus efficace dans le rétablissement des comptes et dans la répression des atteintes à la gestion publique ». « Il n’y a pas l’ombre d’un doute, pour chaque contrôlé, qu’il sera traité avec le seul souci de rendre compte le plus fidèlement possible de son action. Aucune pression, aucune complaisance ne viendra orienter le sens de nos travaux. »

    Xavier Lefort s’est dit très conscient de « l’impérieuse attente de nos concitoyens qui demandent avant tout l’efficacité et la transparence de l’action publique. Parce que le citoyen est un contribuable, que l’euro que nous manions est le sien, que l’argent public n’a pas de propriétaire mais que des gérants. Il n’y a pas de consentement à l’impôt si son bon usage n’est pas garanti ». L’explication pédagogique est une nécessité car, citant Mark Twain, « le mensonge a le temps de faire trois fois le tour de la terre avant que la vérité ne mette ses chaussures ». « Notre indépendance est sacrée, a-t-il insisté devant la presse. Sinon c’est le crédit même de notre institution qui s’effondre. »

    L’ambition est affichée d’être au plus près des préoccupations de la gestion publique et « c’est ce que nous continuerons à faire ici avec le Plan “Marseille en grand” animé du souci du dialogue et de la compréhension des enjeux », a-t-il dit. Quant au rapport en cours de finalisation sur la Ville de Marseille, à entendre le président Lefort, il ne faut pas espérer une publication prochaine : « Il ne s’agit pas en période électorale de perturber la réflexion du citoyen en intervenant dans le débat. Trois mois avant le premier tour des élections, les chambres ne publient plus leurs observations. » « Nous ne devons pas interférer dans une élection », résume Pierre Moscovici.

    « Il n’y a pas de consentement à l’impôt si son bon usage n’est pas garanti. »

  • Martine Vassal reçoit l’investiture officielle des Républicains

    Martine Vassal reçoit l’investiture officielle des Républicains

    Si ce n’est pas une surprise, c’est un jalon essentiel dans la campagne. Dix jours après l’officialisation de sa candidature aux municipales pour Marseille, la commission nationale d’investiture des Républicains a apporté officiellement son soutien à Martine Vassal ce mardi soir. « Femme de droite, elle porte des valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons pleinement et elle a tout notre soutien dans ce combat débuté il y a maintenant quelques jours », se félicite la présidente du parti dans le département, Laure-Agnès Caradec. Après avoir quitté le parti en 2022, elle sera de nouveau présente à la rentrée des Républicains des Bouches-du-Rhône, ce vendredi soir, à la Maison de la Mer de la Pointe-Rouge.

    Tandis que les représentants de la droite et du centre affichent leur union, malgré la candidature annoncée du professeur Frédéric Collart, il lui reste à obtenir notamment l’investiture de Renaissance. Alors qu’une commission d’investiture doit se tenir prochainement, rien n’est arrêté, indique-t-on dans les rangs des macronistes, les négociations se poursuivant avec le président (Ren.) de Région Renaud Muselier.

  • Le Printemps marseillais fait bloc avant les municipales

    Le Printemps marseillais fait bloc avant les municipales

    Attendez-vous à ce qu’on continue à changer cette ville, soyez sûr qu’ensemble, nous le ferons ! ». Sous un tonnerre d’applaudissements, le maire de Marseille, Benoît Payan, a enflammé la salle de la Maison arménienne de la jeunesse et de la culture, ce samedi matin, où se tenait la rentrée du Printemps marseillais. Une rentrée visiblement réussie avec plus de 1 500 participants annoncés, remplissant à ras bord les salles de la Maison arménienne et débordant même dans la rue adjacente.

    Du sénateur communiste Jérémy Bacchi au député socialiste Laurent Lhardit, en passant par l’ensemble des adjoints de la majorité municipale marseillaise, toutes les composantes du Printemps marseillais, union de la gauche et des écologistes, ont répondu présents. Le tout, pour une matinée de débats et de tables rondes, à quelques mois des élections municipales.

    « Beaucoup reste à faire »

    Et avec la volonté de faire bloc et d’envoyer un message clair à l’opposition de droite, déjà en campagne : « Ensemble, nous avions fait la promesse que nous allions changer la ville, contre vents et marées. Ils nous avaient prédit que nous durerions un printemps. Mais le printemps revient toujours. Ils ne savaient pas à quel point nous avions chevillé notre envie de recoudre cette ville, du nord au sud », lance Benoît Payan.

    S’il n’a pas annoncé sa candidature pour un nouveau mandat, son discours avait tout de même des airs de lancement de campagne. « Il y a une réalité qu’on a dépassée. Sur les écoles, on nous disait qu’on n’y arriverait pas. Mais il y a 6 ans à peine, à 250 mètres d’ici, nous annoncions 1 milliard d’euros pour les écoles. Les gens étaient médusés et disaient pourquoi raconter de telles choses ?… C’est vrai, c’était 1 milliard et demi ! », poursuit-il.

    Avant de mettre en avant quelques mesures phares réalisées par le Printemps marseillais, comme le doublement des effectifs de la police municipale, le renforcement de l’action sociale… Et d’évoquer le futur : « Beaucoup de choses restent à faire. Il va falloir s’occuper un peu de propreté maintenant ! On a réussi à recruter dans les écoles, dans la police, dans les bibliothèques, dans les crèches, dans les services sociaux… Il va falloir recruter des éboueurs ! ». Comme un message en direction de la Métropole et de sa présidente, Martine Vassal (DVD), candidate à la mairie de Marseille…

  • [Rue de la République] Martine Vassal : « Je veux que Marseille devienne la capitale de la réussite »

    [Rue de la République] Martine Vassal : « Je veux que Marseille devienne la capitale de la réussite »

    Sa déclaration de candidature

    Didier Gesualdi : C’est la désormais candidate officielle à la mairie de Marseille que nous recevons. Pourtant, vous nous aviez dit ici que vous aviez été très marquée par la défaite de 2020.
    Oui, 2020 m’a marquée. J’en ai tiré les leçons. Je n’ai eu de cesse d’essayer de faire mieux que précédemment. Et puis, il y avait beaucoup d’incertitudes. D’abord savoir ce que Renaud Muselier voulait faire. Ensuite, savoir si la loi PLM allait passer. Jusqu’à début août, on n’avait pas de mode de scrutin, pas de date non plus. On sait que ça sera les 15 et les 22 mars. Enfin, quand je vois ma ville, la façon dont elle est et dont elle décline, eh bien je m’engage. On ne peut pas continuer comme ça. Quand j’entends des tas de gens dire qu’ils veulent la quitter parce que ça ne va pas du tout sur l’espace public, la sécurité, l’attractivité, je me dis, « j’y vais, je fonce ». J’ai l’honneur et la chance d’être présidente d’institutions, de faire beaucoup de choses, d’accomplir nos engagements de campagne. Je vois bien que ça ne va pas.

    Didier Gesualdi : Votre première motivation, ça serait l’échec du Printemps marseillais ?
    C’est surtout que je constate depuis ces 6 années que la gauche, le Printemps marseillais, a fait de Marseille un laboratoire de l’idéologie. Moi, je veux en faire une capitale de la réussite. Nous avons tellement d’atouts.

    Léo Purguette : La majorité sortante communique autour de « Marseille réussit », vous n’êtes pas d’accord ?
    Oui, grâce à la Métropole. Quand on voit ce qu’il y a dans le magazine, 80% de ce qui a été fait l’ont été par la Métropole, et c’est une fierté.

    Didier Gesualdi : On vous a longtemps présenté comme un bébé Gaudin. C’est fini, cette page est tournée ?
    En réalité, je suis l’héritière d’un papa Mazarguais et d’une maman fille d’immigré. C’est le seul héritage que je reconnais. Je n’ai pas l’habitude de regarder derrière. J’avance. Je fais. Le Printemps marseillais a été 6 ans en responsabilité, on voit tout ce qui s’est mal passé. Je suis depuis 10 ans à la tête du Département, de la Métropole, on a fait des bilans de mi-mandats, on a tenu nos engagements. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est d’expliquer à la population marseillaise ce que l’on veut faire, où on veut aller. Je n’ai pas les yeux derrière la tête, je les ai devant.

    La droite et le centre

    Léo Purguette : Une des leçons que vous aviez tirées de 2020, c’était les dangers de la division de votre camp. Est-ce que ça va tenir entre une Sabrina Agresti-Roubache et une Valérie Boyer ? Est-ce que Frédéric Collart sera votre Bruno Gilles 2026 ?
    Oui j’ai tiré des leçons. Je n’ai eu de cesse de travailler à cette union. Vous savez, c’est comme un mariage, il faut l’entretenir. Si vous n’entretenez pas le lien entre toutes ces personnes qui étaient là samedi dernier pour ma déclaration de candidature, eh bien ça se casse. Donc une union, c’est toujours fragile. Rien n’est acquis, mais il y a un fil qui nous relie, c’est qu’on aime Marseille.

    Léo Purguette : Au moment où on se parle, vous êtes confiante sur le fait d’être la seule candidate de droite et du centre ?
    Au moment où on se parle, j’arrive à avoir les investitures des différents partis de cet espace politique de la droite, du centre, des écologistes raisonnables. On a un éventail très large. Après, chacun est libre d’avoir des aventures personnelles. J’ajoute que l’on a ces gens qui viennent de la société civile, de la jeunesse, qui nous disent « on veut s’engager, on veut aller de l’avant dans cette ville », parce qu’elle compte des talents et des potentialités.

    Léo Purguette : Vous parlez de « méthode Vassal », qu’est-ce que ça veut dire ?
    C’est « je fais ce que je dis et je dis ce que je fais ». Sur les principes, c’est très clair, je n’ai pas de temps à perdre. C’est la façon dont je fonctionne : je prévois des actions et après je les réalise. Et si je ne peux pas, je dis pourquoi. Je suis claire, j’avance. Ce territoire, on l’a transformé. C’est une fierté.

    Les secteurs, le RN

    Léo Purguette : La réforme PLM est assez défavorable à votre camp, qui compte des notables implantés dans les secteurs. Comment allez-vous vous y prendre tactiquement ?
    Ce que je trouve dommage, c’est qu’on éloigne les habitants. Je ne parle pas de Paris ou de Lyon, je ne connais pas assez bien. Mais Marseille, c’est huit secteurs dont chacun représente l’équivalent d’une ville d’Aix. Comment voulez-vous arriver à gérer la proximité ? Il faut des maires de secteur. Si j’ai l’honneur d’être choisie par les Marseillaises et les Marseillais, je travaillerai avec tous les maires de secteur. Il y aura une liste mairie centrale et des listes pour chaque secteur avec deux urnes.

    Léo Purguette : Vous serez candidate dans quel secteur ?
    Moi je conduirai la liste sur Marseille.

    Léo Purguette : Dans les 6-8, vous ne serez pas tête de liste ?
    Je ne suis pas candidate d’un secteur, je veux représenter tous les Marseillais.

    Léo Purguette : Ce scrutin moins ancré dans la proximité donne une prime à l’extrême droite. Est-ce que ça vous fait peur ? Est-ce que cela explique votre prise de position vigoureusement contre l’immigration après le fait divers de Belsunce ?
    Non, non et non. En vérité, ce n’est pas d’aujourd’hui que je m’occupe de sécurité. Je vais vous rappeler ce que j’ai fait au Département : le 100% sécurité dans les collèges, l’aide que nous apportons à la police nationale, les gendarmeries que nous refaisons, les pompiers… Je finance 80% de la vidéoprotection des communes qui le souhaitent. Par rapport au RN, c’est un peu notre faute la situation dans laquelle on est. Pendant trop d’années, on a laissé la bien-pensance imposer qu’il ne fallait pas parler de sécurité, rien dire sur l’immigration. Le RN a pris cet espace.

    Le climat politique

    Léo Purguette : Vous avez dit « Marseille je t’aime ». Est-ce que ça suffit ? On n’arrive pas à accrocher le débat de fond avec des invectives sur les réseaux sociaux. Regrettez-vous ce climat ?
    Oui je le regrette…

    Léo Purguette : Est-ce que ça ne va pas mettre du vent dans les voiles à l’extrême droite et à l’abstention ?
    Ce que je vais faire, c’est regarder devant.

    Didier Gesualdi : Mais quand on dit « Benoît Payan a perdu mon numéro », ça sert à convaincre qui ? Les militants ?
    Non… J’ai voulu faire un trait d’humour. Mais, franchement, ce qui m’intéresse, c’est de faire. Le bilan que j’ai depuis 10 ans à la tête des institutions que j’ai l’honneur de présider le prouve. Regardez les transports, c’est une révolution ! Les gens en ont ras le bol d’entendre « c’est pas moi c’est l’autre ». Moi je suis dans l’action.

    Les axes de propositions

    Léo Purguette : Vous dites qu’à Marseille, ça ne va pas. Quelles sont vos propositions structurantes pour la Ville ?
    D’abord, on va rentrer dans le détail dans les semaines à venir, puisqu’on a fait des ateliers, que les différentes composantes ont travaillés. Je suis pour être simple : avoir un programme efficace et qui soit réalisable. Je veux avancer sur la sécurité, sur le bon sens et sur l’action. La sécurité, c’est quoi ? Mettre des policiers municipaux dans tous les quartiers…

    Léo Purguette : … Il y en a quand même eu beaucoup plus avec l’actuelle majorité.

    Didier Gesualdi : Ils ont doublé selon le Printemps marseillais.
    Il suffit d’ouvrir les yeux sur l’espace public. Où sont les policiers dans le 12e ? Dans le 15e ? Dans le 11e ? Il y a peut-être une ligne pour mettre une intention de postes et après, il y a la réalité dans l’espace public. Il faut plus que doubler les effectifs de police et surtout faire de la vidéoprotection, avec des gens derrière, pour gérer l’espace public. Là, il y a une chose que je reconnais au Printemps marseillais, c’est d’avoir tenu ses promesses : suppression de la vidéoprotection…

    Léo Purguette : … il a nettement évolué sur cette question avec Marseille en grand.

    Didier Gesualdi : Le Printemps marseillais dit que durant l’époque Gaudin, la moitié des caméras étaient débranchées.
    Oui c’est ça ! C’est pour ça qu’il y a nettement moins d’insécurité dans les rues maintenant… Je continue sur le bon sens. Enfin… On ne peut pas laisser l’espace public comme il est maintenant. Oui, la Métropole est responsable de la collecte et du nettoyage dont la Ville n’a pas voulu entre parenthèses. Le matin, on nettoie et eux, ils permettent de salir. C’est acceptable ça ?

    Didier Gesualdi : C’est si schématique que ça ? Ils permettent de salir ?
    Oui parce que quand vous avez des gens, des restaurateurs qui traînent la poubelle en laissant des traces d’huile partout… parce qu’on ne les contrôle pas, on ne leur explique pas. Le laisser faire tout et n’importe quoi, ça suffit, les enseignes qui ne sont pas conformes… La liste est très longue. Le bon sens, c’est de mettre l’espace public en ordre. La dernière chose, c’est l’action. Attirer ici des belles enseignes, des entrepreneurs. Ils les ont fait partir ! Les galeries Lafayette ferment, la villa Valmer à grands coups de procès, on abouti à ce qui était prévu au départ avec quatre ans de retard… J’aime cette ville, j’y ai grandi, fait mes études, élever mes enfants. Je veux que ce soit la capitale de la réussite.

    La justice
    Didier Gesualdi : Une procédure judiciaire est lancée par un de vos anciens collaborateurs qui dénonce un « système Vassal », que répondez-vous ?

    D’abord, je suis l’objet d’un maître chanteur. Un directeur que nous n’avons pas gardé. Et lorsque nous avons voulu mettre fin à son contrat, il nous a menacés de révéler un tas de choses qu’il a énuméré. Je n’ai pas l’habitude de céder au chantage, ce n’est pas maintenant que ça va commencer. J’ai porté plainte. Je ne suis pas assez bonne en communication, mon tort, c’est au mois de novembre quand j’ai porté plainte de ne pas avoir crié que j’étais victime d’un chantage. À la fin de son contrat, il a porté plainte également donc c’est une plainte conjointe et il faut savoir qu’après mon dépôt de plainte, une enquête a été ouverte qui ne me concerne pas et que j’ai déclenchée. Je veux bien tout, mais lancer des fausses rumeurs… Je m’excuse de vous dire qu’en 2015, j’ai mis fin à un système. Nous étions bien seuls avec Renaud Muselier à le décrier. Donc le système Vassal… J’aimerais plutôt parler de la méthode Vassal.
    La situation nationale

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le socle commun reste ensemble ? Ce n’est pas si simple. Et qu’avez-vous à dire aux gens qui descendent dans la rue et qui sont en colère par rapport à la situation sociale ?
    Je les comprends. Il n’y a rien qui avance. On a l’impression de reculer. La moitié des Français sont à découvert le 15 du mois. Quand un retraité à travaillé toute sa vie et n’a droit à rien. Ce n’est pas acceptable.

    Léo Purguette : Donc, il faut que M. Lecornu lâche sur la justice fiscale ?
    Il faut qu’il lâche sur la justice sociale, sur la justice fiscale. Un chef d’entreprise, vous ne croyez pas que ça lui ferait plus plaisir de donner à son salarié plutôt que de donner à l’État ?

    Didier Gesualdi : Ça sert aux services publics, ce n’est pas rien.
    Il faut de l’exigence sociale, que la solidarité aille à ceux qui en ont vraiment besoin. Il faut tout remettre à plat. Je crois au courage et à la décentralisation. Je crois qu’on va pouvoir sauver la France par les territoires.

    Léo Purguette : Encore faut-il qu’ils aient des moyens.
    Bien sûr, c’est pour ça qu’il faut attirer des richesses.

    La question des lecteurs

    Miseviciute : Quelle est la position de Marseille vers l’international ?
    Mon projet pour Marseille prend en compte la dimension internationale, je pense que la position de Marseille est essentielle. Marseille doit être la capitale de la Méditerranée, la capitale de l’ouverture vers le continent africain, qui connecte au reste de l’Europe. C’est un niveau essentiel. Il faut continuer à tisser des relations avec l’ensemble des villes qui le souhaitent pour continuer à en améliorer la qualité. Et avoir des échanges avec d’autres, les faire venir sur notre territoire, permettre à nos entrepreneurs d’aller chez eux. Dans ce domaine, Marseille à un rôle central à jouer.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Martine Vassal

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Martine Vassal

    Candidature à Marseille, actualité locale, nouveau premier ministre… À vous la parole !

  • Le collège Fraissinet rebaptisé Ariane-Ascaride

    Le collège Fraissinet rebaptisé Ariane-Ascaride

    Ariane Ascaride, comédienne militante marseillaise, passe une nouvelle étape dans sa carrière inspirante : l’ancien collège Fraissinet (5e) porte, depuis lundi, son nom et son prénom. Détentrice du César de la meilleure actrice grâce à son rôle dans Marius et Jeannette réalisé par Robert Guédiguian, Ariane Ascaride est la troisième femme à donner son nom à un établissement des Bouches-du-Rhône depuis le conseil départemental de juin, où avait été votée la nouvelle dénomination de huit établissements du territoire. « Soyez assurés de mon émotion et surtout de mon incrédulité à l’idée de penser que certains vont pouvoir dire : je m’en vais au collège Ascaride. C’est un immense honneur que l’on me fait. Donner à ce collège mon nom, d’une fille quasi du quartier, quelle incroyable coïncidence », s’est ému l’actrice lundi, devant la présidente du Département, le principal de l’établissement et quelques parents d’élèves. Et d’ajouter un mot pour les collégiens : « Apprendre c’est la possibilité d’obtenir un savoir qui vous permet d’être libres. Si vous voulez passer votre temps à ne rien faire, vous saurez l’expliciter. »

    Féminisation des noms de collèges

    « En tant première femme élue au Département des Bouches-du-Rhône, j’ai souhaité que [les nouveaux établissements portent] des noms de femmes », a lancé la présidente. Sur les huit établissements dont le changement de dénomination a été acté en juin, sept porteront le nom d’une femme. « Lorsque nous avons soumis la liste des noms possibles au conseil d’administration du collège, Ariane Ascaride est ressortie presque unanimement, s’enthousiasme Thierry Le Cavorzin, principal du collège. Nous sommes heureux que l’établissement puisse porter son nom, pour ce qu’elle est, mais aussi pour les valeurs qu’elle porte. » Du côté des élèves, qui ne sont pas beaucoup à connaître la comédienne, l’enthousiasme de recevoir une star compense les lacunes cinématographiques. « On peut avoir un autographe ? », « quel film vous a rendu célèbre ? », « quel est le film que vous avez préféré jouer ? », s’enquièrent, çà et là, les jeunes, curieux de découvrir celle qui donne son nom à leur établissement. « C’est là aussi l’intérêt de cette nouvelle dénomination, faire découvrir aux élèves son œuvre », note le principal. Pour l’heure, seuls 14% des établissements du département portent le nom d’une femme. Il y a encore de la marge.

  • Vassal officialise sa candidature, à droite toute

    Vassal officialise sa candidature, à droite toute

    C’était un secret de polichinelle qu’elle a dissipé samedi 13 septembre : la présidente de la Métropole et du Département, Martine Vassal, est officiellement candidate à la Mairie de Marseille. « C’est un jour particulier. Il y a six ans, je me lançais dans la campagne des municipales. Mais les choses étaient bien différentes à l’époque. Car l’union, nous l’avons aujourd’hui », lance-t-elle, dans l’espace de restauration cossu et bondé des Halles de la Major, à la Joliette. Elle avait alors échoué et vu les voix de la droite se disperser façon puzzle entre sa candidature LR, la liste du dissident Bruno Gilles et celle des macronistes menée par Yvon Berland.

    Cette prise de parole destinée à solder la journée de discussions et meeting organisée par le collectif de « droite et du centre » Une génération pour Marseille, est également l’occasion d’ « apporter des propositions » à leurs travaux. Parmi celles-ci, « le rétablissement de l’arrêt anti mendicité, des peines plancher, de la vidéo protection. La ville est souillée par des gens qui ne respectent rien », vitupère Martine Vassal, l’actuel maire de Marseille soutenu par une coalition de gauche, Benoît Payan, constamment dans son viseur.

    À ses côtés, plusieurs figures politiques locales comme la sénatrice LR Valérie Boyer ou l’ancienne députée et secrétaire d’État macroniste Sabrina Agresti-Roubache. Et évidemment, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’azur et délégué régional de Renaissance, Renaud Muselier. « Si on veut gagner, il nous faut une incarnation », s’était-il réjoui quelques minutes avant l’annonce, visiblement soulagé d’un poids. « Nous avions la nécessité de fédérer et éviter les erreurs qu’on a pu commettre dans le passé. On ne peut gagner que si on additionne », annonce ce briscard de la politique, juste après avoir salué son « frère, Bruno Gilles », ajusté Benoît Payan, « un maire non élu » qu’il juge encore coupable de « féminicide politique » envers Michèle Rubirola.

    À six mois du premier tour des élections municipales, la droite tente de mobiliser ses troupes pour « reconquérir Marseille », « tous unis sous les mêmes couleurs », slogans gimmicks d’une soirée au cours de laquelle la secrétaire générale du collectif Une génération pour Marseille, Sandra Blanchard, éructe devant les militants : « on a une putain de rage de gagner, on va les massacrer ».

    Grand écart ou salto ?

    La défaite aux élections municipales 2020 reste un traumatisme pour la droite locale, ville dont la gestion lui avait été retirée par les habitants après un quart de siècle de règne de Jean-Claude Gaudin, ce mentor et matamore de plusieurs générations d’élus de son camp, dont une bonne partie dans la salle.

    Au milieu de ce nuancier des droites et de ses soutiens, auquel manque encore Frédéric Collart, conseiller départemental issu de la majorité de Martine Vassal et candidat déclaré à la Mairie, l’ancien député des quartiers Nord, Saïd Ahamada est dans le public. La marque d’un soutien à Martine Vassal ? « Je viens en tant que spectateur », expose celui qui fut élu dans les quartiers Nord sous la bannière du parti de Macron lors de son premier quinquennat. « Je suis quelqu’un d’assez ouvert. J’espère surtout un arc républicain qui permettra de faire barrage à LFI et au RN. Qu’est-ce qui oppose Benoît Payan et Martine Vassal, si ce n’est la méthode de gouverner ? », ose l’actuel chef de file de Territoires de progrès. Une trentaine de minutes plus tard, Ludovic Perney, quinzième vice-président de la Région, cible encore le maire actuel qui s’est « mis à distribuer des couscous pour convaincre. Quelle indignité ! », harangue cet éternel jeune loup qui avait rallié la candidature de Bruno Gilles au détriment de Martine Vassal en 2020. Pendant six mois encore, le grand écart entre la macronie et la droite extrême s’annonce périlleux.