Tag: Martigues

  • Quand les élus rencontrent les habitants de Paradis Saint-Roch

    Quand les élus rencontrent les habitants de Paradis Saint-Roch

    La place des commerces du quartier Paradis Saint-Roch s’anime tranquillement samedi matin. Devant la boulangerie, les communistes du quartier et de Martigues s’affairent à déployer table, café et gâteaux pour accueillir les habitants du quartier.

    Et ces derniers ont des choses à dire, particulièrement à leurs élus PCF présents, au premier rang desquels le maire de Martigues, Gaby Charroux. Cet habitant par exemple l’alerte sur un souci avec ses nouveaux volets roulants, « j’ai mis deux mois à avoir une réponse du bailleur ». Le maire remarque que ce dernier « a de gros problèmes avec l’entreprise qui a fait l’isolation ».

    Une autre habitante signale qu’« on glisse sur des escaliers en ferraille » qui se trouvent non loin de la place. Une autre, bien que reconnaissante « des choses qui sont faites », se plaint que « la balayeuse ne passe plus depuis 15 jours au bâtiment L1 ». À l’écoute, le maire note les remontées. « Tous ces braves gens qui vivent ici ont besoin de nous et il faut que les choses s’améliorent », considère l’édile, regrettant l’absence des bailleurs.

    Les matches de l’OM seront diffusés en public

    D’autres changements d’une autre teneur sont nettement visibles. Le préau face à la boulangerie a été enlevé « pour faire respirer le quartier », indique l’adjoint (PCF) Florian Salazar-Martin, habitant le quartier.

    Mais l’élu est aussi venu faire une annonce. « On va faire ici un lieu de rassemblement pour diffuser les matches de l’OM avec une buvette. On va appeler cet événement Fadas de sport, ça va mettre de l’ambiance car on pense même baisser le volume pour permettre aux gens de commenter eux-mêmes au micro », dit l’adjoint en souriant. Et pourquoi à Paradis Saint-Roch et pas en ville ? « Parce qu’il faut bouger les choses, changer la vie des gens ici, pas ailleurs, car c’est là qu’ils vivent », argumente l’élu.

    C’est aussi la motivation de l’artiste graffeur Kider TCK, résident du quartier et auteur de plusieurs œuvres au Cratère. « Je veux rebooster le quartier, montrer qu’il vit et qu’il n’est pas abandonné. On fait même participer les gamins », explique-t-il. « Ça ramène la culture hip-hop dans le quartier avec le soutien de la Ville pour ce type de projets », affirme l’artiste.

    De passage pour un café, le coach Jérémie Moreau, du club de MMA Furaçao, indique que « beaucoup de monde du quartier vient s’inscrire. On est déjà une cinquantaine alors que la saison n’a pas encore commencé », relève le sportif qui reprend les locaux de l’ancienne brasserie, rénovés durant l’été. « La Ville nous a toujours aidés à trouver un local » par l’action du service développement des quartiers.

    Après cinq Café des cocos depuis mai, le prochain rendez-vous aura lieu le 4 octobre aux Symphonides selon la même formule.

  • Martigues organise la rencontre des bénévoles et des associations

    Martigues organise la rencontre des bénévoles et des associations

    « Si on devait mesurer le dynamisme d’une ville au nombre d’associations, avec plus de 900 pour 49 000 habitants, c’est dire que Martigues est dynamique ! » lâchait le conseiller municipal (PCF) Gilles Picard, nouvellement délégué à la vie associative, lors d’un point presse organisé le 2 septembre dernier.

    La journée « À la rencontre des assos » organisée par la Ville démontre ce dynamisme par l’accueil de 130 de ces organisations sous la Halle ce samedi, de 10h à 18h. Parmi les nouvelles invitées, Les prestataires du cœur, venant en aide aux personnes malades du cancer (voir notre édition du 3 septembre) ainsi que Zoo’logique et Mundus. Ce forum est non seulement l’occasion de découvrir les associations culturelles, sportives, de loisirs ou de solidarité, mais aussi de favoriser les rencontres avec de futurs bénévoles.

    « Un lieu de rencontre »

    L’un des enjeux majeurs de ce rendez-vous est de répondre à l’un des principaux besoins des associations, quand 40% d’entre elles affirment manquer de bénévoles d’après une étude réalisée pour la Ville par le Réseau national des maisons des associations (RNMA). Pour ce faire, deux tableaux sont installés dans le hall d’entrée, pour d’un côté annoncer la recherche de bénévoles et de l’autre la recherche d’association où donner un peu de son temps.

    « C’est un lieu de rencontre entre les personnes qui veulent donner de leur temps et les assos qui cherchent », indique Valérie Fernandez-Campazzo, responsable du service vie associative de la Ville. « Nous sommes aussi là pour guider les futurs bénévoles vers les assos qui cherchent. Ça peut aller du simple coup de main ponctuel comme à la contribution d’un trésorier expérimenté », poursuit la responsable. Le « coup de main ponctuel » est d’ailleurs ce qui intéresse le plus des associations dans leurs recherches, pour 61% d’entre elles, d’après la même étude. Le mur des rencontres se trouve aussi à l’année dans la Maison de la vie associative (MVA).

    Et un moment d’échanges et de conseil

    La création et le développement d’une association, avec souvent l’embauche de salariés, exige des capacités, des connaissances et parfois un accompagnement. Les équipes de la Maison de la vie associative (MVA) se tiennent justement disponibles pour les porteurs de projet ayant besoin de conseils pour la création et la gestion d’une association. « C’est une structure d’accompagnement des projets », explique Valérie Fernandez-Campazzo. « Le porteur de projet peut venir avec son rêve et nous l’accompagnons pour se former, développer sa structure associative dans l’intérêt général » détaille la responsable. Un atelier y est dédié à 14h30 ce samedi pour « créer du lien et construire un projet collectif ».

    Cet enjeu de formation s’explique par les associations créées chaque année à Martigues, avec 96 établissements employeurs de 983 salariés d’associations sur le territoire. Pour Gilles Picard, ce salariat associatif « vient avec des responsabilités d’employeur, impliquant de tenir une comptabilité qui dépasse les seules entrées et sorties. Cela demande de la formation et des interlocuteurs pour se faire aider ». D’où les propositions de la MVA, « une structure soutenue par la ville qui permet d’avoir accès à ce type de formations. L’engagement associatif est très important pour nous et le bénévolat doit être salué car il n’est pas reconnu comme il le devrait » affirme l’élu.

    Un apéritif est offert aux associations à 18h30 dans le hall en conclusion de la journée.

  • L’école Daugey conserve sa classe d’ajustement

    L’école Daugey conserve sa classe d’ajustement

    La mobilisation pour le maintien de la 8e classe d’ajustement de l’école élémentaire Robert Daugey de Martigues s’est soldée cette semaine par une victoire. « L’ouverture a été actée par le directeur académique » annonçait le rectorat dans une réponse laconique à nos sollicitations mercredi 3 septembre dernier.

    Pour les parents d’élèves, la nouvelle a été synonyme de soulagement. « Nous sommes ravis » souligne Magali Raymond, déléguée des parents d’élèves de l’école. Le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux, également mobilisé depuis l’année dernière pour l’ouverture et le maintien de la classe, parle d’une « excellente nouvelle » dans un communiqué ce jeudi, « pour notre commune de Martigues, pour la communauté éducative et surtout pour nos élèves qui méritent d’apprendre dans les meilleures conditions », plaide l’édile.

    « Nous restons vigilants »

    Cette 8e classe d’ajustement avait été ouverte au regard de la situation à sept classes, conduisant au doublement des niveaux dès le CP et des effectifs à 27 enfants par classe, alors que « les recommandations ministérielles préconisent 24 élèves pour les niveaux CP CE1 » pour assurer de bonnes conditions d’apprentissage comme le rappelait la secrétaire de la FSU de Martigues, Valérie Zikka Dussol avant la rentrée. Dès lors, les effectifs préconisés sont à nouveau atteints.

    Gaby Charroux a « salué » la décision du rectorat, en même temps que de « remercier toutes celles et tous ceux qui se sont engagés sur ce dossier ». Pour autant l’édile martégal affirme qu’« à l’avenir, nous continuerons à être vigilants et attentifs pour protéger nos écoles Martégales qui demeurent des piliers de notre vie locale ».

  • L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    C’est un mouvement de grève reconductible national qui donne le coup d’envoi de la rentrée sociale. À la centrale de Martigues-Ponteau, comme dans les sites d’Enedis ou des entreprises gazières, la fédération CGT des mines et énergies (FNME) a appelé à cesser le travail ce mardi, et dès la veille au soir en ce qui concerne les équipes de trois-huit. Devant l’entrée de la Centrale combinée gaz (CCG) d’EDF, les syndicalistes CGT de la centrale se mobilisent pour deux raisons majeures.

    « On demande une revalorisation à hauteur de 9% de la grille salariale et des indemnités d’astreinte », revendique Sébastien Koch, secrétaire général du syndicat CGT de la centrale de Martigues. Et pour cause, « plus personne n’est embauché aux 3 premiers échelons de notre grille car ils se situent en dessous du Smic. Le but pour nous est de remonter l’ensemble de cette grille, et pas seulement les trois premiers échelons, ce qui n’a pas été fait depuis des décennies », argumente le syndicaliste.

    Plus encore, « on réclame les 13e et 14e échelons d’ancienneté. Car si on rallonge la durée de travail, l’ancienneté ne suit pas cette évolution », abonde Sébastien Koch, qui rappelle que « dans les industries énergétiques et gazières, on a normalement 33% d’augmentation de salaire entre l’entrée et la sortie de l’entreprise, pour les carrières complètes ». Ce qui n’est plus le cas, selon le représentant syndical.

    Outre le salaire, les énergéticiens de la CGT proposent également de baisser les factures des usagers, principalement du grand public, par le retour de la TVA de 20 à 5,5%. Une variable d’ajustement pour les deux enjeux, donc.

    Une fonction stratégique

    La double particularité de la Centrale combinée gaz (CCG) de Martigues est à la fois d’être la seule dans la région appartenant à EDF, sur les trois dont dispose le groupe en France, mais également d’être historiquement liée au territoire industriel qui l’entoure. Les deux turbines au gaz naturel alimentent des générateurs pour une puissance cumulée de 930 mégawatts (MW) par heure, raccordée au niveau national et équivalente à l’un des quatre réacteurs nucléaires du Tricastin. Ces deux unités mises en service en 2012 remplacent les anciennes chaudières au fioul arrêtées en 2008. Cette centrale remplit « une fonction stratégique » pour EDF, répondant « à des besoins spécifiques de la région Paca lors de contextes de forte consommation ». De plus, le combiné gaz « produit rapidement de l’électricité en complément de l’énergie renouvelable », intermittente.

    Mais à l’heure des projets industriels décarbonés de Fos-Berre, dont la consommation électrique est évaluée à 3410 MW en 2035 selon une analyse de l’État, le secrétaire du syndicat CGT de la centrale de Martigues s’interroge. « On n’a jamais parlé de nos centrales dans le projet Fos-Berre » affirme-t-il. « Il y a besoin de la ligne très haute tension à 400 000 Volts pour alimenter la zone, mais il ne faut pas oublier les modes de productions locaux », fait-il observer. À ce titre, EDF assure que « ce site conserve sa raison d’être », mais ne « s’inscrit pas forcément dans une stratégie bien définie » au-delà de 2035. D’où l’inquiétude de Sébastien Koch pour « l’après 2035, où nous n’avons pas de réponses ».

    Au local, la lutte porte bien au-delà des enjeux nationaux. Mardi soir, la CGT fait état de plus de 200 piquets de grève et de l’absence de réponse des entreprises au mouvement social.

  • Comment concilier industrie et services publics ?

    Comment concilier industrie et services publics ?

    Réconcilier les usines polluantes avec la protection de l’environnement tout en créant 10 000 nouveaux emplois : c’est la promesse du grand mouvement de réindustrialisation qui anime l’ouest du département depuis la fin de l’année 2023. Mais pour le Parti communiste français et la CGT, ce développement économique doit impérativement être indissociable d’un élargissement des services publics.

    Daniel Bretonnès, secrétaire général de l’Union locale du syndicat CGT, affirmait dimanche, lors du débat du festival Terres de résistance : « L’industrie a besoin de services publics, de routes, de fluvial, de fret ferroviaire… C’est quand même incroyable que l’un des plus grands ports d’Europe, Marseille, ne soit alimenté que par une voie ferrée quand Rotterdam en a douze et Le Havre cinq. »

    Sur ce plan, une première étape historique a été franchie avec le financement du contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc, dont le chantier démarrera en 2027 pour s’achever en 2030. « Un premier maillon vient d’être posé, reconnaît le maire (PCF) Gaby Charroux. Mais il y en a bien d’autres. Nous nous battons depuis des années sur la question des besoins en moyens publics pour la santé des habitants du territoire, je veux parler de l’hôpital de Martigues. »

    « Rétablir la taxe professionnelle »

    Josie, retraitée de l’établissement, témoigne : « L’hôpital est exsangue malgré toutes les interventions qu’on a pu faire, il y a une fuite des effectifs, on ferme des lits, le personnel fait 14 heures de travail en chirurgie… C’est du jamais vu. » Le maire de Martigues admet : « Il nous manque des moyens financiers, des moyens en termes de locaux, des moyens technologiques et des moyens humains. Les urgences sont submergées, ce n’est pas possible. Je suis en contact avec beaucoup de chefs de pôle qui me disent leur dégoût de ne pas voir un schéma directeur se mettre en place. Les choses n’avancent pas, il va falloir peut-être trouver des moyens de pression auprès de l’Agence régionale de santé. » La CGT revendique 170 millions d’euros d’investissements et la création de 90 emplois statutaires, « le minimum pour se remettre à flot » selon Josie.

    Pour un développement économique harmonieux, Daniel Bretonnès préconise le rétablissement de la taxe professionnelle « pour que l’industrie redonne une partie de ses richesses à la région qu’elle impacte et pour qu’on puisse construire du social, du logement, améliorer les écoles, qu’on ait du personnel territorial qualifié ». Le syndicaliste assène : « Les mairies, c’est la démocratie. Si elles n’ont plus la taxe professionnelle ni la taxe d’habitation, elles n’ont plus de pouvoir. Le lien entre industrie et services publics se fera que si on a une réforme fiscale qui va dans le bon sens. »

  • Les écoles martégales sont prêtes à accueillir les élèves

    Les écoles martégales sont prêtes à accueillir les élèves

    À quelques jours de la rentrée, les écoles s’éveillent. Des parents passent les grilles de la cour de récréation en tenant la main à leur enfant pour finaliser les inscriptions. Les enseignants prennent leurs marques dans les salles. Cette année, 4 701 élèves de maternelle et de primaire franchiront les 28 écoles de la Ville de Martigues le 1er septembre munis de leur cartable. Des effectifs en légère baisse, confirmant la tendance nationale.

    « On a une classe qui a fermé au sein de l’école de Font Sarade, mais c’est une école qui est effectivement dans un quartier pavillonnaire dans lequel on observe une diminution du nombre d’enfants depuis des années, donc on n’est pas vraiment surpris », explique Annie Kinas, adjointe au maire en charge de l’éducation et de l’enfance.

    Une classe en suspens

    Du côté de l’école élémentaire Robert Daugey, des incertitudes persistent. « La classe provisoire qui avait été ouverte l’année dernière a été refermée, poursuit l’élue. Je suis allée à l’inspection d’académie cette semaine pour essayer de la sauver parce qu’il y a toutes les familles des logements du domaine de Manon, qui ont été attribués tout au long de l’été qui dépendent de cet établissement. » Un comptage sera réalisé par l’inspectrice lundi matin pour constater le nombre exact d’inscrits. « On a peut-être une chance avec des inscriptions de dernière minute, encore faut-il trouver un ou une enseignante », tempère Annie Kinas.

    L’adjointe éclaire : « Les effectifs sont actuellement à 27,5 élèves par classe, et l’académie commence à penser à l’ouverture à 27,5. Avec ouverture on tomberait à 24 élèves. Ce qui est un peu dommage dans cet établissement c’est qu’il y a une classe double CP-CE1. Avoir des cours double en CP ça peut être perturbant pour des élèves qui arrivent en cours
    élémentaire.
     »

  • « L’affluence s’est reportée sur août »

    « L’affluence s’est reportée sur août »

    La Marseillaise : Quel bilan tirez-vous de la saison ?

    Jean-Jacques Micoud : On a un début d’année qui était pas mal, un printemps qui s’est bien déroulé, un décrochage sur mai malgré les ponts et puis un redémarrage en août. Le mois de juillet n’était pas bon, et l’affluence s’est reportée sur août, ce qui est plutôt nouveau. Ça s’explique par des événements conjoncturels et structurels. Le conjoncturel ce sont les incendies. Mine de rien, beaucoup de gens se sont demandé s’ils pouvaient quand même venir, si les plages étaient ouvertes, si les manifestations étaient maintenues… L’autre point conjoncturel, ce sont les canicules. J’ai travaillé pendant neuf ans pour le Morbihan, chaque fois qu’une vague de chaleur était annoncée dans le Sud, on voyait mécaniquement les réservations augmenter. Et puis l’élément quasi structurel maintenant, c’est la forme économique de la France et le pouvoir d’achat des Français. Ça ne joue pas tant sur les réservations que sur la consommation.

    Les activités de l’Office ont-elles rencontré le succès escompté ?

    J.-J.M. : Les visites ont bien marché, on est satisfait niveau remplissage global. On a trois types de participants : les Martégaux qui viennent découvrir ou redécouvrir leur patrimoine, comme le calen, les gens de la région qui s’inscrivent à nos activités pour avoir un bon prétexte pour visiter Martigues, et puis le touriste pur qui est en vacances et qui en profite pour ne pas bronzer idiot. Là où on est aussi assez satisfait, c’est du côté boutique. Les petites babioles aux couleurs de Martigues marchent pas mal. On a un panier moyen de l’ordre de 11,50 euros. Ce qui est important, c’est que les gens repartent avec quelque chose.

    La filière cinéma attire-t-elle les touristes ?

    J.-J.M. : Bien sûr, la visite des décors de Camping Paradis continue de rencontrer un succès fou. On est en train de mettre en place des visites pour Provence Studios. On a une pépite mondiale, une originalité terrible en France avec cette carte postale de Venise provençale, un savoir-faire en matière d’accueil de tournage puisqu’on est à 170 tournages par an. Il faut qu’on soit capable d’organiser des visites autour des infrastructures, autour du cinéma, et demain on pourrait aller encore plus loin avec des visites virtuelles, un site dédié… Il faut que le cinéma soit considéré comme une vraie filière, pas simplement d’attractivité, mais économique.

  • Pierre Brandon, l’esprit de Résistance

    Pierre Brandon, l’esprit de Résistance

    Pierre Brandon, né à Tunis en juin 1915, avocat, résistant communiste, responsable du Front national de lutte pour la Libération de la France a eu mille vies.

    Certains l’ont rencontré avec ses camarades des brigades internationales de la guerre d’Espagne photographiant pour un journal des visages douloureux du camp de concentration d’Argelès, d’autres l’ont connu chef cuisinier d’un grand restaurant, coiffé d’une toque blanche, d’autres encore sont venus déposer des armes ou retirer des tracts et des armes à son épicerie, curieusement située en face du Palais de Justice de Toulouse et qui n’était qu’un important relais patriotique ; quelques-uns ont travaillé avec lui, lorsqu’il était docker à Bordeaux, ou comptable aux abattoirs ; il a manié la truelle sur des chantiers du bâtiment de Haute-Garonne et la mitrailleuse du résistant dans le Sud de la France. Nommé « Balzac » dans la clandestinité, responsable du Front national de lutte pour la Libération de la France, Pierre Brandon en est le représentant au Comité interdépartemental institué par le Gouvernement provisoire à la Libération. Redevenu avocat après la guerre, il est resté fidèle à ses convictions jusqu’à la fin de sa vie, en 2003.

    C’est à lui que l’on doit la création de La Marseillaise mais aussi le journal de la Résistance de Martigues, Le Patriote Martiguais, une publication disparue après la guerre mais aussi du Patriote Niçois, devenu depuis sa création l’hebdomadaire des Alpes-Maritimes, Le Patriote Côte d’Azur.

    À la recherche d’un moyen d’impression en 1943, c’est lui qui parvient à convaincre un imprimeur aixois, Eugène Tournel par l’entremise du Dr Paul Paret, médecin communiste qui avait fourni un faux certificat pour que le fils Tournel échappe au STO.

    Fin 1943, le premier numéro clandestin de La Marseillaise sort dans la nuit brune de l’occupation nazie, rue Bédarrides à Aix-en-Provence.

    Pierre Brandon rapporte dans ses mémoires la sensation qu’il a ressenti en tant cette toute première Marseillaise entre ses mains : « La voilà, je m’arrête de penser, de respirer, d’écrire. Je ne suis que joie, joie, joie ! Je la tiens avec amour, gratitude et fierté. C’est ma Marseillaise ! J’imagine un agent de la Gestapo à Marseille. Crevant de rage et de trouble à l’idée de ce que ses chefs vont lui dire. Et la gueule du préfet de Pétain ? Il me semble que désormais j’aurais moins peur de mourir entre leurs mains. Je me dirai : les salauds, je leur ai foutu La Marseillaise dans la gueule ».

    « Les salauds,
    je leur ai foutu La Marseillaise dans
    la gueule »

  • L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    Le protocole signé avec EDF porte ses fruits. En septembre 2024, le Gipreb, syndicat mixte chargé de la surveillance de l’état écologique de l’étang de Berre, et l’électricien passaient un accord visant à restreindre les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas durant l’été. Après une première saison, le directeur de l’instance scientifique Raphaël Grisel l’affirme : « Ce protocole donne raison à l’ensemble des parties : on a une centrale qui produit, essentiellement en hiver, et un étang qui profite de ces nouvelles conditions et semble moins fragile sur la période estivale. »

    « Actuellement, la salinité est la même de la surface au fond, dans les zones profondes, poursuit-il. On n’a plus de stratification depuis le mois de juin grâce à la limitation des rejets d’eau douce. » En 2018, l’eutrophisation et la stratification des eaux avaient mené à une crise d’anoxie, c’est-à-dire une pénurie d’oxygène dans l’eau conduisant à une mortalité massive des organismes vivants de l’étang.

    La recolonisation des zostères

    Même les deux périodes de canicule, en juin et en août, n’ont pas eu raison de l’équilibre de l’écosystème. « Les chaleurs n’ont pas eu d’incidence trop négative », assure Raphaël Grisel, qui pointe « de toutes petites situations dans des zones très confinées comme des ports », mais aucun épisode de malaïgue grâce au vent qui a fait baisser les températures. Pour garder une eau claire et équilibrer l’écosystème lagunaire, le Gipreb mène des campagnes de plantation d’herbiers de zostères qui limitent la remise en suspension des sédiments grâce à leurs racines, stockent la matière organique et permettent la production d’oxygène dans l’eau avec leur photosynthèse.

    « L’intérêt c’est d’accélérer leur recolonisation dans les zones où il devrait y en avoir, détaille Raphaël Grisel. Ces sites ont été ciblés en fonction de leur capacité à essaimer vers d’autres sites grâce à la circulation de l’eau. L’année dernière on en a planté 8m2, ce qui est très peu mais c’était un test opérationnel. Au bout de trois mois, ces 8m2 étaient devenus 400m2, donc on a une multiplication par cinquante des surfaces. Cette année, on a planté 30m2. »

    Autre avancée notable : cet automne, la réouverture des communications hydrauliques entre l’étang de Bolmont et l’étang de Berre permettra à la lagune située entre les communes de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues de sortir d’une « situation de confinement qui ne lui est pas favorable ».

  • Martigues : Provence Studios prépare des visites pour découvrir les coulisses du cinéma

    Martigues : Provence Studios prépare des visites pour découvrir les coulisses du cinéma

    La Marseillaise : Combien de tournages avez-vous accueillis l’année dernière ?

    Olivier Marchetti : Ce qu’on peut dire c’est que 2024 et 2025 n’ont pas été des années très bonnes, il y a eu une grosse baisse des tournages depuis 2023 liée à tout un tas de raisons : la grève des scénaristes américains a perturbé les choses, la convention entre les producteurs et Canal+ a mis du temps à être ratifié donc énormément de projets ont été décalés et la conjoncture économique globale fait que beaucoup de projets ont été reportés ou annulés. On voit l’état de la filière à l’embauche des intermittents : avant on avait une pénurie, là c’est eux qui nous téléphonent pour avoir du boulot. Et ce n’est pas qu’en France, en Europe et aux États-Unis c’est pareil. Je reviens de Los Angeles, il y a zéro tournage parce que c’est trop cher, qu’il n’y a pas d’aide… La production en France a diminué ces deux dernières années, mais 2026 s’annonce beaucoup mieux. On a de belles perspectives.

    Comment faire pour attirer les productions ?

    O.M. : Le marché est devenu réellement mondial. Il faut savoir que les productions françaises et internationales ont des aides pour produire, ces aides ne sont pas des subventions mais une restitution de ce qu’ils dépensent sur de la TVA par exemple. Le crédit d’impôt en France était assez compétitif à l’époque, mais il ne s’est pas modernisé à la différence de l’Espagne ou de l’Italie, ce qui l’a beaucoup dévalué. Aujourd’hui, en France, ce ne sont que les salaires des techniciens français qui sont pris en charge, le casting et les techniciens étrangers ne rentrent pas dans l’assiette. Donc les producteurs américains, quand ils ont un gros casting et un gros réalisateur, préfèrent aller en Italie ou en Espagne parce que ça leur coûte moins cher. Il faudrait augmenter cette assiette en France.

    Est-ce qu’on a une idée des retombées économiques de la filière pour le Pays de Martigues ?

    O.M. : The Serpent Queen, qui a été tourné à Martigues mais aussi dans les Pays de la Loire, était un tournage à 80 millions de dollars sur six mois. La production a dépensé 2,5 millions d’euros d’hôtel dans la région. C’est colossal. Ces retombées-là, les salaires, les taxis, les restaurants, la consommation, sont directes, mais il y a aussi les retombées indirectes qui sont plus difficiles à chiffrer. La Nouvelle-Zélande a fait une enquête pour évaluer ce montant : après Le Seigneur des anneaux, le tourisme a pris 50%. À Martigues, on peut citer l’exemple de Camping Paradis. Énormément de gens positionnent la commune grâce à cette série, sans compter les visites organisées dans les décors par l’Office de tourisme.

    De votre côté, un partenariat avec l’Office de tourisme est-il envisagé pour organiser des visites des studios ?

    O.M. : Oui. On a énormément de demandes. On ouvrait jusqu’ici pour les Journées du patrimoine, cette année ce ne sera pas possible car elles tombent en même temps que la foire de Marseille où nous tiendrons un stand. En revanche on crée des visites pour venir voir nos studios, ce sera fin 2025 début 2026. Quand j’ai créé Provence Studios je n’avais pas conscience de l’intérêt que pourraient porter les habitants du territoire et les touristes au fonctionnement de nos lieux de tournage.