Tag: Marseille

  • Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    « La cellule anticorruption a vocation à regrouper les dossiers de corruption et d’atteinte à la probité pour avoir une vision transversale et panoramique, assurer un traitement centralisé pour mettre en œuvre des stratégies face à l’infiltration et la pénétration du crime organisé », pose solidement le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessonne, qui a dévoilé hier les premiers résultats de cette « COC » créée il y a six mois, le 1er octobre 2025.

    « Détecter et poursuivre » sont les pivots de cette cellule qui traite tous les corps de métier impactés par un phénomène corruptif en expansion : agents pénitentiaires, policiers, militaires, gendarmes, auxiliaires de justice, avocats, notaires, opérateurs privés à des postes stratégiques, dockers, agents de sécurité, élus, agents publics « jusqu’aux personnels des services judiciaires car nous ne sommes pas épargnés », se désole le procureur dont la cellule a lancé plusieurs enquêtes flash pour des levées de doute rapides. Si les signalements abondent chaque semaine, il n’y a pas toujours au bout des infractions. « On imagine le pire et on trouve de l’incompétence, une erreur de bonne foi, du je-m’en-foutisme, l’absence de tout repère professionnel », observe aussi le procureur.

    « On est très fortement impactés à Marseille »

    « Jusqu’alors on s’arrêtait à l’écume des choses, la face émergée de l’iceberg, que sont les violations de secrets, les consultations de fichiers, les remises illicites d’objets, l’objectif de cette cellule est d‘aller au-delà. » La montée en puissance a été rapide. Partant d’un portefeuille de 17 dossiers récupérés dans différents services, la cellule est montée à 31 dossiers. Le stock actuel est de 28 dossiers, trois dossiers ayant été clôturés : un classement sans suite, une condamnation d’un policier syndicaliste marseillais corrompu (La Marseillaise du 3 avril) et un transfert à la Jirs.

    « On est très fortement impacté par le phénomène à Marseille », reconnaît le procureur qui passe en revue les cas : un élu dont il ne dira rien, deux auxiliaires de justice, six agents des services judiciaires, neuf affaires impliquant des agents pénitentiaires et treize affaires concernant des policiers. Les infractions vont du détournement de fichiers à la corruption passive, de la participation à association de malfaiteurs à la violation du secret professionnel ou de l’instruction. Deux dossiers vont bientôt toucher la barre de la 6e chambre correctionnelle.

    Cartographie des risques

    Une problématique généralisée se dégage sur des recrutements rapides sans enquête sérieuse de moralité, mais surtout la consultation de fichiers avec détournement de données. « C’est un vrai sujet qui impose des réflexions au niveau de l’administration centrale sur la traçabilité, les contrôles aléatoires surtout dans une société totalement numérisée. L’inspection des services judiciaires et l’Agence française anticorruption sont venues la semaine dernière cartographier les risques et les points de fragilités. On attend un retour de cet audit sur les failles de sécurité », explique Nicolas Bessone.

    Cette cellule a pour mérite de redresser des pratiques. Le président du tribunal judiciaire s’est emparé du sujet de l’accès des agents du tribunal aux différents fichiers d’État. La directrice de greffe a procédé à un audit et une remise à plat des droits d’accès des agents, droits qui finissaient par rester ouverts après des mutations internes.

    « Désormais chaque agent du tribunal qui ouvre son ordinateur voit une fenêtre s’ouvrir l’avertissant qu’il traite des données sensibles qui ne doivent faire l’objet d‘aucunes compromissions et dont on pourra vérifier l’utilisation irrégulière », observe le procureur. « La multiplication en quelques années des applicatifs et des fichiers a amélioré le fonctionnement des services mais il a aussi banalisé l’importance des fichiers », note Jean-Yves Lourgouilloux, le vice-procureur chargé de la grande délinquance économique et financière.

  • [Entretien] Benoît Thomassin : « L’objectif est de rouvrir des lits en psychiatrie »

    [Entretien] Benoît Thomassin : « L’objectif est de rouvrir des lits en psychiatrie »

    La Marseillaise : L’hôpital est en proie à des difficultés de recrutement de médecins, ce qui avait conduit à la fermeture de l’unité la Nef il y a un an. Sur le site de l’hôpital 32 offres restent à pourvoir. Où en est-on ?

    Benoît Thomassin : L’établissement comme beaucoup dans la psychiatrie, a des difficultés à attirer les médecins et à pouvoir les fidéliser. Sur l’hôpital aujourd’hui on a 67 équivalents temps plein de médecins, ce qui fait 81% de postes pourvus. Mais on a une difficulté sur le pôle littoral où des postes de médecins seniors, c’est-à-dire des praticiens hospitaliers ou des hospitaliers contractuels, restent vacants. Seuls 38% sont pourvus. On accueille des internes ou des praticiens diplômés étrangers qui s’ajoutent également. On essaie de renforcer les équipes de façon pérenne. Il y a eu la fermeture de la Nef faute d’effectifs médicaux, mais on met tout en œuvre pour avancer dans les recrutements de médecins. Selon les maquettes de l’hôpital, il n’y a pas de problème de sous-effectifs parmi les postes de soignants.

    Les syndicats CGT, FO et SUD ont interpellé les élus qui siègent au conseil de surveillance, inquiets d’une éventuelle suppression d’unités externes du pôle littoral Nord situées dans les 15e et 16e arrondissements. Est-ce une option envisagée par le comité de direction ?

    B.T. : Nous comprenons les inquiétudes des personnels car il y a eu des fermetures par le passé. Mais en conseil de surveillance, nous n’avons pas présenté de tel projet. On n’est pas dans cette idée. Aucune démarche n’a été engagée par la direction en ce sens. Édouard-Toulouse dispose de huit pôles avec une quarantaine de structures extrahospitalières dans le nord et le centre-ville de Marseille pour répondre à ses missions de soins, pour une offre de proximité. L’objectif est de rouvrir des lits en psychiatrie. On va essayer de regagner les 25 lits qui ont été supprimés lors de la fermeture de la Nef. C’est pour cela que nous avons besoin d’effectifs. Ce n’est pas un problème financier, car l’Agence régionale de santé nous soutient dans cette démarche. Ce que nous privilégions c’est qu’il n’y ait pas de rupture dans le parcours de soins du patient. Et ce parcours ne se passe pas uniquement dans les unités d’hospitalisation.

    Face au manque de médecins, pour éviter les fermetures, on se réorganise, mais on le fait dans le calme, dans le temps, dans le respect des instances médicales et non médicales des représentants des personnels de l’établissement. Il faut pouvoir garantir la sécurité des soins et en améliorer la qualité de prise en charge des patients. On étudie comment travailler différemment. Il était convenu qu’on travaille avec un comité de pilotage élargi. Et que ce comité produise un diagnostic sur l’état de la population, les critères démographiques, les évolutions des dernières années, les besoins d’accès à l’offre de soins en santé mentale.

    La psychiatrie est un secteur difficile. Comment regagner en attractivité ?

    B.T. : On met en avant ce que fait l’établissement qui est à la pointe de la politique de ce qui se fait en zéro contention. On organise des journées de référence sur le territoire. Les salaires sont encadrés dans la fonction hospitalière et il s’agit de ne pas créer de déséquilibre dans les équipes donc nous travaillons à l’amélioration des conditions de travail, nous sommes attentifs au projet personnel. Nous comptons aussi sur des appuis extérieurs avec des postes partagés.

    Dimanche 12 avril, un infirmier a été agressé au couteau par un patient qui avait des problèmes d’addiction aux stupéfiants et qui avait fait l’objet d’une hospitalisation sous contrainte. Ce type d’hospitalisation représente-t-il la majorité des occupations de lits ?

    B.T. : Il y a des problématiques qui sont prégnantes et qui ne sont pas spécifiques à cet hôpital, ni à Marseille. Et il y a plusieurs modalités d’accès à l’hospitalisation psychiatrique parmi lesquelles les prises en charge sous contraintes, soit à la demande d’un tiers, souvent la famille, soit à la demande du représentant de l’État. Aujourd’hui, sur les trois pôles de psychiatrie adultes il y a 45% de journées en soins libres et 55% sous contrainte. En fonction des secteurs, il y a des pôles qui sont plus sous contrainte que d’autres. Ce sont des patients sur lesquels il y a des risques. Il n’y a pas de risque zéro. Nous devons réexaminer comment les réduire tout en garantissant l’accompagnement du patient dans les soins et la protection des soignants. Une de nos difficultés c’est que l’hôpital est un milieu ouvert. Mais c’est aussi nécessaire car c’est un lieu de soins.

    Quelles mesures ont été prises ?

    B.T. : Le médecin ainsi que l’administrateur d’astreinte se sont rendus sur les lieux de l’agression pour aider à la gestion de la situation de crise et accompagner les professionnels. Le centre hospitalier accompagnera l’infirmier touché dans l’exercice de ses missions et s’associe à la plainte déposée le 13 avril. Un accompagnement individuel et collectif a été engagé pour les professionnels et les patients et se poursuivra sur un temps assez long car les répercussions peuvent être à moyen ou long termes. Ensuite, nous ferons un retour d’expérience pour évaluer les pratiques et travailler à la réduction des risques avec le service qualité et gestion des risques.

    Des investissements sont-ils prévus sur le bâti ?

    B.T. : D’importants travaux de rénovation ont déjà été entrepris depuis quelques années sur l’ensemble de nos pôles. Ce sont entre 8 et 10 millions d’euros qui sont ainsi investis sur un budget de 80 millions. C’est un des hôpitaux qui investit le plus dans son patrimoine.

  • À Marseille, le festival de Flamenco confirme son succès

    À Marseille, le festival de Flamenco confirme son succès

    Cela fait plus de trente ans que Maria Pérez dirige le centre Solea situé rue Sainte. Passionnée de Flamenco, elle ouvre son école de danse en 1994 avec son mari Marc Bamoudrou pour transmettre la culture andalouse. En cette 8e édition, son festival reçoit, cette année, une attention particulière. « Le maire de la Union, en Espagne, Joaquin Zapata, animera la soirée de samedi. C’est un honneur ainsi qu’une grande marque de reconnaissance de l’accueillir en nos lieux », annonce-t-elle fièrement.

    Populaire et solidaire

    Le maire et directeur du Festival international espagnol du Cante de las Minas prendra la parole à 18h30, pour une conférence sur l’histoire, l’identité et l’évolution du Flamenco. Intervention qui sera suivie d’un concert du guitariste Joaquín Muñoz Fernández. Plus de place disponible pour cette soirée, qui promet d’être « explosive », selon la directrice.

    Un engouement qui s’accélère depuis trois ans et se confirme une fois de plus cette année. Une réussite due, selon Maria Pérez, aux « valeurs populaires et solidaires » que prône le Centre. « Nous avons à plusieurs reprises travaillé avec T’Cap 21, pour les jeunes trisomiques. Mais aussi pour A Pulso, un cycle d’ateliers de danse flamenca avec des femmes réfugiées ou en difficulté sociale, à Marseille et à Arles. » Une volonté donc d’unir à travers la danse, mais aussi de « combattre les préjugés », selon Claude Freissinier, directeur de la société Arts et Musiques. « La programmation de vendredi est aussi une manière de valoriser le Flamenco de nos quartiers. Mettre en lumière la communauté gitane de notre région avec, par exemple, l’intervention de Manuel Gomez, un guitariste de Martigues », confie-t-il.

    Quelques places sont encore disponibles pour la soirée de vendredi, qui s’ouvrira sur un bal sévillan à 19h. Au menu : des spectacles de Flamenco traditionnel puis la projection d’un film dédié au guitariste Yerai Cortés.

    Renseignements sur festivalflamenco-azul.com

  • Masia, Propos et Conte lauréats

    Masia, Propos et Conte lauréats

    Cent cinquante-six adeptes et passionnés de la longue distance, sont venus participer à un souvenir qui rend hommage à un garçon trop rapidement enlevé à l’affection des siens et dont tout un chacun dans ce milieu bouliste et même au-delà garde en mémoire, le souvenir d’un joueur exemplaire, talentueux que tout autant respectueux.

    Aux manettes, Jauffrey Capasso et sur les jeux, deux arbitres Christine Garguillo au Cercle et Jacques Montemarano au stade. L’équipe du Cercle St Barnabé autour du président Serge Castiglione, répond toujours présente dans la gestion des grands événements.

    Sur le terrain le spectacle est de grande qualité, avec des parties très disputées et surtout avec un excellent état esprit qui vont se dérouler devant de très nombreux spectateurs. Parmi lesquels Marcel Rossi qui en compagnie de Franck et Michel Labbé ont remporté le 1er National du Brusc.

    Pour preuve cette partie de cadrage entre les deux « Vieux Lions » que sont Félix Solinas et Michel Santi accompagnés de Saïd Belkacem face à Hernin Sillou, Tahar Beraza et Bruno Horassandjian. Ces derniers vont s’imposer par la plus infime des marges et non sans mal.

    Si pour des raisons familiales, il n’a pas pu prendre part au concours, Anthony Kerfah a tenu honoré de sa présence ce souvenir. C’est lui qui lancera le but de la finale entre deux équipes habituées des podiums. Masia, Propos et Conte face à Groubon, Jamakorzian et Brandello.

    Deux heures plus tard, les premiers recevront un superbe trophée œuvre de Sébastien Giardina et les nombreux lots au terme d’une cérémonie empreinte d’émotion en présence de la famille de Francky Arnone.

    Nous laisserons le mot de la fin à Michel Labbé, qui est le maître d’œuvre « je tiens à remercier toutes les personnes qui ont collaboré à la réussite de cet hommage. D’où il est mon Ami Francky a certainement apprécié. Rendez-vous pour la prochaine édition ».

    Fiche Technique

    Quarts de finale

    Groubon bat Gallo – Barone – Lucas à 8

    Toutain bat Gomez – Poutet. – Jonathan Star à 4 

    Re bat Sillou – Beraza – Horassandjian à 0

    Masia bat Revelin – Ghaleb Bouchaid – Arnold. à 7

    Demi-finales

    Massia bat Michel Toutain -,Serge Naples Jean-Pierre Bossy à 8

    Groubon bat Alain Ré – Pierre Guida – Gérald Guglielmi. à 2

    Finale

    Jean-Pierre Masia – Michel Propos – Francis Conte battent Gaëtan Groubon – Daniel Jamakorzian – Serge Brandello 13 à 5

  • Le Medef Sud enrage d’un 1er Mai chomé

    Le Medef Sud enrage d’un 1er Mai chomé

    « Cette affaire du 1er mai est lamentable. On est sur des positions totalement passéistes qui ramènent à une forme de lutte des classes du XXe siècle. » Ce mercredi lors de sa conférence de presse mensuelle, le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou, a envoyé les pieds à l’encontre de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs. L’entrepreneur varois était visiblement remonté contre « le manque de courage politique » du gouvernement après le recul de ce dernier concernant la proposition de loi prévoyant une extension de la possibilité de travailler le 1er mai. « Ce que demandent les boulangers, les fleuristes et d’autres professions, ce n’est ni plus ni moins que de travailler. Et faire travailler leurs collaborateurs lorsqu’ils en ont envie et de leur faire gagner un peu plus de d’argent à la fin du mois. C’est ballot tout ça ! », débute Stéphane Benhamou.

    « Dans 15 jours, ils seront tous ouverts »

    Pour lui, la proposition émise par les députés Renaissance, Gabriel Attal en tête, « relève du bon sens ». Alors que la réaction des différentes organisations syndicales qui s’y sont opposées relève d’une « posture clientéliste et populiste ». Le patron des patrons du Sud ne retient pas ses coups à l’égard des syndicats : « Ils ne sont pas représentatifs : on sait bien que dans la totalité des TPE ou petites PME la représentation syndicale est proche de 0. La représentation syndicale n’y existe pas. » Droit dans ses bottes, il assure même que la proposition de loi, qui n’a pas abouti pour rappel, est une simple « régularisation d’un état de fait ». « C’est une régularisation de la réalité : les boulangers sont tous ouverts le 1er mai, ils ne sont pas seuls à faire le pain ! Nous, nous sommes dans la réalité », développe-t-il. Il va même plus loin et appelle ses homologues artisans à aller contre la loi : « Nous soutenons l’ouverture au travail le 1er mai. Je les invite à ouvrir [malgré les menaces d’amendes]. » Avant d’assurer : « Dans 15 jours, toutes les boulangeries et tous les fleuristes seront ouverts. »

  • Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    « Je me suis pris une amende alors que j’étais en règle, ça m’a pas trop fait rigoler. Et je leur ai dit parce que beaucoup de jeunes qui travaillent ici ont eu des problèmes. C’est parti de moi l’initiative. » Comme Dylan et Kevin, trisomiques, Théophile, lui atteint du syndrome de l’X-fragile, prend le train depuis Marseille pour venir travailler à la « Gare des étoiles », initialement la halte SNCF de Niolon. Un tiers-lieu investi depuis 4 ans par l’association « T’Cap 21 » qui propose de la restauration aux voyageurs avec son « Train Inc Café », permettant aussi aux jeunes de travailler en cuisine, au service ou à la plonge, sans oublier une multitude d’activités et d’actions pour l’inclusion. Et ces employés en témoignent, pour eux, se faire contrôler à bord du TER peut être une véritable épreuve, engendrant stress et incompréhension.

    La mauvaise expérience de Théophile a interpellé Julianne, conductrice de train sur la ligne Marseille-Miramas et membre de T’Cap 21 qui faisait déjà le lien avec le « Train Inc Café » en organisant des opérations « citronnades » où les jeunes apportaient sur le quai de quoi désaltérer les personnels de la SNCF. Elle en discute avec sa collègue Orkia, contrôleuse. « Je me suis dit il faut qu’on fasse quelque chose, qu’on puisse intervenir et qu’on les rassure ces jeunes. Moi je suis contrôleuse, je ne suis pas méchante », explique cette dernière.

    Sensibiliser les agents

    de la SNCF

    La hiérarchie a suivi. L’idée vient de démystifier le contrôle en y faisant participer les jeunes sur une journée puis de les munir d’un cordon avec un badge spécifique de « super voyageurs » pour leurs déplacements. « Avec cette identification forte, cela leur permet d’être visibles et d’éviter le stress de chercher l’abonnement dans le sac », explique Andrine Bernard, directrice des lignes TER Ouest Provence, pour qui « ce projet a pointé du doigt le fait que nos salariés, dans le cadre de leur formation, doivent être sensibilisés à tous nos voyageurs et toutes les situations qu’ils peuvent rencontrer », reconnaissant que « jusqu’à présent, c’est vrai qu’on était focalisés sur la partie sûreté, gestes et postures, potentiellement avec des voyageurs sans titre de transport ou avec un tarif non adapté ».

    Pour Nora, trésorière de T’Cap 21 et maman de Kevin, 32 ans, un des quinze « supers voyageurs », l’autonomie de son fils est primordiale. « Depuis ces 15 ans, il prend le taxi seul. Mon mari est décédé, je travaillais, on n’avait pas le choix. Là il va au café deux jours par semaine puis, le reste du temps, dans un foyer parce qu’il n’aime pas rester seul. La solitude est un poids. Il se débrouille, il fait un trajet d’une heure et demie tous les matins, tous les soirs », raconte-t-elle. Kevin nous montre fièrement son abonnement avec lequel il va aussi voir sa copine dans Marseille. « Dans le train, je suis avec le casque, dans ma bulle et avec le badge, et puis aussi Julianne, je suis rassuré », confie-t-il.

    La SNCF imagine développer le projet sur d’autres lignes, avec le soutien de la Région dont le représentant, Jean-Pierre Serrus (Ren.) est venu « en observateur ». « On accompagne cette initiative. La Région prend là des idées opérationnelles sur ce qu’on peut faire de plus pour que notre service public s’adresse à tout le monde… En particulier. On va réfléchir comment on va essaimer », annonce l’élu.

    Pour Julianne et Orkia, il faut aller plus loin : « Ces jeunes sont ceux qu’on connaît, qu’on aime, on est fiers d’eux mais on pense aussi à toutes les autres personnes en situation de handicap visible ou non, et pas que. Il y a aussi des personnes qui manquent de repères et pour qui prendre le train est une épreuve. Pourquoi pas étendre cette sensibilisation à ces gens-là aussi… »

  • RTM : l’hypothèse d’une hausse du prix des tickets

    RTM : l’hypothèse d’une hausse du prix des tickets

    Il y a eu la révolution des transports, avec la mise en service de nouveaux bus à haut niveau de service, une première prolongation du tramway à Marseille. Mais ce jeudi, c’est son contrecoup financier qui sera présenté aux élus de la Métropole Aix-Marseille, avec de la présentation du rapport d’orientations budgétaires. Les finances des transports virent en effet au rouge vif. « Le budget annexe fait face à ces difficultés structurelles avec un besoin de l’ordre de 80M à 90M d’euros dès le budget primitif 2026 », alerte ainsi le document qui parle d’un « véritable mur » financier. Dès 2025, la contribution d’équilibre s’est révélée insuffisante et l’épargne nette devrait être en déficit de 135 millions d’euros en 2028. « On pensait avoir une haie importante à franchir, là on a une muraille, le chantier financier (…) est colossal », souffle le vice-président LR aux finances David Ytier, avant le « temps du partage des constats ». Et de déplorer : « On nous demande de financer un développement de l’offre sans mettre les recettes qui permettent de financer. » D’autant plus que la Métropole doit faire face à 35 millions d’euros de ponctions de l’État.

    Alors l’alternative est posée sur la table : « Dès le budget primitif 2026, augmenter les recettes et/ou baisser les coûts d’exploitation. » Sur la baisse des coûts, la Métropole propose d’emblée 14 millions d’euros d’économies « en supprimant les kilomètres peu productifs », les bus les moins fréquentés, sans toucher aux dessertes. Pour les recettes, elle espère préparer un nouveau plan Marseille en grand pour déployer les RER métropolitains et table sur une évolution législative pour augmenter le versement mobilité des entreprises… Mais surtout, la hausse des recettes commerciales « constitue un levier prioritaire, rapide et pérenne d’équilibre du budget ». Avec deux hypothèses : un prix du billet augmenté de 20 centimes (jusqu’à 3,6 millions d’euros de recettes) ou de 80 centimes (+10,2 millions d’euros). En augmentant au passage le tarif des dessertes de l’aéroport. Des hypothèses étudiées « pour le quatrième trimestre 2026 ». Même si David Ytier temporise : « Aujourd’hui il n’y a rien d’arbitré, on a seulement finalisé les constats. »

  • [Maj] Les délégations des élus ont enfin été attribuées

    [Maj] Les délégations des élus ont enfin été attribuées

    Il aura fallu attendre près de quinze jours pour savoir enfin officiellement qui faisait quoi au sein des élus de la nouvelle majorité du Printemps marseillais emmenée par le maire (DVG) Benoît Payan largement réélu le 22 mars.

    Pas moins de 73 candidats ayant passé la barre pour siéger dans l’hémicycle de la place Bargemon, il s’agissait de donner un rôle bien précis à chacun, et poser les bases de ce deuxième mandat. De quoi compliquer arbitrages et négociations, pour jongler entre les priorités de la municipalité, les desiderata de chacun et les équilibres politiques. En veillant dans le même temps à bien border juridiquement les périmètres de chaque délégation qui ont dû être largement redécoupées au vu de la très large majorité sortie des urnes pour le Printemps marseillais. Ce travail de l’ombre a ainsi retardé l’officialisation des fonctions de chacun, attendue par les élus eux-mêmes qui étaient restés hors du secret jusqu’en ce début de semaine. Espérée dès lundi, l’annonce a donc été repoussée quotidiennement, avec des tractations qui se sont poursuivies jusqu’à ce mercredi après-midi avant enfin la publication des quelque 73 délégations des 33 adjoints au maire et 40 conseillers municipaux.

    La Métropole dans la mire

    Le maire qui souhaitait remanier son équipe au moment d’établir sa liste pour les municipales a aussi très largement remanié les responsabilités de chacun, jusqu’aux délégations les plus emblématiques du logement, des solidarités, des écoles. Parmi les adjoints sortants, ils ne sont que deux à conserver leur portefeuille. C’était déjà le cas pour la cheville ouvrière du Printemps marseillais Joël Canicave (PS), qui a été le premier à récupérer sa délégation aux finances afin de pouvoir présenter les premières orientations budgétaires du mandat, mais cède cependant les ressources humaines. C’est aussi le cas pour Rebecca Bernardi (DVG), qui garde sa délégation au commerce.

    Au-delà des messages envoyés avec les principales délégations, les responsabilités en lien avec les compétences métropolitaines prennent un poids particulier dans ce mandat, avec l’accord trouvé pour que la majorité marseillaise trouve sa place dans l’institution, et reprenne la main sur les outils métropolitains, avec des premières désignations prévues ce jeudi et l’élection des membres du bureau. C’est déjà le cas pour les mobilités, avec Samia Ghali qui devrait prendre la tête de la RTM (lire page 8), mais les portefeuilles en lien avec le logement ou l’aménagement, la gestion des déchets ouvrent d’autres portes.

    Dans cette majorité, les communistes auront à mettre en œuvre eux-mêmes une partie de leurs propositions inscrites au programme du Printemps marseillais, que ce soit sur le logement avec Audrey Garino, les centres de santé avec Anthony Gonçalves, la mise en place d’une mutuelle municipale avec Ibrahim M’ze. De quoi lancer pleinement le mandat.

    LES ADJOINTS

    Présentés déjà lors du conseil municipal d’installation le 30 mars dernier, les 33 adjoints au maire de Marseille se voient désormais confier chacun une mission plus précise. Une distribution des délégations qui reflète les priorités du mandat, mais surtout marquée par un quasi-total renouvellement des portefeuilles pour les anciens adjoints. Les périmètres d’action, eux, ont dû être redessinés avec une majorité bien plus large et de nouvelles responsabilités métropolitaines.

    1ère. Michèle Rubirola

    Première adjointe déléguée au projet municipal, aux relations internationales, au bien-être dans la ville. L’écologiste reste la figure de proue du Printemps marseillais.

    2e. Joël Canicave

    Adjoint aux finances, aux moyens spéciaux et aux partenariats. L’ancien chef du groupe de la majorité rempile aux mêmes fonctions.

    3e. Samia Ghali

    Maire adjointe aux mobilités, à la rénovation urbaine et aux projets structurants. Des délégations particulièrement lourdes et stratégiques pour toute la majorité.

    4e. Amine Kessaci

    Adjoint à la jeunesse, à la citoyenneté et à l’engagement. Le militant de la lutte contre le narcotrafic occupe une place de choix dans l’exécutif.

    5e. Audrey Garino

    Adjointe déléguée au logement, à l’hébergement et à la lutte contre l’habitat indigne, elle est devenue une des cadres du Printemps marseillais.

    6e. Arnaud Drouot

    Adjoint délégué au bataillon des Marins-pompiers et à la sécurité civile, il retrouve la délégation laissée pour entrer au cabinet du maire en 2021.

    7e. Pascaline Lécorché

    Adjointe déléguée à l’éducation, au soutien scolaire et aux activités périscolaires, la chercheuse et déléguée de Place publique aura fort à faire.

    8e. Pierre Huguet

    Adjoint aux relations institutionnelles, il avait été en charge de l’éducation et des cantines scolaires lors du dernier mandat.

    9e. Hanifa Taguelmint

    Adjointe déléguée à l’emploi et à la formation. Un signal fort adressé avec cette voix historique des quartiers Nord qui a rejoint le PM en janvier.

    10e. Éric Méry

    Adjoint délégué aux sports. L’avocat, président de Mad Mars, avait pris la suite de Mathilde Chaboche à l’urbanisme.

    11e. Nassera Benmarnia

    Adjointe au bâti scolaire, au « Plan école », à la construction et à la rénovation des écoles. L’ancienne adjointe en charge des espaces verts, des parcs et jardins prend du galon.

    12e. Hervé Menchon

    Adjoint délégué à l’environnement et à biodiversité. L’élu écologiste, ancien adjoint à la mer, devrait s’y sentir comme un poisson dans l’eau.

    13e. Marie Batoux

    Adjointe déléguée aux luttes contre les discriminations, à l’égalité femme homme et à la lutte contre les violences faites aux femmes.

    14e. Julien Harounyan

    Adjoint à l’attractivité économique et au tourisme durable après avoir rejoint le Printemps marseillais en février dernier.

    15e. Audrey Gatian

    Adjointe déléguée à l’urbanisme et à la stratégie foncière et patrimoniale. La socialiste avait laissé les mobilités pour garder la politique de la ville.

    16e. Pierre-Marie Ganozzi

    Adjoint délégué à la sécurité, pour cette incarnation citoyenne du Printemps marseillais, prof d’histoire-géo et ex-secrétaire de la FSU 13.

    17e. Perrine Prigent

    Adjointe déléguée aux espaces verts et à la nature en ville, et aux cimetières. Élue en 2020, elle était a été adjointe à la valorisation du patrimoine.

    18e. Anthony Gonçalves

    Adjoint délégué à la santé. Ce cancérologue a rejoint le PCF en 2014 et était le chef de file des communistes lors de ces municipales.

    19e. Josette Furace

    Adjointe au stationnement et à la circulation. L’ancienne élue issue des 15-16 et auparavant, déléguée à l’emploi des jeunes est promue.

    20e. Karim Touche

    Adjoint délégué à l’action sociale et à la solidarité. Le délégué général de la Ligue de l’enseignement 13, intègre cette année l’exécutif municipal.

    21e. Capucine Edou

    Adjointe déléguée à la mer, au littoral, à la transition écologique et énergétique. Un cadre d’action idoine pour cette écologiste.

    22e. Gwenaël Richerolle

    Adjoint au patrimoine municipal et aux équipements culturels municipaux. L‘ex-dircab des 6-8 intègre cette fois la mairie centrale.

    23e. Chahidati Soilihi

    Adjointe déléguée à l’agriculture urbaine. L’adjointe au maire des 15-16 fait également son entrée au sein de l’exécutif de la Ville.

    24e. Hassan Guenfici

    Adjoint délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire. Une mission au long cours pour l’ancien collaborateur du PM à la Métropole.

    25e. Sophie Guérard

    Ajointe aux personnes en situation de handicap, à l’inclusion et à l’accessibilité. Cette directrice d’école fut adjointe en charge de la place de l’enfant.

    26e. Yoan Levy

    Adjoint délégué au cadre de vie, aux espaces publics et aux emplacements. Le socialiste avait intégré le cabinet du maire en janvier 2025.

    27e. Clara Jaboulay

    Adjointe à la vie culturelle, à la création artistique et à la nuit marseillaise. L’ex-présidente de l’UNL était au cabinet en mairie des 2-3.

    28e. Ahmed Heddadi

    Adjoint délégué aux seniors et aux fêtes de quartier. L’ancien président des Radicaux de gauche 13 retrouve une délégation similaire à l’ancienne.

    29e. Nathalie Tessier

    Adjointe déléguée aux droits des enfants et à la place de l’enfant dans la ville. Élue en 2020, la communiste était déléguée aux droits des femmes.

    30e. Hedi Ramdane

    Adjoint délégué à la propreté de la ville. Il était devenu en 2020 adjoint au maire délégué à la jeunesse.

    31e. Rebecca Bernardi

    Adjointe au commerce et à l’artisanat, aux noyaux villageois. Cette incarnation de la composante citoyenne du PM retrouve sa délégation.

    32e. Yannick Ohanessian

    Adjoint délégué à la vie associative et aux associations. Le secrétaire du PS 13 était en charge de la tranquillité publique.

    33e. Juliette Masson

    Adjointe déléguée à la petite enfance. Adjointe à la maire des 6-8,déléguée aux écoles, à la place de l’enfant, son travail est récompensé.

    QUARANTE CONSEILLERS MUNICIPAUX DÉLÉGUÉS

    Enda Amraoui, déléguée à l’accès au droit

    Nadia Boulainseur, présidente de commission

    Katia Yakoubi, déléguée à l’accès aux services publics

    Mohamed Itrisso, délégué au Samu Social

    Nina Palomba, déléguée à la condition animale

    Laurent Lhardit, président de commission

    Mirabelle Lamoureux, déléguée à l’économie numérique et à l’innovation

    Emilia Sinsoilliez, déléguée à l’accueil des nouveaux Marseillais

    Lucas Langomazino, délégué aux cantines scolaires et à l’alimentation

    Thomas Roller, délégué aux ressources humaines et au dialogue social

    Azad Kazandjian, délégué au patrimoine historique et cultuel

    Christophe Hugon, délégué au budget participatif et aux relations avec les acteurs du numérique

    Anne-Sophie Sidani, déléguée à la politique de la ville

    Jean-Marc Signes, délégué aux relations avec les CIQ

    Martin Grand-Dufay, délégué aux fêtes de quartiers et au lien social

    Ibrahim M’ze, délégué à la mutuelle municipale

    Farida Benaouda, déléguée aux vacances pour tous et aux cités éducatives

    Julien Rossi, délégué à la gestion et entretien des cimetières, et régie des pompes funèbres

    Laure Rovera, déléguée à la commission communale de sécurité et aux périls

    Philippe Cahn, délégué à la commande publique

    Lydia Frentzel, déléguée aux rues jardins

    Nicolas Hue, délégué aux mobilités douces et aux taxis

    Lisette Narducci, déléguée à la mémoire et aux anciens combattants

    Romain Pastor, délégué aux traditions, à la culture et aux pratiques sportives provençales

    Cécile Vignes, déléguée à l’économie verte et circulaire

    Candice Le Tourneur, déléguée à l’enseignement supérieur, à la recherche et à la vie étudiante

    Yahya Güngörmez, délégué aux événements sportifs de proximité et à la pratique sportive libre

    Fatima Mostefaoui, déléguée à la prévention de la délinquance

    Eric Semerdjian, délégué à l’économie sociale et solidaire

    Samia Chabani, déléguée au conseil municipal des jeunes, à l’éducation aux médias et à l’information

    Patrick Amico, président de commission

    Wassila Hammache, déléguée à la médiation sociale

    William Leday, délégué aux fonds européens

  • Cinq fraudeurs de meublés Airbnb assignés à Marseille

    Cinq fraudeurs de meublés Airbnb assignés à Marseille

    Alors que la saison touristique redémarre, la municipalité a assigné cinq nouveaux propriétaires en infraction sur huit adresses de meublés touristiques. Les audiences sont fixées aux 6 et 22 mai prochains devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Marseille. Par ailleurs, 4 assignations de la Ville sur des meublés à Malmousque et au Panier d’un juge consulaire de Marseille qui ont été dépaysées à Toulon y seront jugées le 12 mai.

    Selon les estimations de la mairie, plus de 6 000 des 13 000 meublés touristiques identifiés sur les plateformes de location sont exploités sans autorisation de changement d’usage (désormais conditionnée à une compensation par transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage), ni déclaration préalable de mise en location.

    Chaque année à Marseille, plus d’un million de nuitées avec valises à roulettes se font dans des meublés de tourisme. Pour endiguer ce phénomène qui nourrit la crise du logement, la Ville a déjà abaissé la durée de mise en location pour les résidences principales de 120 à 90 jours par an. Elle saisit les boîtes à clés sauvages et traduit en justice les fraudeurs. En février, pour la première fois, elle a fait condamner définitivement – il n’y a pas eu d’appel – deux gros loueurs à 255 000 euros d’amendes civiles intégralement versées à la ville, avec retour à usage d’habitation des locaux dans les trois mois.

    « Rendez les logements ! »

    Pour cette saison 2, la Ville poursuit sept loueurs dont un investisseur immobilier de 36 ans, Florent R., qui étale sa réussite et ses conseils sur les réseaux sociaux. L’influenceur est d’ailleurs nommément visé dans un communiqué du Groupe unifié pour l’insurrection du quotidien. Ces activistes traquent les « crevards de ce Far West de l’immobilier » avec pour slogan : « Rendez les logements ! »

    Le trentenaire aux 13 sociétés répond de l’exploitation de quatre meublés au 9, rue des Honneurs au Panier et de deux grands meublés dans un appartement divisé au 16, rue Colbert (1er). « On ne savait pas trop la procédure » a-t-il répondu aux agents de la brigade de contrôle, alors qu’il se dit « expert en location courte durée et automatisation ». En quatre ans, d’après les calculs de la Ville, ces six meublés touristiques gérés à distance ont généré 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires, six fois plus que ce qu’ils auraient généré en location classique. D’où sa fierté de tirer « à ce jour près de 20 K euros/mois de revenus locatifs ».

    « Ici on fait du business, pas de la charité »

    Florent R. dit gérer 44 meublés touristiques à Bordeaux, en région parisienne et à Marseille. Sur sa chaîne Youtube, il se vante d’être devenu un « millionnaire dans l’immobilier » fort d’un « patrimoine d’environ 3 millions d’euros ». Il propose du « coaching individualisé » pour « gérer sa location courte durée à distance ». « Ici on fait du business, pas de la charité. Finalement c’est facile de louer des nuits à plus de 200 euros », pouvait-on lire sur son compte Facebook qu’il a verrouillé. La mairie fustige sa « très grande indifférence à la loi », son « sentiment d’impunité ouvertement affiché » et demande au tribunal de lui infliger pour plus de 1,5 million d’euros d’amendes civiles avec retour à l’habitation classique de tous ces locaux illégalement exploités.

    Autre multipropriétaire assigné, Mickael S., 40 ans, pour quatre meublés touristiques au 76, avenue de Montolivet (4e), 12 rue de Crimée (3e) et 147 boulevard de la Blancarde (4e) en recourant à l’occasion un faux numéro d’enregistrement, ce qui démontre selon la ville « une véritable volonté de fraude ». Il est demandé pour chaque adresse 100 000 euros d’amende pour défaut de changement d’usage, 5 000 euros pour usage de faux, 12 500 euros pour défaut de publication.

    Paul C., 40 ans, investisseur parisien, est lui assigné pour deux meublés non déclarés au 118, rue Dragon (6e) dont une chambre de bonne. Proposé sur les plateformes Airbnb et French Casa, le grand appartement avec six chambres, loué 400 euros la nuit, lui a rapporté 207 600 euros illégalement de 2022 à 2024 selon la Ville. Deux autres investisseurs doivent répondre aussi de leurs meublés exploités en douce rue Fontaine de Caylus et rue Nationale.

  • [Exclusif] Samia Ghali candidate à la présidence de la RTM

    [Exclusif] Samia Ghali candidate à la présidence de la RTM

    Dès son élection à la tête de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard promettait à la presse de s’attaquer rapidement « aux vrais problèmes » de l’institution, « le premier d’entre eux étant le transport » (notre édition du 08/04). Le sujet s’invite dès le conseil métropolitain qui se tient ce jeudi après-midi, avec à l’ordre du jour la nomination des représentants de l’intercommunalité dans ses différents satellites, dont la RTM. Tandis que le maire (LR) de Salon-de-Provence annonçait d’emblée confier la délégation des transports au maire (DVG) de Miramas Frédéric Vigouroux, il s’était accordé avec le maire (DVG) de Marseille pour confier la présidence de la RTM à un élu marseillais. Depuis le début de la semaine, c’est le nom de la maire-adjointe (DVG) Samia Ghali qui circulait.

    « Je serai dès jeudi nommée au conseil d’administration de la RTM, et je serai candidate à la présidence au nom du maire de Marseille et du président de la Métropole », confirme-t-elle ce jeudi à La Marseillaise, au moment d’ajouter à sa délégation la charge des mobilités à Marseille. Une présidence qui devrait être sanctionnée par le conseil d’administration de la Régie des transports métropolitains d’ici à la fin du mois d’avril. « C’est une demande du maire et du président de la Métropole, qui m’ont demandé de prendre cette tâche, qui m’ont dit que j’étais une des personnalités les plus à même de s’en occuper, raconte Samia Ghali. Je sais que la tâche est immense, qu’il ne faut pas faire n’importe quoi, mais le travail ne me fait pas peur, j’ai la tête sur les épaules. »

    Cette nomination sera complétée par la désignation des représentants métropolitains dans neuf organismes, dont parmi les plus stratégiques Euroméditerranée, où les voix de l’État seraient nécessaires pour changer la présidence, aujourd’hui occupée par la conseillère régionale (Hor.) Isabelle Campagnola-Savon, et celle du bailleur social Provence Métropole Logement (PML, ex-HMP), dont la municipalité marseillaise vise la présidence.

    Samia Ghali de son côté conserve ses actuelles délégations à la rénovation urbaine et aux grands projets, des dossiers qui sont « éminemment lourds, complexes, techniques, et qui nécessitent d’être 100% dévoués ». De quoi justifier son choix de ne pas prendre la tête de la mairie de secteur des 15e et 16e arrondissements, où l’ancien adjoint communiste Jean-Marc Coppola a pris la succession de Nadia Boulainseur (DVG).

    Promesse de transparence

    Les dossiers ne manquent pas. Dans son secteur d’élection, la prolongation du tramway T2 jusqu’à la Castellane doit entrer dans l’opérationnel, et elle s’était battue pendant sa campagne pour la desserte des cités des quartiers Nord par des bus en soirée. S’y ajoutent les promesses du Printemps marseillais de rouvrir le métro le soir, après 21h30, un engagement qui risque de se heurter aux aléas des chantiers de l’automatisation, de mettre en service les navettes toute l’année, d’étendre la gratuité des transports pour les moins de 26 ans. Autant de dossiers qui devront composer avec le « mur financier » du budget métropolitain des transports, avec un déficit de l’épargne nette qui risque d’atteindre 135 millions d’euros en 2028 et l’hypothèse d’une hausse du prix des tickets évoquée dans le rapport d’orientations budgétaires présenté ce jeudi en conseil métropolitain.

    Dans ce contexte, la future présidente de la RTM temporise lorsqu’on l’interroge sur ses priorités. « J’en ai plein, mais j’ai besoin d’abord de travailler mes dossiers, je parlerai ensuite », répond-elle. En s’engageant néanmoins à communiquer largement sur la situation de la régie pour faire œuvre de transparence. « Il est important que les Marseillais comprennent ce qui se passe », défend-elle.