Tag: Marseille

  • À Marseille, une balade printanière pour retrouver de l’air frais

    À Marseille, une balade printanière pour retrouver de l’air frais

    Pas une voiture à l’horizon. Les rires des passants résonnent sur la Corniche, et l’odeur salée de la mer reprend sa place au long du littoral. Pour la 35e édition du dispositif « La Voie est Libre » porté par la Ville, les Marseillais et visiteurs étaient plus de 40 000 à profiter du circuit piéton ce dimanche.

    C’est le cas de Thomas, 32 ans, accompagné de son frère cadet Benoît. « Je viens systématiquement lors de ces rendez-vous sur la Corniche. Il fait beau, le soleil tape, et c’est encore plus agréable sans voiture », s’enthousiasme le trentenaire. Et il n’est pas le seul à apprécier ces balades privatisées. La dernière édition en date avait réuni dimanche 22 février, plus de 38 000 promeneurs selon la mairie. Un succès qui « ne faiblit pas deux mois plus tard », indique Cécilia Niéto installée devant son stand de distribution de tracts depuis 10h : « Ce matin, la route débordait de passants. Le flux a tendance à se calmer. Malgré tout, il reste un nombre impressionnant de promeneurs. »

    Des citoyens venus pour se balader, d’autres à la « découverte des activités culturelles proposées sur la Corniche » comme l’explique Carine, accompagnée de son mari Pierre et de leurs trois bambins. « Nous sommes venus assister aux ateliers manuels qui porteront sur le thème de la Méditerranée », glisse-t-elle entre les quelques cris de sa fille dans ses bras. Après avoir tenté de la calmer, elle décide de la déposer tendrement sur le sol, et poursuit : « C’est un luxe de pouvoir se promener avec ses enfants sans se soucier du danger que représentent les voitures. Je pense que nous devrions réserver les ruelles de Marseille aux transports en commun. Afin de libérer les routes et sécuriser davantage nos déplacements », argumente-t-elle.

    Élargir la piétonnisation ?

    Malgré une baisse significative des accidents routiers mortels dans la région, Marseille comptabilise 44% d’entre eux. Un bilan « consternant pour Sylvie, 47 ans, dépassée par la situation. À Marseille, 25% des tués par accident sont des piétons. Nous devons faire quelque chose pour réduire ce taux de mortalité affligeant », déplore-t-elle. La piétonnisation de Marseille fait débat entre citoyens. Alors que certains la réclame, d’autres s’y opposent, à l’instar de Maelys, qui n’est pas tout à fait pour. « Ceux qui n’habitent pas en centre-ville n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour s’y rendre. Piétonniser le centre-ville de Marseille risquerait d’écarter davantage une partie de la population », dénonce-t-elle. Toujours est-il que des milliers de personnes ont une nouvelle fois profité pleinement de cette aubaine.

  • Pour remettre de la démocratie au cœur du système alimentaire

    Pour remettre de la démocratie au cœur du système alimentaire

    « On arrive à la fin du début du processus », ironise Sati Allain, devant une dizaine d’habitants des 1er et 3e arrondissements de Marseille. Assis en cercle dans la cour du centre social de la Fraternité (3e), des gâteaux faits maison passent de main en main pendant que la bénévole de la collective marseillaise de l’alimentation et des communes (Comac) rappelle la thématique de ce samedi : la démocratie alimentaire. C’est la dernière session de formation avant que les participants de cette expérimentation de Sécurité sociale de l’alimentation ne passent à la phase de création de leur propre système.

    En France, une centaine d’expériences similaires ont vu le jour depuis 2020 pour permettre un accès plus égalitaire à l’alimentation et reprendre un pouvoir décisionnel sur ce système. « On veut passer de simples consommateurs à acteurs », souffle une participante de l’expérimentation. Le principe général se base sur celui de la Sécurité sociale : chacun cotise suivant ses revenus, pour avoir une partie de ses dépenses alimentaires prises en charge. Ses applications concrètes sont elles toutes différentes, puisque chaque groupe local décide de sa forme démocratiquement. D’une caisse à l’autre, la façon d’être remboursé, de cotiser ou les produits conventionnés divergent.

    Plus de démocratie

    Un ensemble de décisions que vont bientôt prendre les participants de l’expérience pour les 1er et 3e arrondissements de Marseille. Mais avant cela, la vingtaine de participants se réunit toutes les deux semaines depuis novembre, pour être formés sur des sujets divers comme l’histoire de la Sécurité sociale, le système agroalimentaire ou encore la démocratie. Le but : que chaque participant ait la même base de connaissances pour décider collectivement du fonctionnement de leur Sécurité sociale de l’alimentation. « Cette phase de formation permet plus de démocratie, explique Amandine Borel, chercheuse sur l’alimentation durable au sein de Paroles Vives. Sans cela, les gens qui s’y connaissent plus prennent assez vite le lead. »

    Car dans le groupe, les profils sont divers. Paul*, retraité et habitant de la Belle de Mai, est assez engagé sur les questions de l’alimentation : « Je ne fais plus mes courses dans la grande distribution depuis 4 ans », explique ce syndicaliste, qui affirme « fricoter avec des paysans et des gens du commerce équitable ». Si certains, comme Paul* sont déjà militants sur ces questions, d’autres sont un peu plus éloignés de cet engagement.

    Pour Mohammed, qui travaille sur les marchés, ces formations lui permettent de mieux comprendre le système agroalimentaire. Arrivé dans le comité d’habitants grâce à l’association Cuisine 101, l’Algérien voit dans ce projet de Sécurité sociale de l’alimentation un lieu de sociabilité : « C’est un groupe soudé et solidaire. » Les réflexions sur la forme de la caisse alimentaire devraient débuter en mai.

    Le prénom a été modifié

  • IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    « Ce projet a pour but de répondre à une problématique concrète », déclare Raquel Urena, maître de conférences en intelligence artificielle pour la santé à Aix-Marseille université. Selon les chiffres de l’Inca, l’âge médian des personnes diagnostiquées d’un cancer est de 68 ans pour les femmes et de 70 ans pour les hommes. Raquel Urena poursuit : « On n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains patients résistent aux traitements mieux que d’autres. » C’est la problématique de l’accompagnement des personnes âgées dans leur traitement de cancérologie qui a poussé le docteur onco-hématologue Louis Tassy à lancer le projet. « Il a pour but de développer une intelligence artificielle qui, en rentrant les données médicales des patients, permet de déterminer quels types de conséquences ils risquent fortement de rencontrer », explique Raquel Urena. Elle ajoute que « concrètement, elle fonctionne en s’appuyant sur la base de données des dossiers médicaux de la Sécurité sociale, et trouve des correspondances entre différents patients et prédit ainsi les effets secondaires et permet des réponses plus adaptées », précise-t-elle.

    L’importance de l’éthique

    « La question de l’éthique avec de tels outils est très importante », lance Abdou Simon Senghor, ingénieur de recherche à AMU, il précise également que « dans le processus, nous sommes en étroit lien avec les professionnels de santé, c’est un outil d’aide mais il ne doit jamais devenir obligatoire dans le processus de soin », pose-t-il. Des entretiens avec des médecins seront réalisés ainsi que le suivi de patients témoins, ont-ils annoncé. Ce projet s’appuie sur une IA d’aide à la décision, qui ne réfléchit qu’à partir de sa base de données et ne génère aucun contenu : « L’IA que tout le monde connaît, comme ChatGPT peut générer du faux contenu, mais la nôtre ne produit que des résultats concrets, elle ne peut pas halluciner », déclare Raquel Urena. Cette dernière et Louis Tassy ont rapidement été rejoints par Sandrine de Montgolfier, maître de conférences en éthique médicale à AMU, qui veille à une correspondance totale du projet avec les normes et les bonnes pratiques.

  • Le CN Marseille récupère sa place sur le trône national

    Le CN Marseille récupère sa place sur le trône national

    Le Goliath du water-polo français a tenu son rang. Les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille sont venus à bout des poloïstes strasbourgeois, samedi soir dans le bassin alsacien, à l’occasion de la 16e journée du championnat Elite. Bien poussés par les triplés de l’ailier grec Efstathios Kalogeropoulos et du capitaine tricolore Ugo Crousillat, les quintuples champions de France en titre ont rapidement creusé l’écart dans le deuxième quart-temps. En restant invincibles dans l’Hexagone, les Marseillais récupèrent la place de leader du championnat, au détriment des Strasbourgeois, ex æquo en nombre de points mais avec deux matches d’avance.

    Focus sur Radnicki

    Cette rencontre face aux Alsaciens, considérés comme les meilleurs poloïstes de France derrière les Marseillais, tombait à pic. Ces derniers se préparent actuellement pour la demi-finale de l’Euro Cup, où ils se déplaceront samedi à Kragujevac, ville au centre de la Serbie, pour affronter l’équipe de Radnicki, finaliste de la Ligue des Champions en 2014. Vainqueurs de l’Euro Cup en 2013, les champions de Serbie en titre se sont hissés jusqu’en finale de cette même compétition la saison passée. Cette double confrontation, dont le match retour aura lieu le 9 mai au bassin Pierre-Garsau, l’antre du Cercle des nageurs de Marseille, fêtera les retrouvailles entre Andrija Prlainovic et les membres du club phocéen. Le champion olympique serbe de 38 ans, médaillé d’or lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016, a passé cinq saisons sous les ordres de Milos Scepanovic.

  • Le coach lance un avertissement à ses cadres

    Le coach lance un avertissement à ses cadres

    C’est un Habib Beye en colère qui est venu s’exprimer au Moustoir.

    Quelques, longues, minutes après la sortie de son directeur du football Medhi Benatia, l’entraîneur marseillais a certes assumé ses choix, mais il a aussi dit ses quatre vérités sur ce qu’il pensait de la prestation de ses hommes. « Je suis très en colère. Sur les attitudes et sur l’esprit qu’on doit avoir dans ce club. En tant que coach, je ne peux pas l’accepter. »

    Il insiste sur un point, « il faut remettre tout le monde dans le droit chemin et supprimer les passe-droits », avant de donner des pistes sur ses choix à venir. « Si nous devons aborder les quatre derniers matches avec des jeunes qui ont la faim de bien finir la saison, nous le ferons. Nous évaluerons cela sur la semaine de travail avant Nice », poursuit-il. « Mais il est hors de question de revoir ce visage de l’OM », ponctue-t-il.

  • Match cinq étoiles pour les Blue Stars

    Match cinq étoiles pour les Blue Stars

    Ils n’ont fait qu’une bouchée des Grizzlys. Les pensionnaires des Marseille Blue Stars, deuxièmes de la conférence sud, ont largement triomphé des Perpignanais (14-2), samedi après-midi au stade Delort, à l’occasion de la huitième journée du championnat Elite. « On est arrivés fort sur le match. Le but était de contrôler le match et l’horloge avec notre jeu de course pour que la défense ne reste pas trop sur le terrain. Je pense que le score aurait pu être davantage en notre faveur si on avait été plus disciplinés en attaque », analyse Bavuong Souphanthavong, entraîneur principal des Blue Stars. Ce cinquième succès consécutif en championnat permet à son équipe d’assurer la deuxième place de la conférence sud, et ainsi, recevoir à domicile lors du premier tour des play-offs. « La première place va être difficile mathématiquement à aller chercher », indique le technicien marseillais, conscient que les Iron Mask de Cannes ont deux victoires d’avance sur eux.

    Déclic offensif

    Les footballeurs marseillais avaient pourtant commencé la saison avec deux défaites de suite lors des trois premières journées. « Après notre défaite contre Perpignan (13-10, le 28 février), on a changé de coordinateur offensif. Ça a été bénéfique pour l’attaque en général », souligne Bavuong, en faisant appel à son ami d’enfance Jean-Philippe Eldin. Sa nomination, additionnée au retour de leur joueur vedette Sterling Sheffield, considéré comme « le meilleur défenseur de la Ligue », a été le tournant de la saison.

  • La grande fête marseillaise gâchée par une petite défaite

    La grande fête marseillaise gâchée par une petite défaite

    Le projet Marseille Basketball, présenté le mois dernier afin de pouvoir permettre à la cité phocéenne de retrouver le plus haut niveau français d’ici 2031, commence par une défaite sur le plan sportif. Les pensionnaires de la section basket du Stade Marseillais Université Club, cinquièmes de Nationale 2, ont été défaits samedi soir (77-91), pour leur grande première historique au Palais des Sports de Marseille, face à l’USO Rognonas, onzième du championnat. « On a malheureusement manqué de dureté », reconnaît Patrick Galin, pour sa grande première sur le banc marseillais. Il a succédé au trio Kanté-Nicolas-Michée en début de semaine pour les trois derniers matches de la saison. « Au début, on a tenu un peu les duels. Malheureusement, sur le troisième quart-temps, on a beaucoup insisté sur les tirs extérieurs, peut-être trop. On n’a pas trouvé de solution à l’intérieur, alors que je leur avais demandé de jouer poste haut. Mais ça ne s’est pas produit », déplore le technicien marseillais, figure de la formation au Smuc Basket. Les 18 points inscrits par l’ailier Geoffrey Cavanna et l’intérieur Jonathan Radjouki, deux visages emblématiques de la formation smuciste, n’ont pas empêché cette sixième défaite de suite, malgré le soutien des 3 000 spectateurs qui ont assisté à ce premier rendez-vous du projet Marseille Basketball. « La fin du match et le fait qu’on n’ait pas gagné, ça met un petit peu de froideur à cette grande fête, mais l’organisation a été top et le public a répondu présent. Ça fait des années que je suis au club et je n’avais jamais vu ça », lance le capitaine Hakim Sayah, habitué à évoluer devant quelques centaines de personnes seulement au Technosport de Luminy. « C’est une ambiance incomparable. C’est un régal. C’est vraiment des conditions de haut niveau. Quand on voit ça, on se dit qu’il faut une équipe à Marseille. Il y a tout pour en tout cas », estime l’ailier fort marseillais, qui aimerait que l’opération soit rééditée la saison prochaine.

    Vallier et Chanot étudiés

    « On ne s’attendait pas à une telle réussite. Ça montre bien que la Marseille mérite du basket et on l’a prouvé en remplissant la salle en quinze jours », lâche Charles-Antoine Assailly, président du directoire Marseille Basketball. Sans compter les nombreux invités, seize clubs de basket du territoire métropolitain ont été invités à assister à la rencontre depuis les tribunes. Cette démarche s’inscrit dans la volonté de toucher un maximum de jeunes marseillais au travers du projet marseillais qui fait beaucoup de bruit à l’échelle nationale. « On a reçu beaucoup de messages de joueurs, d’entraîneurs et de dirigeants qui veulent nous rejoindre », glisse l’ancien directeur Paca de l’Union financière de France. Ce dernier envisage d’organiser au moins trois matches la saison prochaine au Palais des Sports de Marseille. « Je veux surtout que l’on soit sûr de jouer dans un environnement correct. On voit bien qu’il y a du monde dans les tribunes quand on joue au centre-ville. Il faut trouver une solution », souligne Assailly, en ayant en tête deux options : le Parc Chanot et la salle Vallier. Si le premier s’avère complexe sur le papier, avec la gestion du groupe Marseille Events, le deuxième site envisagé serait « parfait » selon le président.

  • Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    La Soleam, concessionnaire de la Métropole pour l’éradication de l’habitat indigne, longtemps honni des Marseillais sous Gaudin pour sa procrastination, va céder 10 immeubles du centre-ville et 2 autres à la Belle de Mai. Ces « trois fenêtres marseillais » remis debout à grands frais représentent 56 logements et 10 locaux commerciaux.

    Ils ont été acquis – il y a 12 ans pour le plus ancien – mis en sécurité, restructurés et réhabilités par la Soleam pour 13 814 777 euros HT (prix d’acquisition, honoraires techniques et travaux compris), mais au prix de vente arrêté à seulement 9.3 millions d’euros pour 2 881 m² de surface utile), soit près de 3 200 euros du mètre carré.

    Certains immeubles sont encore en travaux ; d’autres déjà occupés par des ménages éligibles au logement social. Au terme de l’AMI, ils seront attribués à un bailleur social ou à un groupement de deux bailleurs sociaux, d’où ces deux paniers de six immeubles pour équilibrer les typologies et les surfaces habitables.

    Les ménages qui y vivent ont « vocation à s’y maintenir durablement ». « Le bailleur lauréat devra assurer la pérennité de l’occupation en adaptant, si nécessaire, les situations locatives existantes, notamment par la conclusion de nouveaux baux d’habitation en cohérence avec les niveaux de ressources des ménages en place », précise l’AMI.

    3 rue Francis

    de Pressensé

    Acheté 290 000 euros (toutes les sommes indiquées sont hors taxe) en février 2018, tombé en péril et squatté, l’immeuble au cœur de Belsunce a bénéficié de 982 200 euros de travaux pour la remise à neuf de 5 logements, portant le coût total de la réhabilitation de ces 291 m² à 1 382 000 euros.

    14 rue Francis

    de Pressensé

    Acquis en juin 2020 pour 200 000 euros, il a été réhabilité à neuf pour ses 4 logements pour un montant de 1 109 500 euros pour 263 m², soit en tout 1 440 000 euros.

    19 rue Nationale

    Avec 3 logements en R+4, cet immeuble d’angle depuis 2018, acheté en septembre 2018 par préemption pour 150 000 euros a généré des coûts importants de gestion suite à sa mise en péril vu son grand état de vétusté. Après travaux des 303 m², son coût de revient est de 1 499 000 euros.

    24 rue des Petites Maries

    Acheté en avril 2017 pour 430 000 euros, ce bel immeuble patrimonial avec 5 appartements – dont un T5 de 101 m² – a été refait pour 1 385 000 euros de travaux, soit 1 941 000 euros pour 433 m². C’est le plus cher des 12 immeubles.

    49 rue Curiol

    Cet immeuble du quartier Mazagran en R+4 comprend 7 logements. Il a été acheté 400 000 euros en novembre 2019. Sa remise en état débutée en 2023 aura atteint 1 441 000 euros.

    12 rue de l’Académie

    Acheté 300 000 euros en décembre 2016, cet immeuble en R+4 au cœur de Noailles est en cours de travaux. Avec la remise à neuf des 5 logements, il aura coûté en tout à Soleam la somme de 1 656 000 euros pour ses 397 m².

    17 rue Moustier

    Acheté 424 000 euros à Berthoz en décembre 2022, les travaux de remise à neuf de ce bel immeuble d’angle à pan coupé de 5 étages tombé en péril auront coûté 967 213 euros. Coût de revient des 206 m² : 1 469 000 euros.

    6 rue Lemaître

    Acheté 150 000 euros en mai 2019, il a subi pour 485 250 euros de travaux pour ses 5 logements en R+4 sur 124 m². Avec les honoraires techniques, l’opération revient à 704 000 euros.

    36 rue

    des Dominicaines

    C’était un ancien hôtel de 14 chambres, Le Chouia, où vivaient de pauvres Chibanis âgés de 68 ans à 83 ans. Cédé par la Ville en juillet 2014 à la Soleam pour 100 000 euros, la réhabilitation de ce R+4 de 286 m² avec 6 logements a coûté 1 593 000 euros. Il a vocation à héberger les ménages délogés de l’opération Grand centre-ville.

    39 rue

    des Dominicaines

    Acheté en juin 2018 pour 185 000 euros, ce R+4 en péril imminent a bénéficié de 1 144 500 euros de travaux pour remettre à neuf ses 5 logements, soit un coût total de 1 519 000 euros pour ses 267 m².

    9 rue Danton

    Acheté 146 000 euros en octobre 2018, ce petit immeuble en R+2 pour trois logements a été réhabilité avec 384 570 euros TTC de travaux de confortement de ses 125 m².

    9 rue Toussaint

    Les 4 logements et parties communes de cet immeuble de 2 étages dans le quartier de Saint-Mauront étaient frappés d’un arrêté d’insalubrité. La Soleam l’a acheté à une SCI un mois avant le drame de la rue d’Aubagne pour 156 000 euros et y a fait pour 183 700 euros de travaux de ses 193 m².

    Dépôt des candidatures jusqu’au 8 juin. Un jury Ville Métropole Soleam désignera les lauréats en août pour une signature des actes en septembre 2027.

  • IA : Une technologie pleine de ressources

    IA : Une technologie pleine de ressources

    Professionnels hospitaliers et acteurs du monde libéral et industriel se sont retrouvés pour une journée rythmée par de nombreux débats. Autour de diverses thématiques abordées au fil des tables rondes : l’urgence médicale mais aussi l’oncologie, ou l’aide à la décision. Comment faire confiance à l’intelligence artificielle ? Qui porte les responsabilités en cas d’erreurs médicales ? Des questions transversales lors de cette journée.

    Parmi les projets débattus, l’échographe assisté par l’IA. Un programme qui « dispose d’une aide au positionnement et améliore la qualité des images pour que les non-experts puissent s’en servir », explique Carine Capdeville, directrice commerciale de Thales services numériques. Elle poursuit : « L’échographie est un acte technique, mais répandu dans la sphère médicale car elle nécessite une utilisation régulière. » Avec plus de 27 millions d’actes par an, l’échographie limite les risques de cancer et reste peu coûteuse. Pour la directrice commerciale, cette nouvelle technologie « faciliterait son usage et la rendrait plus accessible ».

    Former les professionnels de santé

    Assise dans le public, Marie-Aleth Guillemin, médecin coordinateur en Ehpad saisit le micro. « Nous avons des professionnels qui délaissent des nouveaux outils technologiques car ils ne savent pas s’en servir par manque de formation. Comment comptez-vous préparer les hôpitaux à leur arrivée ? », demande-t-elle. Marc-Olivier Gauci, chirurgien orthopédiste et traumatologue répond : « Nous devons débloquer les moyens nécessaires pour financer leur apprentissage. » Son confrère Alexis Jacquier, chef de service radiologie poursuit : « Nous pourrions introduire dans les cabinets des ingénieurs qui accompagneraient les médecins et faciliteraient la compréhension de ces machines. » De nouveaux programmes qui nécessitent donc une attention particulière à la formation du personnel destiné à les utiliser, et des moyens financiers en conséquence… Le professeur Ouladsine Mustapha, vice-président de l’université d’Aix-Marseille, partenaire de ces rencontres régionales, reste malgré tout optimiste : « Dans les hôpitaux, nous devons davantage accompagner les médecins vers cette transition numérique. Nous trouverons les fonds nécessaires », espère-t-il. « Le territoire est suffisamment actif. Nous avons récolté plus de 3 000 euros pour nos recherches », annonce-t-il fièrement.

    Un modèle économique

    Le directeur de cabinet de l’ARS Thibault Courgeon est de cet avis. Installé derrière son pupitre, il vient clore de débat et en profite pour saluer le soutien de la région. « En Paca nous bénéficions d’un système à l’écoute avec de nombreux projets de la Recherche hospitalo-universitaires (RHU) et un soutien financier de la Région Sud. Nous nous engageons à réunir l’écosystème du territoire. » Avec la volonté, donc, de créer un maillage entre les différences instances de santé et de numérique dans la région. L’objectif est de créer un modèle économique « fiable » et prospère. Vaste programme.

    CHIFFRES

    10

    C’est le nombre de minutes économisées, en moyenne, pendant un appel d’urgence lorsque « Highwind » analyse l’importance du problème via photos et des vidéos pour prioriser les urgences vitales.

    70%

    C’est le pourcentage de chances de guérison d’un cancer du poumon si le diagnostic est réalisé à un stade précoce, notamment grâce au « RHU Luca-PI » qui prévient les cas de cancer via l’imagerie. Un projet mené par l’AP-HM.

    30%

    de risques de complications à la suite d’une chirurgie traumatologique pourrait être évités selon « la planification préopératoire » effectuée. C’est le but de « ReBone » qui permet une simulation de l’opération à réaliser en amont pour le chirurgien. Le projet est développé au CHU de Nice.

  • De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    Une délégation de dix membres du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 est à Berlin depuis vendredi pour le 81e anniversaire de la libération du camp de concentration de Sachsenhausen situé à 30 km de la capitale allemande. Ces descendants des raflés et déportés y dévoileront dimanche une plaque rendant hommage aux Marseillais du quartier de Saint-Jean qui y ont été déportés et où une centaine n’est jamais revenue comme le boxeur Kid Francis.

    Alors que le fascisme veut renaître de ses cendres, la plaque grave dans le marbre « La rafle du Vieux-Port – Marseille 1943 » avec un texte en français et en allemand : « Le 24 janvier 1943 à Marseille, les 20 000 habitants du quartier Saint-Jean furent raflés. Leur quartier sera entièrement détruit par dynamitage. Plus de 250 Marseillais seront déportés à Sachsenhausen, beaucoup ne reviendront pas. Ce crime contre l’humanité fut perpétré par le nazisme avec la collaboration de l’État français. En mémoire de toutes ces victimes. Restons vigilants. Plus jamais ça ! ».

    Ce devoir de mémoire et de transmission veut remettre en lumière « l’opération Sultan » coproduite par l’occupant nazi et Vichy, suivie du dynamitage de près de 1 500 immeubles, 80 rues et places. Ce 24 janvier, 20 000 habitants sont chassés de cette « Petite Naples ». Un transfert forcé de population civile s’organise avec René Bousquet à la manœuvre. 12 000 hommes, femmes et enfants sont conduits par wagons à Fréjus pour être trié. Ce jour-là, un premier convoi de 1 600 Marseillais dont moitié sont juifs raflés les jours précédents part pour Compiègne. En tout 600 habitants de Saint-Jean seront déportés sur différents sites. C’est en avril 1943 qu’un convoi de 250 Marseillais arrive à Sachsenhausen.

    « Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que des Marseillais ont été victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy » résume l’avocat Pascal Luongo qui en janvier 2019 a déposé plainte pour quatre survivants et quatre descendants des rafles pour crime contre l’humanité. « Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain côté français et d’Hitler côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Cette rafle doit être enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt par les mêmes acteurs », insiste Me Luongo.

    « C’est très émouvant car papa était dans le convoi du 28 avril. Il avait 21 ans », confie Gérard Agresti. « Il est revenu du camp mais en parlait peu car les choses atroces ne sont pas à entendre pour les petits. » Roger Agresti a été ensuite de longues années typographe à La Marseillaise. « Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si cet humaniste et militant de gauche voyait qu’autant de peuples se font massacrer en Europe et au Moyen-Orient. Cette plaque prend absolument tout son sens. Ce n’est pas un témoignage ancré dans le passé. Il doit éveiller les consciences. »

    Vendredi, la délégation a été reçue au lycée John-Lennon de Berlin. Ils ont raconté à ces jeunes Allemands cette mémoire qui relie Marseille et Berlin. « C’est notre devoir de transmettre la mémoire de cette opération concertée entre la collaboration et le nazisme mais aussi de délivrer un message de paix », confie Antoine Migneni. Il avait 5 ans le jour de la rafle. Retenu à Marseille, il a fait lire son texte aux jeunes Berlinois : « Le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Les guerres ne sont pas une fatalité. Les hommes et les femmes ont droit au bonheur et à la paix. Soyez vigilants ! S’il ne faut pas vivre dans le passé, il ne faut pas l’effacer non plus. Un peuple qui l’oublie est condamné à le revivre. »

    Cette plaque est pour Fernand Riberi, un aboutissement. « Ce sera mon lieu de recueillement pour mon grand-père, Francesco Commentale, déporté politique, matricule 65028, mort à Sachsenhausen le 30 juin 1944. Il avait 59 ans. Il habitait rue de la Reynarde avec ma grand-mère et leurs six enfants. C’était un modeste piqueur de sel de la communauté napolitaine. Dimanche, ce sera une émotion intense quand je découvrirai le block 24 où a été enfermé ce grand-père que je n’ai pas connu. »