Tag: Marseille

  • « Remettre la transition au cœur des débats »

    « Remettre la transition au cœur des débats »

    La Marseillaise : Quel était l’objectif en publiant cette tribune avec Fabien Perez ?

    Christophe Madrolle : C’est de remettre la question de l’écologie au centre de cette campagne. Pour nous, Marseille souffre de mille maux : au-delà de la sécurité, c’est la question des transports, de la pollution, de la malbouffe, de la désertification, du manque de verdissement. Nous avons senti qu’il y avait aujourd’hui une crispation entre deux candidatures, et l’on a peur que la question de l’écologie soit mise de côté. C’est pour cela que nous avons décidé de travailler et créer ces propositions que l’on met en débat, qui nous tiennent à cœur, nous, écologistes raisonnables. Et non pas de droite !

    Pour l’écologie a été un sujet de clivage ce dernier mandat, de la dépollution des calanques au branchement à quai, donc l’initiative peut surprendre…

    C.M. : Benoît Payan a mis du temps à venir mettre ses 2 millions pour le branchement à quai, mais on a gagné ! J’étais le premier opposant de Renaud Muselier, mais à un moment donné on s’est dit qu’il y avait deux urgences, le climat et le combat contre le Rassemblement national. Je crois en l’addition. Au niveau national s’il y avait une élection je donnerais mon soutien à Raphaël Glucksmann, mais localement, il faut savoir répondre à ces urgences immédiatement. C’est pour cela que j’ai fait cette tribune.

    Martine Vassal veut rallier les « écologistes raisonnables », vous voulez en être et en amener avec vous ?

    C.M. : Pour l’instant, notre boulot à Fabien Perez et moi, c’est remettre la question des transitions au cœur des débats à Marseille. Nous verrons. Nous ferons nos choix, les gens sont libres. D’une part, il y a la question du programme. J’ai vu les échecs relationnels que Benoît Payan a eus avec mes amis écologistes en mairie de Marseille. Sébastien Barles qui décide de ne plus faire d’accord avec lui, c’est un signifiant pour moi. Je vois ce qu’il se passe au sein d’Europe écologie – Les Verts dans leurs bisbilles. La question écologique a été abandonnée par Benoît Payan et les gens qui devaient porter ce travail écologique n’ont pas eu les moyens de porter leurs questions, on a fait de l’habillage. Sur les questions de transition, ça n’a pas été porté par le cabinet du maire. Et ensuite, il faut savoir qui va porter ce programme, avec quels moyens. Donc c’est trop tôt pour répondre. Une chose est sûre, je n’irai pas avec Benoît Payan.

  • Rien à attendre

    Rien à attendre

    Nouveau virage à droite pour finir dans la main de l’extrême droite ! Avec ce nouveau gouvernement dont les premières nominations ont été données dimanche, on prend les mêmes et on recommence. Et parmi les « entrants » : Bruno Lemaire, Éric Woerth et Roland Lescure. Sans surprise, on est loin de la rupture annoncée et on assiste plutôt à recentrage sur la base du macronisme, toujours plus rétrécie à son aile droite. Le en même temps macronien est définitivement enterré alors même que les partis de gauche annoncent des motions de censure dès le discours de politique générale.

    Le gouvernement Lecornu, qui a réussi à rassembler le « socle commun » et LR qui fait monter les enchères, ne tiendra qu’avec la bienveillance et la bénédiction du RN. Triste fin pour le deuxième quinquennat d’un président qui a été élu à chaque fois comme un prétendu rempart face à Marine Le Pen et le parti qu’elle a hérité de son père.

    Dans les mains du RN

    Pouce levé pour maintenir Lecornu et lui en faire payer le prix ou baissé pour renverser un troisième premier ministre en moins d’un an ? Cela dépendra des tractations que Lecornu avait déjà entamées avec Marine Le Pen quand il était ministre de la Défense.

    Le monde du travail n’a en tout cas rien à attendre de bon de ce nouveau gouvernement qui ressemble à un résumé de l’histoire macronienne. S’il chute, la dernière cartouche du président aura été tirée. Le pays risque alors d’entrer dans une phase extrêmement confuse et dangereuse qui nécessitera la mobilisation et l’unité de ceux qui veulent s’opposer à la fois au fascisme et au néolibéralisme.

  • Dernières emplettes en famille dimanche, avant-dernier jour de foire

    Dernières emplettes en famille dimanche, avant-dernier jour de foire

    Au soleil et sous un fort mistral, Najia, jeune maman venue avec son fils Eymen, vient d’accompagner sa tante Fatima et sa mère vers les stands « du Maghreb et de l’Asie ».

    Originaire d’Oran, Fatima est allée respirer, sur le stand de l’Algérie, les odeurs d’épices. « Cela m’a rappelé mon enfance », dit-elle. « Nous nous étions déjà rendues sur la foire la semaine dernière et, ce dimanche, nous terminons d’acheter ce que nous avions repéré. C’est assez cher… », confie Najia. En effet, ce dimanche marque l’avant-dernier jour de la foire, qui a ouvert le 26 septembre. Il était encore trop tôt pour obtenir un bilan de la fréquentation, ont confirmé les organisateurs. Ce lundi, l’entrée est gratuite pour les demandeurs d’emploi.

    Dans le hall 1, où l’Italie et ses produits attirent toujours foule, et où le fromage parmesan embaume, un couple, Florian, 36 ans et Ninon, 35 ans, ont fait quelques emplettes. Romy, 2 ans, dans les bras de son père, se gave d’olives… Toute ébouriffée par le vent, elle a une tête de rock star qui vient de faire son show. « La foire, ça décoiffe », s’amuse son père. Même si le couple reconnaît que les produits vendus au Parc Chanot sont loin d’être bon marché, « on aime, chaque année, retrouver cette ambiance. C’est convivial, ça parle italien ici, indien plus loin… », illustre Florian.

    Anaïs, 22 ans, rencontrée aux abords du hall 6 « Tour du monde » apprécie de découvrir des produits de toutes origines. Quentin, 37 ans, « entraîné par des amis qui ont des enfants », a au contraire l’impression de voir, d’année en année, « les mêmes exposants ». C’est pour cela qu’il a particulièrement apprécié, cette année, le coup de projecteur mis sur le « Fabriqué à Marseille » dans la foire.

    Parc Chanot, ouvert de 10h à 19h.

  • Pour retirer les dépôts sauvages, appelez l’IA

    Pour retirer les dépôts sauvages, appelez l’IA

    Un encombrant à retirer ? Au bout du fil, lorsqu’on appelle la plateforme de la Métropole, Engagés au quotidien (EAQ), c’est une intelligence artificielle qui peut vous répondre. Très discrètement, la Métropole a en effet annoncé l’expérimentation, à compter du mois de février, d’un call bot : un robot qui grâce à l’IA décrypte les demandes et y répond de lui-même avec une voix synthétique. Développé par Microsoft à travers sa plateforme Azure, celui-ci a commencé ses tests dès 2024, dans la foulée de l’adoption d’une charte sur l’usage de l’intelligence artificielle à la Métropole.

    Et l’établissement public veut continuer dans le même sens. Au moment de renouveler la gestion du centre d’appels déléguée en 2019 à la société italienne Comdata, elle réclame de nouveau, dans son cahier des charges publié ce mercredi, « le déploiement expérimental d’un call bot, en tirant parti des avancées de l’intelligence artificielle ». Une solution choisie « afin d’offrir un service plus réactif, personnalisé et efficient ». Ce robot doit être mis en place pour cette phase de test sur des créneaux horaires spécifiques, « pour automatiser le traitement des levées d’encombrants et des demandes récurrentes ».

    C’est que la Métropole croule sous les demandes. Sur les 459 000 appels reçus en 2024 pour la plateforme Engagés au quotidien, près de 30% relevaient d’une demande de retraits d’encombrants, auxquels il faut ajouter 13% d’appels pour les « jets clandestins », 8% pour des questions en lien avec la collecte ou la propreté, autant pour des bennes pleines ou non ramassées… Soit près de 60% d’appels en lien avec la gestion des déchets ou la propreté, sachant que lors des pics d’affluence, le volume peut dépasser les 200 appels par heure. « Ce dispositif contribuera ainsi à une meilleure réactivité et à un service plus performant pour les usagers », espère la Métropole.

    Pas la bonne adresse

    Même si les écueils restent. Parmi les « points d’attention » de l’établissement public, « la transcription précise des adresses et des noms reste un point délicat », reconnaissait le directeur de mission chargé de l’IA, Youssef Baltagi, dans un entretien à la Banque des territoires. « Malgré les ajustements, la retranscription demeure imparfaite et nous sommes en phase de réajustement. » Et les rues restent sales.

  • Les fantômes de la Linea inquiètent toujours

    Les fantômes de la Linea inquiètent toujours

    C’est une histoire vieille de soixante-six ans qui s’invite ce lundi matin en conseil métropolitain. Parmi les nombreux dossiers techniques à l’ordre du jour, un gros morceau, l’adoption d’une quatrième révision du plan local d’urbanisme pour la ville de Marseille et les communes voisines, deux ans après le lancement de la première concertation publique. Mais lors d’une réunion publique le 12 septembre dernier, les habitants de Saint-Mitre, dans le 13e arrondissement de Marseille, ont eu la désagréable surprise de découvrir que les emplacements réservés à l’ancienne Liaison du nord-est de l’agglomération marseillaise (Linea) y faisaient leur retour, malgré une décision du tribunal administratif de Marseille du 22 mai.

    Vieux serpent de mer dont le plan directeur avait été élaboré en 1959, cette rocade courant de Saint-Mitre à Allauch avait été définitivement stoppée par la justice le 30 septembre 2020. « Mais les emplacements réservés pour la voirie restaient toujours sur les plans d’urbanisme », explique le président de l’association pour la sauvegarde du poumon vert de Saint-Mitre, Philippe Musarella.

    Une véritable épée de Damoclès pour les 53 habitations situées sur le tracé. Saisie, la justice lui a donné raison et laissé cinq mois à la Métropole, jusqu’au 22 septembre, pour les supprimer. « On pensait qu’elle allait inscrire la suppression dans la révision du plan local d’urbanisme, elle ne l’a pas fait, déplore Philippe Musarella. Allauch et Plan-de-Cuques ont le même tracé, et à Marseille, ils ont trouvé une combine : ils ont enlevé les emplacements pour remettre un tracé de 28 mètres de large au lieu de 38, en catimini, sans consultation publique. »

    Une étude à lancer

    « La suppression pure et simple des emplacements réservés, sans étude approfondie de leurs impacts, serait une décision précipitée », assume-t-on à la Métropole. Et d’expliquer que sans le gel de la construction sur ces parcelles, « environ 400 logements pourraient être construits, ce qui accentuerait les difficultés de circulation et mettrait sous pression les infrastructures routières existantes ».

    « Nous nous sommes mis d’accord avec la Ville pour faire ce choix qui est plus prudent », abonde la conseillère métropolitaine (LR) déléguée à l’urbanisme, Laure-Agnès Caradec, assurant que la décision de justice est respectée puisque ces emplacements réservés deviennent… des pré-emplacements réservés. « Personne ne veut la Linea, mais il y a des problèmes de circulation, alors nous allons repartir à zéro avec une nouvelle étude de mobilité », annonce-t-elle. Pendant que les opposants se préparent à retourner en justice.

  • Mises en examen en série dans le cadre de l’affaire Maria

    Mises en examen en série dans le cadre de l’affaire Maria

    Un espoir de justice après sept ans d’impasses. Jeudi soir, à l’issue de leur garde à vue, quatre policiers ont été mis en examen pour « non-assistance à personne en danger », révélaient nos confrères de La Provence ce vendredi. Des mises en examen en série puisque dès le lendemain deux autres fonctionnaires ont suivi le même sort, après avoir été rapatriés de Mayotte, avec les mêmes chefs d’inculpation, ainsi que pour violence aggravée par personne dépositaire de l’autorité publique sans ITT, comme l’a confirmé le parquet à nos confrères. Ils sont suspectés d’être impliqués dans le violent passage à tabac d’une jeune femme, lors de l’acte IV des gilets jaunes à Marseille, le 8 décembre 2018. Celle-ci avait été touchée d’un tir de lanceur de balle de défense (LBD), alors qu’elle était sortie plus tôt qu’à l’habitude de son travail et allait chercher à manger avec son copain à proximité de la rue Saint-Ferréol, avant d’être rouée de coups de pied et de matraque, entourée pour une douzaine de policiers. Elle avait été admise aux urgences dans la foulée, avec un traumatisme crânien et facial direct et des vomissements, et était restée hospitalisée onze jours. Mais par deux fois, une ordonnance de non-lieu avait été rendue, faute d’identifier les auteurs des coups.

  • On prend les mêmes et on recommence

    On prend les mêmes et on recommence

    Preuve des difficultés de Lecornu : ce n’est qu’une partie de son gouvernement qui a été annoncée dimanche soir au terme d’un week-end théâtral au terme duquel LR a donné son feu vert après que le président du parti, Bruno Retailleau, ait remporté une nouvelle manche contre Laurent Wauquiez qui s’était prononcé contre la participation au gouvernement. Beaucoup de bruit pour… pas grand-chose : pas de nouveau nom issu des rangs LR dans cette première salve de nominations. Résultat : « La composition du Gouvernement ne reflète pas la rupture promise. Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque demain matin le comité stratégique des Républicains », a twitté Bruno Retailleau dans la soirée.

    Sur le papier, les 18 ministres nommés permettront à Sébastien Lecornu de faire son discours de politique générale mardi et se retrouvent ce lundi à 16h pour un premier conseil des ministres. Avec une feuille de route qui creuse le même sillon. Dans une lettre transmise aux dirigeants du camp présidentiel et des Républicains dans la nuit de samedi à dimanche, Sébastien Lecornu estime que l’effort doit porter « essentiellement sur la réduction de la dépense publique ». S’il annonce des baisses d’impôts – « pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises » – il assure également pouvoir dégager 2,3 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Comment ? En luttant contre la fraude au sujet de laquelle il promet une loi rapide.

    Haro sur les dépenses publiques

    Mais alors que le scandale de blanchiment de fraude fiscale par des investisseurs étrangers avec la complicité de banques françaises qui aurait coûté des dizaines de milliards au fisc français a encore défrayé la chronique la semaine dernière, Sébastien Lecornu se penche sur la fraude aux prestations sociales qui fait tant fantasmer la droite. « Ordonnances sécurisées pour limiter les prescriptions abusives, obligation de consulter un dossier médical partagé avant certains actes coûteux, versement du chômage uniquement sur des comptes bancaires domiciliés en Union européenne… », écrit-il dans sa lettre, avec une conclusion limpide : « Chaque euro de la solidarité nationale doit aller à ceux qui y ont droit. » À cela s’ajoute le paragraphe consacré à la sécurité et l’immigration. « La sécurité du quotidien et la lutte contre les incivilités continueront d’être une priorité majeure », écrit ainsi Sébastien Lecornu, comme la lutte « contre l’immigration irrégulière par la mise en œuvre de solutions techniques et efficaces ».

    Censure ?

    Autant d’éléments qui complètent mesures déjà énoncées comme la volonté d’augmenter les salaires en réduisant la part consacrée au financement de la sécurité sociale et l’assurance maladie, et qui montre que le cap libéral contesté dans la rue et dans les urnes est bien maintenu.

    « Nous nous dirigeons tout droit vers la censure » si « la donne ne change pas », a martelé samedi le premier secrétaire du PS Olivier Faure, la numéro 2 du parti, Johanna Rolland, annonçant dimanche que les socialistes voudront « très probablement déposer leur propre motion ». La patronne des Écologistes Marine Tondelier dit avoir « pris contact avec tous les groupes pour être l’auteur d’une motion de censure unitaire, fédérative ». Les insoumis qui répètent depuis vendredi qu’ils seront à l’initiative d’une motion de censure dès mardi ont affirmé dimanche via le coordinateur national Manuel Bompard qu’ils avaient « proposé aux députés écologistes, aux députés communistes et même aux députés socialistes de la cosigner ». Quant à Fabien Roussel, il prévient dans un entretien accordé dimanche à L’Humanité si Sébastien Lecornu « ne permet pas au Parlement de retrouver ses pouvoirs, notamment pour abroger la réforme des retraites, les députés communistes voteront en faveur de la censure ».

  • Les Aygalades inaugurées à Marseille, le plan écoles suit son rythme

    Les Aygalades inaugurées à Marseille, le plan écoles suit son rythme

    Les minots sont à la fête, ce samedi matin, dans les cours du groupe scolaire Aygalades – Oasis, dans le 15e arrondissement de Marseille. «Les enfants m’ont dit que c’était super beau, qu’ils pouvaient jouer au foot le midi parce que maintenant il y a de la place, sourit Zineb, mère de deux petits en CP et CM1. Et nous, nous voyons les professeurs heureux, cela se répercute sur leur façon de travailler. »

    Entre stands de pop-corn, jeux en bois et confettis, de nombreuses familles sont venues pour l’inauguration des écoles réhabilitées après deux ans d’un chantier à 25 millions d’euros, confié au groupe Bouygues. « Cela a été très tendu pour que l’école soit livrée, mais nous avons travaillé en bonne intelligence », apprécie l’adjoint (PM) au plan écoles Pierre-Marie Ganozzi, avant l’ouverture des grilles. « C’est le quartier entier qui pourra en profiter », abonde Marie-Pervenche Plaza, la secrétaire générale adjointe de la préfecture.

    C’est que l’on part de loin. Pendant une décennie entière, la précédente mandature avait ignoré toutes les alertes sur les sols lourdement pollués sur lesquels ont été construits l’établissement. Désormais, en plus d’une nouvelle bibliothèque pour le groupe scolaire, le gymnase a rouvert, et Pierre-Marie Ganozzi promet que les associations y auront accès. « Nous souhaitons que les écoles soient la capitale du quartier, qu’elles soient ouvertes », explique-t-il.

    Mais alors que la droite en campagne accuse la Société publique des écoles de Marseille de n’avoir livré que cinq groupes scolaires, le maire (DVG) Benoît Payan s’irrite : « Ce n’est pas parce que l’opposition dit que la Terre est plate qu’elle est plate. »

    « Au rythme prévu » 

    « Nous avons aujourd’hui 15 écoles qui ont été livrées dans le cadre de la vague 1 », assure de son côté la secrétaire générale adjointe de la préfecture. Et d’affirmer que « le Plan écoles avance au rythme qui avait été prévu », avec 33 écoles en phase d’études, 36 en cours de programmation. En ajoutant les chantiers qu’elle porte seule, la Ville en annonce de son côté 95 au total programmées. « C’est le plus gros chantier européen, c’est absolument vertigineux », assure Pierre-Marie Ganozzi, tandis que les minots, pour seuls chiffres, se contentent du joyeux décompte de l’inauguration.

  • Lucien Molino. La première caisse de la Sécu à Marseille

    Lucien Molino. La première caisse de la Sécu à Marseille

    De nombreuses initiatives avaient été prises auparavant pour ne citer que les assurances sociales mises en place en 1930. Ce fut le premier régime obligatoire mettant le patronat à contribution pour servir un minimum de prestations en cas de maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès.

    Enfin, il fallut attendre la libération de notre pays pour que, en accord avec le programme du Conseil national de la résistance soit reprise l’idée de la Sécurité sociale sous la responsabilité de notre camarade et ami communiste Ambroise Croizat avec l’investissement des dirigeants syndicaux CGT et le concours du directeur général, Pierre Laroque, qui s’exprimait encore, en 1993, en ces termes : « Lorsque s’ouvre l’année 1947, la mise en place de l’organisation Sécurité sociale arrive à son terme, les textes fondamentaux sont adoptés et publiés. Les institutions nouvelles fonctionnent, les problèmes essentiels de locaux, de personnel, de matériel sont résolus. La Sécurité sociale est devenue l’élément de la vie quotidienne des Français. »

    La Sécurité sociale dans les Bouches-du-Rhône

    L’appui de la CGT n’a jamais cessé, depuis 1945, lorsque Ambroise Croizat et Pierre Laroque sont venus à Marseille nous demander de les aider afin d’ouvrir la première caisse dans un délai prévu. Nous avions appliqué les trois huit, travaillant jour et nuit et nous avons réussi, avec enthousiasme, à édifier une œuvre qui nous plaçait en tête de toutes les nations capitalistes dans le domaine des lois sociales.

    Notre gestion des caisses de Sécurité sociale permettait d’envisager pour les assurés sociaux de meilleures prestations et de belles réalisations. La première caisse à Marseille fut édifiée au square Stalingrad où se trouve actuellement le bureau des PTT.

    Une leçon pour le présent

    C’est du passé, mais une leçon pour le présent. Le système de protection sociale français, garantissant de nouveaux droits et devoirs, fut créé après la Libération alors que le pays était exsangue ! Fondé sur la répartition et la solidarité, il a permis que le pays se relève parce que les hommes s’étaient investis et que l’État assumait ses fonctions au service de la société tout entière. Pourtant, depuis le début, de multiples tentatives d’atteintes à ce système ont été faites par les gouvernements qui se sont succédé, dirigés soit par la droite, le RPR et l’UDF, soit par le Parti socialiste.

    Aujourd’hui, des milliards peuvent être récupérés pour améliorer et développer la Sécurité sociale avec la participation des employeurs. Il faut instaurer pour les entreprises un mode de cotisation basé sur la plus-value réellement ajoutée au travail et non sur le nombre de salariés.

    Applications du programme du CNR

    Les comités d’entreprise (ordonnance du 22 février 1945 et loi du 16 mai 1946) et aussi les comités techniques paritaires de la fonction publique furent une traduction concrète des objectifs affichés dans le programme du CNR. Mais l’adoption de la loi de 1946 fut laborieuse. Nous avions affaire à un patronat qui, avec la complicité de relais à l’Assemblée nationale, était soucieux de préserver les fondements de l’économie capitaliste, la propriété privée et le pouvoir exclusif des dirigeants d’entreprises. Je me souviens que cet avant-projet d’ordonnance était fort limité, nous décevait sans pour autant empêcher les réserves patronales. Nous en avions discuté avec Ambroise Croizat et Albert Gazier, réformiste et responsable de la CGT.

    L’assemblée consultative déposa un amendement pour améliorer le texte initial mais il ne fut pas pris en compte dans l’ordonnance. Dès le 24 février, nous affichions notre volonté de faire modifier ce texte insuffisant. Il aura fallu la démission du général de Gaulle et la grande victoire des partis de gauche pour que notre proposition soit votée à l’unanimité et donne le texte qui allait devenir la loi du 16 mai 1946. C’est ce nouveau texte qui fonda véritablement les comités d’entreprise en rupture avec le passé. Mais la réaction tendait d’accréditer l’idée que les CE étaient le prolongement des comités sociaux de la Charte du travail de Vichy, pur mensonge dont le but était de démobiliser les CE.

    Avec l’ordonnance du 22 février 1945 complétée par la loi du 16 mai 1946 qui rendit obligatoire la création de comités d’entreprise dans toute entreprise ou établissement de plus de 50 salariés, élu pour 2 ans, le CE disposait d’attributions consultatives pour assurer l’expression collective des salariés. Il gérait les activités sociales et culturelles.

    Cette belle loi de progrès constituait une arme puissante entre les mains des travailleurs, pour agir sur la production, les prix de revient et les œuvres sociales.

    La loi institua aussi, pour les ouvriers du bâtiment, des indemnités couvrant une partie des risques dus aux intempéries, ce qui satisfaisait une très ancienne revendication des salariés de ce secteur, ce qu’ils doivent à Ambroise Croizat. Cette législation a été plusieurs fois remaniée. La loi de 1966, l’ordonnance du 17 avril 1947 et la loi du 28 octobre 1982 ont renforcé les attributions du comité d’entreprise : le chef d’entreprise a l’obligation de lui fournir l’information économique nécessaire et le champ de la consultation a été élargi à la formation et aux suppressions d’effectifs. Une autre loi de décembre 1993 permet aux entreprises comprenant de 50 à 200 salariés d’opter pour une délégation unique du CE et les délégués du personnel, ceux-ci disposant d’un mandat de deux ans. Malgré les attaques, la CGT demeure aujourd’hui la première organisation syndicale, comme le prouvent les élections. Mais la désindustrialisation et la montée de la crise ont contribué au déclin et la diminution du nombre de salariés par établissement a affaibli les syndicats. Plus de trois millions de chômeurs pèsent non seulement sur les recettes de la Sécurité sociale, mais facilitent une « dynamique répressive ». La diminution du nombre d’adhérents et de militants les rend moins présents sur les lieux du travail, ce qui pose le problème de la syndicalisation comme première tâche.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au palais Longchamp, Finson, vie brève : Italie et Provence, Le Caravage et Peiresc

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au palais Longchamp, Finson, vie brève : Italie et Provence, Le Caravage et Peiresc

    On aperçoit en pleine maturité un personnage audacieux et affranchi. Né à Bruges en 1578, Louis Finson quitte l’Italie et Naples en 1613. Dans sa trajectoire, les années italiennes sont cruciales. Parce qu’il croise à plusieurs reprises l’œuvre et la présence du Caravage, sa peinture se métamorphose : de même, en d’autres temps et toutes proportions gardées, Cezanne ou Picasso bouleversèrent de jeunes artistes. Finson n’est pas seulement comme l’écrivait Roberto Longhi un « peintre-marchand » qui vend, copie et comprend fortement les toiles d’un artiste qui révolutionne l’art. Il est l’introducteur du Caravage en France, son rôle fut déterminant.

    Torse nu, épaules et bras musclés, auparavant hanté par les clairs-obscurs et l’extase mystique de Madeleine, ce nordiste jubile. Sa main gauche brandit l’acier d’une hallebarde. C’est un guerrier d’opérette, le serre-tête d’un casque sans visière déploie une longue plume blanche. Sa main droite, ses clins d’œil et son visage songent ironiquement à ce que pourront dire son menton et sa bouche. Son séjour entre Marseille et Aix, moins que trois ans jusqu’en 1614, s’adapta aux circonstances et aux commandes : inégal et paradoxal, cet artiste qu’on imagine jouisseur et narquois réalisa pour les églises aixoises de Saint-Jean de Malte et de Saint-Sauveur des peintures religieuses brunes et grises, sobrement austères. Simultanément, il portraiturait l’entourage distingué et raffiné du grand érudit et collectionneur Nicolas Peiresc : entre autres, Boyer d’Eguilles, Lacépède et Guillaume du Vair, l’archevêque d’Aix Paul Hurault, François de Malherbe que Ponge vénérait.

    L’autoportrait est daté de 1613. Qui aurait pu deviner que cet homme robuste et joueur, cette personnalité épanouie, voyageuse et contradictoire doive interrompre brusquement une carrière à ce point prometteuse ? Après avoir séjourné à Arles, Montpellier et Paris jusqu’en juillet 1616, sa présence est signalée à Amsterdam. Il s’affaiblit, tombe malade. Il a 39 ans quand il rédige son testament ; Louis Finson meurt pendant les derniers jours de 1617.

    format 81 x 62 cm