Tag: Marseille

  • La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    « C’est la troisième convocation en 3 mois ! », s’insurge Stéphanie Escamez, déléguée syndicale de la CGT Monoprix du rond-point du Prado à Marseille, ce jeudi matin. Son organisation appelait à un rassemblement devant le magasin pour dénoncer « une tentative manifeste d’intimidation ». En cause ? Une série de convocations d’élus CGT du magasin par la direction. « Pour l’un, on lui reproche de ne pas avoir fait ce qui n’était pas dans son contrat, pour l’autre, on l’accuse à tort de vol… », explique la déléguée.

    Dans le fond, elle dénonce « une chasse aux sorcières et une politique de répression syndicale » alors que l’organisation est à l’origine de mouvements sociaux réguliers sur le magasin. « Au travers des représentants syndicaux, ce sont les salariés qu’ils attaquent », développe-t-elle. Avant de préciser : « On conteste et contestera toutes les sanctions ! C’est la CGT qui dérange mais on ne lâchera rien. » En tout cas, les militants d’organisations homologues ont répondu présents à l’appel au soutien : Union locale (UL) CGT des quartiers Sud de Marseille, UL Centre ou encore UL Saint-Lazare et de l’UD CGT 13.

    « Aujourd’hui, on est plutôt calme mais on montera d’un cran le rapport de force si cela se poursuit », prévient Guillaume Algrin, secrétaire général de l’UL CGT Marseille Sud. Il fait le lien entre « la forte activité syndicale de l’organisation » et cette « forme de représailles sur le site ».

  • La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    « Il est hors de question de laisser ces débats lunaires se faire dans le silence ! ». À la Bourse du travail de Marseille, ce jeudi, Greg Fontaine, infirmier à l’hôpital de la Timone et co-secrétaire de la CGT AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), tient à « sonner l’alerte » sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) débattu au parlement.

    Le tout, à l’occasion d’une journée de communication nationale de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale. Ce budget pour 2026 est jugé comme une « catastrophe » annoncée pour les établissements de santé et notamment les hôpitaux publics. « Ils sont déjà à l’os et une nouvelle réduction de moyens risque de provoquer leur effondrement », dénonce-t-il. La montée au créneau des organisations CGT ne vient pas de nulle part : « Le PLFSS 2026 prévoit une suppression de 7 milliards d’euros pour le budget de la santé, tandis que le budget de l’armée bénéficie d’une hausse sans contreparties », renchérit Ludovic Vergnaud-Rousseau, pour l’USD 13 (Union syndicale départementale de la santé) et aide médico-psychologique à l’association Unapei.

    Si les maux des hôpitaux sont connus, Greg Fontaine tient à les remettre en avant : « Les structures subissent une crise de l’emploi qui met en danger la santé des personnels et des patients. 92% des établissements déclarent des difficultés de recrutement. » L’analyse de la CGT s’appuie sur des données chiffrées : « Pour le seul secteur de la santé, il y a 180 000 postes qui sont à pourvoir selon une étude de la Dares au 1er trimestre 2025. »

    « Manque de matériel

    à tous les niveaux »

    Et l’organisation estime à 74 000 aides-soignants et 43 000 infirmiers et sages-femmes manquants en France. Même constat dans le privé et les structures associatives du reste du secteur : « Des maternités ferment, les Samu sont saturés, les personnes âgées souffrent dans les Ehpad », énumère Ludovic Vergnaud-Rousseau. La faute à « 30 ans de politique libérale et d’une gestion des établissements comme des usines à soins ». Et qui risque de se poursuivre avec ce PLFSS, la CGT ciblant plusieurs mesures qui ne passent pas : « Jour de carence pour les arrêts maladie, gel du point d’indice pour les fonctionnaires et doublement des franchises médicales. »

    Greg Fontaine rappelle les conséquences concrètes de ces mauvais coups dans les services : « Les brancardiers de la Timone se sont mobilisés contre le sous-effectif, les agents de la sécurité incendie également. Et les soignants des Baumettes ont fait grève contre la suppression de jours de repos compensateur ! ». Séverine Jeanroy, aide-soignante à l’hôpital Nord à Marseille et élue CGT confirme que ces exemples ne sont pas des cas isolés : « La situation à [l’hôpital] Nord s’aggrave d’année en année. L’attente pour avoir des rendez-vous est rallongée, les patients sont hébergés dans des services dont ils ne dépendent pas. » Et rappelle « le manque de matériel à tous les niveaux comme les appareils à tension, les couvertures… »

    Alerte à la population

    D’où « l’alerte à la population » lancée par les organisations CGT qui demandent sa participation pour « interpeller les élus ». Notamment en vue d’obtenir un PLFSS en « hausse entre 7 et 10% ». Ou, à défaut, « que les parlementaires s’y opposent » et donc ne votent pas le texte. Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle que le refus de cette politique passe par la mobilisation le 2 décembre dans la rue avec un appel confédéral à la manifestation et à la grève : « On ne pouvait pas ne pas manifester contre ce budget qui est encore pire que les précédents. »

  • Des menaces contre les agents des Flamants

    Des menaces contre les agents des Flamants

    L’emprise du narcotrafic à Marseille, les agents de la maison départementale des solidarités (MDS) des Flamants (14e) ne la connaissent que trop bien. Ce jeudi soir, ils ont décidé avec la CGT d’occuper les locaux du Département à Arenc et de s’y maintenir jusqu’à ce que la collectivité leur accorde de s’y installer pour recevoir les familles en sécurité. Une action lancée après de nouvelles intimidations dans leurs propres locaux, le 6 novembre dernier. « Trois personnes se sont présentées à l’accueil pour rencontrer la directrice, relate d’une voix blanche une agente de la MDS, sous couvert d’anonymat. Ils lui ont demandé de calmer les agents, lui ont dit qu’ils avaient fait un exemple avec un gars du réseau, et qu’ils offriraient des fleurs et des chocolats en gage. Mais ils demandaient de ne plus parler aux médias, de ne plus faire de vagues. » Déjà au début du mois d’octobre, des menaces de mort contre l’une d’entre eux avaient conduit à fermer l’après-midi (notre édition du 14/10). Désormais, les agents sont rapatriés au siège du conseil départemental, recevant les familles dans les autres MDS alentour. Leurs fenêtres, à l’hôtel du Département, donnaient sur le rond-point où Mehdi Kessaci a été assassiné. « Des patrouilles de police ont été renforcées et une demi-unité de CRS a été plusieurs fois mobilisée », assure la collectivité, alors que sa présidente (DVD) Martine Vassal, candidate aux municipales, a indiqué vouloir maintenir les travailleurs sociaux aux Flamants. Et le Département de promettre que le parking voisin de 13 Habitat sera rouvert, des caméras de vidéosurveillance installées, la liaison piétonne qui relie la MDS à l’avenue George-Braque, réaménagée pour « revenir bientôt à un mode de fonctionnement normal ». Pas de quoi rassurer les agents. « Nous avons peur des représailles, nous sommes tous identifiés », glisse une travailleuse sociale. « Nous ne paierons pas ce lourd tribut de l’angoisse », maintient la responsable de la CGT Valérie Marque.

    ET AUSSI

    La piste d’un crime commandité par « Mamine », le chef de la DZ mafia

    L’enquête sur l’exécution du frère d’Amine Kessaci à Marseille s’oriente, d’après les informations du Parisien, vers un contrat commandité par un détenu extrêmement dangereux : Amine O., considéré comme le vrai patron de la DZ. Multi-mis en examen, ce personnage apparaît dans l’enquête sur le meurtre d’un autre proche du militant anti-narcos, affaire fondatrice de son ascension criminelle. À 31 ans, Amine O., né à Marseille, est soupçonné d’être le véritable chef opérationnel de la DZ Mafia en France, un gang de narcotrafiquants historiquement phocéens.

    Royer-Perreaut propose d’ouvrir le débat sur la « dépénalisation du cannabis »

    S’il a pris du recul avec la politique, l’ancien maire des 9-10 et député (Ren), Lionel Royer Perreaut, est sorti de sa réserve jeudi. Dans un long post Facebook, LRP fait trois propositions « pour lutter contre cette hydre des temps modernes ». D’abord, la création d’une « Force d’intervention républicaine », composée d’anciens militaires ou légionnaires qui pourrait s’implanter durablement dans un quartier. Il propose aussi de confier au maire le pouvoir de réguler les commerces de proximité pour éviter les lessiveuses. Enfin plus inattendu, tant il a longtemps été contre cette mesure, il pense venu le temps « de poser le débat de la dépénalisation du cannabis et de la maîtrise de ce marché par l’État au même titre que celui de l’alcool ou du tabac ? »

    Un drame qui laisse « sans voix » Roberto De Zerbi

    Lors de la conférence de presse de présentation du match de l’OM face à Nice vendredi, l’entraîneur italien des Olympiens n’a pas manqué de réagir au drame. « Ce qui s’est produit me laisse sans voix. J’ai vécu des situations similaires dans ma ville, en Italie » a-t-il raconté. Pour lui, « ces choses-là ne devraient pas se produire. » Et de poursuivre : « Dans cette ville, le football n’a pas le même sens qu’ailleurs. À travers les performances que l’OM peut offrir, c’est l’occasion de donner des satisfactions qui vont au-delà d’un simple match de football pour les Marseillais. »

  • Lutte contre le narcotrafic : deux ministres face aux attentes de Marseille

    Lutte contre le narcotrafic : deux ministres face aux attentes de Marseille

    Marseille espérait des actes. Elle a eu droit à de l’écoute, une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le frère d’Amine, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic. « Un crime qui vise à faire peur et à atteindre quelque part la République », a martelé Laurent Nuñez avant d’aller rencontrer la famille endeuillée. « La République ne doit pas avoir la main qui tremble », lui a rétorqué Benoît Payan, le maire (DVG) de la ville, continuant d’appeler à une large mobilisation pour la marche blanche de samedi (lire page 3).

    Ce jeudi, le ministre de l’Intérieur et Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, sont en réalité surtout venus défendre un bilan, et prêcher la parole présidentielle. Emmanuel Macron est attendu dans un mois à Marseille pour inaugurer notamment les Baumettes 3, a expliqué le ministre de l’Intérieur. Lui, a promis de son côté de revenir « tous les mois » dans la 2e ville de France.

    « Un continuum extrêmement efficace »

    Jeudi, les deux représentants du Gouvernement ont multiplié les rencontres. Gérald Darmanin était notamment aux Baumettes, en début de matinée, pour « écouter » et « soutenir » les agents pénitentiaires. Il a ensuite rejoint Laurent Nuñez en Préfecture pour une réunion de travail avec les représentants de l’État, les directions de la police et de la gendarmerie, le Procureur de la République, des magistrats… Une « réunion opérationnelle » qui a permis de faire le point sur « ce continuum extrêmement efficace qui est mis en œuvre entre la justice et le ministère de l’Intérieur », a justifié ce dernier.

    Ce moment « extrêmement important d’échange et d’amélioration des process » a été aussi l’occasion de faire le point sur la loi de Lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée votée en juin à l’assemblée. Elle aboutira notamment à la mise en place d’un parquet spécialisé, le Parquet national anticriminalité organisé (Pnaco), qui verra le jour le 5 janvier sur le modèle du parquet national financier ou du parquet national anti-terroriste.

    Une manière de répondre à la « menace » du narcotrafic « équivalente à celle du terrorisme », a répété Gérald Darmanin en écho à Emmanuel Macron qui appelait mardi à adopter la même approche que face au terrorisme. « Il y a des magistrats, des enquêteurs qui sont physiquement menacés parce que nous gagnons difficilement une bataille très très dure contre une organisation criminelle qui a sans doute fait entre 5 et 6 milliards d’euros de chiffres d’affaires d’argent liquide et dont les intérêts sont immenses », a-t-il expliqué. Et de mettre en avant les prisons haute sécurité ou 500 à 600 détenus du haut spectre doivent être mis à l’isolement.

    Le maire de Marseille qui en matinée a reçu le ministre de l’Intérieur à l’Hôtel de ville a lui continué de réclamer des moyens pour les enquêteurs, pour la justice mais aussi pour l’éducation. Et de plaider notamment l’installation du Pnaco à Marseille, la création d’une antenne d’Interpol et le retour d’une préfecture de police de plein exercice. Laurent Nuñez a balayé ce dernier point d’un revers de main.

    Renforts en magistrats

    Reçu dans l’après-midi en Préfecture, avec un représentant du Président de Région, Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département et de la Métropole a, elle aussi, réclamé des effectifs, pour la Police judiciaire et scientifique, pour la protection judiciaire de la jeunesse, ainsi que la création d’une antenne du Pnaco dans la 2e ville de France. « Ce serait un symbole fort », estime cette dernière. Mais sur ce point encore le Gouvernement dit non.

    Le ministre de la Justice avait ainsi justifié un peu plus tôt l’installation à Paris de ce parquet « qui va se saisir d’affaires marseillaises de très grande ampleur », par le fait qu’elles « ne peuvent pas toujours être documentées ici, soit pour des raisons de menaces, soit parce qu’elles concernent de grands groupes à l’international ». Pour Marseille, les représentants du Gouvernement ont promis de nouveaux renforts, notamment de magistrats ou greffiers, sans en donner un détail chiffré. « Je l’annoncerai chez vos confrères de La Provence », a expliqué Gérald Darmanin, venu donc pour la photo devant les autres.

    La juridiction marseillaise, la troisième de France, a été renforcée ces dernières années. Elle compte aujourd’hui 143 magistrats du siège et 60 au parquet. Insuffisant. À la cour d’appel d’Aix, 500 procédures criminelles sont en attente. Parmi elles, le dossier des assassins présumés du grand frère d’Amine, tué en 2020. L’embolie judiciaire est telle que des dates de procès n’ont pas été fixées. Sans doute en 2026.

    Les pénitentiaires sur la brèche

    « Nous avons rappelé que nous avons besoin de moyens, humains et financiers. » La CGT pénitentiaire Paca Corse a remis sur la table ses revendications ce jeudi face au ministre de la justice, Gérald Darmanin, venu les « soutenir » aux Baumettes. Alors qu’avec l’ouverture d’un nouveau bâtiment mardi, le centre pénitentiaire est devenu le 2e de France rappelle la CGT, les effectifs sont déjà « sous calibrés. » Le bureau régional du Snepap FSU déplore, lui, dans un communiqué « l’écroulement des dispositifs d’accompagnement vers le logement et l’insertion professionnelle » pour assurer « la sortie de la délinquance des personnes déjà sous main de justice. » Une réalité à laquelle « la politique ministérielle doit répondre » tance le syndicat. M.R.

  • Mort de Mehdi Kessaci : pourquoi ils marcheront samedi

    Mort de Mehdi Kessaci : pourquoi ils marcheront samedi

    Robin Renucci, directeur du théâtre de La Criée

    « L’Appel de Marseille que j’ai signé reflète la diversité d’une société civile solidaire et aujourd’hui aux côtés d’Amine et sa famille. Si on veut que les choses bougent, il faut comprendre le diagnostic porté depuis des années. J’ai envie qu’on rappelle les causes de cette violence qui prospère sur le chômage, la pauvreté, l’absence de perspective. [Je veux] parler d’éducation nationale, artistique, populaire, qui doit offrir à chaque jeune des savoirs émancipateurs. Parler aussi de l’accès aux transports, à la santé, de la réduction des inégalités sociales ou culturelles. À la Criée, nous menons des actions qui permettent à la population de nous rejoindre, de la représenter. La question c’est que faire pour que ces quartiers, invisibles, puissent s’asseoir à la table de la démocratie, et rompre le cycle du désespoir. »

    Audrey Cermolacce, membre du conseil national du PCF

    « Je trouve Amine très courageux, je veux lui dire qu’il n’est pas seul. On l’accompagnera, comme on accompagne toutes les victimes liées de près ou de loin à ce fléau. Je partage son avis de remettre de la République dans les quartiers, qu’il faut travailler contre l’échec scolaire, qu’il faut plus de services publics, de médiation. Je suis sûre qu’in fine c’est la solution, on ne peut pas parler que de répression même si l’aspect sécuritaire doit y être. Née dans le 15e, je suis issue des quartiers populaires. Le premier meurtre auquel j’ai eu affaire j’avais 18 ans, c’était le frère de ma meilleure amie. Et ça m’avait touché. Il aura fallu que le frère d’un militant politique soit assassiné pour que l’Élysée réagisse, c’est dramatique. J’espère aussi que le Parquet national anti-criminalité ne sera pas qu’une vitrine. »

    Françoise Risterucci, responsable CGT des territoriaux de la Ville de Marseille

    « J’ai mal pour Amine, sa famille. Le narcotrafic découle de l’abandon des quartiers, il n’y a plus de social, de services publics, plus ce lien. Les gamins n’ont plus rien. Je travaille dans des écoles où quand on leur demande ce qu’ils veulent faire plus tard, ils nous répondent chouf. Des petits de 10 ans ! Tout ça parce que ces gens leur permettent d’acheter des bonbons ou d’aller à la piscine. Il faut leur permettre de rêver et cela doit être une cause nationale. »

    Horiya Mekrelouf, présidente du Mrap 13

    « Il ne faut pas se taire, la mafia c’est le fascisme. Cela veut dire que quand on défend une cause juste, on peut être assassiné. Il n’y a pas de mot assez fort pour dire que nous sommes dans une bascule. On est dans un état de sidération, dans un contexte de racisme, d’antisémitisme et de racisme anti-musulman. Il faut qu’on se parle. Nous militants sommes conscients de ce contexte, mais sommes-nous crus ? Quand pendant des années, on a criminalisé toutes les associations des droits humains ? »

  • L’exemple qui vient d’en bas

    L’exemple qui vient d’en bas

    Très attendus à Marseille depuis l’assassinat de Mehdi Kessaci, les ministres de l’Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, ont écouté les exigences des élus du territoire sans apporter d’éléments tangibles pour y répondre.

    Peut-être était-ce la seule attitude digne à tenir après tant d’effets d’annonce sans transformation réelle des conditions de vie des habitants des quartiers populaires de Marseille ? Peut-être était-ce aussi le signe que le sommet de l’État est lui-même sonné par cet assassinat d’intimidation qui démontre la dimension incontrôlable prise par les groupes mafieux prospérant sur le trafic de drogue ?

    En tout état de cause, c’est une déception pour celles et ceux qui espéraient des annonces à la hauteur du défi à relever en matière de lutte policière contre le narcotrafic et de moyens judiciaires pour le réprimer.

    Courage et dignité

    À Marseille, malgré l’adversité, comme souvent l’exemple vient d’en bas. En l’espèce, il vient de la famille Kessaci qui appelle à marcher en mémoire de Mehdi, assassiné à l’âge de 20 ans mais aussi des signataires de l’Appel de Marseille « assassinat, trafics, armes, drogue, ça suffit ». Dans nos colonnes, ils disent avec courage et dignité leur refus de voir Marseille mise en coupe réglée par les criminels.

    Ils seront rejoints, samedi, par des responsables nationaux de partis de gauche mais aussi par les premiers élus de notre territoire. C’est le signe que les assassins de Mehdi ont échoué. Ils pensaient faire régner la loi du silence mais la société civile et les élus de la République leur crient « stop ». Une exigence que l’État se doit d’entendre.

  • [Tribune] Narcotrafic : Non à l’instrumentalisation par le Rassemblement National

    [Tribune] Narcotrafic : Non à l’instrumentalisation par le Rassemblement National

    Face aux drames humains causés par le narcotrafic à Marseille, nos luttes, nos mobilisations et le travail quotidien mené aux côtés des habitants, des associations et des familles de victimes ne sauraient être récupérés par le Rassemblement National.

    Nous dénonçons fermement cette instrumentalisation indécente, qui ne se limite qu’à la répression. Elle est d’autant plus choquante qu’elle vient d’un parti qui ne manifeste aucun intérêt, aucune présence, et ne formule aucune solution concrète.

    Le RN n’a jamais accompagné les acteurs de terrain, n’a jamais soutenu les familles endeuillées, et n’a jamais travaillé à comprendre les causes profondes de ces violences. Leur discours se résume à un fatalisme méprisant et raciste “tant qu’ils se tuent entre eux” qui abandonne nos quartiers, nos jeunes et nos familles à leur sort.

    La députée RN de Marseille dans le 13/14, Gisèle Lelouis, n’a, à ce jour, porté aucune proposition sérieuse sur la lutte contre le narcotrafic, la protection de la jeunesse ou les moyens pour les services publics.

    Nous, forces de gauche, sommes les seules à avoir :

    – travaillé au plus près du terrain, avec les associations, les éducateurs, les travailleurs sociaux, les habitants et les familles ;

    – proposé des réponses structurelles, fondées sur la prévention, l’éducation, la santé, la culture, l’insertion et le renforcement des services publics ;

    – défendu des lois visant à enrayer la pauvreté, à renforcer la justice en lui donnant les moyens nécessaires, à protéger les jeunes, à soutenir les victimes et à s’attaquer enfin aux réseaux criminels ;

    – porté une vision globale, qui refuse le fatalisme et affirme que nos quartiers ont droit à la sécurité, aux moyens, à la dignité et à l’avenir ;

    – s’être attaqué à la racine des mafias, qui utilisent les paradis fiscaux et les crypto-monnaies. Il faut des moyens pour mener des enquêtes patrimoniales, confisquer leurs avoirs, traquer les flux financiers opaques.

    Nos luttes ne sont pas des vitrines politiques.

    Nos combats ne sont pas des slogans.

    Ils sont le fruit d’années de travail, d’écoute et de présence réelle. Au RN, nous lui disons :

    Vous n’avez jamais soutenu les luttes des habitantes et habitants de nos quartiers.

    Vous ne les avez jamais comprises.

    Vous ne les représentez pas, pas plus que notre ville fraternelle.

    Vous ne parlez pas en notre nom.

    SIGNATAIRES : Katia Yakoubi ; militante associative promouvant un plan citoyen “Justice pour nos quartiers”. Hendrik Davi ; député BDR de l’Après dans le groupe écologiste et social. Laurent Lhardit ; député BDR du groupe socialistes et apparentés. Marie Batoux ; adjointe Mobilités au maire de Marseille du groupe Printemps Marseillais (coalition de partis, mouvements citoyens, associatifs et syndicalistes de gauche à Marseille). Sophie Camard ; maire Gauche républicaine et socialiste des 1er et 7e arrondissements de Marseille. Audrey Garino ; adjointe PCF au maire de Marseille, affaires sociales, solidarité, lutte contre la Pauvreté & Égalité. Anthony Krehmeier ; maire PS des 2e et 3e arrondissements. Jean-Marc Coppola ; adjoint Culture PCF au maire de Marseille. Audrey Gatian ; adjointe PS au maire de Marseille à la politique de la Ville, réussite éducative et vacances pour tous. Aurélie Biancarelli ; adjointe PCF au maire de Marseille, ESR et vie étudiante. Rebecca Bernardi ; adjointe au maire de Marseille en charge du commerce, de l’artisanat et des noyaux villageois et de la vie nocturne.

  • Pétanque féminine : la 2e édition pour Crespo, Kaddour et Del Socorro

    Pétanque féminine : la 2e édition pour Crespo, Kaddour et Del Socorro

    Avec à l’encaissement Stéphane Marco, au graphique Jauffrey Capasso, au micro le président du Comité Patrick Fara, tout est en place quand l’arbitre Christian Rutigliano d’un coup de sifflet strident ouvre les hostilités.

    Sur des aires de jeux parfaitement entretenues par Dédé Clément, les 150 boulistes abordent la compétition par la phase poules. En fin de matinée et même un peu au-delà après quelques combats de coqs, les 26 équipes qui étaient parvenues à prendre la clé des champs, abordent la partie dite après les poules.

    Si jusqu’alors, il ne semblait pas y avoir eu trop de casse chez les équipes au fort potentiel, il va y en avoir quelques-unes qui ne vont pas pouvoir franchir la chicane. À l’image de celles conduites par Stéphanie Arnaud et Madeïs Gleyze, Manon Mahé ou encore Ghislaine Faralli et Adeline Menard. Il est vrai que face à elles, se dressent respectivement les Lydie Laval, Dolores Vercellotti, Manon Debard, Cathy Brondino et Laura Vierjon. Résultats de quelques parties haut de gamme tout de même…

    Ce festival de parties à sensation va se poursuivre avec le cadrage. Au terme duquel on voit la championne Espagnole Aurélie Blasquez Ruiz et ses partenaires s’incliner face aux locales emmenées par Axelle Bernard. Un peu plus tard, ce sont les Monégasques, Laura Vierjon et Christelle Silve qui seront rejointes cette année par Christel Paille qui tombent face à la deuxième force locale conduite par Vercellotti. Passant dans une zone d’ombre, les « Vertes » Yasmina Manessour, Isabelle Rivière et Marine Rocchietta vont s’incliner lourdement et sèchement.

    On aborde ensuite l’emballage final, à ce stade des quarts de finale, partie marathon entre Axelle Bernard et Yasmina Crespo. Après un revirement de situation, cette dernière s’invite dans le dernier carré. D’où elle va se propulser en finale en dominant Isabelle Mercier. Quant à Cécile Trujas et ses partenaires Agnès Stagliano et Sophie Rinck, elles vont s’incliner sur la route des quarts sans avoir démérité, face à Vercellotti, sociétaire du Cercle St-Barnabé qui dans le dernier carré, prend le meilleur sur Lydie Lavaly.

    La finale va être longtemps indécise, voir l’évolution des côtes au cours des 12 mènes ci-dessous. Si les locales semblaient s’être mises, à mi-parcours, en position favorable, elles allaient connaître un sérieux passage à vide, ce dont vont profiter Crespo, Kaddour et Del Soccoro pour remporter, au cœur de la nuit, cette 2e édition du challenge des Dames.

    Résultats

    Quarts de finale

    1) Lavaly bat Debard – Julli – Salas ;
    2) Mercier bat Brondino – Kfourn – Schiltz ; 3) Vercellotti bat Trujas – Rinck – Stagliano ; 4) Crespo bat Bernard – Fournier – Fara

    Demi-Finales

    1) Vercellotti bat Lydie Lavaly – Mégane Cacciatore – Cassandra Dumas ; 2) Crespo bat Isabelle Mercier – Marina Fiumara – Sakhoeun Chin

    Finale

    Yasmina Crespo – Halima Kaddour – Emilienne Del Soccoro battent Dolores Vercellotti – Séverine Roche – Claire Gaudilliere 13 à 11

  • Athlétisme : Lalie Carlier, sur le toit du Monde universitaire

    Athlétisme : Lalie Carlier, sur le toit du Monde universitaire

    Samedi, avec ses potes Nancy Poirot, Baptiste Civiale et Marc-Brille Tapoum, elle a été sacrée championne du Monde.

    « Sur le moment, j’ai eu du mal à réaliser ce que je ressentais. C’était puissant, touchant, intense. En fait, se retrouver sur la plus haute marche d’un podium mondial, cela ne se décrit pas. Cela ne peut que se vivre ! » Et Lalie Carlier vit intensément son bonheur de championne du Monde. Elle qui ne s’attendait pas à un tel sacre.

    Même si elle a déjà connu les podiums dans sa jeune carrière. « Je pratique le décathlon en club et j’ai déjà fait un podium, en championnat de France », se souvient-elle. Mais une médaille d’or mondiale, c’est une récompense que peu d’athlètes peuvent revendiquer dans leur carrière.

    De la danse au rugby

    Pour Lalie, c’est d’autant plus fort qu’elle n’est pas issue d’une famille de sportifs. « Mon père faisait un peu d’équitation, sans jamais faire de compétition. Et ma mère, à part un peu de danse, n’a jamais été attirée par une pratique quelconque », indique la Martégale.

    D’ailleurs, comme Stéphanie sa maman, « c’est d’abord dans la danse que je me suis épanouie. Classique, modern-jazz, hip-hop, j’étais une touche à tout. » Idem pour le sport. « Je suis curieuse de nature. Mais pour l’athlétisme, c’est à 16 ans que j’ai fait mes premiers essais, après avoir testé le rugby », se remémore-t-elle.

    Elle est repérée par Martigues sport athlétisme, après quelques épreuves en scolaires avec l’équipe du lycée Paul-Langevin. Et depuis un an, Lalie a intégré la SCO Sainte-Marguerite, « je fais mes études à Luminy, c’est plus pratique pour moi et j’ai un cadre parfait pour le décathlon », assure celle qui se voit bien « travailler dans l’événementiel sportif ».

  • Près de 4 000 à avoir désormais « La Marseillaise » dans la poche

    Près de 4 000 à avoir désormais « La Marseillaise » dans la poche

    C’était la nouveauté numérique présentée à l’occasion de l’inauguration du siège rénové de notre journal à Marseille. En quelques semaines, elle a déjà été téléchargée de nombreuses fois.

    « Nous avons un taux d’adhésion très important puisqu’en un mois nous avons près de 4 000 téléchargements », se félicite Jean-Jacques Schneider, directeur de La Marseillaise.

    « Nous avons décidé de poursuivre cette phase de découverte mais aussi de rodage qui nous a permis d’améliorer l’outil afin de permettre à un nombre encore plus important de nouveaux lecteurs de faire la découverte de nos contenus gratuitement », poursuit-il.

    De nouveaux lecteurs

    À partir du 1er décembre, date anniversaire de La Marseillaise, nos abonnés auront simplement à entrer leurs identifiants de connexion pour continuer à utiliser pleinement l’application mobile comme ils le font déjà avec le site internet. « Nous espérons bien sûr que les nouveaux lecteurs, convaincus par la qualité de nos contenus, deviendront, quant à eux, de nouveaux abonnés à partir de cette date. »

    Avant cela, le vendredi 28 novembre à 18h, La Marseillaise inaugurera le siège de son hebdo d’Occitanie à Montpellier, 56, rue de l’Industrie. Encore une belle occasion pour faire connaître, télécharger cette application mobile et mettre La Marseillaise dans toutes les poches.

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