Tag: Marseille

  • Des jeunes en première ligne de la précarité

    Des jeunes en première ligne de la précarité

    La conjoncture se dégrade. Encore. Selon la Dares, le chômage des moins de 25 ans, qui frappe environ un jeune sur cinq dans le pays, a progressé sur le trimestre de 6,8% pour la catégorie A et de 4,4% pour les catégories A, B et C. Sur un an, il a bondi de 29,8% pour ceux sans aucune activité et de 19,5% en incluant l’activité réduite.

    La hausse du chômage des jeunes n’est pas un accident. Elle est le résultat d’un système qui les abandonne. Dans un communiqué, la CGT dénonce cette situation sociale, dont les jeunes sont « les premières victimes », évoquant une « précarité qui explose ».

    Investir dans l’avenir

    Derrière les chiffres, une réalité brutale : contrats courts, absence de perspectives, précarité durable. Les réformes de l’assurance chômage ont aggravé la situation, pénalisant les plus fragiles, notamment les jeunes, les saisonniers et les intérimaires. La politique de l’offre menée depuis de nombreuses années aboutie à une impasse.

    Pendant que France Travail voit ses moyens fondre alors que les besoins augmentent, les missions locales tentent de maintenir le cap avec des initiatives, comme le « Lab de l’engagement » à Marseille, qui redonnent confiance et envie d’agir à une jeunesse trop souvent abandonnée.

    Mais ces efforts locaux ne suffisent pas à compenser une politique nationale défaillante. Il s’agit désormais d’investir dans l’accompagnement, la formation, les services publics. Et cesser de culpabiliser une jeunesse qui subit les choix politiques. Car investir dans la jeunesse, c’est aussi investir dans l’avenir.

  • Spartiates, Aubagne et Les Marseillaises : les résultats de la soirée du 31 octobre

    Spartiates, Aubagne et Les Marseillaises : les résultats de la soirée du 31 octobre

    Aubagne sans-pitié à Châteauroux

    Les hommes de Gabriel Santos se sont largement imposés, vendredi soir, sur la pelouse de Châteauroux, à l’occasion de la 12e journée de National (0-3). Nohim Chibani (19’), Mohamed Hamek (52’) et le capitaine Mohamed Nehari (67’) ont trompé le gardien berrichon.

    Avec cette quatrième victoire de la saison, les Aubagnais remontent à la sixième place du championnat, à seulement trois points de Sochaux, dauphin du leader rouennais.

    Deuxième défaite de suite pour les Spartiates

    Les hockeyeurs marseillais n’ont pas réussi à s’imposer face aux Ducs d’Angers, vendredi soir à domicile, pour le compte de la 14e journée de Ligue Magnus (2-3). Menés deux buts à zéro dans le premier tiers temps, les Canadiens Brett Thompson et Tyler Welsh ont permis aux Spartiates de recoller au score. Mais cela n’a pas suffi pour pousser les leaders du championnat en prolongations.

    Avec cette quatrième défaite de la saison, les hommes de Luc Tardif maintiennent leur quatrième place, avec quatre points d’avance sur Nice.

    Score nul et vierge des Marseillaises à Strasbourg

    Les protégées de Corinne Diacre sont allées chercher le point du match nul, vendredi soir sur la pelouse de Strasbourg, à l’occasion de la 6e journée d’Arkema Première Ligue (0-0).

    Les Marseillaises se maintiennent provisoirement à la neuvième place du championnat, avant la rencontre entre Dijon et Nantes, ce samedi 1er novembre (à 17h).

  • Une traversée de l’histoire dans l’œil des Detaille

    Une traversée de l’histoire dans l’œil des Detaille

    Une reproduction historique d’un atelier photographique du XIXe siècle accueille le visiteur. La chambre photographique en impose, majestueuse. Gérard Detaille, qui représente la troisième génération de la célèbre dynastie de photographes, a raconté cette aventure sur trois générations, lancée avec son grand-père, lors de la présentation de l’exposition, jeudi. L’événement fait figure de petite révolution au Musée d’histoire de Marseille.

    Le ministère de la Culture l’a labellisée au titre du « Bicentenaire de la photographie », qui se tiendra de septembre 2026 à septembre 2027. L’exposition présente les clichés de la cité phocéenne pris par les membres de cette famille.Si Nicéphore Niépce réalisait le premier cliché de l’Histoire en 1824, c’est en 1860 que Fernand Detaille pose les premières fondations de l’œuvre familiale qui donne à voir Marseille à travers le temps, sous tant de visages.

    « Portraitistes »

    L’histoire débute lorsque Nadar, photographe, lègue son atelier situé sur la Canebière (numéro 77) à Fernand Detaille (1875-1954), tombé amoureux de la mer. Rien ne prédestinait ce « jeune garçon de famille modeste, au père tonnelier et sans un sou, à partir à Genève, chez le grand photographe Boissonnas, qui le guida vers Nadar », témoigne le dernier de la lignée. C’est le début de l’empire.Le fils Albert (1903-1996) prend la suite en 1950, apportant poésie et sensibilité. L’atelier devient un lieu de rencontres effervescent de personnalités et journalistes. Son objectif capturera ainsi Joséphine Baker, de Gaulle ou Marcel Pagnol… Gérard, né en 1948, raconte reprendre le studio en 1971. « À l’atelier, mon père quittait la table pour aller sortir les plaques du bain. En fait, les Detaille étaient ouvriers à la maison, hommes du monde dehors et artistes quand il fallait », confie celui qui sera le modernisateur et qui introduira une dimension panoramique et aérienne aux clichés.

    Mille Marseille défilent au fil des décennies : aménagement de la ville, transformations modernes, la guerre, les mariages, les métiers, les baptêmes… « Nous étions des portraitistes intimes de la ville », conclut Gérard Detaille. L’exposition présente 225 photographies, quatre grands appareils photos anciens et autres objets emblématiques qui font remonter le temps.

    Jusqu’au 30 octobre 2026, 2 rue Henri-Barbusse (1er). Gratuit

  • Lorris Canovas, prêt à accueillir ses anciens copains alsaciens avec le CNM

    Lorris Canovas, prêt à accueillir ses anciens copains alsaciens avec le CNM

    Après leur triomphe à Barceloneta en Ligue des Champions mercredi soir (11-12), les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille retrouvent l’Hexagone, ce samedi (à 18h) au bassin Pierre-Garsau, pour disputer la rencontre phare du championnat national face à la Team Strasbourg. Et parmi eux figure un ancien pensionnaire du bassin alsacien : Lorris Canovas.

    Le défenseur-pointe international français de 24 ans, débarqué dans la cité phocéenne lors de la dernière intersaison, a disputé quatre saisons dans l’Est. « C’était la première fois que je partais de Nice, dont les objectifs commençaient à redescendre un peu », raconte le Maralpin d’origine. « Je me suis dit que Strasbourg était un club qui allait me faire passer un cap dans ma carrière. J’ai beaucoup appris là-bas, avec des joueurs d’expérience », poursuit l’ancien coéquipier d’Hugo Fontani, le gardien phare de l’équipe de France.

    Dans la capitale de l’Europe, Lorris Canovas a découvert le plus haut niveau. Ses bonnes performances lui ont permis de vivre ses premières sélections avec les Bleus, où il a pu faire la connaissance d’un certain nombre de poloïstes du CNM. « Je savais que mon prochain objectif était de rejoindre Marseille, qui est le meilleur club français », souligne-t-il, conscient qu’il était temps pour lui de passer dans un environnement plus compétitif. « Le niveau est très haut ici. Tous ces très bons joueurs sont tout le temps en concurrence, ils travaillent avec beaucoup d’acharnement et sont toujours amenés à se dépasser. C’est un mélange dont j’ai besoin pour progresser », ajoute celui apprécie l’exigence de son nouvel entraîneur Milos Scepanovic.

    Au bassin Pierre-Garsau, le Niçois a retrouvé des visages familiers. D’abord celui de Marc Amardeilh. L’adjoint du technicien monténégrin a séjourné deux saisons sur le banc strasbourgeois. Puis celui d’Andréa De Nardi, qu’il connaît depuis son enfance. « C’est son père qui m’a appris à nager et qui m’a initié au water-polo », raconte Canovas, lors de vacances passées dans un village dans les montagnes près de la cité des Anges. Ils se sont retrouvés quelques années plus tard, lorsqu’il a intégré l’Olympic Nice Natation, où il a évolué avec le petit frère d’Andréa. Le water-polo, c’est très souvent une histoire de famille.

  • [Chefs-d’œuvre des musées] Au musée Cantini, pénombres et vitrages, un diptyque de Leonardo Cremonini

    [Chefs-d’œuvre des musées] Au musée Cantini, pénombres et vitrages, un diptyque de Leonardo Cremonini

    Cremonini s’était établi à Paris en 1951, son atelier se situait en haut d’un immeuble de la rue de Buci. Dans la vie quotidienne, c’était un personnage de très fine culture, disputeur et généreux. Ses compatriotes Moravia, Calvino et Umberto Eco, en France Louis Althusser, Régis Debray et Gilbert Lascault ont accompagné son œuvre. Ses étudiants des Beaux-Arts de Paris l’appréciaient, visitaient ses expositions chez le proche galeriste Claude Bernard. L’acquisition de ce tableau de long format par le musée Cantini s’effectua en 1984 ; une fois de plus, un achat dû aux initiatives de Germain Viatte.

    Une franche séparation, des verticales dures régissent cette toile. En dépit de la richesse des couleurs et de l’irrationalité des situations, on n’échappe pas à l’empire de la géométrie. À gauche l’obscurité est tempérée par le tamis d’un lustre. Des silhouettes de gamins que le peintre a souvent clonées s’agitent. Des maillots de bain sans innocence, des trognes lourdement nourries et pas complètement éveillées trimbalent maladroitement de grands châssis : on pourrait imaginer l’inquiétude et la cruauté d’un rêve, l’atmosphère d’un cambriolage.

    À droite, en contraste avec la resserre où des tableaux sont suspendus, un arrière-fond de plage avec des cabines de douche se précise. Trois autres gamins fourgonnent un second déménagement, transportent chaises et fauteuils. Des coulures délibérément bâclées interviennent au niveau de la poignée d’entrée. La clarté de la mise en scène n’est pas parfaite puisqu’à cause des reflets et des traînes de buée de la porte-fenêtre, tout est perçu au travers d’un délavement et d’un retrait partiel de la lumière du soleil, Cependant, malgré ces conflits, ces griffures et ces corrosions du réalisme, rien n’est vraiment rebutant dans ce tableau. Un mystérieux renversement s’opère. Ce qui prévaut chez Leonardo, ce sont les énigmes, les joies et vivacités d’une peinture qui sait parfaitement ce qu’elle peut devoir aux fresques du Quattrocento, aux splendeurs de Velasquez ainsi qu’aux meilleurs moments de l’inventivité surréaliste, Balthus, Max Ernst et Chirico.

    Les chassis-barrages, Leonardi Cremonini

    format 152 x 200 cm

  • Des étoiles et des méduses, Pascaline Zicavo accueille Bernard Moninot

    Des étoiles et des méduses, Pascaline Zicavo accueille Bernard Moninot

    Ce sont des rythmes, une respiration, des dimensions ironiques ou bien des couleurs festives. C’est sensuel, fluide et imprescriptible. L’élégance et la fraîcheur du blanc des murs finement repeints évitent les écueils, le minimalisme ou bien l’abstraction rigides : une joyeuse cohérence s’impose clairement.

    Pascaline Zicavo est née en 1962 à Nice. Dans le commerce de l’art, elle est tardive. Plutôt nomades, ses parents lui ont donné la chance d’une double culture, elle a vécu à Barcelone jusqu’à l’âge de 17 ans. Franco-espagnole de cœur, elle parle volontiers avec autrui. À cause de leurs qualités graphiques, elle continue d’aimer acheter des livres d’enfant. Très jeune elle a passionnément fréquenté Vence et Saint-Paul de Vence, la galerie Chave et la Fondation Maeght. Elle estime que son défaut majeur serait d’être trop réfléchie, plutôt méticuleuse.

    Pour appréhender le monde, sa plus fidèle clef reste sa formation scientifique : elle a poussé loin ses études de biologie à Luminy, elle s’est durablement et volontiers vouée à son métier d’ingénieure. Jusqu’à ce que surviennent des ruptures dans sa vie. Un ancien atelier d’artiste s’étant libéré, elle a soudainement décidé en 2008 d’ouvrir une galerie. Son lieu craignit longtemps le qualificatif d’« invisible » qu’elle lui avait donné, à la fois par sincérité et par goût de la provocation.

    Foires et Salons, décentrements

    On a souvent pour axiome qu’une « vraie » galerie ressemble à sa galeriste. Pour elle et ses artistes, ce fut une chrysalide, un creuset. Son quartier s’est transformé : quand elle inaugure son espace, le Panier n’a pas la capacité d’attraction qu’il développe pour le meilleur et pour le pire, depuis 2013. Au fil des ans, la donne s’est éclaircie, Pascaline Zivaco a noué de solides complicités avec des collectionneurs privés, avec les Amis du Frac-Sud de Catherine Bollini, le Château de Servières de Martine Robin, la Chapelle des Pénitents Noirs d’Aubagne de Coralie Duponchelle ainsi qu’avec la galerie La Nave Va de Pierric Paulian. Avant qu’il ne quitte Marseille, le directeur du Frac, Pascal Neveux l’a convaincue d’accroître ses potentialités et de louer un stand à Paris pendant le Salon de Paris Drawing Room de mars 2024, avec une exposition solo d’Olivier Gruber, l’artiste-phare de sa galerie.

    Prendre le risque de montrer des artistes hors Marseille est une question de survie, le marché local est terriblement étroit. Le franc succès du premier essai l’a conduit à renouveler l’expérience dans d’autres cités européennes, Bruxelles en octobre 2024, ensuite Lisbonne et Santander en juillet 2025. Pour l’édition 2026 de Drawing Room, Invisible Galerie espère être sélectionnée : son projet regroupe des travaux d’Olivier Gruber, Joseph Dadoune et Guillermo Peñalver.

    L’exposition qu’elle présente actuellement autour de Bernard Moninot, artiste proche de Bernard Noël et de Jean-Christophe Bailly, exposé à la Fondation Maeght en 2022, s’est décidée en écho avec les manifestations programmées par le Cipm de la Vieille Charité autour de Liliane Giraudon, sa commissaire Cécile-Marie Castanet l’a aidée pour le choix des œuvres. « Ombre sonore » réunit une trentaine de petits formats à l’intérieur desquels on retiendra deux étonnantes merveilles. D’abord les très fines structures d’un objet multidirectionnel qui assemble des cordes de piano et d’énigmatiques formes étoilées de cinq millimètres de diamètre, des fossiles de pentacrine dont l’improbable survivance date de deux cent millions d’années ; pendant son enfance dans le Jura, leur assembleur aimait les collecter lorsqu’il les découvrait parmi les vignes après des heures de pluie,

    Ensuite, réalisée en avril 2025, une série de quatorze formats titrée Méduses. Quand bien même on aperçoit conformément à l’iconographie de la Renaissance des visages mortels et des têtes coupées en surimpression sur un fond noir, rien n’est exactement tragique dans l’apparition des fils lumineux de ces très singulières et très fascinantes bestioles : Bernard Moninot aime dire qu’une écoute, une perception aigüe des formes de l’univers sont beaucoup plus riches et inventives que notre imagination.

    Exposition Bernard Moninot, 2 rue du Petit Puits jusqu’au 29 novembre, ouvert du jeudi au samedi de 14 à 18h,
    tél : 06.18.17.27.82

  • Roberto De Zerbi veut que l’OM sorte les crocs à Auxerre

    Roberto De Zerbi veut que l’OM sorte les crocs à Auxerre

    Roberto De Zerbi n’a toujours pas digéré le nul concédé face à Angers (2-2), mercredi. D’autant plus qu’il survient après deux défaites en déplacement, à Lisbonne, en Ligue des champions, puis à Lens. À chaque fois, l’OM a encaissé deux buts. « Je ne comprends pas pourquoi nous en encaissons autant en ce moment », soupire-t-il.

    Le voyage à Auxerre, qui avait corrigé deux fois son équipe la saison dernière, est-il le bon remède pour se soigner ? « Ces matches, ce ne sont pas de bons souvenirs. Mais nous les avons digérés et ont sans doute été utiles et font partie du passé », souligne l’entraîneur marseillais. Lui demande à ses joueurs de montrer qu’ils ont les moyens de sortir la tête du sac.

    « Je veux voir des gars réagir. Se comporter en rebelles, sortir les crocs. Qu’ils aillent chercher les ressources dans leur tête », insiste Roberto De Zerbi. Néanmoins, il devra composer avec un groupe encore plombé par les absences. « Cest le point noir qui me rend nerveux. Nous avons 7, 8 joueurs blessés », détaille-t-il. S’il a été rassurant concernant Bilal Nadir, « cest une chute de tension », il est plus pessimiste au sujet d’Hamed Traoré. « Les choses n’évoluent pas bien en ce qui le concerne et il est loin de la guérison. »

    Du côté des joueurs, Emerson donne le ton. « C’est le moment de tourner la page. Montrer que nous sommes l’OM qui a battu le PSG cette saison. »

  • Entre rap et camions de pizza, la Plaine à la sauce Escobar

    Entre rap et camions de pizza, la Plaine à la sauce Escobar

    Pascal Escobar n’écrit pas sur Marseille comme on rédige un post Insta. Il la traverse, la fouille, la raconte avec ses failles et ses fulgurances. Avec La Plaine, deuxième volet d’une trilogie entamée en 2023 avec Belle de Mai, l’auteur marseillais poursuit son exploration sociale et politique de la ville, à travers les yeux de Stanislas Carrera, un détective privé et ancien éducateur dans la protection de l’enfance. Son alter ego romanesque.

    « Condensé d’humanité »

    « Le moteur littéraire principal, c’est l’envie de parler de Marseille », confie « Pachuco ». Né à Saint-Henri (16e) où il a dans sa jeunesse usé ses crampons sur le front de l’attaque des équipes jeunes, ce « pure rocker de la Plaine » a vécu pendant des années rue de l’Olivier, au cœur d’un quartier qu’il a appris à connaître sur le bout des doigts. Et ce n’est pas pour rien si les mots de Pascal Escobar sont empreint d’une rugueuse tendresse : « La Plaine, c’est ce que Marseille a à offrir de mieux, la mixité, la vie nocturne, les clubs, les bars, les salles de concerts. C’est un endroit ou toutes les populations se croisent encore, et sans trop de friction. C’est un condensé d’humanité qui provoque chez moi une envie d’écrire. »

    Dans La Plaine, l’intrigue principale suit Esmeraldo Platinium, rappeur du coin propulsé au sommet du hip-hop français, menacé de mort à la veille d’un concert au Vélodrome affichant complet. Mandaté pour enquêter, Stanislas Carrera plonge au cœur du milieu du rap marseillais, entre banditisme, tensions sociales et motivations humaines obscures. En parallèle, une série d’attaques à la grenade lacrymogène vise des camions de pizza aux quatre coins de la ville, et derrière eux l’entente, le syndicat qui les fédère.

    Sur fond d’« autodérision », Pascal Escobar assume volontiers « le loufoque et le pagnolesque ». « Je suis obsédé par les pizzas et les camions de pizzas qui sont une belle spécialité marseillaise », glisse-t-il en riant. L’humour ici est un contrepoint. Son roman est traversé par une écriture sensible, parfois lyrique, porté par des personnages fantasques comme Fruits et Légumes, l’associé et cousin de Carrera, souvent source de répliques absurdes et décalées. Si l’auteur « assume complètement l’étiquette polar marseillais », il rejette toute filiation avec des auteurs de la trempe de Jean-Claude Izzo. « Je respecte sa carrière, le personnage, son envergure, il est incontournable mais je suis d’une autre écriture, d’une autre génération, j’ai d’autres influences », précise Pascal Escobar. Lui se revendique plus volontiers de la lignée de l’auteur barcelonais Manuel Vázquez Montalbán, le père du détective Pepe Carvalho…Le troisième tome de cette trilogie, Pointe Rouge, en cours d’écriture, abordera « les quartiers du pouvoir économique et politique ».

    La Plaine, de Pascal Escobar, édition Le Mot et le Reste (2025), 264 pages, 22 euros.

  • [Cancer du sein, toutes concernées 3/3] Mastectomie et reconstruction : cela ne concerne que 30% des cas

    [Cancer du sein, toutes concernées 3/3] Mastectomie et reconstruction : cela ne concerne que 30% des cas

    La chirurgie pour les cancers du sein intervient dans la majorité des cas, sauf quelques exceptions, en première intention de traitement. C’est un élément essentiel de la prise en charge de la maladie que pratique le docteur Buttarelli au sein de l’Institut Paoli-Calmettes. Une spécialité qu’il a choisi pour son aspect « concret ». « La médecine m’a toujours intéressée mais ce qui me plait dans la chirurgie c’est qu’il s’agit d’un service immédiat, facile à comprendre pour les patientes et parlant pour elles. L’acte est perceptible et clair », souligne-t-il. « La chirurgie est très importante pour la guérison et est souvent suivie de traitements adjuvants type chimiothérapies, radiothérapies, etc. Pour quelques exceptions, on pratiquera de la chimiothérapie néo-adjuvante, c’est-à-dire avant chirurgie, lorsqu’une tumeur est très agressive ou trop volumineuse. » Et d’ajouter : « Un traitement avant chirurgie peut aussi nous permettre d’évaluer in vivo la réponse tumorale et adapter ensuite les traitements en fonction. »

    Favoriser l’oncoplastie en préservant le sein

    Dans l’imaginaire collectif, chirurgie et cancer du sein vont de pair avec la mastectomie. Pour autant, cette chirurgie dite radicale « ne concerne que 30% des cas, au même titre que les demandes de reconstruction », précise Max Buttarelli. « C’est un pourcentage non-négligeable mais dans la majorité des cas nous sommes conservateurs et essayons de privilégier l’oncoplastie. ». L’oncoplastie consiste à lever une partie du sein qui contient la tumeur avec une marge de sécurité pour ne pas laisser de tissu touché par la tumeur. « Tout l’intérêt ensuite c’est de reconstruire le sein préservé, de le remodeler pour qu’il ait une forme anatomique classique même s’il est un peu moins volumineux », explique le chirurgien. « Dans la plupart des cas c’est un acte suffisant mais il est toujours suivi de radiothérapie pour avoir un résultat semblable à l’efficacité d’une mastectomie. »

    Si mastectomie il y a, elle peut être suivi d’une reconstruction mammaire « 17% des interventions se font en immédiat et 13% en différé, sur les 30% énoncés plus tôt. Si une tumeur est peu agressive et qu’il y a peu de traitements à faire, sans chimiothérapie ensuite alors on propose une reconstruction immédiate du sein. à l’inverse, quand il y a une gravité sur l’enjeu de la maladie alors cette reconstruction se fait en différé. L’intérêt ici c’est de préserver d’abord la santé de la patiente avant l’esthétique, bien que cette notion soit elle aussi importante », poursuit-il. « Il est essentiel de noter qu’une chirurgie reconstructrice n’a rien à voir avec une chirurgie plastique classique. On repart de zéro, il n’y a plus de sein la seule chose qui reste c’est un lambeau cutané qui est dénervé, insensible, assez froid et figé. Le sein n’est plus un sein mais entièrement prothétique. Il peut arriver que certaines patientes soient déçues… »

  • [Recette] Entrée terre, mer et tempura de shiitake

    [Recette] Entrée terre, mer et tempura de shiitake

    Une cuisson lente

    Pour commencer, il est nécessaire de faire précuire votre poulpe ou vos tentacules au court-bouillon pendant 4 à 5 heures. La joue de bœuf se déguste effilochée et demande, elle aussi, une cuisson assez longue. C’est pourquoi ce sont les deux préparations à faire en amont. Pour la viande, faites-la saisir dans une casserole et ajoutez des garnitures aromatiques à base de carottes, de céleri et d’oignon, puis couvrez à hauteur avec du vin rouge et de l’eau. Faites bouillir 4 heures à feu doux.

    Pendant ce temps, vous pouvez préparer votre purée de potimarron en le faisant cuire dans de l’eau avec un bouillon de légumes, mixez et ajoutez un peu de crème fraîche. Pour la purée de pomme de terre, rien de plus simple, faites les cuire en robe des champs – avec leur peau – puis écrasez sur un tamis pour qu’il ne reste que la pulpe. Assaisonnez chacune des préparations.

    Un tempura croquant

    Vient maintenant le moment de préparer la pâte à tempura. Pour cela, mélangez de la farine, cassez un œuf et ajoutez de l’eau très froide en deux temps. Le mélange doit être un peu épais sans coller aux parois du récipient. Laissez-la reposer entre 15 et 20 minutes au frais pour qu’elle ait le temps de faire des bulles. Nettoyez le shiitake en enlevant la terre au couteau. Ne jamais mouiller un champignon, utilisez sinon un chiffon sec et propre. Coupez-le en deux dans le sens de la longueur et, une fois que la pâte a reposé, immergez le champignon et faites frire dans l’huile à 190° pendant 2 à 3 minutes sortes sur du papier absorbant et assaisonnez avec du sel et du poivre, avant que ça refroidisse.

    Pour le poulpe, une fois précuit, déposez-le dans une poêle avec de l’huile d’olive, du sel et du poivre, faites dorer, badigeonnez de pâte tendori et enfournez à 180°. Dressez la pomme de terre, la joue de bœuf, le tentacule, une quenelle de purée de potimarron et terminez avec le tempura.

    Les ingrédients

    Pour deux personnes il vous faudra :

    – Une joue de bœuf

    – 2 tentacules de poulpe

    – Un champignon shiitake

    – Farine, œuf, sel, poivre, eau, huile d’olive

    – 2 pommes de terre

    – 1 potimarron

    – De la pâte de tendori

    – De la crème fraîche