Tag: Marseille

  • La CGT en grève pour l’AG du groupe Orange

    La CGT en grève pour l’AG du groupe Orange

    Dans un contexte de tensions persistantes autour des conditions de travail et de l’organisation du secteur, la CGT Télécoms 13 appelle à la grève. Le syndicat entend profiter de l’AG d’Orange, le 19 mai, pour porter plusieurs revendications.

    Au cœur du mouvement, la question de la géolocalisation des techniciens cristallise les inquiétudes. La CGT y voit une atteinte aux libertés individuelles et un outil de surveillance renforcée. L’organisation dénonce également le développement de l’intelligence artificielle, perçue comme « destructrice d’emplois » dans un secteur déjà marqué par de nombreuses restructurations.

    À l’échelle locale, la situation du site de Saint-Mauront à Marseille (3e) constitue un autre point de crispation. Le syndicat s’oppose à sa fermeture, symbole selon lui d’un désengagement industriel et d’un affaiblissement du maillage territorial. Plus largement, la CGT réclame une hausse des salaires, une amélioration des conditions de travail et la réinternalisation d’activités sous-traitée, avec embauche des salariés concernés. L’organisation met aussi en avant l’exigence d’une égalité salariale entre les femmes et les hommes, rappelant que ce sujet demeure un enjeu structurant.

  • Digue du Large : 21 visites cet été sur réservation

    Digue du Large : 21 visites cet été sur réservation

    La Digue du Large, ouvrage portuaire exceptionnel dans l’emprise dirigeante du Grand Port maritime de Marseille, sera ouverte au public du 27 juin au 5 septembre pour 21 visites organisées par l’office de tourisme.

    Pas de précipitation car il faudra attendre le 12 juin pour pouvoir réserver. Les créneaux seront ouverts pour des visites tous les mercredis et samedis à 8h30. Une fois obtenu ce sésame gratuit mais obligatoire, il faudra se présenter impérativement 30 minutes avant le départ. Les places réservées sont gardées jusqu’à 15 minutes avant le départ. Au-delà, elles seront rendues disponibles et proposées aux personnes présentes sur place non munies de billets. Les places sont mises en ligne tous les 15 jours. Les réservations pour les 15 premiers jours d’août seront ouvertes fin juillet.

    La Digue du Large a été construite à compter du milieu du XIXe siècle sur un projet initié en 1844 sous le règne de Louis-Philippe et a continué à évoluer sous Napoléon III. Elle a été achevée en 1925. La Digue a été une réponse directe à la nécessité de moderniser le port et d’accroître sa capacité à accueillir des navires de plus en plus grands, en phase avec l’industrialisation croissante. Aujourd’hui la Digue s’étend sur près de 7 kilomètres de l’entrée du Vieux-Port jusqu’à l’Estaque. Elle est fermée au public depuis 25 ans.

    Le collectif des Libres-nageurs revendique « l’accès simple et gratuit à la Digue sur toute sa longueur, dans toute sa splendeur, tout le long de l’année dans le respect de l’activité du GPMM ». Pendant la campagne des municipales, le Printemps marseillais a annoncé la réouverture de la Digue aux Marseillais avec accès envisagé par le pont Pinède après réaménagement, et via une barge mobile reliant le J4 à la Digue.

  • La nouvelle saison de la Friche passe à l’heure d’été

    La nouvelle saison de la Friche passe à l’heure d’été

    Les débuts de l’été s’annoncent et dans un même temps on retrouve le début de la saison estivale à la Friche la Belle de Mai, tiers-lieu emblématique de notre cité phocéenne. Cette semaine marquait également l’ouverture de la Saison Méditerranée 2026 qui démarre à Marseille avant de se propager à travers la France jusqu’à fin octobre, célébrant la richesse des liens entre les territoires de la Méditerranée. C’est dans cette même veine que la programmation de la Friche fait dialoguer les cultures et les scènes artistiques et créatives du pourtour méditerranéen dans une célébration du partage et de l’apprentissage de l’autre.

    Ce mardi 12 mai, la présentation de la programmation a vu le directeur général de la Friche, Alban Corbier-Labasse prendre la parole pour dédier cette saison à Philippe Foulquié, fondateur de la Friche, disparu le 21 avril. « Ce sera la première saison sans Philippe Foulquié, une présence toujours discrète, chaleureuse, bienveillante (…) cette saison est l’expression de son héritage », atteste-t-il. « L’héritage qui serait un certain art de rassembler, d’une capacité à faire dialoguer les cultures, toujours mettre la création et les artistes au centre, et donner du pouvoir d’agir aux acteurs et aux actrices culturelles qui habitent ce lieu au quotidien », émet le directeur.

    En effet cette saison rassemble plus de 70 partenaires, dont une trentaine de la Rive Sud – des collaborations qui sont permises grâce la Saison Méditerranée. Alban Corbier-Labasse continue disant « Le thème de cette Saison Méditerranée, c’est “arriver, partir, revenir”. Je rajouterai “rester” : une idée de permanence historique qui caractérise bien la Friche. » Une permanence qui se trouve dans le coup d’envoi de la saison qui prévoit l’escale du projet Mawjaat, du 18 au 20 mai, réunissant l’ensemble des représentants des tiers-lieux pilotes à la Friche. Julie Kretzschmar, commissaire générale de la Saison Méditerranée présente lors de l’événement dira que « La Saison Méditerranée à la Friche, c’est comme une mini saison dans la saison. »

    Participation à

    « Saison Méditerranée »

    Le 20 mai marque l’ouverture des cinq expositions s’inscrivant dans le programme. Parmi elles, l’exposition collective produit par Parallèle, intitulée Sur la frontière du temps, une relève Méditerranéenne. Elle réunit seize jeunes artistes venant du Maroc, de l’Algérie, du Liban et du Sud de la France à travers une pluralité de disciplines. Cette séquence d’ouverture prévoit également trois soirées autour du cinéma avec le projet TiLEM – Tiers-lieux En Méditerranée. Deux rives, une seule jeunesse méditerranéenne convoque 28 jeunes d’Algérie et des différents quartiers de Marseille où le public découvre une série de courts-métrages documentaires et des vidéo-lettres que ces jeunes se sont échangés.

    La suite de l’été multiplie les temps forts avec la saison ON AIR. La date d’ouverture est confiée à la coopération Bisou qui rassemble Bi:Pole, l’A.M.I., Radio Grenouille et le Cabaret Aléatoire qui travaillent ensemble à l’écriture d’un geste commun pour les musiques actuelles à la Friche. D’autres résidents de la Friche proposeront des soirées On Air, dont Radio Galère, invitée pour la première fois, et d’autres acteurs culturels du territoire. Parmi lesquels, l’Embobineuse, la Responsabilité des Rêves qui donne une carte blanche au Makeda, le festival Marsatac, la Fiesta des Suds, Constellations ou encore le festival Utopia qui conclut la saison.

    La représentante des Rencontres à l’échelle marquait le point : « Cette 21e édition s’inscrit dans le cadre de la Saison Méditerranée, et dans la continuité d’un engagement de plus de vingt ans en faveur des scènes contemporaines du sud et des artistes issus des diasporas, c’est ça l’ADN des Rencontres à l’échelle et des Bancs Publics. »

    LES PROCHAINS RENDEZ-VOUS

    Entre le calendrier de la « saison Méditerranée » qui se déroule à la Friche et ses propositions estivales, l’agenda des manifestations et festivités est d’ores et déjà bien fourni.

    18-20 mai : Mawjaat

    Un rendez-vous autour des tiers lieux et des projets culturels en Méditerranée.

    20 mai : Opening Expositions

    Vernissage des expositions et soirée musicale sur le toit-terrasse. Parmi les expositions : Sur la frontière du temps, une relève méditerranéenne proposée par Parallèle ; Autoroute Tanger-Marseille proposée par Think Tanker ; Sur les ruines, les pierres fleurissent d’Abdessamad El Montassir ; Jouer la Montre de Mona Benyamin ; Les rêves n’ont pas de titre de Zineb Sedira.

    21, 22 et 23 mai : TiLEM

    Deux rives, une seule jeunesse méditerranéenne dans plusieurs lieux : 21 mai à l’Alhambra, le 22 au cinéma Le Gyptis et le 23 au Musée d’Histoire de Marseille.

    22 mai : Imaginaires

    Journée d’étude. « Imaginaires connectés : art, numérique et réseaux en Méditerranée ».

    22-24 mai : Le Bon Air

    La 11e édition du festival « Le Bon Air » dédiée à la musique, à l’art et aux dynamiques collectives.

    À partir du 5 juin : « On Air »

    Début des soirées « On Air ». Concerts et DJ sets sur le toit-terrasse. Jusqu’au 5 septembre.

  • Le réveil des chevau-légers marseillais

    Le réveil des chevau-légers marseillais

    Chez les Merlus, cela avait donné un coup d’épée dans l’eau, avec un OM totalement inoffensif. Mais face aux Hermines, en moins de deux minutes, Pierre-Emile Højbjerg trouvait la faille, quelques secondes après un premier tir cadré d’Igor Paixão. Avant qu’Amine Gouiri ne profite d’une grosse boulette du gardien adverse pour faire le break.

    Le match couperet partait sur de bonnes bases pour des Marseillais qui montraient le visage d’un vrai candidat à l’Europe. Et qui donnaient le sentiment d’avoir retrouvé le sens du jeu. Avec un avantage de deux buts acquis en moins de dix minutes, ils pouvaient envisager un final heureux. Et, surtout, avaient remis le Vélodrome dans leur poche.

    Après quelques sueurs froides, Pierre-Emerick Aubameyang mettait son équipe à l’abri d’une mauvaise surprise. Les chevau-légers marseillais avaient retrouvé leur mobilité et leur efficacité. Un réveil bienvenu, salué par une Marseillaise entonnée dans le Virage sud.

  • Cnil et Défenseur des droits saisis pour le ciblage des lycéens

    Cnil et Défenseur des droits saisis pour le ciblage des lycéens

    La mobilisation dans les lycées marseillais engagés depuis cet hiver pour dénoncer le manque de moyens et la baisse des dotations horaires dans les établissements scolaires du second degré, prend une étrange tournure depuis la mobilisation le 26 mars d’élèves, enseignants et personnels devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN).

    Intimidations

    Après un appel à la grève et aux rassemblements le 30 avril, porté par plusieurs organisations syndicales et lycéennes, pour dénoncer à la fois les conditions d’enseignement et des pratiques d’identification jugées inquiétantes, la CGT Educ’action a annoncé vendredi avoir officiellement saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés et le Défenseur des droits.

    Une double saisine pour collecte, traitement et transmission de données personnelles d’un côté, et atteintes aux libertés fondamentales et aux droits des élèves, de l’autre.

    Au cœur de l’affaire, des courriers adressés à certaines familles et indiquant que leur enfant avait été « reconnu » lors de la mobilisation du 26 mars, sans aucune précision sur les méthodes utilisées. Ces lettres, que La Marseillaise (30 avril) avait pu consulter, invitaient notamment les familles à rappeler à leurs enfants « leurs obligations scolaires » et à veiller à leur assiduité.

    « Ce courrier constitue une tentative d’intimidation injustifiée avec pour objectif de réprimer le mouvement de contestation organisé par de nombreux lycéen·nes et organisations lycéennes. La méthode employée est scandaleuse », déplorait alors Marion, cosecrétaire académique du Snes-FSU.

    Le 24 avril, nos confrères de La Provence avaient révélé que des lycéens qui manifestaient devant la DSDEN avaient été photographiés par un inspecteur puis identifiés par leurs établissements, à la demande du directeur académique. Pour les organisations, dont des syndicats enseignants et des associations de parents, ces pratiques s’apparentent à « une forme de surveillance et de fichage de mineurs » fondée sur leur engagement dans un mouvement social.

    Face à ces éléments, la CGT Educ’action 13, y voit un possible traitement illégal de données personnelles de mineurs, des pratiques assimilables à du fichage et des atteintes aux libertés d’expression et de manifestation. Le syndicat pointe aussi des pressions exercées sur les familles et un risque pour le droit à l’éducation.

    « Nous le disons clairement : on ne peut pas, d’un côté, prétendre former des citoyen·nes éclairé·es et engagé·es, et de l’autre surveiller, identifier et intimider des lycéen·nes qui exercent leurs droits. L’Éducation nationale n’a pas vocation à ficher les élèves, ni à réprimer leur engagement », précise la CGT Educ’action.

    La double saisine vise désormais à faire la lumière sur les conditions de collecte et d’utilisation des données, et d’éventuelles atteintes aux libertés fondamentales. La CGT réclame « toute la transparence » et appelle élèves, parents et personnels à signaler toute situation comparable.

  • Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Un électrochoc. C’est ce que souhaitait Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille, au lendemain de l’assassinat de son frère Mehdi le 13 novembre dernier, dénonçant inlassablement l’emprise d’un narcotrafic de plus en plus puissant et violent. Un meurtre « d’intimidation » qui marquait un « point de bascule » avait analysé à chaud le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez (alors que l’hypothèse d’une erreur sur la cible est plus que probable selon Le Monde de ce 12 mai), ce dernier promettant de se rendre régulièrement à Marseille.

    Depuis, il y a annoncé le 9 avril la reprise en main par la police judiciaire (PJ) des opérations et surtout une meilleure coopération entre les services. Il a aussi lancé un plan « Investigation » pour renforcer les capacités de la PJ pour faire face à l’évolution du crime organisé mais surtout remédier à la crise de la filière après la réforme de la police nationale. D’après une mission d’information menée en 2025 pour en faire le bilan, 82% des fonctionnaires se disaient insatisfaits de leurs conditions de travail et 77% en sous-effectif.

    Concrètement, la préfète de police déléguée n’a de cesse de relayer le message de l’État assurant de sa « mobilisation déterminée contre le narcotrafic, avec un recours rapide et ferme à tous les leviers disponibles », au fil des annonces de saisies de cannabis ou de cocaïne.

    Des policiers mobilisés

    Fin avril, elle affichait un bilan positif de « +18% de mise en cause au premier trimestre 2026 » soit un total de 1 044 personnes. Outre l’enquête, la doctrine, c’est aussi de s’attaquer aux petites mains avec les interdictions administratives de paraître, le cap des 200 ayant été franchi fin avril dans les Bouches-du-Rhône, sans oublier les consommateurs avec 8% d’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants au premier trimestre 2026.

    Les maires tentent aussi d’agir. Une fiche pratique élaborée par la gendarmerie nationale, avec l’Association des maires de France (AMF), a été publiée cette semaine sur la plateforme Gend’élus évoquant notamment la prévention.

    Reste que la tâche est immense. Dans son rapport rendu le 10 avril sur l’état de la menace, le Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) pointe un « niveau de violence sans précédent », des « profits criminels [qui] s’accroissent », et des réseaux qui « ont su mettre à leur profit toutes les avancées technologiques » indiquait sa cheffe, Annabelle Vandendriessche.

    De la technocratie pour la CGT

    Réagissant à l’annonce du plan « Investigation » et de ses 125 mesures, la CGT Intérieur estime que le gouvernement « empile les mesures techniques sans jamais affronter la réalité : la police judiciaire traverse une crise structurelle ». Le syndicat rappelle « le manque d’effectifs, l’absence de reconnaissance des enquêteurs et une organisation déjà fragilisée » et appelle à « un changement de cap ». Le syndicat propose de revaloriser le métier, de « garantir des effectifs » ou encore de « maintenir un lien fort avec l’autorité judiciaire ».

  • Une association citoyenne pour le Camembert Cousteau

    Une association citoyenne pour le Camembert Cousteau

    Après avoir sauvé le Camembert Cousteau de la disparition, le collectif Faites le Grand Estaque avec nous ! (Faites GEAN !), passe à l’étape supérieure en se constituant en association. Une phase qui préfigure la mise en place d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) associant les collectivités locales et partenaires privés. À savoir ici, la Ville et le Grand Port maritime de Marseille (GPMM). L’idée est de faire de ce bâtiment d’exception « un tiers-lieu entre terre et mer, entre port et ville », résumé Michel Teule de la Fédération des comités de quartiers (CIQ) du 16e arrondissement de Marseille.

    Le but est d’intégrer au sein du conseil d’administration le maximum d’acteurs du territoire mobilisés sur les sujets « d’artisanat, éducation populaire, la culture, le lien social », détaille Ludovic Laurens de l’association Thala. Lui et Samantha Berardo de la coopérative Hôtel du Nord insistent sur l’emplacement de l’édifice idéal pour mener des projets par et pour les habitants. « Nous voulons profiter de cet espace pour faire émerger des débats, des envies des citoyens, des projets. C’est une revendication que l’on porte : que nos quartiers Nord soient traités au même titre que le reste de toute la superficie que le port possède chez nous », appuient-ils.

    La fédération des CIQ du 16e, Thala et Hôtel du Nord formeront ainsi le trio de membres fondateurs de la future association.

    Négociations autour

    du futur loyer

    Le « Camembert Cousteau », est le nom donné à ce bâtiment où le célèbre explorateur marin au bonnet rouge aurait imaginé en 1966 le Saga, un sous-marin qui sera réalisé en 1981 par la Comex et Ifremer. Puis, l’édifice a abrité pendant près de 20 ans un centre de balnéo et de thalassothérapie ayant fait faillite à la suite de la pandémie de Covid-19. Le GPMM est propriétaire du foncier de ce bâtiment circulaire, désamianté et voué à la démolition avant que des habitants et associatifs se mobilisent alors l’an dernier pour le préserver et l’exploiter.

    Une fois l’assemblée constituante réunie ce lundi soir, ses membres entendent entrer en négociations avec le Port pour louer le lieu. Et ce, avec le concours de la mairie des 15e et 16e arrondissements – qui leur a déjà apporté son soutien – et la maire centrale. « Nous sommes une structure associative, avons une économie qui est différente, notre objectif est d’avoir un impact social sur le territoire », pousse Ludovic Laurens.

    Et d’ici là, de continuer à organiser des événements festifs comme le 25 avril où quelque 500 personnes étaient réunies. Un moment festif et revendicatif, qui tend à un objectif assumé : s’opposer à la privatisation du littoral Nord. « C’est un peu une révolution culturelle pour le port mais on y arrive petit à petit », veut croire Michel Teule.

  • L’OM assure la petite Europe

    L’OM assure la petite Europe

    Les marins aguerris le savent bien, la Méditerranée n’est pas une mer si facile à maîtriser.

    Pour leurs retrouvailles avec l’OM, les Rennais ont pu le constater. Eux qui venaient chercher un billet pour la Ligue des Champions, un an jour pour jour après que les Marseillais aient obtenu le leur à leurs dépens dans ce même lieu, ont eu droit à un coup digne d’un estran des plus violent dans une entame où tout a tourné en faveur des Olympiens.

    Des Olympiens qui avaient beaucoup à se faire pardonner. Et qui, en moins de dix minutes, avaient retrouvé une dynamique qui leur faisait défaut lors de leurs dernières sorties. Mathys Silistrie devait le constater à ses dépens. Pour sa seconde titularisation, le gardien des Hermines était emporté par la vague marseillaise. À l’image de sa bourde qui permettait à Amine Gouiri de doubler la mise, quelques minutes après le coup de canon initial de Pierre-Emile Højbjerg.

    L’OM avait pris la main. L’OM se préparait à prendre sa revanche sur le sort, sauver les apparences et couper la route de la Ligue des Champions à des Rennais qui, malgré tout, n’avaient pas abdiqué. Mais qui n’avaient pas la réussite avec eux.

    Contrairement à des Phocéens de plus en plus en confiance. Et qui, après un troisième but signé du revenant Pierre-Emerick Aubameyang, voyaient se profiler une nouvelle campagne européenne. Alors que, comme l’an dernier, Rennes se préparait à vivre une nouvelle défaite au Vélodrome. Et voyait s’éloigner la chimère.

    Symbole de l’échec breton, les actions les plus remarquables étaient à l’actif de Mathys Silistrie. Le gardien visiteur, après une entame compliquée, multipliait les sauvetages face aux frappes marseillaises.

    Estéban Lepaul finissait même par trouver l’ouverture, dans une défense marseillaise qui avait connu quelques alertes, notamment un tir sur la barre de Moussa al-Tamari et un autre sur le poteau de Mahdi Camara. Néanmoins, l’OM tenait sa victoire. Et avec elle les trois points lui permettant de coiffer les Rennais sur le fil en s’adjugeant la cinquième place et s’assurant l’Europe.

    OM 3 (2) RENNES 1 (0)

    34e journée de Ligue 1

    Stade Vélodrome (62 000 spectateurs)

    Arbitre : R. Buquet.

    Buts : Höjbjerg (2), Gouiri (9), Aubameyang (55) pour l’OM, Lepaul (84) pour Rennes.

    Avertissements : Höjbjerg (49), Gouiri (77), Pavard (90+5) à l’OM, Camara (79).

    OM : Rulli – Weah (Pavard, 88), Balerdi, Medina, Emerson – Højbjerg (c, Timber, 82), Nnadi (Kamissoko, 82) – Greenwood, Gouiri, Paixão (Vermeeren, 71) – Aubameyang.

    Entraîneur : H. Beye

    RENNES : Silistrie – Nagida, Aït-Boudlal, Rouault, Merlin – Rongier (c), Szymanski (Embolo, 46), Camara – Blas (Mukiélé, 79), Lepaul, al-Tamari (Nordin, 67).

    Entraîneur : F. Haise

    Benatia, la fin

    Dernier rescapé du trio dirigeant l’OM au coup d’envoi de la saison, Medhi Benatia a vécu son dernier match de directeur du football dimanche. L’ancien défenseur était resté en poste, malgré sa démission posée en février, à la demande de Frank McCourt afin de régler les affaires courantes. Son successeur devrait être la première recrue de la future saison.

  • Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Les regards convergeront lundi dans le box vers Félix Bingui, 35 ans, alias « Le chat » ou « Féfé », présenté comme « le chef incontestable » d’un important réseau de stupéfiants du clan Yoda, ce qu’il nie. Le principal point de deal de la Fontaine à La Paternelle (14e) générait autour de 100 000 euros de recettes par jour. 19 autres prévenus répondent aussi à des degrés divers de trafic de stupéfiants, d’association de malfaiteurs, de blanchiment et de non-justification de ressources.

    Le 2e arrondissement a d’abord constitué la matrice de l’équipe dite des Carmes qui s’est ensuite donnée pour nom « Yoda » en se confrontant dès février 2023 à sa puissante rivale la « DZ Mafia » qui l’a depuis supplantée au terme d’une longue série de règlements de comptes se soldant par une effroyable hécatombe.

    Longtemps au vert à l’étranger pour échapper à la guerre qui faisait rage à Marseille et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Félix Bingui a été arrêté en mars 2024 au Maroc puis extradé vers la France en janvier 2025. Estampillé dans le « haut du spectre » du narcobanditisme, il est incarcéré à la prison de haute de sécurité de Vendin-le-Vieil surnommée la « prison des narcos » et mis à l’isolement en cellule ultra-sécurisée.

    Félix Bingui est un franco-camerounais né en 1990 à Alès dans le Gard. Il a grandi à Nîmes avant de s’installer à Marseille à la fin des années 2000, de se mettre au charbon dans le quartier des Carmes puis d’être incarcéré en 2010. Le casier judiciaire de Bingui porte depuis trace de 13 mentions notamment pour vols, association de malfaiteurs, trafics de stupéfiants.

    Les investigations de l’Office antistupéfiants ont conduit au démantèlement de ce réseau d’envergure particulièrement organisé, hiérarchisé, avec des rôles répartis entre les différents acteurs pour les convois, le conditionnement de la cocaïne et du cannabis, la collecte de l’argent, le recours à des appartements « nourrices » disséminés pour le stockage des stupéfiants, de l’argent et des armes, l’utilisation de lignes téléphoniques dédiées et changeantes et de communications cryptées, le recours à des prête-noms, l’équipement en armes et munitions dans l’optique de la confrontation avec le clan adverse.

    Pour les enquêteurs, Félix Bingui se positionne en chef d’équipe, prodigue instructions et conseils. C’est celui à qui chacun rend compte, celui qui règle les conflits, celui qui bénéficie de transferts d’argent internationaux, celui qu’on sollicite parfois pour la fourniture d’armes. II possède deux villas à Dubaï où il jouit du statut de résident et circule en Ferrari. À Dubaï, le cercle des affidés vit grand train dépensant 300 000 euros en un mois en restaurants et boites de nuit, locations de voiture de sport. Aux enquêteurs, il explique son train de vie par ses économies, son activité de revente de véhicules depuis la prison, se disant aussi très doué en paris sportifs.

    Des écoutes rapportent un accident de la route survenu en 2022 à Dubaï ayant causé la mort d’un tiers. Pour protéger Mohamed H dit « Pirate » qui serait l’auteur, décrit comme son bras droit, son collecteur d’argent, son responsable pour l’approvisionnement en résine, le clan désigne un autre membre pour endosser la responsabilité, en échange de quoi « Pirate » lui verse 200 000 euros pour sa caution et ses frais d’avocat, l’entretient à hauteur de 10 000 par mois pendant un an et demi.

    « Le chat » se sait menacé. En novembre dernier, 9 membres présumés de la DZ Mafia ont été interpellés pour avoir tenté de l’assassiner en Espagne. C’était le 17 mai 2023, deux individus cagoulés ouvraient le feu sur Bingui et Zino, un comparse, attablés en terrasse d’une cafétéria près de Marbella, les blessant légèrement.

  • Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Adjointe chargée du logement
    Les moyens d’action

    Didier Gesualdi : On vous a confié l’une des délégations les plus délicates, celle du logement. Quels sont vos objectifs ?

    La question du logement est une priorité de l’action municipale depuis 6 ans. Évidemment parce que notre ville a des spécificités lourdes et parce qu’elle est impactée comme l’ensemble des grandes villes de France par des phénomènes qui sont liés à l’augmentation des meublés de tourisme, l’augmentation des loyers, la rareté du foncier… De façon très caricaturale, ma feuille de route a trois axes : premièrement la question du logement abordable avec l’encadrement des loyers, la production de logements sociaux, deuxièmement la question du logement indigne qui est très fort dans notre ville et dont la vacance se nourrit et troisièmement la question du parcours dans le logement. Vous l’avez noté, dans ma délégation il y a la question de l’hébergement d’urgence, ce n’était pas le cas dans la délégation de mon prédécesseur. Pourquoi ? Parce que précisément nous avons souhaité nous inscrire dans une prise en compte transversale du logement qui va de la rue jusqu’au logement privé. Le parcours du logement c’est ça mais aussi à travers les différents âges de la vie, depuis le logement étudiant jusqu’à celui des seniors.

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis 2020. Le logement, c’était l’un des moteurs du vote Printemps marseillais. Est-ce que le compte y est ?

    Nous avons énormément travaillé car nous avons hérité de pas grand-chose. Nous avons structuré un certain nombre de politiques publiques et de services qui n’existaient pas. Je pense notamment à toute la politique d’hébergement d’urgence avec la mise à disposition de 15 sites et de 600 places. Je rappelle aussi l’ensemble des actions menées par mon prédécesseur sur la question du logement indigne avec la mise en place d’équipes dédiées pour traiter les périls, accompagner les ménages évacués, engager des politiques de travaux d’office. On partait de pas grand-chose, ça a été très long à mettre en place. Aujourd’hui nous avons des dispositifs qui fonctionnent, qui demeurent à amplifier bien évidemment, et des équipes efficaces.

    Didier Gesualdi : La semaine dernière sur ce plateau, Romain Simmarano disait que le Printemps marseillais avait désormais l’ensemble des mannettes.

    M. Simmarano a le mérite de faire de la politique et d’en faire plutôt bien mais nous n’avons pas l’ensemble des mannettes. Si c’était le cas, nous aurions l’ensemble des institutions publiques qui concourent aux politiques publiques sur notre territoire et donc le Département, la Région et pourquoi pas l’État ? Ça ne vous aura pas échappé que ce n’est pas le cas. Pour autant, le travail que nous avons engagé avec la Métropole vise à nous délier les mains sur un certain nombre de sujets : propreté, transports en commun, voirie, logement… Cela va permettre des avancées notables pour la vie quotidienne des Marseillais. Toutefois, l’honnêteté me pousse à dire que durant ces six dernières années, ce n’est pas sur le logement que la Ville et la Métropole ont le moins bien travaillé ensemble. Un certain nombre d’outils ont été créés. Le plan local de l’habitat a été voté. La Ville entre enfin dans la Soléma, la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, Provence Métropole Logement… Elle va irriguer la réflexion de ces outils avec ses objectifs municipaux.

    Léo Purguette : Rénovation des copropriétés dégradées, rénovation urbaine… Comment reloger les personnes ?

    Les besoins sont énormes on va avoir besoin de l’ensemble des outils pour reconstituer l’offre. On a relevé la jauge d’agrément des logements sociaux pour y arriver.

    Le logement indigne

    Léo Purguette : La lutte contre le logement indigne semble sans fin. Quand des logements sont réhabilités d’autres entrent dans l’indignité. Comment entendez-vous mener la bataille pour que le nombre de logements indignes soit réduit réellement ?

    Il commence à réduire. Nous avons moins de stock de logements indignes depuis quelques mois, moins de signalements. Preuve que le travail très pro-actif que nous menons depuis 6 ans commence à porter ses fruits mais on part de très très loin. Le travail qui est devant nous est encore énorme, c’est pour ça qu’on avait besoin de la société publique locale SPLAIN à qui nous avons transmis 34 immeubles de centre-ville à réhabiliter intégralement. On avait besoin de la puissance publique parce qu’il s’agit d’opérations lourdes, extrêmement onéreuses et qui nécessitent un volontarisme très fort. On a eu six ans de mise à plat, aujourd’hui on a des outils qui commencent à prendre leur pleine mesure, ça va nous permettre de démultiplier nos actions en maintenant un très haut niveau d’engagement. Nous maintiendrons un très haut niveau de contrainte également, je pense notamment au travail que nous menons contre les marchands de sommeil et qui est concomitant de notre politique de lutte contre le logement indigne. L’enjeu pour nous, c’est d’accompagner l’ensemble des ménages qui souffrent de ce fléau dans notre ville.

    Didier Gesualdi : Le permis de louer, c’est satisfaisant ? C’est suffisant ?

    Non on souhaite très clairement l’étendre pour, a minima, coller à la cartographie de l’indécence des logements dans l’hypercentre ou les quartiers nord. C’est une des réponses à ce problème.

    Le cadre de vie

    Léo Purguette : La précédente ministre du Logement, Juliette Méadel, avait mis la pression sur les bailleurs HLM sur la question de vie quotidienne : poubelles, boîtes aux lettres fracturées, ascenseurs en panne… Est-ce que ça a porté ses fruits ? Que ferez-vous en tant que présidente du bailleur PML ?

    C’est un peu récent pour en tirer un bilan mais l’angle est le bon. Effectivement, les pieds d’immeuble participent de la qualité de vie que l’on doit à nos résidents. Ça fait partie des premiers échanges que j’ai eu avec les équipes de PML et plus généralement avec les équipes de la politique de la ville. Nous avons eu un certain nombre de remontées d’habitants de logements sociaux qui étaient dégradés soit en extérieur soit en intérieur. Et le fait que nous ayons une relation plus apaisée avec la Métropole va notamment permettre d’avancer sur les encombrants…

    Les meublés touristiques

    Léo Purguette : À quoi bon construire des logements privés s’ils sont accaparés par les meublés de tourisme ? Que comptez-vous faire ?

    C’est un vrai enjeu. On estime qu’environ 2 000 logements sont concernés par an, donc si vous rapportez ça au nombre de logements construits par an, ça fait un sur deux qui disparaît. La Ville est quasiment au taquet de ce que la loi permet en matière de contraintes. Nous avons fait baisser le nombre de jours quand on est sur une résidence principale de 120 à 90 jours avec obligation de déclaration et pour les résidences secondaires, il faut une demande de dérogation et reconstituer l’offre c’est-à-dire mettre un bien équivalent dans le marché locatif traditionnel. La dernière option qui reste mais pour l’instant nous ne sommes pas prêts à avancer, c’est de modifier le plan local d’urbanisme pour interdire, comme à Paris, certains arrondissements complètement aux meublés de tourisme. Là on est sur une échéance un peu plus loin. Ce qu’on peut faire tout de suite, c’est contrôler et c’est judiciariser les abus. Il y a des règles, elles doivent être respectées, on n’est pas un el dorado du tourisme mais une ville qui a des besoins de logements.

    Le logement social

    Léo Purguette : Dans le précédent mandat, la Ville a été critiquée pour l’insuffisance de construction de logements sociaux, le tir a ensuite été corrigé. Quels sont vos objectifs en la matière ?

    Nous les avons votés avec le programme local de l’habitat en 2024 : construire chaque année, 4 500 logements en tout dont 2 300 logements sociaux. Oui, nous avons rattrapé le tir puisqu’en 2025, la Ville a autorisé la construction de 2 480 logements sociaux dont les trois quarts sont des logements sociaux ou très sociaux, car vous le savez il existe des nuances au sein de la grande catégorie logement social. Si Marseille avait d’ailleurs un taux de logements sociaux acceptable au regard de la loi avant notre arrivée, c’est qu’il était essentiellement le fait de la construction de logements dits PLS, le plus haut niveau de logements sociaux. Or nous souhaitons que ce soit PLAI et PLUS, les catégories très sociales qui puissent être construites sur tout le territoire. Nous avons une dynamique de rattrapage qui est bonne puisque nous sommes à 103% de réalisation de nos objectifs triennaux. Nous les avons donc atteints et même dépassés.

    Léo Purguette : Allez-vous continuer à faire inclure des logements sociaux dans les programmes de construction ou des bâtiments de logements sociaux vont-ils sortir de terre ?

    L’un et l’autre ne s’excluent pas. On est plutôt dans une logique de maillage et donc de seuil dans chaque construction. Aujourd’hui à partir de 30 logements construits, il y a 30% de logements sociaux dus dans le programme. Je pense que c’est un bon outil pour favoriser la mixité sociale. Ça permet de construire du logement social partout. Il peut, demain, y avoir un objet de promotion unique sur la question sociale mais globalement, on est sur de petits lots qui viennent renforcer l’offre dans l’ensemble des arrondissements.

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous que des maires dans le département, dont le programme était de ne pas faire de logements sociaux, aient été réélus ?

    Leur programme était dans l’illégalité. Je le juge sévèrement parce qu’on a un objectif d’équilibre territorial à atteindre. Aujourd’hui, la Ville de Marseille a considérablement relevé le nombre de permis attribués à des logements sociaux et elle produit à elle seule 55%des logements sociaux de la Métropole alors qu’elle pèse 46% de la population. C’est Marseille la locomotive mais on ne peut pas tout faire à Marseille, j’appelle l’ensemble des maires à l’entendre.

    Didier Gesualdi : Beaucoup disent qu’ils n’ont pas le foncier…

    On peut entendre toutes les limites de l’exercice mais on voit bien qui sont celles et ceux qui ont de vraies contraintes. Quand il y en a, il n’y a pas de constat de carence parce que l’État en tient compte.

    La vacance

    Didier Gesualdi : Des professionnels de l’immobilier disent que les règles anti-meublés touristiques sont telles que les propriétaires préfèrent garder leur logement vide plutôt que de jouer le jeu ?

    Ce n’est pas tout à fait les chiffres dont on dispose. La vacance se nourrit davantage de l’indignité. On est sur un phénomène de marchandisation du logement. Moins d’un tiers des propriétaires de meublés de tourisme sont Marseillais. On voit bien que c’est un investissement locatif avec des gens qui cherchent de la rentabilité. Nous, on cherche l’intérêt général.

    Léo Purguette : Allez-vous réquisitionner les logements vides ?

    J’aimerais beaucoup. La loi ne permet pas aux communes la réquisition. Elle est cassée immédiatement par le tribunal administratif car c’est un outil à la main du préfet. Il en existe d’autres comme le doublement de la taxe sur la vacance après deux ans et l’intermédiation locative qui permet à des propriétaires frileux d’avoir un tiers pour gérer la relation avec un locataire.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Julie : Pourquoi ne pas fixer le taux de logements sociaux par arrondissement ?

    Ce n’est pas le cadre de la loi, pour autant c’est l’objectif qu’on se fixe. L’objectif de mixité, on le pense à l’échelle de la ville. On ne souhaite pas que les logements sociaux soient tous dans les mêmes arrondissements ce qui a été le cas pendant très longtemps. C’est pour ça que nous avons souhaité faire baisser le seuil de construction de logements sociaux aux opérations de 30 logements pour que nous puissions égrener dans toute la ville des logements sociaux à l’inverse de ce qui a été fait par nos prédécesseurs. J’aurais une attention particulière sur les arrondissements très déficitaires. Je pense au 7e ou au 12e arrondissements, qui sont en très grande tension. Pas plus tard que lundi matin, j’étudiais un projet dans le 12e. Sans la baisse du seuil que j’évoquais, ce type de projets n’aurait jamais pu exister. C’est parce qu’on l’impose qu’il arrive dans l’objet de promotion, sinon, le promoteur n’aurait jamais fait cette proposition. C’est donc un dispositif très utile. Sera-t-il suffisant ? Je ne sais pas. À titre personnel je suis favorable à une évolution de la loi pour que l’objectif passe à 25% de logements sociaux par secteur municipal.