Tag: Marseille

  • Documents volés : Sébastien Delogu sera jugé le 21 octobre

    Documents volés : Sébastien Delogu sera jugé le 21 octobre

    Poursuivi pour «la diffusion sur les réseaux sociaux et notamment sur son compte Instagram de documents relatifs à la vie privée et professionnelle de M. Isidore Aragones» rappelait la présidente, Sébastien Delogu sera finalement jugé le 21 octobre prochain, a décidé le tribunal correctionnel de Marseille ce mardi après-midi.

    Dans le cadre d’un conflit social au sein de la société Laser propreté, qui assurait le nettoyage de la gare Saint-Charles à Marseille, le parlementaire avait exhibé dans une vidéo le 24 septembre 2024 plusieurs courriels de l’éphémère président du conseil d’administration de la société, membre du bureau du Crif (conseil représentatif des institutions juives de France) Aix-Marseille.

    Parmi ces documents, un échange avec un responsable de l’armée de l’Air israélienne pour faire venir une délégation, un mail relatif à un voyage en Israël, un autre relatif à une vente aux enchères… Des documents qui avaient été dérobés une semaine plus tôt lors d’une mobilisation sociale, et dont la diffusion représentait «un risque direct d’atteinte à la personne et aux biens», soulignait la présidente. Absent à l’audience en raison d’un «climat très tendu» expliquait son avocat Me Yones Taguelmint à l’AFP, le député s’était dépeint en «lanceur d’alerte» après son audition.

    Dernier renvoi

    «La défense ne sera pas en état de présenter ce dossier de façon convenable», plaidait son conseil en soulignant qu’il n’a reçu le dossier qu’au mois de mai, tandis que se multiplient les procédures dans lesquelles le député est partie civile. Ainsi pour la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité le 7 juillet de l’auteur de menaces de mort en ligne contre le parlementaire. «Plus nous allons nous approcher de la présidentielle, plus il y aura une cristallisation», répondait le conseil du Crif Me Benjamin Ayoun en dénonçant de la part du député «une volonté d’être en lutte contre le Crif, contre M. Aragones, et contre tout ce qui peut avoir une position pro-Israël».

    Le parquet ne s’opposait pas au renvoi, qui sera le dernier dans cette procédure a indiqué la présidente.

  • Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Suppléant et attaché parlementaire du député RN José Gonzalez, Stéphane Simond a été reconnu ce lundi matin coupable de complicité et usage de faux et de tentative d’inscription indue sur les listes électorales. Habitant à Allauch, celui-ci avait fait réaliser une fausse attestation d’hébergement pour pouvoir se présenter comme tête de liste RN à Plan-de-Cuques où il a été réélu au conseil municipal (notre édition du 03/06). « C’est bien lui qui a demandé d’établir un faux en novembre 2025 pour demander une inscription sur les listes électorales », a pointé le juge qui l’a condamné à trois mois de prison avec sursis, une amende de 1 500 euros et surtout deux ans d’inéligibilité. « C’est un élu de la République qui a mis en danger la sincérité du vote », insistait le juge.

    5 000 euros pour

    la commune

    L’ami qui lui a signé l’attestation, Jean-Marc Gigante, écope lui d’une amende de 1 500 euros dont 1 000 euros avec sursis, et d’un an d’inéligibilité, reconnu coupable de faux et de complicité de tentative d’inscription frauduleuse sur les listes électorales. « Même si vous n’aviez pas conscience du risque, l’élément intentionnel est présent », expliquait le juge, en ironisant : « Il est peu crédible que Stéphane Simond vous demande de faire un faux document sans vous dire pourquoi. » Ils devront tous deux verser solidairement 5 000 euros à la commune pour son préjudice matériel.

  • L’Isula festival, un nouveau pont vers la Corse

    L’Isula festival, un nouveau pont vers la Corse

    Avec 150 000 à 200 000 personnes d’origine corse en Paca, il manquait entre les deux rives de la Méditerranée, un festival dédié à la culture insulaire. Audrey Lucchinacci, gérante du Son des Guitares, avec l’association Cultura E Musicanti et de nombreux partenaires, est à l’origine de cet événement original mêlant pendant trois jours sur l’esplanade de la Major, à ciel ouvert, culture, économie, musique, gastronomie et artisanat.

    L’Isula festival a démarré dimanche avec une journée dédiée aux familles, il s’est poursuivi lundi avec la célébration de la Messe des Corses par le Cardinal Bustillo, Évêque d’Ajaccio. Ce mardi soir, place à la musique sur la scène de l’esplanade où se succéderont à partir de 21h30, Bande à part, Fracassi, Broder, Upsilone, Philippe Corti, Moca, Millishake, I Brumichesi, Maaura, Adrien Susini, CocoPops, Les fugitifs, Sharald, Ginie Line, Koma et Titi Salducci. Des DJ Sets clôtureront le festival, de 23h30 à 2h. « Il y avait bien des rendez-vous culturels mais pas sous cette forme, c’est le premier festival corse à Marseille » s’est réjoui Jean-Dal Colletto, président de la Maison de la Corse à Marseille.

    Lundi, Isula festival faisait la part belle à l’économie. « 2,5 millions de passagers par an et 1,3 million de tonnes de fret partent de Marseille vers la Corse et entre 300 000 et 500 000 tonnes de marchandises font le sens inverse », soulignait Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence lors du débat sur le thème.
    « Marseille notre porte d’entrée. Mais si les bateaux arrivent plein, ils doivent repartir plein », reconnaissait Olivier Valéry, membre élu de l’Établissement public du commerce et de l’industrie de Corse. Si les liens entre l’île et Marseille sont historiques, naturels, « on s’est un peu endormi dans nos échanges », regrettait-il. Un partenariat a été signé entre les deux institutions pour « rééquilibrer, aller plus loin, mobiliser les acteurs économiques sur des projets communs et aller chercher les fonds européens ».

  • Ils dénoncent l’asphyxie de Cuba par les États-Unis

    Ils dénoncent l’asphyxie de Cuba par les États-Unis

    « L’objectif premier, c’est de faire pression pour que nos députés se positionnent sur la situation à Cuba », martèlent Nicole Giraudi, présidente de France Cuba Marseille 13, et Alain Sicre, représentant de Cuba Coopération, alors qu’un débat sur le sujet doit avoir lieu ce jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale. Tous deux font partie des organisations qui se rendront ce mardi devant la préfecture de Marseille. À leurs côtés, Moncada, le Mouvement de la paix et la Ligue des droits de l’Homme dénoncent eux aussi l’impact du blocus sur la population cubaine.

    « Il y a une impossibilité à vivre sur le sol cubain depuis les mesures prises par Donald Trump », se désole Nicole Giraudi. Ces nouvelles restrictions « empêchent l’approvisionnement du pays en pétrole, menacent de sanctions les entreprises étrangères qui travaillent à Cuba », et limitent les échanges touristiques. « Une asphyxie généralisée » qui s’ajoute au blocus en place depuis 1962, et qui impacte toute la population cubaine. « Ils n’ont plus que 2 à 4 heures d’électricité par jour, plus de médicaments, plus de systèmes de canalisation car ce sont des entreprises étrangères qui les installaient », souffle Alain Sicre.

    En plus de l’effondrement de l’économie, les associations craignent pour la vie des habitants. De nombreuses opérations urgentes sont reportées, l’eau n’est plus potable en raison des déchets qui s’accumulent. « Tout ça dans le silence de la France, qui est très timide sur le sujet. »

    Débloquer l’aide

    Si les associations locales poursuivent leurs actions, elles estiment aujourd’hui avoir atteint une limite. « On ne peut plus envoyer de conteneurs. On en a qui dorment dans des entrepôts, prêts à partir, avec du matériel médical, de la nourriture pour bébés… » Mais acheminer de l’aide est devenu quasiment impossible, notamment depuis que la compagnie maritime CMA CGM ne livre plus Cuba. « Il faut souligner les barrières mises à l’humanitaire. Ça ne peut plus attendre, on a besoin d’une volonté politique et de véritables coopérations », campe Alain Sicre.

    À quelques jours du débat prévu à l’Assemblée nationale, les associations espèrent obtenir des prises de position claires de la part des députés locaux. « Le gouvernement peut sanctionner, et dire que les entreprises françaises continueront de soutenir Cuba », estime Nicole Giraudi. De quoi rappeler que le sort de l’île dépend avant tout de la solidarité internationale.

    Un rassemblement à l’initiative du PCF Var mercredi à Toulon

    À la veille de la proposition de résolution portée par le PCF devant l’Assemblée nationale jeudi, la Fédération du PCF du Var appelle au rassemblement mercredi, à 17h30, place du Murier à Toulon. « Il est temps que la France se fasse entendre pour exiger la fin du blocus, la levée des sanctions américaines aux entreprises qui commercent avec Cuba, que notre pays rétablisse et développe des coopérations avec Cuba, et apporte de l’aide humanitaire », soutiennent les communistes varois. Cette mobilisation s’inscrit dans la lignée de leur engagement pour la cause, à l’image de la collecte de médicaments et de produits d’hygiène en faveur du peuple cubain organisée dans le département depuis le 11 avril. Une campagne qui « rencontre un grand succès », se félicite le PCF Var. Une distribution de tracts aura lieu en marge du rassemblement.
    Ad.B.

  • Marsatac : rap, pop et électro à la fête au Parc Borély

    Marsatac : rap, pop et électro à la fête au Parc Borély

    « Je suis le symbole de ce que le rap est devenu : une musique décomplexée qui touche tout le monde », aime à dire Niska, tête d’affiche de la soirée d’ouverture du festival Marsatac, vendredi 12 juin au Parc Borély. À ce compte-là, rien d’étonnant à ce que ce rappeur, qui développe ses rimes sur des musiques aussi bien inspirées de la pop occidentale que de l’Afrique, n’ait écoulé, la semaine passée, tous les billets d’un double concert au Stade de France prévu en 2027 en seulement quelques heures. « La soirée du vendredi met à l’honneur ce que le rap fait de mieux aujourd’hui », indiquent les organisateurs de ce festival qui programmera aussi, lors de cette date inaugurale, une « nouvelle génération de talents rap », constituée d’artistes comme Jeune Morty, Huntrill et La Rvfleuze. Au menu également, la chanteuse martiniquaise Meryll, qui swingue de la pop au dancehall en passant par le hip-hop, ou encore l’artiste aux sons électro-orientaux, Ino Casablanca.

    Boss lady et jeunes talents

    Soirée la plus attendue de Marsatac, la date du samedi 13 juin se jouera à guichets fermés. Le Parc Borély accueillera alors Théodora, phénomène de la pop francophone engagée et féministe, alias « Boss lady », qui a fait chavirer les cœurs et les hanches avec des tubes comme Kongolese sous BBL ou Fashion Designa, ainsi que le rappeur Disiz, à l’origine de l’album On s’en rappellera pas, où figure d’ailleurs le titre Mélodrama interprété avec une certaine… Théodora. Jeune chanteuse guyanaise de dancehall à la trajectoire ascendante, la Pas jalouse Bamby, comme le suggère l’une de ses chansons phares, sera aussi très attendue par la jeunesse qui déferle à chaque climax du printemps sur le Parc Borély au moment de Marsatac. La journée de clôture du dimanche 14 juin a, elle, « été pensée comme une grande fête populaire », notamment marquée par une « programmation solaire majoritairement marseillaise avec des collectifs qui soutiennent la place des femmes et minorités de genre sur scène et défendent un droit inaliénable à la différence ».

  • Des journées de l’archéologie pour redécouvrir l’histoire de la ville

    Des journées de l’archéologie pour redécouvrir l’histoire de la ville

    Les Journées européennes de l’archéologie se déploient partout en France, et dans plus de 30 pays européens. À Marseille, l’événement rassemble « 35 rendez-vous gratuits avec plus d’une centaine d’experts qui sont mobilisés : des archéologues, des chercheurs, mais aussi des médiateurs », explique Gwenaël Richerolle, adjoint (Écologistes) délégué au patrimoine municipal et aux équipements culturels municipaux. « Cela s’insère dans une politique culturelle de la Ville de Marseille, qui vise à créer un attachement entre les publics avec le patrimoine archéologique et culturel », souligne-t-il.

    « Parler de notre histoire »

    Parmi les propositions, le 9 juin, le public est invité à une conférence détaillant les résultats d’une fouille archéologique, menée en 2025 dans les quartiers nord de la ville, et qui avait révélé l’existence d’un vignoble grec antique. La conférence mettra en lumière le rôle central de la viticulture dans l’économie de Massilia, sous quatre siècles d’occupation, entre les Ve et IIe siècles avant J.C. En effet, ces journées marquent également un temps pour « parler de notre histoire, puisque Marseille est la ville la plus ancienne de France », confie Gwenaël Richerolle.

    Ce samedi 13, c’est l’inauguration de « L’art de la matière : maquettes marseillaises », aux archives municipales. Une exposition qui présente 29 maquettes et 16 aquarelles de monuments emblématiques de la cité phocéenne jusqu’au 17 octobre. « C’est l’occasion de redécouvrir en 3D nos monuments », partage l’élu. « Le week-end est entièrement construit pour les familles, avec des ateliers qui sont pensés pour tous les âges. » Entre autres : bacs de fouilles, ateliers d’art préhistorique et pariétal, poterie, tissage ou encore un atelier d’archéologie navale… « Au-delà de l’aspect ludique, il y a la possibilité de découvrir les métiers de l’histoire de l’art et de l’archéologie. »

    Programme complet sur le site de la Ville de Marseille.

  • Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Porte-voix des associations, le Mouvement associatif Région Sud Paca, qui s’inscrit dans l’Économie sociale et solidaire, a invité lundi ses structures et les représentants des grands réseaux afin de rendre visibles leurs actions, d’élire son conseil d’administration et son nouveau président, Christian Guibert. « Nous avons comme objectif de renforcer la cohésion du mouvement et d’amplifier son écosystème. Cela avec des valeurs de solidarité, de tolérance, d’initiatives et de démocratie participative », souligne-t-il. À ce titre, le Mouvement associatif a mis en place des forums pour valoriser l’emploi associatif et des formations pour les bénévoles.

    Au regard de la situation, les associations se mobilisent également pour dénoncer les difficultés économiques auxquelles elles font face : « On a besoin d’être plus nombreux. On se sent en danger financièrement », déclare Lisa Le Pann, trésorière régionale des Éclaireuses et Éclaireurs de France. C’est dans ce contexte que le partenariat avec la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), prend sens : « Les ressources sont sous tension, les associations font face à des difficultés croissantes. Nous voulons faire du Mouvement associatif un levier de la politique publique », explique Peggy Froger, responsable jeunesse à la Drajes.

    Lutter contre l’extrême

    Autre menace : la montée de l’extrême droite, en opposition aux valeurs de démocratie participative et humaniste du Mouvement associatif. Yannick Ohanessian, adjoint (PS) au maire et délégué à la vie associative, rappelle : « Face à cette menace, nous devons faire bloc collectivement. Là où certains détruisent, Marseille essaie humblement de protéger et d’investir », soutient-il. Laurent Lhardit, député (PS) de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, partage : « La menace pourrait être plus forte si le pouvoir politique venait à considérer que vos actions présenteraient une entrave à une idéologie, qui considère que la culture peut devenir une perversion dès lors qu’elle ne nourrit pas un projet politique identitaire. » Un enjeu d’autant plus important à l’approche de l’élection présidentielle.

  • Le plan de sécurité des plages lancé sur tout le littoral

    Le plan de sécurité des plages lancé sur tout le littoral

    Alors que la saison balnéaire a débuté le 29 mai à Marseille, Corinne Simon, préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône et Pierre-Marie Ganozzi, adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité et des services de police, ont présenté ce lundi 8 juin les dispositifs de sécurisation des plages. « Ce dispositif, combiné entre police nationale et police municipale, doit permettre à chacun de passer le meilleur été possible », précise Corinne Simon. Effectif jusqu’au 31 août, il vise trois objectifs selon la préfète : « Assurer une présence pour rassurer les usagers, intervenir le plus rapidement en cas de besoin et pouvoir faire des contrôles. » Marseille compte 21 plages, dont 14 zones de baignade intégrées au dispositif de surveillance. Pour cet été, 104 nageurs-sauveteurs seront mobilisés sur le littoral et des équipes de CRS viendront renforcer les effectifs à partir de la mi-juillet, selon la préfecture. Sur le terrain, le plan prévoit également le déploiement de plus de 100 policiers municipaux dans les quartiers littoraux et sur les plages, afin d’assurer la sécurité des usagers.

    Un maillage de prévention renforcé

    Ville et préfecture veulent aussi miser sur la prévention. « Des médiateurs sociaux seront déployés pour faire de la prévention concernant notamment les plongeons, le protoxyde d’azote et autres pratiques addictives », explique Pierre-Marie Ganozzi. Des équipes de médiation seront donc présentes au quotidien sur les plages. « On va vers les gens, les acteurs locaux et les commerçants. On fait de la sensibilisation et de la prévention sur le vol par exemple, détaille Jérôme Borgeot, médiateur social et membre de l’association Pops, chargée de la médiation de jour. Le but, c’est de créer du lien pour que la population se sente le plus en sécurité possible », appuie-t-il. Le dispositif Safer Plage, déployé depuis deux ans, sera également reconduit pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. L’application « permet de faire des signalements que vous soyez victime ou témoin d’une agression », précise l’adjoint au maire.
    « Lorsqu’il y a un signalement, on envoie l’équipage le plus proche selon la zone géographique, explique Céline Lefléfian, directrice de la police municipale de Marseille. Les équipes de vététistes et de motards peuvent se déplacer assez vite pour intervenir », précise-t-elle.

    Comme les années précédentes, la plage des Catalans bénéficie cet été d’horaires d’ouverture élargis avec un accès au public de 7h à 23h, sur toute la semaine.

  • Un livre pour ne pas oublier l’histoire et l’œuvre d’Ahmed Zitouni

    Un livre pour ne pas oublier l’histoire et l’œuvre d’Ahmed Zitouni

    « Nous n’avons rien écrit, nous avons compilé. » Quelques mois avant le décès d’Ahmed Zitouni, Françoise, son épouse, lui fait une promesse : « Je lui ai dit que j’essaierai de le faire éditer. » De son vivant, l’auteur n’a jamais voulu se plier aux maisons d’édition. « Il savait qu’il n’avait pas les codes. On lui demandait des choses qu’il ne voulait pas, donc il a récupéré tous ses droits. »

    À sa disparition, le 5 juin 2024, Françoise s’inquiète qu’Ahmed Zitouni soit oublié : « Je voulais qu’on se rappelle de son œuvre. » Avec l’aide de plusieurs proches, elle fonde l’assoaZ. « On se demandait comment faire pour que les gens relisent et découvrent Ahmed. » Naît alors l’idée de l’ouvrage intitulé Je suis un écrivain !, qui regroupe des textes inédits de l’auteur, ainsi que des lettres et des entretiens.

    Henriette Stoffel, amie du couple, développe : « Ce livre doit permettre de comprendre qui il était et ce qu’il a fait. » Dans l’ouvrage, qui sera présenté à Marseille le jeudi 11 juin, des réflexions sur sa vie d’écrivain se mêlent à une analyse de sa condition. « On retrouve des inédits : la lettre à Ada, sa fille, et le journal du vieil écrivain, où il étudie son cancer », indique Françoise Zitouni. « Il y a aussi Houria, qui parle d’un amour de jeunesse. Il revient vers l’Algérie et raconte l’histoire de deux gamins amoureux pendant la guerre et les émeutes à Oran », complète Henriette Stoffel.

    Le scribe de Saïda

    S’il était un écrivain en France, Ahmed Zitouni était surtout « un enfant de la guerre d’Algérie et de la colonisation, ce qui a laissé des traumatismes importants chez lui ». Sans pour autant revendiquer une identité, l’homme disait qu’il n’en était d’aucune, il « refusait d’être l’arabe de service » et voulait « déblanchir la langue française et la refriser ». Dans ses ouvrages, plusieurs thématiques font écho à cette vision du monde et à ses racines. « Il y a par exemple l’exil, qui est vraiment une thématique majeure chez lui. Il y a le racisme, la folie. Il a toujours pensé qu’il avait une dette envers les siens et voulait les représenter », expliquent les deux femmes.

    Une œuvre d’actualité

    Ses écrits restent très actuels. « Il revendiquait un certain féminisme, il évoquait la femme forte, mais écrasée par l’histoire comme il a pu le voir en Algérie. » Françoise poursuit : « En France, il a eu le parcours traditionnel d’immigré : les inégalités, le racisme… Il y a là aussi quelque chose de très moderne. »

    En trouvant un éditeur pour ses livres, l’association espère « permettre à plus de gens de s’identifier à lui ». Avant d’être emporté par la maladie, Ahmed Zitouni était « extrêmement inquiet et critique du racisme systémique », porteur d’une colère qui ne l’a jamais lâché. En faisant vivre ses ouvrages, l’association rappelle que ni lui, ni ses combats, n’appartiennent au passé.

  • Des opérations pour préserver la Méditerranée

    Des opérations pour préserver la Méditerranée

    À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, célébrée chaque année à la date du 8 juin, l’Institut océanographique Paul-Ricard organise son traditionnel BiodiverSeaDay sur l’île des Embiez. Depuis près de 25 ans, cette opération de nettoyage du littoral engage le grand public autour de la pollution marine grâce au ramassage des déchets accumulés sur les plages et dans la mer.

    Menée en partenariat avec la Capitainerie du port des Embiez, l’initiative se distingue par une collecte réalisée à pied et en plongée sous-marine. « Le ramassage est suivi d’une caractérisation des déchets collectés, pour sensibiliser et prévenir les pollutions marines », explique Marion Djama, chargée de mission à l’Institut océanographique Paul-Ricard.

    Pour l’édition 2026 du BiodiverSeaDay, 60 collaborateurs du groupe Pernod Ricard France participeront à l’initiative, en plus des plaisanciers et des bénévoles conviés chaque année à l’événement. En 2024, cette mobilisation avait permis de ramasser pas moins de 780 kg de déchets, selon l’Institut.

    Au-delà de la recherche, l’Institut Paul-Ricard a aussi pour mission de faire connaître la Méditerranée. La sensibilisation et l’éducation à l’environnement sont un axe fort de l’Institut, que ce soit à destination du grand public ou des scolaires. Chaque été, des ateliers sont organisés sur l’île des Embiez, notamment des balades naturalistes et des énigmes, qui se font en présence d’un membre de l’équipe scientifique.

    « Depuis sa création, l’Institut cherche à vulgariser ses connaissances scientifiques pour familiariser le plus grand nombre avec le milieu marin, précise Marion Djama. Ces événements clés permettent une transmission du savoir qui est essentielle car lorsqu’on connaît bien, on protège bien. »

    Des ateliers ouverts

    au grand public

    Pour célébrer ses 60 ans, l’Institut dévoilera par ailleurs une nouvelle programmation, le 11 juin, ouverte au grand public. À cette occasion, plusieurs activités seront proposées sur l’ensemble de la journée. L’Institut inaugurera ses nouveaux outils et supports de sensibilisation, parmi lesquels un cabinet de curiosités et les ateliers de la mer, pour faire découvrir les espèces marines, ainsi que leurs différents habitats. Cette année est aussi marquée par l’installation d’un récif artificiel dans le port, destiné à contribuer à la restauration de la biodiversité en zone portuaire.

    Créé en 1966 par Paul Ricard et Alain Bombard, l’Institut océanographique est né avec l’ambition de lutter contre les premières pollutions industrielles en Méditerranée. Dès les années 1950, Paul Ricard avait acquis l’île des Embiez pour y préserver la faune et la flore, avant d’y installer son centre de recherches. Au fil des décennies, ses missions se sont élargies jusqu’à lui conférer une renommée internationale aujourd’hui. Lors d’une conférence de presse organisée le 1er juin au Club Pernod Ricard à Marseille, sa directrice, Patricia Ricard, petite-fille du fondateur, a rappelé la philosophie qui anime toujours l’établissement : « Soixante ans ont passé, mais notre méthode reste la même. Nous travaillons avec des entreprises responsables et compétentes, avec les acteurs locaux et les enfants. Surtout, nous mettons la science au service de la connaissance. »

    Si la lutte contre la pollution demeure une priorité, Patricia Ricard insiste sur l’urgence climatique : « Le défi majeur est la décarbonation de la société car l’océan se réchauffe à une vitesse inédite. » L’Institut poursuit sa mission fondatrice : mieux connaître la Méditerranée pour mieux la préserver.