Tag: Marseille

  • Gisèle Pelicot met son combat à la page

    Gisèle Pelicot met son combat à la page

    Une reprise en main de sa propre histoire. Gisèle Pelicot ne s’était exprimée qu’à de rares occasions, à la barre du tribunal d’Avignon, devant celui-ci et un parterre de micro de journalistes internationaux, au moment du verdict du fameux procès « des viols de Mazan ». Avec la publication, ce 17 février, de son autobiographie Et la joie de vivre, un livre de 320 pages, elle donne sa vérité sur l’enfer qu’elle a subi, son combat pour se reconstruire et obtenir justice. Une sortie internationale dans 22 langues, un démarrage « similaire à un Goncourt » selon moult libraires, un tirage à 150 000 exemplaires en France… Gisèle Pelicot va faire le tour de l’Europe pour présenter son livre et même traverser l’Atlantique. C’est dire l’impact de sa parole, c’est dire à quel point son parcours inspire.

    Si c’est bien une autobiographie, l’ouvrage a été écrit en collaboration avec la journaliste et romancière Judith Perrignon et sous la houlette de l’éditeur Flammarion. Et elles y raconte tout : sa vie d’avant, les conséquences de l’affaire sur sa famille, son regard sur « cinquante années de mensonge »… Sans pathos mais avec transparence, honnêteté et des détails glaçants. Gisèle Pelicot revient, par exemple, sur sa profonde incompréhension lors de sa première audition chez les forces de l’ordre. Quand un sous-brigadier lui demande de décrire Dominique Pelicot, elle en parle alors comme « quelqu’un de bienveillant, d’attentionné. Un super mec, c’est pour ça que nous sommes encore ensemble ». Puis s’en suit des questions sur son rythme de sommeil, si elle fait des siestes, si le couple pratique l’échangisme… « Il m’a demandé si je pensais connaître mon époux au point qu’il ne puisse rien me cacher. J’ai dit oui », raconte-t-elle, selon des extraits de l’ouvrage publié par Le Monde. Avant de relater une escalade d’émotion en elle lors de la révélation du placement en « garde à vue pour viols aggravés et administration de substances nuisibles » de son mari d’alors. Ses pleurs puis une bouche paralysée : « Mon cerveau s’est arrêté dans le bureau du sous-brigadier. »

    Un passage qui donne le ton de l’ouvrage. Dans lequel, elle revient surtout sur comment elle fait face à « une meute et Dominique », après son hésitation à rendre le procès public. Un refus du huis clos qui a fait d’elle le visage d’un combat féministe qui dépasse les frontières. Et, in fine, la porte-parole de toutes les défenseuses des droits des femmes, des militantes, des victimes de violences sexistes. « Cette foule m’a sauvée », juge-t-elle, en référence aux centaines de soutiens féministes qu’elle a reçu, devant le tribunal d’Avignon ou à travers le monde. Gisèle Pelicot, qui se définit souvent comme « icône malgré moi », endosse pleinement le rôle « d’éveilleuse » avec ce livre.

    « Ça a libéré quelque chose »

    « Les mots de culture du viol, soumission chimique ont explosé au visage de la société française. Ça a libéré quelque chose. Et ça a donné du crédit au discours que nous portons, nous, associations féministes. Puis, il faut le dire, nous sommes toujours très admiratives de Gisèle », témoigne Alexandra Brochus, pour le Collectif 13 Droit des femmes. Et de résumer : « Du début jusqu’au livre, elle n’incarne pas exclusivement quelque chose de noir. Il y a toujours quelque chose de positif. Je crois que ça doit inspirer les luttes féministes dans un monde de violences. »

    Comme un écho au livre de Gisèle Pelicot, l’association Coudes à Coudes organise une conférence, le 3 mars prochain, à l’auditorium de la mairie du 1-7 à Marseille. pour présenter un autre ouvrage sur ce drame Mazan, Anthropologie d’un procès pour viols. Un ouvrage réalisé par 14 chercheurs et chercheuses locaux (lire notre article du 09/10/2025) dont 3 témoigneront, sur place, de la démarche réalisée. « Notre travail c’est de partager les savoirs utiles à l’action collective », explique Michel Potoudis, pour Coudes à Coudes, qui précise que c’est le « hasard du calendrier » qui fait que l’évènement, prévu de longue date, se télescope avec la sortie du livre de Gisèle Pélicot. L’occasion de se plonger, avec une approche scientifique et une enquête de terrain, sur l’affaire en présence de trois des chercheuses : Stéphanie Fonvielle, Mélanie Gourarier, Laurence Hérault. Et de croiser les regards pour mieux apprécier Et la joie de vivre.

    « Mon cerveau s’est arrêté dans
    le bureau du sous-brigadier »

  • Les premiers mots d’Habib Beye comme entraîneur de l’OM

    Les premiers mots d’Habib Beye comme entraîneur de l’OM

    Tout juste nommé à la tête de l’Olympique de Marseille, Habib Beye a été présenté à la presse, ce jeudi 19 février : “Tout d’abord c’est une grande fierté, très très heureux d’être ici. Vous savez l’attachement que j’ai pour ce club, maintenant comme je l’ai dit c’est un passé qu’il faut garder dans le passé”.

    Le nouvel entraîneur olympien a confie sa vision de la situation : “Aujourd’hui, c’est une autre mission qui m’est offerte aujourd’hui. Je l’ai vécu comme joueur, maintenant en tant qu’entraîneur, donc c’est un très très beau moment. Mais au-delà de ça il faut sortir des émotions et se dire que en 48 heures on a essayé d’impacter là où on pouvait impacter dans la préparation de ce match.

    Il faut qu’on soit dans une émotion très simple de savoir pourquoi on est là. J’ai juste hier eu le temps d’appeler ma maman pour lui dire parce que j’avais promis de le faire avant de signer. Donc je l’ai fait mais je pense qu’il faut qu’on soit très focus sur le travail qu’on a à faire. On aura le temps justement de rentrer dans ces émotions là et le meilleur moment sera demain soir avec une victoire pour le faire”, a souligné Habib Beye.

  • [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    La Marseillaise : Vous êtes en tournée pour votre premier album, après plusieurs singles et un EP. Qu’est-ce que cela fait de monter sur scène ?

    Linh : J’avoue que c’est incroyable. J’ai du mal à réaliser parce que c’est juste fou ce qu’il se passe. C’est vrai que c’est ma première tournée, donc j’étais un peu stressée, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais au final, je reçois beaucoup d’amour de la part du public et je passe des moments absolument hors du temps. C’est incroyable.

    C’est un premier album très intime. Comment avez-vous pensé les thématiques, la construction de l’histoire que vous partagez ?

    Linh : Oui, sur ce premier album, ça se remarque, je parle beaucoup d’amour, parce que c’est un peu ce qui m’inspire dans la vie, c’est mon moteur. Je n’ai jamais vraiment réfléchi à un thème en particulier, ce sont des choses qui me viennent comme ça, quand je commence à composer les mélodies. C’est un album très intime, ça parle de choses qui me sont arrivées, des doutes, des moments vécus. Pourtant, j’ai eu du mal à parler de moi au début. Le single Je pense à vous m’a débloqué sur le fait de pouvoir parler de soi, intimement. Au départ, j’avais très peur de sortir cette chanson, car elle était vraiment mon histoire. Mais il y a eu un engouement énorme autour de ce morceau, j’ai reçu beaucoup de messages de personnes qui s’appropriaient mon histoire, avec leur propre histoire. Ça m’a débloqué sur le fait que je pouvais vraiment écrire sur tout. C’est pour ça que dans cet album on retrouve beaucoup de choses de ma vie.

    Faire de la musique, est-ce une manière de s’exprimer sur des sujets intimes, mais aussi universels ?

    Linh : Complètement, et c’est une thérapie aussi. Par exemple, j’ai composé une chanson qui s’appelle Je t’aime, c’est sur l’amour de soi. J’ai mis presque un an à l’écrire. C’était quelque chose qui me traînait dans la tête depuis beaucoup de temps. En écrivant et en mettant des mots sur tout ça, ça m’a fait du bien, j’ai eu comme un gros soulagement. Je reçois des messages de personnes qui me remercient pour cette musique, qui me disent qu’elle les aide. Donc forcément, si moi ça peut m’aider et que ça peut aussi aider les personnes qui écoutent ma musique, ce n’est que du positif.

    Vous monterez sur scène à Marseille, puis à Avignon. Quel est votre lien avec cette région ?

    Linh : J’ai un lien très fort avec Marseille, parce que ma maman, mes tantes, mes cousines, mes grands-parents sont de Marseille. Donc c’est incroyable pour moi de me dire que je vais me produire dans cette ville pour la première fois, pour ma propre tournée. Ça me fait vraiment quelque chose. Et puis Marseille, pour moi, c’est plein de cultures qui se rencontrent, ça va vraiment avec cette idée d’ouverture culturelle. Et Avignon, c’est une ville que je trouve fantastique et c’est le sud, ça reste ma maison, puisque je viens de Nice au départ.

    Vous faites partie du collectif « Génération Pièces Jaunes », composé de 28 artistes. C’est important pour vous de participer à des initiatives caritatives ?

    Linh : C’est très important parce qu’en tant qu’artiste, et encore plus avec les réseaux sociaux, on est une vitrine. Il y a beaucoup de personnes qui s’identifient à nous, certains jeunes notamment. Je pense que c’est important de participer à des événements comme ça, comme les pièces jaunes, le Téléthon… Forcément, quand on montre des actions positives, l’effet ne peut qu’être positif. Je me dis que si chaque personne fait de son mieux, on peut arriver à quelque chose de plus beau.

    Vous faites partie de la nouvelle scène française. Comment voyez-vous ce paysage musical émergeant ?

    Linh : Je pense qu’il y a une liberté de création. J’ai l’impression qu’on va dans ce sens avec tout ce qu’il se passe en ce moment sur la scène musicale, les nouveaux artistes qui arrivent. Je trouve qu’on est de plus en plus dans l’acceptation. Il y a du respect et en même temps, on arrive à dire ce qu’on a envie de dire. Je trouve ça super. C’est un milieu qui a des côtés sublimes, magnifiques, mais d’autres côtés très compliqués. En tant que femme, pour ne pas mentir, c’est dur. Il y a beaucoup de misogynie, mais j’ai la chance d’être très bien entourée.

    Des places sont encore disponibles
    pour le concert de Marseille.
    Avignon affiche complet

  • Les supporters de l’OM punis par l’UEFA

    Les supporters de l’OM punis par l’UEFA

    Du côté de l’UEFA, lorsqu’il s’agit de sanctionner, les membres de la Commission de discipline ont une mémoire digne d’un éléphant. Ainsi, après que les supporters de l’OM se sont fait remarquer en allumant de nombreux fumigènes dans le stade Jan-Breydel lors du dernier match des Marseillais en Ligue des champions à Bruges, ladite commission s’est souvenue d’un sursis concernant le club olympien..

    Cette dernière «ordonne l’application de la sanction disciplinaire avec sursis prononcée dans sa décision du 28 février 2024, à savoir l’interdiction pour l’Olympique de Marseille de vendre des billets à ses supporters pour son prochain match à l’extérieur de compétition interclubs de l’UEFA ».

    A cela s’ajoute une amende de 25 000 euros. De plus, un nouveau sursis, qui court sur deux ans, est prononcé à l’encontre des supporters Marseillais.

  • [Entretien] Benoit Payan : « Je dis aux Marseillais : ne vous divisez pas »

    [Entretien] Benoit Payan : « Je dis aux Marseillais : ne vous divisez pas »

    La Marseillaise : Quelle lecture faites-vous de ce sondage ?

    Benoît Payan : Il faut le voir comme un instant T, qui n’est pas la vérité du scrutin. Je regarde d’abord le premier tour, et les dynamiques. Quelque chose se cristallise, ce que je dis depuis un moment est en train d’arriver : on va vers une bataille face à l’extrême droite. Dans cette bataille, il y a aujourd’hui des gens qui comme Martine Vassal ont créé de toutes pièces la possibilité de Franck Allisio de se normaliser en reprenant ses mots, ses thèses. Elle n’a pas mesuré qu’un responsable politique a une responsabilité morale éminente dans une élection.

    Le RN semble pourtant atteindre un plafond de verre ?

    B.P. : Je reste très prudent. Pour l’instant tous les sondages m’ont donné gagnant au second tour, mais je reste challenger dans ma tête, parce que c’est ma nature. Je suis un militant, membre d’une aventure collective et cela me donne une responsabilité. Je prends cette campagne comme n’importe quelle autre, même si on a une dynamique exceptionnelle, que des gens que l’on avait jamais vus nous ont rejoint. Dans une élection où la France insoumise a donné ordre à tous ses candidats dans toute la France d’aller faire perdre la gauche, quelle responsabilité, au moment où la ville peut basculer au Rassemblement national, de jouer avec la vie des gens ! Cette manière de faire est un poison pour la démocratie.

    Quel message envoyez-vous à LFI pour le second tour ?

    B.P. : Je ne parle pas aux dirigeants, je parle aux Marseillais. Ce sont des gens intelligents, je leur dis : ne vous divisez pas. La question n’est pas le deuxième tour, c’est dès le premier tour rassemblez-vous parce qu’on a le Rassemblement national à nos portes et qu’il se peut en 2027 qu’il dirige ce pays. Nous devons devenir une ville qui protège tout le monde. L’ambition personnelle ne permet pas tout.

  • A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    La Métropole Aix-Marseille Provence est bien décidée à déplacer la fontaine Estrangin implantée depuis 135 ans devant la Caisse d’épargne et la Banque de France. L’édifice emblématique où trône en majesté l’allégorie de Marseille appuyée sur le Génie du commerce sur une Méditerranée source d’abondance, gène le tracé du futur tramway du Quatre Septembre pour lequel l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique n’a toujours pas eu lieu.

    Ce n’est certes pas le premier monument marseillais à devoir déménager. De l’Hôtel de Cabre (1954) à la fontaine Fossati (1825) en passant par l’obélisque de Mazargues (1911), les monuments historiques ont la bougeotte à Marseille. Pourtant l’ancienne ligne historique du tramway au siècle dernier contournait ce magnifique ouvrage sculpté inauguré en 1890 et qui a été inscrit en totalité au titre des monuments historiques en mars 2025.

    La fontaine s’apparente à une « table d’orfèvrerie » tant l’élégance de sa vasque et de ses groupes sculptés de plusieurs dizaines de tonne en pierre blanche de Lens et de son bassin en granit rose d’Écosse est affirmée. L’ouvrage néo-baroque a été réalisé par les meilleurs artistes marseillais de la Troisième République : l’architecte Joseph Letz et Gaudensi Allar pour les dessins et le sculpteur André Allar, Grand Prix de Rome en 1869, rappelle l’historien de l’art Laurent Noet dans le guide Fontaines de Marseille.

    Pour libérer la courbe et la contre-courbe des voies ferrées reliant le boulevard Paul Peytral au cours Pierre Puget, les bureaux d’études tablent sur un déplacement de 7,57 mètres de l’ensemble monumental pour le rapprocher de la Banque de France et de l’entrée du métro. L’opération est délicate sinon périlleuse. Une maîtrise d’œuvre est prévue sur 5 ans pour concevoir de A à Z cette délicate opération. Le choix de l’architecte en chef des monuments historiques pour la piloter sera déterminant.

    Le projet prévoit aussi l’abattage de la couronne d’arbres autour de la fontaine qui sera restituée par la suite. Le démontage minutieux durant 8 semaines du monument et de sa dalle de fondation aurait lieu en 2027. Il faudra décider si la restauration sur 16 mois qui inclut le système de fontainerie intégrée se fera in situ ou en atelier. Le repositionnement et le remontage pièce par pièce de la fontaine se feraient en 2028 sur une durée de 12 semaines.

    Un diagnostic patrimonial de la Ville de Marseille est attendu d’ici mars. Car c’est à sa ville natale que le négociant Henri Estrangin avait offert la fontaine. La future maîtrise d’ouvrage devra réaliser une étude de faisabilité et d’ingénierie structurelle pour élaborer la méthodologie du déplacement, sa conformité au protocole patrimonial fixé par la Conservation régionale des Monuments historiques qui délivrera l’autorisation de travaux. L’ardoise promet déjà d’être salée. L’enveloppe prévisionnelle des travaux table sur 672 000 euros TTC.

    Le projet inquiète l’association nationale Sites & Monuments pour qui « c’est une opération à haut risque patrimonial » et pour « un projet qui ne met pas en valeur la mémoire et la lecture historique des espaces urbains de Marseille ». Sa déléguée Sandrine Rolengo considère que « l’implantation du futur tramway sur cette place risque d’en altérer profondément la vocation paysagère, en substituant à un espace ouvert, lisible et patrimonial un aménagement principalement fonctionnel. Une telle transformation porterait atteinte à la qualité du cadre de vie ainsi qu’à la cohérence historique et esthétique du site ».

    « C’est une opération
    à haut risque patrimonial »

  • Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    La guerre de succession de François Hommeril, actuel président de la CFE-CGC, passe par Marseille. Alors qu’il doit passer le flambeau après plusieurs mandats lors du congrès de juin prochain, Christelle Thieffine, candidate annoncée, est « venue prendre le pouls » des sections syndicales locales pendant deux jours. La salariée de Thalès, issue de la fédération de la métallurgie et secrétaire nationale à la protection sociale va faire face à Frédéric Guyonnet, banquier et président du Syndicat national de la banque (SNB) lors du scrutin. Elle a donc un programme chargé pour cette tournée électorale, entre visite du Centre de formation d’apprentis industriel (CFAI), rencontre avec les marins de Corsica Linea ou encore passage à la CMA-CGM. « Ce qui m’importe, c’est comment on arrive à défendre un modèle social face à un dumping. Je viens découvrir comment les équipes font face aux enjeux de décarbonation, sur l’étang de Berre et Fos », entame-t-elle, entourée de Pierre Maupoint de Vandeul, président de la CFE-CGC transport et logistique et officier de Corsica Linea et de Jérôme Yvernault pour la métallurgie. Elle défend notamment « la décarbonation et la transition écologique » mais à condition que ça ne se fasse « pas au détriment de la compétitivité des entreprises ».

    Rappelons que François Hommeril s’était attaché à casser l’image d’un syndicat réformiste pas vraiment contestataire attribué à la CFE-CGC, avec de nombreuses sorties de haute volée à l’encontre du gouvernement lors de la lutte contre la réforme des retraites (lire notre article du 07/10/2022). Le tout, en restant conciliant avec le patronat dans les négociations sur le terrain et dans les entreprises. Christelle Thieffine entend s’inscrire dans ses pas évoquant une « continuité ». Elle met en avant le « volet responsable de nos revendications » tout en taclant « certains observateurs du monde économique qui ne veulent pas du bien aux organisations syndicales ». « On a une voix atypique. On est la seule organisation représentative qui progresse d’élection en élection », développe-t-elle. En effet, le syndicat talonne Force ouvrière pour la troisième place en matière de représentativité au niveau national. Et se targue d’être la première organisation dans certains mastodontes dont EDF, Stellantis, chez les personnels sédentaires des entreprises de navigation ou encore au siège marseillais de la CMA-CGM.

    Le cas d’Alliance

    et l’extrême droite

    Reste le sujet épineux du très droitier syndicat de policiers Alliance, affilié à la CFE-CGC, à l’origine de manifestations fin janvier à laquelle ont participé de nombreux représentants de l’extrême droite, dont Marion Maréchal Le Pen ou encore Sarah Knafo. L’adversaire de Christelle Thieffine, Frédéric Guyonnet, était d’ailleurs au second rang à la manifestation parisienne. « On est un syndicat apolitique, on ne fait pas de politique politicienne. Tant que je serai là, on tiendra cette position », martèle Christelle Thieffine. Une référence à une lettre de François Hommeril critiquant la présence des dits élus. « Il y a eu de la réactivité des autres organisations, ce moment n’a pas été simple à gérer », reconnaît Pierre Maupoint de Vandeul.

  • Benoît Payan en tête d’un sondage, talonné par l’extrême droite

    Benoît Payan en tête d’un sondage, talonné par l’extrême droite

    Ce sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV/La Provence/ Le Figaro a été réalisé entre le 9 au 16 février, sur un échantillon de 1 032 personnes représentatives de la population résidente de Marseille âgée de 18 ans et plus, dont 800 inscrits sur les listes électorales.

    Alors que les dernières enquêtes d’opinion donnaient une égalité entre la liste (Printemps marseillais) portée par Benoît Payan et celle de Franck Allisio (RN), avec 30% ou 31% des intentions de vote, ce dernier sondage, publié mercredi, redonne un léger avantage au maire sortant, au premier tour. Benoît Payan (DVG) est en tête (31%) avec deux points d’avance sur le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio.

    Cette enquête confirme un léger recul pour le candidat d’extrême droite (29%), par rapport aux derniers sondages. Mais ce résultat permet au chef de file RN de rester au coude-à-coude avec le maire sortant.

    Ce nouveau sondage confirme également un recul des intentions de vote pour Martine Vassal (DVD), créditée de 21% au premier tour. La candidate de la droite et du centre affichait 26% dans un sondage en décembre dernier(Ifop-Fiducial pour La Provence et Sud Radio) en décembre dernier, puis 23% dans celui paru le 12 janvier dans nos colonnes (La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA).

    Dans un communiqué de presse publié en réaction à ce sondage, mercredi, la liste menée par la présidente de la Métropole et du Département réaffirme que Martine Vassal est « la seule capable de gagner face à Benoît Payan ». Et d’affirmer : « Il n’y aura aucun retrait, ni accord. Martine Vassal se maintiendra. »

    Du côté de la liste de la France insoumise, le candidat Sébastien Delogu est crédité de 12% au premier tour. Le député des 15-16 élu dans les quartiers nord depuis 2022 compte deux points de moins que dans l’enquête d’opinion publiée par La Marseillaise, le 12 janvier.

    Le candidat Erwan Davoux (divers droite), qui se présente avec Nora Preziosi, et qui se positionne ouvertement contre Martine Vassal, affiche un score stable autour des 2% au premier tour. Rémy Bazzali ,de Lutte ouvrière, reste à 1% des intentions de vote. Le candidat de l’Écologie au centre ,Victor Hugo Espinosa, qui récolte 4% des intentions de vote, a déclaré, ce mercredi, se retirer, dénonçant « un coût de campagne » trop élevé et le danger « que Marseille bascule dans l’extrême droite ».

    Le sondage présente également quatre configurations possibles pour le second tour, en fonction des maintiens ou retraits de divers candidats en lice. Tous donnent la victoire à la tête de liste du Printemps marseillais, mais pas avec la même avance.

    Quadrangulaire

    ou triangulaire serrée

    Dans le cas de figure d’une quadrangulaire, sans désistement, le sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV/ La Provence / Le Figaro donne la victoire au maire sortant, mais avec seulement 34% des intentions de vote, contre 32% pour le candidat RN. Martine Vassal gagnerait quant à elle un seul point (22%),et Sébastien Delogu resterait au même score (12%).

    Dans l’hypothèse d’un retrait de la présidente du Département, peu probable au dire de son communiqué, Benoît Payan l’emporterait avec 44%, Franck Allisio suivrait avec 42% et Sébastien Delogu gagnerait 2 points, passant à 14%.

    Dans le cas d’un désistement du candidat insoumis, le Printemps marseillais se démarquerait du candidat d’extrême droite. Dans le cas de cette triangulaire, le maire sortant recueillerait 45%, contre 32% pour Franck Allisio et 23% pour Martine Vassal.

    Dans le cas d’un duel entre le leader du Printemps marseillais et celui Rassemblement national, la liste de Benoît Payan l’emporterait avec 56% des intentions de votes, contre 44% pour le candidat d’extrême droite.

  • Un pastis collaboratif à déguster dans le panier

    Un pastis collaboratif à déguster dans le panier

    On voulait faire un pastis de quartier à la recette unique », confie Guillaume Ferroni devant une petite foule venue par curiosité pour l’ouverture de l’enseigne.

    Cet entrepreneur passionné d’histoire des spiritueux a créé un pastis qu’il veut ancrer localement dans le Panier : « tous les habitants qui le souhaitent peuvent contribuer », explique-t-il. Il a pour projet de créer un réseau de récolteurs urbains qui cultivera des plantes aromatiques, lesquelles contribueront à la fabrication du spiritueux. En échange, les contributeurs se verront réserver une cuvée exclusive et des ateliers autour du spiritueux deux fois par an. L’enseigne s’engage également à réaliser des donations aux associations œuvrant dans l’embellissement et la végétalisation du quartier.

    Espace muséal et culturel

    Le passionné d’histoire a mis en œuvre un petit musée sur l’un des murs de sa boutique, retraçant l’histoire des spiritueux qu’il détaille pour l’occasion. On y apprend que le pastis est apparu après l’interdiction de l’absinthe, crée au XIXe siècle, pour combler le vide laissé chez les consommateurs. « Des dégustations commentées, des ateliers pour apprendre à élaborer son propre pastis ou encore des initiations au rituel de l’absinthe seront organisés plusieurs fois par an », conclut Guillaume Ferroni, fier de présenter le premier pastis du Panier.

    Le pastis du Panier,
    4 place des 13
     cantons.

  • L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    Difficulté pour se loger, manque d’attractivité, service public menacé… Pour le ministre de la Fonction publique, David Amiel, il s’agit de revoir l’équation dans des territoires où la pression foncière et le manque de logements sociaux pèsent lourds dans le budget des fonctionnaires. À la cité des douanes, au cœur de la Belle-de-Mai (3e), il a pu découvrir a contrario que la vie était plutôt agréable pour les agents. Au sein de cet ensemble de 11 bâtiments en pleine rénovation, qui abrite les douaniers depuis 1904, « on vit bien », résume Franck Testanière, directeur interrégional des douanes qui fait office de guide, même si, depuis le Covid, le quartier est « passé de populaire à difficile » nuance un des habitants.

    Le taux d’occupation des 200 logements habitables sur 240, du T2 au T4 avec des loyers accessibles, de 300 à 500 euros par mois, est de 100% poursuit le directeur, pour moitié des douaniers actifs et retraités, le reste étant dévolu aux autres fonctionnaires de Bercy. Deux bâtiments abritent des étudiants du Crous. Un « modèle innovant » se félicite le ministre… Rendu possible quand l’État n’a pas vendu les bijoux de famille, comme dans les Alpes ou le Vaucluse glissera au passage le directeur interrégional.

    Diagnostics territoriaux

    Mais « il y a une mobilisation générale du gouvernement pour le logement des agents publics, dont beaucoup sont des travailleurs en première ligne, ceux que l’on avait applaudis pendant la crise sanitaire et qui ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur travail », assure David Amiel. Et de mettre en avant une proposition de loi portée par le groupe Renaissance pour leur faciliter l’accès au logement. « En parallèle, il y a la mobilisation des préfets pour trouver des solutions », complète-t-il, en permettant les réservations de logements sociaux, en faisant du logement intermédiaire ou temporaire.

    Dans une circulaire, le ministre va leur demander des « diagnostics territoriaux précis par métiers, par fonction publique ». Sur notre territoire, le travail a déjà été réalisé au niveau régional, avec l’Insee. Les besoins sont « criants à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute Provence où il y a peu de biens à louer », indique le ministre. Des indications qui demandent à être « affinées au niveau départemental », précise Isabelle Épaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances. Convenant que la tension est forte sur le logement social, elle souligne aussi « des signaux favorables » avec « une reprise du nombre d’agréments en 2025 », elle compte sur la loi, les gros projets de rénovation urbaine et de réhabilitation des co-propriétés dégradées à venir. Les préfets doivent rendre leur copie d’ici fin avril pour l’état des lieux, fin juin pour des actions ciblées.