Tag: Marseille-Fos

  • Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    « Mettre Marseille au cœur du jeu méditerranéen. » Jean-Pierre Cochet (PS), l’adjoint au maire de Marseille en charge du dynamisme économique, résume l’enjeu du salon Euromaritime qui a débuté mardi, et prend fin ce jeudi, au parc Chanot à Marseille. Un grand raout qui réunit « industries navales, armateurs, ports, logisticiens, énergéticiens, start-up ou institutionnels », de 16 pays différents.

    Et surtout des visites ministérielles prévues aujourd’hui pour la clôture. Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, doivent y tenir le « comité stratégique de filière des industriels de la mer » et y faire quelques annonces de taille en lien avec la décarbonation. Lesquelles sont particulièrement attendues par les acteurs économiques. « C’est un enjeu pour le territoire, en matière de croissance économique, de souveraineté industrielle et de réorganisation des routes commerciales mondiales », rappelle Jean-Luc Chauvin, le président de la Chambre de Commerce et d’Industries. Dans son viseur, des parts de marché à conquérir pour la zone Marseille-Fos et toute l’économie qui en découle. « À côté de la route de la soie de la Chine, il y a l’Inde et le Moyen Orient qui se réorganisent avec l’Imec [Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe, Ndlr.]. C’est une route d’avenir pour recréer une souveraineté, il y a plusieurs points de croissance à prendre. » De quoi faire le lien avec l’objectif dessiné par Jacques Hardelay, président d’honneur du salon et de Marseille Provence Croisières  : « Développer de nouveaux partenariats et nouer des coopérations industrielles et commerciales. »

    Plus facile à dire qu’à faire à l’heure où les voies maritimes font les frais de la géopolitique mondiale. « La convergence espérée dans un monde globalisé n’aura pas lieu, il y a un retour des impérialistes et des distorsions de concurrence », juge Timothée Moulinier, délégué à la recherche et développement au Gican (Groupement des industries de construction et activités navales), principal syndicat professionnel du secteur.

    « Préservation des modèles sociaux »

    La CGT des Marins de Marseille appréciera (lire article ci-contre). « Il y a des enjeux de préservation de nos modèles sociaux, d’emplois. Il faut réfléchir à quelles sont les industries de demain et la décarbonation en est une. C’est l’occasion de faire de nouvelles usines », plaide Timothée Moulinier, appelant à un « protectionnisme intelligent ». En résumé, les patrons du secteur maritime français, historiquement construit sur le mantra du libre-échange et largement exportateur, en appellent à la planification et au « soutien de l’État » face à la concurrence américaine et asiatique. « Développer des énergies alternatives, des navires plus sobres, des systèmes propulsifs innovants, suppose plus d’un milliard d’investissements par an », insiste Jacques Hardelay.

    D’où la venue des ministres et d’où l’attente des industriels pour des actions très concrètes sur les infrastructures de Marseille-Fos en lien avec l’Axe Méditerranée-Rhône-Saône (MeRS). « On ne parle plus de lignes maritimes mais de corridors et on a la chance d’avoir un hinterland élargi avec l’axe MeRS. On travaille à le développer avec des questions d’intermodalité, sur le fleuve et sur le rail », résume Amal Louis, directrice du développement commercial du port Marseille-Fos. Jean-Luc Chauvin ajoute : « On a 6% de trafic fluvial par le Rhône contre 20% en Europe en moyenne dans les corridors fluviaux. Tant qu’on n’est pas connecté de façon fiable, on ne pourra pas prétendre à rendre nos infrastructures indispensables pour rejoindre l’Asie et l’Orient. »

    Mais la réindustrialisation verte de Marseille-Fos reste suspendue à des mesures concrètes, à l’instar de la ligne électrique à très haute tension de 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent dans le Gard et Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône. Vitale pour les projets industriels décarbonés, la ligne doit être construite par RTE à qui l’État, bien qu’ayant validé le projet le 18 décembre, demande la poursuite du débat public sur le volet environnement. « On a la nécessité de disposer d’une alimentation électrique sécurisée, rénovée et quantitativement adaptée aux besoins des industriels », précise auprès de La Marseillaise, le préfet de région, Jacques Witkowski. Il rassure : « Des industriels cherchent des tours de table financiers. Les délais seront ce qu’ils seront. Nous rechercherons des voies d’acceptabilité. Notre mission est de construire un dossier solide. » Et accepté par les citoyens.

    Repères

    Un salon incontournable pour les acteurs de la mer

    Euromaritime est un salon majeur pour le secteur puisqu’il rassemble pas moins de 300 exposants et reçoit plus de 5 000 visiteurs venus du monde entier dont moults consuls et ambassadeurs. On y retrouve un stand XXL de la Norvège, un autre de l’île indonésienne Batam mais aussi des chantiers navals de Marseille, de la CMA-CGM, de l’Université de Toulon, de la Région Sud…

    Une décarbonation porteuse d’emplois

    La réindustrialisation verte du golfe de Fos et du pourtour de l’Étang de Berre comporte une trentaine de projets au coût estimé autour des 20 milliards d’investissements au total. Lesquels concernent principalement l’acier vert, l’hydrogène, la chimie et évidemment les activités portuaires à l’instar de l’éolien flottant. Les premières prévisions tablaient sur la création de 60 000 emplois mais le préfet de région, Jacques Witkowski, a évoqué 115 000 emplois récemment. De quoi renflouer les flux du port de Marseille-Fos.

    500 000

    Selon Jacques Hardelay, président de Marseille Provence Croisières, la filière maritime en France représente 500 000 emplois pour une production estimée à 120 milliards d’euros. Pour la seule industrie navale c’est 57 000 emplois directs.

    50

    La filière mer française réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’export, dont 95% pour la construction navale civile, selon les chiffres gouvernementaux. C’est 43% pour le versant Énergies Marines Renouvelables (EMR), selon Business France cette fois.

  • Les élus face à la révolution industrielle

    Les élus face à la révolution industrielle

    À l’Ouest du département, le ballet des camions sur la RN568 est incessant. D’ici 2030, ces véhicules (4 600 poids lourds par jour dont 700 opérant du transport de matières dangereuses) ne passeront plus par ce qui sera, Laurent Belsola (PCF) et Gaby Charroux (PCF) l’espèrent, un boulevard urbain, mais par le contournement autoroutier qui passera au nord de leurs deux villes Martigues et Port-de-Bouc.

    Déclaré d’utilité publique en 2017 et demandé depuis plus de cinquante ans par la population et les élus du territoire, cet aménagement est enfin entré dans le concret en juillet 2025 avec la signature de son protocole de financement. Au total, 228 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics (État, Région, Département, Métropole et Grand Port maritime de Marseille-Fos – GPMM) pour construire près de 7 km de 2×2 voies, deux échangeurs et 12 ouvrages d’art.

    Loin d’être un hasard, cette somme a été obtenue à la faveur de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos. « On a pris en compte le fait que l’économie mondiale est là, c’est le premier investissement qui permet de dire que la ZIP va se développer et prendre une autre dimension », notait le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola lors de la signature en préfecture.

    Des décisions finales d’investissement en 2026

    De la même manière que, dans les années 1970, le développement de la sidérurgie dans les bassins Ouest du port, et notamment les implantations de Solmer et d’Ugine, ont entraîné une arrivée massive de travailleurs lorrains, l’arrivée de nouveaux acteurs économiques devrait bouleverser la physionomie du territoire dans les années à venir.

    Près de cinquante projets industriels ont été identifiés par la Commission nationale du débat public, qui a mené une concertation globale du 2 avril au 13 juillet dernier, dans les secteurs de l’hydrogène (H2V), de la sidérurgie dite « verte » (GravitHy, Marcegaglia), des carburants bas-carbone pour le maritime et l’aviation (Neocarb), la chimie, de la pétrochimie, de l’aérien (pôle Jean-Sarrail), des énergies (Carbon), ou encore de la logistique. Près de 15 milliards d’euros privés sont attendus dans la zone. Alors que le contexte national et international est pour le moins instable, lors des vœux du GPMM, le président du directoire Hervé Martel rappelait : « 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. » Les pouvoirs publics et le monde économique parlent déjà de 10 000 emplois directs créés d’ici 2030-2035. Charge aux communes alentour d’être en capacité d’accueillir ces nouveaux travailleurs et leurs familles.

    Pour le président du conseil de surveillance du GPMM, Christophe Castaner, « notre responsabilité est de rendre possible l’implantation de ces projets, en aménageur et propriétaire foncier, en accompagnant massivement les infrastructures publiques ». Le port vient d’adopter son projet stratégique 2025-2029, qui prévoit plus d’un milliard d’euros d’investissements, dont 77% seront consacrés aux bassins Ouest. En ligne de mire : l’extension du terminal avec le projet Fos 3XL à horizon 2031, la desserte du môle central et l’élaboration d’un schéma directeur ferroviaire pour anticiper les flux.

    La ligne THT divise

    Indispensable, l’alimentation électrique constitue la pierre d’achoppement de la transition industrielle de la zone. D’après le port, les besoins sont estimés à 2,4 GW supplémentaires sur le seul môle central d’ici 2029, et plus de 6 GW à l’échelle du golfe de Fos à l’horizon 2030. Pour y répondre, un projet de ligne aérienne très haute tension de 65 km et 180 pylônes avait été présenté au public, suscitant de vives oppositions des agriculteurs, des associations écologistes et des élus du pays d’Arles, amenant le collectif THT 13/30 à proposer une solution alternative d’enfouissement partiel.

    Dans leur rapport publié en décembre, les services de l’État ont acté le report de leur décision sur la réalisation de cette infrastructure électrique, exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE. Un consensus sera-t-il trouvé ?

    « Rendre possible l’implantation de ces projets »

  • Le port prévoit d’investir plus d’1 milliard d’ici 2029

    Le port prévoit d’investir plus d’1 milliard d’ici 2029

    Les résultats de l’année qui vient de s’écouler confirment que le Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) « s’appuie sur des fondements solides », comme le glisse le président de son conseil de surveillance Christophe Castaner. Alors que le « schéma de la mondialisation » devient « segmenté et instable », avec une « reconfiguration des alliances maritimes » et une « repolitisation du commerce international », les chiffres présentés lors des vœux montrent une croissance positive.

    Le trafic total atteint 74 millions de tonnes, soit une hausse de 5%, grâce à une dynamique insufflée par l’évolution des vracs solide et liquide. Le transport de passagers enregistre aussi une augmentation de 4%. Avec un chiffre d’affaires de 235,3 millions d’euros (+5%), les finances se portent bien. L’investissement a dépassé les objectifs annoncés de 10 millions d’euros, atteignant 105 millions d’euros.

    Des incertitudes

    Alors que le GPMM vient d’adopter son plan stratégique 2025-2029, qui prévoit d’1 à 1,3 milliard d’euros d’investissements, Christophe Castaner souligne « un effort massif particulièrement important : trois fois plus que le programme précédent 2020-2024 ». Avec deux objectifs : « Décarboner et reconstruire un avantage compétitif durable. »

    Car si le port tient le cap, il a certaines fragilités : le trafic de containers reste tout juste stable, avec 1,45 million d’équivalent vingt pieds qui y ont transité en 2025, « alors qu’on observe une croissance des volumes passés en Méditerranée », analyse le président du conseil de surveillance. En réponse, afin d’assurer une montée en capacité de ses terminaux, le GPMM déploie notamment le projet Fos 3XL.

    En 2026, certains grands projets verront le jour, à l’instar du démarrage de Phare (le projet architectural du futur siège social et la réhabilitation de la Halle J0) ou de la première connexion à quai des bateaux de croisières, le résultat de 200 millions d’euros investis dans l’électrification depuis 2017. « Marseille-Fos sera le premier port d’Europe capable de brancher simultanément trois navires », annonce fièrement Christophe Castaner. D’autres projets sont plus incertains, comme Deos, une plateforme de construction et d’assemblage d’éoliennes flottantes sur la zone industrialo-portuaire de Fos. « Le projet se heurte à deux difficultés : son financement et sa compatibilité avec les trajectoires aériennes militaires et civiles », admet Hervé Martel, président du directoire du port.

    Plus globalement, les bouleversements liés au contexte géopolitique apportent leur lot d’incertitudes quant aux 15 milliards d’euros d’investissements privés attendus à l’Ouest. Hervé Martel assure : « On travaille pour investir sur le môle central car les projets sont là, pas totalement engagés de façon ferme et définitive, mais on prend une partie de risque pour être au rendez-vous quoi qu’il arrive. 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. »

  • La coordination rurale bloque un temps l’accès au port

    La coordination rurale bloque un temps l’accès au port

    Une trentaine d’agriculteurs et une quinzaine tracteurs ont bloqué le rond-point des Bannes mercredi matin, dès 5h30, à l’appel de la Coordination rurale des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.

    La mobilisation nationale du syndicat proche de l’extrême droite marque son opposition à la gestion de la crise de la dermatose nodulaire bovine, au Mercosur, mais aussi contre la « suradministration » et les « retraites indignes ».

    Les forces de l’ordre sont intervenues en milieu de matinée pour éconduire les agriculteurs manifestants, à renfort de deux escadrons de gendarmerie mobile et de deux blindés Centaure. L’objectif était de « ne pas bloquer d’axe de circulation structurant » selon la Préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

    « L’extrême droite n’a pas sa place au port »

    Le déversement de terre et de déchets des agriculteurs aux abords immédiats de la zone industrielle a vivement fait réagir le syndicat CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du Golfe de Fos. « De telles intimidations ne servent pas la lutte des agriculteurs français », affirme le syndicat dans un communiqué de mercredi après-midi.

    L’un des tracteurs arborait l’inscription « Jordan 2027 », provoquant l’ire de la CGT : « L’extrême droite n’a pas sa place dans notre port de Marseille-Fos », tancent les syndicalistes, rappelant les racines « Waffen SS et collaborationnistes » du parti de Jordan Bardella.

    Pour autant, le syndicat est « solidaire du combat des agriculteurs contre le Mercosur qui entraîne une concurrence déloyale et le non-respect des normes sanitaires et environnementales ».

  • Des investissements sans précédent pour le port

    Des investissements sans précédent pour le port

    En amont du conseil de surveillance du Grand port maritime de Marseille (GPMM) qui s’est déroulé ce jeudi, son président, Christophe Castaner et Hervé Martel, président du directoire du GPMM, ont dévoilé à la presse le projet stratégique Marseille-Fos 2025-2029. Une feuille de route qui trace les orientations de la structure pour les prochaines années. « Notre objectif c’est faire en sorte que le port de Marseille soit un acteur incontournable du commerce méditerranéen », campe Christophe Castaner.

    Plus d’un milliard d’investissements à venir

    Et dans cette optique, les deux présidents annoncent des investissements plus que massifs. « On est sur un niveau d’investissement sans précédent qu’on situe entre 1 milliard et 1,3 milliard dans les 4-5 ans qui viennent », explique Christophe Castaner, précisant que « sur les 5 années précédentes, la réalité d’investissement était de 340 millions d’euros ». Hervé Martel abonde : « On est passé de moins de 250 millions à 340 millions puis à 1 milliard. Vous voyez la croissance exponentielle. » Des montants inédits pour le GPMM avec « des acteurs privés qui prennent part à ce projet de territoire ».

    Renforcement des trafics

    Et qui dit investissements massifs, dit projets massifs à venir. « On va étendre le terminal à conteneurs du premier armateur mondial », annonce Hervé Martel, qui évoque une « dynamique de développement commune avec MSC ». C’est le fameux projet Fos 3XL qui implique 450 mètres de quai supplémentaires, extension de terre-plein etc. Une « opération à 220 millions d’euros très structurante », insiste-t-il. « Ça permettra d’accoster deux très gros navires et d’avoir un quai public pour les barges », Le tout, « pour faire face aux besoins et ça nous donne une capacité à très long terme pour faire plus de conteneurs ». Dans cette lignée, le GPMM avance aussi sur les zones logistiques Feuillanne Nord et ZSP2 (Zone de services portuaires), à l’arrière des terminaux. On parle de plusieurs centaines d’hectares « d’entrepôts qui vont pouvoir sortir de terre dans les années qui viennent ».

    Connexion ferroviaire et fluviale

    Autre sujet d’importance : « L’interface port-fleuve et port-rail sera considérablement améliorée », promet Hervé Martel. Et Christophe Castaner espère faire du GPMM « la porte d’entrée d’un hinterland élargi » ciblant notamment l’axe MeRS (Méditerranée, Rhône et Saône). En lien avec cette question de la desserte du port via le rail, Hervé Martel insiste sur « le dynamisme du trafic de remorque ». « Il y a du travail pour structurer le roro [trafic roulier, c’est-à-dire le transport de marchandises roulantes voitures, poids lourds, remorques Ndlr] ». Dans ce cadre, « on travaille à des connexions ferroviaires pour les bassins Est », poursuit Hervé Martel. Plus globalement, le GPMM table sur 25% de part modale du ferroviaire pour les conteneurs d’ici 2040, et 11% de part modale de fluvial. Côté route, le port est aussi partie prenante dans le contournement routier de Martigues-Port-de-Bouc.

    Des questions de dialogue

    Enfin, les deux présidents insistent sur « le rapport ville-port ». Un exemple de la bonne volonté affichée : « La saison prochaine, on branchera les navires de croisière. » Le GPMM entend aussi avancer sur l’interface avec « l’aboutissement d’un projet d’une nouvelle gare maritime Corse commune aux deux armateurs ». Le tout, en lien avec le projet Phare, la rénovation du siège du GPMM à la Joliette. Pour le J4, « on a décidé d’en assurer nous-mêmes la maîtrise d’ouvrage », précise Hervé Martel. Et le J1 « est sur les rails ». Castaner loue « une révolution spatiale » quand Hervé Martel souligne « une vraie rupture sur la relation de territoire à Marseille ». Autre aspect de ces questions de rapports sociaux : le dialogue social. Et notamment avec la CGT suite à la présentation de sa feuille de route, la semaine dernière. « La CGT a fait une communication sur ses attentes pour ce projet stratégique, on s’y retrouve globalement même s’il y a des critiques et remarques qu’on ne partage pas », conclut Christophe Castaner.

  • [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    La Marseillaise : Quelles conséquences pourrait avoir la baisse de la taxe « versement mobilité », passée de 0,15% à 0,08% en octobre sur décision de la Région ?

    Robin Matta : Cet impôt avait été décidé au moment où on avait fait le bilan de l’état du réseau ferré national qui est vieillissant, puisqu’on considère qu’il a trente ans de retard de rénovations. Le fonds constitué par cette taxe devait aider à financer les infrastructures. À Miramas, on est concernés non seulement pour la gare de triage mais aussi, du côté voyageurs, pour la création de la passerelle. On craint que ces investissements-là ne puissent pas arriver à terme, ou en tout cas que ce soient les derniers. Or on a la ligne de la Côte Bleue qui est encore en partie à réhabiliter. Avec cette baisse de la taxe, la Région brosse dans le sens du poil le patronat et abandonne toute perspective de développement.

    Sans oublier le développement des bassins ouest du Grand Port maritime de Marseille-Fos.

    R.M. : Il n’y a toujours qu’une voie ferrée pour sortir de la zone indstrialo-portuaire en train, ce qui est un problème. Il faut mettre ça en parallèle avec le grand débat sur la décarbonation. Sans financement de l’infrastructure, on ne pourra rien faire. Jean-Pierre Farandou avait déclaré qu’il manquait 1 milliard d’euros par an pour l’entretien et la régénération du réseau ferroviaire. Où va-t-on le trouver si ce n’est en taxant le capital ?

    Le Contrat plan État Région (CPER), signé lundi, alloue 47 millions d’euros au fret ferroviaire. Est-ce suffisant ?

    R.M. : Le CPER dépend de la validation du budget. Cette somme n’est de toute façon pas suffisante. 47 millions d’euros peuvent à la rigueur permettre de maintenir l’existant, mais c’est sous-évaluer le besoin. Une grande partie de ce contrat va en fait être fléché sur des lignes qui seront prochainement ouvertes à la concurrence, comme la ligne des Alpes en lien avec les JO d’hiver. L’idée, c’est de faire le lit à la concurrence alors que pour le coup, maintenant, on a un bilan qui est que Transdev assure 84% de régularité sur Marseille-Nice, contre les 93% annoncés.

  • Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    « Les industriels ont mis l’aspect concurrence de côté pour privilégier la croissance à travers la décarbonation », résume Isabelle Campagnola-Savon, conseillère régionale déléguée à l’économie, lors du 3e forum Syrius.

    Syrius, pour synergies régénératives industrielles du Sud. C’est bien ce que cherche à faire ce programme, lauréat de l’appel à projets « Zone industrielle bas carbone » (ZIBaC) opéré par l’Ademe (Agence pour la transition écologique) dans le cadre de France 2030 : amener la cinquantaine d’acteurs industriels qui y prennent part, répartis entre Fos-sur-Mer, Berre-l’Étang, Gardanne et Manosque, à se fédérer autour de la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, avec un objectif de -80% d’ici 2050. Pour Nicolas Mat, coordinateur de la démarche lancée en 2023, ce projet illustre la capacité du monde économique à « coopérer, partager et construire une trajectoire collective (…) en mutualisant les ressources et les infrastructures ».

    Un outil stratégique

    Après une première phase de deux ans lors de laquelle 28 études ont été financées à parts égales par l’État et les industriels pour un budget global de 8 millions d’euros, Syrius entre désormais dans une étape plus concrète qui débutera en 2026 et qui visera à approfondir les pistes soulevées. « Les premières conclusions montrent qu’il faut pouvoir disposer de plusieurs leviers pour décarboner, qu’on a le devoir de les actionner tous simultanément et qu’une approche non pas par filière mais territoriale et intersectorielle peut être un game changer pour accélérer et atteindre encore plus vite nos objectifs », énumère Nicolas Mat. Les principaux vecteurs mis en avant sont le déploiement d’un hub hydrogène bas carbone régional (le coût estimé peut aller jusqu’à 5 milliards d’euros) et la structuration d’un hub de CO2 (entre 2 et 6 milliards d’euros).

    Ces enseignements ne sont pas que de la théorie. « Le programme Syrius permet de faire un état des lieux, de savoir quelles filières structurer demain pour réussir la décarbonation », affirme Isabelle Campagnola-Savon. Rémi Costantino, directeur général adjoint du Grand port maritime de Marseille-Fos, abonde : « Dans le milliard d’euros prévu dans notre plan stratégique pour les cinq prochaines années, on flèche un certain nombre d’investissements en fonction des résultats de ces études pour être la bonne plateforme, le bon substrat dans lequel les industriels vont s’implanter. »

    Le dossier de candidature pour la deuxième phase de l’appel à projets a été déposé en juillet 2025 « avec un lot d’une trentaine d’études pour un peu plus de 30 millions d’euros de budget », détaille Nicolas Mat. « Les services de l’État sont en train d’instruire le dossier (…) et devraient pouvoir nous indiquer dans les prochaines semaines les études qui ont été sélectionnées pour un co-financement public. » Simon Deltombe, coordinateur national ZIBaC à l’Ademe, rassure : « Indépendamment de toutes les discussions budgétaires du gouvernement, le budget de l’appel à projet est sécurisé, l’enveloppe dédiée est là et ne sera pas remise en cause. »

  • Tout schuss pour les transports

    Tout schuss pour les transports

    Clé du développement économique et social d’un territoire, les transports ont pourtant été longtemps le maillon faible de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    S’il reste des décennies d’inertie à rattraper, plusieurs réalisations sont désormais lancées et, surtout, incluses et financées via un avenant décisif au volet « mobilité » du plan État-Région signé lundi à Marseille. Celles et ceux qui attendaient cet engagement avec impatience seront très attentifs à son application.

    1,8 milliard d’euros d’investissements au total seront injectés dans des projets indispensables aux six départements de la région, sur route, mer et fer. Citons notamment l’amélioration de la desserte routière de la Zone industrialo-portuaire de Fos et l’Étang de Berre (210 millions d’euros), à travers le contournement de Martigues-Port-de-Bouc et la liaison Fos-Salon.

    Hisser au plus haut l’hinterland

    Mais aussi le développement du fret ferroviaire à Fos, Arles et Miramas également dans les Bouches-du-Rhône, vital pour hisser au plus haut l’hinterland d’un des plus grands ports d’Europe. Car sans infrastructures de transports, le développement industriel restera au stade de l’incantation alors que la région dispose des savoir-faire pour bâtir l’industrie du XXIe siècle.

    Pour les habitants, des Alpes aux rives de la Méditerranée, pouvoir mieux se déplacer c’est s’ouvrir des horizons notamment pour étudier, travailler mais aussi s’évader. Si à bien des égards, les JO 2030 ne sont pas exempts de critiques, la préparation de l’événement planétaire aura permis d’accélérer l’engagement de l’État. Gageons que désormais, au sud de l’Hexagone c’est tout schuss pour les transports.