La sentence est tombée. Près d’un mois après le procès de Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT au Grand Port maritime de Marseille (GPMM), et de Bernard Cristalli, ancien secrétaire du Comité social et économique (CSE) au Port, la 6e chambre du tribunal correctionnel de Marseille a rendu sa décision, ce lundi.
Devant une foule de soutiens cégétistes, mobilisés dès 8h sur le parvis du tribunal (6e), Pascal Galéoté révèle sa condamnation : 12 mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité sans exécution provisoire. Bernard Cristalli écope de la même peine, avec une amende allégée à 3 000 euros. Le parquet réclamait 18 mois de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité.
Les deux hommes, qui contestent les faits, sont condamnés pour « abus de confiance » dans le cadre de leur gestion du budget du CSE du Port, entre 2014 et 2018. Le tribunal établit qu’au total, 264 833 euros ont été détournés en cinq ans, sans que soit respecté « l’usage déterminé du budget activité économique et professionnel du CSE ». Parmi les dépenses pointées du doigt : 98 527 euros de frais de restauration, 49 118 euros de frais de déplacements et 33 992 euros de cadeaux et dons divers.
de l’action syndicale »
Posté face à ses soutiens venus en nombre, devant les grilles du tribunal où avait pour l’occasion été accrochée une banderole « Stop à la criminalisation de l’action syndicale », Pascal Galéoté a annoncé faire appel de la décision. « Mes camarades, je pense qu’on ne pouvait pas faire pire », s’est indigné le leader CGT au Port.
Il souligne tout de même deux « bonnes nouvelles ». D’abord, la constitution de partie civile du syndicat Force ouvrière du Syndicat professionnel des ingénieurs et cadres portuaires et affiliés Marseille-Fos, a été déclarée irrecevable par le tribunal. Pascal Galéoté les qualifie d’« organisations syndicales alliées du patronat et du gouvernement libéral ».
Autre « bonne nouvelle » évoquée : sa peine n’est pas assortie d’une exécution provisoire, qui aurait rendu la condamnation temporairement applicable, même en cas d’appel. « Depuis sept ans que cette histoire dure, c’est entre 500 000 et 700 000 euros d’argent public qui auront été dépensés pour essayer de condamner la CGT, a poursuivi le secrétaire général du syndicat au port. Voilà ce qu’ils font avec notre argent public : essayer de faire tomber celles et ceux qui au quotidien essayent de défendre collectivement les travailleurs. » Il ajoute : « Partout, il faudra qu’on fasse une démonstration de force à la justice et au patronat, qui cherchent à abattre la CGT. »
La CGT des portuaires a, dans un communiqué, exprimé « toute son incompréhension et sa colère » face au jugement prononcé et dénonce une « décision d’une extrême sévérité ». L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône appelle, elle, les « travailleurs et les travailleuses » à « prendre la mesure de l’attaque » et déclare « fermement condamner » la décision rendue par le tribunal.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a elle aussi manifesté son soutien à l’élu syndical lors de son discours d’ouverture du 54e congrès de la CGT, à Tours, ce lundi. « Quand on attaque un militant de la CGT, c’est toute la CGT qui riposte », a-t-elle déclaré, faisant référence à plusieurs syndicalistes poursuivis, dont Pascal Galéoté.

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