Tag: Marseille 13e Arrondissement

  • Un lauréat pour la coulée verte du Petit séminaire

    Un lauréat pour la coulée verte du Petit séminaire

    Pour l’heure, la seule nouveauté visible sur le site est le centre d’incendie et secours de Saint-Julien, qui s’est érigé rue de la Crédence, opérationnel depuis le 31 mars 2025. En face, le terrain vacant depuis la destruction des quatre bâtiments du Petit Séminaire, entre 2021 et 2023, doit accueillir une coulée verte en 2027.

    « Vous êtes venu il y a deux ans. On vit toujours avec les mêmes difficultés. » Le 26 juin 2023, un Marseillais avait ainsi interpellé Emmanuel Macron devant près de 350 associatifs et habitants réunis dans le stade de la cité de la Busserine. C’est dire combien les attentes en termes d’amélioration du cadre de vie sont grandes dans les quartiers populaires. Le président de la République était venu annoncer la grande consultation « Quartiers de demain », où parmi dix projets, l’avenir du Petit Séminaire doit se redessiner.

    Trente équipes (trois par site) composées d’architectes, urbanistes et paysagistes, soumettent, ce lundi, leur projet destinés à répondre aux enjeux complexes et singuliers de chacun des dix territoires pilotes à Caen, Colmar, Coulommiers, Corbeil-Essonnes, Le Mans, Lodève, Manosque, Marseille, Pessac et Sedan.

    Construite en 1959 par Georges Candilis pour résorber les bidonvilles, la cité a été la première expérience de réhabilitation urbaine de 1976 à 1986, mais son abandon et sa dégradation avancée ont conduit à la démolition des 240 logements sociaux entre 2021 et 2023. Sur ses 3,7 ha de terrain laissés vides, le long de la rue de la Maurelle, les travaux de réagencement ont déjà été estimés à 3,75 millions d’euros. Plusieurs ateliers, qui associent habitants, CIQ et associations à la réflexion, ont déjà fixé les grandes lignes du projet urbain.

    De la cité au laboratoire

    En s’appuyant sur les qualités paysagères du site, le premier axe impose la gestion des eaux pluviales et de ruissellement, tout en développant des usages à l’attention des habitants. Cette trame verte doit « favoriser l’émergence d’activités intergénérationnelles ». Est aussi prévue « une rénovation énergétique des logements subsistants et la création d’une offre résidentielle qualitative, sociale ou en accession ».

    Enfin, le projet prévoit de retravailler l’offre en équipements scolaires et socio-éducatifs, en transports en commun et en mobilités douces. L’agence Folléa-Gautier a imaginé un « vallon fertile capable d’évoluer avec celles et ceux qui l’habitent, le traversent ». Le Petit-Séminaire se fait « havre climatique », « aire de solidarité » et « port d’attache » avec l’Atelier Marion Talagrand. « Cœur de nature active et attractive au service du redéploiement urbain. Puisant dans les logiques pastorales », pour Ilex.

    Les trente projets sont dévoilés, ce lundi, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, ainsi que les dix lauréats, par les maires des sites concernés. Ouverte au public du 3 décembre au 3 mars 2026, l’exposition des maquettes et photos de « Quartiers de demain » sera par la suite présentée sur site.

  • Jour et nuit, la CGT énergie maintient la pression

    Jour et nuit, la CGT énergie maintient la pression

    « On revendique 9% d’augmentation. Le niveau 1 est sous le Smic, c’est pas légal », rappelle Géraldine. Ingénieure nucléaire, la jeune femme ne compte plus ses nuits et ses jours passés à tourner sur le piquet. Si elle est aussi déterminée, c’est que la lutte des travailleurs de l’énergie est incontestablement juste : « La masse salariale ne pèse que 14% dans la facture. Ce qu’on demande ça l’amènerait à 17%. À titre indicatif, dans le privé pour la production de produits finis, la moyenne est de 37%. »

    L’organisation sur le site est parfaitement rodée, dans la joie. Christelle, gazière, s’attelle à la préparation d’un « mille feuilles de lutte ». Elle a prévu de passer la nuit sur un des lits de camp, samedi soir. Pour permettre aux uns de recharger les batteries, d’autres prennent le relais en s’inscrivant sur le planning affiché sur le frigo. Elle est accompagnée de son fils. L’adolescent file la main à deux retraités en débitant des palettes pour alimenter le feu. « Les nuits sont courtes et les jours sont longs », plaisante Charly, cheminote, qui figure aussi au tableau des astreintes nocturnes. L’activité est permanente et chaque nouvel arrivant se trouve une mission. Pour agrémenter le tout, « on met des ateliers en place, toujours autour du thème de la lutte sociale », précise Christelle en désignant des peintures et des poteries.

    Les méthaniers à l’arrêt

    Mais les parties de cartes ou les soirées-concerts n’empêchent pas les discussions de fond. Gérard, retraité de GRDF, fait part de ses inquiétudes : « L’abandon du service public a conduit à des stratégies comptables. à force de tirer sur les ficelles, formations, effectifs, on multiplie le risque d’accident, on court à la catastrophe. Le danger est réel pour les techniciens et pour les usagers. »

    Serge, électricien en poste au Merlan (14e), est arrivé les bras chargés d’un énorme plat de poivrons. Pas plus que les autres, il n’entend lâcher la pression. « Ce qui les fait plier, c’est la baisse de production. » Sans réponse depuis trois semaines, les travailleurs sont passés au cran supérieur. Du Tonkin à Fos, les terminaux méthaniers sont à l’arrêt. De même pour le site de stockage à Manosque. Serge détaille la stratégie : « Les bateaux sont immobilisés. Comme on ne peut pas y conserver le gaz, ils sont obligés de le brûler à la torchère et ça leur coûte des millions par jour. »

    Autour du brasero où les militants font griller des chamallows, Bacri, habitant du 3e au RSA, s’est proposé pour renforcer la permanence de nuit. « C’est normal d’être ici, estime-t-il, parce que quand j’ai payé le loyer et la facture d’électricité, il ne reste plus grand-chose. » Face à ses difficultés financières, son fournisseur « a basculé le compteur en mode restreint depuis un an. Je dois choisir entre la machine à laver ou le chauffage sinon ça disjoncte. » En France, plus de 12 millions de personnes sont déjà en situation de précarité énergétique. Le retour au taux réduit de TVA à 5,5% sur la facture des usagers est une autre revendication forte de la Fédération CGT de l’énergie (FNME). Avec la loi de finances pour 2025, la TVA flambe à 20% depuis le 1er août. Si la pétition en ligne* atteint 100 000 signatures la proposition de loi portée par le groupe communiste devra être soumise au Sénat.

    Sur le piquet, un quiz musical a clôturé la soirée. David remet une bûche dans le feu avant de prendre congé des quatre volontaires qui se glissent dans les duvets. Au petit matin, Martine, retraitée CGT des IEG, débarque avec des viennoiseries à partager, avant de filer sur le rassemblement du Mouvement de la paix. D’autres bras solidaires affluent pour une remise en propreté du piquet… et pour parer aux pluies annoncées.

    * https://petitions.sénat.fr

    « Aujourd’hui, techniciens
    et usagers sont en danger »

  • Débat sans appel sur le piquet des énergéticiens

    Débat sans appel sur le piquet des énergéticiens

    Un débat, une projection du documentaire de Gilles Balastre Main basse sur l’énergie et une invitation à partager une paella. La proposition des grévistes les plus tenaces de ce mouvement a fait la démonstration que l’arnaque du monde capitaliste conduit à une mise en danger de tous les foyers.

    La grève peut être conviviale et gagnante. Le secteur de l’énergie en donne la preuve. Leurs revendications pour des salaires et des factures au juste prix commencent à faire effet. Du moins en interne. Leurs directions ont accepté ce mercredi 17 septembre d’entrer en négociations le 23 septembre. Reste à convaincre les usagers, s’ils souhaitent regagner 14,5% d’économie sur leurs factures, de signer la pétition en ligne pour appuyer le texte porté par le sénateur communiste Fabien Gay qui enjoint le gouvernement à ne pas augmenter la TVA de 5,5% à 20%.

    Mise en danger

    « Il y a 20 ans, EDF GDF était le fournisseur d’énergie le moins cher d’Europe. Depuis la privatisation on subit plus de 150% d’augmentation » résume Renaud Henry, secrétaire général CGT Énergie Marseille. « La mise sur le marché et la déréglementation ont conduit à une dégradation des services publics qui ne profite ni aux travailleurs ni aux usagers mais engraisse le Cac 40 » complète Jean Pugens, retraité du secteur et militant CGT, « au temps du service public on payait 35 euros le Mgwh, en 2022, il est passé à 500 euros ». Et 13 millions de foyers sont en précarité énergétique. Mais pas seulement. GRDF prévoit encore d’alléger ses effectifs de 2 000 agents. Les délais d’intervention sont passés à une heure et le manque de techniciens ainsi que leur formation réduite mettent travailleurs et usagers en danger. Clément Martinez, secrétaire général CGT énergie du Vaucluse en témoigne « en astreinte, il n’y a qu’un seul renfort. Ma zone s’étend d’Arles à Apt et de Bagnols-sur-Cèze à Bollène. On craint de graves conséquences ». Au public qui demande comment soutenir la lutte, ils répondent par l’action collective, la signature de la pétition qui doit atteindre 100 000 paraphes pour arriver au Sénat.

  • Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    « Pourquoi ta facture d’électricité et de gaz a explosé ? Ton salaire ne suffit plus à payer ? » interrogent les grévistes de la CGT du secteur de l’énergie Marseille. Une invitation à un ciné-débat sur leur piquet de grève, au 6 boulevard Gueidon dans le 13e arrondissement, mercredi 17 septembre, à partir de 19h pour le débat sur l’évolution de la production et de la diffusion de l’électricité et du gaz, et à 21h pour la projection du film documentaire du réalisateur Gilles Balbastre Main basse sur l’énergie.

    En lutte depuis le 2 septembre, les gaziers et électriciens de la CGT Énergie de Marseille tiennent un piquet non-stop sur le site qui réunit les directions de GRDF et Enedis. Ils revendiquent une revalorisation salariale et refusent l’augmentation de la TVA sur les factures des usagers. Autant de bonnes raisons de les y retrouver, la veille du deuxième round d’une grande manifestation contre l’austérité.

    Un vrai service public

    Depuis le 2 septembre, la CGT appelle tous les agents à la grève reconductible, partout, dans tous les services, dans toutes les entreprises des IEG et à participer aux assemblées générales prévues tous les jours de la semaine à 9h30 sur le piquet du boulevard Gueidon.

    Hausse exponentielle des factures et accroissement de la précarité énergétique ne sont que la partie visible de l’iceberg. C’est le décryptage de la partie immergée que propose le documentaire. Depuis 2007, le secteur de l’énergie est entièrement ouvert à la concurrence. Mais il faut remonter encore dans le temps, à la fin des années 90, pour connaître une série de lois libérales qui va démembrer pierre après pierre le service public incarné par EDF et GDF. Faute d’information, le citoyen lambda mesure mal les conséquences de cette dérégulation. Le film revient sur le « vaste hold-up », qui se déroule sous nos yeux. Comment agir ? Les énergéticiens ont des propositions. Face aux risques de la marchandisation de l’énergie, ils luttent pour réaffirmer la nécessité de revenir à un vrai service public de l’énergie, qui œuvre à l’intérêt général. C’est ce que le débat permettra de mettre en perspective.

  • [Mouvement social] À Marseille, ça gaze sur le piquet de grève

    [Mouvement social] À Marseille, ça gaze sur le piquet de grève

    Soirée DJ, concert des Baydon’s, projections ciné, parties de contrée… et un débat au programme de la semaine prochaine, « où les usagers sont invités à participer, leurs factures d’énergie à l’appui », indique le secrétaire général CGT de l’énergie de Marseille. Sur le site des IEG, au bout du boulevard Guidon dans le 13e arrondissement, une logistique impeccable est à l’œuvre pour tenir jusqu’au 18 septembre.

    Fer de lance du mouvement social, c’est à se demander à quoi carburent les énergéticiens. « à la motivation ! », répond sans enjambe Renaud Henry. Le leader CGT a pris la main en cuisine, sous la pergola, pour préparer une sauce tomate maison. Il manque « une louche et du sel ». Un militant du secteur pétrochimie part faire la course. Une bonne dose de solidarité vient s’ajouter à la recette de ce remarquable piquet de grève.

    Sur les canapés, les travailleurs en lutte se repassent la vidéo de la manifestation du 10 en boucle. « Énorme ! C’est génial tout ce soutien », commente Max, le sourire jusqu’aux oreilles. Certains énergéticiens posent une, deux ou trois heures pour tourner sur la grève. Le jeune gazier n’a pas quitté le piquet depuis le 2 septembre. Si Max se languit de revoir sa fille, sa détermination est intacte : « Quand on commence, on va jusqu’au bout. Avec ce gouvernement, on sait qu’on a encore beaucoup à perdre. Avec la lutte, on sait qu’on a tout à gagner ». Ce vendredi, il avait troqué le tablier de cuistot contre la serviette-éponge : son coiffeur est venu sur le site pour une coupe. Le matin, il nettoyait le frigo, attirant la curiosité des employés de bureau des entreprises du site, attroupés au balcon. Quant au manque à gagner sur les prochaines fiches de paie ? « on fera les comptes plus tard. On se débrouillera entre nous. C’est notre force cette solidarité », tranche Clément.

    Exemplaires

    Après plusieurs nuits passées sur un des lits de camp, Géraldine, se sent aussi revigorée par « l’effet du 10. C’était fou de voir des jeunes qui dansent devant les CRS. Marseille a fait la démonstration que la lutte peut être festive. On a un super service d’ordre, capable d’éviter que ça dégénère ». La militante se sent d’attaque pour continuer la lutte. D’autant plus que « la caisse de grève a bien fonctionné. Comme la cagnotte Leetchi lancée en ligne. Au-delà de l’aide matérielle, ça fait chaud au cœur ». Une palette qui a échappé au feu sert de porte-revues et les unes des journaux du 11 attestent de la réussite marseillaise.

    Dans la même veine, Charlotte, cheminote, enchaîne les tours de garde sur le piquet de ses camarades énergéticiens. « C’est fou ce qu’ils font », reconnaît la jeune femme, qui passe ici ses congés. « L’avantage, c’est que je ne partais pas en vacances. Du coup, je passe de très bons moments sur ce camping de lutte. C’est important de savoir revendiquer dans la joie. Sans quoi, ça plombe tout le mouvement », estime-t-elle.

    La météo s’invite au débat du jour : un électricien installe des gouttières pour renforcer la pergola. Mais peu importe la pluie. « on tiendra jusqu’au 18 et autant qu’il le faudra », assure Martine Durand, de l’UD CGT 13.

    Parmi les visiteurs, une délégation des communistes du 15e, aussi venue apporter « un soutien physique, moral et matériel aux camarades qui se battent, une fois encore, pour défendre notre pouvoir d’achat, les salaires », précise Ibrahim Mzé. Chef de file de la section, il est également convaincu « qu’il n’y a rien à attendre de bon de ce gouvernement. Le budget étrangle encore les hôpitaux et tous les services publics. C’est dans la rue que l’avenir doit se construire ».

    Roland, retraité des IEG, arrive en demandant : « Vous avez un congélateur ? J’ai des barquettes de viande… » La veille, un agriculteur du Var s’est déplacé pour leur proposer des cagettes pleines de grappes de raisins, qui n’ont pas fait un pli. « On a déjà fait du poisson en papillote, du sanglier, une fondue savoyarde… Parce que les grillades et les merguez, on saturait », explique Géraldine, en se posant dans le hamac. Quitte à inscrire le menu social dans la durée, autant soigner la recette.

    « On va au bout. On sait ce qu’on a encore à perdre avec ce gouvernement. Avec la lutte, on a tout à gagner »

  • À Marseille, blocage d’Eurolinksà la Rose

    À Marseille, blocage d’Eurolinksà la Rose

    « Nous allons empêcher les employés de prendre leur poste et bloquer les camions venant livrer Eurolinks, qui fabrique des maillons pour des munitions qui sont livrés à Israël. » Le visage dissimulé sous un masque, le sac à dos rempli de bouteilles d’eau, une manifestante expose les objectifs de l’opération à une trentaine de personnes, principalement des jeunes. Ils s’étaient donné rendez-vous, dès 6 heures ce mercredi, au métro la Rose (13e).

    Un point rapide pendant qu’une petite armée de clowns termine son maquillage et ajuste ses boucliers et matraques en polystyrène fluo. La joyeuse brigade des « CRS roses » embarque dans un bus avec d’autres militants, direction le technopôle. Devant la grille de l’usine, une centaine d’activistes sont déjà en place, avec des slogans sans équivoque : « Eurolinks tue », « Maersk transporteur d’armes, complice du génocide ». L’entreprise française d’armement fait l’objet d’une plainte, déposée en juin dernier, par la Ligue des droits de l’homme. Cette dernière demande l’ouverture d’une enquête sur la possible livraison de composants pour armes automatiques français à Israël, dans le cadre de son offensive contre la bande de Gaza.

    « Plus d’argent pour les salaires ! Pas pour la guerre ! » Les slogans scandés par les manifestants résonnent dans la rue Louis Leprince-Ringuet. Sortie d’une résidence voisine, une dame se montre encourageante. « Vous avez raison, il faut que tout cela cesse. Nous crevons tous d’être gouvernés par des riches qui n’écoutent qu’eux-mêmes. Il faut changer d’histoire », lance la retraitée, sans toutefois rejoindre le mouvement.

    Après une petite discussion courtoise devant les grilles bloquées, le conducteur d’un poids lourd remet les gaz et passe son chemin. « On reste polis, on ne cherche pas l’affrontement, on informe, on sensibilise », assure une autre manifestante, alors que les « CRS roses » entament une danse au milieu de la file de véhicules qui se forme.

    « Nos salaires, pas leurs guerres »

    Un petit groupe a décidé d’aller récupérer des palettes pour bloquer le rond-point devant le collège André-Malraux et filtrer la circulation pour distribuer des tracts aux automobilistes. « Nous sommes contre le génocide comme contre l’austérité. Nous ne voulons pas que nos salaires soient sacrifiés pour alimenter leurs guerres », relance un jeune chercheur en science, camouflé derrière un foulard. Il reçoit de joyeux coups de klaxon en signe de soutien. Mais les palettes de chantier, tout juste installées sur les axes du rond-point, sont immédiatement dégagées par la quarantaine de policiers qui débarque des camions.

    Les « CRS roses » entrent dans le cœur de l’action et offrent un spectacle acrobatique et chantant à leurs homologues bleus. Un rien désarçonnés, les policiers contiennent la petite armée fuchsia avec souplesse sans s’orienter vers l’entrée de l’usine. Une des clowns fend les rangs et tend un chapeau aux agents médusés : « Une petite participation au pot des grévistes messieurs ? » La quête provoque des sourires, mais reste sans succès. « pas même une petite matraque… » regrette-t-elle.

    Un cadre toise le regroupement derrière la surface vitrée de l’entreprise. Vers 9h, ils ne sont plus qu’une quarantaine à brandir les drapeaux palestiniens et les banderoles devant la grille, mais tiennent bon. Le gros des troupes rejoint le rendez-vous pour la manifestation au départ des Réformés. Et de promettre : « Le 18, on revient, mais plus nombreux, pour vraiment bloquer ».

    Le site Eurolinks a été débloqué dans la soirée par les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de police.