Tag: Marseille 13e Arrondissement

  • Débat sans appel sur le piquet des énergéticiens

    Débat sans appel sur le piquet des énergéticiens

    Un débat, une projection du documentaire de Gilles Balastre Main basse sur l’énergie et une invitation à partager une paella. La proposition des grévistes les plus tenaces de ce mouvement a fait la démonstration que l’arnaque du monde capitaliste conduit à une mise en danger de tous les foyers.

    La grève peut être conviviale et gagnante. Le secteur de l’énergie en donne la preuve. Leurs revendications pour des salaires et des factures au juste prix commencent à faire effet. Du moins en interne. Leurs directions ont accepté ce mercredi 17 septembre d’entrer en négociations le 23 septembre. Reste à convaincre les usagers, s’ils souhaitent regagner 14,5% d’économie sur leurs factures, de signer la pétition en ligne pour appuyer le texte porté par le sénateur communiste Fabien Gay qui enjoint le gouvernement à ne pas augmenter la TVA de 5,5% à 20%.

    Mise en danger

    « Il y a 20 ans, EDF GDF était le fournisseur d’énergie le moins cher d’Europe. Depuis la privatisation on subit plus de 150% d’augmentation » résume Renaud Henry, secrétaire général CGT Énergie Marseille. « La mise sur le marché et la déréglementation ont conduit à une dégradation des services publics qui ne profite ni aux travailleurs ni aux usagers mais engraisse le Cac 40 » complète Jean Pugens, retraité du secteur et militant CGT, « au temps du service public on payait 35 euros le Mgwh, en 2022, il est passé à 500 euros ». Et 13 millions de foyers sont en précarité énergétique. Mais pas seulement. GRDF prévoit encore d’alléger ses effectifs de 2 000 agents. Les délais d’intervention sont passés à une heure et le manque de techniciens ainsi que leur formation réduite mettent travailleurs et usagers en danger. Clément Martinez, secrétaire général CGT énergie du Vaucluse en témoigne « en astreinte, il n’y a qu’un seul renfort. Ma zone s’étend d’Arles à Apt et de Bagnols-sur-Cèze à Bollène. On craint de graves conséquences ». Au public qui demande comment soutenir la lutte, ils répondent par l’action collective, la signature de la pétition qui doit atteindre 100 000 paraphes pour arriver au Sénat.

  • Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    Projection-débat sur le piquet de l’Énergie

    « Pourquoi ta facture d’électricité et de gaz a explosé ? Ton salaire ne suffit plus à payer ? » interrogent les grévistes de la CGT du secteur de l’énergie Marseille. Une invitation à un ciné-débat sur leur piquet de grève, au 6 boulevard Gueidon dans le 13e arrondissement, mercredi 17 septembre, à partir de 19h pour le débat sur l’évolution de la production et de la diffusion de l’électricité et du gaz, et à 21h pour la projection du film documentaire du réalisateur Gilles Balbastre Main basse sur l’énergie.

    En lutte depuis le 2 septembre, les gaziers et électriciens de la CGT Énergie de Marseille tiennent un piquet non-stop sur le site qui réunit les directions de GRDF et Enedis. Ils revendiquent une revalorisation salariale et refusent l’augmentation de la TVA sur les factures des usagers. Autant de bonnes raisons de les y retrouver, la veille du deuxième round d’une grande manifestation contre l’austérité.

    Un vrai service public

    Depuis le 2 septembre, la CGT appelle tous les agents à la grève reconductible, partout, dans tous les services, dans toutes les entreprises des IEG et à participer aux assemblées générales prévues tous les jours de la semaine à 9h30 sur le piquet du boulevard Gueidon.

    Hausse exponentielle des factures et accroissement de la précarité énergétique ne sont que la partie visible de l’iceberg. C’est le décryptage de la partie immergée que propose le documentaire. Depuis 2007, le secteur de l’énergie est entièrement ouvert à la concurrence. Mais il faut remonter encore dans le temps, à la fin des années 90, pour connaître une série de lois libérales qui va démembrer pierre après pierre le service public incarné par EDF et GDF. Faute d’information, le citoyen lambda mesure mal les conséquences de cette dérégulation. Le film revient sur le « vaste hold-up », qui se déroule sous nos yeux. Comment agir ? Les énergéticiens ont des propositions. Face aux risques de la marchandisation de l’énergie, ils luttent pour réaffirmer la nécessité de revenir à un vrai service public de l’énergie, qui œuvre à l’intérêt général. C’est ce que le débat permettra de mettre en perspective.

  • [Mouvement social] À Marseille, ça gaze sur le piquet de grève

    [Mouvement social] À Marseille, ça gaze sur le piquet de grève

    Soirée DJ, concert des Baydon’s, projections ciné, parties de contrée… et un débat au programme de la semaine prochaine, « où les usagers sont invités à participer, leurs factures d’énergie à l’appui », indique le secrétaire général CGT de l’énergie de Marseille. Sur le site des IEG, au bout du boulevard Guidon dans le 13e arrondissement, une logistique impeccable est à l’œuvre pour tenir jusqu’au 18 septembre.

    Fer de lance du mouvement social, c’est à se demander à quoi carburent les énergéticiens. « à la motivation ! », répond sans enjambe Renaud Henry. Le leader CGT a pris la main en cuisine, sous la pergola, pour préparer une sauce tomate maison. Il manque « une louche et du sel ». Un militant du secteur pétrochimie part faire la course. Une bonne dose de solidarité vient s’ajouter à la recette de ce remarquable piquet de grève.

    Sur les canapés, les travailleurs en lutte se repassent la vidéo de la manifestation du 10 en boucle. « Énorme ! C’est génial tout ce soutien », commente Max, le sourire jusqu’aux oreilles. Certains énergéticiens posent une, deux ou trois heures pour tourner sur la grève. Le jeune gazier n’a pas quitté le piquet depuis le 2 septembre. Si Max se languit de revoir sa fille, sa détermination est intacte : « Quand on commence, on va jusqu’au bout. Avec ce gouvernement, on sait qu’on a encore beaucoup à perdre. Avec la lutte, on sait qu’on a tout à gagner ». Ce vendredi, il avait troqué le tablier de cuistot contre la serviette-éponge : son coiffeur est venu sur le site pour une coupe. Le matin, il nettoyait le frigo, attirant la curiosité des employés de bureau des entreprises du site, attroupés au balcon. Quant au manque à gagner sur les prochaines fiches de paie ? « on fera les comptes plus tard. On se débrouillera entre nous. C’est notre force cette solidarité », tranche Clément.

    Exemplaires

    Après plusieurs nuits passées sur un des lits de camp, Géraldine, se sent aussi revigorée par « l’effet du 10. C’était fou de voir des jeunes qui dansent devant les CRS. Marseille a fait la démonstration que la lutte peut être festive. On a un super service d’ordre, capable d’éviter que ça dégénère ». La militante se sent d’attaque pour continuer la lutte. D’autant plus que « la caisse de grève a bien fonctionné. Comme la cagnotte Leetchi lancée en ligne. Au-delà de l’aide matérielle, ça fait chaud au cœur ». Une palette qui a échappé au feu sert de porte-revues et les unes des journaux du 11 attestent de la réussite marseillaise.

    Dans la même veine, Charlotte, cheminote, enchaîne les tours de garde sur le piquet de ses camarades énergéticiens. « C’est fou ce qu’ils font », reconnaît la jeune femme, qui passe ici ses congés. « L’avantage, c’est que je ne partais pas en vacances. Du coup, je passe de très bons moments sur ce camping de lutte. C’est important de savoir revendiquer dans la joie. Sans quoi, ça plombe tout le mouvement », estime-t-elle.

    La météo s’invite au débat du jour : un électricien installe des gouttières pour renforcer la pergola. Mais peu importe la pluie. « on tiendra jusqu’au 18 et autant qu’il le faudra », assure Martine Durand, de l’UD CGT 13.

    Parmi les visiteurs, une délégation des communistes du 15e, aussi venue apporter « un soutien physique, moral et matériel aux camarades qui se battent, une fois encore, pour défendre notre pouvoir d’achat, les salaires », précise Ibrahim Mzé. Chef de file de la section, il est également convaincu « qu’il n’y a rien à attendre de bon de ce gouvernement. Le budget étrangle encore les hôpitaux et tous les services publics. C’est dans la rue que l’avenir doit se construire ».

    Roland, retraité des IEG, arrive en demandant : « Vous avez un congélateur ? J’ai des barquettes de viande… » La veille, un agriculteur du Var s’est déplacé pour leur proposer des cagettes pleines de grappes de raisins, qui n’ont pas fait un pli. « On a déjà fait du poisson en papillote, du sanglier, une fondue savoyarde… Parce que les grillades et les merguez, on saturait », explique Géraldine, en se posant dans le hamac. Quitte à inscrire le menu social dans la durée, autant soigner la recette.

    « On va au bout. On sait ce qu’on a encore à perdre avec ce gouvernement. Avec la lutte, on a tout à gagner »

  • À Marseille, blocage d’Eurolinksà la Rose

    À Marseille, blocage d’Eurolinksà la Rose

    « Nous allons empêcher les employés de prendre leur poste et bloquer les camions venant livrer Eurolinks, qui fabrique des maillons pour des munitions qui sont livrés à Israël. » Le visage dissimulé sous un masque, le sac à dos rempli de bouteilles d’eau, une manifestante expose les objectifs de l’opération à une trentaine de personnes, principalement des jeunes. Ils s’étaient donné rendez-vous, dès 6 heures ce mercredi, au métro la Rose (13e).

    Un point rapide pendant qu’une petite armée de clowns termine son maquillage et ajuste ses boucliers et matraques en polystyrène fluo. La joyeuse brigade des « CRS roses » embarque dans un bus avec d’autres militants, direction le technopôle. Devant la grille de l’usine, une centaine d’activistes sont déjà en place, avec des slogans sans équivoque : « Eurolinks tue », « Maersk transporteur d’armes, complice du génocide ». L’entreprise française d’armement fait l’objet d’une plainte, déposée en juin dernier, par la Ligue des droits de l’homme. Cette dernière demande l’ouverture d’une enquête sur la possible livraison de composants pour armes automatiques français à Israël, dans le cadre de son offensive contre la bande de Gaza.

    « Plus d’argent pour les salaires ! Pas pour la guerre ! » Les slogans scandés par les manifestants résonnent dans la rue Louis Leprince-Ringuet. Sortie d’une résidence voisine, une dame se montre encourageante. « Vous avez raison, il faut que tout cela cesse. Nous crevons tous d’être gouvernés par des riches qui n’écoutent qu’eux-mêmes. Il faut changer d’histoire », lance la retraitée, sans toutefois rejoindre le mouvement.

    Après une petite discussion courtoise devant les grilles bloquées, le conducteur d’un poids lourd remet les gaz et passe son chemin. « On reste polis, on ne cherche pas l’affrontement, on informe, on sensibilise », assure une autre manifestante, alors que les « CRS roses » entament une danse au milieu de la file de véhicules qui se forme.

    « Nos salaires, pas leurs guerres »

    Un petit groupe a décidé d’aller récupérer des palettes pour bloquer le rond-point devant le collège André-Malraux et filtrer la circulation pour distribuer des tracts aux automobilistes. « Nous sommes contre le génocide comme contre l’austérité. Nous ne voulons pas que nos salaires soient sacrifiés pour alimenter leurs guerres », relance un jeune chercheur en science, camouflé derrière un foulard. Il reçoit de joyeux coups de klaxon en signe de soutien. Mais les palettes de chantier, tout juste installées sur les axes du rond-point, sont immédiatement dégagées par la quarantaine de policiers qui débarque des camions.

    Les « CRS roses » entrent dans le cœur de l’action et offrent un spectacle acrobatique et chantant à leurs homologues bleus. Un rien désarçonnés, les policiers contiennent la petite armée fuchsia avec souplesse sans s’orienter vers l’entrée de l’usine. Une des clowns fend les rangs et tend un chapeau aux agents médusés : « Une petite participation au pot des grévistes messieurs ? » La quête provoque des sourires, mais reste sans succès. « pas même une petite matraque… » regrette-t-elle.

    Un cadre toise le regroupement derrière la surface vitrée de l’entreprise. Vers 9h, ils ne sont plus qu’une quarantaine à brandir les drapeaux palestiniens et les banderoles devant la grille, mais tiennent bon. Le gros des troupes rejoint le rendez-vous pour la manifestation au départ des Réformés. Et de promettre : « Le 18, on revient, mais plus nombreux, pour vraiment bloquer ».

    Le site Eurolinks a été débloqué dans la soirée par les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de police.