Tag: Marine Le Pen

  • Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou Rassemblement national ». C’est par cette prophétie destinée à siphonner une droite en fin de règne et divisée que Julien Sanchez (RN) a officialisé, samedi 17 janvier à l’hôtel Imperator, sa candidature à la mairie de Nîmes.

    Après avoir (en vain) tendu la main à Franck Proust (LR-UDI-Horizons) pour constituer une liste d’union des droites, Julien Sanchez, le vice-président du RN qui est aussi le directeur de la campagne pour le parti d’extrême droite, s’est auto-adoubé candidat RN en se parachutant à Nîmes avec le soutien de l’Union des droites pour la République (UDR), du Rassemblement pour la République (RPR) et de l’Avenir français. Si l’actuel président de l’Agglo Franck Proust (soutenu par le maire sortant Jean-Paul Fournier) et l’ex-premier adjoint Julien Plantier s’étaient entendus, « je n’y serais pas allé », prétend Julien Sanchez, opportuniste. « Avec deux listes, c’est fini pour eux, ils ont perdu », estime celui qui espère faire main basse sur la capitale gardoise.

    Sans rien dévoiler de son programme, Julien Sanchez a indiqué que deux députés seraient sur sa liste : Yoann Gillet et Sylvie Josserand. Actuel député européen, le vice-président du RN serait lui-même touché par le cumul des mandats si il venait à s’emparer de Nîmes. Un appétit qui confirme qu’il n’avait que faire des Beaucairois qu’il avait délaissés en 2024 pour aller se faire élire au Parlement européen.

    Dans un département qui est tombé dans le piège de l’extrême droite aux législatives 2024 (6 circonscription raflées sur 6), Julien Sanchez sera une menace majeure pour le camp des progressistes incarné par la liste « Nîmes en commun » de Vincent Bouget. Réalisé en novembre par l’institut Quorum pour Le Réveil du Midi, un premier sondage (à la méthodologie critiquée par la commission des sondages) donnait Vincent Bouget (en tête au premier tour dans 2 configurations sur 3), au coude-à-coude avec le RN et la droite en fonction du nombre de listes en lice.

    Depuis, l’offre politique s’est éclaircie et la campagne s’apprête à entrer dans le sprint final. Outre Vincent Bouget (Nîmes en commun), Franck Proust (LR-UDI-Horizons), le dissident Julien Plantier associé à la macroniste Valérie Rouverand (Renaissance) et donc l’extrême droite avec Julien Sanchez, la France Insoumise mènera une liste portée par Pascal Dupretz. L’ancien gilet jaune Jean-Marc Philibert entend lui aussi présenter une liste citoyenne « Vivons Nîmes ».

  • Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Les CRS postés dans la station de métro rond-point du Prado donnent le ton. Devant la monumentale grille en fer forgé du Parc Chanot, près de 500 manifestants antiracistes sont rassemblés derrière une banderole : « Éteignons la flamme RN ». La foule entonne un « siamois tutti antifascisti ». Face à eux, un cordon de CRS barre l’entrée.

    Les sympathisants d’extrême droite venus assister, ce vendredi, aux vœux de Franck Allisio, candidat du RN à la mairie de Marseille, se faufilent, accompagnés de huées lorsqu’ils franchissent la porte. « C’est pas au parc Chanot… Le Pen et Allisio c’est en prison », lancent les manifestants avant de craquer des fumigènes. Il est 18h40 lorsque les CRS se mettent en position.

    Plus loin, à l’intérieur, dans la file qui se dirige tranquillement vers l’auditorium, l’ambiance est détendue. « T’as vu Delogu ? » glisse un homme à son voisin avant de sourire. L’allusion n’a rien à voir avec l’indiscret du Canard enchaîné (lire ci-dessous). Le député insoumis de Marseille est dans le comité d’accueil devant les grilles. La mobilisation s’achèvera sans incidents graves.

    à l’intérieur, l’auditorium est plein, le balcon a été ouvert. Bien plus qu’en mars 2020, lorsque celle qui était encore présidente du RN était venue dans une campagne municipale sous Covid soutenir Stéphane Ravier, alors candidat de l’extrême droite à la mairie. Six ans plus tard, à l’image du petit film d’introduction, le ton est plus policé.

    « Le mistral va souffler »

    Avec son timbre nasillard, « Francky » reste à sa place habituelle, derrière Marine Le Pen qui a déplacé la foule. Le député de Marignane invite les Marseillais à un « rendez-vous avec l’histoire », rappelle les succès électoraux de son parti et cite Pagnol.

    Mais il fait surtout penser à M. Brun lorsqu’il vante son identité marseillaise et se dépeint en « petit-fils de maçon piémontais » et de « policier rapatrié d’Afrique du Nord », avant de fustiger, Benoît Payan qui « voulait faire de Marseille le 1er port d’accueil des migrants ». La foule hue. Ne manquant pas de s’adresser au monde économique, lui va « tourner la page du socialo macronisme », « rompre avec le déclin » et propose « un projet tourné vers les Marseillais plus que SOS Méditerranée ». « Priorité absolue », il remettra « Marseille en ordre ». « Le mistral va souffler jusqu’à la victoire à Paris », conclut-il avant de devenir inaudible.

    Marine Le Pen lui succède pour dénoncer « six années de gauchisme à Marseille » et lui apporter « son soutien et sa confiance ». L’escapade à Marseille lui « offre l’occasion de quitter quelques heures la vie parisienne et de ressentir toute la ferveur et l’enthousiasme des Marseillais ». En plein procès en appel des assistants parlementaires, pour lequel elle a été condamnée à 4 ans de prison et à 5 ans d’inéligibilité en première instance, la légèreté n’étonne pas. Elle, réclame de nouvelles élections, raille « Calimero Lecornu » et appelle au « sursaut national » en 2027…

  • Dire stop

    Dire stop

    Étrange fin de semaine à Marseille. Ce vendredi soir, Marine Le Pen vient soutenir son candidat, Franck Allisio, dans la 2e ville de France, à trois jours de l’ouverture de son procès dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN qui lui a valu 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire en première instance.

    Un fait plutôt rare en politique où, jusqu’à présent, les personnalités condamnées ou sulfureuses, étaient écartées des campagnes électorales.

    Franck Allisio, lui-même visé par une enquête préliminaire du parquet pour détournement de biens publics, semble ne pas être intimidé par le CV judiciaire de l’héritière de Jean-Marie Le Pen.

    Signe des temps, le fait d’avoir des démêlés avec la justice n’est pas disqualifiant pour représenter ce parti qui prétendait autrefois avoir la tête haute et les mains propres.

    Normalisation

    L’extrême droite qui joue à fond la carte de la normalisation, entend emporter Marseille, la deuxième ville de France, lors des municipales de mars.

    Et pourtant, au plan local aussi, ses représentants sont aux prises avec la légalité.

    Le monde du travail, ceux qui ressentent durement l’injustice sociale, n’ont rien à attendre dans ces municipales de cette force politique qui vient de voter 5 milliards d’euros de baisse des dotations aux collectivités locales.

    Ceux qui sont tentés par elle parce qu’ils ne l’ont « jamais essayé » ont oublié les leçons sanglantes de l’histoire dont La Marseillaise est là pour témoigner et sont aveugles aux bouleversements que l’extrême droite inflige partout dans le monde.

    Il faut lui dire stop et pour y parvenir dans la durée, construire un projet collectif de progrès partagé.

  • Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marseille comme une prise de guerre… En faisant « l’amitié » à Franck Allisio, député RN de Marignane et candidat à la mairie, d’assister ce vendredi 17 janvier à ses vœux, transformés du coup en « meeting populaire », c’est un message clair qu’envoie Marine Le Pen pour son premier déplacement dans la campagne des municipales : pour la cheffe de file du Rassemblement national, la ville est gagnable.

    Le sondage La Marseillaise/ Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié ce lundi 12 janvier dans nos colonnes, qui donne à égalité son poulain et le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, avec 30% des intentions de vote au premier tour, ouvre le champ des possibles. Entre opération de dédiabolisation réussie, indifférence et transposition de la politique nationale au local, l’extrême droite fait désormais moins peur aux électeurs marseillais que La France insoumise (LFI), apprend-on dans le second volet de notre enquête exclusive. à propos des personnalités en lice, à la question « diriez-vous que si elle devenait maire, ce serait une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise, très mauvaise chose ou ni une bonne chose, ni une mauvaise chose pour l’avenir de Marseille ? », 32% des sondés estiment que ce serait « une bonne chose » concernant Franck Allisio, avec une part importante qui estiment que ce serait « ni une bonne, ni une mauvaise chose ». L’élection du candidat LFI, Sébastien Delogu, serait jugée comme « une mauvaise chose » par 54%des personnes interrogées. Au sujet du RN, cela « fait une majorité potentielle, analysait Stéphane Zumsteeg, directeur du département Politique et opinion d’Ipsos-BVA, mardi. Clairement, le repoussoir, c’est LFI au plan national, c’est Delogu à Marseille. »

    S’emparer des villes fait aussi partie de la stratégie du parti d’extrême droite pour s’enraciner durablement dans une région Paca où il sévit depuis longtemps. « Le seul mandat qui permet d’ancrer solidement un territoire, c’est celui de maire », confiait ce jeudi 15 janvier au Figaro, un des cadres locaux du RN.

    À surfer sur l’insécurité, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a bien compris qu’elle risquait de nouveau de boire la tasse. Au lendemain du sondage, son porte-parole, Romain Simmarano (Ren), a tenté de renverser la vapeur : « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. »

    Unis pour résister

    À gauche, conscients que la bataille sera rude, le maire sortant et ses soutiens se posent en rempart. « On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre », déclarait Benoît Payan dans La Marseillaise du 14 janvier. « On a joué un rôle historique pour libérer cette ville de la menace fasciste, on ne les laissera pas venir », assène Anthony Gonçalvez, chef de file PCF aux municipales.

    En mettant la pression sur la deuxième ville de France, Marine Le Pen, si prompte à dénoncer « les magouilles » chez ses adversaires, voit là une occasion de faire oublier ses propres casseroles. Condamnée en première instance, le 31 mars, par le tribunal correctionnel de Paris à une peine d’inéligibilité, 4 ans d’emprisonnement dont deux ferme et 100 000 euros d’amende dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires du Front national, elle joue son avenir politique avec un procès en appel démarré ce mardi. Pour mémoire, son candidat est lui aussi visé par une enquête pour détournement de biens publics…

    Des élus d’extrême droite inquiétés par la justice

    Franck Allisio inquiété pour détournement de biens publics

    Le député fait l’objet d’une enquête du parquet suite à un signalement de la Région Sud, où il préside le groupe RN. Le travail de deux collaborateurs employés par la collectivité n’a pas été déclaré auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Des véhicules de service auraient par ailleurs servi à du tractage et des réunions de la campagne des européennes de juin 2024, puis des élections législatives anticipées.

    Marc-Etienne Lansade condamné

    Après les affaires de gestion du port de plaisance, d’un restaurant de plage et de marchés publics, l’ex-élu d’extrême droite a perdu la mairie de Cogolin, le 1er juillet. Il a été condamné par la cour d’appel d’Aix à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité immédiate de 3 ans pour abus de confiance après avoir fait signer une procuration à un « ami » sur son lit d’hôpital, permettant la vente d’un bien immobilier au profit de son ex-maîtresse.

    Yann Bompard et Marie-France Lorho jugés pour emploi fictif

    Le tribunal correctionnel de Marseille rendra sa décision, le 26 janvier, sur l’affaire d’emploi fictif et détournement de fonds concernant Yann Bompard, maire Ligue du Sud d’Orange, et Marie-France Lorho, députée RN. Deux ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire ont été requis par le parquet pour le premier, 18 mois de prison avec autant d’inéligibilité pour la seconde.

    David Rachline poursuivi pour favoritisme

    Poussé à la démission de son poste de vice-président du parti par Marine Le Pen, début décembre, car mis en cause pour « prise illégale d’intérêt » et « corruption », le maire de Fréjus, David Rachline, poursuivi pour favoritisme, sera jugé le 22 septembre pour avoir favorisé la société de sécurité d’un de ses proches dans l’attribution de marchés publics pour la sécurité de la mairie.

  • L’avenir politique de Marine Le Pen se joue en appel

    L’avenir politique de Marine Le Pen se joue en appel

    Pour le Rassemblement national, c’est l’élection présidentielle de 2027 qui se joue : Marine Le Pen comparaît mardi en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national [ancien nom du Rassemblement national]. Le procès qui s’ouvre en début d’après-midi au palais de justice de la Cité à Paris est prévu pour durer cinq semaines, jusqu’au 12 février. Pour rappel, la cheffe de l’extrême droite française a été condamnée en première instance le 31 mars 2025 à deux ans de prison ferme, cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate pour détournements de fonds publics et 100 000 euros d’amende.

    Considérée par le tribunal comme étant au cœur du « système », elle encourt la peine maximale, soit dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende. « Marine Le Pen s’est inscrite avec autorité et détermination dans le fonctionnement instauré par son père auquel elle participait depuis 2004 », avait estimé la présidente du tribunal correctionnel de Paris Bénédicte de Perthuis, qui a, par la suite été la cible des attaques coordonnées du camp brun.

    Le FN est accusé d’avoir détourné 2,9 millions d’euros durant onze ans au Parlement européen, à travers un véritable système d’emplois fictifs consistant à faire travailler pour le parti des assistants de députés européens. Mardi, Marine Le Pen verra comparaître à ses côtés, onze de ses affidés, comme les ex-eurodéputés Bruno Gollnisch et Nicolas Bay, les anciens assistants parlementaires désormais élus Catherine Griset et Julien Odoul, ainsi que Louis Aliot, l’actuel maire de Perpignan – pour ne citer qu’eux – ont également fait appel de cette condamnation. Tandis que douze autres ont renoncé parmi lesquels Yann Le Pen, l’une des filles du fondateur du FN. Le RN, également condamné en tant que personne morale, avait ainsi dû verser 2 millions d’euros d’amende, dont 1 million avec sursis.

    Une décision rendue d’ici cet été, le RN se prépare

    La décision est attendue à l’été prochain. Si elle est condamnée en appel, Le Pen peut toujours se pourvoir en cassation. « Les juges ne sont pas déconnectés de la réalité. Ils savent bien qu’il y aura une élection présidentielle en 2027, que Marine Le Pen est une candidate évidemment importante et donc que le moment où la décision sera rendue peut avoir une incidence », a indiqué Christophe Soulard, plus haut magistrat du siège de l’ordre judiciaire, lors d’une rencontre avec la presse jeudi, à la veille de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation. « Il est de la bonne administration de la justice, si possible, mais je ne sais pas si ça sera possible, que la question soit réglée avant l’élection présidentielle », a-t-il soulevé.

    La triple candidate à l’élection présidentielle (2012, 2017, 2022) pourrait voir ses ambitions élyséennes contrariées. En attendant, le parti à la flamme fait, en apparence, bloc derrière sa championne. Pendant que Jordan Bardella squatte les plateaux de télévisions, fait la Une des titres de presse d’extrême droite et est testé comme grand remplaçant voire titulaire dans les sondages d’intention de vote.

    Et pourtant, ce lundi, lors de ses vœux il a défendu sa patronne : « Il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d’une candidate à l’élection présidentielle, déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour et aujourd’hui donnée comme favorite incontestée du scrutin », veut croire Jordan Bardella. Sans doute faut-il rappeler une nouvelle fois au président du Rassemblement national, à ses troupes et à tous ceux qui attaquent l’État de droit qu’en France la justice est indépendante.

    A Marseille vendredi

    Trois jours seulement après l’ouverture de son procès, la patronne de l’extrême droite française sera à Marseille vendredi, invitée d’honneur de la présentation des vœux de Franck Allisio au parc Chanot. Le député de la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône est le candidat du RN pour la mairie de Marseille. La présence de Marine Le Pen démontre la volonté du parti d’extrême droite de mettre les bouchées doubles pour tenter de ravir la deuxième ville de France lors des élections municipales de mars prochain. Franck Allisio est d’ailleurs au coude à coude dans les intentions de vote avec le maire sortant Benoît Payan (DVG) selon le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, paru ce lundi.

  • [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite s’inscrit dans un match à deux

    [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite s’inscrit dans un match à deux

    Le vent est porteur. Et ce n’est pas le soutien de Marine Le Pen, attendue vendredi en meeting à Marseille, en plein procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, pour laquelle elle a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, et cinq ans d’inéligibilité en première instance, qui devrait le contrarier.

    « Franck Allisio est le seul rempart face à la gauche et l’extrême gauche à Marseille » martelait, ce lundi, l’extrême droite dans un communiqué, saluant les 30% d’intention de vote accordée à leur candidat dans le sondage La Marseillaise / Experts et territoires / Ipsos-BVA. « Tout cela est conforme à ce que nous vivons sur le terrain. En mars prochain, les Marseillais auront le choix entre un candidat qui souhaite remettre Marseille en ordre et un qui souhaite accélérer son déclin », fanfaronne la liste « Marseille en ordre avec Franck Allisio », affichant une réelle satisfaction à l’idée de distancer Martine Vassal, la candidate de la droite républicaine, et de s’inscrire dans un match à deux avec le maire (DVG) sortant de Marseille, Benoît Payan.

    À la manœuvre, Olivier Rioult, ancien membre du cabinet de Martine Vassal au Département et collaborateur des groupes majoritaires de droite au Département et à la Métropole, aujourd’hui directeur de campagne et porte-parole d’une candidature d’extrême droite qui n’hésite plus à marcher sur les pas très libéraux de son ancienne famille, défendant un « projet pro-business, pro-entreprise, pro-travail donc pro-pouvoir d’achat pour les Marseillais ! ». La Macronie n’aurait pas dit mieux. Mais la crédibilité à ses limites.

    Le soutien de l’ancien patron de l’extrême droite dans le département, ex-lepéniste et zemmouriste, Stéphane Ravier, déjà condamné pour prise illégale d’intérêts (six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité) et injure publique, interroge sur la capacité de Franck Allisio à rassembler « une majorité de Marseillais afin de remettre Marseille en ordre et de rebâtir une cité phocéenne propre et heureuse ».

    Et que penser de ses soutiens plaidant sur les réseaux sociaux le « chaos » en cas d’élection de Benoît Payan et promettant abusivement un Sébastien Delogu (LFI) en 1er adjoint « en charge de l’insertion des dealers ». Sans trop de surprise, la campagne municipale de l’extrême droite nous replonge rapidement le nez dans le caniveau.

    Erwan Davoux : « Vassal finira au même niveau que Delogu »

    S’il regrette d’avoir été sondé (2%) comme liste DVD et considère mener avec Nora Preziosi une liste citoyenne défendant « la dignité humaine et l’égalité entre tous les Marseillais », Erwan Davoux espère encore voir la dynamique s’enclencher suite à l’inauguration, samedi, de son local de campagne. « Globalement, on voit bien toutefois que cela va se jouer entre le RN et Benoît Payan. Martine Vassal est durablement décrochée, elle finira au même niveau que Sébastien Delogu, si ce n’est derrière », estime l’ancien agent du Département à l’origine de l’enquête pour détournement de fonds publics ouverte contre sa présidente, Martine Vassal.

  • L’extrême droite peut-elle l’emporter dans la deuxième ville de France ?

    L’extrême droite peut-elle l’emporter dans la deuxième ville de France ?

    L’enquête d’opinion La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA donne le candidat du RN, Franck Allisio à 30%, à égalité avec la liste du Printemps marseillais conduite par Benoît Payan. Un score très important pour un candidat d’extrême droite, député depuis 2022 de la circonscription de Marignane-Vitrolles qui souffre d’un déficit de notoriété dans la cité phocéenne.

    Mais, sûr de son influence, le RN a placé Marseille depuis de longs mois dans la liste de ses objectifs prioritaire pour les municipales de mars. Signe de l’enjeu : Marine Le Pen tiendra meeting ce vendredi au Parc Chanot, au côté de son candidat à la mairie de Marseille. Et ce, trois jours seulement après l’ouverture de son procès en appel à Paris, ce mardi, dans l’affaire des assistants parlementaires du RN qui lui a valu cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate en première instance.

    En 2024, la liste Bardella réalise 30,14%

    Il faut se souvenir que les bons résultats du FN puis du RN ne datent pas d’hier mais ils étaient plutôt circonscrits aux scrutins nationaux. Ainsi, pour mémoire, lors de l’élection présidentielle de 2002 Jean-Marie Le Pen est en tête au premier tour puis réalise près de 27% au second tour face à Jacques Chirac. Vingt ans plus tard, en 2022, sa fille récolte 20,1% au premier tour mais parvient à capitaliser 40,16% au second, face à Emmanuel Macron.

    En 2024, la liste de Jordan Bardella figure nettement en tête avec 30,14%. Un étiage sur lequel Franck Allisio semble pouvoir toujours compter d’après les résultats du sondage La Marseillaise/Ipsos-BVA. D’autant qu’il a négocié la non-candidature de Stéphane Ravier ancien du RN, passé par Reconquête qui aurait pu handicaper son score. La « marque » RN avec un candidat flanqué de Marine Le Pen et de Jordan Bardella sur ses affiches, bénéficie de la situation politique nationale avec un bloc de droite et du centre empêtré dans les conséquences de la dissolution désastreuse décidée par le chef de l’État. Le changement de mode de scrutin qui municipalise une élection autrefois morcelée par secteur semble aussi bénéficier au RN car il pâtissait jusque-là de sa faible implantation face à une droite qui cultivait depuis longtemps son réseau de notabilités avec l’appui de ses élus de proximité. Dans ces conditions, le RN peut-il emporter la deuxième ville de France ? Il est évidemment trop tôt pour l’affirmer mais il n’a probablement jamais été si près du but.

  • Mis sous pression, David Rachline renonce à l’investiture RN aux municipales à Fréjus et quitte la vice-présidence du parti

    Mis sous pression, David Rachline renonce à l’investiture RN aux municipales à Fréjus et quitte la vice-présidence du parti

    En l’espace de deux jours, l’horizon politique de David Rachline, l’ex-enfant prodigue du RN, s’est assombri. Lundi, celui qui est maire de Fréjus depuis 2014 a été contraint de renoncer à l’investiture du parti pour les municipales 2026, et annoncé mardi sa démission de son poste de vice-président du parti, qu’il occupait depuis 2021. Des décisions rendues inéluctables par les multiples affaires dans lequel l’édile est empêtré. Et qui avaient poussé Marine Le Pen, pourtant très proche de David Rachline, à annoncer, ce mardi sur BFMTV, ne plus souhaiter « qu’il soit vice-président du RN ». En novembre 2023, la journaliste de l’Obs Camille Vigogne-Le Coat évoquait notamment, dans son livre Les Rapaces, le train de vie démesuré de l’élu par rapport à ses indemnités, et dénonçait des arrangements avec un puissant entrepreneur local du BTP, Alexandre Barbero, dans l’attribution de marchés publics. En septembre, une amende de 10 000 euros a été requise contre lui pour prise illégal d’intérêt dans le cadre de sa nomination à la tête de deux sociétés d’économie mixte. Enfin, en septembre, Mediapart révélait un dîner privé entre Rachline et deux anciens présidents du groupuscule d’extrême droite Groupe union défense (GUD), Logan Djian, et Frédéric Chatillon, ex-prestataire de service du RN et ex-conseiller de Marine Le Pen, condamné en 2024 dans l’affaire des kits de campagne, et avec qui le parti cherche à prendre ses distances, en vain. Sur Facebook, David Rachline a cependant annoncé rester candidat à un troisième mandat.

  • L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    Si la présence de Marine Le Pen à la tête du groupe RN à l’Assemblée nationale et les vidéos de Jordan Bardella rassurent ces derniers mois un électorat féminin qui a longtemps été réfractaire à voter à l’extrême droite (30% des femmes ont voté pour Bardella aux dernières élections européennes pour 32 % des hommes), les votes de l’extrême droite au Parlement ne vont pourtant pas dans le sens de la défense des femmes et devraient alerter cet électorat.

    Le dernier exemple en date sur l’inscription de la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol fin octobre est particulièrement frappant. Si l’écrasante majorité des groupes a voté unanimement pour ce changement d’approche sur la définition du viol, seuls les groupes du RN et de l’UDR (Ciottiste) ont voté contre. C’est le cas de cinq députés gardois : Yoan Gillet, Pascale Bordes, Pierre Meurin, Sylvie Josserand et Alexandre Allegret-Pilot (UDR). Nicolas Meizonnet et les cinq députés d’extrême droite de l’Hérault ne se sont pas donnés la peine de suivre les débats dans l’Hémicycle.

    « L’actualité locale a pourtant récemment mis en avant l’impérieuse nécessité de déployer de nouveaux moyens pour lutter contre le viol et les agressions sexuelles. Les deux procès de l’affaire Pélicot qui se sont déroulés à Avignon et à Nîmes à quelques mois d’intervalle, ont permis de constater l’ampleur du phénomène et le déni qui y est encore attaché », ont réagi à ces votes des députés d’extrême droite, les Unitaires du Gard, composés de L’Après, Debout! et Génération.s.

    « Fémonationalisme »

    Ce dernier vote n’est que l’ultime acte d’une stratégie d’un RN opposé à légiférer pour réduire les violences sexistes et sexuelles (VSS). En 2018, les députés RN se sont abstenus lors du vote de la loi « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ». En 2022, ils votent contre la proposition « sur l’outrage sexiste » visant à durcir l’amende pour le harcèlement de rue. L’année suivante, le RN vote contre la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les VSS. En réalité, pour le Rassemblement National, la lutte contre les VSS ne s’appuie que sur le « femonationalisme », c’est-à-dire l’instrumentalisation du féminisme pour stigmatiser certaines populations, porté notamment par le Collectif Némésis. Jordan Bardella expliquait ainsi en 2024 que l’insécurité « fait régresser la liberté de chaque femme de France de se déplacer dans la rue et dans l’espace public ». Le président du RN oublie ainsi un peu vite que neuf victimes sur dix de viol ou de tentative de viol connaissaient leur agresseur.

  • Exemplarité

    Exemplarité

    La mise en scène de l’incarcération puis de
    la sortie de prison de Nicolas Sarkozy repose l’éternelle question de l’exigence de probité vis-à-vis des élus de la République. Mais avec un éclairage cru et pour le moins inquiétant alors que se profilent les municipales en mars prochain, durant lesquelles une tempête d’extrême droite menace de souffler fort.

    Que l’homme soit le premier président de la Ve République incarcéré est déjà un mauvais signal en soi. Que l’exécution provisoire soit dénoncée comme
    un coup politique alors même qu’elle n’est que l’application de la loi et donc écrite par ceux-là même qui la condamnent aujourd’hui, aussi. Que ceux qui ont construit une partie de leur argumentaire politique sur le laxisme de la justice, se retrouvent côte à côte pour dénoncer
    son application afin de permettre, concrètement, à Marine Le Pen de
    se présenter en 2027, également.

    Sans vergogne

    Depuis longtemps, l’impact de l’existence d’une justice à deux vitesses protégeant les cols blancs sur la désaffection des populations pour la chose politique a été démontré. Sans effet. Les affaires s’enchaînent, touchant de nombreux partis politiques. Pire elles ne semblent même plus être vécues comme un obstacle dans un parcours politique. Cela se voit à l’échelle municipale comme le détaille notre dossier sur nos trois départements. Mais également pour la future présidentielle. Avec le cas de Marine Le Pen mais aussi de Nicolas Sarkozy que certains se plaisent désormais à envisager en sauveur de la droite en 2027.

    Arrêter avec ces « dérives sans vergogne » est fondamental avant les municipales. Et rappeler que l’exemplarité en politique doit être une évidence.