Tag: Marine Le Pen

  • L’extrême droite peut-elle l’emporter dans la deuxième ville de France ?

    L’extrême droite peut-elle l’emporter dans la deuxième ville de France ?

    L’enquête d’opinion La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA donne le candidat du RN, Franck Allisio à 30%, à égalité avec la liste du Printemps marseillais conduite par Benoît Payan. Un score très important pour un candidat d’extrême droite, député depuis 2022 de la circonscription de Marignane-Vitrolles qui souffre d’un déficit de notoriété dans la cité phocéenne.

    Mais, sûr de son influence, le RN a placé Marseille depuis de longs mois dans la liste de ses objectifs prioritaire pour les municipales de mars. Signe de l’enjeu : Marine Le Pen tiendra meeting ce vendredi au Parc Chanot, au côté de son candidat à la mairie de Marseille. Et ce, trois jours seulement après l’ouverture de son procès en appel à Paris, ce mardi, dans l’affaire des assistants parlementaires du RN qui lui a valu cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate en première instance.

    En 2024, la liste Bardella réalise 30,14%

    Il faut se souvenir que les bons résultats du FN puis du RN ne datent pas d’hier mais ils étaient plutôt circonscrits aux scrutins nationaux. Ainsi, pour mémoire, lors de l’élection présidentielle de 2002 Jean-Marie Le Pen est en tête au premier tour puis réalise près de 27% au second tour face à Jacques Chirac. Vingt ans plus tard, en 2022, sa fille récolte 20,1% au premier tour mais parvient à capitaliser 40,16% au second, face à Emmanuel Macron.

    En 2024, la liste de Jordan Bardella figure nettement en tête avec 30,14%. Un étiage sur lequel Franck Allisio semble pouvoir toujours compter d’après les résultats du sondage La Marseillaise/Ipsos-BVA. D’autant qu’il a négocié la non-candidature de Stéphane Ravier ancien du RN, passé par Reconquête qui aurait pu handicaper son score. La « marque » RN avec un candidat flanqué de Marine Le Pen et de Jordan Bardella sur ses affiches, bénéficie de la situation politique nationale avec un bloc de droite et du centre empêtré dans les conséquences de la dissolution désastreuse décidée par le chef de l’État. Le changement de mode de scrutin qui municipalise une élection autrefois morcelée par secteur semble aussi bénéficier au RN car il pâtissait jusque-là de sa faible implantation face à une droite qui cultivait depuis longtemps son réseau de notabilités avec l’appui de ses élus de proximité. Dans ces conditions, le RN peut-il emporter la deuxième ville de France ? Il est évidemment trop tôt pour l’affirmer mais il n’a probablement jamais été si près du but.

  • Mis sous pression, David Rachline renonce à l’investiture RN aux municipales à Fréjus et quitte la vice-présidence du parti

    Mis sous pression, David Rachline renonce à l’investiture RN aux municipales à Fréjus et quitte la vice-présidence du parti

    En l’espace de deux jours, l’horizon politique de David Rachline, l’ex-enfant prodigue du RN, s’est assombri. Lundi, celui qui est maire de Fréjus depuis 2014 a été contraint de renoncer à l’investiture du parti pour les municipales 2026, et annoncé mardi sa démission de son poste de vice-président du parti, qu’il occupait depuis 2021. Des décisions rendues inéluctables par les multiples affaires dans lequel l’édile est empêtré. Et qui avaient poussé Marine Le Pen, pourtant très proche de David Rachline, à annoncer, ce mardi sur BFMTV, ne plus souhaiter « qu’il soit vice-président du RN ». En novembre 2023, la journaliste de l’Obs Camille Vigogne-Le Coat évoquait notamment, dans son livre Les Rapaces, le train de vie démesuré de l’élu par rapport à ses indemnités, et dénonçait des arrangements avec un puissant entrepreneur local du BTP, Alexandre Barbero, dans l’attribution de marchés publics. En septembre, une amende de 10 000 euros a été requise contre lui pour prise illégal d’intérêt dans le cadre de sa nomination à la tête de deux sociétés d’économie mixte. Enfin, en septembre, Mediapart révélait un dîner privé entre Rachline et deux anciens présidents du groupuscule d’extrême droite Groupe union défense (GUD), Logan Djian, et Frédéric Chatillon, ex-prestataire de service du RN et ex-conseiller de Marine Le Pen, condamné en 2024 dans l’affaire des kits de campagne, et avec qui le parti cherche à prendre ses distances, en vain. Sur Facebook, David Rachline a cependant annoncé rester candidat à un troisième mandat.

  • L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    Si la présence de Marine Le Pen à la tête du groupe RN à l’Assemblée nationale et les vidéos de Jordan Bardella rassurent ces derniers mois un électorat féminin qui a longtemps été réfractaire à voter à l’extrême droite (30% des femmes ont voté pour Bardella aux dernières élections européennes pour 32 % des hommes), les votes de l’extrême droite au Parlement ne vont pourtant pas dans le sens de la défense des femmes et devraient alerter cet électorat.

    Le dernier exemple en date sur l’inscription de la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol fin octobre est particulièrement frappant. Si l’écrasante majorité des groupes a voté unanimement pour ce changement d’approche sur la définition du viol, seuls les groupes du RN et de l’UDR (Ciottiste) ont voté contre. C’est le cas de cinq députés gardois : Yoan Gillet, Pascale Bordes, Pierre Meurin, Sylvie Josserand et Alexandre Allegret-Pilot (UDR). Nicolas Meizonnet et les cinq députés d’extrême droite de l’Hérault ne se sont pas donnés la peine de suivre les débats dans l’Hémicycle.

    « L’actualité locale a pourtant récemment mis en avant l’impérieuse nécessité de déployer de nouveaux moyens pour lutter contre le viol et les agressions sexuelles. Les deux procès de l’affaire Pélicot qui se sont déroulés à Avignon et à Nîmes à quelques mois d’intervalle, ont permis de constater l’ampleur du phénomène et le déni qui y est encore attaché », ont réagi à ces votes des députés d’extrême droite, les Unitaires du Gard, composés de L’Après, Debout! et Génération.s.

    « Fémonationalisme »

    Ce dernier vote n’est que l’ultime acte d’une stratégie d’un RN opposé à légiférer pour réduire les violences sexistes et sexuelles (VSS). En 2018, les députés RN se sont abstenus lors du vote de la loi « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ». En 2022, ils votent contre la proposition « sur l’outrage sexiste » visant à durcir l’amende pour le harcèlement de rue. L’année suivante, le RN vote contre la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les VSS. En réalité, pour le Rassemblement National, la lutte contre les VSS ne s’appuie que sur le « femonationalisme », c’est-à-dire l’instrumentalisation du féminisme pour stigmatiser certaines populations, porté notamment par le Collectif Némésis. Jordan Bardella expliquait ainsi en 2024 que l’insécurité « fait régresser la liberté de chaque femme de France de se déplacer dans la rue et dans l’espace public ». Le président du RN oublie ainsi un peu vite que neuf victimes sur dix de viol ou de tentative de viol connaissaient leur agresseur.

  • Exemplarité

    Exemplarité

    La mise en scène de l’incarcération puis de
    la sortie de prison de Nicolas Sarkozy repose l’éternelle question de l’exigence de probité vis-à-vis des élus de la République. Mais avec un éclairage cru et pour le moins inquiétant alors que se profilent les municipales en mars prochain, durant lesquelles une tempête d’extrême droite menace de souffler fort.

    Que l’homme soit le premier président de la Ve République incarcéré est déjà un mauvais signal en soi. Que l’exécution provisoire soit dénoncée comme
    un coup politique alors même qu’elle n’est que l’application de la loi et donc écrite par ceux-là même qui la condamnent aujourd’hui, aussi. Que ceux qui ont construit une partie de leur argumentaire politique sur le laxisme de la justice, se retrouvent côte à côte pour dénoncer
    son application afin de permettre, concrètement, à Marine Le Pen de
    se présenter en 2027, également.

    Sans vergogne

    Depuis longtemps, l’impact de l’existence d’une justice à deux vitesses protégeant les cols blancs sur la désaffection des populations pour la chose politique a été démontré. Sans effet. Les affaires s’enchaînent, touchant de nombreux partis politiques. Pire elles ne semblent même plus être vécues comme un obstacle dans un parcours politique. Cela se voit à l’échelle municipale comme le détaille notre dossier sur nos trois départements. Mais également pour la future présidentielle. Avec le cas de Marine Le Pen mais aussi de Nicolas Sarkozy que certains se plaisent désormais à envisager en sauveur de la droite en 2027.

    Arrêter avec ces « dérives sans vergogne » est fondamental avant les municipales. Et rappeler que l’exemplarité en politique doit être une évidence.

  • LR et Horizons offrent sa première victoire au RN

    LR et Horizons offrent sa première victoire au RN

    C’est un précédent à forte portée symbolique. Pour la première fois, un texte présenté par le Rassemblement national a été adopté dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une résolution visant à « dénoncer » les accords franco-algériens de 1968. Un texte aux relents racistes et dont les défenseurs, nostalgiques de la colonisation et de l’Algérie française, ont déversé leur haine en direct : « Nous voulons que les Sénégalais, les Maliens, les Marocains, les Australiens, aient les mêmes droits que les Algériens en France. Est-ce que c’est ça du racisme ? » vocifère à la tribune le député lepéniste Guillaume Bigot, lançant « vous êtes le parti de l’Algérie » à la gauche.

    « Avant, vos slogans, c’était la haine des juifs. Hier, les juifs, aujourd’hui, les Arabes. Et demain, à qui le tour ? (…) Vous ne changerez pas et c’est pourquoi ce matin, comme hier, comme demain, vous nous trouverez toujours en travers de votre route », rétorque le député socialiste Laurent Lhardit. Vent debout, la gauche de l’hémicycle a, à chaque prise de parole, rappelé le parti à la flamme à son histoire et son projet idéologique. « Nous n’avons jamais trahi ni renoncé, contrairement à ceux qui sont les héritiers de la collaboration avec le nazisme, qui sont les héritiers de l’OAS qui a tenté d’exterminer le Général de Gaulle ! », tempête le député insoumis Matthias Tavel.

    Cette résolution, non contraignante, avait pour but d’entraîner le socle commun, qui ne cesse de dénoncer cet accord – de Bruno Retailleau, à Gabriel Attal en passant par Édouard Philippe –, dans un piège : renier ses positions ou collaborer avec l’extrême droite. Les soutiens du président ont choisi la deuxième option. « Quand le RN porte des projets ou des convictions que nous partageons, il n’y a aucune raison d’être dans des postures politiciennes et de ne pas voter ce que nous voulons pour notre pays », justifie le patron des députés Les Républicains, Laurent Wauquiez. Ainsi, LR et Horizons, le parti de l’ancien Premier ministre, ont voté en faveur de ce texte, qui a été adopté à une voix près : 185 voix pour, 184 contre.

    « Pourquoi faire sauter

    la digue ? »

    Si des voix de gauche manquaient à l’appel, le camp présidentiel a carrément déserté l’hémicycle offrant de fait, une victoire « historique » au parti à la flamme, qui s’en targue. Cette adoption a fini de semer le trouble au sein du camp présidentiel. Marine Le Pen, elle, fanfaronne. « Chers collègues d’Horizons et LR, pourquoi apportez vos votes au RN ? Vous pouvez aussi vous abstenir ! Pourquoi faire sauter la digue ? », s’agace le député Renaissance Ludovic Mendes. Tandis que le Premier ministre propose de « renégocier » cet accord, en marge d’un déplacement dans la Manche.

    Puis, les députés ont rejeté l’article unique de la proposition de loi « visant au rétablissement du délit de séjour irrégulier » à l’issue d’un débat houleux. « Pendant le Covid, quand vous étiez tous renfermés dans vos appartements, qui allait ouvrir les magasins ? Qui allait livrer les marchandises ? Qui est mort du Covid sans protection ? C’était les salariés sans-papiers ! », fulmine le chef du groupe communiste Stéphane Peu. « S’il y a UNE urgence dans le pays, c’est que ceux qui travaillent, qui par leur sueur font fonctionner ce pays, soient régularisés », poursuit-il sous les applaudissements de ses pairs.

    EN BREF

    Le Sénat rejette la nationalisation d’ArcelorMittal

    Le Sénat a rejeté à 107 voix pour et 235 contre la proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal portée par le groupe PCF lors de sa niche parlementaire jeudi. « La nationalisation n’est plus une option, elle est devenue une nécessité ; économique pour planifier la décarbonation de la filière, industrielle pour garantir nos approvisionnements stratégiques et enfin sociale pour protéger les travailleurs », a poussé la présidente du groupe Cécile Cukierman, alors que des salariés siégeaient en tribune. « Nationaliser, ce n’est pas sauver, c’est différer. C’est traiter un symptôme sans s’attaquer à la cause », justifie le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin. L’hémicycle n’a pas non plus adopté la proposition de loi visant à introduire une tarification incitative sur la fiscalité des déchets.

  • Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • L’extrême droite RN veut « tout censurer »

    L’extrême droite RN veut « tout censurer »

    Le Rassemblement national rejoue la même scène que lors de la dissolution de juin 2024, décidée de façon ubuesque par Emmanuel Macron, au soir des résultats des élections européennes où le RN était arrivé en tête de ce scrutin à un tour. Le risque d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite avait alimenté le débat public et avait poussé les gauches à s’unir pour les législatives anticipées, au sein du Nouveau front populaire (NFP). Une union qui arrivera en tête, le 7 juillet 2024, mais sans être appelée à Matignon par Macron.

    Plus d’un an après, et alors qu’il fait son miel de l’instabilité politique et de la crise de régime, le RN ne change pas de disque et se dit toujours « prêt à gouverner ». Mais pour cela, une nouvelle dissolution est un préalable indispensable. Or, elle dépend, comme le stipule la Constitution, du seul chef de l’État. Aussi, entendre, mercredi matin, Sébastien Lecornu dire que la perspective d’une dissolution s’éloignait, a fait sortir de ses gonds l’héritière de Montretout. Elle a déclaré dans la foulée qu’elle « censurerait tout » ce qui émane du gouvernement, même si elle a dit prudemment être favorable à une suspension de la réforme des retraites, avancée par le dernier carré des macronistes. « Je suis heureuse de cette suspension si elle intervient », a-t-elle déclaré en marge d’une visite au sommet de l’élevage, à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme). Pour autant « je censure tout. Là, maintenant, stop. La plaisanterie a assez duré », a-t-elle ajouté. Le président du RN Jordan Bardella a déclaré dans quasiment les mêmes termes sur le réseau X que « la seule solution, c’est le retour aux urnes. Stop aux tractations, place aux élections et à la dissolution de l’Assemblée nationale ».

    Marine Le Pen, qui a refusé de rencontrer Lecornu, a également précisé que « si les Français nous veulent, nous sommes prêts et nous enverrons Jordan Bardella qui constituera un gouvernement de coalition. »

    Coalition avec qui ? Pour l’heure, le parti lepéniste n’entre pas dans les détails mais à droite, les digues sont en train de rompre, Bruno Retailleau (LR) en tête, mais aussi la sénatrice LR Sophie Primas, ancienne porte-parole du gouvernement Bayrou, qui a dit mercredi sur RTL qu’elle était prête à gouverner avec l’extrême droite, en affirmant que « nous n’avons pas que des désaccords avec le Rassemblement national ». Gravissime et symptomatique d’une bascule de la droite dite traditionnelle.

  • « Censure systématique » pour l’extrême droite

    « Censure systématique » pour l’extrême droite

    Le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR) « censureront systématiquement tout gouvernement » jusqu’à la dissolution ou la démission du chef de l’État, a affirmé lundi Éric Ciotti à l’issue d’une réunion de l’intergroupe entre ses députés de l’Union des droites pour la République (UDR), son parti, et le RN.

    C’est le député des Alpes-Maritimes qui a pris la parole en fin de journée en clamant « pour arrêter cette mascarade ridicule, il faut retourner aux urnes et il faut le faire le plus vite possible ». Plus tôt dans la journée, les deux chefs de file du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella, ont appelé lundi Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale après la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, estimant que le chef de l’État avait aussi le choix de démissionner.

    « Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes et sans la dissolution de l’Assemblée nationale », a réagi Jordan Bardella tôt le matin en arrivant au siège de son parti pour une réunion. Elle est même « absolument incontournable », a abondé la cheffe de file du RN Marine Le Pen, à son arrivée.

    Interrogée par les journalistes, elle n’a pas non plus écarté l’hypothèse d’une démission du chef de l’État : « je n’ai pas à l’appeler à le faire. S’il prend la décision de le faire je pense que ce serait une décision, là encore, sage », a répondu la patronne de l’extrême droite. « Je pense que si nous attendons encore, il n’aura pas d’autre choix », a également estimé Jordan. Bardella après la réunion au siège du parti.

    Marine Le Pen a en outre balayé les hypothèses d’un nouveau gouvernement : « on est au bout du chemin, il faut arrêter. Ministres de droite, ministres de gauche, on arrête, et ce sont les Français qui vont décider », a-t-elle insisté. Sans préciser évidemment que c’est moins le pays que la possibilité de permettre à Marine Le Pen de participer à la présidentielle de 2027 qui motive l’analyse. La stratégie à peine voilée de son parti est en effet d’aligner élections législatives anticipées et accession à Matignon pour… lancer une loi d’amnistie, annulant l’exécution provisoire de l’inéligibilité.

  • Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Sophie Camard : « Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La campagne des municipales

    Léo Purguette : Est-on déjà dans la campagne ?

    Pour nos adversaires oui. De notre côté, ce qui compte pour moi, c’est qu’on a fait le démarrage de campagne du Printemps marseillais avant les candidats. Samedi matin dernier, 1 500 personnes à la maison de l’Arménie, c’était un signal positif. On revient aux sources de ce qu’a fait le Printemps marseillais en 2020, dans un autre contexte. C’est-à-dire qu’on remobilise notre base militante et les habitants. On revient au message de base du Printemps marseillais : transformer la ville avec un mouvement citoyen et ce mélange un peu particuliers de partis politiques et de citoyens.

    Didier Gesualdi : 5 ans après votre opposition ne cesse de dire que Benoît Payan a volé l’élection de Michèle Rubirola.

    Pour moi, celle qui a volé l’élection, c’est Martine Vassal puisqu’elle oublie à chaque fois de dire que c’est elle qui a perdu. Elle a perdu la mairie des 6-8, elle a perdu le conseil municipal et elle s’est ensuite présentée à la Métropole par revanche politique. Je rappelle que Benoît Payan a gagné les 2-3, Michèle Rubirola les 4-5, Olivier Fortin les 6-8 et moi les 1-7. Ça me rappelle un peu Trump face à Biden. On est face à une droite tellement traumatisée de perdre le pouvoir en 2020, qu’elle a fait un arrêt sur image. Ils n’ont jamais accepté les résultats et là, ils font un redémarrage de campagne où on a l’impression qu’ils ont réappuyé sur la touche de 2020 et on les voit revenir avec les mêmes candidats que ceux qui ont perdu en 2020. Ils reviennent avec la même communication « Marseille à feu et à sang avec le Printemps marseillais » On est seulement au mois de septembre, on se demande ce que ça sera en mars. Et puis, un climat d’affaires judiciaires, et une annonce de campagne où je me suis demandé si c’était Martine Vassal ou Marine Le Pen qui se lançait.

    Léo Purguette : À ce point ? Oui, faire sa rentrée politique en disant « la cause de tous les problèmes, c’est l’immigration », c’était assez spectaculaire.

    Léo Purguette : Elle a fait ce lien sur un fait divers de votre secteur sur lequel vous avez fait le choix d’assez peu vous exprimer.Ah si ! J’ai fait des déclarations claires et nettes. Lorsque la situation était parfaitement maîtrisée et que tout s’est transformé en bad buzz sur les réseaux sociaux, j’ai vraiment réagi très formellement. On est en République. L’état de droit, c’est juger les individus sur les actes qu’ils commettent, pas sur leurs origines ou leur nationalité. J’ai rappelé que Belsunce était un quartier avec beaucoup de personnes d’origine étrangère qui sont aussi les premières victimes de ce qu’il s’y passe. On pourra en reparler.

    La candidature de Martine Vassal

    Didier Gesualdi : Que pensez-vous de ce démarrage de campagne ?

    Pour moi, Martine Vassal, c’est la candidate du retour en arrière. C’est-à-dire que ses soutiens veulent reprendre là où ils en étaient en 2020. Qui veut revenir en arrière ? Qui veut revenir à la situation de 2020, où il y avait une crise humanitaire due à l’évacuation des personnes délogées et où il n’y avait même pas de direction de lutte contre l’habitat indigne ? Qui veut revenir avant 2020 où on avait une adjointe aux écoles qui ne savaient même pas combien Marseille comptait d’écoles et qui disait que si les écoles étaient dégradées c’était la faute des enfants ? Aujourd’hui on a un plan écoles d’un milliard, on est passé de 20 ans de retard à 10 ans d’avance dans les nouvelles écoles. Qui veut revenir à avant 2020, où les musées, les bibliothèques, les cantines, les crèches étaient en permanence en souffrance et parfois fermés par manque de personnel ? Qui veut revenir avant 2020 où on nous prédisait la tutelle de l’État sur les finances de la Ville ? Ce n’est pas assez signalé mais nous avons non seulement recruté, renforcé les services publics mais aussi diminué la dette de Marseille. Martine Vassal dirige la Métropole – 5 milliards d’euros -, le Département – 3 milliards d’euros – avec des finances qui vont très très mal. On n’a pas de leçon à recevoir.

    Léo Purguette : Quand elle dit sur ce plateau que dans le magazine bilan de la majorité 80% des réalisations sont dues à la Métropole, vous n’êtes pas d’accord ?

    Quand ça va bien, c’est le bilan de Martine Vassal, le reste c’est Benoît Payan ? Il faut rester sérieux 5mn. Je peux confirmer que, quand l’État, la Métropole et la Ville font ensemble, oui ça permet d’avance. Mais dans ce cas-là, pourquoi dit-elle que Marseille va si mal ?

    Les liens avec la métropole

    Didier Gesualdi : Vous travaillez avec la Métropole…

    La Métropole a beaucoup d’argent et beaucoup de pouvoir. Martine Vassal termine son mandat sur ses grandes compétences avec un fiasco total dans les transports. Les déchets, la propreté, ça remonte de partout, ça ne va pas. Encore trop souvent, elle bloque un certain nombre de demandes que nous lui faisons. Elle a même refusé de mettre une maison des projets dans un immeuble de la Métropole pour expliquer aux Marseillais tout ce que nous faisons ensemble avec la rénovation urbaine sur le centre-ville. Comme si ça devait nous bénéficier à nous, alors que c’est juste l’intérêt commun. Il y a un récit qui ne fonctionne pas. Si elle a tant d’argent et de pouvoir, pourquoi elle critique la situation de Marseille ?

    Léo Purguette : Ça, ce sont vos rapports tendus, mais les Marseillais que vous rencontrez comme maire de proximité, vous disent-ils que tout va bien ?

    Ils me disent que Marseille change, qu’ils ne veulent pas revenir en arrière. Ils me disent qu’ils ont conscience qu’il a de grands sujets qui nous dépassent. Accuser Benoît Payan ou Sophie Camard de la drogue ou des coups de couteau, c’est quand même un peu ridicule. Nous avons libéré beaucoup de projets et d’énergie dans cette ville. Ce n’est pas anecdotique d’avoir remis beaucoup de culture dans l’espace public, d’avoir redressé les écoles, les crèches, la police municipale aussi. Les gens m’en parlent. Après, ils ont bien compris qu’il y a un débat politique qui leur échappe et dont ils ne veulent plus entendre parler, c’est cette opposition Métropole-Ville, Vassal-Payan. C’est pourquoi l’élan transformateur du Printemps marseillais devra, demain, s’étendre à tous les secteurs de la Ville et à la Métropole. Nous voulons l’alignement de la chaîne de commandement.

    Le Premier ministre

    Léo Purguette : La situation nationale est très bloquée. On a un Premier ministre sans gouvernement, un mouvement social qui se déploie. Quelle issue possible ?

    Ce qui m’intéresse dans la situation actuelle, c’est que pour une fois, comme on n’a plus de gouvernement, on a un mouvement social qui met des sujets sur l’agenda politique. Habituellement, on fait des manifestations contre ce que le gouvernement cherche à imposer. C’est un moment très particulier, le mouvement social qui fixe les grands sujets : la Palestine, l’injustice fiscale, les privilèges des milliardaires, l’idée d’aller chercher l’argent là où il est…

    Léo Purguette : Cela débouchera-t-il sur une dissolution ?

    Je m’en méfie car derrière, c’est l’extrême droite. Il faut maintenir la mobilisation. La situation doit se résoudre par des mesures fortes que le mouvement social exige.

    La sécurité

    Didier Gesualdi : Parmi les reproches faits à Marseille, il y a les incivilités et l’insécurité. La réponse est du côté de l’État mais pas seulement. N’avez-vous pas mis un peu trop de temps à vous préoccuper de la question ?

    Je rappelle que dès 2020 nous avions inscrit le doublement de la police municipale dans notre programme. C’est un engagement tenu. Quand nous sommes arrivés aux manettes, nous avons constaté qu’il y avait à peine une équipe de nuit de police municipale pour toute la ville, que pour les fameuses caméras dont on parle, il n’y avait pas les ressources humaines pour exploiter les images et le centre de supervision urbain était insuffisamment doté. C’est nous qui avons recruté, rajouté des brigades maritimes et équestres, qui avons ouvert le poste de police de proximité sur la Canebière, qui avons fait refluer les difficultés à Noailles de manière spectaculaire. Je ne trouve pas du tout qu’on a été aux abonnés absents sur le sujet, bien au contraire. Je pense même que cela a surpris et mis en difficultés nos adversaires qui ne s’y attendaient pas.

    Les forces en présence

    Didier Gesualdi : Vous tapez beaucoup sur Martine Vassal mais quid du RN dont on vous entend peu parler ?

    On en parle de manière indirecte parce que, oui, ça nous inquiète cette fusion de discours entre LR et l’extrême droite. Très clairement, il y a une question qui est posée sur des éventuelles fusions de liste au second, au troisième tour ? On n’en sait rien. Il y a un vrai problème de repérage des forces politiques en présence. Qu’est-ce que ça veut dire la droite à Marseille aujourd’hui par rapport à l’extrême droite ? Je me pose vraiment des questions sur le discours. L’extrême droite est très présente sur le terrain. On peut se retrouver avec un duel gauche-extrême droite.

    Didier Gesualdi : Pourquoi les Marseillais votent pour elle selon vous ?

    Je ne pense pas que Marseille soit isolée des grandes tendances mondiales, nationales, de tout ce climat de fachosphère qui règne dans le pays… Je mesure l’utilité des élus de proximité. On est sans cesse au corps à corps sur des fausses rumeurs, des propos qui n’ont pas lieu d’être… Il y a beaucoup d’angoisse qui s’exprime, beaucoup de peur dans la tête des gens.

    Léo Purguette : Parmi les forces en présence, il y a la FI. Vous étiez suppléante de Jean-Luc Mélenchon, en 2020 vous aviez fait partie de ceux qui ont voulu le Printemps marseillais. N’y a-t-il pas ici aussi une touche pause actionnée ? C’est définitif ?

    Du côté de la France insoumise, pour le moment, je ne vois pas trop de son pas trop d’image. Ce ne sont pas juste des déclarations sur les réseaux sociaux qui manifestent une entrée en campagne. Une campagne, c’est un programme, des candidats, des débats… Effectivement, ils ne veulent pas faire de liste avec nous. Nous sommes les élus sortants, le Printemps marseillais, on va mettre un bilan en débat pour aller plus loin. Qui va nous aider ? Nous renforcer ? Je fais un appel aux citoyens. Je me méfie des étiquettes politiques, surtout à Marseille, l’électorat de gauche peut évoluer d’une élection à l’autre. Je fais confiance aux électeurs de gauche pour faire les bons choix aux bons moments.

    Léo Purguette : On ne sait pas si certains vous rejoindront mais d’autres semblent vouloir vous quitter comme l’écologiste Sébastien Barles. C’est définitif ?

    Je rappelle qu’il avait fait une liste autonome en 2020.

    Léo Purguette : Vous n’aviez pas géré 5 ans ensemble…

    Didier Gesualdi : Il veut être calife à la place du calife ?

    Je ne sais pas, il faut lui demander. Il a été adjoint au maire tout le long, chargé de la transition écologique, il a eu un certain nombre de moyens à sa disposition. Il lui appartient de s’exprimer mais au départ, il était déjà sur une liste qui n’était pas celle du Printemps marseillais.

    Nicolas Sarkozy

    Didier Gesualdi : La condamnation de Nicolas Sarkozy n’est pas de nature à rapprocher les électeurs de la politique…

    Ça c’est sûr. En 2007-2008, c’est ce qui m’a fait reprendre un engagement politique. J’étais déjà à Marseille, c’était le grand début de la brutalisation de la vie politique. On dirait que tout le monde réalise maintenant la gravité des faits qui lui ont été reprochés. Il y a depuis des années, une certaine bienveillance à ne pas mesurer le caractère historique de ce qui se passe avec M. Sarkozy. Quand on dit « c’est la première fois qu’il y a une peine de prison ferme », ce n’est pas vrai. Il a été condamné dans l’affaire Bismuth, il a eu le bracelet électronique, puis l’affaire Bygmalion et là, c’est la troisième affaire avec le financement libyen. Il a en fallu du temps !

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Karim Bendjaballah : Bonjour, qu’est-ce que vous faites pour améliorer Noailles ?

    Je suis très fière de ce qu’on a fait à Noailles. J’ai été élue sur les sujets de la rue d’Aubagne. On a eu la chance de pouvoir installer une Société publique d’intérêt national. Énormément de changements se voient à Noailles, il y a des travaux de voirie dans tout le quartier, tous les réseaux électriques ont été refaits. L’équipement de proximité qui sera un lieu ressource sur le lieu de l’effondrement va s’ouvrir au printemps. Le centre social, promis depuis 10 ans est en travaux. Il devrait pouvoir ouvrir en 2027 et en attendant, l’année prochaine on va pouvoir ouvrir un équipement associatif au 44, rue d’Aubagne. Il y a eu les opérations de police de proximité qui ont énormément soulagé et qui tiennent dans le temps. J’ai commencé le mandat en sentant mes adversaires politiques qui se frottaient les mains sur Noailles en se disant « ils ne vont pas y arriver ». Aujourd’hui l’ambiance a changé à Noailles. Karim, si vous habitez Noailles vous pouvez le voir tous les jours dans votre rue. On est en train de changer d’ère. À tel point que les prix remontent. C’est pour ça qu’on avait prévu, sur le foncier public qu’on va réhabiliter, des logements sociaux qui correspondent aux besoins des habitants. On va essayer de tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas d’emballement à la spéculation. On va maîtriser cela.