Tag: Marc Pietrosino

  • [Entretien] « Une volonté d’affaiblir la CGT et ses bastions »

    [Entretien] « Une volonté d’affaiblir la CGT et ses bastions »

    La Marseillaise : Pourquoi organisez-vous cette journée d’action à un niveau départemental et interprofessionnel ?

    Marc Pietrosino : On est un département en situation d’urgence sociale, avec beaucoup d’emplois qui sont menacés dans tous les pans de l’économie, et que ce soit dans le privé ou dans le public. Il y a beaucoup d’incertitudes : quand on regarde sur la Région Sud, notre département est un peu une exception par rapport aux autres, où il n’y a plus, ou très peu, d’industrie. Actuellement, on voit des tentatives de réorganisation économique sur le territoire : les investissements sur les industries ne sont pas à la hauteur. Avec tout ce que cela implique pour les services publics, les commerces… Et dans le même temps, on constate qu’il y a une répression accrue sur les délégués CGT dans les entreprises, qui ne font que défendre les droits des salariés. L’idée est de monter le ton avec cette journée : on réaffirme qu’on ne laissera pas ce département devenir une zone uniquement avec des emplois précaires. Et qu’on ne laissera pas nos camarades être réprimés et criminalisés.

    Quel lien entre cette répression syndicale et cette urgence sociale ?

    M.P. : C’est plus facile de faire un PSE quand il n’y a plus la CGT dans l’entreprise. C’est plus facile d’enlever des droits aux salariés quand les délégués CGT sont muselés. Et puis, ce sont des signaux politiques envoyés aux salariés. C’est une manière de leur dire « même eux, on n’a pas peur de les convoquer, de les faire condamner ». C’est une façon de régner par la peur face aux travailleurs.

    Le Grand port maritime de Marseille est une place centrale de l’économie régionale, ce n’est pas un hasard si la CGT GPMM est visée ?

    M.P. : Oui, c’est clair. Si les syndicats qui sont une force de frappe pour la CGT, qui sont des bastions, sont menacés aujourd’hui ce n’est pas un hasard. C’est une volonté d’affaiblir plus généralement la CGT, le mouvement social et la défense des salariés plus généralement. Il faut rappeler que le syndicat CGT GPMM s’est beaucoup mobilisé, notamment sur des dossiers comme celui de la centrale de Gardanne. Si la CGT GPMM et les dockers n’avaient pas été là, malgré toute la bonne volonté, on n’en serait pas là aujourd’hui. Et il y a des attaques actuellement sur les ports français, sur le port de Marseille-Fos. Donc forcément, ils essaient d’affaiblir le syndicat du GPMM. On a eu le même cas avec la CGT Énergie qui était à la pointe dans la lutte contre la réforme des retraites et qui a subi une forte répression syndicale. La CGT a une capacité de mobilisation forte, elle est logiquement dans l’œil du viseur du patronat. Regardons la mise en examen de Sophie Binet… On n’aurait jamais pensé qu’on en arriverait là.

    Quelle forme va prendre cette journée concrètement ?

    M.P. : Dans la matinée, plusieurs organisations ont des actions prévues. Il y a de la grève, chez les territoriaux d’Istres par exemple, mais aussi des distributions de tracts comme dans la zone industrielle des Paluds, ou encore des actions chez les énergéticiens. Mais tout le monde se donne rendez-vous au meeting sur le port, en présence de la confédération.

  • Face à l’urgence sociale, la CGT 13 passe à l’offensive

    Face à l’urgence sociale, la CGT 13 passe à l’offensive

    « On a l’obligation d’élever le niveau : le 25, il y aura des actions de grève partout dans le département. » Ce lundi, à la Bourse du travail de Marseille, Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13, tape du poing sur la table. « Il y a 30 000 emplois qui sont menacés dans les Bouches-du-Rhône, des services publics qui se dégradent, des camarades criminalisés », tonne-t-il, le ton grave. Une référence aux multiples entreprises et industries menacées à plus ou moins court terme, à la multiplication des plans sociaux et à l’austérité qui fait tant de dégâts dans la fonction publique : « Il y a une urgence sociale. »

    Autour de lui, on retrouve des représentants de plusieurs secteurs : énergéticiens, finances publiques, agents portuaires, hospitaliers ou encore postiers… Tous sont réunis pour annoncer « une journée d’actions et de grève » qu’ils espèrent d’ampleur pour jeudi prochain.

    Concrètement, l’organisation table sur « des préavis dans plusieurs entreprises du privé », différentes actions, mais aussi un « arrêt de travail sur le Grand Port Maritime de Marseille [GPMM, Ndlr.] qui est prévu, de 9h à 15h ». Car c’est à la porte 2C qu’un « meeting » est prévu à 11h30 comme « point d’orgue » de cette journée de mobilisation.

    Tout un symbole dans la période. « La criminalisation de l’action syndicale s’intensifie. Pendant les retraites, c’était les camarades de l’énergie. Aujourd’hui, ce sont les camarades du GPMM qui sont attaqués », tempête le secrétaire général de l’UD CGT. Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT GPMM, justement concerné directement puisque visé par une procédure en justice, abonde : « Au port, on est à la croisée des chemins. Il y a des sites industriels historiques menacés par un manque d’investissement du patronat. Ce dernier n’a de cesse de s’alimenter des fonds publics : ArcelorMittal, Kem One… » Condamné en première instance dans l’affaire de la gestion des comptes du Comité d’entreprise du port, il rappelle : « On a fait appel, il est suspensif. On va continuer le combat : ceux qui pensaient qu’on allait être diminué, c’est le contraire. Et c’est pour cela qu’on fait ce rassemblement sur le port, un lieu symbolique. »

    Plus globalement, ce sont les militants de tous le département qui seront dans l’action. « On a une journée de mobilisation régionale sur la question des salaires. On veut vivre dignement de nos salaires et lutter contre la précarisation de nos emplois », explique Renaud Henri, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, évoquant une action « choc sur un poste de transport gaz qui alimente Marseille », ce jour-là. Les agents de différents services publics seront aussi dans l’action. « La fédération des services publics organise une semaine d’action sur les salaires, avec un appel à la grève le 25 justement », explique Johnny Benoit, pour la Coordination syndicale départementale des agents territoriaux, aux côtés de Frédéric Larrivée, pour la CGT Finances Publiques 13, et de Greg Fontaine pour la CGT AP-HM ou encore de Sabrina Manca pour la CGT Activités Postales. C’est d’ailleurs Baptiste Talbot, ancien secrétaire général de la fédération des Services publiques, qui va prendre la parole pour la CGT, au niveau confédéral, lors du meeting.

    Même principe à l’autre bout du département : « La CGT est menacée d’expulsion de la Bourse du travail d’Arles par le maire. Le tribunal administratif va juger l’affaire justement ce 25 juin. C’est une atteinte grave aux libertés syndicales et c’est en lien avec les discriminations dont sont victimes les camarades du GPMM », conclut Claude Mas, pour la CGT arlésienne. De quoi boucler la boucle.

  • Contre la répression syndicale, la CGT relève le front en région Paca

    Contre la répression syndicale, la CGT relève le front en région Paca

    « La seule limite à l’oppression, c’est la résistance à celle-ci ! ». Ce vendredi dans les locaux du Sporting club du Grand Port maritime de Marseille, Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional de la CGT Paca, tape du poing sur la table. Entouré par les représentants des Unions départementales CGT de la région, il vient délivrer un message fort : « On vit un moment de bascule, avec une remise en cause profonde de la démocratie sociale. La CGT est confrontée à grand nombre de situations qui nous préoccupent très fortement. »

    Forcément, le lieu n’est pas choisi au hasard et illustre la « répression syndicale » que dénonce l’organisation : au cœur du Port, alors que le secrétaire général de la CGT du GPMM, Pascal Galéoté, est confronté à une procédure judiciaire dans l’affaire de la gestion du CSE (comité social et économique, lire nos articles du 27/04 et du 29/04). « On a choisi ce lieu car il symbolise ce que vit le monde du travail en matière de durcissement des rapports sociaux », résume Patrice Kantarjian. Avant de s’exprimer concrètement sur le fond du dossier où la justice reproche aux représentants de la CGT GPMM un « abus de confiance ». « On a plus que l’impression que c’est l’activité de la CGT, ultra-majoritaire sur le port, qui est visée. Les trois quarts des salariés du port ont voté pour la CGT aux dernières élections », rappelle le secrétaire. Et de développer : « En remettant en cause les fonctionnements des CSE, on remet en cause la démocratie sociale. Sous prétexte que des organisations minoritaires seraient lésées dans les moyens à disposition, ça remet en cause le vote des salariés du GPMM. » Un appel à la mobilisation, pour le 1er juin, date du rendu de la décision de justice autour des comptes du CSE du GPMM est lancé. « Chacun doit mesurer le poids de la décision qui sera prise. Nous serons tous très attentifs à ce qui sera décidé », prévient Patrice Kantarjian.

    Un message commun et une attention partagée

    À cela s’ajoutent deux autres dossiers locaux, bien différents mais qui démontrent les mêmes attaques auxquelles fait face la CGT. « Une dizaine de camions de la gendarmerie ont été envoyés hier par le préfet pour déloger les salariés d’Eurenco du piquet ! Plutôt que de répondre aux sollicitations récurrentes de la CGT pour une médiation avec la direction, le préfet a une oreille bien plus attentive du côté de cette dernière », dénonce-t-il. Autre sujet d’inquiétude : la situation de la Bourse du travail d’Arles où la CGT est menacée d’expulsion par le maire. « Ce sont ses locaux historiques, que la CGT occupe depuis 126 ans. À Arles comme ailleurs, il est hors de question que la CGT se laisse déposséder des maisons des travailleurs. » D’où la revendication nouvelle « d’une loi pour sanctuariser les Bourses du travail » portée par le comité régional avec la confédération. Laquelle était représentée par Nathalie Bazire, secrétaire confédérale qui analyse cette accumulation d’attaques à l’encontre de l’organisation : « Les employeurs sont au service de l’extrême droite, car le syndicalisme est le dernier rempart contre celle-ci. Ce n’est pas nouveau, on l’a vécu avant la Seconde Guerre mondiale. » De quoi faire écho aux propos de Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT Var : « On n’a pas connu d’attaques aussi massives et coordonnées du capital servi par l’extrême droite depuis bien longtemps. » Et Sylvain Moretti, son homologue du 04, résume le phénomène : « Pour remettre en cause les garanties collectives, la meilleure solution pour le patronat et l’extrême droite, c’est de s’attaquer aux dirigeants syndicaux qui portent des revendications d’un haut niveau. » Avant que Patrice Kantarjian ne tonne : « Sur tous les cas évoqués, la CGT ne sera pas spectatrice. »

  • La CGT demande des comptes au patronat

    La CGT demande des comptes au patronat

    Encouragée par environ 300 manifestants, d’après les organisateurs, une délégation de représentants syndicaux d’entreprises a été reçue par l’UPE 13. La CGT d’ArcelorMittal, de la Métropole, du Grand Port maritime de Marseille, de la CPMM, de Fibre excellence et de Kem One ont porté ensemble un message fort aux représentants du patronat local : l’industrie a un avenir dans le département. « Nous ne laisserons pas liquider notre industrie, ni nos services publics qui en découlent, ni les emplois du département », affirme Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13 et participant de la délégation. Un message porté de manière interprofessionnelle pour exiger le maintien de l’emploi et des salaires dignes. Prochain rendez-vous, le 1er juin pour continuer à faire monter le rapport de force.

    Stéphane Martins de Araujo, CGT Arcelor Fos

    « On veut alerter sur l’importance des emplois qui risquent de disparaître demain. On se dirige, si on ne fait rien, vers une casse sociale et sanitaire au regard des enjeux de décarbonation. On porte des revendications claires et nettes, dans le sens d’une sécurisation des emplois. Et à moyen terme, d’arriver à décarboner ce qui est possible sur le bassin de Fos. On se pose beaucoup de questions sur la faisabilité de cette décarbonation quand on voit ce qu’il s’est passé avec Carbon. Et à Arcelor Fos, il n’y a pas de volonté de décarboner nos hauts-fourneaux. »

    Propos recueillis par A.B.

    Carole Crescenzo, CGT Hôpital Nord

    « On est là parce que le patronat s’en met plein les poches ! Alors que notre point d’indice n’évolue pas. Et puis ils sont en train de privatiser la santé et l’hôpital public. Ils sous-traitent de plus en plus. Au sein de l’hôpital Nord, c’est une entreprise extérieure qui fait le ménage maintenant. Et il y a un cabinet privé qui réalise les dialyses. Et à côté de cela, les hôpitaux sont en train d’être gérés comme des entreprises, pour être rentables. Or dans le système de santé c’est l’humain qui devrait primer. On ne peut pas gérer l’hôpital comme on gère du capital. »

    Propos recueillis par E.J.

    Josette Biancheri, CGT retraités

    « On est venus faire convergence. Car notre société est basée sur ce que l’on appelle la sécurité sociale, interprofessionnelle et intergénérationnelle, qui nous prend en charge de la naissance à la mort. Mais si les emplois sont mal payés et que les cotisations baissent, ce sont nos retraites et celles des générations futures qui vont payer les pots cassés. Nous nous battons pour que nos pensions de retraite évoluent et pour maintenir des emplois bien rémunérés pour que tout le monde puisse vivre dignement de son travail. »

    Propos recueillis par E.J.

    Julie Didonnat, CGT, salariée de la CPMM

    « On tape à toutes les portes pour se faire entendre. Les aides publiques pour la presse sont données aux grands groupes mais pas à nous ! Cela met en péril la viabilité économique de l’ensemble des dépositaires de presse. Où va cet argent ? Pourquoi ne ruisselle-t-il pas jusqu’à nous ? Ce sont les questions qu’on pose au patronat et à l’État. Je m’inquiète pour nos emplois mais aussi pour les diffuseurs de presse, les kiosques, les magasins de presse, les transporteurs…. Si ça continue et que la distribution s’arrête, ça mettrait des milliers d’emplois en danger. »

    Propos recueillis par A.B.

    Laetitia Sidibe, CGT, conseil départemental

    « Le patronat, c’est lui qui négocie avec l’État et ce sont nous, les travailleurs du privé et du public, qui en payons le prix. Car les caisses de l’État servent à remplir les poches du patronat plutôt que les nôtres. On est là car on a besoin d’embauches, dans notre secteur mais partout. En tant qu’assistante sociale, on est en sous-effectif, avec une charge de travail toujours plus importante. Mais on est là pour tout le monde, car nous recevons de plus en plus de personnes qui ont un travail mais qui ne s’en sortent pas. »

    Propos recueillis par E.J.

    Laurent Quinto, CGT Fibre Excellence

    « On est là pour deux points : sauver nos emplois à Tarascon, être solidaires de tous les camarades qui ont aussi leurs emplois menacés. On est dans la même situation : regardez Arcelor, ils pourraient faire de la captation de CO2, du bioéthanol, comme nous sur Fibre Excellence… On pourrait tous se développer, renforcer nos industries plutôt qu’être en danger. Mais tout cela nécessite des investissements, des actions. Il faut que le Medef remonte le message aux plus hautes instances, le patronat doit faire quelque chose rapidement : on a besoin d’actions urgentes. »

    Propos recueillis par A.B.

    Fabrice Florio, CGT Cheminots

    « Toutes les industries sont imbriquées. Sans industrie, il n’y a pas de train de fret SNCF, donc c’est important que nous la défendions. Mais il y a aussi des problématiques avec l’ouverture à la concurrence. On fait venir des sociétés privées qui prennent la place de la SNCF, et on se rend compte que ça a un surcoût au niveau des deniers publics. On est là pour que le Medef local prenne ses responsabilités ainsi que l’État. Car le risque, c’est beaucoup de pertes d’emploi, ce qui risque d’impacter les services publics. »

    Propos recueillis par E.J.

    Véronique Dolot, CGT Métropole Aix-Marseille Provence

    « On va à la rencontre du Medef car l’on veut que ce groupe d’influence travaille dans le même sens que nous sur l’augmentation du prélèvement mobilité des entreprises. Ils ont la clé de la mise sous tutelle de la Métropole, et donc d’une éventuelle augmentation d’impôt pour tous les habitants du territoire, entre les mains. Une hausse de 1% du prélèvement, c’est 200 millions d’euros, ça règle le problème. Il faut que le patronat contribue à hauteur de ce que fait la Métropole : routes, transports, réseau de services publics. »

    Propos recueillis par A.B.

  • Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    « On part en croisade pour l’emploi. » Ce lundi, Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, donne le ton des échéances à venir pour son organisation.

    Et autant dire qu’elle va prochainement avoir plusieurs fers au feu. « Il y a urgence à agir face à tous les plans sociaux qui se multiplient dans le département. On ne laissera pas les Bouches-du-Rhône devenir une zone qu’axée sur les emplois tertiaires du tourisme », campe le syndicaliste, le ton grave. Une inquiétude qui ne vient pas de nulle part mais bien d’incertitudes concrètes autour de l’avenir de sites de plusieurs industriels phares du département : « Il y a des menaces particulièrement visibles, qui concernent des dossiers industriels tels qu’ArcelorMittal, Kem One ou Fibre Excellence, avec des milliers de salariés menacés directement. » Trois usines d’importance pour le département et les filières qui dépendent de leur production respective (lire nos articles du 30/03, 02/04 et 27/04). « Arcelor, c’est 20 000 emplois directs et indirects. Fibre, c’est 5 000 emplois induits… », calcule François Canu, secrétaire de l’UD CGT 13, pour donner un ordre de grandeur.

    « Monter le rapport

    de force »

    D’autant qu’il faut aussi ajouter « des suppressions d’emplois moins visibles » « Dans le commerce avec la location-gérance qui aboutit à la perte des deux tiers des effectifs par magasin, dans la fonction publique avec des non-renouvellements de postes… », énumère Marc Pietrosino.

    L’UD CGT 13 met aussi le curseur sur deux collectivités territoriales en difficulté financière : « Il y a la situation très particulière de la Métropole Aix-Marseille qui n’a pas voté son budget mais qui emploie 1 200 contractuels… Sans être alarmiste, on est inquiets pour leur avenir. » « Et le Département qui réduit son budget de plus de 10% pour la protection sociale, c’est un autre mauvais signal », ajoute François Canu. L’organisation évoque aussi le cas de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) qui s’inquiète de sa viabilité économique à terme au regard de « l’absence d’aides de l’État ».

    En résumé, la situation économique décrite par la CGT est particulièrement terne. « On a déjà 200 000 demandeurs d’emploi localement selon les chiffres de France Travail », s’alarme Marc Pietrosino. D’où la volonté de relancer un processus de mobilisation autour d’un triptyque revendicatif cher à la CGT : « Vivre, travailler
    et vieillir dignement dans les Bouches-du-Rhône.
     »

    Concrètement, l’organisation affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles d’ici la saison estivale. « On commence avec une action dès le 21 mai, avec une mobilisation devant le Medef local. On va l’interpeller, il a sa responsabilité dans la situation actuelle », annonce le secrétaire général. Après des interpellations de la préfecture et de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), l’objectif est donc de viser le patronat. « La restructuration du monde du travail est impulsée par le patronat, l’emploi ne peut plus être la variable d’ajustement des comptes d’exploitations », juge Marc Pietrosino. Avant de développer le calendrier : « On déclinera avec d’autres actions sur le territoire par la suite. Ce mardi, on a une réunion à l’Union locale de Fos-sur-Mer avec plusieurs acteurs. »

    Quid de mouvements de grève à venir ? « Plusieurs acteurs sont déjà partants pour monter le niveau du rapport de force. Des actions de grève d’ici fin juin dans la zone ont été évoquées », répond François Canu, secrétaire de l’UD. Avant de résumer le plan : « On va solliciter tous azimuts les acteurs politiques et économiques. »

  • [1er-Mai] À Marseille, une unité syndicale contre le travail élargi

    [1er-Mai] À Marseille, une unité syndicale contre le travail élargi

    Le 1er-Mai nous appartient. De l’argent pour nos salaires, pas pour la guerre. » Sur le Vieux-Port de Marseille, la banderole intersyndicale donne le ton de la manifestation de ce vendredi. Le soleil et l’air estival ambiant n’enlèvent en rien au côté revendicatif de la mobilisation : les fumigènes sont de sortie dès le départ du cortège et le traditionnel camion de la CGT du Port, qui ouvre le convoi, pousse les watts à fond.

    « S’attaquer au 1er-Mai, c’est une façon de voler l’histoire ouvrière, enlever les repères qui nous rassemblent », tonne Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille. Car si la journée est placée sous le signe des festivités propres au 1er-Mai, les manifestants ont toujours en travers de la gorge l’idée du gouvernement d’élargir les dérogations permettant de travailler pour ce jour férié et chômé.
    « C’est comme le travail le dimanche : au début ils disaient que ce n’était que pour faire vivre les petits commerces. Mais aujourd’hui, c’est l’ensemble des travailleurs du commerce qui travaillent ce jour-là. Si on laisse faire, à terme, le 1er-Mai ça sera la même chose », dénonce le syndicaliste énergéticien aux côtés de ses camarades de la CGT Cheminot. Pour lui comme moult manifestants, cette attaque n’a rien d’anodin : « Le 1er-Mai est le symbole de tous les conquis des travailleurs : il rappelle que les congés payés, la réduction du temps de travail, toutes les mesures positives viennent de la lutte. »

    Paix à l’internationale

    Preuve de l’unanimité syndicale sur le sujet, Guillaume Pascal, secrétaire général de la CFDT 13 reprend le même refrain : « Le gouvernement dit que c’est juste pour les fleuristes, puis juste pour les boulangers, puis juste pour ceux qui veulent et au final ça finit par juste pour tout le monde. » Et dénonce un paradoxe : « Dans la rue du local de la CFDT, le dimanche, les fleuristes sont fermés mais les grands centres commerciaux sont ouverts… Ce genre de propositions ne profite pas aux petits artisans comme on veut nous faire croire, mais bien aux grands groupes. » Pour l’occasion, son organisation a sorti une banderole maison avec un message qui parle aux supporters de l’Olympique de Marseille : « À jamais le 1er-Mai. » Et juste avant cette dernière, on retrouve l’immense ballon-montgolfière sur le camion de la FSU, encadré de manifestants avec des pancartes allant dans le même sens : « Manu, pas touche au 1er-Mai. »

    Plus loin, il y a aussi le cortège de la communauté kurde de Marseille, non loin de celui du PCF avec des militants qui agitent des drapeaux cubains, ou encore celui des organisations syndicales des jeunes et lycéens, drapeaux palestiniens à la main. De quoi mettre en avant l’autre versant revendicatif de cette journée : la paix à l’international. « Avec tous les conflits dans le monde, les travailleurs paient toujours un lourd tribut pour la guerre. On se doit d’être solidaire », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. Ce dernier fait le lien entre montée des tensions dans le monde et l’attaque gouvernementale contre le 1er-Mai : « C’est dans le cadre de l’économie de guerre. Tout est lié : s’attaquer au 1er-Mai va dans le sens d’une casse de la solidarité. »

    Et alors que le cortège termine dans le calme au niveau de la Porte d’Aix, après avoir remonté le boulevard des Dames, Marc Pietrosino tonne : « Le
    1er-Mai a été acquis dans la sueur et le sang de la classe ouvrière. On n’acceptera aucune exception pour cette date, aucune concession. »

    « On défendra le 1er-Mai bec et ongles. C’est aussi un symbole de ce qu’il reste à conquérir »

    « L’attaque sur le 1er-Mai est symbolique d’un mépris des syndicats »

  • [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    La Marseillaise : L’UD a réalisé un vaste document sur les élections municipales, quel est le sens de cette initiative ?

    Marc Pietrosino : La CGT n’est pas neutre. Nous sommes en contact permanent avec les salariés du département, nous avons donc une vision pour améliorer le quotidien des travailleurs dans le cadre de ces élections. Cette campagne pour le scrutin n’aborde pas toujours de la bonne manière toutes les compétences des communes. À partir de celles-ci, l’idée était de mettre sur la table notre vision des choses, de donner des pistes, aux différents candidats, hors RN et extrême droite évidemment. Et cela fait écho à d’autres travaux d’organisations syndicales CGT, comme ceux de nos camarades de la Métropole ou de la santé, qui ont interpellé les candidats, dans leur domaine de compétence. Pour l’Union départementale, nous avons une démarche globale. Nous aimerions d’ailleurs que les candidats, a minima les progressistes, se positionnent sur nos propositions.

    Vous abordez largement la réindustrialisation, qui n’est pas une compétence directement municipale, qu’attendez-vous des candidats sur le sujet ?

    M.P. : Nous appelons les candidats à se saisir des problématiques industrielles. Je prends l’exemple d’Arcelor : toutes les collectivités doivent être à l’unisson pour accompagner la décarbonation, pour sauver l’usine. Nous avons besoin d’acier en France. Par extension, pour décarboner nos industries et les activités maritimes, on va être obligé d’avoir une alimentation massive en électricité. En ce sens, la ligne Très Haute Tension [projet de ligne de 300 000 volts entre Jonquières et Fos, Ndlr.] doit se faire dans le respect des normes environnementales, en concertation, en n’opposant pas industrie et écologie. Mais je préviens les candidats et futurs élus : si on ne veut pas finir dans le tout-tourisme, il faut cette ligne. Plus globalement, il faut qu’ils activent tous les leviers pour qu’on ne loupe pas ce tournant : sur les services publics qui doivent suivre, la demande en logement… Ils ont une grande responsabilité pour l’avenir de la zone. Par contre, nous avons été très déçus par la campagne pour le volet activité portuaire de notre département. Il y a eu de grosses attaques sur les bassins Est de Marseille. Le candidat RN propose la construction d’une marina, ce qui équivaut à supprimer 15 000 emplois. Et une déception vis-à-vis des candidats progressistes qui ne parlent du port que pour donner des accès à la mer et de nouvelles plages.

    Printemps Marseillais comme LFI parlent de l’emploi comme une priorité sur le port…

    M.P. : Nous sommes heureux quand ils affirment que c’est une priorité. Mais nous avons été surpris par les positions voulant donner de nouveaux accès à la mer au détriment des activités. Nous veillerons à ce qu’ils réaffirment ce soutien à l’emploi.

    Vous évoquez aussi les attaques sur les Bourses du travail, comme à Arles. C’est un exemple des politiques antisociales qui peuvent être menées contre les travailleurs par les mairies ?

    M.P. : Avant d’attaquer frontalement les salariés, ils s’attaquent d’abord aux corps intermédiaires, aux contre-pouvoirs, aux représentants des salariés. Priver les syndicats de leurs lieux de vie historiques n’est pas anodin. Cela revient à les empêcher de travailler, c’est une façon d’annihiler ceux qui défendent les intérêts des travailleurs. Et par ricochet, les droits de ces derniers. Les maires progressistes doivent sanctuariser les Bourses. L’exemple d’Arles est parlant : De Carolis est dans la ligne droite de la macronie, son gros chantier à Arles a été d’attaquer la Bourse du travail… Pour vouloir en faire un office de tourisme, ça en dit long.

    Dans cette lignée, il y a déjà eu des mairies passées aux mains de l’extrême droite dans le département, quelles conséquences pour les travailleurs ?

    M.P. : Les camarades de la fonction publique pourraient expliquer longuement ce qu’ils ont subi durant les mandats de l’extrême droite, à Marignane ou Vitrolles il y a quelques années… Ce sont des mises au placard, un management détestable, une politique qui n’est pas au service des citoyens. Si on a le malheur d’en avoir d’autres après ce scrutin, on ne fuira pas, on combattra et on montrera qu’une autre voie est possible.

    Vous appelez les militants à soutenir les listes progressistes au regard du danger de l’extrême droite dans certaines communes ?

    M.P. : Quand les forces progressistes réussissent à s’entendre, on appellera toujours à voter pour celles-ci. Bien souvent, leur programme reprend ce que l’on demande syndicalement, on aurait donc tort de ne pas les soutenir. Pour le cas des listes dispersées, nous appellerons au rassemblement des forces progressistes au second tour face à l’extrême droite.

    Vous tirez la sonnette d’alarme sur le logement, vous revendiquez plus de logement social ? Quid de l’encadrement d’Airbnb ?

    M.P. : Il y a deux aspects : certaines communes jouent le jeu du logement social, d’autres préfèrent payer des pénalités plutôt que d’en avoir. Nous enjoignons les communes à être dans les clous au niveau de la loi. Et à bâtir des logements sociaux partout sur le territoire. Nous avons le droit d’avoir des logements sociaux près de la plage, dans des communes dites touristiques. D’où le lien avec une autre problématique : celle des plateformes comme Airbnb. Il faut vraiment les encadrer, que les maires privilégient les logements pour ceux qui travaillent et vivent dans leur commune. Le nombre de logements de ces plateformes, dans certaines villes, provoque une hausse des prix de l’immobilier et empêche les travailleurs de s’y loger. Le logement est une compétence de la municipalité, les maires doivent agir dans ce domaine.

    Il y a tout un panel de revendications pour « renverser la fragilisation des services publics », comment faire ?

    M.P. : Nous devons avoir une fonction publique territoriale forte, qui ne délègue pas au privé. Cela passe par une fin des emplois précaires, le recours à des contractuels. Les partenariats public-privé se résument par « financement par le public et bénéfice pour le privé ». De fait, nous sommes favorables aux régies publiques. Avoir l’eau en régie publique, c’est une eau moins chère pour les citoyens, et de meilleure qualité. Pareil pour la restauration scolaire : il faut sortir de cette privatisation à tout va. Ce n’est que par des régies publiques qu’on pourra avoir une alimentation saine et équilibrée pour nos enfants dans les écoles. C’est une question de contrôle citoyen sur le service en question.

    Vous vous inquiétez aussi de l’enjeu métropolitain ?

    M.P. : C’est un scrutin dans le scrutin. La couleur politique qui sortira des différentes élections municipales, aura une influence directe sur la couleur politique de la Métropole. Et quand on connaît les prérogatives de cette dernière, notamment en matière économique, ça ne sera pas la même chose d’avoir une métropole majoritairement à gauche ou à droite. Le pire serait d’avoir une Métropole aux mains du RN. Ce serait une catastrophe pour le développement de l’emploi.

  • La CGT veut contrer la répression syndicale

    La CGT veut contrer la répression syndicale

    Une quinzaine de personnes sont assises autour des tables de la Bourse du travail de Marseille ce mardi 3 mars. L’ambiance n’est pas à la fête. L’union départementale (UD) des Bouches-du-Rhône de la CGT s’inquiète de la multiplication des pressions visant ses militantes et militants syndicaux. « On constate une recrudescence de signalements de la part des salariés syndiqués, surtout depuis le mouvement contre la réforme des retraites », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. Au point que l’organisation a décidé de monter un groupe de travail pour prendre le problème à bras le corps. Depuis plusieurs mois, « le syndicat a commencé à répertorier tous les actes de répression syndicale, dans tout le département et tous secteurs confondus », continue Marc Pietrosino. L’objectif ? « Réfléchir à comment lutter contre ce système mis en place par le patronat », termine le secrétaire général de l’UD avant de laisser la parole aux militants syndicaux venus témoigner à ses côtés.

    Des stratégies antisyndicales bien rodées

    Le tour de table laisse entrevoir tout un répertoire de stratégies visant à neutraliser, réprimer voire même criminaliser l’action syndicale par les directions patronales. Nadia Lacheter et Sabrina Mahfoud, coordinatrice et animatrice famille depuis plus de quinze années au sein de la Ligue de l’enseignement 13, racontent « subir des discriminations sur leur poste avec un blocage de toute évolution professionnelle » du fait de leur mandat syndical. Elles constatent « un traitement différencié par rapport à d’autres salariés à des postes équivalents, pourtant moins diplômés ou avec moins d’ancienneté ». Sabrina Mahfoud a même appris le 7 février dans l’ordre du jour d’une réunion du CSE l’existence d’un plan social qui la concernerait. Les deux femmes soupçonnent une stratégie de mise sous pression par la direction en vue des élections du personnel en 2027.

    À La Poste, Stella Estaque, secrétaire générale de la CGT Activités Postales 13, et Karim Bouzana, délégué CGT AP 13, témoignent de « blâmes » systématiques pour les salariés dont « le seul tort est d’informer les autres de leurs droits ». Valérie Lambrechts de l’union locale CGT Berre-l’Étang retrace la sanction immédiate qui s’est abattue sur les salariés du groupe Pomona en décembre dernier lorsque, pour s’organiser, ceux-ci se sont affiliés à la CGT. Résultat : deux licenciements. Même chose chez les énergéticiens de Marseille : le secrétaire général de la CGT Énergie 13 Renaud Henry raconte que « les pressions subies par les salariés syndiqués ont pour but de donner l’exemple pour décourager les autres à rejoindre la délégation ».

    Note

  • Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    « Nous le montrons au quotidien dans les Bouches-du-Rhône : nous n’avons pas besoin de patrons pour faire tourner nos usines ! » Ce vendredi, sous les cheminées de la centrale thermique de Gardanne et devant plus de 500 militants venus des Alpes au Vaucluse en passant par Arles ou Istres, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, n’a cessé de louer « la pertinence de la gestion ouvrière ».

    Une gestion qui prend tout sens à l’occasion du « meeting de victoire » qui venait fêter « la réussite emblématique » des travailleurs du site. « Cette victoire est magnifique, elle a été arrachée grâce à votre détermination : 7 ans de lutte, de grève, de manifestations, d’ascenseurs émotionnels, de travail sur les dossiers, de gouvernements qui disparaissent avant des signatures promises », lance Sophie Binet, aux côtés du secrétaire général de la fédération Mines-Énergie, Fabrice Coudour, et l’adjoint de celle des Ports et docks, Serge Coutouris. Une victoire symbolisée par la réembauche progressive de travailleurs licenciés lors du dernier plan de licenciement sur le site, via une société créée par les salariés (voir ci-dessous). Et en vue « de la mise en œuvre concrète du projet BioMéthane Provence, porté et développé par les travailleurs et la CGT », comme le rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT de la centrale de Gardanne. Un projet « novateur de production de biogaz et de biocharbon à base de bois en fin de vie ».

    Autant dire que depuis la fin du charbon, les salariés reviennent de loin. « C’est une victoire emblématique sur tous les aspects. Elle montre ce qu’il faut faire pour réindustrialiser le pays. Nous voulons reprendre le pouvoir dans les entreprises et votre lutte en montre le chemin », martèle Sophie Binet. De quoi mettre en avant une proposition phare de la CGT : « Le maintien des emplois pour décarboner l’industrie passe par un moratoire sur les plans de licenciement. » Et d’appeler à refuser « l’opposition mortifère entre le social et l’environnemental ».

    L’histoire industrielle du bassin minier se poursuit

    Elle vante surtout « une grande victoire de plus dans les Bouches-du-Rhône, un département précurseur, le département des 1336, des CPMM [Coopérative de presse et de messagerie Méditerranéenne, Ndlr.] ». Cette dernière, coopérative née sur les cendres de l’ex-Sad, filiale de la messagerie de presse Presstalis à Marseille liquidée judiciairement, fête d’ailleurs son 5e anniversaire, jour pour jour. « Nous n’avons rien inventé », reconnaît Jean-Michel Roccasalva. Pas d’invention peut-être, mais beaucoup de détermination. « Il était hors de question de perdre nos emplois, notre statut des Industries électriques et gazières, un statut pionnier mis en l’œuvre à l’après-guerre, par Marcel Paul et Ambroise Croizat [ministres communistes, Ndlr.] », insiste le secrétaire général. Car les embauches se font bien à ce statut si cher aux énergéticiens. « C’est avant tout la victoire des travailleurs. On a un bijou entre les mains, il faut en tirer le meilleur », abonde le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Marina Mesure, députée européenne insoumise était également présente.

    Ce rapport à l’histoire a sans doute nourri la réflexion collective pour l’avenir industriel de tout un territoire. « J’ai connu le départ des mineurs, le plan de départs de 2013, le plan de licenciement de 2020. Aujourd’hui, les copains licenciés ont retrouvé un emploi. Aujourd’hui, on montre que nos idées se concrétisent », explique, entre fierté et soulagement, Joël Capra, salarié de la centrale depuis bientôt 26 ans. « L’industrie dans le département n’appartient pas au passé. Nous avons besoin d’activités tournées vers l’avenir », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. Un avenir qui s’écrit à partir de ce « vendredi 13 qui restera dans les annales », conclut Sophie Binet.

    Historique et avenir

    7 décembre 2018 : fin du charbon et début de la lutte

    La date du 7 décembre 2018 marque le début de la lutte des salariés de la centrale de Gardanne. Ils commencent une grève reconductible en réponse au refus d’un moratoire sur l’arrêt du charbon par le gouvernement. Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, repreneur de la centrale, lancera plus tard un plan de licenciement.

    Octobre 2020 : création de l’Association des Travailleurs

    Les salariés et la CGT lancent l’Association des Travailleurs de la Centrale de Gardanne. « En quelques semaines, il y a une énorme solidarité financière qui permet le

    financement de deux études de faisabilité pour notre projet », développe Jean-Michel Roccasalva.

    12 octobre 2021 : mise sous protection du site

    Face au blocage du dossier, les travailleurs enclenchent la « reprise en main de l’outil de travail » et mettent « le site sous protection ». Concrètement, l’usine est sous leur contrôle et un bras de fer inédit s’enclenche avec GazelEnergie.

    20 avril 2023 : déplacement de Sophie Binet

    Les dispositifs d’accompagnement des salariés dans le cadre des licenciements, en lien avec la fin du charbon, prennent bientôt fin. Sophie Binet fait son premier déplacement sur site. « Nous gagnons ensuite le prolongement des dispositifs », se félicite Jean-Michel Roccasalva.

    31 juillet 2025 : accord inédit

    Un accord est arraché avec GazelEnergie et l’État pour le lancement concret du projet des salariés, BioMéthane Provence. La création d’une société est actée en ce sens et va permettre l’embauche des salariés licenciés. L’Association des Travailleurs y est présente.

    26 novembre 2025 : premières embauches

    Les 3 premiers contrats de la société, créée par les salariés et leur association, sont signés. Au total, 14 travailleurs licenciés le sont à cette date. 9 autres vont l’être en 2026.

    2026-2028 : permis et construction

    Les salariés prévoient le dépôt du permis de construire et permis d’exploiter à l’été, pour un démarrage des travaux en 2027. S’ensuit un an et demi de construction prévue, puis 6 mois de tests. Le démarrage de la phase commerciale est dans le viseur pour 2028.

  • L’UD CGT à fond contre l’extrême droite en 2026

    L’UD CGT à fond contre l’extrême droite en 2026

    Une salle comble et des vœux empreints de combativité pour l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « Nous en aurons besoin, pour affronter cette nouvelle année qui ne part pas de la meilleure des manières », entame le secrétaire général de l’organisation, Marc Pietrosino, ce jeudi soir à la Bourse du travail de Marseille. Pour sa première cérémonie de vœux, le syndicaliste élu au congrès d’octobre dernier, débute son allocution par l’actualité chaude au niveau international. Il dénonce d’emblée « l’administration Trump qui enterre clairement l’ordre international qui prévalait depuis 1945 » en citant « l’enlèvement du président Nicolas Maduro ». Dans la lignée de la tradition de l’organisation, Marc Pietrosino pointe « une violation du droit international que le président Lula comparait aux pires heures de l’ingérence états-unienne en Amérique du Sud ». Un bon moyen de rappeler qu’à l’inverse, « face aux attaques impérialistes et aux régimes autoritaires, de la Palestine au Venezuela, de l’Iran à Cuba, l’Union départementale apportera toujours son soutien inconditionnel aux peuples qui luttent pour la liberté ».

    Son constat pour l’Europe n’est pas plus reluisant. « Les entreprises européennes vont continuer de soigner leurs actionnaires en 2026. Le montant total des dividendes versés par les groupes de l’indice Stoxx 600 pourrait atteindre 454 milliards d’euros cette année. » Même dessin pour la France, mais avec un supplément « d’instabilité politique rare ». « L’explication de cette instabilité est due au refus d’un président de la République de se conformer aux résultats des élections, d’écouter les mots d’ordre des nombreuses mobilisations qui ont eu lieu », tacle le secrétaire général. Avant de tonner : « Il s’entête dans une politique néolibérale mortifère. »

    Le lien est tout trouvé avec un autre grand combat de la CGT : la lutte contre l’extrême droite. « Maintenant, pour remplacer le banquier ni de droite ni de gauche, les capitalistes s’activent pour construire une union des droites et propulser les candidats d’extrêmes droites sur le devant de la scène », s’alarme Marc Pietrosino. L’occasion d’évoquer les élections municipales de mars prochain. Un scrutin pour lequel l’organisation « ne compte pas rester muette ». « Nous avons toujours eu des accointances avec les forces progressistes, surtout avec celles qui savent qu’elle est la place de chacun », explique le syndicaliste. Il espère notamment « une victoire du camp progressiste à Arles » au regard du combat des militants pour l’occupation de la bourse du travail de la ville. Devant des représentants du PCF, LFI, NPA ou LO, le secrétaire général délivre un message clair : « Nous continuerons ce travail avec toutes les forces politiques et progressistes qui partagent nos valeurs et notre vision. »

    Un meeting avec Sophie Binet à Gardanne

    Un travail qui passe notamment par une bataille idéologique et culturelle. « Cette alliance entre le capital et l’extrême droite symbolisée par les tentatives d’appropriations de tous les médias, et du monde de la culture, par des milliardaires tels que Boloré, Krétinsky ou Stérin », analyse Marc Pietrosino. Avant de rester positif : « Nous ne sommes pas sans arme face à cela. Nous représentons le nombre et la proximité. La CGT des Bouches-du-Rhône, c’est 32 000 adhérents répartis dans des centaines d’entreprises. » Et la CGT 13, c’est aussi des luttes victorieuses. « Nous démontrons à l’ensemble du monde du travail que nous sommes capables de mener à bien des projets porteurs d’emplois qui contredisent la logique patronale », rappelle le secrétaire général. Il cite notamment la société coopérative d’intérêt collectif CPMM, fruit « d’une reprise de l’outil de travail ». Mais également « les premières embauches à la centrale de Gardanne (…) formidable outil industriel ». De quoi résumer le combat du syndicat pour « développer les industries, les activités portuaires, le réseau ferroviaire et énergétique ». De quoi annoncer surtout « un meeting sur le site de la centrale qui verra la venue de notre secrétaire générale Sophie Binet » le 13 février prochain. Tout un programme donc.