Tag: manifestation

  • L’ultra droite dans le viseur du procureur après des violences

    L’ultra droite dans le viseur du procureur après des violences

    Les faits se sont déroulés en marge de la manifestation à l’appel de l’intersyndicale, jeudi 18 septembre. Selon plusieurs témoins et des images de vidéo surveillance, des individus s’en sont pris physiquement et très violemment à plusieurs habitants de Montpellier, place des Beaux-Arts. « Un groupe d’individus, manifestement issu de l’ultra droite, a violemment agressé plusieurs personnes sur la place des Beaux-Arts », a dénoncé dès le lendemain le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS). « En ma qualité de maire de Montpellier, j’ai immédiatement saisi le procureur de la République en application de l’article 40 du Code de procédure pénale. »

    Le procureur de Montpellier, Thierry Lescouarc’h a déclaré mardi soir : « Après analyse, je vous indique saisir les services de la DIPN (Direction interdépartementale de la police nationale) de ces faits afin de mener les investigations pour en établir les circonstances précises et le mobile. » L’affaire, grave, fait également fortement réagir le syndicat SNES-FSU du lycée Joffre. Dans un communiqué, les professeurs s’interrogent sur la passivité supposée des forces de l’ordre : « Comment justifier que la police, dûment informée du lieu où se trouvaient ces individus, les laisse errer longuement aux abords d’un établissement scolaire ? Pourquoi les laisser libres de leurs agissements alors qu’ils menacent des lycéens et des lycéennes, et qu’ils les injurient, ciblant de manière privilégiée des jeunes filles ? (…) Nous demandons à la préfecture de l’Hérault de clarifier ces points, d’autant que cette totale liberté d’agir semble avoir conduit à une grave agression physique dans le quartier des Beaux-Arts dans les heures qui ont suivi », écrit la section syndicale.

    Les parlementaires

    de gauche réagissent

    Le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch est aussi directement interrogé, par courrier daté du 24 septembre, par la députée et le sénateur socialistes de l’Hérault, Fanny Dombre-Coste et Hussein Bourgi : « Pourquoi alors qu’ils multipliaient les escarmouches (notamment à la hauteur du Lycée Joffre) et que les agents de la BAC étaient présents, les forces de l’ordre n’ont pas réajusté les moyens pour contrôler ces individus, les arrêter ou les interpeller ? » demandent les deux parlementaires au représentant de l’État. La députée de l’Hérault Nathalie Oziol (LFI) a également saisi le procureur de Montpellier : « A l’heure où nous assistons à une multiplication des crimes racistes, et à la libération des violences de l’extrême droite, de tels événements ne sauraient rester impunis », écrit la députée.

    Au soir du 18 septembre, la préfecture de l’Hérault dressait le bilan de la journée en faisant état « de 22 interpellations dont 21 à Montpellier (ports de masques et fumigènes, ports d’armes prohibées, dégradations et outrages). 18 personnes en garde à vue. » Sans préciser le profil des personnes concernées.

  • Nos corps, nos choix, notre Histoire

    Nos corps, nos choix, notre Histoire

    L’année 2025 marque le cinquantième anniversaire de la Loi Veil. Afin de célébrer la lutte pour le droit à l’avortement, le collectif Une caméra à soi, créé par trois réalisatrices de documentaires indépendants, a lancé le projet « Nos corps, nos choix, notre Histoire ». Ce dernier rassemble un podcast, une exposition dans la ville de Montpellier et une journée d’échange et de restitution le 27 septembre.

    « Nous avions envie de transmettre la mémoire des luttes locales pour le droit à l’avortement, raconte Laure Hennequin, bénévole et co-fondatrice de l’association. Dans un premier temps, on a donc enregistré un podcast avec les élèves de troisième du collège Simone Veil à Montpellier. Nous sommes partis d’une photo d’archive, sur laquelle on voit une manifestation montpelliéraine pour le droit à l’avortement dans les années 1970. Les élèves ont mené l’enquête pour retrouver les femmes de la photo. Elles nous ont ensuite raconté leur histoire. » Le 27 septembre, à la Maison pour Tous Joseph Ricôme, une écoute collective du podcast aura lieu à 14h. Elle sera suivie par la projection de quatre courts-métrages réalisés lors d’ateliers menés par Une caméra à soi sur le thème « Mon corps, mon choix ». Des stands tenus par différents collectifs seront également présents tout au long de la journée, notamment celui du planning familial, partenaire de l’événement.

    La deuxième partie du projet prend la forme d’une exposition de cinq fresques, visibles dans la ville jusqu’au 4 octobre. Ce sont des collages réalisés en collaboration avec le Planning Familial à partir d’archives datant d’avant la loi Veil, au début des années 1970. Laure Hennequin explique : « La première se situe symboliquement aux Arceaux, à l’endroit où les femmes qui partaient avorter à l’étranger prenaient le bus. La dernière est visible au 10, rue Chaptal. À l’époque, c’est ici que se trouvait un local du Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception (MLAC), où se pratiquaient des avortements illégaux. »

    Au lendemain de la restitution du projet, le 28 septembre, les membres d’Une caméra à soi seront présentes aux côtés de plusieurs organisations féministes sur la Place de la Comédie, pour un rassemblement (12h) à l’occasion de la journée mondiale pour l’avortement.

    Le 27 septembre, de 14h à 22h30, à la Maison pour Tous Joseph Ricôme. Instagram : @unecameraasoi

  • Les syndicats ne lâcheront rien !

    Les syndicats ne lâcheront rien !

    Au lendemain de l’annonce d’une nouvelle journée de mobilisation de l’intersyndicale, reçue en vain par Sébastien Lecornu, deux rassemblements étaient organisés ce jeudi 25 septembre dans les Bouches-du-Rhône, devant la préfecture à Marseille et la sous-préfecture à Istres, à l’appel de l’intersyndicale.

    « Sans surprise, le Premier ministre ne bouge pas sur ce qui nous paraît essentiel. Il est là pour dérouler la politique de casse sociale des gouvernements précédents… Ça fait trop longtemps qu’ils gouvernent sans légitimité, en passant en force, il faut que leur pillage des richesses sur le dos des travailleurs, s’arrête », martèle Jessica Jadé, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « On s’est réunis pour rebondir dans le département dès le lendemain de l’ultimatum avec ces rassemblements, pour montrer qu’on reste toujours mobilisés pour construire les suites ».

    À Marseille, le 2 octobre, la manifestation départementale s’élancera à 10h30 du Vieux-Port. Lundi une réunion intersyndicale permettra d’en régler les détails, portée par l’élan du 18 septembre qui avait vu près de 120 000 manifestants selon les syndicats, défiler à Marseille, Aix, Salon et Arles. Ils étaient une centaine jeudi à avoir répondu à l’appel de la CGT, FO, la CFDT, FSU, Solidaires, la CFTC, la CFE-CGC, l’UNSA.

    « Il faut monter d’un cran et transformer la colère sociale en mobilisation et en espoir », abonde Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13. « Cela implique de décrypter et dénoncer les mesures budgétaires proposées, les discours lénifiants sur la dette et son poids réel, mais aussi montrer qu’il est possible d’inventer un état social du XXIe siècle, basé sur des services publics renforcés et au périmètre élargi, et une protection sociale étendue à tous les âges de la vie ».

    Devant la préfecture, René Sale, secrétaire général FO d’Aix-en-Provence, dénonce au micro la « guerre » menée par le gouvernement Macron et son ancien ministre de la défense, qu’il accuse de vouloir « détruire la sécurité sociale, les services publics et nos droits ». Il regrette les mobilisations ponctuelles et appelle à une grève reconductible dès le 2 octobre.

    S’inscrire dans la durée

    Les mots d’ordre sont clairs : abrogation de la réforme des retraites imposée par le 49.3 et refus de tout budget d’austérité. « Aujourd’hui, ce gouvernement peut faire passer en force par des décrets, il a tous les décrets de près dans le tiroir », estime-t-il, dénonçant à son tour une politique « au service des patrons » qui accorde « 211 milliards » aux entreprises tandis que « les 500 familles les plus riches captent 42,5% du PIB ». Pour FO, la riposte passe donc par des assemblées générales, la grève et le blocage du pays. « C’est l’histoire qui nous l’enseigne », assure le syndicaliste.

    Franck Balliot insiste de son côté sur la nécessité de préparer activement la grève du 2 octobre. « On va dans les établissements, même là où il y a peu de syndiqués, pour convaincre les collègues qu’il faut franchir un cap », explique-t-il. Si la mobilisation du 18 septembre était déjà été forte avec jusqu’à 45% de grévistes dans les établissements, l’objectif est désormais d’y rendre la grève majoritaire. La rentrée n’est pas une période facile dans l’éducation nationale « mais le mouvement est fort dès le départ », note-t-il. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de contrer les budgets d’austérité mais aussi de porter un projet offensif : « Montrer que de l’argent, il y en a, et qu’on peut financer les services publics et la sécurité sociale. »

    « Partout dans les boîtes, les entreprises, les administrations, on va chercher les collègues pour construire la grève », enchaîne Jessica Jadé, soulignant l’importance de l’ancrage local et de la reconduction « là où c’est possible ». C’est le cas dans l’énergie, où la grève reconductible a débuté le 2 septembre à l’appel de la FNME-CGT. Plus de 200 piquets ont été recensés dans les industries électriques et gazières sur la base de revendications salariales fortes : hausse de 9%, création d’échelons, baisse de la TVA sur l’énergie…

    Franck Balliot rappelle aussi les difficultés concrètes dans les établissements scolaires comme la baisse des crédits pour l’aide aux devoirs, et la perte de pouvoir d’achat des enseignants. Dans la foulée, il invite à se mobiliser dimanche sur la marche « Climat, justice, libertés » qui convergera avec celle pour Gaza.

    Jessica Jadé insiste, elle, sur l’appel confédéralisé de la CGT du 9 octobre autour des enjeux de santé et de protection sociale. Pour elle, les mobilisations ont déjà permis de faire reculer le gouvernement sur les jours fériés et les franchises médicales mais une autre répartition des richesses, la taxation des dividendes, ou le rétablissement de l’ISF passeront par la construction d’une « mobilisation de masse » qu’il faut « inscrire dans la durée ».

    « Montrer que de l’argent, il y en a, et qu’on peut financer les services publics et la sécurité sociale. »

  • « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    ENTRETIEN

    La Marseillaise : Depuis 2023, c’est la première fois que l’intersyndicale est réunie. Faut-il y voir le signe d’un mouvement social qui va durer ?

    Serge Ragazzacci : En tout cas on le souhaite. Pour cette première journée, on a eu 55 appels à la grève public/privé. Ce qui est sûr, c’est que les annonces de Bayrou le 15 juillet, qui faisaient suite au naufrage du Conclave sur les retraites, ont tout de suite créé les conditions de l’unité syndicale qui manquait depuis deux ans. Ça a été un détonateur. De la même manière qu’il n’avait pas appelé les partis politiques, Bayrou n’a pas consulté les syndicats de salariés. Tout le monde a parlé de la suppression des deux jours fériés mais il y a aussi la énième réforme de l’Assurance chômage, la question du déremboursement des médicaments avec les retraités – les « boomers » – pointés du doigt. Sans oublier la remise en cause de la monétisation de la 5e semaine de congés payés, des 35 heures… Sur ce budget, on est sur tout ce qui peut remettre en cause les conquêtes sociales des 50 dernières années.

    Cela signifie qu’après avoir accusé le coup en 2024, le moral des troupes syndicales est regonflé à bloc ?

    S.R. : Il y a eu un moment de flottement avec le passage de Bayrou. Mais tout le monde a compris que c’était pour maintenir le même cap, notamment la réforme des retraites qui est le catalyseur de toutes les colères depuis 2023. C’est cette réforme qui a conduit à la chute des différents gouvernements et a conduit aux échecs électoraux de la macronie et de ses soutiens. En tête de la plateforme revendicative figure toujours l’abandon de la réforme des retraites à 64 ans.

    La chute de Bayrou change-t-elle la donne ?

    S.R. : Son plan d’austérité n’est pas caduc. Pour l’instant la seule assurance que l’on a, c’est le renoncement à la suppression des deux jours fériés. Tout en réclamant de demander aux syndicats de trouver des rentrées d’argent. Pour le reste, il n’y a pas d’abandon global, c’est pour cela qu’on appelle à la mobilisation. On reste dans la même veine. Ils ont sorti les boucliers et les défenses anti-aériennes pour défendre les intérêts des plus riches via les 211 milliards d’euros annuels d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni contrepartie. Depuis quelques semaines, c’est haro sur la taxe Zucman [2% d’imposition sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, Ndlr], dont on nous dit qu’elle générerait le départ des plus grandes fortunes qui se sont gavées comme jamais. Ils oublient qu’on est champions d’Europe de réversion des dividendes. La taxe Zucman, ce serait vraiment le minimum. Les pauvres, eux, sont toujours suspects. Comme s’ils allaient s’acheter des voitures de luxe et des Rolex avec leur allocation de rentrée scolaire. Contrôler ces 211 milliards aux entreprises par contre ce serait une atteinte à la liberté. Je constate qu’à ce jour, à part nous, personne au gouvernement ne parle des fermetures de boîtes et des licenciements alors même que 300 000 emplois sont sur la sellette. Bayrou s’en foutait et pour l’instant, Lecornu n’en parle pas.

    Sébastien Lecornu tente d’envoyer des signaux (jours fériés maintenus, fin des « privilèges à vie » des ministres). Cela va-t-il dans le bon sens ou est-ce de la poudre aux yeux ?

    S.R. : J’ai l’impression qu’on est sur de la cosmétique sur le plan économique. On parle d’un côté de ponctionner 40 milliards sur le dos du monde du travail et de l’autre de quelques millions d’euros… Il n’y a pas de commune mesure. Si c’est pour retirer des privilèges à 15 personnes pour justifier d’aller en massacrer des millions d’autres à coups de déremboursements médicaux et de remise en cause de l’emploi, on se rendra vite compte de la limite de l’effet d’annonce. Le sujet principal de notre pays, c’est que les salaires et les pensions n’ont pas été revalorisés, on n’a pas retrouvé le niveau de 2020. Le pouvoir d’achat reste une revendication essentielle. Si on veut remplir les caisses de la Sécu, la question des salaires et de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui rapporteraient 6 milliards d’euros, fait partie de la solution. Des gens peinent à finir le mois. Si on veut relancer l’économie, il faut relancer la consommation, en recul avec l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie avec par exemple la hausse de la TVA sur le gaz. Les gens continuent à perdre du pouvoir d’achat alors que les plus riches continuent de voir leur fortune augmenter. En 30 ans, le PIB de la France a été multiplié par deux mais pas le Smic. Les 500 plus grandes fortunes possédaient 9% de la richesse nationale, elles en contrôlent aujourd’hui 42%. Je pense qu’on peut leur en prendre un peu.

    L’autre enjeu, c’est celui des services publics. La CGT donnera d’ailleurs des suites le 9 octobre avec une mobilisation nationale et dans l’Hérault sur les questions de santé et de Sécurité sociale. Du côté de l’intersyndicale, il y aura bien sûr des suites au 18 septembre…

    Si le mouvement citoyen « Bloquons tout » rebondit, l’intersyndicale envisage-t-elle des actions communes ?

    S.R. : Le 10 septembre, il n’y a pas eu que « Bloquons tout ». Ce mouvement ne souhaitait pas d’élargissement syndical mais à Béziers, Bédarieux ou Lodève, comme il ne se passait rien, la CGT avait déclaré un rassemblement. Ici ou là, on a déjà eu des contacts. On est sur un mouvement hybride. On n’est pas dans la situation des Gilets jaunes.

  • À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    Patatra. Le blocus qui devait s’organiser, jeudi matin au pied de la CMA CGM (2e), dans le cadre du mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux, a été réprimé avant même d’avoir commencé. À 6h30, quelque 200 militants qui s’étaient donné rendez-vous au métro Joliette (2e) abandonnaient déjà l’éventualité d’une action au pied de l’empire Saadé, d’après eux « surprotégé » par les forces de police.

    Aux alentours de 7h, le cortège a finalement décidé de se déplacer vers les Terrasses du port (2e), où un blocus de l’A55 était envisagé. Mais les policiers, mobilisés en nombre sur la zone, ont immédiatement stoppé les militants qui ont été poussés hors de la route moins d’une minute après leur arrivée. Les forces de l’ordre ont dans la foulée utilisé plusieurs bombes lacrymogènes afin d’encercler le cortège et de procéder à un contrôle d’identité général. Au total, selon la police, 100 personnes ont été contrôlées et 22 interpellées. « Tu n’es pas seul ! », scandent les militants lorsque certains manifestants sont écartés. « Les personnes mises à l’écart ne sont pas systématiquement interpellées. En général, elles le sont parce qu’elles refusent de décliner leur identité. Si elles refusent toujours de coopérer au bout de 4h, elles sont emmenées en garde à vue », explique un policier présent sur place. Les forces de l’ordre ont fouillé l’intégralité des militants contrôlés, photographié leur pièce d’identité et récupéré leurs équipements de protection (gants, lunette de plongée, masque FFP2…). Des bombes de peinture et pétards ont également été confisqués aux militants.

    Violence et revendications du blocus

    Si les bombes lacrymogènes, utilisées dès 7h10, ont permis aux policiers d’encercler la majorité des manifestants, certains sont parvenus à s’extraire du groupe, parfois violemment repoussés par les forces de l’ordre. Dans une vidéo enregistrée par l’Agence France Presse et diffusée en masse sur les réseaux sociaux, on aperçoit un policier pousser avec son pied une manifestante avant de lui exiger de se « casser ». « Oui je me casse », répond la jeune femme avant qu’un policier ne la pousse de nouveau et qu’elle tombe au sol. Une vidéo qui a suscité, sur les réseaux, une vive émotion, notamment chez Clémence Guetté, députée du Val-de-Marne (LFI). « Partout ce matin, la répression frappe et cogne sans distinction ni retenue. Les images qui nous parviennent sont honteuses », s’est indigné l’élue sur X.

    « On est là pour dire au gouvernement qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’il se passe au niveau national comme international, détaille Lucie, militante de 23 ans présente à la tentative de blocus. On exige notamment que les ultrariches donnent davantage à l’état ». Et son amie, Line, d’ajouter : « On reviendra même si ça s’est mal passé aujourd’hui, on ne se laissera pas faire ». « On essaie de créer un rapport de force car on voit bien que les manifestations traditionnelles n’ont pas d’effet. L’intensité de la présence policière montre que le ministère de l’Intérieur n’est pas serein », justifie Luidji, en fin de manifestation.

    D’autres blocus étaient en parallèle organisés à Marseille, notamment devant l’usine d’armement Eurolinks (13e), qui a fourni des composants militaires à Israël depuis le 7-Octobre.

  • Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Il faut savoir dire stop ! Stop à l’injustice sociale, stop au non-respect du vote du peuple, stop aux centaines de milliards qui sont versés aux entreprises sans contreparties ! Stop à m’ment donné ! » Devant le Mucem à Marseille, Stéphane Martins De Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, donne le ton de l’état d’esprit des manifestants qui battent le pavé marseillais ce 18 septembre.

    À ses côtés, les travailleurs de la métallurgie des usines du bassin de l’Étang de Berre allument une myriade de fumigènes. Devant lui, des milliers de chasubles rouges estampillés CGT marchent d’un pas déterminé. En fond, on aperçoit à peine le camion avec ballon de la FSU et à l’autre bout du port, des manifestants attendent encore leur tour avant de prendre le départ. Le Vieux-Port est plein à craquer. C’est dire l’ampleur du cortège, au niveau des plus grosses manifestations contre la réforme des retraites. Et tous dénoncent avec force les politiques libérales. « On se bat pour obtenir de nouveaux conquis sociaux, pas en perdre comme on le subit année après année depuis trop longtemps. La retraite doit revenir à 60 ans », tonne Stéphane Martins De Araujo. Avant de développer sur la réalité des conditions de travail des ouvriers : « Entre la pénibilité et l’exposition à plusieurs produits nocifs, on a une explosion des maladies professionnelles, année après année. Travailler à 64 ans dans ces conditions, c’est impossible. »

    La retraite toujours dans les têtes

    Il fait également le lien avec les débats autour du budget : « C’est ahurissant, on ne peut pas donner des millions d’euros à un milliardaire et lui laisser la main sur l’industrie française qui s’en sert pour de la casse sociale ! » Des propos qui font écho aux messages inscrits sur les pancartes des manifestants : « Toujours les mêmes qui subissent : les travailleurs pauvres et de la classe moyenne », « Taxons les super riches et leurs super profits pour l’école et la santé » ou encore « Plus rien à traire ici ». Cette demande unanime de justice fiscale est sans doute symbolisée par le refus toujours aussi prégnant de la réforme des retraites et son passage de l’âge de départ à 64 ans. « Il faut une rupture complète des politiques menées. L’abrogation de la réforme des retraites ne serait pas que symbolique, mais ça montrerait un changement radical. C’est la première mesure d’urgence à prendre. Depuis 2023, une majorité de la population est toujours hostile à cette réforme », insiste Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca.

    Entre le combat syndical de 2023 et aujourd’hui, le lien est tout trouvé : « Ce 18 septembre, les travailleurs se mobilisent massivement. À des niveaux qu’on n’a pas vus depuis des années, au moins depuis les mobilisations contre cette réforme. » Avis partagé par Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui évoque « une grève massive dans les établissements scolaires et les services publics ». « Il y a un monde fou dans les rues aujourd’hui, plus que le 10. Ça montre que la population veut une autre politique, sans budget d’austérité. Et on a des propositions pour un budget qui finance les services publics, l’abrogation de la réforme des retraites », développe le syndicaliste.

    Encore plus fort que le 10

    Plus de monde que le 10 ? Tout le monde s’accorde pour le dire, comme un signe que la colère sociale s’enracine profondément. Dans les cortèges, on retrouve la même fougue de la jeunesse qui s’y était exprimée tout en ajoutant une présence massive d’une grande diversité de travailleurs du public comme du privé. Les ouvriers CGT de Coca-Cola des Pennes-Mirabeau, les travailleurs des autoroutes du Sud de Vinci, de Technicatom, les cheminots, des travailleurs du BTP ou de la logistique, les dockers et agents portuaires du Grand port Maritime… « 48 milliards d’euros d’économies ou 38, on n’en veut pas ! Les travailleurs se mobilisent contre les politiques de casse sociale. On veut que les choix politiques permettent de vivre et travailler dignement », tonne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Si elle juge la mobilisation réussie, son organisation planche déjà sur la suite, au niveau national comme départemental. « On construit la suite du rapport de force. La journée du 9 octobre sera départementalisée, c’est en lien avec le budget de la sécurité sociale », explique la syndicaliste. Le combat ne fait donc que commencer pour les militants.

    Sur tout le territoire, une déferlante populaire a battu le pavé, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Var , le Vaucluse ou encore l’Occitanie. Nos reporters étaient dans la manifestation.

    A Avignon, Marseille à Montpellier.

    A Béziers !

    A Toulon

  • Un millier de tracts distribués à Martigues

    Un millier de tracts distribués à Martigues

    À Martigues, l’Union locale CGT s’organise et mobilise. Ce mardi, les militants étaient sur le pied de guerre dès 6h30 sur un rond-point du complexe pétrochimique de Lavéra pour appeler à la grève et à la manifestation. Au total, un millier de tracts ont été distribués aux travailleurs de la zone. Ce jeudi, un bus collectif partira à 9h du parking de la Halle en direction du Vieux-Port.

    Le syndicaliste Fabien Rangade affirme : « Le capitalisme organise la casse de nos vies : salaires bloqués, retraites attaquées, services publics démantelés, industries bradées, précarité généralisée… Pendant que nous, travailleuses et travailleurs, subissons l’austérité, les actionnaires s’enrichissent toujours plus. Face à la barbarie de ce système, seules l’unité et la lutte peuvent inverser le rapport de force. »

  • Deuxième round

    Deuxième round

    Face à un adversaire qui fait comme si rien ne s’était passé le 10 septembre et qui espère qu’un tour de passe-passe à Matignon suffira à calmer les colères, le rendez-vous donné par une intersyndicale unie jeudi 18 est capital.

    Car la situation a changé depuis cet été, quand l’appel à la mobilisation avait été lancé. Le premier succès national du mouvement « Bloquons tout » mercredi dernier a fait monter la pression et montrer que les revendications liées à la justice sociale, sur l’horrible réforme des retraites par exemple, et à l’opposition à la destruction des services publics étaient encore dans bien des têtes.
    S’il n’a pas ressemblé au mouvement des Gilets jaunes de 2018, ce mercredi 10 septembre a montré que le monde du travail était mobilisé, mais aussi, beaucoup de jeunes que le monde ultralibéral et l’avenir qui leur est proposé révulsent.

    Coaguler les refus

    À 18 mois de la fin du mandat d’Emmanuel Macron et alors que le pays s’enfonce dans une crise politique majeure que les gouvernements qui se succèdent font tout pour transformer en crise financière prélude à l’ultime potion néolibérale qu’ils comptent faire avaler de force aux Français, ces mobilisations montrent que le refus de ce monde sans règle est majoritaire. Reste au mouvement social à coaguler ces refus et de montrer que des espérances sont possibles. Face à la fuite en avant du « bloc central », la détermination et la mobilisation qui seront montrées jeudi imposeront les questions sociales dans le débat politique. C’est tout l’enjeu de ce second round, même si d’autres seront ensuite nécessaires.

  • 80 ans après sa création, le combat pour la Sécu continue

    80 ans après sa création, le combat pour la Sécu continue

    Constat sans appel pour les participants au débat « 80e anniversaire de la sécurité sociale et alternative à l’austérité » : notre système de soins et notre protection sociale vont mal. « La France a reculé au 23e rang sur 27 des pays de l’OCDE en matière de mortalité infantile », souligne Caroline Chevé de la FSU. « Par exemple, il y a 14 médecins aux urgences de Perpignan alors qu’il en faudrait 45 », surenchérit Laurent Brun (CGT).

    Pour Yannick Monnet, député communiste de l’Allier, c’est la conséquence des logiques qui éloignent la Sécu de ses principes fondateurs. « De 1945 jusqu’à maintenant l’évolution du rapport de force à modifier des choses, notamment sur la gouvernance », analyse-t-il, vivement opposé à la fiscalisation des ressources de la Sécu introduite par la CSG et à l’objectif national de dépenses de l’assurance maladie (Ondam). « Le pouvoir politique définit quelle va être l’enveloppe Ondam et ensuite on essaye de répartir selon les besoins, c’est le contraire qu’il faut faire : il faut partir des besoins pour ensuite définir les ressources », avance le député PCF.

    Selon Caroline Chevé, l’affaiblissement de la Sécu provoque l’explosion du secteur assurantiel et lucratif « où chacun cotise selon ses besoins : on paye plus cher si on est plus vieux, plus malade, et on reçoit selon ce qu’on a eu les moyens de se payer », résume-t-elle. Une logique totalement contraire à celle de la Sécu. De même, la dirigeante syndicale insiste sur le principe d’universalité de la Sécurité sociale qui « doit valoir pour tous » y compris les assurés sociaux aisés car « une Sécu réservée aux plus démunis, c’est la petite musique des libéraux pour ensuite développer tout un discours sur les “assistés” ».

    Constitutionnalisation

    Laurent Brun veut renouer avec la gestion démocratique de la Sécurité sociale : « La cotisation appartient aux salariés, c’est une part de leur salaire. On n’imagine pas que les employeurs nous disent comment on utilise notre salaire. On refuse la fiscalisation de la Sécu qui justifie que l’État s’en mêle. Est-ce que si on propose le paritarisme pour gérer les profits, les patrons réagiraient bien ? On entendrait parler de spoliation ». En attendant, la priorité de la CGT « c’est de dégager le lucratif ».

    Les trois intervenants s’accordent sur l’importance de porter avec force une ambition pour la Sécurité sociale du XXIe siècle à l’occasion des manifestations anti-austérité du 18 septembre.

    Sur le plan institutionnel, Yannick Monnet annonce pour conclure qu’il s’apprête à présenter une proposition de loi, travaillée avec Pierre Dharréville lorsqu’il était député, pour constitutionnaliser l’existence de la Sécu. Une manière de la sanctuariser mais aussi d’inscrire le principe de sa gestion par les premiers intéressés et de son financement par la cotisation.

  • Fabien Roussel aux riches : « Rendez l’argent ! »

    Fabien Roussel aux riches : « Rendez l’argent ! »

    À propos de la situation politique, il considère que « la chute du gouvernement Bayrou ne règle rien. Le fusible a sauté mais le tableau électrique est toujours en place ». Pour lui Bayrou ou Lecornu, c’est « chou vert et vert chou ».

    « Je voudrais dénoncer les provocations policières sur instruction de M. Retailleau », indique-t-il à propos du 10 septembre tout en considérant que c’est un premier succès. « Le bloqueur en chef, c’est le président de la République, place au peuple ! Le seul message que nous avons à faire passer : faire appel à l’intervention des salariés et de la jeunesse pour être très très nombreux le jeudi 18 septembre », martèle-t-il.

    « Cette colère immense qui monte porte en elle quelques germes d’espoir qu’il faut entretenir. Tous ces gouvernements nous ont fait les poches pour remplir celles des riches, c’est un fait et cette prise de conscience de classe progresse », affirme Fabien Roussel. En la matière, le communiste prévient : « nous serons intransigeants, irréductibles même : les sacrifices, c’est terminé, qu’ils prennent aux riches ! » Il rappelle qu’en 2017, à la prise de fonction d’Emmanuel Macron, « les 60 plus grandes fortunes cumulent 600 milliards aujourd’hui c’est 1 200 milliards d’euros, le double en 8 ans ! C’est un braquage des finances publiques, de nos poches vers leurs poches. Cet argent c’est celui de notre travail, de nos impôts. Rendez l’argent ! »

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux, insiste : « Que les choses soient claires : il y a besoin de ruptures claires et franches, sans quoi les mêmes causes produiront les mêmes effets et s’il le faut nous appuierons sur le bouton de la censure. Si le président de la République menace d’une dissolution, et bien dont acte, nous n’avons pas peur d’en revenir au peuple. Avant cela nous communistes, nous voulons l’intervention du monde du travail pour que les travailleurs et la jeunesse prennent la main. Notre priorité c’est de le mettre la pression la plus forte, la plus totale ».

    Dans cette période d’instabilité, le PCF porte quatre exigences : « 1, toutes les mesures toxiques et scandaleuses du budget Bayrou, dehors ! Niet, on n’en veut pas. 2, une augmentation générale des salaires. 3, abrogation de la réforme des retraites. 4, de la justice fiscale, que les gros payent gros et que les petits payent petit », énumère Fabien Roussel.

    Déterminé à incarner le « parti pris du travail et de la paix », il propose « de mettre 500 milliards d’euros sur la table en 5 ans. Ça peut vous paraître fou quand on dit partout qu’il faut faire des économies mais c’est le choix que la France doit faire : investir massivement. Nous devons retrouver la France des bâtisseurs. Une France unie, heureuse de se retrousser les manches pour réparer le présent et construire l’avenir, sans exploitation, sans gaver les actionnaires. Quand ils vous parlent de la dette, parlez-leur de vos enfants, nous avons besoin d’investir ».

    Fabien Roussel souligne l’importance d’agir sur le pouvoir d’achat avec une échelle mobile des salaires, un Smic à 2000 euros bruts, une augmentation des pensions et 10% de plus sur le point d’indice des fonctionnaires.

    Concernant la situation internationale, le secrétaire national du PCF affirme : « Le droit international, ils sont nombreux à vouloir le faire respecter en Ukraine, nous nous voulons le faire respecter partout et donc aussi pour les peuples cubain, sahraoui, kurde et, bien sûr, nous sommes au côté du peuple palestinien qui subit un génocide. Comme supporter l’inaction de tous ces gouvernements dont celui de la France quand 18 000 enfants sont morts sous les bombes ou sous les balles de l’armée israélienne ? Ce gouvernement d’extrême droite comme les dirigeants du Hamas devront rendre des comptes devant la justice internationale, à l’Humanité tout entière », estime-t-il. « La France doit agir vite. Il faut briser le blocus à Gaza et apporter l’aide humanitaire en urgence. Je demande solennellement au président de la République de mettre en place une flottille de solidarité officielle, encadrée par les marines nationales des pays volontaires », avance le communiste.

    Alors que la délégation de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) venue assister à son meeting est acclamée par la foule, Fabien Roussel, lance : « Comme Mandela en son temps, nous plaçons dans Marwan Barghouti qui doit être libéré et l’OLP tous nos espoirs pour une Palestine libre, démocratique et laïque, au côté du peuple israélien ».

    Très sévère à l’égard du RN dont les représentants « rendent l’étranger responsable de tous les maux de la terre », Fabien Roussel considère que « Nous avons besoin que la gauche soit au rendez-vous pour retrouver le chemin du peuple. C’est la condition pour construire les victoires de 2026 et 2027. Le rassemblement, nous n’avons que ce mot à la bouche », avance-t-il devant les responsables de toutes les formations de gauche venus l’entendre à l’exception de la France insoumise pourtant présente avec un stand sur la Fête de l’Humanité. Une volonté de rassemblement qui ne l’empêche pas de militer pour un regain d’influence du PCF, bien au contraire. « Nous avons besoin, pour que la gauche gagne, d’un Parti communiste plus fort dans les quartiers, les entreprises et les villages. Je suis fier d’être le secrétaire national du plus beau parti de France à l’initiative des plus belles conquêtes de notre pays. Franchissez le pas, rejoignez la famille, le Parti communiste français ! », conclut-il.