Tag: maladie

  • La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La banderole intersyndicale qui ouvre le cortège de la manifestation marseillaise, ce mardi, adresse un message clair au gouvernement et aux parlementaires qui redébattent du budget de la Sécurité sociale au même moment : « Contre les budgets d’austérité, pour une juste répartition des richesses, pour une retraite à 60 ans ! ». Partis des Réformés en direction de la préfecture en passant par le cours Lieutaud, les quelque 15 000 manifestants, « s’inscrivent dans la droite lignée des deux précédentes mobilisations en septembre et octobre », comme le résume Franck Balliot, cosecrétaire de la FSU 13.

    Si ce n’est pas la foule des grands jours sur la Canebière, reste que la détermination des militants présents ne vacille pas. Et d’autant plus lorsqu’il s’agit de défendre la Sécurité sociale, alias « la Sécu » ou encore « le bien commun », comme l’appelle un bon nombre de manifestants. « C’est ce qui permet de surmonter les crises. On l’a vu pendant le Covid et pendant celle de 2008. Malgré l’attachement des Français, les gouvernements attaquent la Sécu depuis des décennies, petit bout par petit bout. Nous, au contraire, on prône le 100% soins prescrits, 100% soins remboursés », développe Franck Balliot.

    Avec le PLFSS 2026 qui revient sur la table des députés, les militants ont de quoi monter au créneau contre un paquet de mesures jugées plus régressives les unes que les autres. Jean-Marie Angelli, secrétaire général de la CGT CPAM 13 (Caisse primaire d’assurance maladie) en a un exemple : « Revenir sur la prise en charge de certaines maladies, des maladies lourdes. » Et de dénoncer « une ligne rouge franchie ». D’autres manifestants pointent le doublement des franchises médicales ou encore la diminution de la prise en charge de certains médicaments. « Ils font payer aux assurés et aux plus précaires ce qu’ils ne veulent pas chercher chez le grand patronat. Petit à petit, ils font tout pour qu’on se dirige vers la mort de la Sécu », développe-t-il.

    Entre quelques jets de pétards des agents portuaires du GPMM et dockers de Fos, il reste tout de même positif : « En ces 80 ans de la Sécu, heureusement qu’il y a encore des forces vives qui se battent pour elle. » Et de préconiser « un retour à la base » pour le modèle social français. Comprenez par-là « un financement par la cotisation, pour tout le monde, en mettant fin aux exonérations et aux cadeaux fiscaux au grand patronat ».

    Car l’objectif du jour est bien de poursuivre une forme de pression du monde du travail sur les parlementaires et le gouvernement. « On ne veut pas que les économies qui sont prévues se fassent sur le dos des travailleurs, sur le dos des malades, des retraités ou de nos enfants », rappelle Maxime Picard, secrétaire départemental de Solidaires Finances publiques. Il analyse le projet gouvernemental : « Les gouvernements libéraux s’attaquent aux constructions collectives des travailleurs, ce qu’est la Sécurité sociale. Et l’on est sur la même logique : faire payer à certains et pas à d’autres. » En bref, une mobilisation pour défendre un modèle qui protège les plus précaires. Si la trêve des confiseurs approche, un autre rendez-vous est déjà fixé au samedi 6 décembre, pour défendre la prime de Noël à l’appel de la CGT Chômeurs 13.

    « Il y a encore des forces vives qui se battent pour la sécu’ »

  • Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    « C’est un peu grâce à eux que j’ai réussi mon parcours pour faire reconnaître ma maladie professionnelle », confie Pierre Seux. Ce retraité de l’industrie pétrochimique est l’un des nombreux travailleurs à avoir été accompagné par l’Association de défense des victimes des maladies professionnelles (Adevimap) de l’ouest de l’étang de Berre qui a ouvert ses portes mercredi. L’initiative se poursuit ce jeudi de 9h à 16h.

    Ayant travaillé chez Arkema à Marseille de 1984 à 2013, le retraité explique avoir « respiré tous les produits de la filière carbone, dont le benzène, jusqu’en 2013 où je suis parti en retraite anticipée car le site a été reconnu amianté en 2012 ». Sept ans après son départ en 2020, Pierre Seux contracte une leucémie. Alors, il demande de l’aide à l’Adevimap pour l’accompagner dans le processus de reconnaissance de cette maladie par la faute de l’employeur.
    « Ils m’ont aidé à remplir le questionnaire destiné à la Sécurité sociale. Ils m’ont aussi préparé à passer devant le médecin-conseil, pour comprendre les questions et bien y répondre », affirme l’ancien ouvrier.

    « Les gens ne peuvent pas aller au tribunal sans eux »

    Pierre Seux est venu aux portes ouvertes de l’Adevimap ce mercredi pour « donner quelques conseils, comme aux collègues de Naphtachimie qui sont passés ce matin, mais aussi pour se retrouver, discuter et se soutenir ». C’est aussi la démarche de Sylvie Pioli, ancienne infirmière de nuit et fondatrice de l’association Cyclosein. « Ce sont presque des amis », reconnaît-elle, car face à la maladie « on n’est pas aidé, ça coûte très cher d’aller au tribunal et les gens moyens ne peuvent pas y aller s’ils ne sont pas aidés par des associations comme l’Adevimap ou les syndicats », estime-t-elle.

    L’ancienne infirmière, atteinte d’un cancer du sein, veut sensibiliser sur « les risques du travail de nuit ». « Il faut que la médecine du travail soit sensibilisée aux cancers du sein, digestifs, ou la dépression que favorise le travail de nuit. Il faut aussi que les candidats à ce type de poste soient prévenus sur les risques », conclut-elle. C’est aussi ça l’Adevimap, un carrefour des battants pour la vie et la justice. La présidente, Christiane de Félice, considère que « c’est important de se soutenir, et les gens qui viennent savent qu’on n’est pas un service administratif, mais des bénévoles qui apportent à la société et aux victimes ». En 2025 l’association a perdu l’un de ses fondateurs Maurice Huc. « Il est toujours dans notre esprit et on continue à se battre pour obtenir justice pour les gens qui ont tout perdu, jusqu’à la vie », assure la présidente.

  • Les témoins de l’horreur nucléaire mobilisés pour la paix

    Les témoins de l’horreur nucléaire mobilisés pour la paix

    « Nous sommes venus vous montrer ce qui se passerait si on utilisait la bombe atomique aujourd’hui », lance Yuhi Shimada aux élèves du collège Éluard de Port-de-Bouc, à l’occasion d’une rencontre organisée par le Mouvement de la paix au cinéma le Méliès. Le Japonais de 26 ans est membre de Nihon Hidankyo, association des victimes des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki par les États-Unis en 1945, appelés Hibakushas. Avec eux, les membres de l’association ont apporté des clichés montrant les plaies et les corps calcinés par la bombe atomique.

    Leur déplacement s’effectue dans le cadre d’un tour de France de la paix, après avoir remporté le Prix Nobel de la paix en 2024 pour leur action contre les armes nucléaires. Un sujet bien loin du quotidien des élèves faisant face à la délégation japonaise. Emiko Honma, fille d’une irradiée par les bombes, leur rapporte les témoignages « des corps brûlés et des bâtiments effondrés jonchant les rues » de Hiroshima, peu après le bombardement du 6 août 1945. Mais aussi « les préjugés sur les personnes exposées aux radiations, la peur de mourir soudainement d’une maladie et la culpabilité d’avoir survécu ».

    « Faire reconnaître un crime de guerre des USA »

    Un collégien demande pourquoi ces bombes ont été utilisées. Saburo Sugasawa, du Mouvement de la paix japonais, pense que « les grandes puissances se battaient à l’époque pour dominer le monde, et le pays qui aurait l’arme nucléaire avant tout le monde gagnerait ce combat. Les États-Unis ont fait un essai à échelle humaine de la leur », affirme le militant, précisant que « le Japon n’avait plus les moyens de continuer la guerre » à ce moment.

    Une collégienne s’interroge : « Est-ce que des pays ont aidé le Japon après les bombes ? » Yuhi Shimada répond qu’« aucun pays n’est venu en aide au Japon après le bombardement. C’est une raison pour laquelle le nombre de morts à Hiroshima est passé de 70 000 au moment de l’attaque à 140 000 à la fin 1945, car énormément de victimes n’ont pas pu être aidées après la bombe. » Emiko Honma ajoute que « les États-Unis et le gouvernement japonais ont caché ces horreurs ». Saburo Sugasawa abonde : « Pendant près de dix ans après l’attaque, l’armée
    américaine empêchait les Hibakushas de parler de ce qu’ils avaient vécu, par la censure.
     »

    « Nous luttons pour faire reconnaître le largage de ces deux bombes comme un crime de guerre », complète Saburo Sugasawa, avant de développer : « Les pays comme la France, qui possèdent cette arme, doivent s’en débarrasser. » Il invite les élèves à « faire entendre les citoyens qui n’en veulent pas et à faire ratifier le traité d’interdiction des armes nucléaires par la France ».

    Un devoir de mémoire nécessaire pour Emiko Honma. « Il ne reste que 9 000 Hibakushas, dont l’âge moyen est de 85 ans. On arrive au moment où ils vont disparaître. Et il y a une chose plus horrible que Hiroshima et Nagasaki, c’est que le monde oublie ce qu’il s’est passé », conclut l’Hibakusha.

    À Martigues, ville engagée

    « La paix est un choix », pour le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. L’édile a accueilli la délégation d’Hibakushas, mardi à l’hôtel de Ville, avant leur rencontre avec les collégiens à Port-de-Bouc. « Martigues est une ville profondément attachée à la paix. Nous avons rejoint l’appel des villes pour la ratification par la France du traité contre les armes nucléaires, qui sont une menace pour l’humanité », affirme Gaby Charroux.

    Élisabeth Grand, du Mouvement de la paix de Martigues, rappelle que « ces bombes continuent de blesser » et exige de même que « la France signe le traité, abandonne l’économie de guerre et se prépare face au danger plus imminent du changement climatique ».

  • La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    Pas plus tard qu’hier, un salarié est venu nous voir au local syndical : il a un cancer dû à l’amiante, à 57 ans. » Le ton grave, Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer, rappelle les conséquences concrètes de la présence d’amiante dans les sites industriels.

    Son organisation, engagée de longue date dans un combat pour le classement du site de l’étang de Berre comme « amianté », espère prochainement voir le bout du tunnel. Entre un communiqué de presse diffusé cette semaine, qui fait part « d’un scandale sanitaire » et l’envoi d’une délégation syndicale à la Caisse primaire de l’assurance maladie (CPAM), elle met les bouchées doubles avant un rendez-vous déterminant, ce lundi, au ministère du Travail.

    « Ce n’est pas une faveur qu’on demande : quand on est touché par ces maladies, on ne voit pas la retraite, ou on ne la voit que pour quelques années », martèle le syndicaliste. Il donne des chiffres qui font froid dans le dos : « Plus de 150 salariés ont été reconnus et mis en suivi médical renforcé pour l’amiante, seulement pour le courant de l’année 2025. […] 7 maladies professionnelles sur 10 sont en lien étroit avec l’amiante sur le site. » Au total, son organisation dénombre « plus de 600 salariés en suivi médical renforcé ». Pour rappel, le suivi médical renforcé est un dispositif qui prévoit une batterie de consultations médicales. « Il y a des examens à faire régulièrement, au départ, des scanners tous les 6 mois, puis étalés tous les 5 ans. À chaque fois, on a peur d’avoir une mauvaise nouvelle, l’inquiétude est réelle », développe Stéphane Martins de Araujo.

    Un combat pour un départ plus tôt à la retraite

    Contactée, ArcelorMittal précise que « ce suivi médical ne signifie pas que les salariés ont été exposés au risque, mais est mis en place dans un souci de prévention ». Et assure que c’est « conformément à la réglementation et en coordination avec la médecine du travail, pour certains salariés affectés à des postes à risques compte tenu de leur période d’emploi et des postes occupés ». Reste que, pour la CGT, derrière ces chiffres et ces dispositifs, il y a « des familles brisées, des malades, des futurs malades et des morts ».

    Concrètement, l’organisation demande « que le site soit classé amianté, au titre de l’Acaata ». L’Acaata est l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante. Ce dispositif permet aux salariés exposés à l’amiante de bénéficier d’une retraite anticipée. « Si le site est classé, au lieu de partir à 64 ans, c’est 60 ans. Et ensuite, c’est un an de moins d’âge de départ pour tous les 3 ans d’ancienneté sur la période, avec un seuil maximum à 50 ans », explique Stéphane Martins de Araujo.

    Il avance un autre argument : « L’inspection du travail a validé, après enquête cet été, la demande de classement et la période qui va de 1997 à 2025 », explique Stéphane Martins de Araujo. Là encore, ArcelorMittal tient à apporter des précisions : « Le ministère du Travail avait refusé l’inscription de l’établissement de Fos-sur-Mer sur la liste des établissements susceptibles d’ouvrir droit à l’Acaata, pour la période 1972-1997, décision confirmée par la Cour administrative d’appel de Marseille et le Conseil d’État. » Avant de conclure : « Les salariés de l’établissement n’effectuent pas de travaux de calorifugeage sur des matériaux contenant de l’amiante. » Or l’entreprise note que le classement d’un site comme amianté nécessite « une activité significative de calorifugeage à l’amiante », selon « des critères précis qui résultent de la loi et de la jurisprudence ».

    Dans tous les cas, la balle est dans le camp du ministère.

  • Douleurs chroniques : « J’ai dû apprendre à vivre avec la douleur »

    Douleurs chroniques : « J’ai dû apprendre à vivre avec la douleur »

    « Je pensais être douillette », commence Claire, 36 ans, aujourd’hui suivie dans un centre spécialisé à Montpellier. Dès ses premières règles, à 13 ans, elle ressent des douleurs violentes au ventre et au bas du dos. « Je vomissais, je faisais des malaises. Mais on me disait que c’était normal, que toutes les femmes ont mal pendant leurs règles. » Pendant quinze ans, elle enchaîne les consultations sans réponse. Les échographies sont « parfaitement normales », les traitements hormonaux se succèdent, sans jamais calmer la douleur. « À 25 ans, je devais parfois m’allonger dans les toilettes de mon travail. J’ai dû apprendre à vivre au quotidien avec la douleur. »

    C’est seulement à 28 ans, après un déménagement et un nouveau gynécologue, qu’un diagnostic tombe : endométriose profonde, avec des kystes sur les ovaires et des lésions digestives. « C’était vraiment un drôle de sentiment. D’abord, j’ai pleuré de soulagement. Enfin, quelqu’un me croyait. Enfin, j’ai pu mettre des mots sur ce mal qui me rongeait de l’intérieur, littéralement. Et puis il y a eu la réalisation du combat qui allait m’attendre. C’était dur. »

    « Ce n’est pas

    une maladie honteuse »

    Depuis, Claire a subi deux opérations et suit un traitement hormonal lourd. « Les effets secondaires sont terribles : fatigue, sautes d’humeur, bouffées de chaleur. Parfois, je ne me reconnais plus. » Mais le plus difficile reste l’invisibilité de la maladie : « On ne voit rien, alors les gens ne comprennent pas. Certains collègues pensent que j’exagère. » Mariée depuis trois ans, elle et son compagnon rêvent d’un enfant. « On a dû se tourner vers la PMA. Chaque échec est un déchirement, mais je garde espoir. »

    Claire s’investit désormais dans une association de patientes, EndoZen Occitanie : « On échange, on rit, on pleure. Ce réseau m’a sauvée. C’est bon de savoir que l’on est pas seule au monde. » Elle espère avant tout que les jeunes filles d’aujourd’hui n’auront pas à attendre aussi longtemps qu’elle. « Il faut parler, témoigner, former les médecins. Ce n’est pas une maladie honteuse, c’est une maladie réelle, invalidante, et on a besoin d’être entendues. »

  • La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    Après l’hôpital de Salon-de-Provence, c’est au tour de l’hôpital de Martigues de se voir doter d’un mammographe neuf, en grande partie financé par la Ligue contre le cancer. Une bonne nouvelle, alors qu’Octobre rose (mois dédié à la sensibilisation au dépistage du cancer du sein) vient de s’achever, que salue le directeur de l’établissement, Loïc Mondoloni : « Cet équipement d’imagerie médicale, destiné à détecter les tumeurs du sein, permet aussi de faire de la prévention et du dépistage, ce qui est un élément extrêmement important. Cette prise en charge existait déjà au centre hospitalier de Martigues. Ceci étant, les équipements arrivent à un niveau d’utilisation qui nécessite leur remplacement. Le niveau de précision du nouveau mammographe nous permettra d’utiliser à bon escient l’intelligence artificielle et l’imagerie virtuelle pour connaître le niveau d’atteinte de la patiente en cas de tumeur, et pour savoir s’il y a une suspicion éventuelle ou un niveau de fragilité. »

    Cet appareil dernier cri, d’un coût de 280 000 euros, financé à hauteur de 200 000 euros par la Ligue contre le cancer et de 80 000 euros par la Ville de Martigues, remplacera le précédent, qui datait de 2012. Si 13 années peuvent paraître peu à l’échelle d’une vie, dans le domaine médical, c’est un monde. L’évolution des technologies est un « sujet très important » pour les établissements, affirme Loïc Mondoloni. « Les équipements très onéreux comme les IRM ou les scanners doivent être renouvelés tous les sept ans, pour des montants qui peuvent aller de 600 000 euros à 1,5 million d’euros », illustre-t-il. Une exigence compliquée à honorer, alors les hôpitaux sont exsangues.

    Accompagnement et soins support

    Magali Maugeri, directrice de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône, le concède : « On pallie les manques de l’État. » Cette année, le comité départemental de l’association a accordé plus de 900 000 euros au financement de la recherche et d’équipements médicaux, une somme record.

    « On le sait, l’argent manque », poursuit-elle. Pas seulement au plus haut niveau de l’État : « L’accompagnement financier qu’on propose aux familles touchées par la maladie devient de plus en plus récurrent, les gens sont pris à la gorge. Cette année, on va en aider plus de 480 à hauteur de 600 euros maximum. L’an dernier, elles étaient 320. »

    La Ligue contre le cancer propose aussi un accompagnement psychologique et social gratuit aux malades et aux aidants, avec des ateliers de sport adapté, une offre de soins de support et un accès à professionnels de santé et de bien-être. L’association tient des permanences au Pôle santé handicap de Martigues.

  • DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    L’annonce a fait l’effet d’un choc chez les éleveurs héraultais et surtout gardois. Pour lutter contre la DNC (qui a entraîné l’abattage de plusieurs troupeaux en Savoie), le ministère de l’Agriculture a en effet décidé, le 17 octobre, l’interdiction de toute sortie bovine (marché, salon, fête) dans trois régions dont l’Occitanie et l’interdiction d’exporter, « pour éviter la diffusion du virus hors de France ». Tous les taureaux de Camargue sont aussi confinés au moins jusqu’au 1er décembre avec interdiction pour les éleveurs de les sortir des manades.

    L’inquiétude a donc gagné les éleveurs qui doivent envoyer à l’abattoir la totalité de leur troupeau si un cas est déclaré. Un principe qui révulse tant le Modef que la Conf. « Ce virus qui arrive en France à cause du dérèglement climatique est connu. Des recherches ont été effectuées et on sait que l’abattage de tout le troupeau ne sert à rien. Il faut un abattage ciblé et une vaccination systématique. La preuve, ils ont fait ça en Savoie et on retrouve maintenant le virus dans d’autres régions. En plus, en faisant ça, on supprime la génétique, parfois il y a 20 ou 30 ans de sélection », explique Didier Marion, porte-parole de la Conf paysanne du Gard.

    La ministre répond

    au Modef

    Face à l’inquiétude, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) a organisé une réunion avec le Modef mercredi 29 octobre, à laquelle a participé le Gardois Frédéric Mazer, co-président national du syndicat. « Elle nous a dit qu’elle était en pleine négociation avec l’Espagne et l’Italie pour réautoriser la vente des broutards vers ces pays et que ça pourrait se faire prochainement. Concernant la vaccination, elle a dit qu’elle avait suffisamment de doses pour les zones réglementées mais elle n’en a pas assez pour une couverture totale du territoire parce qu’il faudrait 15 millions de doses et elle n’en a que quelques centaines de milliers d’avance », explique Frédéric Mazer.

    L’éleveur a également réaffirmé son hostilité à l’abattage total des troupeaux : « La ministre pense que cette stratégie est gagnante car le virus a été éradiqué en Savoie mais il y a le problème de perte génétique et le traumatisme psychologique pour les éleveurs. Au Modef, nous proposons de vacciner tous les cheptels souches, c’est-à-dire les vaches allaitantes, les vaches laitières et les génisses de renouvellement et de ne pas vacciner les bêtes destinées à l’abattage puisque le virus n’est pas transmissible à l’être humain. C’est une proposition que la ministre n’a pas écartée. Elle a aussi dit qu’elle allait consulter la profession pour la vaccination de tout le territoire. »

  • [Entretien] Pr Yehezkel Ben-Ari : « L’autisme est un trouble multifactoriel »

    [Entretien] Pr Yehezkel Ben-Ari : « L’autisme est un trouble multifactoriel »

    L’intégralité des bénéfices de la soirée* sera reversée à des associations locales œuvrant auprès d’enfants autistes. L’autisme, ou plus précisément les « troubles du spectre autistique (TSA) », se caractérise principalement par une altération des interactions sociales et de la communication, ainsi que par des intérêts restreints et répétitifs.

    La Marseillaise : En quoi les mille premiers jours de l’enfant sont-ils cruciaux dans l’apparition ou non de troubles liés à l’autisme

    Pr Yehezkel Ben-Ari : L’autisme naît pendant la grossesse. Une des thèses que je défends depuis dix-sept ans, qui est je crois très importante pour comprendre les traitements de ce qu’est l’autisme, est que les maladies qui naissent in utero sont des maladies dans lesquelles la séquence maturative du développement du cerveau se dérègle. Les neurones restent à l’état immature. C’est comme les pommiers qui gardent des pommes immatures. Ce sont ces neurones qui, pour moi, sont la cause de la maladie. Je l’ai prouvé. C’est pour ça que j’ai eu le Grand Prix Inserm, en 2009.

    Avez-vous identifié ce qui conduit ces neurones à dysfonctionner ?

    Pr Y.B.-A. : L’essentiel de mon intervention, vendredi à l’Eden, sera là-dessus. Dans une étude récemment publiée dans le Journal of Medical Genetics, Etienne E. Dachin, chercheur, et moi-même démontrons que les facteurs environnementaux in utero, comme le stress maternel, les infections, les inflammations prénatales, les signaux hormonaux, l’exposition à des substances toxiques comme les pesticides influencent directement le développement cérébral du fœtus et favorisent l’apparition des Troubles du spectre autistique (TSA). La maternité est vraiment le gros point fragile et l’essentiel du message que je vais essayer de faire passer vendredi, c’est que le petit cerveau in utero n’est pas un petit cerveau adulte, il a ses propres propriétés, ses propres mécanismes. Donc il faut une pharmacopée spéciale pour lui.

    En quoi votre approche renouvelle-t-elle la compréhension des troubles autistiques ?

    Pr Y.B.-A. : En France, deux thèses ont dominé. La première, défendue par Bruno Bettelheim [1903-1990, psychanalyste américain d’origine autrichienne, Ndlr.] était que les mères étaient responsables de l’autisme car elles n’aimaient pas leurs enfants. Des psychanalystes en France continuent à défendre une thèse aussi idiote. Non, mesdames, vous n’êtes pas responsables. La deuxième thèse, à l’exact opposé, dit que tout est génétique et donc, mesdames, vous n’êtes pas responsables. Le problème est que les deux sont fausses. La génétique est largement dépassée. Pour moi, il est temps de considérer l’autisme comme un trouble multifactoriel, nécessitant une approche interdisciplinaire et un suivi attentif des facteurs environnementaux dès la grossesse. Les résultats de nos recherches mettent également en évidence les limites des outils génomiques, incapables de prédire efficacement ou de traiter les TSA. Ces découvertes ouvrent la voie à une nouvelle vision de l’autisme, centrée sur la prévention et l’intervention précoce.

    * Vendredi à 18h30 au cinéma Eden-Théâtre, 25 boulevard Georges-Clemenceau, à La Ciotat. Tarif unique : 10 euros. Conférence suivie d’une dédicace du livre de l’auteur.

  • Des sculptures et des photos pour expliquer la maladie

    Des sculptures et des photos pour expliquer la maladie

    En ce mois d’octobre, dédié à la lutte contre le cancer, le Centre Ressource d’Aix-en-Provence coordonne près de 80 actions en lien avec Octobre Rose. Parmi elles, l’exposition « Next ! ». Jusqu’à la fin du mois, des bustes en plâtre à l’effigie de femmes sculptés par l’artiste Matthieu Faury sont installés pour le grand public et les bénéficiaires des locaux du centre, aux Milles.

    Les quelque 500 bénéficiaires des lieux, comme le public extérieur, sont invités à profiter de l’installation temporaire. C’est l’entreprise vauclusienne CBA Informatique Libérale qui a proposé l’initiative dans un premier lieu. Les œuvres ont été réalisées en coopération avec huit femmes volontaires suivies par l’Institut du Cancer Avignon Provence Sainte-Catherine, où les œuvres sont habituellement exposées.

    Elles sont, par le passé, mises en avant à Paris et Biarritz. Par cette initiative, ce sont des parcours personnels de combat contre la maladie « par le biais d’un prisme humain », précise Stéphane Salord, président du Centre Ressource aixois, qui veut être mis en lumière. « La proposition était singulière et pour la première fois, l’exposition sortait des murs d’Avignon, rapporte Stéphane Salord. Au Centre, nous cherchons à travailler sur la valorisation de la personne, la stimulation psychologique, et à faire attention que les personnes suivies conservent une estime de soi-même. Le traitement contre le cancer peut être très brutal. C’est justement tout un travail de reconstruction qui est mis en avant. L’exposition s’inscrivait dans cette démarche-là. »

    Pour le président du Centre Ressource, « Next ! » s’imbrique parfaitement dans le panel d’activités « d’art-thérapie » proposées par les équipes de cet établissement d’accompagnement.

  • Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    « J’étais submergé, j’ai été dépassé, je le regrette. J’ignorais la séparation entre activités de secteur public et activités libérales », a expliqué, mardi à Marseille, le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, dans des déclarations embrouillées mêlant l’erreur, l’ignorance et le complot. Il a in fine éludé la surfacturation à son profit et à grande échelle, entre janvier 2019 et le 21 octobre 2022, d’interventions opératoires d’activité libérale, le plus souvent fictives, puisqu’il détournait les données des patients opérés par plusieurs de ses confrères, ce qui aboutissait en outre à faire payer deux fois un même acte par la Sécurité sociale.

    Le praticien relevait les informations figurant sur les programmes opératoires établis par l’infirmière coordinatrice du bloc opératoire, notamment la date, les prénoms et noms des patients, le nom du chirurgien réellement en charge de l’intervention, ainsi que l’intitulé de l’acte programmé. Il récupérait ensuite, via le logiciel hospitalier, les numéros de sécurité sociale des patients concernés. Ces données lui permettaient de générer, à l’aide d’un logiciel de facturation installé sur un ordinateur portable, des feuilles de soins électroniques qu’il télétransmettait à l’assurance maladie.

    « C’est facturer plus pour gagner plus »

    Il est question de 883 interventions frauduleusement payées au titre de son activité libérale, alors que 768 relevaient du secteur public pour lesquelles il était salarié, percevant déjà 10 000 euros par mois. Il a dit ignorer l’existence du taux maximal de 20% d’activité libérales, lui qui en effectuait jusqu’à 113%. Ses transmissions informatiques, au rythme de 20 par mois, ont trompé neuf caisses primaires d’assurance maladie et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, se faisant créditer de 467 272 euros, dont plus de 400 000 euros rien que de la CPAM des Bouches-du-Rhône.

    Le prévenu s’est défaussé sur un confrère l’accusant de « vengeance », ce dernier ayant lancé l’alerte, d’abord en vain auprès de la direction de l’hôpital, avant de signaler les faits au parquet. « Ma vie a été pulvérisée quand j’ai fait le signalement, a dit ce dernier. J’ai été évincé de l’hôpital d’Aubagne car j’ai dénoncé le système. Il m’a fallu 7 mois pour comprendre ce système frauduleux où l’hôpital y gagne aussi », a ajouté ce chirurgien constitué partie civile.

    « C’est facturer plus pour gagner plus, grâce aussi à des défaillances et des facilités. On peut reprocher à la CPAM de ne pas avoir déclenché plus tôt le contrôle », a dit la procureure, qui a requis 30 mois de prison dont 6 mois ferme sous bracelet et 24 mois de sursis probatoire, ainsi que 50 000 euros d’amende, dont 30 000 avec sursis et interdiction d’exercer une activité libérale au sein d’un établissement public. Délibéré le 4 novembre.