Tag: Mairie de secteur

  • [Maj] À Marseille, installation festive pour Tina Biard-Sansonetti dans les 13-14 arrondissements

    [Maj] À Marseille, installation festive pour Tina Biard-Sansonetti dans les 13-14 arrondissements

    C’est en extérieur, sur l’impressionnante terrasse de la bastide Saint-Joseph, qui accueille la mairie des 13e et 14e arrondissements, que s’est tenu le conseil d’installation du secteur le plus peuplé de Marseille. L’heure était à la fête : la mairie, dirigée par l’extrême droite entre 2014 et 2020, puis par la droite de 2020 à 2026, compte désormais 41 élus du Printemps marseillais sur 53 sièges.

    C’est donc sans difficulté que Tina Biard-Sansonetti, tête de liste du PM dans le secteur, a été élue maire des 13-14, dimanche. Sur 51 votes exprimés, elle obtient 39 voix et reçoit une salve d’applaudissements de la part d’un public venu en nombre. « Dans ce secteur, comme ailleurs, certains ont cherché à opposer, à diviser, à dresser les habitants les uns contre les autres, les quartiers les uns contre les autres, a-t-elle rappelé, émue. Nous, nous avons fait un autre choix, celui de rassembler, de tenir bon sur nos valeurs et de ne jamais céder à ce qui abîme notre République. Parce que nous méritons mieux, nous méritons d’être unis, solidaires et fiers de ce que nous sommes collectivement. »

    La liste d’adjoints proposée par le Printemps marseillais, seule candidate, a elle aussi été élue dès le premier tour, obtenant 40 voix sur 51.

    Foule de soutiens

    Scrutée par une foule ne sachant plus ou s’asseoir, la séance s’est déroulée au rythme d’un public plus qu’enthousiaste, scandant le nom des élus au moment de leur appel. Parmi ces soutiens figuraient Benoît Payan, maire de Marseille (DVG), ainsi qu’Amine Kessaci (EELV), désormais adjoint du maire. Sous protection policière depuis l’assassinat de son frère Mehdi, tué par des narcotrafiquants, le jeune élu a été chaleureusement applaudi dès son arrivée.

    Du côté de l’opposition, la soirée fut évidemment moins joyeuse. Sur les 12 sièges non occupés par le Printemps marseillais, 11 sont désormais détenus par le Rassemblement national, qui avait recueilli 42,56% des suffrages au second tour des municipales, contre 50,89% pour la majorité actuelle. Reste une maigre place pour Marion Bareille, maire sortante (DVD), candidate de la liste soutenue par Martine Vassal, qui avait obtenu 6,55% au 2nd tour.

    Les adjoints

    Ahmed Taoré, 1er adjoint ; Monique Cordier, 2e adjointe ; Archad Utsahoi, 3e adjoint ; Haouria Hadj-Chikh, 4e adjointe ; Antoine Cortez, 5e adjoint ; Malory Honde, 6e adjointe ; Yohann Soler, 7e adjoint ; Nawelle Benmahrouz, 8e adjointe ; Azdine Hammache, 9e adjoint ; Marion Honde-Amar, 10e adjointe ; Frédéric Pinatel, 11e adjoint, Lynda Kherbache, 12e adjointe ; Mouataz Mahmoud, 13e adjoint ; Malika Doghmane, 14e adjointe ; David Emain, 15e adjoint ; Morgane Dutertre Altese, 16e adjoint ; Mohamed Arouel, 17e adjoint ; Nouria Sirat, 18e adjointe ; Ali Makkaoui, 19e adjoint, Ilyana Abidelli, 20e adjointe

  • [Maj] Anthony Krehmeier rempile dans le 2e secteur à Marseille

    [Maj] Anthony Krehmeier rempile dans le 2e secteur à Marseille

    Jour de fête, dimanche, à la mairie du deuxième secteur, située sur l’esplanade de la Major où, face à l’affluence, des salles annexes ont été mises à disposition pour suivre la retransmission de l’élection du maire.

    Dans le public du conseil, beaucoup d’habitants, de militants, mais aussi des visages de l’ancien monde de ce fief socialiste comme Eugène Caselli ou Sylvie Andrieux, venus assister à la réélection d’Anthony Krehmeier (PS), qui fait son entrée dans le conseil d’arrondissement en compagnie du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Après avoir remporté le secteur au second tour des élections municipales avec 49,76% des suffrages exprimés, le Printemps marseillais peut ainsi se targuer de 24 élus dans cette mairie de secteur, tandis que LFI et le RN comptent respectivement 4 et 2 sièges. 15h passées, le dépouillement commence, égrenant le nom d’Anthony Krehmeier à l’envi.

    Le voilà élu maire de secteur avec 20 suffrages, tandis qu’Alladine Abdallah Salim, qui siège pour LFI, en récolte 4. Trois bulletins nuls ou blancs sont aussi recensés. Les vivats de la foule s’expriment dans la salle du conseil et il est donc l’heure pour Benoît Payan de remettre l’écharpe de maire de secteur à Anthony Krehmeier. Celui-ci remercie d’emblée l’édile « pour son amitié indéfectible », ainsi que sa famille et « les habitants venus nombreux pour ouvrir ce nouveau chapitre ». « Marseille a montré qu’elle resterait une et indivisible », réaffirme-t-il, avant de faire part de sa volonté de « rétablir l’égalité entre le Nord et le Sud de la ville. Aujourd’hui, une nouvelle étape commence », amorce l’élu. Il espère ainsi « faire tomber les frontières invisibles qui fracturent la ville » depuis son secteur, en « retrouvant » notamment « l’accès à la mer », ou encore avec « la démolition du viaduc de Plombières ».

    Les adjoints

    Emilia Sinsoilliez, 1ère adjointe ; Maurice Attia, 2e adjoint ; Anne Pfister, 3e adjointe ; Gérard Azibi, 4e adjoint ; Soraya Larguem, 5e adjointe ; Thomas Laffare, 6e adjoint ; Chaela Medjou, 7e adjointe ; Hamza Aftis, 8e adjointe ; Lila Chassagne, 9e adjointe ; Aurélien Petitjean-Levonian, 10e adjointe.

  • [Maj] À Marseille, Sophie Camard mise sur le « trait d’union » dans le 1er secteur

    [Maj] À Marseille, Sophie Camard mise sur le « trait d’union » dans le 1er secteur

    Avec 19 des 25 sièges du conseil d’arrondissements occupés par des élus du Printemps marseillais (PM), la séance d’installation ne laissait guère de place au suspense, dimanche. C’est donc bien Sophie Camard (GRS), candidate à sa réélection à la tête des 1-7, qui a été élue maire du secteur, avec 19 voix.

    « Dans mon discours d’investiture que j’ai retrouvé, prononcé le 12 juillet 2020, j’avais dit les mots suivants : “Je serai maire pour ceux qui ont voté, mais aussi pour ceux qui n’ont pas voté, parce que je voudrais les convaincre que la démocratie en vaut la peine”. Je n’en changerai pas une virgule », a-t-elle déclaré, émue. Au cœur de son propos : la volonté de constituer un trait d’union entre les 1er et 7e arrondissements : « Le premier secteur est à l’image des grandes inégalités de notre peuple. Cette situation justifie le débat politique. Mais pas de fractionner notre société. 6 678 voix dans le 1er, 7 451 dans le 7e. Un résultat très équilibré. Je prends ce message des électeurs comme un trait d’union pacifique et rassembleur. » Sur l’ensemble du secteur, Sophie Camard avait obtenu 47,45% des suffrages au second tour. Les neuf adjoints de la liste « Pour Marseille », exclusivement composée de représentants du Printemps marseillais , ont également été élus avec 19 voix, contre cinq votes nuls et un vote blanc.

    Six élus d’opposition

    Deux autres candidates briguaient la tête de la mairie de secteur, ce dimanche : Clémence Parodi (RN) et Charlotte Deweerdt (LFI). L’élue d’extrême droite a obtenu trois voix, total correspondant aux trois sièges remportés après avoir obtenu 25,38% au second tour. La candidate insoumise n’a recueilli que deux voix : les 18,02% obtenus par sa liste ne lui avaient en effet permis d’obtenir que deux sièges, le sien et celui de son colistier Aurélien Bourneuf (LFI). Pour rappel, Sébastien Barles (ex-EELV) a démissionné de son mandat de conseiller.

    Romain Simmarano (DVD), qui portait pour le secteur la liste « Marseille je t’aime » de Martine Vassal (DVD), est le seul élu de la droite traditionnelle au sein de ce conseil d’arrondissements. Il avait obtenu 9,15% des suffrages au second tour.

    Les adjoints

    Julien Soret, 1er adjoint ; Leïla Becard, 2e adjointe ; Christian Pellicani, 3e adjoint ; Monique Rolbert, 4e adjointe ; Karim Boussalem, 5e adjoint ; Virginie Roche, 6e adjointe ; Frédéric Guilledoux, 7e adjoint ; Romane Massip, 8e adjointe ; Aurélien Lecour, 9e adjoint.

  • Les mairies de secteur au cœur du jeu municipal

    Les mairies de secteur au cœur du jeu municipal

    Une semaine après l’élection officielle du maire (DVG) de Marseille Benoît Payan par son conseil municipal (notre édition du 30/03), c’est au tour des conseils d’arrondissements, pour la première fois élus distinctement, de désigner en ce dimanche de Pâques les huit maires de secteur de la ville. Des secteurs qui ont été bousculés par la vague des municipales : pour la première fois, la droite marseillaise n’en dirigera plus aucun, tandis que, après la gestion calamiteuse du FN dans les 13e-14e entre 2014 et 2020, l’extrême droite en dirigera deux. La conseillère régionale (RN) Eleonore Bez devrait s’installer dans la mairie du 5e secteur, tandis que le délégué du RN pour Marseille Olivier Rioult devrait devenir maire des 11e-12e. « Je l’ai reçu la semaine dernière, pour lui expliquer comment fonctionnait la mairie de secteurs », confirme le maire (LR) sortant Sylvain Souvestre. Mais l’hypothèse d’un switch avec la députée RN du secteur Monique Griseti, à l’occasion des prochaines législatives, reste avancée par certains. Sollicité à ce sujet, Olivier Rioult n’a pas donné suite. « Nous sommes huit élus en mairie mais la résistance va au-delà », promet d’ores et déjà la tête de liste (PS) du Printemps marseillais dans les 11e-12e, Yannick Ohanessian.

    Les maires sortants du Printemps marseillais de leur côté devraient être reconduits : Sophie Camard (GRS) dans les 1er-7e, Anthony Krehmeier (PS) dans les 2e-3e, Didier Jau (EELV) dans les 4e-5e, Olivia Fortin (MadMars) dans les 6e-8e. S’y ajoute l’arrivée de Tina Biard-Sansonetti (DVG) dans les 13e-14e, remportés sur la droite. Si elle est allée à la rencontre des agents, elle n’a pas été reçue par la maire (DVD) sortante Marion Bareille. « Elle m’a de manière très courtoise orientée vers la directrice générale des services », explique la tête de liste du Printemps marseillais, qui a commencé à se pencher sur le fonctionnement de la mairie de secteur. « Pour être en mesure de respecter la parole donnée pendant la campagne, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement actuel », explique-t-elle. Avant de fouiller dans les détails des comptes, elle compte bien y installer un défenseur des droits des locataires. Dans les 15e-16e, après l’annonce de son retrait par la maire de secteur (DVG) sortante Nadia Boulainseur, c’est Jean-Marc Coppola (PCF) qui devrait prendre la tête d’un secteur qui a été dirigé jusqu’en 2008 par les communistes.

    Quelles compétences ?

    Les insoumis, pour la première fois, pourront bénéficier d’une tribune dans quatre des huit secteurs, avec au total douze élus. « La reconstruction va passer par là, croit aussi le maire sortant des 11e-12e, Sylvain Souvestre. Il est hors de question que je lâche le terrain, je serai vigilant à ce que tout ce que j’ai mis en place ne soit pas supprimé. » Son ancrage lui a permis de réaliser le double du score de Martine Vassal, et dans un courrier aux présidents d’associations et de CIQ, il promet de rester « disponible et engagé ».

    Reste l’épineuse question des compétences, absente du programme du Printemps marseillais. Le rapport gouvernemental qui devait être rendu en février ne le sera qu’en juin, et l’arrivée au pouvoir du RN dans deux secteurs change quelque peu la donne. « La réforme du scrutin n’est pas allée au bout », regrette encore Sophie Camard, qui reconnaît : « Nous avons les mairies de secteur les moins déconcentrées. » La nécessaire remise sur pied de la caisse des écoles et du centre communal d’action sociale lors du premier mandat n’a pas permis de les décentraliser. Au-delà des équipements de proximité, de l’état civil et politiques d’animations, des vœux et avis votés en conseil d’arrondissement, « la grande compétence qu’il faut y rajouter, c’est la démocratie locale », pointe-t-elle. Malgré tout, les mairies de secteur restent « un point de repère institutionnel et citoyen », qui permet d’être au contact des habitants et de mener une politique de médiation volontariste, notamment avec la préfecture de police. « Avec une loi vieille de 1982, je les trouve très modernes dans le monde d’aujourd’hui », sourit Sophie Camard.

    Les horaires des conseils d’installation de dimanche

    1er-7e arrondissements : à 14h30, au 61, la Canebière.

    2e – 3e arr. : à 14h30, au 2, place de la Major.

    4e – 5e arr. : à 16h30, au 13, square Sidi-Brahim.

    6e-8e arr. : à 16h30, au 125, rue du commandant Rolland.

    9e-10e arr. : à 14h30, au 150, boulevard Paul-Claudel.

    11e-12e arr. : à 16h30, boulevard Bouyala-d’Arnaud.

    13e-14e arr. : à 18h30, 72 rue Paul-Coxe.

    15e-16e arr. : à 18h30, au 246, rue de Lyon.

  • Nadia Boulainseur ne se représentera pas à la mairie des 15-16

    Nadia Boulainseur ne se représentera pas à la mairie des 15-16

    La rumeur bruissait déjà depuis quelques jours, mais la proche de la maire adjointe (DVG) Samia Ghali l’a officialisé ce mercredi matin. Sur Facebook, la maire sortante (DVG) des 15e et 16e arrondissements Nadia Boulainseur a annoncé qu’elle ne viserait pas un nouveau mandat à la tête de la mairie de secteur à l’occasion du premier conseil du mandat qui se tient ce dimanche soir.

    «Vous représenter, vous accompagner et vous défendre a été pour moi une immense fierté », partage celle qui avait succédé à Samia Ghali en 2020. «A l’issue de ce mandat, j’ai fait le choix de ne pas solliciter un nouveau mandat de maire de secteur. Je crois qu’après six années, il est sain et vertueux de permettre à de nouvelles énergies de s’exprimer, d’ouvrir un nouveau cycle pour notre mairie et d’impulser une nouvelle dynamique», annonce-t-elle.

    «Profondément touchée » par les messages de soutiens reçus après des appels à se mobiliser lors du conseil pour la soutenir, elle assure que la nouvelle équipe élue « à toute ma confiance et tout mon soutien pour construire l’avenir de notre territoire ».

  • Dans les 15-16, le Printemps marseillais cherche son maire

    Dans les 15-16, le Printemps marseillais cherche son maire

    Le dimanche pascal s’annonce chargé aux quatre coins de Marseille. Deux semaines après le 2d tour des municipales, une semaine après l’élection de Benoît Payan (DVG) à la mairie centrale, les 303 conseillers d’arrondissements des huit mairies de secteur vont à leur tour élire leur maire. Des votes pour la plupart sans surprise, la prime majoritaire de 50% pour la liste en tête, écrasant les oppositions.

    À gauche, parmi les maires sortant de la majorité du Printemps marseillais (PM), Sophie Camard (GRS), 19 sièges sur les 25 des 1er et 7e arrondissements, Anthony Krehmeier (PS), 21 sièges sur les 27 dans les 2-3, Didier Jau (EELV), 24 élus sur les 33 des 4-5, et Olivia Fortin (Mad Mars), 32 élus sur les 42 du conseil d’arrondissements des 6-8, seront reconduits. L’incertitude concerne les 15-16.

    Dans ce secteur, terre d’élection de Sébastien Delogu (LFI), Samia Ghali, tête de liste (DVG) du Printemps marseillais, a largement remporté au second tour (46,07%, 25 sièges) la triangulaire qui l’opposait au candidat d’extrême droite, Thibaut Charpentier (RN, 32,30%, 5 sièges) et à l’insoumise Rabyata Boinaheri (21,62%, 3 sièges).

    Sauf que, comme en 2020 dans un contexte certes différent, Samia Ghali a intégré samedi, l’exécutif municipal : 4e adjointe au maire de Marseille, elle dispose à nouveau du titre spécifique de maire-adjointe et un rutilant portefeuille de délégations devrait suivre. Une situation qui ne l’autorise pas à mener l’exécutif du secteur. Qui prendra sa place, rue de Lyon ? Beaucoup de bruits circulent même si pour l’heure, « Samia Ghali reste la maire », rappelle son entourage.

    Boulainseur, Mze,

    Coppola ou Jibrayel ?

    En 2020, Nadia Boulainseur (DVG) avait relevé le défi avec beaucoup d’à-propos. Six ans plus tard, les choses semblent pourtant moins évidentes. Contactée, celle qui apparaissait en 3e position sur la liste du PM sur le secteur, n’a pas répondu à notre sollicitation. Sur Facebook, un compte à tendance insoumise a même lancé un appel à venir soutenir la « boss lady » devant la mairie, dimanche.

    Derrière elle, les choix ne sont pas légion. Une situation qui rappelle celle des 6-8 en 2020, lorsqu’il s’était agi de trouver un remplaçant à Olivia Fortin qui avait consacré le début de son mandat à la réforme de l’administration municipale. Sur les huit premiers de la liste, trois ont accompagné Samia Ghali dans l’exécutif municipal : Hedi Ramdane, Josette Furace et Hanifa Taguelmint. Restent les communistes Jean-Marc Coppola et Ibrahim Mze, et le socialiste Sébastien Jibrayel.

    Adjoint à la culture de 2020 à 2026, le premier assure se destiner à d’autres ambitions en mairie centrale. Ibrahim Mze, fait, lui, ses premiers pas au conseil municipal. Et Sébastien Jibrayel, ex-adjoint aux sports, ne fait pas l’unanimité au Printemps marseillais depuis sa condamnation pour « violences en réunion » en 2025. Sa présence sur la liste avait d’ailleurs fait des remous. « C’est en interne », observe une membre de la liste, « mais ce n’est pas le plus important. La mairie de secteur est un outil à disposition de la mairie centrale, donc peu importe, ce qui compte c’est que la personne agisse en proximité et dans l’intérêt des habitants du secteur ».

    Dans le VIIe secteur voisin, à la mairie de Saint-Joseph, les choses sont plus claires. Après un mandat avec Stéphane Ravier et sa nièce (RN), puis six années de gestion de droite, la gauche revient aux commandes des 13-14 et aligne enfin le secteur sur la mairie centrale. Une situation qui n’était plus arrivée depuis 1986. Tina Biard-Sansonetti (DVG), dans ce secteur le plus peuplé de la ville disposera de 41 sièges sur les 53 du conseil d’arrondissements.

  • À Marseille, la bataille idéologique contre l’extrême droite est lancée

    À Marseille, la bataille idéologique contre l’extrême droite est lancée

    Si la vague brune n’a pas submergé la mairie centrale, Marseille s’est réveillée le 22 mars avec deux secteurs passés sous contrôle du Rassemblement national. Plus de 250 000 habitants des 9e, 10e, 11e et 12e arrondissements vivent désormais sous l’autorité d’un maire de secteur d’extrême droite. Leur installation en conseil d’arrondissement est prévue le 5 avril.

    Un basculement qui rappelle 2014 et l’arrivée de Stéphane Ravier (RN) à la tête de la mairie de Saint-Joseph dans les 13e et 14e arrondissements. Le « dictateur nord phocéen » avait profité de la désunion de la gauche et s’était servi de cette élection comme marchepied vers le Sénat. Bilan : six années de mandat marquées par les crises et la conflictualité.

    « Le plus choquant, là où on a senti leur idéologie d’extrême droite, c’est dans l’attaque contre la programmation de l’espace culturel Busserine. Ils ont interdit aux professionnels de faire leur travail. C’est un domaine dans lequel l’ancienne municipalité ne s’était jamais immiscée », observe Stéphane Mari, alors conseiller d’arrondissement d’opposition dans les 13-14, et premier adjoint au maire (PS) Garo Hovsepian sous les mandats précédents.

    « Servir l’intérêt général »

    Douze ans plus tard, les chefs de file du Printemps marseillais battus le 22 mars misent sur une opposition présente, structurée, vigilante et offensive pour contrecarrer les plans de l’extrême droite. Dans les 11-12, où il a recueilli 36,9% des voix, Yannick Ohanessian (PS) promet une large mobilisation collective face à la majorité d’Olivier Rioult : « On est huit élus en mairie mais la résistance va au-delà. Des centaines de militants et sympathisants veulent s’inscrire dans la démarche et être présents sur le secteur, dans les noyaux villageois comme les quartiers populaires, afin de travailler avec ceux qui souhaitent que le changement initié par le Printemps marseillais se poursuive. Je serai la vigie des 17 500 femmes et hommes qui nous ont fait confiance.»

    Dans le secteur voisin, Pierre Huguet entend, lui aussi, mener la bataille « sur le terrain, en direction des habitants ». Avec 40,95% des voix, sa liste d’union de la gauche, des écologistes et des citoyens réalise l’un des meilleurs scores de gauche depuis des décennies. Même si cela n’a pas suffi pour barrer la route de la Maison Blanche à Éléonore Bez (RN), il insiste sur la nécessité d’une opposition « déterminée » pour protéger les habitants « des politiques d’extrême droite qui pourraient y être développées ». Dans son viseur, « les politiques discriminatoires qui consistent à trier les habitants ». Le « pass anti-racailles » pour les plages marseillaises par Franck Allisio (RN) résonne encore dans les têtes.

    Les équipements publics constituent l’un des lieux possibles de dérives : « S’ils voulaient le faire pour les plages, ils peuvent le faire pour des équipements de la mairie de secteur, on peut au moins le supposer. Donc on va être extrêmement vigilants. Les gymnases rattachés aux écoles, les maisons de quartier doivent servir l’intérêt général et être utiles aux habitants », prévient ce dernier.

    Les 13-14 ont, là aussi, servi de cas d’école, se rappelle Stéphane Mari, qui évoque une « casse du service public » organisée. « Une mairie de secteur gère peu d’équipements mais confronté à du vandalisme, l’ancien maire de secteur n’a jamais cédé : la théorie du carreau cassé ! On le remplace et on rouvre dès le lendemain », raconte-t-il. « Le RN a profité d’actes de vandalisme, certes réels mais comme il y en a dans toutes les villes, pour les fermer. Ici une piscine, là le centre d’animation des Oliviers… Ce n’était pas innocent : ils n’ont pas fermé dans les noyaux villageois mais dans les quartiers populaires. »

    « Ministère de la parole »

    Une stratégie que redoute évidemment Pierre Huguet, qui rappelle l’état de délabrement des équipements publics laissé par l’équipe RN en 2020 lorsque le Printemps marseillais a récupéré la mairie centrale : « On a trouvé des équipements de mairie de secteur dans un état catastrophique. Ils n’étaient plus entretenus et, à la fin, ils voulaient juste les fermer. »

    Pour lui comme pour Yannick Ohanessian, l’enjeu dépasse l’arène institutionnelle : il s’agit de maintenir une présence sur le terrain, auprès des associations, dans les écoles, les comités de quartier. « C’est important d’être le porte-parole des revendications des populations du secteur, pas seulement des quartiers populaires. Il faut suivre tous les dossiers, parce qu’il peut y avoir des choses à défendre partout », observe Samy Johsua.

    Une bataille de terrain autant que d’idées. Un combat qui, pour ce conseiller d’arrondissement Front de gauche des 13-14 de 2014 à 2020, n’a qu’une règle : ne pas céder un bout de terrain. « L’idée était de ne rien laisser passer sur les questions idéologiques, les services publics, le racisme ou les sujets de sécurité. Il faut batailler et le faire savoir, ça a son effet », explique-t-il. « Il faut mener la bataille idéologique partout, surtout si ceux qui arrivent se présentent davantage comme des gestionnaires. Il ne faut rien laisser passer parce que ça imprime. »

    « Leurs valeurs sont l’antithèse de celles que l’on défend », reprend Yannick Ohanessian. « Olivier Rioult assume d’être au Rassemblement national, il assume son histoire, son héritage, et en cela il est aux antipodes de ce que l’on porte. » « Je n’admets pas que l’on dise que l’extrême droite est policée. L’extrême droite reste l’extrême droite », insiste Pierre Huguet.

    « En 2014, le RN distribuait des tracts pour mettre en scène ses votes. Avec une mairie centrale de gauche, les tensions risquent d’être plus fortes, il faudra expliquer clairement les positions défendues », reprend Samy Joshua. « Ils ont fait campagne sur la sécurité, un domaine où ils n’ont pas de prise en mairie de secteur. Mais ils vont avoir, comme l’ont toujours les maires de secteur, le ministère de la parole : des communiqués, des grandes déclarations pour expliquer que la mairie centrale n’a pas donné suite, que l’État n’a pas envoyé assez de policiers nationaux pour répondre aux enjeux du secteur. Mais cela a ses limites », conclut Stéphane Mari.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    Dans les locaux de la rue Augustin-Aubert (9e), Karim Lali, directeur général et cofondateur de l’Association de promotion de l’ingénierie socio-éducative – qui gère notamment cinq centres de loisirs dans le 9e arrondissement – ne se dit pas inquiet. « Je suis dans l’associatif depuis 35 ans. Je suis incollable, je connais par cœur les compétences de chaque collectivité. Je serai intransigeant », assure-t-il, confiant.

    Présent sur la liste du Printemps marseillais (PM) pour la mairie des 9-10, il siégera parmi les neuf conseillers d’opposition face à la nouvelle majorité de secteur dirigée par Éléonore Bez (RN), élue dimanche avec un peu plus de 50% des suffrages exprimés. « Si la Ville était tombée aux mains de l’extrême droite, je mettais la clé sous la porte en 3 ans. Mais, au niveau du secteur, leurs compétences sont réduites, souligne-t-il. Je suis curieux de voir ce qu’ils vont faire, car ils ont basé toute la campagne sur la sécurité, qui n’est pas du tout de leur ressort. »

    Des points qui inquiètent

    Gestion des équipements sportifs de proximité, des centres aérés municipaux ou encore des maisons de quartier : même limitées, les compétences d’une mairie de secteur peuvent peser sur la vie quotidienne d’un quartier. « Il y a bien sûr quelques points d’inquiétudes, note Sophie Guérard (PM), elle aussi élue d’opposition. Vont-ils trier les enfants à l’entrée des centres aérés, comme avec leur projet de trier des gens sur la plage [Franck Allisio (RN) proposait dans son programme de filtrer l’accès aux plages et aux parcs, Ndlr] ? L’utilisation des gymnases sera-t-elle réservée à certaines associations, en fonction de leur activité ? Nous serons extrêmement attentifs. »

    Au cœur de la Cayolle (9e), quartier prioritaire au pied des calanques, Ouahiba Sadou Hambli, présidente de l’association Parents, espère que l’arrivée du RN n’affectera pas le bon vivre ensemble. « Depuis 17 ans que notre structure existe, nous essayons de favoriser le lien social dans notre quartier, en valorisant la culture, en accompagnant les habitants et en facilitant les relations entre les familles et les institutions, détaille la maman de 57 ans. On lutte quotidiennement contre la haine, la division, pour montrer qu’ensemble, on peut faire de très belles choses. J’espère que le RN n’abîmera pas ce travail, en montant les gens les uns contre les autres. »

    Olivier Rioult retourne à l’Assemblée

    Après avoir remporté, dimanche, l’élection dans les 11e et 12e arrondissements, le délégué du RN à Marseille, Olivier Rioult, va aussi pouvoir faire son retour à l’Assemblée nationale. Après avoir échoué aux législatives en 2024, il avait en effet été embauché comme collaborateur par la députée Monique Griseti. S’il s’était retiré le temps de la campagne, il est depuis mardi enregistré de nouveau sur le site de l’Assemblée. Va-t-il cumuler avec la mairie de secteur ? Sollicité, il n’a pas donné suite.

    Y.S.

  • Petit chelem en vue dans les secteurs pour le Printemps marseillais

    Petit chelem en vue dans les secteurs pour le Printemps marseillais

    Interrogé au moment de sa candidature sur les secteurs que visait le Printemps marseillais, le maire (DVG) sortant Benoît Payan assurait : « Tous. » Mais l’effondrement de la droite et la percée du RN rebattent les cartes. « Dans les 9-10 et les 11-12, le RN est en capacité d’emporter quatre arrondissements », reconnaît-il désormais, en soulignant aussi l’enjeu « fort » des 13e et 14e. De quoi confirmer ce qu’annonçait à l’automne dernier le candidat de l’extrême droite Franck Allisio, déclarant que sa priorité était « les Marseillais du 9e au 13e arrondissement».

    1er secteur

    1er et 7e arrondissements

    Avec le maintien de Sébastien Barles pour le second tour, les équilibres politiques issus des urnes au soir du dimanche 15 mars ont de bonne chance d’être maintenus. Dans cette quadrangulaire, la maire sortante Sophie Camard (GRS) possède une très large avance avec 43,2% des voix, le double de Clémence Parodi candidate pour le RN (21,6%) qui la suit. Derrière, l’écologiste dissident Sébastien Barles sous les couleurs de LFI (18,6%) et le porte-parole (Ren.) de Martine Vassal, Romain Simmaran (13,9%) complètent l’affiche.

    2e secteur

    2e et 3e arrondissements

    Après avoir emporté ce secteur en 2014 en s’alliant à Lisette Narducci, la candidate de la droite Solange Biaggi (LR) n’a pas réussi à passer la barre des 10% pour se maintenir. C’est donc une triangulaire qui oppose le maire sortant Anthony Krehmeier (39,5%) au candidat LFI Alladine Abdallah Salim (27,6%) et à la responsable du RNJ Marie Bermejo (18,38%). Sans grosses réserves de voix, seul un changement dans la participation (59,8% d’abstention au premier tour) pourrait bousculer l’ordre d’arrivée.

    3e secteur

    4e et 5e arrondissements

    Après avoir arraché le secteur à la droite en 2020, le Printemps marseillais confirme son implantation dans le secteur : avec 38,9% des voix, le maire sortant Didier Jau (EELV) obtient presque deux fois de plus de suffrages que l’ancien responsable Reconquête dans la Drôme, Thomas Battesti (20,2%) pour cette quadrangulaire. L’ancien maire Bruno Gilles (Hor.) n’arrive que 3e (16,9%), à moins de 100 voix devant la candidate LFI Léa Bijaoui (16,6%) qui peut espérer le report des voix de Révolution permanente (7,3%). La scission du NPA, qui dit comprendre ceux qui feront le choix d’un vote RN, a apporté un soutien « critique et sans illusion » aux insoumis.

    4e secteur

    6e et 8e arrondissements

    Dans ce secteur où la participation est la plus élevée de toute la ville la maire sortante (MadMars) Olivia Fortin confirme son ancrage avec 36,6% des suffrages, faisant même progresser l’ensemble des voix de gauche. Elle peut compter sur les reports de voix de LFI qui reste juste en dessous la barre des 10%, de quoi lui offrir un boulevard de cette triangulaire qui l’oppose au co-responsable de l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan (32,2%), parmi les premiers ralliés au RN, et à la présidente LR du groupe d’opposition Catherine Pila qui résiste mais reste derrière avec 17,6% des voix.

    5e secteur

    9e et 10e arrondissements

    La droite vacille sérieusement dans son secteur d’élection, déjà passé à l’extrême droite lors des dernières législatives. La présidente de LR 13 Laure-Agnès Caradec n’y obtient que 16,5% des voix, mais se maintient. Si Eléonore Bez est loin en tête (44,9%), le candidat du Printemps marseillais Pierre Huguet (28,77%) peut compter sur un report des voix de LFI (8,1%) et surtout sur le soutien de l’ancien maire (Ren.) Lionel Royer-Perreaut, bien implanté sur le secteur, pour jouer la surprise.

    6e secteur

    11e et 12e arrondissements

    Dans son fief, le maire sortant (LR) Sylvain Souvestre réalise le meilleur score de la droite (23,47%), insuffisant cependant pour devancer le candidat Yannick Ohanessian (PS) (26,67%), encore moins pour menacer le délégué du RN pour Marseille Olivier Rioult loin devant (43,81%). À gauche, les 6% de LFI n’apportent que peu de réserves de voix.

    7e secteur

    13e et 14e arrondissements

    C’est dans ce secteur que se joue la plus grande bataille. D’abord par le symbole : il est le seul à avoir été dirigé par le FN, et la gauche s’était désistée en 2020 pour permettre à la droite de battre l’extrême droite. Ensuite par les enjeux : le plus grand secteur de la ville par la population illustre aussi les difficultés de Marseille en matière de logements et de transports. L’ex-maire FN Sandrine d’Angio est loin devant (39,8%) mais la candidate du Printemps marseillais Tina Biard-Sansonetti (26,4%) peut compter sur les reports de voix de l’insoumis Mohammed Bensaada (13,1%) qui s’est retiré, ainsi que de Nora Preziosi (5,6%). La maire sortante (DVD) Marion Bareille (12,1%) s’est maintenue. Reste l’inconnue de la participation.

    8e secteur

    15e et 16e arrondissements

    Dans le secteur où le candidat LFI Sébastien Delogu avait été élu dès le premier tour aux législatives grâce à l’union de la gauche, sa candidate Rabyata Boinaheri n’arrive qu’en 3e position avec 23,8% des voix. Dans son fief, Samia Ghali est bien en tête (37%), suivie par le RN (29,2%), quand la droite fait son plus bas score (5,2%). Reste à savoir comment pèsera la participation, la plus faible au premier tour de la toute la ville (38,6%).

  • Tina Biard-Sansonetti veut raviver l’espoir dans les 13-14

    Tina Biard-Sansonetti veut raviver l’espoir dans les 13-14

    Cité la Marie, au fin fond du 13e arrondissement à l’Est de Marseille. Sur les hauteurs de la colline en surplomb, le paisible village d’Allauch lui fait face. Le cadre est verdoyant. C’est ici au terminus de la ligne 2, un seul et unique bus tous les quarts d’heure dans le meilleur des cas, qu’une quinzaine de militants du Printemps marseillais se sont donnés rendez-vous, mercredi en milieu d’après-midi, pour un porte-à-porte.

    Tina Biard-Sansonetti, leur candidate sur le secteur, a quelques minutes de retard. À quatre jours du second tour des municipales son emploi du temps est serré. Elle vient de la Paternelle, à l’autre bout du secteur dans le 14e arrondissement, et devra filer ensuite à la Simiane à quelques centaines de mètres de la mairie Saint-Joseph qu’elle convoite.

    Arrivée dimanche en deuxième position (26,4%), derrière la candidate de l’extrême droite, Sandrine D’Angio (39,7%), maire RN des 13-14 de 2016 à 2020, la cheffe de file du Printemps marseillais a fait un pas important pour rendre ce secteur, le plus peuplé de la ville, à la gauche. Marion Bareille, la maire (DVD) sortante est distancée (12,1%) et le candidat insoumis, Mohamed Bensaada (13,1%), s’est retiré. Chaque voix désormais va compter.

    Et le choix de la Marie n’est pas anodin. Sur ce bureau de vote installé dans l’école la Croix Rouge posée en contrebas, l’abstention a atteint 57,4%. Sur les 1 594 inscrits, seulement 679 se sont rendus aux urnes. Pour beaucoup, les habitants des 480 logements de cette cité 13 Habitat formée d’une quinzaine d’immeubles de huit étages chacun, se sont abstenus.

    Ici, la question d’un logement digne est prégnante. Les tracts ont d’ailleurs été ciblés. Karim répète les consignes avant de partir à l’assaut des escaliers : « On rappelle les arrêtés qui ont été pris par la mairie et les contrôles pour contraindre le bailleur du Département à prendre ses responsabilités. Il va y en avoir de nouveaux et le RN, lui, ne fera rien… »

    Pragmatique et accessible

    On retrouve dans l’équipe Rébecca Bernardi, la conseillère municipale (PM) et candidate dans les 11-12, venue prêter main-forte, et Audrey Gatian (PS), présidente de Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville. « On a besoin que les logements sociaux soient exemplaires. Là, on est avec 13 Habitat sur le cas d’un bailleur qui n’investit plus dans son parc, on le voit sur toute la ville », déplore cette dernière, présente sur la liste de Tina.

    À leurs côtés aussi, Julien Rossi, Antoine Cortes ou encore Farida, une figure de la cité. Maria, militante du 1er arrondissement, est aussi venue en renfort. Elle tente de convaincre chaque porte qui s’ouvre. « J’apprécie Tina », explique-t-elle, « elle vit dans ce secteur, c’est une femme de terrain exceptionnelle, pragmatique, accessible ». « Et elle donne suite aux choses », poursuit Farida. Elle habite à la Marie depuis plus de vingt ans. Elle connaît tout le monde et se bat contre les moisissures, fuites d’eau, fissures… Elle assure avoir trouvé en « Tina » une oreille attentive aux problèmes de sa résidence.

    Une femme combative et pugnace aussi. Au pied du bâtiment 4, une mère avec sa fille a fait une boule du tract que lui ont donné les militants. Amère, elle n’a pas voté dimanche. Un sentiment d’abandon, pour cette maman qui cherche un logement et un cadre adapté au handicap de sa fille. Tina Biard-Sansonetti a pris la discussion en cours. L’échange est direct. Fort. Il dure de longues minutes.

    « Mme Tina, Je mise sur vous ? J’essaie d’y croire ? »

    « Mme Tina, je mise sur vous ? J’essaie d’y croire ? », demande-t-elle en saisissant un nouveau tract après leur discussion. « Je ne fais pas de promesses en l’air sur la misère des gens », lui répond la candidate du Printemps marseillais. « Moi, je ne prends pas votre numéro mais je vous dis que quand je serai élue, il y aura un défenseur des droits des locataires en mairie de secteur et on va se battre avec vous. » Sans doute une voix de gagnée.

    « Il y a beaucoup de résignation, y compris ici à la Marie, la résidence d’un bailleur social public où les locataires se battent pour vivre dans des conditions dignes sans aucun retour. C’est complexe de montrer la puissance et l’utilité de l’intervention publique, quand ce travail n’a pas été fait correctement. Mais on est ici pour ça », observe Tina Biard-Sansonetti dont l’engagement a déjà convaincu de nombreux militants associatifs du secteur. « On veut montrer aux habitants que la parole et l’action publique ont du sens et peuvent avoir des répercussions. C’est un travail de fourmis, il faut convaincre les personnes une à une, leur dire qu’il n’y a pas de fatalité. »

    Le travail fait sur les écoles durant le mandat est en ce sens porteur. Mais ce genre de porte-à-porte qui a tout du corps à corps, reste nécessaire. Il n’est pas toujours simple d’ailleurs. Dans un couloir où l’eau fuit d’étage en étage, une porte ouverte se referme sur son nez. En face, une voisine ouvre. Elle, ne vote pas mais ses enfants oui… « On est venu leur dire : vous n’êtes pas seuls. On veut vous défendre, porter vos revendications, améliorer votre quotidien, et pour cela on a besoin de votre aide : votre vote dimanche ».