Tag: luttes

  • Cinéaste engagé

    Cinéaste engagé

    Censuré, perdu, retrouvé, restauré… L’histoire du Rendez-vous des quais est une épopée. Sorti des limbes, où la censure avait voulu le plomber, par la volonté d’une poignée de convaincus, dont Claude Martino, pilier des pages cinéma de La Marseillaise des années durant. Le chef-d’œuvre de Paul Carpita va vivre une nouvelle étape dans une version désormais numérisée.

    Un film où les héros sont un docker et une ouvrière, où on parle chômage, crise, répression, lutte syndicale et solidarité. Mais aussi de refus de la guerre, de la « sale guerre », la guerre d’Indochine. Une œuvre tournée avec des moyens dérisoires, des acteurs non professionnels, qui mêle images de fiction et archives. Ce qu’on ne voit pas à l’écran, c’est la censure dont cette œuvre a été la victime, accusée de porter atteinte à l’ordre public pour avoir osé s’opposer à la guerre et montrer des ouvriers qui refusaient d’obéir.

    Toujours d’actualité

    Ce qui crève l’écran est qu’un instituteur, issu de la classe ouvrière, militant communiste, a pris une caméra, avec une virtuosité désormais reconnue. Qu’il veut montrer « les petites gens » pour reprendre sa formule, leur vie quotidienne et leurs luttes, documenter les mouvements sociaux, le refus de la guerre. Ce qu’on ne montrait jamais, qu’on ne voulait pas voir.

    Forcément, on ne peut que penser à la récente action de la CGT des Dockers, qui ont refusé de charger sur un navire à destination d’Israël un conteneur rempli de composants militaires, refusant d’« être complices de massacres » qui se déroulaient à Gaza. Le Rendez-vous des quais à plus de 70 ans. Mais son sujet est d’une actualité brûlante.

  • [Rétrospective social 2025 2/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    [Rétrospective social 2025 2/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    Après des années de luttes pour le moins rudes, l’horizon s’est éclairci pour les travailleurs de la centrale de Gardanne et la CGT en 2025. Le 1er janvier pile, un nouveau contrat de revente de l’électricité du propriétaire du site, GazelEnergie, à l’État via EDF, entrait en vigueur. Un premier signe en faveur d’une reprise de l’activité, après un an d’arrêt de production pour la tranche 4 de biomasse et un long bras de fer entre l’industriel et l’État. Quelques mois, et quelques mobilisations plus tard, en septembre, un « accord historique » était signé entre la CGT, l’État et GazelEnergie. Après plusieurs « relevés d’engagements » entre les trois parties prenantes, cette fois les travailleurs ont un accord qui acte concrètement des avancées pour le développement industriel du site.

    Des réembauches plus que symboliques
    Un grand débat inédit sur l’avenir industriel de Fos-Berre

    Du 2 avril au 13 juillet 2025 la Commission nationale du débat public a organisé une grande concertation sur des projets de réindustrialisation et de décarbonation du territoire de Fos-sur-Mer et de l’étang de Berre. Ce format transversal inédit, une première en France, a permis de regrouper et d’analyser les fiches de 51 porteurs de projets, mais aussi de produire de l’information, à l’instar de l’analyse des effets cumulés sur l’environnement ou de la tierce-expertise sur le projet de ligne très haute tension de 400 000 volts devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos. C’est cette infrastructure qui cristallise le plus les débats, le besoin de renforcement du réseau électrique se confrontant aux enjeux écologiques et patrimoniaux. Au total, plus de 50 événements ont été organisés sur le territoire, accompagnés de modalités en ligne. Ils ont été suivis par près de 5 200 participants.
    A.M.

    La vie syndicale

    Le 7 février. Caroline Chevé à la tête de la FSU
    L’ancienne secrétaire générale de la FSU 13 a pris la tête de la fédération à la suite du congrès du 11e congrès national.

    Le 13 juin. Laurence de Villèle a pris les rênes de l’UD CGT 84
    Fred Laurent, secrétaire général de l’UD CGT Vaucluse a été remplacé par Laurence de Villèle lors du 52e congrès de l’organisation.

    Le 16 octobre. Marc Pietrosino nouveau visage de l’UD CGT 13
    Vaste changements au sein de la direction de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. Le secrétaire général sortant, qui ne se représentait pas pour un nouveau mandat, Olivier Mateu, a été remplacé par Marc Pietrosino, syndicaliste de la Fnac et de l’Union locale de la vallée de l’Huveaune à Marseille. De même que la direction de l’organisation a largement été renouvelée, la sortante n’étant pas reconduite à l’issue du congrès.

    Et aussi….

    3 février. Forte mobilisation des salariés de la Snef
    Répondant à l’appel national lancé par l’intersyndicale formée par CFE-CGC, FO, CFDT, CFTC et CGT, les salariés du groupe né à Marseille et spécialisé dans le génie électrique se mobilisent au pied de la tour La Marseillaise. Allumée par un 13e mois amputé et une prime d’intéressement supprimée, leur colère s’étend à tous les sites.

    13 octobre. Les licenciés d’ID Logistic saisissent les prud’hommes
    Un an après une grève pour dénoncer un « plan social déguisé », vingt ex-salariés de la plateforme de distribution saisissent les prud’hommes. Dans le 15e arrondissement de Marseille, ce sous-traitant d’Amazon avait mis la clé sous la porte et congédié ses 47 préparateurs de colis.

    19 novembre. Les missions locales étranglées
    Les salariés de l’insertion des jeunes vers l’emploi s’élèvent devant la préfecture contre une nouvelle baisse de 13% des financements des missions locales. Prévue dans le projet de loi de finances 2026, elle s’ajoute à une diminution de la dotation étatique de 5,6% pour les contrats d’engagement jeunes (CEJ).

  • [Rétrospective social 2025 1/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    [Rétrospective social 2025 1/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    Une année marquée par un front syndical mobilisé contre les différents budgets austéritaires. Débutée avec François Bayrou comme Premier ministre, l’année commence avec des grèves chez les syndicats des services publics (CGT et FSU notamment) dès février contre ses projets de réformes. Rebelote le 20 mars avec une large intersyndicale appelant à la défense de la Sécurité sociale, à l’initiative des organisations de retraités. Des actions pas que symboliques puisque 2025 marque le 80e anniversaire de la Sécu. Et le 3 avril, les syndicats de l’État, se remettent en grève à l’appel de la CGT, l’Unsa, la FSU et Solidaires, toujours pour la défense des services publics sur fond de potentielle casse à venir, alors que François Bayrou prépare des milliers de suppressions d’emplois chez les fonctionnaires. Le début de l’année est donc placé sous le signe de la défense de conquis sociaux principalement. La CGT lance également une alerte sur la destruction de l’industrie française, énumérant les milliers de pertes d’emplois dans le secteur. Le Premier ministre palois joue la montre avec un « conclave » sur la réforme des retraites : un cycle de réunion, qui réunit une partie des syndicats et organisations patronales pendant des mois. Les représentants des travailleurs dénoncent des discussions qui n’aboutissent à rien et quittent peu à peu la table des négociations. Et justement, le 5 juin, le combat contre la réforme des retraites est ravivé avec des mobilisations à l’appel de la CGT. C’est aussi le jour de la niche parlementaire du Parti communiste français où l’abrogation de la réforme de 2023, qui place l’âge de départ à 64 ans, est au programme.

    Un septembre chaud
    Piquet pour le plein d’énergie
    Dans le cadre du mouvement social du 10 septembre, et prévu pour 3 jours, le piquet de grève des énergéticiens de Marseille sur le site du boulevard Gueidon dans le 13e arrondissement aura tenu jusqu’au 18 septembre, où les grévistes gagnent une entrée en négociation sur la base de leurs revendications. Jours et nuits, ils se relaient sur le site et organisent des soirées concert ou projections de films, des repas à partager, et invitent les habitants à un débat pour décrypter leurs factures. « On tient ce piquet de grève depuis le 2 septembre pour revendiquer des hausses de salaires et la baisse des factures d’électricité pour les usagers », explique Renaud Henry, secrétaire général du syndicat CGT Énergie de Marseille. Rechargé à bloc, on le retrouve le 2 octobre perché sur le camion des énergéticiens d’où il lance un discours enflammé sur l’état des services publics en France.
    M.G.
    Le 12 décembre – Pour les salariés de Pamar, la lutte jusqu’à la victoire

    La cour d’appel a confirmé, ce vendredi 11 décembre, la décision du conseil des prud’hommes de réintégrer les employés de la blanchisserie du groupe Sainte Marguerite. Défendus par Me Doudet, les petits salariés obtiennent une victoire juridique qui vient couronner deux ans de lutte, soutenus par la CGT quartiers Nord de Marseille, contre un employeur qui les avait menacé de mort parce qu’ils avaient alerté sur des conditions de travail et d’hygiène indignes. Un marathon juridique et un conflit social exemplaire.

    M.G.

    Le 22 janvier – ArcelorMittal menacé de fermeture

    Alain Le Grix de la Salle, président d’ArcelorMittal France, annonce devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, que « tous les sites européens d’acier sont à risque » de fermeture en 2025.

    Le 22 janvier – Négociations tendues pour les salaires chez Technic Atom

    Devant le site des Milles, plus de 200 salariés ont rejoint le piquet de grève de l’intersyndicale CGT, CFDT et la CFE-CGC. La société spécialisée en réalisation et maintien de réacteurs nucléaires proposait moins de 3% d’augmentation lors des NAO alors que les syndicats en demandaient 4. Ils estimaient : « On génère 90 millions de bénéfices. L’argent est là. On voudrait qu’il profite aux salariés. »

  • [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    « Rien ne justifie cette décision. L’année dernière, on a fini à plus 7% de bénéfices. Ici, nous sommes la quatrième usine sur les neuf de France  », indiquait Yohan Goupille, délégué CGT de la verrerie. Malgré de fortes mobilisations – 1 000 personnes le 1er-Mai, 3 000 en juillet – et le soutien de personnalités (Sophie Binet, François Ruffin, Vincent Bouget), la direction n’a rien voulu entendre et les négociations ont échoué. Le site a alors été bloqué par les grévistes en octobre avant qu’OI n’annonce la fermeture définitive du four, signant la fin d’un autre fleuron industriel gardois. Sans candidat sérieux, les chances d’un repreneur s’amenuisent de jour en jour. Un temps cité, Nestlé pourrait faire l’affaire. Mais empêtré dans ses scandales sanitaires avec Perrier, l’option semble incertaine.

  • Femmes solidaires, 80 ans de combats

    Femmes solidaires, 80 ans de combats

    Une vieille dame, toujours bien alerte. Femmes solidaires, digne héritière de l’Union des femmes françaises (UFF), a fêté cette année ses 80 ans, l’occasion de revenir sur une histoire de luttes et de conquis pour les droits des femmes ce samedi 6 décembre à l’Afriki Djigui Theatri (1er). Notamment avec une exposition proposée par le comité nîmois et un film revenant sur des dates importantes. Comme le premier congrès fondateur de l’UFF, le 17 juin 1945 à Paris, au Palais de la Mutualité, avec 2 377 déléguées venues de toute la France, tout juste sorties de la Résistance ou rentrant de déportation. Elles défendront leur droit au travail « à salaire égal » avec les hommes, rappelle Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, se battront pour obtenir des crèches et des garderies pour que les enfants ne soient pas dans la rue.

    Mobilisées pour la paix

    Elles se mobiliseront aussi pour la paix, contre la guerre en Indochine et contre la colonisation défendant le droit des Algériens à l’indépendance. Jusqu’à en perdre la vie pour deux d’entre elles, le 8 février 1962, lorsque des partis et des syndicats appellent à manifester contre l’OAS et que les manifestants sont durement réprimés à l’entrée du métro Charonne.

    Puis « nous sommes passés des combats féminins aux combats féministes », explique Annick Karsenty pour qui rien n’est gagné. Prochaine date cruciale, le 6 février, journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Depuis plus de 10 ans, Femmes solidaires travaillent avec les femmes Afars en Éthiopie pour éradiquer l’excision, et les mariages forcés au sein du projet Kimbidalé.

    Pour en savoir plus : « 80 ans
    de la vie des femmes, de l’UFF
    à Femmes solidaires
     », ouvrage collectif, 45 euros.

  • Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Après trente-deux ans de lutte, les salariés ne sont pas près d’abandonner le dépôt SNCF de Béziers. Face à la position jusqu’au-boutiste de la direction, qui semble décidée à tout pour fermer le centre, les syndicats avancent leurs pions. « On nous a confirmé en septembre dernier que les départs à la retraite ne seraient pas remplacés et que le site fermerait d’ici trois ans », soupire Nicolas Midague, secrétaire de la CGT des cheminots de Béziers. Un crève-cœur pour la quarantaine de salariés restants.

    Pourtant, le projet de création d’un Centre de maintenance du matériel (CMR) pourrait assurer l’avenir de ce site historique. « On a besoin de ce centre. Les deux existants sur la région [à Nîmes et à Toulouse, Ndlr] sont saturés. Tout le monde l’attend », soutient Jérôme Vallet, des cheminots de Béziers. D’autant qu’avec la volonté affichée par la Région Occitanie de développer le train, les besoins sont flagrants. « La convention signée entre la Région et la SNCF a pour objectif d’augmenter l’offre de 25%. Ce qui veut dire qu’on va avoir besoin d’augmenter la composition des trains, de rouvrir des petites lignes, donc il faut du matériel et du personnel », fait valoir Bruno Brechon, secrétaire fédéral de la CGT des cheminots de Montpellier. À cela s’ajoute l’arrivée de la Ligne à grande vitesse (LGV) entre Montpellier et Béziers dans un premier temps, impliquant le développement des TER à partir d’autres villes pour rejoindre cette LGV.

    Narbonne reste à quai ?

    Sauf que la direction ne l’entend pas de cette oreille. « Ils réfléchissent à implanter ce nouveau CMR à Narbonne, pour être au carrefour du Languedoc-Roussillon. Deux fonciers seraient visés : un premier au nord de la gare, mais il est proche d’un quartier résidentiel et impacterait la vue d’un hôtel quatre étoiles. Sur l’autre terrain, ce serait faisable mais il manque un axe routier, ce qui est techniquement difficile à réaliser et coûterait au minimum 15 millions d’euros », reprend Bruno Brechon. Si bien que l’édile narbonnais semble hésiter quant à donner son feu vert à ce projet.

    Or à en croire les syndicats, tout est prêt dans la cité de Riquet pour recevoir ce CMR. En effet, sur site, trois activités sont toujours développées. « Nous avons un centre d’excellence de contacteurs et cheminées, c’est notre spécificité, nous réparons tous les contacteurs de France. Ensuite, il y a un technicentre pour restaurer les locomotives thermiques. Et enfin, un centre de détagage », énumère Guillaume Berthezène, secrétaire technique de la filière matériel de la CGT cheminots de Béziers. Une preuve que subsiste encore de l’activité industrielle, n’en déplaise à la direction. Et outre le savoir-faire, le foncier -contrairement à Narbonne- est disponible. « Notre gare de triage comporte déjà 27 voies, ce qui est beaucoup. On pourrait s’en servir pour relancer le fret, tout est possible. Et l’axe routier est garanti », note Jérôme Vallet. Une aubaine pour l’emploi également, les syndicats tablant sur « la création de 40 à 80 emplois, ce qui n’est pas déconnant pour une ville sinistrée comme Béziers ».

    Face à la « position dogmatique » de la direction, la CGT espère débloquer une étude de faisabilité sur le site de Béziers, rejetée jusqu’alors. Pourtant, cette alternative pourrait mettre un coup d’arrêt à la casse sociale opérée ces dernières années.

  • Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Enfin, la lumière au bout du tunnel pour les salariés de la Centrale de Gardanne. En sous-préfecture d’Aix-en-Provence, ce mercredi, représentants des salariés, de l’État, de l’association des travailleurs du site et de la CGT se sont réunis pour des signatures de contrats de travail inédites. Inédites, car le projet industriel qu’ils portent depuis plusieurs années, fruit d’âpres luttes syndicales et d’innombrables conflits sociaux, devient enfin concret.

    Après la fermeture de la centrale à charbon en 2018, depuis reconvertie en centrale biomasse, l’idée de la création d’une unité de production d’énergie sur le site, qui permettrait la réembauche des salariés licenciés du fait de la fin du charbon, avait germé. Cette idée est désormais une réalité avec la signature des trois premiers contrats de la société d’exploitation Provex, issue du travail de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ATCG) porteuse du projet « BioMéthane Provence ».

    « On a toujours eu les idées claires pour l’avenir, on avait l’exemple des Fralib… Comme quoi la lutte paie ! », se réjouit Michaël Bounoua, pour la CGT du site. « C’est une journée un peu exceptionnelle qui scelle dans le marbre un combat de 7 ans », renchérit Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM) et représentant l’UD CGT 13 ce jour. Même le sous-préfet d’Aix, Mathieu Gatineau, s’affiche grand sourire : « c’est la clôture heureuse d’un épisode social douloureux. » Avant de développer : « C’est la fin d’un épisode historique et le début d’une nouvelle ère que nous espérons tous. Les travailleurs de la centrale ont été dans l’innovation. »

    Une nouvelle ère qui devient concrète pour Nicolas, Khalil et Bouziane, qui signent un contrat au statut des travailleurs des Industries électriques et gazières (IEG). Tous ont été licenciés du site, deux sont issus d’un sous-traitant de GazelEnergie, propriétaire de la Centrale, mais ont quand même « subi de plein fouet le plan de licenciement puisqu’ils étaient avec la CGT dans le mouvement social ». Le troisième a directement été visé par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mené à la centrale, en 2021, et fait partie des « 27 licenciés » pour lesquels les travailleurs de la Centrale se sont tant battus.

    À l’origine, 90 travailleurs de la Centrale étaient concernés par ce PSE, dont une « quarantaine de licenciés contraints ». Mais, entre les départs à la retraite et ceux qui ont préféré partir pour d’autres horizons, on arrive aux fameux 27. Lesquels ont été soumis à un congé spécifique d’accompagnement (CAS), dispositif mis en place suite à la fin du charbon, qui devait bientôt prendre fin pour la plupart, impliquant donc du chômage pour ces derniers. Mais il faut retenir que tous vont être réembauchés, à terme, grâce à BioMéthane Provence. « Une solution a été trouvée pour chacun », insiste Mathieu Gatineau. « C’est ce qui nous a animés : que chaque salarié retrouve un emploi », abonde Loïc Delpech, président de l’ATCG (lire entretien ci-contre).

    « Décarboner en créant

    de l’emploi »

    Après ces trois recrutements, une deuxième vague de huit autres salariés est prévue, le mois prochain, puis le reste des licenciés d’ici janvier 2027. À terme, le projet prévoit une cinquantaine d’emplois directs. « Même si ça a été un sentier long et tortueux, on salue la responsabilité des autorités, qu’il a fallu bousculer, par des mots et par moments », note Pascal Galéoté. Avant de souligner « le travail colossal » des salariés pour faire aboutir le projet et d’applaudir « l’exemple de ce que peut amener la lutte ».

    Un exemple à plus d’un titre, notamment sur le plan industriel et écologique. Maël Disa, fondateur de Gazotech, entreprise nantaise et associée aux salariés pour la création de Provex, loue une « première étape d’un projet de reconversion sociale qui est bien plus large : un projet industriel neuf sur le site de la Centrale ». Il rappelle que l’industrie à venir est « ambitieuse, quasi une première mondiale », puisqu’elle s’appuie sur de la récupération de bois déchet et un procédé de pyrogazéification pour la création de biogaz et son injection dans le réseau. « Et, ultimement, être liquéfié pour servir de carburant GNL [Gaz naturel liquéfié] pour les navires », développe-t-il. Avant de préciser : « On est sûr un projet circulaire, avec des intrants locaux, qui sinon partiraient ailleurs par camions. Et avec une récupération des cendres pour en faire du biocharbon qui remplace le fossile ». En bref : « Décarboner tout en créant de l’emploi. »

    Encore des étapes à franchir

    « On va continuer à accompagner le projet, sur le plan financier avec une partie des études qui restent à faire et aider à aller chercher des financements auprès de l’ensemble des partenaires institutionnels », précise le sous-préfet, Mathieu Gatineau. Car il reste bien quelques étapes d’importantes. Comme le résume Pascal Galéoté : « On ne parle pas encore de victoire, car le chemin est encore long. » Et notamment « des études qui doivent permettre l’aboutissement total du projet », précise Loïc Delpech. Et aussi une « autorisation environnementale à faire instruire ». Le tout étant intrinsèquement lié à l’activité de la centrale de Gardanne, dont l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation avait fait l’objet de débats juridiques et d’une nouvelle enquête publique, cette année.

  • [Entretien] Pinar Selek : « Transformer ce malheur en une action politique »

    [Entretien] Pinar Selek : « Transformer ce malheur en une action politique »

    Pinar Selek sera ce mardi, à Marseille, où deux rendez-vous sont organisés en parallèle de son procès à Istanbul : l’un à l’Institut d’études avancées de l’Université d’Aix-Marseille, l’autre à l’Alcazar, où l’actrice Ariane Ascaride proposera une lecture de textes de la militante.

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit à la veille de l’ouverture de ce énième procès ?

    Pinar Selek : Ce procès est symbolique en Turquie. Autour de lui s’articulent une lutte de justice, mais aussi de nombreuses luttes sociales. Il est question de mes investissements militants en Turquie, en France, en Italie, mais aussi en Belgique d’où je reviens tout juste. Il y a une convergence des luttes. Il faut aussi savoir que mon procès a lieu dans la foulée de celui d’Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul [Parti républicain du peuple, CHP] et principal opposant du président Recep Tayyip Erdogan [Parti de la justice et du développement, AKP] et à la veille de ceux d’avocats, journalistes ou responsables politiques qui défendent les droits démocratiques fondamentaux. En Turquie, les manifestations ne sont pas que dans les rues, la lutte se poursuit aussi dans les tribunaux. Plusieurs actions sont organisées en parallèle de mon procès, à Marseille, mais aussi sur place à Istanbul, où une délégation internationale sera présente. Nous transformons ce malheur en une action politique.

    Pensez-vous que le processus de paix qui s’initie entre Ankara et le PKK (Parti travailliste du Kurdistan) peut avoir une influence positive sur votre procès ?

    P.S. : Une bonne décision pourrait être le signe d’un espoir. Plus globalement sur le processus de paix, je pense que la Turquie est forcée d’y entrer au vu du contexte international. Les Kurdes veulent construire la politique avec des moyens démocratiques. C’est eux qui sont en train de construire la paix par le bas. Ils organisent des réunions, des congrès et des conférences, ils essaient de rendre possible une transformation. Il n’y a pas de paix pour l’instant, car elle se construit avec beaucoup de difficulté. Mais les Kurdes essaient de dépasser le conflit armé. Ils tentent de construire la paix avec beaucoup de force. Bien sûr, ce processus peut être utile à mon procès.

    Quel regard portez-vous sur les actions menées par les comités créés pour vous soutenir ?

    P.S. : Ces comités réunissent beaucoup de personnes différentes, toutes d’un milieu de gauche, progressiste, mais assez diversifié. J’ai connu des gens extraordinaires, très différents, que je n’aurais jamais pu connaître autrement. Ce sont généralement des gens engagés pour d’autres causes, féministes, anarchistes, antimilitaristes, communistes, écologistes… Ils deviennent amis, ce qui crée, je pense, un renforcement de l’espace des luttes sociales. Ils n’arrivent pas à nous épuiser. On leur répond avec nos créations. Nous ne sommes pas puissants comme eux, nous n’avons pas les mêmes pouvoirs, le même argent, les mêmes armes. Nous sommes non violents, mais nous sommes très très forts. J’attends tous les Marseillaises et Marseillais à mes côtés. Et surtout, je suis très contente qu’Ariane Ascaride lise un de mes textes, mardi soir, c’est une grande amie.

    * À L’Imera, de 9h à 16h, sur inscription. À l’Alcazar à 18h avec entrée libre dans la limite des places disponibles.

  • Montpellier : à la Paillade, un nouveau collectif d’entraide créé

    Montpellier : à la Paillade, un nouveau collectif d’entraide créé

    « Ici, comme dans tous les quartiers populaires de France, il y a globalement les mêmes problèmes autour du logement, de l’insalubrité, de charges. Il y a des plans de « rénovation » mis en place par l’État mais c’est de la gentrification. » Paul habite à la Paillade, quartier populaire de Montpellier. Du fait de l’abandon de ces quartiers par les pouvoirs publics, ces problèmes sont devenus récurrents et impactent le quotidien des habitants. Alors pour pallier cette situation, les riverains ont créé le comité populaire de lutte, d’entraide et de solidarité (CPES) de la Paillade.

    « Le but est d’unir le maximum d’habitants du quartier pour lutter collectivement sur des problèmes concrets, comme la question de rénovation, où il y a beaucoup de choses pas aux normes, illégales. On pourrait passer par des actions en justice mais il n’y a pas de lutte juridique sans lutte politique. Notre force est de réunir tous les habitants et faire quelque chose, ce qui permet de faire bouger l’État et les bailleurs. Nous allons d’abord nous concentrer sur des « petites luttes » comme les ascenseurs en panne, les charges abusives », poursuit Paul, co-fondateur du CPES de la Paillade.

    Si le collectif est une première de ce type dans la capitale héraultaise, d’autres villes ont déjà franchi le pas, à l’instar de Lyon, Toulouse. Et le (jeune) CPES de la Paillade de s’inspirer de mobilisations pour ses futures luttes. Ainsi, fin septembre, une quinzaine de personnes du collectif se sont mobilisées devant les grilles du bailleur social ACM. « Quand on est arrivé, ils ont fermé le local et deux voitures de police sont venues se garer à côté. Cela montre que, si on s’organise, on leur fait peur », reprend le Montpelliérain. La première action d’une longue série à venir, espère le CPES.

    Mais la structure ne se restreint pas à la question du logement. « Le but est aussi de créer du lien entre les gens du quartier. Dans d’autres CPES, ils organisent des événements culturels, des barbecues, des tournois de foot pour la Palestine, beaucoup de choses qui rassemblent. On veut faire discuter les gens entre eux », insiste Paul.

  • La CGT célèbre les 129 ans de la Bourse du travail et plus d’un siècle de luttes

    La CGT célèbre les 129 ans de la Bourse du travail et plus d’un siècle de luttes

    L’union locale CGT d’Aix-en-Provence s’apprête à célébrer un double anniversaire. Vendredi 26 septembre en salle Voltaire (proche de la place des Cardeurs) dès 17h, elle fêtera à la fois les 130 ans de la création de la Confédération générale du travail (CGT) et les 129 ans de la Bourse du travail d’Aix. Pour l’occasion, une soirée est organisée salle Voltaire, rue des Muletiers, avec en point d’orgue une conférence-débat animée par Stéphane Sirot, historien reconnu du syndicalisme et des mouvements sociaux. La rencontre sera suivie d’un moment fraternel à la Bourse du travail. Au-delà de l’aspect commémoratif, la CGT entend ancrer cet anniversaire dans l’actualité sociale. « Cette date coïncide avec un mouvement en construction face aux mesures budgétaires gouvernementales particulièrement brutales pour les travailleurs, tout en épargnant les ultra-riches et le patronat des grandes entreprises », souligne l’union locale. Depuis sa création, la Bourse du travail a servi de lieu de rencontre, d’organisation et de mobilisation pour des générations de salariés. Elle reste aujourd’hui un symbole de continuité et d’ancrage local pour l’union locale CGT. « En célébrant ces deux anniversaires, nous voulons montrer que notre histoire est vivante et qu’elle continue à s’écrire », insiste la CGT. Les « partis progressistes », indique François Canu, secrétaire de l’UL CGT Aix, seront également présents, ainsi que Marc Pena, député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône. La mairie devrait elle aussi recevoir une invitation, selon la CGT.