Tag: LR

  • Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Les plaintes contre Guillaume Meurice et Pierre-Emmanuel Barré, donnent-elles des ailes aux élus locaux ? Car à l’instar des humoristes de Nova, de nombreux caricaturistes et auteurs engagés aiment à dépeindre la vie politique locale avec un humour quelque peu corrosif. Christian Martin, qui écrit sous le pseudonyme Guy Masavi, est de ceux-là. Ce médecin à la retraite qui se décrit comme « anarchiste refoulé, mais en analyse » est bien connu en Camargue gardoise et notamment à Mus, où il réside. Il a notamment écrit deux ouvrages et poste régulièrement des textes satiriques sur la politique nationale, internationale et locale sur ses réseaux sociaux.

    C’est pour ses propos tenus dans un post daté du 5 février que Vivette Lopez (LR) a décidé de porter plainte. Pour critiquer l’alliance de la sénatrice avec Jean-Louis Blanc pour les élections municipales à Mus (petite bourgade de 1 600 âmes à côté de Vergèze), il écrit : « Une liste apolitique pleine de droites, qui unit une sénatrice blanche anti-avortement avec un chasseur blanc plus blanc que blanc. Une union naturelle : Utérus, fusil et tradition ! À faire pâlir Zemmour […] Une liste dite apolitique, ce qui veut dire bourrée de droites jusqu’à l’os, où se roule une pelle sans rougir une sénatrice LR proche du RN avec le chasseur du coin, celui qui confond tradition et calibre douze, ou biodiversité et civet ».

    Campagne municipale

    Vivette Lopez a qualifié ce texte de « misogyne et raciste » et le candidat Jean-Louis Blanc a également porté plainte pour diffamation. L’auteur a été convoqué à la gendarmerie de Vauvert le 7 février où il a été placé en garde à vue et n’en est ressorti que le lendemain, après 20 heures d’audition.

    Christian Martin s’est par la suite expliqué, qualifiant son texte de « satirique » où il décrit non pas « une scène de chambre mais un accouplement idéologique », une sorte de « métaphore un peu appuyée ». Il explique également qu’il n’a jamais écrit le nom de Vivette Lopez et assume « ce post comme tous ceux qui y sont publiés ». Pour lui cette plainte s’inscrit en réalité dans la campagne municipale où la liste de Jean-Louis Blanc défie le maire sortant Patrick Bénézech (DVG). Celui-ci est soutenu par Christian Martin et son fils figure aussi sur la liste.

    « C’est une atteinte grave et inacceptable à la liberté de pensée et d’expression inscrites dans notre constitution. Alors que le devoir d’un sénateur est de garantir l’exercice des principes républicains de Liberté, Égalité et Fraternité, Madame Lopez bafoue ce droit inaliénable de notre peuple. Elle s’inscrit dans l’obscurantisme et la censure que veut imposer l’extrême droite  », a réagi La France insoumise de Petite Camargue dans un communiqué.

  • [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Paul Planque : Cela fait un an maintenant que l’on va à la rencontre des Alésiens pour entendre quelles sont leurs attentes pour la ville. Il nous semblait indispensable d’aller dans une démarche citoyenne à la rencontre de ceux qui vivent la ville au quotidien. Nous avons donc accumulé un ensemble de demandes concernant cette ville que nous avons tenté de réintroduire dans ce que l’on appellera non pas un programme, mais un projet pour la ville car cette démarche, nous souhaitons la poursuivre, y compris dans la gestion à venir de la ville.

    Quels sont les thèmes que vous portez dans cette campagne ?

    P.P. : Il y a d’abord la santé car 7 000 Alésiens sont sans médecin traitant. Ensuite, il y a la question de la jeunesse et de la réussite éducative. C’est un domaine dont la municipalité actuelle s’est totalement désengagée puisqu’elle privilégie une population âgée. C’est légitime de s’occuper des personnes âgées mais ça ne peut pas se faire au détriment de l’avenir d’Alès qui est sa jeunesse. Aujourd’hui, il n’y a plus de maisons de quartier, il y a une maison de la jeunesse qui est très mal placée par rapport aux besoins réels de la jeunesse. Nous avons aussi travaillé sur l’emploi pour que cette jeunesse reste travailler à Alès après ses études. Le nombre d’emplois industriels a été divisé par dix et il y a une bataille à mener pour recréer de l’emploi industriel. Notre préoccupation est aussi de redynamiser le centre-ville, ce qui passe par la revalorisation du pouvoir d’achat des Alésiens.

    Alès est aussi une ville fracturée. Comment comptez-vous reconnecter tous les quartiers de la ville ?

    P.P. : Il y a un problème de communication entre le centre-ville et certains quartiers comme ceux du Prés-Saint-Jean, de Clavières ou des Cévennes. Mais il y a aussi un problème de communication des quartiers entre eux. Quand j’habite la Prairie, pourquoi je ne peux pas aller directement à Tamaris ? Aujourd’hui, il y a des navettes qui tournent comme des guêpes autour du centre-ville et dont la population regrette qu’elles ne viennent pas dans leur quartier.

    Pourquoi l’union avec Basile Imbert (PS) n’a pas été possible ?

    P.P. : J’ai encore relancé nos camarades du PS et des Écologistes la semaine dernière mais j’ai reçu une fin de non-recevoir de la part de Basile Imbert. Nous avons aussi appris que l’ancien secrétaire de la section alésienne du PS, Christophe Clauzel, était sur la liste de Rivenq. Est-ce inéluctable sur Alès que le PS finisse toujours à droite ? C’était le cas avec Christian Chambon, maintenant avec Clauzel, qu’adviendra-t-il de Christiane Thomas ? Aujourd’hui j’ai plus envie de m’adresser aux électeurs socialistes qu’à leurs dirigeants. Le 15 mars, le vote utile, c’est nous. Mais je ne doute pas qu’on retrouve avec les socialistes au second tour.

  • Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Il y a un peu moins d’un an, lorsque Max Roustan laissait son fauteuil de maire à l’omniprésent premier adjoint et président d’Alès agglomération Christophe Rivenq, la survie du « roustanisme » semblait assurée. Mais onze mois plus tard, rien n’est moins sûr tant les problèmes à Alès s’accumulent, bien loin de l’image du « sud ingénieux » vantée par Christophe Rivenq.

    Les fusillades liées au narcotrafic se succèdent ces derniers mois et viennent souligner l’abandon des quartiers populaires où les services publics disparaissent les uns après les autres à l’image de la fermeture du bureau de poste de Tamaris. Ces quartiers manquent aussi d’une réelle connexion avec le centre-ville qui aurait lui aussi à y gagner tant les fermetures de commerces y sont récurrentes. Touchée par un important taux de chômage (23,8% en 2022) notamment chez les jeunes (39,3% pour les 15-24 ans), la ville doit retrouver une économie florissante qui embauche, clé pour retrouver l’attractivité d’Alès. Un développement économique qui ne pourra se faire qu’en lien avec l’écologie car Alès sera la troisième ville de France la plus impactée par l’augmentation des températures due au dérèglement climatique.

    Face à tous ces enjeux, avec la liste « Alès, c’est vous ! » Paul Planque a lancé une initiative citoyenne de consultation de la population pour construire un projet au plus près des attentes des 46 000 habitants de la ville. Ingénieur architecte et ancien premier adjoint de la ville de Saint-Ouen en banlieue parisienne où il a lancé le plus vaste projet d’écoquartier d’Île-de-France, il souhaite désormais mettre son expérience au profit de sa ville natale. Pour cela, il mènera une liste soutenue par La France insoumise, L’Après, le Parti animaliste et des militants syndicaux et associatifs.

    Mais Planque n’aura pas réussi à réunir toute la gauche au premier tour puisque Basile Imbert (PS) soutenu par les Écologistes, est bien décidé à aller au bout. « Je vous remercie pour ce énième appel solennel à se ranger derrière le candidat du PCF et pour votre généreuse proposition sur votre liste, une méthode qui me confirme que vous n’avez toujours pas saisi pourquoi il y a aujourd’hui deux listes de gauche à Alès », a répondu le jeune socialiste à l’appel d’union lancé par « Alès c’est vous » fin janvier. S’il a dévoilé une partie de son programme, Basile Imbert n’a toujours pas communiqué sur sa liste et certains s’interrogent sur sa capacité à cocher la quarantaine de noms nécessaires pour se présenter.

    Le RN en embuscade

    À l’instar d’un Jean-Paul Fournier à Nîmes, Max Roustan parvenait à chaque élection à capter un électorat populaire habituellement acquis à la gauche. Pas sûr qu’il en soit de même pour Christophe Rivenq. S’il annonce dans tout Alès que des sondages le donnent large vainqueur au premier tour, sa popularité dans la deuxième ville du Gard reste largement à prouver tant les voix critiques sont nombreuses. « Tout le monde nous dit la même chose : Rivenq n’est pas Roustan. Rivenq n’est pas apprécié du tout car il a gardé ce côté directeur. Les gens attendent une alternance et une autre proposition », soutient Armand Crépin (LFI).

    D’autant que Rivenq devra faire face à deux listes sur sa droite. Le président de l’association Agir pour Alès et son Agglomération (AAA) Marc Infantès a en effet décidé de se lancer dans la bataille avec sa liste « Alès Moderne et Authentique ». Ce retraité de la gendarmerie a axé sa campagne sur la sécurité, ciblant là aussi une faiblesse de la municipalité sortante dans une ville gangrenée par le narcotrafic. Le Rassemblement National suit la même stratégie. Si le parti d’extrême droite n’a pas envoyé de poids lourd en Cévennes, il s’appuie lui aussi sur un fonctionnaire de police pour mener sa liste et compte marteler un discours sécuritaire. Anthony Bordarier, 40 ans, a en effet officialisé sa candidature le 6 février, entouré des députés Pierre Meurin et Yoann Gillet. Il confirme vouloir « créer la surprise ». Et dans une triangulaire, voire une quadrangulaire, au second tour, les chances de Christophe Rivenq de l’emporter sont tout sauf acquises. À Alès, tout reste donc ouvert.

  • À Marseille, Martine Vassal a déposé sa liste

    À Marseille, Martine Vassal a déposé sa liste

    Martine Vassal n’a pas attendu. Ce jeudi, la candidate de la droite et du centre a été la première à déposer en préfecture sa liste de 111 noms pour le conseil municipal de Marseille. De quoi trancher au plus vite les difficiles arbitrages entre les forces politiques, avant que ne s’accélère la campagne.

    Après elle en tête de liste, c’est sans surprise le porte-parole de sa campagne et directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région, Romain Simmarano (Ren.), qui occupe la deuxième place. Une façon de représenter un renouvellement à droite que cherche à incarner le collectif Une Génération pour Marseille qu’il préside.

    LR bien en place

    La droite qui se définit comme « affirmée », au sein des Républicains, reste cependant bien présente en tête de la liste. La présidente du groupe d’opposition au conseil municipal Catherine Pila, tête de liste dans les 6e et 8e arrondissements, est en 5e position. La directrice de campagne et présidente de la fédération LR Laure-Agnès Caradec, tête de liste dans les 9-10, est en 7e position, la très droitière sénatrice LR Valérie Boyer en 9e position, devant le maire sortant des 11-12, Sylvain Souvestre. Plus loin figurent la vice-présidente du conseil départemental Sabine Bernasconi (17e), le président du parc national des Calanques Didier Réault (18e), la présidente de Provence métropole logement (ex-HMP) et tête de liste dans les 2-3 Solange Biaggi (25e), le conseiller régional Ludovic Perney (30e).

    Les personnalités issues de la société civile occupent aussi des places de choix. L’ex-présidente du Crif Fabienne Bendayan est en 3e position, le président régional de l’ordre des pharmaciens Stéphane Pichon la 4e place, l’ancien président de la chambre des métiers et de l’artisanat André Bendano la 6e, la présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13) Corinne Innesti la 11e, le président de l’ASC Vivaux-Sauvagère Omar Keddaddouche la 16e. De manière plus symbolique, le supporter de l’OM Thierry Mode, dit “Titi c’est toi le boss”, est en 44e position, le pilote Jean-François Suhas, président du club croisière, en 78e. La moitié des 30 premières places ne siégeait pas dans l’hémicycle.

    De bonnes places sont aussi réservées à l’ex-maire (Hor.) des 4-5 Bruno Gilles (12e) et à Marine Pustorino (15e) qui lui avait succédé. La présidente (Hor.) d’Euroméditerranée Isabelle Campagnola-Savon obtient la 21e place.

    L’aile modérée, elle, paraît moins présente dans la tête liste. Au-delà de Romain Simmarano, le conseiller régional Christophe Madrolle (UCE) figure au 8e rang, l’avocate Sandra Blanchard au 13e, le conseiller départemental Denis Rossi en 14e, le responsable des Centristes Bruno Genzana en 20e. Suivent pour Renaissance Gérard Blanc (22e) et Maxime Boudet (24e), tandis que l’ex-secrétaire d’état Sabrina Agresti-Roubache est la grande absente. Leur poids serait pourtant déterminant pour le « 3e tour » qui désignera le maire de Marseille au sein de l’hémicycle.

  • Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une procédure accélérée pour une adoption avant les municipales, afin de permettre aux futurs maires de disposer d’une toute nouvelle « boîte à outils ». Voilà comment le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a vendu le projet de loi sur la réforme de la police municipale dont l’examen a démarré le 3 février au Sénat, le vote devant avoir lieu ce mardi 10 février. En fait d’outil, c’est la boîte de Pandore qui a été ouverte, renforçant une « municipalisation de la sécurité », au détriment de l’État de droit, analyse dans une note circonstanciée la CGT Intérieur Police.

    Concrètement, le texte soumis au Parlement s’appuie sur une mission d’information de la commission des lois, pilotée en 2024 par le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur d’alors, François-Noël Buffet (LR), en parallèle d’un « Beauvau de la police municipale ». Dont les syndicats ont dénoncé au passage l’absence de mesures sociales… Mais, au nom du fameux « continuum de sécurité », policiers municipaux et gardes champêtres se verraient attribuer des compétences judiciaires élargies. Outre la possibilité de relever une identité, ils seraient à même de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) – dont le taux de recouvrement atteint péniblement les 31% – pour au moins neuf délits « de l’insécurité du quotidien ». Les membres de la majorité de droite, pris dans un enthousiasme tout sécuritaire, en ont rajouté. Sous certaines conditions, les agents pourraient procéder à des fouilles, utiliser des drones « à titre expérimental », auraient accès à de nouveaux fichiers. Tout ça restant au bon vouloir des maires, se prévaut le gouvernement.

    Pas de doctrine nationale

    « C’est tout simplement une atteinte à la démocratie », résume Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police. Avec ce « ballon d’essai » de transfert d’une compétence régalienne au local, il estime le risque constitutionnel « sérieux » et alerte sur l’absence de doctrine nationale sur la municipale. « Comment on les arme ? Comment doivent-ils rendre des comptes ? À qui ? Quelles sont leurs missions ? » interroge-t-il. Pour lui, la mise en place d’une mission de contrôle des polices municipales, commune aux inspections générales du ministère de l’Intérieur prévue dans le texte, reste insuffisante. Au nom de la libre administration territoriale, le droit des citoyens est mis à mal, dans un contexte de « montée des discriminations », estime la CGT. Sur les AFD, le syndicaliste rappelle que le droit est déjà bafoué, le policier se faisant juge : « C’est une inscription au casier, direct, alors qu’un délit, c’est une enquête à charge et à décharge, un droit à la défense… »

    La CGT craint une « pénalisation territorialisée », avec un maire qui peut utiliser sa police sur des zones « à forte mobilisation électorale ». À l’inverse, le pouvoir de la police municipale sur l’édile s’en trouverait renforcé. « On l’a vu à Bordeaux, où le maire écologiste ne voulait pas les armer », illustre-t-il. Résultat : une police municipale équipée de semi-automatique, cet été, « après trois semaines de grève ».

    Sans attendre la fin de la navette parlementaire, la CGT a fait parvenir sa note « à tous les députés et sénateurs, sauf le RN ».

    Repères

    Des prérogatives élargies

    Vente à la sauvette, vol, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeuble, vente d’alcool aux mineurs… Au moins neuf nouveaux délits pourraient être sanctionnés par la police municipale d’une amende forfaitaire délictuelle. Les sénateurs ont déjà proposé d’ajouter la conduite sans permis, sans assurance ou encore le port d’armes blanches.

    45%

    de hausse. Le nombre de policiers municipaux est passé de 19 405 en 2012 à 28161 en 2023. En 2026, 11000 agents devaient être recrutés, selon le Centre national de la fonction publique territoriale.

    Drones et caméras embarquées

    La police municipale pourrait être autorisée à utiliser des drones à titre expérimental durant 5 ans sur cinq segments précis, des grands rassemblements à la protection des bâtiments communaux.

    Sur 5 ans aussi, des caméras embarquées équiperaient les véhicules.

  • À Villeneuve la gauche veut une fiscalité juste

    À Villeneuve la gauche veut une fiscalité juste

    À Villeneuve-lès-Avignon, la campagne municipale s’installe dans un climat de plus en plus politique. Deux visions de la ville s’affrontent frontalement. Maire depuis 2020, Pascale Bories (LR) brigue un second mandat avec la liste « Villeneuve avance », dans la continuité de la majorité de droite en place depuis plus de vingt ans. Si l’édile sortante revendique un bilan axé sur le cadre de vie, la sécurité et l’attractivité, sa gestion est aujourd’hui critiquée : fiscalité parmi les plus élevées du département, équipements municipaux fragilisés, difficultés persistantes des commerçants du centre ancien.

    Face à cette continuité assumée, Anne Daniel, conseillère municipale d’opposition et militante écologiste, conduit la liste citoyenne « Parce que j’aime Villeneuve ». Professeure des écoles et engagée sur les questions d’inclusion, elle incarne une alternative ancrée à gauche. Son projet met en cause une fiscalité jugée déconnectée des services rendus, ainsi qu’une politique d’urbanisme accusée d’alimenter la spéculation immobilière au détriment de l’habitat permanent et des jeunes actifs.

    Centre-ville en souffrance

    La mobilisation récente des commerçants du centre historique, auteurs d’une lettre ouverte aux candidates, illustre l’inquiétude grandissante face à la baisse de fréquentation et à la fragilité économique locale. Elle met en lumière un enjeu central de ce scrutin : celui d’une ville attractive pour les touristes mais de plus en plus difficile à vivre pour ses habitants à l’année.

  • Avec Retailleau, la droite rejoue la carte de la sécurité

    Avec Retailleau, la droite rejoue la carte de la sécurité

    La permanence de campagne de Martine Vassal est comble ce vendredi matin pour la venue du président des Républicains, Bruno Retailleau. « Nous faisons un constat : la sécurité est la thématique qui interpelle le plus les Marseillais parce que cette violence que l’on ressent est montante », attaque d’emblée la candidate de la droite et du centre face à la presse. Alors tandis que le président et la secrétaire générale du collectif Une Génération pour Marseille signaient la veille une tribune pour demander à amender la loi sur la police municipale, adoptée au Sénat, afin de permettre le déploiement de drones équipés de vidéosurveillance algorithmique, elle met sur la table de nouvelles propositions. « Dès qu’un jeune arrive à l’hôpital blessé par balle, il faut le récupérer immédiatement », explique Martine Vassal. Alors elle propose un groupement d’intérêt public (GIP) dédié, coprésidé par la ville et la préfecture, qui réunit tous les acteurs concernés « pour repérer les signaux faibles dès qu’ils apparaissent ». Baptisé Argos, ce groupement s’appuierait sur des agents, les « argonautes », « qui vont repérer des enfants qui ne viennent plus en cours, qui pourraient être tentés de rentrer dans les réseaux ». Avec un budget de 15 millions d’euros. À ses côtés, Bruno Retailleau applaudit, appelle à l’union des droites « dans les urnes » face à la gauche. « Pour moi, LFI ce sont les pires, je me réjouis que le ministère classe la France insoumise à l’extrême gauche », glisse-t-il. Et félicite l’ancien préfet Georges-François Leclerc pour son bilan, assumant la suppression de la préfecture de police. Quitte à trancher avec le panorama sécuritaire dressé par Martine Vassal. « J’adore les chiffres, mais à un moment il faut regarder les faits », balaie-t-elle.

  • Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    « C’est inédit, c’est une marche citoyenne », assure Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13, qui dénonce une police « à bout de souffle ». Sous l’Ombrière, les agents ont commencé à se rassembler, ce samedi 31 janvier, à l’appel du syndicat, dans le cadre d’un mouvement national. Manque de moyens humains, de respect, commissariats insalubres « avec des cafards et dont les plafonds s’écroulent », véhicules qui ont plus de 200 000 kilomètres au compteur… « On en a marre », s’indigne le responsable syndical.

    À Marseille, « on fait la une des journaux tous les jours avec le narcotrafic et le développement de la violence », recontextualise-t-il. Et d’évoquer le manque d’effectifs dans la filière judiciaire, « 20 millions de plaintes en souffrance ». Il appelle aussi à un « choc d’autorité » tout en affirmant que « chez Alliance, on ne fait pas de politique politicienne ».

    En attendant, élus et candidats aux municipales de droite et d’extrême droite n’ont pas manqué de tenir la banderole. Du conseiller régional et candidat Franck Allisio aux députés José Gonzales et Monique Grisetti pour le RN, à Martine Vassal (DVD) présidente de la Métropole, du Département et candidate à la Ville de Marseille, sa directrice de campagne, Laure-Agnès Caradec (LR), les maires LR des 11-12 et 13-14, Sylvain Souvestre, Marion Bareille ou encore Catherine Pila, référente de sa campagne pour les 6-8. Même si cette dernière assure que sa présence n’est pas un soutien de « circonstance ». Munie d’un drapeau, on retrouve aussi Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, de la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux…

  • Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Prise de plainte dans un préfabriqué, cafards, voitures à bout de souffle et gyrophare en panne, les policiers sont « au bout » a dénoncé Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13.

    Partis de l’Ombrière, près de 400 de ses collègues ont marché jusqu’à la préfecture dans le cadre d’un appel national du syndicat à manifester. Ils réclament des moyens et le soutien de l’État, souhaitant un « choc d’autorité. »

    Dans le cortège, de nombreux élus de droite et d’extrême droite étaient venus en soutien. Parmi eux, des représentants de la majorité de la présidente de la Métropole et du Département, Martine Vassal (DVD), comme Catherine Pila (LR) ou Sabine Bernasconi (LR). Mais aussi des référents de sa campagne municipale comme Laure-Agnès Caradec (LR), Sylvain Souvestre (LR), maire des 11-12 ou Marion Bareille (LR), maire des 13-14. En première ligne également, le candidat RN, Franck Allisio ou Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, seconde sur la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux.

  • La maire Josée Massi donnée gagnante face au RN à Toulon

    La maire Josée Massi donnée gagnante face au RN à Toulon

    Les résultats révélés ce mercredi en exclusivité par nos confrères de Var Matin collent en tout point à l’analyse politique que nous livrons dans ces colonnes, depuis le mois de mai dernier. Nous étions en effet les seuls à affirmer que la maire sortante sans étiquette, Josée Massi, serait bien candidate. Et passions pour d’illuminés stratèges en expliquant que son positionnement lui permettait de réunir plus de voix que le candidat LR, Michel Bonnus, pour le second tour.

    Le sondage réalisé par l’Ifop entre le 16 et le 26 janvier, sur un échantillon de 602 personnes, donne en effet Josée Massi vainqueure du duel de second tour face à la candidate d’extrême droite Laure Lavalette, avec 4 points d’avance, en recueillant 52% des suffrages. Ce qui montre, dans ce cas de figure, un front républicain fonctionnant sous son nom à plein régime. Ce qui est loin d’être le cas – en tout cas dans les mêmes proportions – lorsque c’est le LR Michel Bonnus qui est testé en position de rempart contre le RN, la gauche se retrouvant peut-être alors un peu moins encline à voter pour un proche de Bruno Retailleau.

    Cela étant dit, mieux vaut rester prudent et prendre l’image fournie aujourd’hui pour ce qu’elle vaut : un indicateur des intentions de vote mesurées à ce moment-là.

    D’ailleurs, du côté de Josée Massi, on se garde bien de tout triomphalisme, même si intérieurement on ne doit pas bouder sa joie après les mauvais coups reçus et les petites trahisons entre amis encaissées. « Les sondages ne font pas les élections. Je les regarde, mais je n’en fais pas une boussole », réagit-elle sobrement, dans un communiqué. Elle poursuit : « Ma campagne démarre. Ma première ligne d’arrivée, c’est le 15 mars. » Ce qui ne l’empêche pas de voir, dans ce sondage, un encouragement, d’autant qu’elle n’avait pas encore déclaré sa candidature au moment où il a été réalisé.

    Le président de Région lâche Michel Bonnus

    Pour autant, rien n’est encore gagné ou perdu pour qui que ce soit. Il est important de le garder en tête. La ville est encore loin d’être à l’abri de la menace persistante de l’extrême droite. Il suffit de regarder le résultat obtenu dans cette enquête au premier tour, où celle-ci ne recueillerait pas moins de 39% des voix, c’est-à-dire plus que Jordan Bardella aux élections européennes de 2024 à Toulon. En tout cas, loin devant tout le monde, le deuxième candidat (Josée Massi) étant alors distancé de 15 points.

    Pour ce qui est des réactions, force est de constater que les amitiés en politique sont volatiles. On est bien placé à Toulon pour le savoir. Cette fois, c’est le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.), qui donne le la. Il a annoncé dès mercredi soir à la presse : « Michel Bonnus doit se ranger derrière Josée Massi pour battre Laure Lavalette. » C’est bien de mesurer l’urgence de la mobilisation contre l’extrême droite, mais cela reste tout de même savoureux puisqu’il était jusqu’à présent un fervent soutien du candidat LR Michel Bonnus. Son « grand ami », l’ancien maire de Toulon Hubert Falco (DVD), a dû apprécier. Ce dernier, après avoir annoncé soutenir la maire sortante au mois de mai, s’était mis, l’automne venu, à déclarer : « Voter Bonnus, c’est voter Falco ! »

    Pour ce qui est du camp progressiste, Magali Brunel, candidate de la liste de gauche « Toulon en commun », parvient, selon ce sondage, à se qualifier pour le second tour avec 13% des voix, les mélenchonistes en lice venant parasiter ce score. « Nous notons une nette progression de la gauche par rapport à 2020, malgré la division et l’attitude de LFI », déclare André De Ubeda (PCF), en deuxième position sur la liste. Et de poursuivre : « Nous nous réjouissons que Lavalette puisse être battue. Elle est nettement en dessous des résultats aux législatives. »

    Le responsable politique note également que, pour la troisième place, les différences entre les concurrents tiennent dans un mouchoir de poche. Et de parier donc que si « Toulon en Commun » parvient à récupérer une partie des électeurs de Pierre-Jacques Depallens (ni système, ni extrême) qui, tout comme Cécile Muschotti (voir notre édition de mercredi), a renoncé à une candidature en solo, le mouvement de gauche pourrait ravir la place au LR Michel Bonnus. Il conclut : « Tout reste possible à gauche compte tenu des 30% qui se déclarent encore indécis. Magali Brunel peut battre Lavalette avec le soutien clair des autres listes. »