Tag: Loyers

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    Ils ont tous 16 ans, des envies et des propositions. Et mieux : les défendent. Autour de la table, au centre social de la Martine (15e), Hadidja, Soulayman, Zayan et Iqbal font partie des jeunes que Kader Allem, coordinateur du service jeunesse, comptent bien voir intégrer officiellement un futur « conseil des jeunes », d’ici janvier.

    Sur l’idée qu’ici « on ne consomme pas des loisirs », explique Kader, qui insiste sur le rôle éducatif du centre social. « On doit vous apporter ce que vous n’allez pas proposer », insiste-t-il face aux jeunes, rappelant la sortie au musée d’histoire de Marseille, le matin même. « Génial », reconnaît Zayan. Il faut dire que sur le passage de Kader, ça déménage. En poste depuis 10 mois, il dynamite les idées reçues. Les presque jeunes adultes participent déjà aux réunions avec les responsables du centre. « C’est bien qu’on nous entende », se félicite Hadidja. Cet été, ils ont par exemple pu organiser une sortie bouée tractée. Cela peut paraître anecdotique, mais il a fallu argumenter et débattre pour y arriver face à une équipe de responsables pas convaincue. Une expérience de démocratie bien concrète.

    « Il faut trouver une activité que tout le monde soit en capacités de faire, avec laquelle tout le monde soit d’accord », explique Zayan. « On met tout à plat, chacun donne son avis et on fait une synthèse », complète Soulayman. Déjà organisés en groupes sur les réseaux sociaux pour échanger, ils ont su porter la parole de la majorité. « On ne peut pas dire aux jeunes “vous avez le pouvoir d’agir” et leur dire non », estime Kader, qui espère les voir intégrer à terme le conseil d’administration du centre social pour leur donner la possibilité de s’exprimer sur les projets, le fonctionnement de l’accueil jeunes. Histoire de « co-construire » la vie du secteur jeunes en « trouvant un équilibre ».

    Question de confiance

    « On aimerait des heures plus adaptées », lance Soulayman quand, aujourd’hui, il faut concilier l’accueil des tout-petits avec celui des ados. Dans un grand sourire, Hadidja se souvient de cette rentrée tardive de rando qui a fini sur la plage avec jeux et pique-nique. Plus de séjours, aussi, seraient les bienvenus. « Cet été, on a fait trois voyages dans les Alpes, à Paris et Argelès », raconte Zayan, heureux que « Kader ait tenu parole ». La confiance restant aussi le maître mot de la démarche.

    Le conseil jeunes, c’est aussi l’occasion d’aborder concrètement la question du financement. Une grande injustice, estiment-ils. « On nous dit toujours, y a pas de sous, on trouve ça dommage », commente Soulayman. Kader ne leur cache pas les difficultés, les dossiers déposés dans le cadre de subventions pour les quartiers prioritaires, « on est obligés de jongler ». Et l’État qui diminue tout. « Cela nous inquiète », alertent les jeunes.

    Ils aimeraient aussi que le centre social s’équipe de minibus pour se déplacer plus facilement. Une priorité pour Kader. Dans la vie de tous les jours aussi, l’expérience porte ses fruits. « Cela nous apprend à être à l’aise, à mieux s’exprimer », reconnaît Hadidja. « On est capable d’avoir un avis et qu’il soit pris en compte », ajoute Soulayman. Même si Zayan reconnaît qu’il « n’y a pas moyen » d’aller contre l’avis de sa mère ou d’un professeur.

    « Le pouvoir d’agir »

    Le « pouvoir d’agir des jeunes », c’est bien là le leitmotiv de Kader, qui doit par la même occasion convaincre les adultes.

    « Je suis assez grand pour prendre des décisions, je suis mature, quelqu’un de construit. Avoir 18 ans ça veut rien dire. Je suis un grand garçon », embraye Iqbal. « Des gens de mon âge ont déjà assez de poids sur le dos, beaucoup de responsabilités. Ils travaillent, paient le loyer de chez eux. Je suis assez grand pour que, ma parole, elle compte quand je dis quelque chose. On a tous notre mot à dire, c’est ça la liberté d’expression », insiste-t-il. Et de revenir sur ce qui se passe dans son quartier la Simiane.

    « On a des loyers trop chers. On est au centre des quartiers Nord, mais on est oubliés. Le syndic ne fait rien pour nous. Alors qu’il y a un terrain, on pourrait en faire un vrai stade comme à l’époque de mon grand frère. Là, je sors, je fais quoi ? Je m’assois sur le banc, je regarde l’heure passer ? Alors qu’il y aurait beaucoup de choses à faire », s’indigne-t-il. « C’est vide », confirme Zayan. Les tentatives de dialogue, n’ont « rien donné », déplorent-ils. « J’ai bien pensé à faire une manifestation », confie Iqbal, « mais les gens s’en foutent, car on n’est pas assez de jeunes, on est des générations séparées ».

    De là à évoquer le droit de vote dans les quartiers, il n’y a qu’un pas, qu’il franchit sans souci. « Je parle beaucoup politique avec mon père, je serai capable. Je veux vraiment que ça change et pas que pour moi, aussi pour les plus petits ! », insiste Iqbal. « Je veux pas déménager, je suis né ici, je veux changer là où j’habite », assène Zayan.

  • Les commerçants de la rue de la République grevés par leurs loyers

    Les commerçants de la rue de la République grevés par leurs loyers

    Avec quelque 13 500 euros de loyer pour 185 mètres carrés, Alain Bétache, gérant du restaurant Chez Alain, rue de la République (2e), préfère jeter l’éponge : incapable d’assurer un montant qui représente plus de 50% de son chiffre d’affaires, il va accepter l’expulsion. Mais il n’abandonne pas pour autant « le combat » : faire en sorte que les loyers des locaux commerciaux soient encadrés, quand le sien relève « de l’emplacement et pas de la superficie » indique-t-il. Chose légale, assure son avocate, Maître Agathe Roblès, même s’il est possible de contester. « Mais la procédure, au fond, est très longue et les commerçants se font expulser avant par une procédure plus rapide, en référé », explique-t-elle.

    Un des commerçants de la rue dénonce des montants prohibitifs établis par des propriétaires « qui sont des fonds de pension et ont donc un objectif de rentabilité à remplir absolument », assure l’un d’entre eux. Tabac, pan cakes, restaurant, « c’est l’hécatombe », assure-t-il. Et de dénoncer, par la même occasion, des problèmes structurels patents, avec des caves qui prennent l’eau.

    La Ville en soutien

    « La Ville nous a soutenus immédiatement », se félicite Alain Bétache, qui se félicite aussi de la tenue de discussions avec le député marseillais Laurent Lhardit (PS). L’élu a déposé, le 14 octobre, une proposition de loi « visant à soutenir et valoriser les commerces de proximité » en encadrant le loyer des baux commerciaux. Parmi les principales mesures : supprimer la charge de la taxe foncière au locataire pour les baux commerciaux et professionnels, favoriser l’installation de commerces de proximité via la modification du Plan local d’urbanisme et permettre aux maires « d’engager une procédure visant à contraindre les propriétaires et bailleurs à remettre leurs locaux commerciaux sur le marché locatif lorsque le taux de vacance commerciale de la commune dépasse les 20% » au moyen d’une préemption « forcée ».

    Une solution nationale avec des leviers locaux que nos commerçants estiment indispensable pour arrêter l’hémorragie. Rue de Rome, rue Saint-Ferréol… La rue de la République n’est pas la seule concernée par les faillites, insiste Alain Bétache, particulièrement inquiet avec le coup d’arrêt mis aux Galeries Lafayette et un potentiel déménagement du Palais de justice.

    Les députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard se sont aussi fendus, le 8 octobre, d’une lettre à l’un des principaux bailleurs et au préfet, réclamant au premier une baisse des loyers, au second une révision et un encadrement. En France, plus de 10 000 commerces de détail et d’artisanat ont été perdus entre 2015 et 2020.

  • À Montpellier, la librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    À Montpellier, la librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    Ils ont annoncé la mauvaise nouvelle sur leur compte Instagram début septembre. En fin d’année, la librairie-galerie-atelier d’artistes En traits libres ferma définitivement ses portes pour cause de loyer trop élevé, après trois ans d’effervescence culturelle dans le quartier Saint-Roch.

    « Notre loyer s’élève à plus de 7 000 euros. Depuis le début on savait que ça serait un challenge… On a essayé de le négocier, mais on n’a pas trouvé d’accord avec le bailleur ACM », explique Miquel Clemente, fondateur et responsable de la maison d’édition 6 pieds sous terre. « Ce qu’on faisait ici, c’était du bénévolat. Nous étions une association culturelle avant tout… Mais Six pieds sous terre continue comme avant ; notre atelier rue Bayle reste ouvert », ajoute-t-il.

    « Ne pas se remettre avec ses ex »

    Créée en 2022, la librairie En traits libres accueillait aussi régulièrement des expositions, des concerts et le festival de BD alternative Rhony’s, dont la troisième édition se déroulera du 28 au 30 novembre. Pour l’heure, Miquel Clémente ne sait pas si d’autres projets émergeront après la fermeture. Seule certitude : ils seront forcément différents de ce que proposait En traits libres. « On sait qu’il ne faut pas se remettre avec ses ex », sourit l’éditeur.

    D’ici là, la librairie prévoit de nombreux rendez-vous avant le clap de fin. Jusqu’au 8 novembre, elle accueillera l’expo « Dessiner l’architecture #1 » en partenariat avec La Fenêtre. Samedi 27 septembre, à 12h30, place au concert de Fernando Barroso (mandoline) dans le cadre des Internationales de la guitare. Le mercredi 1er octobre, Mouflon dédicacera son fanzine « Horripilances » dès 17h…

    Plus d’info sur les réseaux de la librairie. Rendez-vous au 1, rue Voltaire à Montpellier.

  • La librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    La librairie En traits libres pliera boutique en décembre

    Ils ont annoncé la mauvaise nouvelle sur leur compte Instagram début septembre. En fin d’année, la librairie-galerie-atelier d’artistes En traits libres ferma définitivement ses portes pour cause de loyer trop élevé, après trois ans d’effervescence culturelle dans le quartier Saint-Roch.

    « Notre loyer s’élève à plus de 7 000 euros. Depuis le début on savait que ça serait un challenge… On a essayé de le négocier, mais on n’a pas trouvé d’accord avec le bailleur ACM », explique Miquel Clemente, fondateur et responsable de la maison d’édition 6 pieds sous terre. « Ce qu’on faisait ici, c’était du bénévolat. Nous étions une association culturelle avant tout… Mais Six pieds sous terre continue comme avant ; notre atelier rue Bayle reste ouvert », ajoute-t-il.

    « Ne pas se remettre

    avec ses ex »

    Créée en 2022, la librairie En traits libres accueillait aussi régulièrement des expositions, des concerts et le festival de BD alternative Rhony’s, dont la troisième édition se déroulera du 28 au 30 novembre. Pour l’heure, Miquel Clemente ne sait pas si d’autres projets émergeront après la fermeture. Seule certitude : ils seront forcément différents de ce que proposait En traits libres. « On sait qu’il ne faut pas se remettre avec ses ex », sourit l’éditeur.

    D’ici là, la librairie prévoit de nombreux rendez-vous avant le clap de fin. Jusqu’au 8 novembre, elle accueillera l’expo « Dessiner l’architecture #1 » en partenariat avec La Fenêtre. Samedi 27 septembre, à 12h30, place au concert de Fernando Barroso (mandoline) dans le cadre des Internationales de la guitare. Le mercredi 1er octobre, Mouflon dédicacera son fanzine « Horripilances » dès 17h…

    Plus d’info sur les réseaux de la librairie. Rendez-vous au 1, rue Voltaire à Montpellier.

  • Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Derrière la grue qui a pris place depuis quelques semaines rue Saint-pierre, élus de la ville de Marseille et promoteurs se sont réunis ce vendredi pour poser la première pierre symbolique de la résidence Op’timone. Dans 15 mois, c’est au croisement de cette rue et de la rue Crillon que devrait s’élever cette nouvelle résidence sociale pour étudiants.

    « Ce projet répond à un vrai besoin de logements étudiant. On sait qu’en France certains étudiants changent d’orientation ou abandonnent leurs études à cause de difficultés à se loger », insiste Jean-Philippe Trede, directeur général de Fac Habitat. Ce sont donc 87 logements qui devraient sortir de terre dans ce quartier où la demande est forte avec notamment la faculté de médecine à quelques centaines de mètres. La résidence proposera des studios ou des T2 avec ou sans balcons et sera pourvue d’un jardin, une laverie, une chaufferie et d’espaces communs. Le rez-de-chaussée devrait être occupé par des commerces.

    Un terrain qui n’a pas été choisi au hasard. « La rue Saint-Pierre est importante dans la vie étudiante, puisqu’elle relie la plaine à la Timone, affirme Didier Jau, maire (EELV) du secteur 4/5. C’est dans cette vie étudiante foisonnante que va s’inscrire cette résidence. » Un projet qui accompagne la transformation de la rue Saint-Pierre promise pour 2027 par la Métropole. « Ces projets vont permettre un renouvellement du quartier », affirme le maire de secteur.

    « Ce projet est la preuve que des partenariats publics, privés peuvent se faire pour l’intérêt commun », insiste Raphaël Emin, directeur général de Demathieu Bard Immobilier. Après la construction du gros œuvre par ce promoteur, la gestion sera donnée à Axentia et Fac Habitat, une association de gestion de résidences étudiantes. Dans tout ce processus, la Ville de Marseille a été un partenaire important.

    La résidence sera ouverte pour tous les étudiants sous conditions de ressources. Les loyers n’ont pas encore été définis, « mais ils devraient être autour de 540 euros toutes charges comprises : électricité, eau et wifi. Et les logements seront évidemment éligibles aux APL », explique Jean-Philippe Trede.

    L’immeuble devrait sortir de terre à la rentrée 2027, et les dossiers pourront être déposés 6 mois avant son ouverture.

  • Le BTP attend plus de stabilité et de lisibilité

    Le BTP attend plus de stabilité et de lisibilité

    Le BTP ne cache pas sa déception après la chute du gouvernement Bayrou. Dans un contexte de « rétractation des marchés », la position ne se veut pas politique. Sur un an dans les Bouches-du-Rhône, les appels d’offres (-11,2%) et leur montant (-16,3%) ont dévissé, et l’emploi salarié (-1,4%) et intérimaire (-5%) a baissé, poussé des défaillances d’entreprises (+25%).

    La « légère reprise » dans le neuf (+21,3% d’autorisation de logement et +64,4% de mise en vente; +55,5% d’autorisation de locaux), en lien avec une « amélioration de la délivrance des permis de construire à Marseille », précise Cyril Sauvat, ne rassure pas le secteur. D’autant que les réservations baissent de 5,7%. « Qui dit investissement dit vision à long terme, ce qui n’est pas le cas avec l’instabilité politique », reprend le président de la fédération du BTP 13.

    Et de rappeler que depuis 2020, six ministères du Logement se sont succédé, « un niveau de considération proche de l’insulte ». La déception est d’autant plus forte qu’avec Valérie Létard, « les choses avançaient dans le bon sens ». Notamment autour du travail réalisé par le « statut de bailleur privé » devait être intégré à la loi de finances 2026.

    « La mère des réformes »

    « C’est la mère des réformes, ça va relancer le marché, la construction, relancer la dynamique de la pierre », reprend Cyril Sauvat. En contrepartie de loyers plafonnés et de normes énergétiques strictes, ce statut veut encourager la rénovation et la location en permettant aux propriétaires d’amortir fiscalement jusqu’à 80% du prix du bien, d’augmenter le plafond de déficit foncier à 40 000 euros, et d’échapper à l’impôt sur la fortune immobilière. Pour les partis de gauche ce statut favorise surtout les investisseurs, sans garantie sur les loyers. Eux préféreraient un renforcement du logement social et un encadrement strict du parc privé.

    Mais pour le BTP d’autres dossiers sont encore sur la table : la stabilité et la visibilité des aides à la rénovation énergétique, le maintien du Prêt à taux zéro, la refonte de la responsabilité élargie du producteur, ou la baisse de la Réduction de loyer de Solidarité qui grève les finances des bailleurs sociaux.