Tag: Loyers

  • Un hôtel d’entreprises modernisé à Barcelonnette

    Un hôtel d’entreprises modernisé à Barcelonnette

    «Une étape importante dans la vie économique de notre territoire » : Elisabeth Jacques, présidente de la communauté de communes Vallée de l’Ubaye Serre-Ponçon, était ravie de présenter, jeudi, la réorganisation et la modernisation entamée en 2022 de l’hôtel d’entreprises de la vallée, situé à Barcelonnette. « Cet équipement occupe une place particulière dans l’histoire de notre vallée. Il est né à la suite du départ de l’armée, dans le cadre de la redynamisation du site de défense », a rappelé la maire de La Condamine-Châtelard.

    Depuis sa création, la gestion de l’hôtel d’entreprises est assurée par la communauté de communes, grâce à un bail emphytéotique, un contrat de très longue durée qui donne l’obligation d’améliorer les lieux, conclu avec la mairie de Barcelonnette. Son objectif est de « soutenir la création et le développement d’activités économiques dans la vallée, permettre à de jeunes entreprises et à des professionnels récemment installés de bénéficier de locaux adaptés à des loyers modérés, aujourd’hui fixés à 4 euros HT par mètre carré, et leur offrir la possibilité de tester leur activité avant une implantation pérenne sur notre territoire », a expliqué jeudi Elisabeth Jacques.

    Un accompagnement

    vers l’autonomisation

    Or, cet hôtel d’entreprises avait besoin d’être modernisé, repensé et réorganisé « pour répondre aux nouveaux besoins des entreprises et garantir une gestion plus lisible, plus sécurisée et plus efficace », selon la présidente de l’intercommunalité. Depuis 2022, une « remise à plat complète des conventions et des baux » a été opérée « afin de sécuriser juridiquement l’occupation des locaux ». Des baux de six ans sont désormais proposés pour les occupants historiques, et des conventions d’un an renouvelables, dans la limite de trois ans, pour les nouvelles entreprises accueillies.

    « Cette évolution s’accompagne d’un accompagnement renforcé des occupants, avance Elisabeth Jacques. Dès la deuxième année, nous travaillons avec les entreprises sur leur sortie progressive vers une implantation autonome dans la vallée. La troisième année reste ainsi réservée aux situations particulières. »

    Avec cette réorganisation, trois pôles ont été constitués : le Carré Pro, dédié aux activités industrielles et techniques ; le Carré Soin et Bien-être, regroupant les activités paramédicales ; et le pôle territorial de l’Ubaye, consacré aux activités administratives, tertiaires et de services.

    Le secteur de la santé occupe une place importante avec dix structures représentant 16 emplois sur près de 295 m². On y retrouve notamment le cabinet vétérinaire, des infirmiers, kinésithérapeutes ou encore ostéopathes. « Ce pôle répond à des besoins essentiels de la population tout en renforçant l’offre de services disponible dans la vallée », a estimé Elisabeth Jacques.

  • L’immobilier affronte une crise « sans précédent »

    L’immobilier affronte une crise « sans précédent »

    Des loyers de plus en plus chers, un nombre insuffisant de logements neufs et de logements sociaux. L’Observatoire immobilier de Provence (OIP) fait état d’un parc immobilier en difficulté, dans toutes ses dimensions. Lors de la conférence de presse du 6 juillet, Cyril Sauvat, le nouveau président de l’observatoire, parle d’une crise « sans précédent ». Il déplore l’« impact sociétal monumental » de cette crise, notamment sur les logements sociaux. Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont plus de 40 000 salariés qui ont demandé à bénéficier d’un logement social. « De plus en plus de salariés dorment dans leur voiture », souligne Cyril Sauvat.

    « Il faut une prise

    de conscience collective »

    Sur l’ensemble de la région Paca, 11 000 agréments ont été déposés en 2025, avec un loyer de 450 euros en moyenne. « On a enfin dépassé le cap des 10 000 », se félicite Florent Léonardi, directeur de l’ARHLM Paca et Corse. Mais ces agréments demeurent bien en deçà de la demande réelle en logements sociaux. Selon l’ARHLM, « il faudrait doubler la production pour atteindre l’objectif fixé par la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) ». À l’échelle régionale, 90 000 demandes urgentes devraient être prises en charge par les bailleurs sociaux. Autant de personnes qui devraient pouvoir dormir dans un logement social « dès ce soir », précise Florent Leonardi.

    « Créer des logements sociaux, c’est aussi créer des richesses », explique le directeur. Payer un moindre loyer permet d’augmenter son pouvoir d’achat, le loyer étant le premier poste de dépense des ménages. Cela représenterait près de 140 millions d’euros, réinvestis dans le territoire de la Métropole.

    Le Plan local de l’habitat (PLH) prévoit 11 000 logements livrés chaque année, sur la période 2023-2028. Cet engagement, promis par les 92 maires de la métropole d’Aix-Marseille, est loin d’être tenu. « On est seulement à 2 000 », reconnaît Arnaud Bastide, président de FPI Provence. Un manque de logements, résultat d’un marché locatif en tension : « on a perdu notre clientèle d’investisseurs, soit 50 000 ventes », regrette le président.

    En cause ? Une faible dynamique de délivrance de permis, des prix à l’achat beaucoup trop élevés et la fin de la loi Pinel, entre autres. Cette loi permettait de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu après un investissement locatif dans le neuf.

  • Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    La plongée judiciaire dans ce haut lieu marseillais de la contrefaçon s’avère difficile. Dès les premières questions, les mémoires s’effilochent à la barre, tout devient flou, confus, magmatique. Il faut au président Adrien Fauchier Delavigne la ressource des PV de garde à vue et des écoutes pour éclairer sur la « gestion opaque et désorganisée » des baux et sous baux des 182 cellules commerciales du Marché du Soleil, dont la grande majorité vendait des produits contrefaits, parfois réalisés sur place.

    « Tu enlèves les contrefaçons, il n’y a personne qui rentre au Marché du Soleil ! Sur 180 box il y en a 20 qui n’en vendent pas. La vente de contrefaçons a explosé en 2016-2017. Tout le monde s’est mis à en vendre », relate Abdelmalek Es Saddouki, gardien depuis 2011, qui nie avoir tenté de corrompre un douanier le 5 mai 2025. Le gabelou est formel : « Il m’a demandé de ne pas contrôler le camion et a spontanément proposé de l’argent à plusieurs reprises. “Tu veux combien ?” “Si tu ne veux pas pour toi, prends pour tes enfants”. »

    Les chiffres de l’Office national anti-fraude parlent. En 2024, 24 711 articles de contrefaçon ont été saisis dans 12 box différents, pour une valeur de 2 016 000 euros. Sur les sept premiers mois de 2025, 19 939 articles de contrefaçon saisis dans quatre box différents et les parties communes du 1er étage pour 5 190 000 euros. Depuis 2023, ce sont 47 348 articles saisis de plus de 26 marques contrefaites pour une valeur totale de 7 698 000 euros. Le chiffre d’affaires global annuel du Marché du Soleil, estimé en valeur haute par les Douanes en prenant un ratio de 80% de box proposant des contrefaçons et un chiffre d’affaires de 800 euros par jour, pourrait s’élever jusqu’à 31,5 millions d’euros.

    Second gardien depuis trente ans et collecteur des loyers pour Georges Dahan, 81 ans, le propriétaire du marché, Abdelhamid Djermoune conteste tout : « Ce sont des ragots. On est impuissant avec Dahan à lutter contre la contrefaçon. » Même s’il dit en acheter pour ses frères en Algérie : « Au début, on fermait les magasins et on a pris des coups. J’ai déposé deux plaintes. Je suis menacé. Quand j’ai coupé l’électricité à des commerçants une dizaine de fois, on m’a agressé, frappé et cassé ma voiture. Il n’y a pas de solution, sauf fermer le Marché. » Il rame pour expliquer l’écoute dans laquelle il parle avec Georges Dahan de « l’argent noir » des loyers perçus, 99% en espèces.

    Aucun vendeur ne figure parmi les 18 prévenus, dont trois sociétés. La plupart ne sont pas déclarés, sont sans papiers et payés de 30 à 60 euros par jour. Interrogé sur sa cargaison de 1 000 paires de fausses Nike TN, l’un d’eux expliquait aux enquêteurs : « Je vends tout le temps 35 euros. C’est pour les pauvres qui ne peuvent pas se payer des baskets à 200 euros. À 95%, mes fournisseurs se trouvent en Turquie. » Il s’approvisionne à Clignancourt ou Aubervilliers et paye cash la marchandise.

    Beaucoup regardent Leïla Hireche, 56 ans, la gestionnaire au quotidien du marché depuis 2022, comme un personnage central du système, celle qui attribue les box, celle qui appelle des policiers municipaux pour les mauvais payeurs. « Lorsqu’elle appelle les policiers, ils viennent et ils font ce qu’elle demande : mettre la pression ». « C’est une mafieuse. Même la DZ Mafia ne fait pas ça. Elle a fermé des magasins aux gens », accuse un commerçant. « Elle fait ce qu’elle veut car c’est elle aussi qui fait les papiers pour les sous-locations, elle gère tout », a dit aux enquêteurs Haouari Abed Boumediene, président de l’association des commerçants, qui ajoute : « Georges Dahan, c’est le propriétaire du Marché du Soleil. Lui, tant que l’oseille rentre, il en a rien à foutre, il fait totalement confiance à Leïla. Et avec tout le respect que je vous dois, elle tient les 300 commerçants par les couilles. »

    « Je ne vais pas contrôler ce qu’il y a dans chaque carton. » « Ce n’est pas à nous de contrôler d’où vient l’argent et ce que font les locataires, réplique Leïla Hireche. On n’a aucune relation avec la contrefaçon. On galère pour se faire payer. La société a 700 000 euros de dettes de loyers. »

  • Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    « On a décidé, avec les organisations syndicales progressistes, celles qui ont conscience du moment dans lequel on se trouve, de nous mobiliser aujourd’hui devant l’UPV », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Et de poursuivre : « On a des adversaires de classe aussi bien dans la classe politique que dans le patronat visiblement, puisqu’ils s’acoquinent les uns avec les autres. »

    D’où la nécessité de se rassembler et de construire un rapport de force pour refuser cette connivence antisociale et leurs offensives. « La majorité gouvernementale, bien aidée par l’extrême droite, veut voler le 1er Mai aux salariés qui sont en première ligne, c’est-à-dire les salariés du commerce », reprend le patron de la CGT dans le Var.

    Une nouvelle tentative d’enfoncer aujourd’hui un coin dans les acquis sociaux, après deux premières charges infructueuses en janvier et en avril, avec le passage au Sénat « d’une proposition de loi qui ouvre en grand les possibilités de déroger au 1er Mai avec le travail des boulangeries et des fleuristes ».

    Un attrape-nigaud, prévient-il, puisque derrière la rhétorique de défense du petit commerce, c’est encore au profit des grands groupes, comme Interflora et Carrefour, que la majorité veut légiférer. « Et si on laisse passer ça, on s’expose à d’autres coups bas, met en garde Richard Roméo-Giberti. On voit très bien que leur intention, c’est de s’attaquer in fine, notamment à la cinquième semaine de congés payés ». Et de poursuivre : « Le 1er Mai, on n’y touche pas. C’est le seul jour chômé pour tout le monde et c’est le fruit de décennies et de décennies de luttes sociales. »

    Pas de justice sociale

    sans solidarité

    Pas question en tout cas, « après s’être fait voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans », d’accepter de laisser banaliser le travail le 1er mai, « au nom du profit et des lobbies économiques ».

    « Nous refusons cette attaque symbolique et sociale ! Le 1er Mai est un jour de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Il appartient au monde du travail, pas aux actionnaires », affirme avec force Zoé Desmoulins (Solidaires), lors de la prise de parole de l’intersyndicale.

    Géraldine Compain (Unsa) met en évidence, elle, que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ». D’autant plus une aberration, dénoncent les syndicats, que pendant que « la vie chère étouffe la population, les grandes entreprises accumulent les profits ».

    L’intersyndicale exige donc l’augmentation immédiate des salaires, pensions et minima sociaux ; l’indexation des salaires sur les prix ; ainsi que le blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.

    Julie Birebent (FSU) a rappelé comment, pendant ce temps, comme toujours, « l’extrême droite tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat ». Et vote, impunément pour l’instant, contre les intérêts des salariés, contre les droits syndicaux et contre les solidarités.

    « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division », a martelé Anaïs Pascual (CGT). De l’unité, il va en effet en falloir pour défendre efficacement les droits et les libertés menacés. « Il n’y a pas de justice sociale sans démocratie et sans solidarité », insiste-t-elle. Et de poursuivre : « Nous exigeons des salaires pour vivre, pas survivre ! »

    Une aspiration largement partagée qui devra se traduire par de grandes mobilisations politiques et sociales pour aboutir.

  • À Aix, les boutiques n’échappent pas aux difficultés économiques

    À Aix, les boutiques n’échappent pas aux difficultés économiques

    Le centre-ville d’Aix-en-Provence n’échappe pas à la fermeture silencieuse de ses commerces. Récemment, l’épicerie solidaire Yapagaspi a baissé le rideau. Le cœur d’Aix a aussi vu Boulanger, mastodonte de l’électroménager quitter le Boulevard des Belges. Plus tôt dans l’année, la Librairie indépendante le Lagon Noir s’en allait. Plusieurs fois, notamment en conseil municipal, la faute aux loyers commerciaux coûteux a régulièrement été pointée du doigt. La Ville, ayant pourtant instauré, dès 2023, un droit de préemption commercial dans plusieurs zones de la Capitale de Provence. Marc Pena, député PS de la 11e circonscription et élu d’opposition, estime que ce sont « 30 % des commerces qui ont fermé (ces dernières années). La diversité se perd, les commerces sont souvent éphémères. Ce qui ne marche pas, ce sont les loyers. Pourtant l’activité, à Aix, n’est pas nulle, il y a des consommateurs pour tout. » Côté commerçants, les causes aux fermetures et difficultés sont diverses : économie nationale, loyers, aussi, beaucoup l’absence de parkings… « Bien sûr que le loyer prend une part importante du chiffre, mais ce qui prend une part beaucoup plus importante par rapport à la productivité, c’est les salaires, explique Sandrine Ratier, gérante de la boutique Artyana et secrétaire générale de l’Association des commerçants du centre-ville. Mais aussi la suppression des exonérations pour les charges des apprentis. » Selon elle, si, depuis le second semestre 2024 la situation commerçante s’est « compliquée », un « élan » économique peut être attendu dans les semaines à venir.

  • [Rue de la République] Audrey Garino : « Le fil rouge, c’est le droit au logement »

    [Rue de la République] Audrey Garino : « Le fil rouge, c’est le droit au logement »

    La Marseillaise : Comment travailler la question du coût du logement ?

    Audrey Garino : Ce problème est la conséquence de problématiques qu’on doit travailler avec de la production évidemment de logements sociaux mais aussi sur son coût propre et donc l’encadrement des loyers. La ville le demande depuis longtemps et on sera proactif pour que le gouvernement l’accorde à Marseille. C’est un des premiers combats politiques que nous porterons. Cela s’inscrit aussi dans la question de la transparence et des critères d’attribution de logements sociaux, et la régulation des meublés de tourisme.

    Et en matière d’habitat indigne ?

    A.G. : Dans la continuité de ce qui a été engagé sur la réhabilitation du parc ancien, sur la lutte contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil, on souhaite faire avancer certaines mesures comme l’extension du permis de louer. Il y a aussi pour les copropriétés dégradées le suivi des Orcod-IN. Comme l’encadrement des loyers elles ont été demandées par la ville, pas par dogmatisme mais parce qu’on a besoin de ces outils pour permettre aux Marseillais de mieux se loger. Puis on parle souvent du parc privé mais il y a aussi le parc social qui est dégradé. C’est une préoccupation et une réflexion globale pour accompagner ces locataires et rétablir le rôle de gendarme de la Ville sur tous les lieux de vie.

    Votre délégation comporte aussi la question de l’hébergement ?

    A.G. : Elle intègre les sujets d’hébergement d’urgence. Cela pose la question de l’adaptation du logement et ouvre la réflexion sur un véritable parcours dans le logement aux différentes étapes de la vie. Tout ça fait partie d’un plan d’action vaste avec une vraie réflexion sur un parcours de la rue jusqu’au logement. On a, à Marseille une réalité de sans-abrisme extrêmement forte, il faut adapter la réponse politique. Il ne faut pas simplement créer des places d’hébergement d’urgence, et on le fera parce que ça fait partie de nos engagements, mais aussi voir évoluer certains dispositifs comme Logement d’abord. Tout ça fait partie d’un plan d’action d’ensemble. Le fil rouge, c’est le droit au logement. Le logement est un droit dans la loi mais malheureusement pas un droit dans les faits. L’ensemble de nos réflexions doivent concourir à ce qu’il le devienne.

  • Chez 13 Habitat, de l’argent pour être enfin relogé

    Chez 13 Habitat, de l’argent pour être enfin relogé

    Alors qu’il est sous astreinte de 65 euros par jour de retard à se conformer à un arrêté préfectoral d’insalubrité de juin dernier, l’office public 13 Habitat n’a toujours pas relogé une mère dont l’appartement est couvert de moisissures et saturé d’humidité cité Louis-Loucheur, 17 bd Baudelaire (4e). 290 jours plus tard, le bailleur social dans la tourmente reste sourd aux injonctions du préfet étant souligné que l’arrêté pointait déjà son « absence de réponse ».

    Après qu’Assiata Abdou a « appelé au secours » La Marseillaise en novembre, le bailleur public du Département a fini par reconnaître que la situation « nécessite de gros travaux de remise en état, de plomberie et d’isolation qui ne peuvent pas être réalisés en milieu habité ». Côté face, il s’excuse par voie de presse. Côté pile, il lambine, pratique l’intimidation en envoyant par huissier un commandement de payer des loyers pourtant suspendus. Si un logement vacant a fini par être attribué à Mme Abdou le 26 février dans une cité à la Blancarde, 13 Habitat l’a encore invitée à patienter « quelques jours » le temps d’une « remise en état ». Le bailleur social qui a déjà explosé les 3 mois impartis par l’ARS, a ensuite inventé un « préavis d’un mois » avant qu’elle aménage.

    Sollicitation douteuse

    Dernier événement, Mme Abdou s’est vue subitement réclamer jeudi par téléphone 3 000 euros d’une agent de la direction du contentieux si elle voulait intégrer le nouveau logement. Aucun écrit. « On m’a appelée ce jeudi matin à 9h30 pour me dire que si je ne réglais pas les 3 000 euros d’impayés de loyer, je ne pourrais pas accéder au nouveau logement », raconte Assiata. « Mais il n’y a pas d’impayés. J’ai toujours réglé mon loyer depuis octobre 2022 jusqu’à l’arrêté d’insalubrité. Je ne comprends pas. J’ai reçu en juillet un courrier de la CAF et un autre du préfet me disant de ne plus verser de loyer. Pour m’en assurer, j’ai appelé l’ARS et la CAF qui me l’ont confirmé. » C’est l’application basique, stricte de l’article L521-2 (CCH) : en cas d’arrêté d’insalubrité ou de péril, « le loyer en principal ou toute autre somme versée en contrepartie de l’occupation cessent d’être dus ». Pour rappel, la perception de loyer sur un local en péril ou insalubre est un délit pénal puni de trois ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende. Le même article L521-4 (CCH) vise aussi le « refus de procéder à l’hébergement ou au relogement de l’occupant bien qu’étant en mesure de le faire ».

    Interrogé par La Marseillaise sur cette contrepartie demandée au parfum pénal, 13 Habitat répond par communiqué : « Notre service contentieux lui a proposé cette semaine un plan d’apurement de dette, sans avoir connaissance de cette suspension de loyer. » Comment un service contentieux qui gère un parc déjà frappé de dix arrêtés d’insalubrité depuis 2020 dans les Bouches-du-Rhône et de cinq arrêtés de péril à Marseille sur son patrimoine à l’abandon peut dire qu’il ignore non seulement la réglementation, sauf à être d’une incompétence abyssale ou bien à vouloir faire renoncer la victime à ses droits ? Reconnaissant une sollicitation douteuse, 13 Habitat prend la précaution d’indiquer : « L’attribution d’un logement social est gratuite et ne saurait en aucun cas être contrepartie d’un paiement. Si tel était le cas, il faut impérativement nous en informer pour engager des poursuites contre les auteurs. »

    Pour rappel, la seule créance dont est redevable 13 Habitat, c’est vis-à-vis du préfet et des locataires méprisés, pris au piège de la cité Louis-Loucheur. « Si vous saviez le nombre de personnes complètement démunies dans cette cité qui ont fini par partir car leurs enfants font de l’asthme, des allergies importantes au point d’avoir un protocole à l’école pour la cantine. D’autres personnes les remplacent sans travaux » rappelle Assiata, accompagnante d’élève en situation de handicap qui s’interroge sur la valeur d’un arrêté du préfet.

    Le bailleur social pointé de nouveau par Marsactu il y a dix jours pour « l’attribution turbo » d’un logement au fils de la secrétaire au CD13 du nouveau président de 13 Habitat, Jean-Marc Perrin, conclut : « Les travaux de remise en état de cet appartement se poursuivent : la locataire pourra s’y installer dans quelques jours. » Et on est prié d’y croire.

  • Les étudiants mobilisés contre la hausse des loyers

    Les étudiants mobilisés contre la hausse des loyers

    Aujourd’hui, le premier poste de dépense pour les étudiants est leur logement », soupire Enola Kraemer. Alors pour la représentante du Scum, syndicat étudiant à Montpellier, la dernière hausse des loyers Crous ne passe pas.

    « C’est la quatrième fois en trois ans que le Crous augmente les loyers de son parc. Là, c’est une hausse de 1,4%, ce qui représente environ 30 euros par mois. Alors que la précarité étudiante ne cesse d’augmenter », poursuit la vice-présidente étudiante de l’université Paul-Valéry. Soit environ 350 euros à l’année. Pour faire entendre leur colère, les syndicats étudiants* se sont donc rassemblés devant les grilles du rectorat le 11 mars, lors du conseil d’administration du Crous Occitanie qui a entériné cette augmentation des loyers. Les étudiants, qui ne représentent que sept sièges dans un conseil de 23 membres, n’ont pas pu faire capoter le vote.

    Si la précarité augmente en France ces dernières années, force est de constater que les étudiants sont touchés de plein fouet. « Lors de nos distributions alimentaires, on voit des centaines d’étudiants faire la queue pendant plus d’une heure pour des paquets de pâtes, du pain et des conserves. Et on doit refuser du monde car nous n’avons pas la capacité de donner à tout le monde, ce qui est scandaleux dans une puissance économique comme la nôtre », constate amèrement Fabien Bon, membre du Scum.

    Des loyers impayés

    Les étudiants étrangers extra-européens sont encore moins bien lotis. Dans un contexte de xénophobie latente portée par la droite et l’extrême droite, ces derniers sont encore plus précarisés. « On leur a supprimé les APL [Aides personnalisées au logement, Ndlr]. Or, ils sont déjà surreprésentés dans la précarité étudiante. Ils sont donc obligés de travailler pour financer leurs études », poursuit Enola Kraemer. Mais même avec un travail – près de la moitié des étudiants exercent une activité salariée parallèlement à leurs études – certains n’arrivent pas à joindre les deux bouts. « Des gens se retrouvent avec 100 euros de reste à vivre pour le mois entier. Dans les logements du Crous de Montpellier, il y a une augmentation de près de 50% des loyers impayés, ce qui représente 130 000 euros. Cette nouvelle hausse est totalement scandaleuse », fait valoir Floriane Dahan-Torralbo, membre du Poing levé, autre syndicat étudiant. Dénonçant une « logique de tri social » opéré par le Crous, les syndicats demandent le gel des loyers et l’annulation des impayés, avant de mettre en place une baisse progressive qui irait « jusqu’à 150 euros par mois pour 9 ».

    *Scum, Le Poing levé, RUSF.

  • Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    L’universitaire émérite Élisabeth Dorier, géographe au laboratoire Population Environnement Développement (LPED) d’Aix-Marseille Université, investigue depuis le drame de la rue d’Aubagne l’ingénierie complexe de la mise en sécurité des immeubles marseillais qui, depuis 2020, s’est considérablement renforcée et structurée.

    1 638 adresses en péril

    Selon les bilans de la Ville dont « plus de transparence est souhaitée » selon la géographe, 2 343 arrêtés de péril ont été pris entre novembre 2018 et septembre 2025. Le rythme annuel reste soutenu avec 250 nouvelles adresses depuis 2021 et 287 sur l’année 2025. La cartographie des 1 638 adresses en péril retenues (hors explosion de Tivoli, incendies, murs de soutènement, etc.) met en exergue les zones avoisinant le drame de la rue d’Aubagne, mais aussi l’héritage de périls anciens depuis 2014, traités alors par le mépris. Mais aussi ceux issus du regain d’attention et de l’action volontariste portés sur les 4 îlots prioritaires de la SPLA-IN (Société publique locale d’aménagement d’intérêt national) et les opérations en Orcod-IN (Opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national) sur déjà 4 des 17 copropriétés privées dégradées qui vont d’ailleurs générer de « nouveaux chassé-croisé de délogés ».

    « La municipalité n’a pas toutes les clés en main, analyse Élisabeth Dorier. Benoît Payan reste tributaire de politiques partenariales largement pilotées et financées par l’État et la Métropole. On l’a mesuré avec l’hostilité de Martine Vassal à l’encadrement des loyers, les freins mis à l’extension du permis de louer qui se réduit, sur la carte, à de petites tâches à la Belle de Mai et Hoche-Versailles. » La cartographie des arrêtés de mise en sécurité en procédure urgente correspond aussi « aux périmètres d’actions planifiés et notamment d’Euromed et à ses marges », observe la chercheuse, critique pour affirmer que « l’urgence est souvent mise au service de grands projets et là, je considère qu’il y a un dévoiement de l’urgence car beaucoup de ces immeubles dégradés étaient identifiés de longue date ».

    Évacuations en baisse

    Globalement, le nombre d’arrêtés de mise en sécurité pris en procédure urgente baisse et parmi eux, seuls les cas graves (70%) entraînent des évacuations. « D’un côté, il y a la volonté d’éviter la violence sociale d’évacuations traumatisantes en un quart d’heure en oubliant les lunettes et le chat. De l’autre, il y a l’argument du coût des évacuations car 80% des ménages sont relogés par la Ville. Les propriétaires privés collaborent peu au relogement de leurs locataires », observe-t-elle. Ce qui oblige ensuite la Ville à se lancer dans le recouvrement des frais d’hébergement avancés.

    Les mainlevées

    Les arrêtés de mainlevée progressent, ce qui est la traduction d’un traitement pérenne des situations. Les sorties de péril ont concerné 251 immeubles en 2025 et 220 en 2024, contre seulement 79 en 2021. Mais le stock d’adresses à suivre a augmenté avec plus de nouvelles procédures lancées que de procédures clôturées. La purge de l’immobilier indigne se poursuit.

    Relogements définitifs

    C’est un point de tension certain. Entre 2018 et 2025, 3 498 ménages, soit 7 776 personnes, ont été évacués. On estime à 25% le nombre de personnes ayant échappé à ce décompte officiel lors de la période folle 2018-2019. En tout, 454 ménages ont bénéficié d’un relogement définitif ailleurs qu’à l’adresse évacuée, à 92% en logement social, soit environ 12% des évacués. Dans cette part déjà congrue de relogés définitifs sont intégrés les 75 ménages du périmètre du haut de la rue d’Aubagne, relogés sous l’ancienne municipalité dans du social diffus et ceux dès 2019 des immeubles neutralisés par déclarations d’utilité publique.

    « Ce faible taux interroge la production de logements sociaux et exige un changement de braquet de la Métropole », alerte Élisabeth Dorier, qui est aussi membre du Comité de suivi de la Charte du Relogement. « Les relogements définitifs concernent surtout des évacués d’immeubles tellement délabrés ou de propriétaires tellement peu coopérants (travaux pas démarrés ou qui s’éternisent) qu’ils ont été placés sous maîtrise publique pour être rénovés », observe l’universitaire.

    « Les relogements définitifs butent sur les carences en logements sociaux dans les arrondissements centraux – où il y a pourtant de nombreux logements vacants ou utilisés en location saisonnière – et sur le fait que la quasi-totalité des logements sociaux marseillais sont concentrés dans les mêmes quartiers. » Autre frein, « le manque de solidarité métropolitaine et interarrondissements. Les pires carences en logements sociaux ne concernent pas la Ville de Marseille qui n’a pas la main. La Ville s’est engagée à fond dans le suivi des signalements, les missions de diagnostic et de placement sous arrêté de péril et elle se retrouve à devoir gérer l’hébergement provisoire de ménages que les propriétaires n’assurent pas, alors qu’ils ont été à la hauteur pour percevoir les loyers. La marge de manœuvre de la Ville en relogement est très faible car la Métropole n’est pas à la hauteur de ses prétentions. L’insuffisance de la production métropolitaine en logement social et les très forts déséquilibres sur son territoire sont criants », démontre Élisabeth Dorier.

    De guerre lasse, des évacués sortent d’eux-mêmes du dispositif pour se reloger par leurs propres moyens. En 2025, on compte une vingtaine de départs volontaires, mais aussi, selon la Ville, 61 ménages qui refuse de réintégrer le logement d’origine après mainlevée du péril. « Ce qu’on voit aussi tendanciellement, c’est l’éloignement au fil du temps du lieu de relogement. »

    Travaux d’office

    La municipalité a ouvert une autorisation de programme de 48 millions d’euros de travaux d’office, en novembre 2020. Sous Gaudin, le budget s’était perdu en études et conseils avec seulement 168 000 euros consacrés en 2018… En 2024, 40 chantiers ont été achevés, qui avaient mobilisé 3,9 millions d’euros aux frais avancés des propriétaires défaillants, contre 4,2 millions en 2023. Huit chantiers ont été achevés en 2025, cinq nouveaux ouverts au dernier trimestre dernier. 23 immeubles sont encore pris en charge.

  • Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Sur injonction du préfet, le bailleur social Erilia a plaidé, vendredi, devant le tribunal de proximité de Marseille, pour la résiliation du bail de deux familles de la cité de la Castellane (16e) en invoquant la condamnation d’un des enfants pour trafic de stupéfiants. Erilia est le premier bailleur social, à Marseille, à activer ce nouveau modèle d’expulsion, instauré par la loi contre le narcotrafic du 13 juin 2025 et laissé à la discrétion des préfets.

    Plusieurs conditions doivent être réunies : des « agissements » en lien avec le trafic de stupéfiants qui troublent l’ordre public de « manière grave ou répétée » et perturbent la jouissance paisible « aux abords du logement ou dans le même ensemble immobilier », ou des « comportements » qui portent « atteinte aux équipements collectifs utilisés par les résidents, à la sécurité des personnes ou à leur liberté d’aller et venir ».

    Partenaires d’expulsions en « circuit court »

    En dialogue avec la préfète de police déléguée, le tribunal judiciaire de Marseille a instauré un « circuit court » pour prioriser et accélérer ces expulsions déjà dérogatoires au droit commun. Erilia demande ainsi l’expulsion d’une mère et de ses enfants de 17 ans, 23 ans et 25 ans pour les agissements de Chamsedine, 21 ans. Le bailleur invoque une décision qu’il ne produit pas, selon laquelle il a été condamné, il y a six mois, à 18 mois de prison dont 9 avec sursis pour trafic de stupéfiants.

    Présent à l’audience, le bailleur social est au garde-à-vous. « Erilia a répondu positivement au préfet car elle est soucieuse de participer activement à la politique publique de la lutte contre les trafics. Cette loi a un côté moralisateur, c’est vrai, mais le législateur l’a voulu ainsi », plaide son avocat, Me Janis Leclanche. Elle rappelle « la violence extrême du narcotrafic avec 85 morts en 2023 dont 49 à Marseille », « le climat insoutenable qu’il fait peser sur les habitants ». Erilia affirme sur la foi d’un compte rendu d’enquête que le jeune a été arrêté avec deux individus déjà condamnés dans un véhicule quittant la cité avec 1,2 kg de résine de cannabis et 630 gr de cocaïne à bord. Que Chamsedine s’était proposé d’aller « travailler en bas » comme « ravitailleur » du réseau pour « rembourser une dette ». Pour Erilia, « le titulaire du bail est responsable des troubles des occupants habituels de son logement ». « Peut-être est-ce sévère, mais il faut des exemples. Peut-être s’agit-il d’une petite main, mais s’il n’y avait pas de petites mains, il n’y aurait plus de trafic. »

    « Vous, magistrats, gardez votre pouvoir d’appréciation ! » insiste Me Marilou Poisot pour la famille menacée qui n’a tiré aucun profit du trafic. Leur logement n’est pas en cause. Ce n’est pas un appartement nourrice. Le fils majeur vit désormais chez un oncle. Il serait disproportionné d’expulser une mère et ses trois enfants scolarisés, dont une mineure, et qui a toujours payé ses loyers. « Cette loi a un caractère moralisateur qui revient à dire qu’elle a mal éduqué son enfant. Cela heurte les principes du droit au logement, du droit au respect de la vie privée, de l’intérêt supérieur des enfants. C’est la porte ouverte à l’expulsion de familles entières. » Assise dans la salle, la maman pleure. Sa santé s’est dégradée. Toute la famille vit dans le stress de se retrouver sans toit.

    Le second dossier, toujours de la cité de la Castellane, vise un couple avec quatre enfants, dont deux mineurs. Erilia invoque, sans en rapporter la preuve, l’existence de trois
    condamnations en 2025 pour trafic de stupéfiants de Mouhamadi, le fils de 22 ans, à une peine de travail d’intérêt général, et pour sa dernière en septembre à deux ans de prison, dont un avec sursis et à l’interdiction de paraître à la Castellane. « Il y a de grandes chances qu’il récidive s’il reste chez ses parents et il semble bien être un acteur à part entière de ce trafic », suppute le bailleur.

    « Erilia est sous la coupe d’un préfet sous pression, dénonce Me Sofien Dridi. Leur fils ne vit plus chez eux depuis octobre 2024 et on vous demande avec une célérité exceptionnelle l’expulsion de gens qui n’ont rien commis, aucun trouble de voisinage, qui ont toujours payé leur loyer. C’est mettre à la rue une famille qui ne vit qu’avec les 1 600 euros du travail du père. » Dénonçant une procédure abusive, il réclame d’Erilia 1 000 euros pour chacun des membres de la famille et autant en préjudice moral.

    Délibéré le 19 mai.