Tag: Loisirs

  • La préfète de police lance des assises de la prévention

    La préfète de police lance des assises de la prévention

    « La lutte contre les stupéfiants ne fonctionne que si on a deux jambes, le répressif et la prévention » pose la préfète de police déléguée, Corinne Simon, à la veille du lancement d’assises sur le sujet. « Il se passe plein de choses mais chacun fait ça dans son silo », poursuit-elle. L’idée : « mettre en place un plan départemental de lutte contre l’entrée des jeunes dans la délinquance et le trafic de stupéfiants » en favorisant « l’échange d’informations avec les acteurs qui se trouvent autour de l’enfant, pour anticiper et agir ».

    « On a besoin d’avoir des signaux faibles » détaille la préfète, « un jeune qui a un taux d’absentéisme à l’école, ne va plus à son club de sport, change de copains, en rupture avec ses parents… Tout ça mis bout à bout, ce sont des alertes ». Pas de « grand raout » mais du « pratico-pratique », promet-elle avec une première réunion pour faire « un état des lieux ». Les objectifs seront définis « ensemble ».

    Autour de la table ce vendredi 6 février, 25 coordinateurs des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), obligatoire pour toutes les villes de plus de 5 000 habitants, soit 51 dans le département, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), les trois procureurs de la zone, le responsable du centre loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), des délégués du préfet pour la politique de la Ville. Dans le cadre d’un appel à projets de la Mildeca, « Limits », deux communes des Bouches-du-Rhône sur les 30 retenues en France, viendront aussi partager leur expérience. Pas d’élus pour cause de municipales, ni d’associations, en période de subventions.

    Une cellule d’appui

    Quand on objecte que ces assises arrivent bien tard, au regard des appels à l’aide des acteurs de terrain, la réponse tombe. « On n’a pas attendu pour faire des actions » balance Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, à la manœuvre avec Pierre Gilardeau, directeur de cabinet adjoint de la préfète. « Chaque année, au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, je présente ce que l’on fait avec le CLJ. On est passé de modules de lutte contre l’addiction à un module basé sur la notion de dette [qui fait que] le jeune ne peut plus sortir du réseau, basé aussi sur l’expérience des jeunes ciblés sur des collèges », précise-t-il.

    En « lien avec la Mildeca », précise Pierre Gilardeau, la préfète et son équipe réfléchissent aussi à la création d’une cellule administrative départementale « qui pourrait apporter un appui au travail fait par les communes qui a peut-être ses limites » explique Jean-Christophe Roux, à l’image de la Cepraf, cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles. Prochaine étape avec une seconde réunion à l’été.

  • Le salon des seniors de La Ciotat sait allier l’utile à l’agréable

    Le salon des seniors de La Ciotat sait allier l’utile à l’agréable

    « Le salon est un lieu où les seniors peuvent retrouver toutes les informations qui les concernent, délivrées par les services de la Ville, et des exposants. On met aussi en évidence des associations ciotadennes pour que les seniors découvrent leurs activités », présente Patricia Tudose, adjointe à la vie du Bel âge. Dans une ville qui compte près de 36% de plus de 60 ans, ce salon, où l’entrée est gratuite, qui propose aussi des ateliers a attiré l’an dernier 2 500 personnes. À la fois pratique et ludique, le salon est scindé en deux espaces.

    Initiation à l’escrime

    La salle Paul-Eluard réunira 60 exposants. Des acteurs institutionnels tels que le Centre communal d’action sociale (CCAS), la Maison des seniors, guichet unique créé par la Ville en 2016, la Maison du Bel âge ainsi que le pôle infos seniors « Garlaban-Calanques » tiendront des espaces dédiés pour orienter les familles. L’offre sera complétée par les associations. L’antenne ciotadenne de l’action coordination de lieux d’accueil aux personnes âgées (Aclap), par exemple, « s’occupe de personnes âgées isolées à domicile. Nous avons une vingtaine de bénévoles et nous en recrutons pour aller leur rendre visite, les accompagner dans leurs tâches administratives, les écouter, les distraire », explique une dame. Une asso de professionnels de santé libéraux se propose « de repérer les points d’alerte » en matière de santé chez les visiteurs du salon. Le Pôle animation s’installera salle St-Marceaux. Le 6 février de 10h à 12h, Georges Nagy animera un atelier de prévention en matière de vols (escroquerie par internet, vols par ruse…). De 16h à 18h, l’infatigable Caro (asso As de Caro) initiera le public à la danse en ligne. Le 7 février, de 10h à 12h, Maxime Schneider fera découvrir l’escrime aux seniors (club de Gémenos). De 14h à 18h, découverte du jeu de poker, par une asso ciotadenne.

  • Avec le projet « Immersion », l’atelier mécanique de La Seyne va connaître un second souffle

    Avec le projet « Immersion », l’atelier mécanique de La Seyne va connaître un second souffle

    C’était déjà dans les tuyaux depuis quelques mois, mais la municipalité ne voulait pas communiquer tant que tout n’était pas ficelé. C’est désormais entériné : après l’abandon de plusieurs projets, un espace mêlant activités culturelles, scientifiques, et loisirs, va investir les lieux d’ici décembre 2030. « C’est la concrétisation d’un projet qui tient à cœur aux Seynois, mais pas seulement car il présente un intérêt au-delà de la commune », se félicite Joseph Minniti (LR), le maire de la Seyne. Baptisé « Immersion », il sera porté par un groupement composé de 18 promoteurs, financeurs, architectes, bureaux d’études et partenaires. C’est la SAGEM qui, en sa qualité de mandataire, conduira le projet, qui devrait coûter 100 millions d’euros, uniquement financés par des investisseurs privés.

    Musée, hôtel, pôle d’innovations…

    Le projet se décompose en trois parties. Tout d’abord, un musée immersif de 3 400m² consacré aux enjeux environnementaux et climatiques de la Méditerranée, qui proposera, à l’aide de technologies de pointe, un parcours interactif autour des technologies de la mer et un espace dédié à la mémoire industrielle des chantiers navals. « L’ambition est de proposer une expérience extraordinaire qui fera se déplacer le public », explique Cyprien Fonvielle, représentant l’association Neede, partenaire pour la partie muséale.

    La seconde partie sera consacrée à un pôle d’innovations de 8 000m² composé d’un campus de recherche des métiers de la mer et de la transition écologique, d’un centre international de formations, d’un incubateur de startups, ou encore de bureaux et d’un fablab. Enfin, un espace d’événements, de vie et de services avec des espaces publics (jardin, hall, théâtre de la mer), un auditorium, un hôtel 4 étoiles de 3 400m², un restaurant de 500m² avec un roof-top, et un espace bien-être (spa public) de 800m², complètera cet ensemble.

    Après les différentes concertations, études d’impact et de risques, le permis de construire devrait être déposé d’ici décembre 2026. D’autres procédures administratives s’ensuivront, portant le début des travaux à décembre 2028. La Ville et le groupement porteur du projet espèrent ainsi 200 000 visiteurs annuels, pour des retombées comprises entre 3,5 et 4 millions d’euros.

  • Avec des initiations gratuites, le golf cherche à plaire à tous

    Avec des initiations gratuites, le golf cherche à plaire à tous

    Septième sport qui compte le plus de licenciés en France, devant notamment la natation ou le rugby, le golf ne veut plus être perçue comme une discipline réservée qu’à une élite fortunée. Depuis plusieurs années, le club d’Avignon Châteaublanc cherche à casser cette image et propose, les week-ends, des initiations de deux heures totalement gratuites *. Avec « un objectif simple : rendre ce sport plus accessible et le faire découvrir au plus grand nombre. Ces séances permettent à des personnes de tous horizons de franchir la porte du golf, souvent pour la toute première fois, dans un cadre convivial et sans engagement », présente Adrien Scafidi, responsable communication du golf.

    En ce dernier samedi de décembre, une dizaine de personnes aux profils très variés s’est inscrite. Sous un beau soleil hivernal, Gabriel, prof du jour, remet un set de plusieurs clubs à chacun et, avant même de parler vocabulaire golfique et technique, démine le terrain. « N’importe qui peut se rendre au golf, il y a un bar-restaurant accessible à tous [à l’issue de l’initiation, une consommation est même offerte] tout comme le practice [terrain d’entraînement] avec des seaux de 40 balles à 3,20 euros donc le côté cher, on oublie d’entrée », pose-t-il. S’en suit un cheminement en plusieurs étapes sur le green, « qui s’apparente le plus au minigolf », au plus près du trou puis en s’en éloignant et changer de type de club d’un putter à un fer 7 ou 9.

    « Je veux en refaire et m’inscrire », apprécie Malo, 14 ans, plutôt branché foot. Preuve que les initiations ne sont pas sans lendemain, « cette année, près de 350 personnes y ont participé et à l’issue, environ 140 participants ont choisi de poursuivre l’expérience en souscrivant un abonnement, ce qui démontre l’efficacité de ces actions pour démocratiser la pratique et renouveler le public du golf », se félicite Adrien Scafidi. Plusieurs formules sont proposées avec des cours collectifs, « où vous vous faites rapidement des connaissances pour ensuite jouer », assure Gabriel ou une formule tout compris avec cours à volonté et un set de clubs offerts. Avec plus de 440 000 licenciés, le golf a connu ces dix dernières années une progression de 8% de ses adhérents. « Ces chiffres confirment que les initiatives de découverte, comme les nôtres, jouent un rôle important dans le renouvellement et l’élargissement du public golfique », conclut Adrien Scafidi.

  • Le centre-ville pour enjeu de la campagne des municipales à Martigues

    Le centre-ville pour enjeu de la campagne des municipales à Martigues

    Il y a comme a un air d’entre-deux-tours en ce dimanche d’entre-deux-fêtes. À la traditionnelle table du PCF sur le marché de Jonquières, La Marseillaise du week-end est disposée pour la vente solidaire habituelle. Les embrassades s’échangent tout comme les chocolats, offerts par une militante. Mais les retrouvailles fraternelles laissent rapidement place à la politique.

    Car les communistes de Martigues sont à pied d’œuvre pour défendre la politique de leur maire-candidat Gaby Charroux au regard du commerce et plus largement du centre-ville. Leur tract du jour fait état d’une « multi-crise » du commerce de proximité : « baisse du pouvoir d’achat des ménages, concurrence des zones commerciales, explosion du commerce en ligne ».

    Cette habitante du quartier de l’Île l’a remarqué. « Le centre-ville et l’Île sont très bien, mais le commerce périclite. Beaucoup ont tiré le rideau rue Lamartine, ça fait peur », estime Claude Brémond. Mais l’enseignante retraitée nuance car « il n’y a pas qu’à Martigues, à Noël on était à Castelnaudary c’était pareil ». Sur l’argumentaire de la majorité, la Martégale depuis 1989 lit entre autres que « la municipalité a acheté 12 locaux commerciaux en centre-ville pour installer des artisans d’art », dans des locaux rénovés car récupérés « souvent en état désastreux ».

    Une Ville « locomotive »

    du commerce

    Claude Brémond approuve la démarche, avec réserve : « Est-ce que les artisans arrivent à vivre ? » après action de la Ville. Questionnée, l’élue de l’Île Marceline Zéphir (PCF), présente, indique que « c’est une des raisons pour lesquelles nous avions à cœur de déplacer l’office de tourisme au centre », sur l’Île. Saoussen Boussahel (PS) abonde : « Office de tourisme… et des loisirs ! Ça ne sert pas que pour les touristes et de nombreuses activités gratuites sont organisées. »

    Pierre Delareux, arrivé de Marseille depuis trois semaines, parle de « bonnes idées ». Mais l’ingénieur prévient : « Attention à la gentrification et à la désertification », prenant le quartier du Panier en exemple, dans lequel « on se balade mais on ne vit pas ». « À l’Île, on a des restaurants et un marchand de glace. Il faut les garder », estime-t-il. Le néo martégal souligne pour ce faire « les nombreuses activités et fêtes qui rendent le centre-ville vivant ». Les jeux en bois et gonflables pour enfants disposés dans le centre ces jours-ci en sont un exemple. Pour Marceline Zéphir, la Ville doit d’être « la locomotive » des commerces, qui attirent des clients pour eux et pour les autres. Le tract qu’elle distribue indique 4 000 places de parking gratuites, que le nombre de locaux vacants est « stable » depuis 2015 pendant que « 150 commerces ont ouvert depuis le début du mandat ».

    La mise en place d’un guichet unique pour l’installation des commerçants est l’une des propositions de la majorité pour le prochain.

  • La fréquentation touristique en augmentation à Martigues

    La fréquentation touristique en augmentation à Martigues

    « Martigues est une destination touristique », affirme le maire (PCF), Gaby Charroux, en marge du conseil d’administration de l’Office du tourisme, lundi matin, à l’occasion d’un point presse de clôture de la saison touristique.

    L’année 2025 fait figure de cru particulier, avec la retombée de l’« engouement des Martégaux », selon l’édile, pour le nouvel Office du tourisme qui a pris place dans l’hôtel Colla de Pradines, rénové en 2024. Mais aussi par l’arrivée en poste de direction de l’Office de Jean-Jacques Micoud, au mois d’avril dernier.

    En substance, ce dernier note « une progression de 7% de la fréquentation en nuitées » dans le secteur marchand, soit les hôtels, campings et autres locations touristiques, passant de 392 620 nuitées à plus de 420 000 pour l’année 2025. Des chiffres « basés sur la taxe de séjour ». Cette dynamique est double pour les seuls campings, avec une progression de 14%.

    « Le budget des ménages est contraint »

    Mais cette « belle dynamique » que qualifie Jean-Jacques Micoud a un revers. « Les chiffres confirment une augmentation de la fréquentation, mais les restaurateurs ont l’impression d’une baisse », remarque le directeur de l’Office, qu’il explique par « le budget contraint des ménages qui les conduit à arbitrer leurs dépenses sur les restaurants et les souvenirs ». « Beaucoup ne prennent plus qu’un seul dessert pour deux et certains restaurants ne proposent même plus les deux cuillères mais les amènent directement », observe-t-il.

    Du reste, l’objectif de la Ville est d’« accroître sa notoriété, d’étaler les flux touristiques dans le temps et d’améliorer les retombées économiques et d’image », comme l’indique Gaby Charroux. Notamment avec l’étang de Berre. « Ce joyau dont la situation s’améliore », juge l’édile, « un espace très apprécié des navigateurs et d’ailleurs, un championnat de France y est organisé l’été prochain ce qui promet une concentration très importante », annonce le maire.

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    Ils ont tous 16 ans, des envies et des propositions. Et mieux : les défendent. Autour de la table, au centre social de la Martine (15e), Hadidja, Soulayman, Zayan et Iqbal font partie des jeunes que Kader Allem, coordinateur du service jeunesse, comptent bien voir intégrer officiellement un futur « conseil des jeunes », d’ici janvier.

    Sur l’idée qu’ici « on ne consomme pas des loisirs », explique Kader, qui insiste sur le rôle éducatif du centre social. « On doit vous apporter ce que vous n’allez pas proposer », insiste-t-il face aux jeunes, rappelant la sortie au musée d’histoire de Marseille, le matin même. « Génial », reconnaît Zayan. Il faut dire que sur le passage de Kader, ça déménage. En poste depuis 10 mois, il dynamite les idées reçues. Les presque jeunes adultes participent déjà aux réunions avec les responsables du centre. « C’est bien qu’on nous entende », se félicite Hadidja. Cet été, ils ont par exemple pu organiser une sortie bouée tractée. Cela peut paraître anecdotique, mais il a fallu argumenter et débattre pour y arriver face à une équipe de responsables pas convaincue. Une expérience de démocratie bien concrète.

    « Il faut trouver une activité que tout le monde soit en capacités de faire, avec laquelle tout le monde soit d’accord », explique Zayan. « On met tout à plat, chacun donne son avis et on fait une synthèse », complète Soulayman. Déjà organisés en groupes sur les réseaux sociaux pour échanger, ils ont su porter la parole de la majorité. « On ne peut pas dire aux jeunes “vous avez le pouvoir d’agir” et leur dire non », estime Kader, qui espère les voir intégrer à terme le conseil d’administration du centre social pour leur donner la possibilité de s’exprimer sur les projets, le fonctionnement de l’accueil jeunes. Histoire de « co-construire » la vie du secteur jeunes en « trouvant un équilibre ».

    Question de confiance

    « On aimerait des heures plus adaptées », lance Soulayman quand, aujourd’hui, il faut concilier l’accueil des tout-petits avec celui des ados. Dans un grand sourire, Hadidja se souvient de cette rentrée tardive de rando qui a fini sur la plage avec jeux et pique-nique. Plus de séjours, aussi, seraient les bienvenus. « Cet été, on a fait trois voyages dans les Alpes, à Paris et Argelès », raconte Zayan, heureux que « Kader ait tenu parole ». La confiance restant aussi le maître mot de la démarche.

    Le conseil jeunes, c’est aussi l’occasion d’aborder concrètement la question du financement. Une grande injustice, estiment-ils. « On nous dit toujours, y a pas de sous, on trouve ça dommage », commente Soulayman. Kader ne leur cache pas les difficultés, les dossiers déposés dans le cadre de subventions pour les quartiers prioritaires, « on est obligés de jongler ». Et l’État qui diminue tout. « Cela nous inquiète », alertent les jeunes.

    Ils aimeraient aussi que le centre social s’équipe de minibus pour se déplacer plus facilement. Une priorité pour Kader. Dans la vie de tous les jours aussi, l’expérience porte ses fruits. « Cela nous apprend à être à l’aise, à mieux s’exprimer », reconnaît Hadidja. « On est capable d’avoir un avis et qu’il soit pris en compte », ajoute Soulayman. Même si Zayan reconnaît qu’il « n’y a pas moyen » d’aller contre l’avis de sa mère ou d’un professeur.

    « Le pouvoir d’agir »

    Le « pouvoir d’agir des jeunes », c’est bien là le leitmotiv de Kader, qui doit par la même occasion convaincre les adultes.

    « Je suis assez grand pour prendre des décisions, je suis mature, quelqu’un de construit. Avoir 18 ans ça veut rien dire. Je suis un grand garçon », embraye Iqbal. « Des gens de mon âge ont déjà assez de poids sur le dos, beaucoup de responsabilités. Ils travaillent, paient le loyer de chez eux. Je suis assez grand pour que, ma parole, elle compte quand je dis quelque chose. On a tous notre mot à dire, c’est ça la liberté d’expression », insiste-t-il. Et de revenir sur ce qui se passe dans son quartier la Simiane.

    « On a des loyers trop chers. On est au centre des quartiers Nord, mais on est oubliés. Le syndic ne fait rien pour nous. Alors qu’il y a un terrain, on pourrait en faire un vrai stade comme à l’époque de mon grand frère. Là, je sors, je fais quoi ? Je m’assois sur le banc, je regarde l’heure passer ? Alors qu’il y aurait beaucoup de choses à faire », s’indigne-t-il. « C’est vide », confirme Zayan. Les tentatives de dialogue, n’ont « rien donné », déplorent-ils. « J’ai bien pensé à faire une manifestation », confie Iqbal, « mais les gens s’en foutent, car on n’est pas assez de jeunes, on est des générations séparées ».

    De là à évoquer le droit de vote dans les quartiers, il n’y a qu’un pas, qu’il franchit sans souci. « Je parle beaucoup politique avec mon père, je serai capable. Je veux vraiment que ça change et pas que pour moi, aussi pour les plus petits ! », insiste Iqbal. « Je veux pas déménager, je suis né ici, je veux changer là où j’habite », assène Zayan.

  • Draguignan : la gauche livre ses idées sur l’école

    Draguignan : la gauche livre ses idées sur l’école

    Lancée dans la course aux élections municipales, la liste de la gauche et des écologistes « Uni.e.s pour Draguignan » lance une série d’enquêtes publiques sur des thématiques liées aux politiques de la Ville. La première d’entre elles, lancée il y a quelques semaines sur l’école, le périscolaire et les centres de loisirs, a recueilli près de 90 réponses, permettant à la liste de prendre le pouls des Dracénois et de formuler de premières propositions.

    Premier point : les bâtiments scolaires. La question de la chaleur et du manque d’isolation et de solutions pour la contrer a été soulignée par 97% des enquêtés, qui sont 68% à considérer la rénovation des bâtiments scolaire et des cours de récréation comme des priorités. Ils sont 55% en ce qui concerne la végétalisation de ces dernières. Des solutions portées par la liste, qui propose également des rideaux occultants et ventilateurs en urgence, et dans une optique solidaire, la prise en charge de fournitures.

    L’exemple Mouans-Sartoux

    Sur le périscolaire, les avis sont partagés. 15% des sondés trouvent le tarif trop élevé, et les points de vue sur les activités proposées sont disparates. Certains réclament plus de variété, une meilleure organisation, plus de personnel et surtout, plus de souplesse sur l’inscription. Autant de points avancés par Uni.e.s pour Draguignan, qui veut proposer des activités liées à la biodiversité, et des fruits à chaque goûter.

    Dans la même optique est proposée une grande refonte de la cantine, sur le modèle de la commune de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), pionnière en la matière. Celle-ci s’appuie, depuis 2011, sur un potager municipal pour fournir les écoles en légumes bio, et revendique une cuisine 100% bio depuis 2012, avec 80% de gaspillage en moins et des tarifs selon revenus, à partir de 1 euro. Si les résultats de l’enquête montrent un taux de satisfaction correct (38,7% trouvent les repas bons ou très bons, 46,7% ni bons ni mauvais), près de 77% des parents sollicitent la solution d’une régie bio locale.

    Enfin, l’accès aux centres de loisirs interpelle : l’un des préalables est que les deux parents soient en CDI, ce qui suscite « beaucoup de colère chez les parents », affirme Sébastien Rombeaut, l’un des représentants de la liste, qui précise que « les places sont toutes prises en cinq minutes. C’est un réel problème car ça laisse des gens sans solution. » Seuls 7% des parents se sont inscrits « facilement », 88% voyant l’augmentation du nombre de places comme une priorité. 81% trouvent par ailleurs les activités « moyennes ou médiocres ». « Dans une logique sociale, car il est injuste que des enfants soient privés de loisirs », Uni.e.s pour Draguignan milite pour que chaque enfant soit accueilli, en particulier ceux dont les parents travaillent, et pour des activités liées à l’environnement, en se servant entre autres de la possible future ferme bio locale.

  • Navig’arts, ou l’odyssée fantastique

    Navig’arts, ou l’odyssée fantastique

    « Avec Navig’arts, on navigue entre les arts et les époques », résume Nathalie Lainé, adjointe à la culture, aux fêtes et événements.

    Si, en raison de coupes budgétaires, la manifestation, co-financée par la Ville et l’office de tourisme de La Ciotat, se déroule cette année sur un jour au lieu de deux l’an dernier, elle ne paraît rien perdre de sa superbe. Ni de son foisonnement. Ni de son ambition. « Le principe, c’est de mettre les artistes et associations ciotadens en avant », précise Nathalie Lainé. Cette machine à remonter le temps, ou l’anticiper, qu’est Navig’arts nécessite en effet, pour animer ses rouages, « près de 530 artistes et membres associatifs ciotadens », indique l’élue, auxquels il faut ajouter les près de 110 artistes de 22 compagnies artistiques (essentiellement en théâtre de rue) extérieurs à la ville.

    Foisonnement festif

    L’événement va se concentrer*, cette année, essentiellement vers le Port-Vieux, « même s’il y aura des déambulations dans la ville », note Nathalie Lainé. À chaque lieu, est liée une époque. Chaque fois, des ateliers sont proposés et des artistes présents. La Préhistoire a, par exemple, élu domicile rue Bouronne. Le cinéma, au Baromètre. Le pop art, place Esquiros. La Renaissance, place Kranj. Depuis le Port-Vieux jusqu’au Baromètre et à l’église Notre-Dame, le XVIIIe, avec une référence à Napoléon Bonaparte « qui séjourna à La Ciotat lors du siège de Toulon en 1793 » sera représenté, tout comme le XIXe siècle. De l’église vers la galerie du Port, le futur régnera en maître (drones…). À la Chaudronnerie, le disco déchaînera les corps vêtus d’habits de paillettes. De la place de l’Escalet à la mairie, la Grèce, l’Égypte antique et les Vikings se côtoieront… Et toute la journée, les artistes tiendront le haut du pavé. On pourra par exemple croiser Anubis. Ou bien la drôle de machine de Zi Omnibus Cirk. Le génial Rodafonio (Espagne), immense roue tournante dans laquelle jouent cinq musiciens… Et bien d’autres rêveries faites réalité. Jusqu’au point d’orgue**, le spectaculaire et coloré Color Wheels, de la compagnie Off, emblématique des arts de la rue. « Un DJ, dix roues, 10 000 leds. Un spectacle techno monumental. Une chorégraphie urbaine. »

    * De 11h à 22h. Entrée libre. ** À 20h, départ office de tourisme, final sur l’esplanade de la Capitainerie du Port-Vieux.

  • Sur la table, le mariage des plats italiens et provençaux

    Sur la table, le mariage des plats italiens et provençaux

    « Tout le monde s’installe sur de grandes tables. On ne réserve pas », lance, enthousiaste, Sara Sacchetti, à la Chambre de commerce italienne pour la France de Marseille.

    Porté par la Chambre de commerce italienne, avec le département des Bouches-du-Rhône, Provence Tourisme, la Ville et l’Office de tourisme de La Ciotat, Cibo di Strada revient pour la 7e édition. À partir de ce mercredi, la place Evariste-Gras, qui jouxte les Halles Lumière, va devenir un petit morceau d’Italie. Si la Campanie, région de Naples, est en particulier mise en avant cette année; 5 autres régions italiennes sont représentées au sein des 13 food-trucks de la manifestation : le Piémont, l’Émilie-Romagne, la Sicile, la Vénétie et le Latium. « Née il y a sept ans, dans le cadre de Marseille Provence, capitale de la gastronomie, Cibo di Strada, que l’on peut traduire par “cuisine de rue” valorise les similitudes entre la cuisine provençale et la cuisine italienne » développe Sara Sacchetti. Par exemple, les panisses de Marseille, à base de farine de pois chiche dorée à l’huile d’olive et passée au four, ont leur version sicilienne, où l’on y ajoute des gouttes de citron. Les Provençaux proposent « une panna cotta à la lavande », ou « des raviolis à la daube ».

    Parmi les nouveautés de cette édition, figure le choix d’un thème. Avec, cette année, le foot. Avec tous ces ingrédients, le chef Michel Baldasella, propriétaire du Grand Puech, à Mimet, viendra préparer, au cours d’un show culinaire jeudi 27 de 10h30 à 11h30, « les spaghetti alla Maradona ». Un hommage à ce grand footballeur, qui joua dans le club Napoli, à Naples. « Dans cette recette très ancienne du sud de l’Italie, au lieu de saupoudrer les pâtes de parmesan, car tout le monde ne pouvait pas s’en acheter, on utilisait à la place de la chapelure de pain grillée à l’ail », commente Sara Sacchetti. Grand succès de Cibo di Strada, les ateliers culinaires, « où l’on s’inscrit sur place, et où il suffit de venir avec son tablier, les ingrédients sont mis à disposition » sont reconduits « chaque après-midi » à partir de jeudi. Avec comme chef d’orchestre ou chef tout court Agostino Coppola, président de l’association des chefs italiens en France, le public va apprendre à réaliser 4 spécialités culinaires de la Botte salées, et 4 sucrées. Dans l’air, flotteront des airs de chansons italiennes.

    Mercredi (de 17h à minuit), jeudi au samedi (10h30 à minuit), dimanche de 10h30 à 21h. Gratuit.