Tag: logements

  • La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    Le dernier conseil communautaire de Nîmes Métropole, marqué par ses 121 délibérations, a confirmé ce que la gauche locale redoutait : la majorité conduite par Franck Proust (LR) multiplie les décisions structurantes à quelques mois des élections municipales et communautaires. « Une fuite en avant qui engage le mandat suivant », résume Vincent Bouget (PCF), chef de file de la Gauche unie et candidat déclaré à la mairie.

    Sur l’aéroport, la contestation est vive. L’Agglo a validé un contrat de 855 000 euros avec un cabinet d’architectes pour concevoir un schéma de développement sur huit ans. « C’est toujours embêtant de trancher des orientations lourdes alors que le suffrage universel est imminent », dénonce Bouget, qui interroge la pertinence de dépenses et d’engagements de long terme alors que la situation financière s’alourdit. Sylvette Fayet, élue communiste, a pointé une dette de 480 millions d’euros « et des emprunts qui s’accumulent ».

    Les finances ne sont pas le seul sujet d’inquiétude. Sur l’eau, les écologistes du Gard, dans un communiqué, ont fustigé une décision « prise dans la précipitation » : la reconduction de la délégation de service public jusqu’en 2027. « Rien n’imposait une telle urgence. Ce choix prive la future majorité issue des urnes de toute possibilité de revoir le mode de gestion de ce bien commun », écrivent-ils, plaidant pour un passage en régie publique, à l’image de Bordeaux ou Lyon.

    Du côté du logement, le ton est tout aussi vif. Le rapport 2024 présenté par l’Agglo met en avant 800 logements livrés, mais Christian Bastid, élu départemental communiste, dénonce un « déficit de 5 285 logements depuis 2022 » et une réponse « très insuffisante aux besoins des familles populaires ». L’échange s’est tendu avec la vice-présidente Géraldine Rey-Deschamps, qui a répliqué en le qualifiant d’« enfant gâté et capricieux », toujours insatisfait malgré les chiffres avancés. Bastid n’a pas désarmé, rappelant que « pour les logements familiaux, on est à peine à 20 % de l’objectif ». Les projets urbains de la ZAC du Mas Lombard ou du Palais des Congrès alimentent eux aussi les critiques d’une gauche qui reproche à la majorité « une concertation au rabais » et des choix « dogmatiques » privilégiant les promoteurs privés.

    « Une entrave à la démocratie locale »

    Au fil des séances, l’impression domine pour l’opposition que la majorité veut verrouiller les grands arbitrages avant 2026, quitte à écarter le débat citoyen. « C’est une stratégie politique de court terme au bénéfice d’intérêts privés », résume les écologistes qui parlent d’« une entrave à la démocratie locale ». Dans un contexte où les droites apparaissent divisées pour la succession à la mairie de Nîmes, la gauche locale espère transformer cette critique en levier électoral.

  • La gauche attaque la gestion de Nîmes Métropole

    Le dernier conseil communautaire de Nîmes Métropole, marqué par ses 121 délibérations, a confirmé ce que la gauche locale redoutait : la majorité conduite par Franck Proust (LR) multiplie les décisions structurantes à quelques mois des élections municipales et communautaires. « Une fuite en avant qui engage le mandat suivant », résume Vincent Bouget (PCF), chef de file de la Gauche unie et candidat déclaré à la mairie.

    Sur l’aéroport, la contestation est vive. L’Agglo a validé un contrat de 855 000 euros avec un cabinet d’architectes pour concevoir un schéma de développement sur huit ans. « C’est toujours embêtant de trancher des orientations lourdes alors que le suffrage universel est imminent », dénonce Bouget, qui interroge la pertinence de dépenses et d’engagements de long terme alors que la situation financière s’alourdit. Sylvette Fayet, élue communiste, a pointé une dette de 480 millions d’euros « et des emprunts qui s’accumulent ».

    Les finances ne sont pas le seul sujet d’inquiétude. Sur l’eau, les écologistes du Gard, dans un communiqué, ont fustigé une décision « prise dans la précipitation » : la reconduction de la délégation de service public jusqu’en 2027. « Rien n’imposait une telle urgence. Ce choix prive la future majorité issue des urnes de toute possibilité de revoir le mode de gestion de ce bien commun », écrivent-ils, plaidant pour un passage en régie publique, à l’image de Bordeaux ou Lyon.

    Du côté du logement, le ton est tout aussi vif. Le rapport 2024 présenté par l’Agglo met en avant 800 logements livrés, mais Christian Bastid, élu départemental communiste, dénonce un « déficit de 5 285 logements depuis 2022 » et une réponse « très insuffisante aux besoins des familles populaires ». L’échange s’est tendu avec la vice-présidente Géraldine Rey-Deschamps, qui a répliqué en le qualifiant d’« enfant gâté et capricieux », toujours insatisfait malgré les chiffres avancés. Bastid n’a pas désarmé, rappelant que « pour les logements familiaux, on est à peine à 20 % de l’objectif ». Les projets urbains de la ZAC du Mas Lombard ou du Palais des Congrès alimentent eux aussi les critiques d’une gauche qui reproche à la majorité « une concertation au rabais » et des choix « dogmatiques » privilégiant les promoteurs privés.

    « Une entrave à la démocratie locale »

    Au fil des séances, l’impression domine pour l’opposition que la majorité veut verrouiller les grands arbitrages avant 2026, quitte à écarter le débat citoyen. « C’est une stratégie politique de court terme au bénéfice d’intérêts privés », résume les écologistes qui parlent d’« une entrave à la démocratie locale ». Dans un contexte où les droites apparaissent divisées pour la succession à la mairie de Nîmes, la gauche locale espère transformer cette critique en levier électoral.

  • Au 51, boulevard Dahdah, dix ans de péril et d’insalubrité

    Au 51, boulevard Dahdah, dix ans de péril et d’insalubrité

    Le tribunal administratif a débouté un des 23 copropriétaires du 51 boulevard Dahdah (4e), en péril depuis 2019, qui contestait le recouvrement par la ville de Marseille des frais engagés pour reloger l’occupant de son logement.

    Interdit d’accès et muré, l’immeuble aux Chutes-Lavie est un ensemble collectif du XIXe siècle de type « courée ouvrière », organisé en 42 lots de copropriété depuis 1952, et qui a toujours concentré une population précaire exploitée par des investisseurs, dont certains connus pour être des marchands de sommeil. Sur la fin, il était devenu le dernier refuge de migrants. Son évacuation avait mobilisé des collectifs (Les expulsé.es du Bd Dahdah, Collectif du 5 Novembre, Al Manba/Soutien Migrant.e.s 13).

    Deux ans après l’évacuation d’urgence du 14 novembre 2019 de ces gourbis, la Ville a émis, en décembre 2021, contre la plaignante, deux titres pour une somme totale de 18 000 euros, mis en recouvrement par le fisc. La propriétaire objectait qu’elle n’avait pas signé de contrat de bail, mais une « convention d’occupation précaire » pour la mise à disposition gratuite d’une « pièce à vivre et d’une salle de bains avec toilettes » de 21,87 m2. Le tribunal a estimé qu’« une telle convention ne fait pas obstacle à ce que le logement occupé soit considéré comme sa résidence principale ».

    11 mutations immobilières depuis octobre 2021

    Une autre copropriétaire a été déboutée en avril 2025, obligée de rembourser 12 500 euros de nuitées hôtelières. Elle soutenait sans la moindre preuve avoir proposé en vain un hébergement de 30 m2 à Simiane-Collongue (20 km de Marseille) à son locataire, à qui son employeur proposait de lui prêter un véhicule. Des allégations sans preuve. « à supposer cette proposition établie, compte tenu de la distance entre les deux logements », la requérante « ne peut être regardée comme ayant satisfait à son obligation de relogement dans des conditions correspondant aux besoins de son locataire, ce qui justifiait que l’autorité territoriale se substitue à elle », cingle le tribunal.

    La copropriété est visée depuis plus de dix ans par un arrêté préfectoral d’insalubrité du 17 avril 2015 pour ses parties communes dégradées, suivi le 18 octobre 2016 d’une mise en demeure d’agir. Dix ans plus tard, les arrêtés de péril et d’insalubrité sont toujours actifs. Sous l’égide de la Métropole, l’opérateur Urbanis Aménagement devait organiser son expropriation. Pourtant aucune déclaration d’utilité publique n’a jamais vu le jour. Et, alors qu’il est toujours muré, en péril, insalubre et interdit d’accès, le « 51 Dahdah » a fait l’objet de 11 ventes de lots depuis 2021.

  • Meublés touristiques : quatre investisseurs jugés

    Meublés touristiques : quatre investisseurs jugés

    La Ville a assigné pour lundi, devant la juridiction civile, quatre importants propriétaires investisseurs qui exploitent des meublés touristiques sans autorisation préalable. Si un renvoi est demandé par certains, ce baptême judiciaire inaugural entend adresser un message de fermeté et obtenir le retour à la location classique de 33 meublés sous la pression de lourdes amendes civiles.

    Contrôlés par les agents de la nouvelle brigade municipale de la direction du logement, les premiers assignés n’ont pas demandé d’autorisation préalable de changement d’usage. Ce ne sont pas les seuls, puisque la Ville de Marseille estime que 6 220 des 12 937 meublés touristiques ne sont pas en règle.

    Au premier rang des assignés, Vincent Challier, un chirurgien de Périgueux qui se vantait d’être en flagrant délit dans le magazine « Complément d’enquête », avec 14 meublés en infraction au 30, rue Thiers (1er). On trouve ensuite l’investisseur Mehdi Guenouni pour ses neuf meublés exploités au 31, rue Barthélémy (1er). Il expliquera peut-être au juge comment ses travaux de décloisonnement, la semaine dernière, ont réussi à déstructurer les 3e et 4e étages, au point d’être l’objet d’un arrêté de mise en sécurité, procédure urgente. Autre investisseur assigné, un juge du tribunal de commerce pour deux « cabanons » sur l’anse de Malmousque et quatre meublés, rue Sainte-Françoise au Panier, trois autres rue Consolat. Et, enfin, un couple pour un meublé non déclaré et de surcroît dans un immeuble également en péril, rue Vacon.

    La Ville entend demander au juge civil d’enjoindre ces quatre propriétaires à remettre tous ces logements en location classique sous astreinte de 3 000 euros par jour de retard et ce dans un délai de deux mois.

  • L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    La préfecture a lancé un appel à manifestation d’intérêt « pour la captation d’hébergements, de relogements, et d’accompagnement social pour des ménages dont le logement fait l’objet d’un arrêté d’insalubrité ».

    L’approche, qui se veut expérimentale, s’attelle enfin au laxisme qui a longtemps prévalu dans le suivi des arrêtés préfectoraux d’insalubrité, en particulier ceux qui prescrivent une interdiction temporaire ou parfois définitive du logement. Il ne suffit pas de relancer la chaîne de production des arrêtés, faut-il encore s’assurer de leur exécution.

    Par manque de logements et de volontarisme aussi, nombre d’arrêtés sont restés lettres mortes face à la carence du bailleur, même sous la pression croissante d’astreintes. Les autorités sont souvent dans l’incapacité de se substituer au propriétaire à ses frais avancés. De fait, de nombreux occupants finissent par se reloger d’eux-mêmes, mais certains n’ont d’autres choix que de se maintenir dans le local insalubre, comme le constate régulièrement La Marseillaise : des locaux insalubres interdits depuis des lustres restent occupés et parfois même reloués en douce.

    La Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) est en quête d’un opérateur inventif à qui confier cette mission pour une durée initiale d’un an, reconductible jusqu’à trois ans « sous réserve de disponibilité budgétaire ». « L’appel à projets vise à favoriser l’émergence de projets innovants et partenariaux… Toutes les propositions alternatives et les initiatives sont les bienvenues », énonce le cahier des charges qui promeut l’idée d’un « groupement d’opérateurs » qui « serait semble-t-il de nature à favoriser la capitalisation des compétences et des expériences dans des domaines variés et de mieux couvrir l’intégralité du département ».

    Marseille exclue de la mission expérimentale

    La DDETS rappelle combien la lutte contre l’habitat indigne est une priorité d’action de la puissance publique « à valeur constitutionnelle », dans un département qui détient « les taux les plus élevés de France » : 63 000 logements privés y sont potentiellement indignes, soit 9,6% des résidences principales. « Marseille concentre, à elle seule, 30% du parc potentiellement indigne de la région Paca. Ainsi, 40 000 logements privés sont potentiellement indignes à Marseille, dont 10 000 nécessiteraient un traitement prioritaire. »

    Pourtant, Marseille est exclue de l’expérimentation, alors que la cité phocéenne pèse pour la moitié (242) des 502 arrêtés préfectoraux engageant la procédure d’insalubrité dans le département ces dix dernières années. Depuis le début de l’année, 66 arrêtés préfectoraux (dont 9 avec interdiction définitive du local) ont ouvert une procédure de traitement de l’insalubrité, dont 39 à Marseille (60%). L’État justifie cette exclusion par « la convention de délégation de traitement des situations d’insalubrité », signée en janvier 2023 avec la Ville de Marseille. « La plupart des situations de la ville de Marseille sont donc gérées par le service communal d’hygiène et de santé (SCHS), hormis les situations de ménages non titrés et en surpeuplement. » Or, la ville est bien plus confrontée à ses difficultés que l’État.

  • L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    Le conseil d’administration de 13 Habitat, l’office HLM du Département, s’est réuni vendredi pour valider l’ensemble des réponses apportées aux recommandations et aux observations émises par l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) dans son rapport définitif de juin dernier diffusées dans la presse et qui portait sur les exercices 2019-2023.

    La gouvernance de 13 Habitat a été renouvelée le 18 juillet dernier suite au scandale de l’attribution et de la rénovation coûteuse d’un logement social à des proches de la présidente d’alors, Nora Preziosi, dans un contexte de surcroît où 48 000 demandes de logement social à Marseille ne sont pas satisfaites. Une enquête préliminaire du parquet est en cours pour des soupçons de prises illégales d’intérêts.

    Présentées par son nouveau président Jean-Marc Perrin et le nouveau directeur général, Damien Vanoverschelde, ces réponses ont été adoptées à l’unanimité par les administrateurs. Dans un communiqué, l’office HLM dit s’engager « dans la mise en place de nouveaux process et de nouvelles pratiques, et le renforcement de dispositifs existants », pour réduire la vacance et les délais de remise en location et d’attribution des logements vacants, pour renforcer le contrôle interne sur les dysfonctionnements constatés, notamment en matière d’attribution, de marchés et de recrutements, pour prévenir les situations de conflits d’intérêts, notamment par la prochaine nomination d’un « référent déontologie » auprès du directeur général. L’office entend aussi « optimiser les coûts de gestion, en particulier de la masse salariale » ou encore « accroître le nombre de nouveaux logements locatifs sociaux ».

    « Les bases sont saines, la maison est belle, les salariés sont investis », a déclaré au conseil d’administration le directeur général entré en fonction le 22 septembre. « Nous avons à réactiver une chaîne fructueuse : remettre de l’entretien dans notre patrimoine, pour que les locataires soient satisfaits, pour que les salariés soient satisfaits et remplissent leurs missions, et pour que les élus locaux soient satisfaits et travaillent avec nous pour développer le logement social », ajoute Damien Vanoverschelde qui aussitôt arrivé a licencié le directeur des ressources humaines nommé en avril dernier, ce qui a déclenché une vive réaction syndicale de la CFDT Interco et de Sud logement social qui disent leur crainte d’une « chasse aux sorcières ».

  • Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Derrière la grue qui a pris place depuis quelques semaines rue Saint-pierre, élus de la ville de Marseille et promoteurs se sont réunis ce vendredi pour poser la première pierre symbolique de la résidence Op’timone. Dans 15 mois, c’est au croisement de cette rue et de la rue Crillon que devrait s’élever cette nouvelle résidence sociale pour étudiants.

    « Ce projet répond à un vrai besoin de logements étudiant. On sait qu’en France certains étudiants changent d’orientation ou abandonnent leurs études à cause de difficultés à se loger », insiste Jean-Philippe Trede, directeur général de Fac Habitat. Ce sont donc 87 logements qui devraient sortir de terre dans ce quartier où la demande est forte avec notamment la faculté de médecine à quelques centaines de mètres. La résidence proposera des studios ou des T2 avec ou sans balcons et sera pourvue d’un jardin, une laverie, une chaufferie et d’espaces communs. Le rez-de-chaussée devrait être occupé par des commerces.

    Un terrain qui n’a pas été choisi au hasard. « La rue Saint-Pierre est importante dans la vie étudiante, puisqu’elle relie la plaine à la Timone, affirme Didier Jau, maire (EELV) du secteur 4/5. C’est dans cette vie étudiante foisonnante que va s’inscrire cette résidence. » Un projet qui accompagne la transformation de la rue Saint-Pierre promise pour 2027 par la Métropole. « Ces projets vont permettre un renouvellement du quartier », affirme le maire de secteur.

    « Ce projet est la preuve que des partenariats publics, privés peuvent se faire pour l’intérêt commun », insiste Raphaël Emin, directeur général de Demathieu Bard Immobilier. Après la construction du gros œuvre par ce promoteur, la gestion sera donnée à Axentia et Fac Habitat, une association de gestion de résidences étudiantes. Dans tout ce processus, la Ville de Marseille a été un partenaire important.

    La résidence sera ouverte pour tous les étudiants sous conditions de ressources. Les loyers n’ont pas encore été définis, « mais ils devraient être autour de 540 euros toutes charges comprises : électricité, eau et wifi. Et les logements seront évidemment éligibles aux APL », explique Jean-Philippe Trede.

    L’immeuble devrait sortir de terre à la rentrée 2027, et les dossiers pourront être déposés 6 mois avant son ouverture.

  • Le quartier Cambacérès commence enfin à prendre vie

    Le quartier Cambacérès commence enfin à prendre vie

    Le projet initial étant tombé à l’eau en 2020, il n’accueillera pas le stade Louis-Nicollin. Mais à Montpellier, le quartier Cambacérès, situé au sud de la zone ludico-commerciale Odysseum, entre le lycée Mendès-France et Boirargues, est en train de prendre forme.

    Très bientôt la gare TGV Sud de France, inaugurée en juillet 2018 en rase campagne au grand dam des voyageurs, ne sera plus orpheline. Au-delà des aménagements routiers qui permettent déjà de la contourner vers Lattes ou du nouveau pont au-dessus de l’autoroute qui fait la jonction avec Odysseum, le tramway va enfin la desservir. À compter du 18 octobre, une extension de la ligne 1 de tram depuis Odysseum permettra de se rendre directement à la gare Saint-Roch en une vingtaine de minutes au lieu de près d’une heure actuellement.

    Anima, futur poumon

    Jusqu’ici isolé non loin du château de la Mogère et du mas rouge, le futur quartier Cambacérès est en train de se déployer tout autour. Les grues attestent de l’ampleur des chantiers en cours. Par exemple celui des halles Nova. À l’instar de celles du marché du Lez, il s’agira de halles dites « festives et gourmandes » (25 stands) dont la livraison ne saurait tarder. Imaginées par la foncière Hibrid, elles ouvriront au cœur du quartier où verront le jour, dans les mois et années à venir, des bureaux, logements, commerces, écoles et crèches.

    À proximité, un autre poumon économique du quartier est en train de sortir de terre. Il s’agit du campus Anima imaginé par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du président André Deljarry, qui vient d’organiser une visite de chantier. D’un coût total de 108 millions d’euros (dont 21 de la Région Occitanie), le lieu abritera en 2027 sur 28 000 m² l’École supérieure de management Montpellier Business School (MBS), le centre de formation et le siège régional Purple Campus, les sièges des CCI Hérault et Occitanie. « Anima sera l’âme de ce nouveau quartier, le souffle qui va l’animer », a confié André Deljarry.

    Le seul point d’interrogation qui reste à Cambacérès c’est la question de la qualité de vie. Situé entre les deux autoroutes A709 et A9, le quartier a déjà été pointé par l’agence Atmo parmi ceux à Montpellier où l’air est le moins pur…

  • Conseillère en économie sociale et familiale, Lucie Mekerke tisse du lien dans les quartiers nord

    Conseillère en économie sociale et familiale, Lucie Mekerke tisse du lien dans les quartiers nord

    Sur le bureau de Lucie Mekerke, conseillère en économie sociale et familiale chez le bailleur social Erilia, tout est parfaitement rangé. Une organisation qui contraste avec l’incertitude de son emploi du temps : « j’essaye toujours de planifier, mais ça change souvent ». Les journées de Lucie ne se ressemblent jamais et sont toujours bien remplies. Entre les rendez-vous mensuels dans les différents ensembles pour rencontrer les locataires, la gestion d’urgence et le suivi des dossiers, « on ne s’ennuie pas », affirme-t-elle.

    La jeune femme est l’une des 20 conseillères en économie sociale et familiale de l’entreprise sur Marseille. Elle est chargée des 15 et 16e arrondissements où Erilia a environ 1 000 locataires. Depuis son arrivée dans l’agence en novembre 2024, elle tente d’apporter des solutions à ceux qui en ont besoin. « Mon rôle c’est de les accompagner dans la recherche, l’accès et le maintien au logement. Je les accompagne parfois dans leur demande d’aides ».

    Pour cela, elle est en contact régulier avec différentes structures, comme la Caf, des assistantes sociales ou encore l’hôpital Édouard Toulouse. C’est également à la conseillère de faire les signalements lorsque des personnes peuvent être dangereuses pour elles ou pour autrui. « Mais le but de ces signalements c’est que ces personnes soient suivies, de trouver la meilleure solution pour elles. »

    Le lien social à cœur

    Un travail qui tient à cœur à Lucie Mekerke qui aime particulièrement le lien social qu’elle peut tisser avec les locataires. « J’ai toujours su que je voulais travailler dans le social, parce que j’aime aider les gens ». Dès le bac, son appétence l’oriente vers la filière ST2S (sciences et technologies de la santé et du social). Puis elle poursuit avec un BTS en économie sociale et familiale à Marseille et une licence dans le même domaine. C’est au cours de ces études qu’elle découvre ce métier « je me suis dit que c’était ce que je voulais faire parce que c’est tellement riche et on peut y faire tellement de postes différents ».

    Âgée de 23 ans, elle n’est pas à sa première expérience. « J’étais dans une association à Istres pendant à peu près un an ». Mais, elle veut se spécialiser sur la question du logement et travailler à Marseille « parce que le public y est particulièrement fragilisé. » et décide donc de venir travailler chez Erilia. Elle avoue toutefois : « J’avais un peu peur d’aller travailler dans les quartiers nord. Mais en fait ça se passe super bien ». Ce nouveau travail lui donne également le sentiment d’être utile : « Ici, on a des lignes directes avec la Caf, le Département ou la Ville, donc je peux apporter des vraies réponses. »

    Il est 9h30, un matin d’août, et après un court passage à l’agence d’Erilia, située dans le boulevard National (3e), direction les logements du 38 avenue de la Viste (15e) pour rencontrer les locataires. « Je préfère les rencontrer sur place, dans un lieu qui leur est familier. Parce qu’on a des locaux pour les recevoir à l’agence, mais c’est loin pour eux et c’est impersonnel. ça peut être plus compliqué de se confier sur des sujets difficiles », développe la conseillère.

    Un travail d’équipe

    Sur place, c’est une équipe complète qu’elle retrouve avec les gestionnaires d’immeubles et la gestionnaire de contentieux. « Ils sont tout le temps sur place, donc ils connaissent mieux les habitants et leurs problématiques. Ce sont un peu nos yeux et nos oreilles. Sans eux, je ne pourrais rien faire ». Après chaque rendez-vous, elle échange avec eux sur les solutions possibles, car ils ont souvent plus d’informations sur la situation. « Notre but c’est de trouver les meilleures solutions et d’éviter les expulsions », insiste Lucie.

    Très impliquée et appliquée, la jeune femme sait pour autant qu’il est important de prendre du recul sur certaines situations. Mais elle est reconnaissante : « Depuis que je suis arrivée, on a réussi en équipe à trouver des solutions. Quand tout se débloque pour les locataires, c’est incroyable, et on reçoit beaucoup de gratitude. »

    Eva Janus