Placée sous la direction de Laetitia Bernier, cette agence assure la gestion de 5 312 logements sociaux, 287 hébergements en foyer et 22 logements intermédiaires. Son périmètre d’intervention s’étend sur un territoire qui relie Gardanne, le bassin minier, le Pays d’Aix, l’Étang de Berre et le pays salonais. Une antenne située à Salon-de-Provence lui est également rattachée, « afin de conforter le maillage territorial et de garantir une présence de proximité sur l’ensemble du périmètre », précise le bailleur.
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Une police renforcée par la loi narcotrafic
Un an après son adoption en juin 2025, la préfète de police déléguée, Corinne Simon a fait le point sur les effets de la loi narco dans le département des Bouches-du-Rhône, à l’occasion de contrôles administratifs de commerces de bouche à Noailles, ce mercredi 24 juin. « Ce n’est pas une loi parmi tant d’autres qui vient s’empiler, elle arrive en complémentarité avec tout ce qui se passait avant », insiste la préfète en préambule tandis que des agents des douanes, impôts, Urssaf et direction départementale de la protection des populations font fermer le rideau à certains commerces près de la place du marché des Capucins (1er), notamment pour manquement à l’hygiène et travail dissimulé. Un travail « coordonné » qu’a permis cette loi poursuit Corinne Simon.
« Une mesure par jour »Disposant de trois leviers administratifs, elle peut prendre des interdictions administratives de paraître, fermer des établissements qui reçoivent du public et expulser des narcotrafiquants qui sont dans les logements sociaux détaille-t-elle. Bilan : « 340 mesures prises, une par jour » avec 51 établissements fermés, du garage qui recèle autour de Berre à la salle de sport qui deale à Arles, et 49 expulsions locatives en cours. Côté narcotrafic, c’est « plus 17% d’interpellations par rapport à l’année dernière à la même période, 3,2 kg, de résine de cannabis [saisis], 30% de plus qu’en 2025 » se réjouit Corinne Simon.
Au niveau des saisies des avoirs criminels pour le trafic stupéfiants, entre argent, villas et produits de luxe, on atteint les 81 millions contre 10 l’an dernier. « On voit bien que ça marche ! » martèle la préfète qui en veut aussi pour preuve la baisse des narchomicides, même si elle reste « prudente » : 49 en 2023, 9 en 2025 à la même époque, et 4 cette année.
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Martigues renouvelle son aide à l’entretien des quartiers
Le conseil municipal de jeudi soir a examiné une cinquantaine de propositions, dont celle d’une participation financière de la commune à l’entretien des espaces extérieurs des principaux quartiers de logements sociaux. Une initiative de la Ville depuis 1999 dans le cadre d’une convention avec quatre associations syndicales libres (ASL). Ces associations perçoivent respectivement 40 303 euros pour le quartier de Mas de Pouane, 81 762 euros pour Canto-Perdrix, 95 967 euros pour Paradis-Saint-Roch et 26 302 euros pour les 4 Vents, ainsi que d’une plus petite enveloppe de 2 000 euros pour le bailleur 13 Habitat et 1 500 euros pour Erilia.
En tout, la participation annuelle de la commune pour l’entretien des espaces extérieurs est de 247 834 euros pour l’année 2026. Ce qui pose question pour la conseillère d’opposition Amandine Gide (RN), qui demande de justifier la raison pour laquelle « depuis 2025 vous avez baissé la dotation des ASL de 200 000 euros ». L’adjoint (PCF) Pierre Dharréville explique que « la baisse de subvention a été contrainte au regard des difficultés budgétaires que l’on connaît, en raison de choix répétés du gouvernement qui diminuent les ressources des communes ».
« Mettre les bailleurs face à leurs responsabilités »Dans ce contexte, l’enjeu est également pour l’adjoint de « mettre les bailleurs en face de leurs responsabilités, qu’ils prennent mieux en charge ce qui relève de leurs prérogatives ». Jean-Luc di Maria (LR), approuvant cette aide, estime néanmoins qu’il y a « des aides pour certains quartiers et pas d’autres qu’il faut expliquer aux Martégaux, il y a un souci d’équité devant les dépenses alors que tout le monde l’est face à l’impôt ». Pierre Dharréville répond que « la baisse de cette subvention va dans le sens de l’équité dont vous parlez ». « Ce choix vise à s’occuper des espaces communs, traversés par d’autres que les habitants des quartiers. La Ville contribue à l’aménagement de ces espaces qui sinon se dégraderaient » conclut-il. Le maire (PCF) Gaby Charroux rappelle que « la rénovation matérielle incombe d’abord aux bailleurs ».
Autre sujet d’actualité brûlante de ce conseil, la proposition d’une gratuité d’accès pour les habitants de Martigues à la piscine Avatica durant les périodes en vigilance canicule. « Une mesure de santé publique et de protection des habitants » pour Pierre Dharréville, également rapporteur. Une fois n’est pas coutume, l’extrême droite s’inquiète d’à qui profite cette proposition : « Comment est contrôlé le lieu de résidence ? L’accès est pour tous les bassins sur toute l’amplitude d’ouverture ? », questionne Didier Rattier (RN), bien qu’approuvant l’idée. « Le personnel municipal demandera aux habitants de justifier leur lieu de résidence et l’ensemble des bassins seront ouverts à la baignade » répond Pierre Dharréville.
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Logement social : le préfet du Var pourrait prendre la main
Le préfet du Var a présenté mercredi matin, devant la presse, les enjeux de la production de logements sociaux dans le département pour répondre aux besoins des ménages varois mais aussi comme vecteur important de développement et d’attractivité économique du territoire.
« Nous allons commencer nos entretiens à partir de la semaine prochaine avec les maires des communes soumises à la loi SRU et qui n’atteignent pas leurs objectifs », explique le préfet du Var Simon Babre. Le début d’un processus qui, à l’aide d’un bilan statistique et des éléments d’appréciation qualitatifs sur les efforts fournis pour se rapprocher des objectifs de loi SRU va conduire à prononcer, ou non, le constat de carence et les pénalités associées.
L’objectif étant d’augmenter la production de logements sociaux et tenter de réduire le nombre de demandes insatisfaites qui s’établit aujourd’hui à 36 826. Des ménages qui ne peuvent ni accéder à la propriété ni répondre en termes de revenus aux exigences du secteur privé, souvent bloqués dans des logements inadaptés et parfois indignes.
Mais le représentant de l’État préfère voir le verre à moitié plein et mettre en avant un record, de 2 173 logements agréés en 2025. Le meilleur chiffre depuis 2018.
Une progression qui s’explique, argumente-t-il, par le très grand nombre de Contrats de mixité sociale , 26 exactement, signés dans le département. Le classant en première position en France.
Pour mémoire, ils permettent grâce à un dialogue avec les élus de définir des objectifs intermédiaires consensuels et réalistes, qui vont permettre d’apprécier le volontarisme des communes. Avec de très bons résultats enregistrés par endroits, comme à Toulon. La ville préfecture pourrait cette année sortir de la carence.
Reste les communes réticentes, qui comme La Crau (qui n’atteint pas les 8%) et Carqueiranne n’ont pas signé de contrat de mixité sociale et s’obstinent à refuser d’appliquer la loi.
Toulon pourrait sortir
de la carenceLà, le préfet prévient qu’il existe pour les contraindre à l’action des outils d’urbanisme opérationnels qui seront si besoin utilisés. « Ils vont être au cœur de la stratégie de l’État pour les prochains mois », annonce-t-il.
Le premier consiste à récupérer le droit de préemption urbain. Ce qui veut dire que toute transaction immobilière doit être portée à la connaissance de la Direction département des territoires et de la mer (DDTM) qui regarde de quels fonciers et de quels bâtiments il s’agit et vérifie si on pourrait y faire des logements sociaux. Dans les communes où la production qui est restée atone, un examen systématique de toutes les déclarations d’intention sera effectué.
Le préfet peut également reprendre la compétence de délivrance des permis de construire, considérant que s’il ne prend pas la main, rien ne se fera.
Cette possibilité a déjà théoriquement été utilisée pour Carqueiranne. Mais « il pourrait y avoir d’autres communes concernées en fonction de la teneur des discussions que nous aurons avec les maires dans les semaines à venir », prévient-il.
Et de se faire plus précis : « On peut focaliser notre attention et notre action sur les communes où rien ne se passe, où on a trop de demandes de logements sociaux insatisfaites, des problèmes de dignité de certains de nos concitoyens et qu’il est absolument nécessaire d’accroître le parc social. »
À bon entendeur !
Pour en revenir aux élus de bonne volonté, le représentant de l’État veut mettre en avant ce qu’il appelle « une révolution de financement », avec la décision du préfet de région en 2025 de réorienter une partie des aides à la pierre vers le logement social diffus et les réhabilitations de bâtiments pour en faire des logements sociaux.
Celles-ci pouvant atteindre 35 000 euros par logement social dès lors qu’on démontre qu’on est dans une opération d’acquisition-réhabilitation. Ce qui va permettre de réorienter les choix des bailleurs sociaux qui, jusqu’à présent se focalisaient sur des programmes neufs et les grands ensembles, plus rentables économiquement, et pour ça, avaient besoin d’identifier du foncier vierge. Ce qui était contradictoire avec les objectifs de l’État de sobriété foncière, notamment le zéro artificialisation nette. « Cela permet de crédibiliser le modèle économique pour des petits programmes de logements sociaux ou des opérations réhabilitation », souligne Simon Babre.
Pour en revenir au bilan de cette période triennale qui s’achève, il montre qu’il y a des communes qui acceptent de jouer le jeu, et les aménagements leur permettant de combler en partie leur déficit pour lesquelles l’accompagnement bienveillant de l’État va continuer. Et puis il y a des cas où les choses n’avancent pas, et où il y a besoin de débloquer les situations par la contrainte faute de volonté politique.
Plus diplomate, Simon Babre préfère présenter ces interventions à venir comme « des outils d’aide apportée aux équipes municipales qui ont des difficultés à envisager certains scénarios ». Pourquoi pas. Le tout c’est de ne plus hésiter à « aider » les contrevenants qui se vantent de ne pas respecter la loi par pure idéologie et contre l’intérêt général.
Leurs jérémiades ont assez duré.
CHIFFRES
38 826
ménages ont fait une demande d’accès à un logement social dans le Var, pour seulement 3 730 attributions en 2025.
Et sur les 11 982 demandes de changement, 781 ont été acceptées.
22 millions
d’euros ont été engagés par la Direction départementale des Territoires et de la Mer du Var (DDTM) pour le financement de nouveaux logements locatifs sociaux (LLS) en projet par des bailleurs sociaux et 4,5 millions d’euros de subventions leur ont
été versés pour des projets en cours de réalisation.
26
communes varoises, sur les 44 soumises à la loi Solidarité renouvellement urbain (SRU) ont signé des contrats de mixité sociale (CMS) pour la période 2023-2025.
Et concernant les copropriétés dégradées ?
Interrogé sur le cas des copropriétés dégradées comme Pontcarral – là où la jeune mère de famille s’est donné la mort avec ses enfants – et la Grande Plaine, à Toulon, deux ensembles où la misère et le mal logement prospèrent, le préfet du Var Simon Babre, a répondu que « la politique qui consiste à traiter le sujet des copropriétés dégradées en faisant rentrer des bailleurs sociaux dans la propriété de ces ensembles est une politique gagnant-gagnant ».
Puisque cela va permettre d’améliorer le sort des populations concernées, éviter les drames humains, et remettre aussi de l’objectivité dans la façon de comptabiliser l’habitat social, explique-t-il. Et de poursuivre : « Ce sont des logements pour populations modestes avec parfois des abus de la part des propriétaires privés. Et donc agir sur ces copropriétés, c’est une de nos politiques claires, et on le fait main dans la main avec certaines municipalités. »
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Marseille Habitat reprend la main sur le 11, rue d’Aubagne évacué
Le bailleur social Marseille Habitat a eu recours à l’article 38 de la loi anti-squat Kasbarian-Berger de juillet 2023 – ce qui n’est pas une première – pour reprendre en urgence, avec l’aide de l’État et sans passer par un juge, le contrôle de son immeuble tombé sous la coupe d’individus qui l’avaient ciblé pour en organiser le squat.
De prime abord, le 11 rue d’Aubagne (1er) est l’adresse connue de l’épicerie fine L’Idéale de Julia Sammut, un commerce branché au cœur du quartier populaire de Noailles. « On a vu les policiers bloquer la rue et du monde monter dans les étages. On espère qu’une solution a été trouvée pour tous ces gens », confiait jeudi un employé. À côté du commerce, une porte anti-effraction blinde l’accès aux cinq étages.
Les services de l’État ont procédé mardi matin à l’« évacuation forcée » des occupants de dix appartements squattés depuis juillet 2025. L’expulsion du 11e logement occupé sans droit ni titre depuis septembre 2022, s’est faite, elle, sur la base d’un jugement du 5 décembre 2024, indique la préfecture. Son communiqué précise que « dès la fin de la trêve hivernale, le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de procéder à l’évacuation du site, en coordination avec l’ensemble des partenaires concernés ». Selon elle, « l’évacuation s’est déroulée dans le calme, sans incident ni tension particulière. Les forces de sécurité intérieure, les agents de l’État et les partenaires associatifs ont agi de manière coordonnée et humaine, garantissant le respect de la dignité des personnes tout en assurant la sécurisation des lieux ». L’État indique demeurer « pleinement mobilisé aux côtés des collectivités et des associations pour prévenir la reconstitution de nouveaux squats et prévenir les expulsions ». En 2025, dans les Bouches-du-Rhône, près de 400 évacuations forcées au titre de l’article 38 ont été accordées sur 500 demandes.
« Une répétition de squats qui se régénéraient »Rien n’évoque dans la narration officielle, l’identité du propriétaire : Marseille Habitat, bailleur social de la Ville de Marseille, entier propriétaire de ce « trois fenêtres » marseillais racheté à Marseille Aménagement. L’immeuble a été réhabilité en 2013-2015 avec renforcement des communs et des escaliers mais connaissait des désordres signalés dans un article de Marsactu en 2019, sans toutefois être en péril.
« Il y a eu une répétition de squats qui se régénéraient et faisaient pression sur les locataires », nous dit-on à Marseille Habitat. Un locataire avait été même chassé et n’osait pas porter plainte. Les squatters avaient ouvert des passages entre les appartements et des accès par l’extérieur. C’était un défilé d’hommes seuls qui se renouvelait d’une nuit à l’autre suivant les constats policiers. Le matin de l’expulsion, une mère avec deux enfants s’est présentée avec un bail d’inconnu.
« On a pris soin de reloger nos trois derniers locataires ces derniers mois pour permettre l’organisation d’une expulsion de l’ensemble de l’immeuble », explique un cadre. La trêve hivernale est étrangère à la procédure, puisqu’il ne s’agit pas d’une expulsion locative mais d’une évacuation forcée après mise en demeure sur les critères de l’urgence et d’une occupation illicite après voie de fait.
Un diagnostic structure sera fait dans les prochains jours. Si l’immeuble est sain, ce sera une remise en état de quelques mois, sinon une opération de réhabilitation plus lourde après désignation d’un maître d’œuvre.
Expulsions locatives
Il n’est pas constaté dans le département d’accroissement des expulsions entre 2024 et 2025, selon la Préfecture. Sur 3 000 demandes de réquisitions de la force publique, l’État ne l’a accordé que dans 2 000 cas. En 2025, près de 20 commissions de coordination des actions de prévention des expulsions sont installées et accompagnées par les services de l’État qui a consacré près de 900 000 euros à la prévention des expulsions. Elles ont examiné près de 4 000 situations. Les équipes mobiles d’associations Soliha et SOS solidarités ont réalisé 113 diagnostics renforcés et accompagné 175 ménages l’an dernier.





