Tag: Logements sociaux

  • Les Canourgues, la rénovation urbaine par la démolition à Salon-de-Provence

    Les Canourgues, la rénovation urbaine par la démolition à Salon-de-Provence

    Après la démolition de la tour Sofia l’été dernier, le bailleur social Unicil programme de raser deux autres tours identiques au sein du grand ensemble immobilier des Canourgues à Salon-de-Provence (44 500 habitants) dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) validé en 2019.

    Marseille n’a pas le monopole des ensembles immobiliers complexes et dégradés. Le quartier des Canourgues à Salon-de-Provence regroupe 3 560 habitants. Il a trouvé son plein essor à sa construction dans les années 60-70. L’ensemble locatif au nord-est est composé de 1 455 logements à 92% de logements locatifs sociaux répartis sur trois bailleurs Unicil, Erilia (qui a absorbé Logirem) et 13 Habitat.

    L’habitat collectif est formé principalement de barres en R+4 et de hautes tours en R+12. On y trouve essentiellement de grands logements de type T3 et T4. C’est un bâti vieillissant relativement enclavé qui ne répond plus aux attentes. Après la tour Sofia démolie par grignotage en août dernier, Unicil qui gère 14 bâtiments se cherche une maîtrise d’œuvre pour raser la tour B4 en février 2027 et la tour B3 pour février 2028. Il faudra aussi raser les bâtiments Renaissance et D18.

    La pauvreté y frappe 53% des ménages

    « Le secteur est fragile en termes de fonctionnement social et urbain et présente des tendances de précarisation accrue et des problématiques de sécurité urbaine », écrit pudiquement la Métropole peut-on lire dans le cahier des charges de la consultation pour désigner la maîtrise d’œuvre. Plus crûment, ce quartier prioritaire et populaire cumule les difficultés. 53% des ménages se situent sous le seuil de pauvreté. La part des 16-25 ans non scolarisés et sans emplois est de 35%. Celle des familles monoparentales de 40%.

    Cette rénovation urbaine [validée en 2019 en comité d’engagement de l’Anru] est budgétée à hauteur de 150 millions d’euros portés pour l’essentiel à 46.3% par les trois bailleurs, à 19.5% par la Métropole, à 7.3% par Salon-de-Provence et à 17% par l’Anru. Elle doit être achevée à l’horizon 2030. Déclinée en trois axes – « oxygéner, mixer, ouvrir » – elle ambitionne de régénérer tous les bâtiments conservés pour atteindre la performance énergétique, d’améliorer le confort et la santé des habitants et de changer l’image du quartier.

    394 logements sociaux seront démolis en tout, 953 réhabilités. Jusqu’à 118 logements locatifs libres et en accession sociale seront créés. 394 logements sociaux seront reconstitués hors site pour plus de mixité. La restructuration de l’école Saint-Norbert est au programme avec la création d’une école d’infirmiers, d’aides-soignants, d’auxiliaires de puériculture et d’un pôle santé mentale. Une serre bioclimatique, des jardins de formation professionnelle et des jardins partagés seront développés, ce qui vaut au projet le label « Quartiers fertiles » de l’Anru.

  • Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    L’universitaire émérite Élisabeth Dorier, géographe au laboratoire Population Environnement Développement (LPED) d’Aix-Marseille Université, investigue depuis le drame de la rue d’Aubagne l’ingénierie complexe de la mise en sécurité des immeubles marseillais qui, depuis 2020, s’est considérablement renforcée et structurée.

    1 638 adresses en péril

    Selon les bilans de la Ville dont « plus de transparence est souhaitée » selon la géographe, 2 343 arrêtés de péril ont été pris entre novembre 2018 et septembre 2025. Le rythme annuel reste soutenu avec 250 nouvelles adresses depuis 2021 et 287 sur l’année 2025. La cartographie des 1 638 adresses en péril retenues (hors explosion de Tivoli, incendies, murs de soutènement, etc.) met en exergue les zones avoisinant le drame de la rue d’Aubagne, mais aussi l’héritage de périls anciens depuis 2014, traités alors par le mépris. Mais aussi ceux issus du regain d’attention et de l’action volontariste portés sur les 4 îlots prioritaires de la SPLA-IN (Société publique locale d’aménagement d’intérêt national) et les opérations en Orcod-IN (Opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national) sur déjà 4 des 17 copropriétés privées dégradées qui vont d’ailleurs générer de « nouveaux chassé-croisé de délogés ».

    « La municipalité n’a pas toutes les clés en main, analyse Élisabeth Dorier. Benoît Payan reste tributaire de politiques partenariales largement pilotées et financées par l’État et la Métropole. On l’a mesuré avec l’hostilité de Martine Vassal à l’encadrement des loyers, les freins mis à l’extension du permis de louer qui se réduit, sur la carte, à de petites tâches à la Belle de Mai et Hoche-Versailles. » La cartographie des arrêtés de mise en sécurité en procédure urgente correspond aussi « aux périmètres d’actions planifiés et notamment d’Euromed et à ses marges », observe la chercheuse, critique pour affirmer que « l’urgence est souvent mise au service de grands projets et là, je considère qu’il y a un dévoiement de l’urgence car beaucoup de ces immeubles dégradés étaient identifiés de longue date ».

    Évacuations en baisse

    Globalement, le nombre d’arrêtés de mise en sécurité pris en procédure urgente baisse et parmi eux, seuls les cas graves (70%) entraînent des évacuations. « D’un côté, il y a la volonté d’éviter la violence sociale d’évacuations traumatisantes en un quart d’heure en oubliant les lunettes et le chat. De l’autre, il y a l’argument du coût des évacuations car 80% des ménages sont relogés par la Ville. Les propriétaires privés collaborent peu au relogement de leurs locataires », observe-t-elle. Ce qui oblige ensuite la Ville à se lancer dans le recouvrement des frais d’hébergement avancés.

    Les mainlevées

    Les arrêtés de mainlevée progressent, ce qui est la traduction d’un traitement pérenne des situations. Les sorties de péril ont concerné 251 immeubles en 2025 et 220 en 2024, contre seulement 79 en 2021. Mais le stock d’adresses à suivre a augmenté avec plus de nouvelles procédures lancées que de procédures clôturées. La purge de l’immobilier indigne se poursuit.

    Relogements définitifs

    C’est un point de tension certain. Entre 2018 et 2025, 3 498 ménages, soit 7 776 personnes, ont été évacués. On estime à 25% le nombre de personnes ayant échappé à ce décompte officiel lors de la période folle 2018-2019. En tout, 454 ménages ont bénéficié d’un relogement définitif ailleurs qu’à l’adresse évacuée, à 92% en logement social, soit environ 12% des évacués. Dans cette part déjà congrue de relogés définitifs sont intégrés les 75 ménages du périmètre du haut de la rue d’Aubagne, relogés sous l’ancienne municipalité dans du social diffus et ceux dès 2019 des immeubles neutralisés par déclarations d’utilité publique.

    « Ce faible taux interroge la production de logements sociaux et exige un changement de braquet de la Métropole », alerte Élisabeth Dorier, qui est aussi membre du Comité de suivi de la Charte du Relogement. « Les relogements définitifs concernent surtout des évacués d’immeubles tellement délabrés ou de propriétaires tellement peu coopérants (travaux pas démarrés ou qui s’éternisent) qu’ils ont été placés sous maîtrise publique pour être rénovés », observe l’universitaire.

    « Les relogements définitifs butent sur les carences en logements sociaux dans les arrondissements centraux – où il y a pourtant de nombreux logements vacants ou utilisés en location saisonnière – et sur le fait que la quasi-totalité des logements sociaux marseillais sont concentrés dans les mêmes quartiers. » Autre frein, « le manque de solidarité métropolitaine et interarrondissements. Les pires carences en logements sociaux ne concernent pas la Ville de Marseille qui n’a pas la main. La Ville s’est engagée à fond dans le suivi des signalements, les missions de diagnostic et de placement sous arrêté de péril et elle se retrouve à devoir gérer l’hébergement provisoire de ménages que les propriétaires n’assurent pas, alors qu’ils ont été à la hauteur pour percevoir les loyers. La marge de manœuvre de la Ville en relogement est très faible car la Métropole n’est pas à la hauteur de ses prétentions. L’insuffisance de la production métropolitaine en logement social et les très forts déséquilibres sur son territoire sont criants », démontre Élisabeth Dorier.

    De guerre lasse, des évacués sortent d’eux-mêmes du dispositif pour se reloger par leurs propres moyens. En 2025, on compte une vingtaine de départs volontaires, mais aussi, selon la Ville, 61 ménages qui refuse de réintégrer le logement d’origine après mainlevée du péril. « Ce qu’on voit aussi tendanciellement, c’est l’éloignement au fil du temps du lieu de relogement. »

    Travaux d’office

    La municipalité a ouvert une autorisation de programme de 48 millions d’euros de travaux d’office, en novembre 2020. Sous Gaudin, le budget s’était perdu en études et conseils avec seulement 168 000 euros consacrés en 2018… En 2024, 40 chantiers ont été achevés, qui avaient mobilisé 3,9 millions d’euros aux frais avancés des propriétaires défaillants, contre 4,2 millions en 2023. Huit chantiers ont été achevés en 2025, cinq nouveaux ouverts au dernier trimestre dernier. 23 immeubles sont encore pris en charge.

  • [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    La Marseillaise : L’UD a réalisé un vaste document sur les élections municipales, quel est le sens de cette initiative ?

    Marc Pietrosino : La CGT n’est pas neutre. Nous sommes en contact permanent avec les salariés du département, nous avons donc une vision pour améliorer le quotidien des travailleurs dans le cadre de ces élections. Cette campagne pour le scrutin n’aborde pas toujours de la bonne manière toutes les compétences des communes. À partir de celles-ci, l’idée était de mettre sur la table notre vision des choses, de donner des pistes, aux différents candidats, hors RN et extrême droite évidemment. Et cela fait écho à d’autres travaux d’organisations syndicales CGT, comme ceux de nos camarades de la Métropole ou de la santé, qui ont interpellé les candidats, dans leur domaine de compétence. Pour l’Union départementale, nous avons une démarche globale. Nous aimerions d’ailleurs que les candidats, a minima les progressistes, se positionnent sur nos propositions.

    Vous abordez largement la réindustrialisation, qui n’est pas une compétence directement municipale, qu’attendez-vous des candidats sur le sujet ?

    M.P. : Nous appelons les candidats à se saisir des problématiques industrielles. Je prends l’exemple d’Arcelor : toutes les collectivités doivent être à l’unisson pour accompagner la décarbonation, pour sauver l’usine. Nous avons besoin d’acier en France. Par extension, pour décarboner nos industries et les activités maritimes, on va être obligé d’avoir une alimentation massive en électricité. En ce sens, la ligne Très Haute Tension [projet de ligne de 300 000 volts entre Jonquières et Fos, Ndlr.] doit se faire dans le respect des normes environnementales, en concertation, en n’opposant pas industrie et écologie. Mais je préviens les candidats et futurs élus : si on ne veut pas finir dans le tout-tourisme, il faut cette ligne. Plus globalement, il faut qu’ils activent tous les leviers pour qu’on ne loupe pas ce tournant : sur les services publics qui doivent suivre, la demande en logement… Ils ont une grande responsabilité pour l’avenir de la zone. Par contre, nous avons été très déçus par la campagne pour le volet activité portuaire de notre département. Il y a eu de grosses attaques sur les bassins Est de Marseille. Le candidat RN propose la construction d’une marina, ce qui équivaut à supprimer 15 000 emplois. Et une déception vis-à-vis des candidats progressistes qui ne parlent du port que pour donner des accès à la mer et de nouvelles plages.

    Printemps Marseillais comme LFI parlent de l’emploi comme une priorité sur le port…

    M.P. : Nous sommes heureux quand ils affirment que c’est une priorité. Mais nous avons été surpris par les positions voulant donner de nouveaux accès à la mer au détriment des activités. Nous veillerons à ce qu’ils réaffirment ce soutien à l’emploi.

    Vous évoquez aussi les attaques sur les Bourses du travail, comme à Arles. C’est un exemple des politiques antisociales qui peuvent être menées contre les travailleurs par les mairies ?

    M.P. : Avant d’attaquer frontalement les salariés, ils s’attaquent d’abord aux corps intermédiaires, aux contre-pouvoirs, aux représentants des salariés. Priver les syndicats de leurs lieux de vie historiques n’est pas anodin. Cela revient à les empêcher de travailler, c’est une façon d’annihiler ceux qui défendent les intérêts des travailleurs. Et par ricochet, les droits de ces derniers. Les maires progressistes doivent sanctuariser les Bourses. L’exemple d’Arles est parlant : De Carolis est dans la ligne droite de la macronie, son gros chantier à Arles a été d’attaquer la Bourse du travail… Pour vouloir en faire un office de tourisme, ça en dit long.

    Dans cette lignée, il y a déjà eu des mairies passées aux mains de l’extrême droite dans le département, quelles conséquences pour les travailleurs ?

    M.P. : Les camarades de la fonction publique pourraient expliquer longuement ce qu’ils ont subi durant les mandats de l’extrême droite, à Marignane ou Vitrolles il y a quelques années… Ce sont des mises au placard, un management détestable, une politique qui n’est pas au service des citoyens. Si on a le malheur d’en avoir d’autres après ce scrutin, on ne fuira pas, on combattra et on montrera qu’une autre voie est possible.

    Vous appelez les militants à soutenir les listes progressistes au regard du danger de l’extrême droite dans certaines communes ?

    M.P. : Quand les forces progressistes réussissent à s’entendre, on appellera toujours à voter pour celles-ci. Bien souvent, leur programme reprend ce que l’on demande syndicalement, on aurait donc tort de ne pas les soutenir. Pour le cas des listes dispersées, nous appellerons au rassemblement des forces progressistes au second tour face à l’extrême droite.

    Vous tirez la sonnette d’alarme sur le logement, vous revendiquez plus de logement social ? Quid de l’encadrement d’Airbnb ?

    M.P. : Il y a deux aspects : certaines communes jouent le jeu du logement social, d’autres préfèrent payer des pénalités plutôt que d’en avoir. Nous enjoignons les communes à être dans les clous au niveau de la loi. Et à bâtir des logements sociaux partout sur le territoire. Nous avons le droit d’avoir des logements sociaux près de la plage, dans des communes dites touristiques. D’où le lien avec une autre problématique : celle des plateformes comme Airbnb. Il faut vraiment les encadrer, que les maires privilégient les logements pour ceux qui travaillent et vivent dans leur commune. Le nombre de logements de ces plateformes, dans certaines villes, provoque une hausse des prix de l’immobilier et empêche les travailleurs de s’y loger. Le logement est une compétence de la municipalité, les maires doivent agir dans ce domaine.

    Il y a tout un panel de revendications pour « renverser la fragilisation des services publics », comment faire ?

    M.P. : Nous devons avoir une fonction publique territoriale forte, qui ne délègue pas au privé. Cela passe par une fin des emplois précaires, le recours à des contractuels. Les partenariats public-privé se résument par « financement par le public et bénéfice pour le privé ». De fait, nous sommes favorables aux régies publiques. Avoir l’eau en régie publique, c’est une eau moins chère pour les citoyens, et de meilleure qualité. Pareil pour la restauration scolaire : il faut sortir de cette privatisation à tout va. Ce n’est que par des régies publiques qu’on pourra avoir une alimentation saine et équilibrée pour nos enfants dans les écoles. C’est une question de contrôle citoyen sur le service en question.

    Vous vous inquiétez aussi de l’enjeu métropolitain ?

    M.P. : C’est un scrutin dans le scrutin. La couleur politique qui sortira des différentes élections municipales, aura une influence directe sur la couleur politique de la Métropole. Et quand on connaît les prérogatives de cette dernière, notamment en matière économique, ça ne sera pas la même chose d’avoir une métropole majoritairement à gauche ou à droite. Le pire serait d’avoir une Métropole aux mains du RN. Ce serait une catastrophe pour le développement de l’emploi.

  • [Entretien] Frédéric Dutoit : « Il faut rompre avec cette politique néfaste pour les habitants d’Allauch »

    [Entretien] Frédéric Dutoit : « Il faut rompre avec cette politique néfaste pour les habitants d’Allauch »

    La Marseillaise : Quels sont la position et le regard de la liste « Allauch à Gauche » sur la question du logement social ?

    Frédéric Dutoit : Sans surprise nous sommes opposés à la politique du maire actuel qui refuse tout nouveau logement social et a même arrêté les projets qui étaient déjà en cours. Cette situation nous fait payer, nous Allaudiens, des indemnités à l’État de 1,3 million d’impôts supplémentaires. Et au-delà, ça sclérose l’offre de logements pour la population puisque par ses propres dires à lui, il reçoit tous les jours des demandes de logement social d’Allaudiens. Ça concerne particulièrement les plus jeunes qui ont besoin de commencer leur parcours résidentiel dans leur ville et n’ont pas les capacités financières d’acheter, et ça réduit farouchement les possibilités pour les familles les plus en difficulté bien sûr.

    Que proposez-vous ?

    F. D. : On exigera de la Métropole, une redéfinition du Plan local d’urbanisme intercommunal qui nous permettra d’avoir des terrains accessibles à la construction et de développer l’offre. C’est fondamentalement différent de ce qu’il propose, lui et les autres listes de droite d’ailleurs. D’autant que sur Allauch même, on pourrait, non pas en développant des barres et des tours dans la ville et encore bien moins sur les collines, en produire dans le mitage de l’urbain actuel avec un travail sur les logements vacants, en mixant avec de l’accès à la propriété, comme ça se fait partout.

    D’autant que 70% des Français sont éligibles au logement social…

    F.D. : On n’est pas dans une ville particulière. Lionel de Cala veut faire d’Allauch un village gaulois mais ce village accentue les difficultés des Allaudiens eux-mêmes. C’est simplement une mauvaise politique qui est mise en œuvre et nous voulons rompre complètement avec. Et, je l’ai dit, les trois autres listes qui sont contre nous sont sur la même position de refus du logement social. Il faut rompre avec cette politique néfaste pour les habitants d’Allauch.

    Vous dites vouloir revoir le PLUi, vous pouvez aussi agir sur le taux de logements sociaux dans les programmes ? Quel est l’objectif ?

    F.D. : On est aujourd’hui à 7% de logements sociaux sur la ville d’Allauch… La loi Gayssot exige des communes qu’elles s’orientent vers 25% de logements sociaux pour répondre aux besoins de la population. La particularité d’Allauch, c’est que le maire se refuse farouchement à faire même des petits pas. C’est la raison pour laquelle nous payons, 1,3 million d’indemnités pour ne pas respecter la loi. C’est inacceptable. D’autant que même sans être des fanatiques, on ne veut pas de tours et barres et on ne vise pas d’un coup les 1 800 logements sociaux qu’il faudrait pour atteindre les 25% sur la ville, en le faisant progressivement dans le mitage urbain, etc… l’État arrêterait de nous faire payer cette amende.

    Toutes les communes du département et ailleurs, qui étaient comme nous à 7% ne payent pas cette indemnité parce qu’elles progressent tous les ans. Elles passent de 7% à 8%, à 9%, à 10%… Il y a une volonté politique de toutes les communes d’aller vers plus de logements sociaux, ce que ne veut pas le maire Lionel de Cala et donc c’est encore plus inacceptable, pour cette deuxième raison. Non seulement on ne respecte pas la loi et on paie des impôts que l’on pourrait éviter de payer mais en plus on ne répond pas non plus aux besoins et aux aspirations de la population d’Allauch et notamment des jeunes.

  • Une mère de cinq enfants dans un immeuble en péril à Marseille

    Une mère de cinq enfants dans un immeuble en péril à Marseille

    Une mère isolée veut quitter l’immeuble en péril où elle demeure avec ses cinq enfants. En septembre dernier, le 25 rue Fongate (6e) à Noailles a été frappé par un arrêté de mise en sécurité, sans évacuation, pour des pathologies diverses dont la corrosion et la putréfaction des poutres dans les caves, des fissurations dans un logement et sur le mur de clôture limitrophe. Mise en demeure, la propriétaire de l’immeuble dispose de 12 mois pour réaliser une liste de travaux exigés par la mairie.

    « Depuis cet arrêté, on ne vit plus normalement. Les enfants ont peur. Ma plus jeune fait des cauchemars qui la réveillent. Mon deuxième garçon préfère dormir chez ses amis tant il a peur de rester dans l’immeuble », raconte Ilham Belbard, cette mère courage de 52 ans, qui porte encore son tablier de cuisinière du restaurant qui l’emploie. « Vous savez on a le souvenir de la rue d’Aubagne qui est juste à côté. Heureusement que je les ai mis au sport. » Le péril a suspendu le loyer de 954 euros.

    « Grande précarité domiciliaire »

    L’association de médiation Asmad du groupe Addap13 a alerté depuis longtemps les autorités sur la situation de « grande précarité domiciliaire » qui « s’aggrave de jour en jour » avec en novembre dernier « l’effondrement partiel du sol dans une des chambres », conduisant la mairie à demander de ne plus utiliser cette pièce. Le logement ne comporte plus que deux chambres pour une famille de cinq enfants. Un relogement adapté s’impose. « Il en va de la sécurité de la famille et du bien-être des enfants notamment mineurs », a écrit l’association tout en rappelant qu’un inspecteur de salubrité de la Ville avait émis en juin 2020 une mise en demeure pour non-décence du logement. Un rapport de 2021 des Compagnons Bâtisseurs Provence, missionnés par la CAF, diagnostiquait déjà l’« affaissement du sol dans une chambre » et conduisait à un constat de non-décence qui suspendait l’allocation logement versée au bailleur. Le propriétaire est décédé depuis. Sa veuve qui vit en dessous, s’est vue réclamer de la CAF un rappel de 23 000 euros d’allocations versées et reste redevable de 13 500 euros à l’égard de sa locataire. Des travaux ont remédié depuis à l’indécence, mais reste le péril. Entre-temps, en août dernier, la commission Dalo a reconnu pour la seconde année de suite le caractère prioritaire de sa demande d’attribution en urgence d’un logement social qu’elle réclame depuis huit ans et il lui a été proposé un logement T5, avenue de la Croix-Rouge (13e) relevant du contingent réservé de l’État auprès du bailleur social 13 Habitat. Ce qu’elle a accepté mais saisis de deux autres candidatures, la commission Caleol a préféré allouer le T5 à une autre famille.

  • [Entretien] Karim Ghendouf : « Airbnb sans régulation est un fléau pour La Ciotat »

    [Entretien] Karim Ghendouf : « Airbnb sans régulation est un fléau pour La Ciotat »

    La Marseillaise : Quelles sont vos perspectives dans cette dernière ligne droite ?

    Karim Ghendouf : On va consacrer notre semaine à aller à la rencontre des habitants sur les marchés, dans les grands quartiers de la ville et à la sortie des écoles. Ce lundi, on va distribuer notre programme dans les quartiers de l’Abeille et des Matagots. On incarne le vote utile à gauche dès le premier tour. Parce qu’on a le risque que la gauche ne soit pas au second tour. L’extrême droite, aujourd’hui, est dans la rue à La Ciotat et ils sont très mobilisés. Nos propositions sont des oppositions à la droite et à l’extrême droite. L’objectif, cette semaine est d’informer sur toutes les propositions qu’on formule, aller à la rencontre des habitants et échanger avec eux. Vendredi, on aura un temps fort avec un grand pot de fin de campagne à notre siège.

    Quel bilan dressez-vous d’ores et déjà de ces rencontres avec les habitants et de la campagne ?

    K.G. : Ça s’est bien déroulé. On a fait notre grand meeting la semaine dernière, dévoilant notre programme et la liste. On a fait plusieurs quartiers de la ville et on a un très bon accueil auprès des habitants sur leurs lieux de vie et de travail. Notre liste reflète la diversité sociale de notre commune et des quartiers. C’est une fierté d’avoir réussi à unir les forces de gauche. C’est un travail qu’on a entamé avec conviction et humilité. Ça a été compliqué par moments de convaincre de former une grande union, mais on a réussi. Nous avons reçu le soutien de L’Après et même de Place publique ce matin. Donc on continue notre dynamique de rassemblement des forces citoyennes, écologistes et de gauche à l’échelle du département et de notre commune.

    À travers vos mesures phares, vous voulez donner un nouveau cap de gauche à la ville, en la changeant en profondeur ?

    K.G. : On veut un nouveau cap pour La Ciotat. Concrètement, le logement est notre priorité numéro 1. On a plusieurs objectifs. Le premier est d’atteindre 30% de logements sociaux à l’issue de notre mandat. On aura une attention particulière pour les plus modestes. Le second est la régulation des Airbnb, en passant de 120 jours de location à 90 jours maximum et en se donnant les moyens d’y parvenir en renforçant les contrôles sur les déclarations. Il faut savoir que Monsieur Doriol a refusé la limitation de 120 jours à 90 jours en expliquant qu’il n’y avait pas de problème d’Airbnb sur la ville. On a lancé une pétition l’année dernière, on a fait des questions écrites, il est resté sourd à notre demande en considérant qu’il n’y avait pas de problème.

    Notre priorité numéro 2, c’est l’école. On souhaite construire une école à l’Est de la ville, là où l’urbanisation a été très importante. Plus de 750 logements ont été construits dans ces quartiers, mais il n’y a aucune infrastructure publique. Ça a saturé les écoles de trois grands quartiers de la ville : l’Abeille, Saint-Jean et les Séveriers. Résultat : on surcharge les écoles qui sont plus loin, les parents amènent leurs enfants en voiture, donc ça sature la circulation le matin et à la sortie d’école. C’est un non-sens. D’un point de vue du budget, on veut donner des moyens importants à l’école, sur la rénovation et la prise en compte des aspects climatiques puisqu’on a des écoles qui ferment l’été à cause de la chaleur dans les salles de classe… Aussi, on veut revenir à la gratuité des animations sur le temps périscolaire entre 11h30 et 13h30 et redonner des moyens pour les fournitures scolaires.

    Que faire face à la gentrification de la ville et à la flambée des prix de l’immobilier ?

    K.G. : La libéralisation du permis de construire est le grand responsable. C’est la non-maîtrise de l’urbanisme qui a conduit à cela. Le coût du foncier a exclu une grande partie des Ciotadens. Les gens ne peuvent plus vivre dans la ville et partent dans les communes voisines. La Ciotat est devenue la ville la plus chère en termes de logement et de coût du foncier du département. C’est dramatique. La conséquence d’une politique d’urbanisation sans contrôle. Il faut construire, mais maîtriser. Sans régulation, Airbnb est un fléau pour la ville. Ça retire énormément de logements accessibles pour les habitants. Aujourd’hui, on a une population qui se gentrifie et vieillit. Selon l’Insee, nos jeunes ne peuvent pas se loger, donc partent de notre commune.

    Ça accélère le vieillissement de la population et ça a des conséquences directes sur un certain nombre de services publics, comme les écoles. On est confronté à des fermetures de classes et, à terme, d’écoles sur le centre-ville. C’est un péril. On n’est pas encore à une vitrine touristique totale, mais il y a une tendance forte à ce risque. C’est pour ça qu’on doit agir. La loi nous donne des outils : nous sommes une commune en zone tendue. On doit absolument réguler. Ça contribue à maîtriser le coût des prix de location et du foncier.

    Il faut maintenir une population jeune et une population qui travaille. Beaucoup, aujourd’hui, travaillent sur la commune mais ne peuvent pas s’y loger. J’en ai discuté avec l’Union Pour les Entreprise 13, qui partage ce constat. 95% des gens que je reçois en rendez-vous ont une demande de logement ou une famille qui s’agrandit.

  • [Rue de la République] Martine Vassal : « Je suis la seule alternative à Benoît Payan, le RN ne gagnera pas Marseille »

    [Rue de la République] Martine Vassal : « Je suis la seule alternative à Benoît Payan, le RN ne gagnera pas Marseille »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie
    du territoire. Ce week-end, Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix Marseille Provence et du Département des Bouches-du-Rhône, candidate DVD à la mairie
    de Marseille.

    La dernière ligne droite

    Didier Gesualdi : Dans quel état d’esprit êtes-vous dans cette dernière ligne droite ?

    J’ai le sourire parce que j’ai une très belle liste, avec des personnes compétentes dans leur domaine que ce soit l’économie, l’éducation, la santé, le sport, la culture et avec des gens expérimentés. On déroule. On essaye de faire passer nos idées et de parler de fond.

    Didier Gesualdi : Vous évacuez les difficultés que des analystes ont pointées avec des sondages plus mauvais que quand vous avez commencé ?

    Tout à fait. Le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir.

    Didier Gesualdi : Ce n’est pas plié ?

    Une élection n’est jamais gagnée d’avance.

    Léo Purguette : Dans vos rencontres de terrain que vous disent les Marseillais ?

    Le mot d’ordre que je ressens, notamment depuis janvier, c’est « surtout ne lâchez pas ». Ça me fait chaud au cœur parce que je sens une population très déçue de ce qui s’est passé durant ces six dernières années. D’abord avec le « switch ». Le fait que Mme Rubirola ait gagné et qu’au bout de quelques mois elle ait été remplacée par M. Payan, ça ne passe pas du tout chez les Marseillaises et les Marseillais. Beaucoup me disent « vous avez fait plein de choses à la Métropole et au Département on espère la même chose pour la Ville ». Après, je sens aussi qu’il y a une forte montée du RN qui surfe sur les colères et les peurs. C’est vrai pour la totalité des Français, pas seulement ici à Marseille. Il ne faut pas confondre les élections. C’est une élection locale, pas nationale.

    Didier Gesualdi : Avez-vous un problème de positionnement politique, êtes-vous allé trop à droite ?

    Je pense qu’il y a eu une nationalisation du débat qui vole aux Marseillais leur élection. Un maire -j’en côtoie beaucoup à la Métropole- quelle que soit la grosseur de la commune, c’est quelqu’un de très engagé, qui défend ses habitants, qui les protège. C’est ça qui m’intéresse. C’est pour ça que j’ai rassemblé de l’écologie raisonnable en passant par le centre, jusqu’à la droite affirmée. C’est pour ça que j’ai gardé mon étiquette divers droite. Ma liste ressemble à Marseille.

    La Liste

    Léo Purguette : Ne reconnaissez-vous pas, tout de même, des erreurs dans la composition des listes ?

    La mienne ?

    Léo Purguette : Oui, dans les 11-12 par exemple avec Mme Philippe, une ancienne RN qui a choqué par ses propos.

    Écoutez, il faut expliquer qu’il y a eu un changement. Il y a eu la réforme PLM. Il y aura deux urnes. Une sur le secteur, une de 111 noms pour la mairie centrale, les mêmes pour toute la ville. Les élus de secteur, je les ai laissés composer leurs listes. Après, il y a eu peut-être quelques infiltrés qui ont essayé de nous mettre un peu la panique, mais ce n’est pas très grave. L’important c’est ce qu’on propose aux Marseillaises et aux Marseillais. J’ajoute que le législateur n’est pas allé au bout et ne nous a toujours pas donné les compétences des mairies de secteur. C’est un peu dommage cette réforme à la va-vite qui éloigne les citoyens des décisions.

    Didier Gesualdi : Donc pas d’erreur ?

    Franchement je suis très fière de mes 111 noms. 49 ans de moyenne d’âge, vous allez me dire que je suis dans la moyenne… Pas tout à fait, un peu plus… On va dire hors taxe. C’est une liste qui rassemble largement, notamment des personnes qui viennent de la société civile et qui sont quand même un peu choquées de la violence de cette campagne. C’est même un climat dégueulasse, j’ose le mot. C’est une campagne en dessous de la ceinture, au niveau des caniveaux. Je regrette vraiment qu’il soit si peu question de fond.

    La campagne

    Didier Gesualdi : La violence d’une campagne vous ne la découvrez pas, il faut presque y être préparé pour devenir maire.

    Oui mais elle va crescendo, elle va avec la violence qu’on retrouve dans la France entière. Les scrutins sont de plus en plus violents, agressifs… Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’on veut faire de cette ville. On a perdu six ans, on ne va pas perdre encore sept ans de plus.

    Léo Purguette : Vendredi, Jordan Bardella était à Marseille. On sent bien que le RN veut faire de Marseille un grand symbole, et en cas de victoire, un laboratoire.

    Ça vous inquiète ?

    Mais je ne me suis jamais considérée comme un rat de laboratoire. On a nos spécificités ici à Marseille. Je laisse les Parisiens là où ils sont. On s’est toujours très bien débrouillé sans eux, et on va continuer comme ça. Vous savez, les appareils, la nomenklatura parisienne… Il n’y a qu’une chose qui m’intéresse c’est Marseille. C’est pour ça que je suis restée divers droite : mon parti, c’est Marseille. Ça fait 10 ans pour le Département, 8 ans pour la Métropole, que je préside des institutions formidables. On a refait le territoire avec tous les maires qui étaient volontaires. On a fait la révolution des transports, elle est là, on la voit.

    Le second tour

    Didier Gesualdi : À quoi va ressembler le second tour ? Quadrangulaire ? Triangulaire ?

    Je suis le rempart pour changer les choses, pour que le Printemps marseillais, avec la France insoumise, ne dirigent plus cette ville. Pourquoi je dis que le RN ne gagnera pas : parce que Marseille c’est 2 600 ans d’histoire, c’est du multiculturalisme, c’est des tas de personnes arrivées au fil des années. On a grandi de nos différences. On a vécu les uns à côté des autres. Elle ne sera jamais RN contrairement à ce que veulent instiller certains médias parisiens.

    Léo Purguette : Donc vous estimez être l’alternative à Benoît Payan ?

    Absolument, je suis la seule alternative. Si aujourd’hui, Benoît Payan ne parle pas de programme, ne veut pas faire de débat et qu’il agite le chiffon rouge c’est parce qu’il a eu un mandat où il n’a rien fait et qu’il espère un mandat où il ne fera rien.

    Les propositions

    Léo Purguette : Quelles sont vos propositions principales ? Vous avez beaucoup parlé sécurité.

    Effectivement vous avez raison. C’est une problématique qui revient régulièrement. Combien de fois j’ai entendu « je ne descends plus en ville parce que j’ai peur ». Moi je n’habite pas très loin, c’est vrai que sur le Vieux-Port à 20h on n’est pas très rassuré. Quand on veut aller au manège sur la place Charles de Gaulle avec les enfants et qu’on voit ce qu’il y a autour, ce n’est pas très engageant. Oui, il faut un choc d’autorité sur cette ville. Je ne suis pas dans la course à l’échalote sur les chiffres mais oui, il faut plus de policiers municipaux, plus de caméras, utiliser des drones…

    Didier Gesualdi : Benoît Payan a doublé la police municipale ce que vous n’aviez pas fait en 25 ans.

    Je suis présidente de la Métropole et du Département. Comme vous le voyez, je ne suis pas Jean-Claude Gaudin. J’ai beaucoup de respect pour lui, je ne suis pas sûr que d’autres élus marseillais aient le même respect pour leur mentor d’ailleurs. Oui, il faut que le maire assure la tranquillité publique, c’est sa mission. Il faut aussi qu’il soit dans un continuum de sécurité avec la police nationale, c’est là que j’ai proposé le dispositif Argos, c’est ce qu’on fait quand il y a des incendies, des inondations. On se met tous ensemble, on fait tomber les cloisons. C’est ce qui manque à Marseille, en matière de sécurité mais aussi dans d’autres domaines. Je veux que les jeunes qui sont borderline qui commencent à tomber dans la délinquance on les récupère tout de suite pour leur donner une seconde chance. C’est pour ça que je propose des maisons de la réussite. Le métier le plus compliqué, c’est celui d’être parent, il faut les soutenir. Il faut aussi assurer aux jeunes un autre avenir.

    Didier Gesualdi : Il faut pour cela des services publics, le Printemps marseillais dit en avoir remis en place, avez-vous des propositions sur le sujet ?

    Bien sûr, là aussi, il ne faut plus travailler en silo. Vous avez la Ville qui travaille avec le CCAS, la Métropole avec la politique de la Ville, le Département avec les maisons de la solidarité… Il faut être main dans la main. C’est ma conception une fois que le débat démocratique a eu lieu. À condition d’être sérieux. Excusez-moi, quand je vois le programme du Printemps marseillais, c’est un programme intelligence artificielle de 128 pages sorti en une semaine avec des choses complètement irréalistes, dingues, qui ne se feront jamais, comme la jetée amovible dans le port ou la forêt avec des arbres centenaires sur les plages du Prado. Tout cela est illusoire. De l’autre côté on a un RN, simpliste, avec un candidat qui appelle maman Le Pen et papa Bardella pour venir à son secours. Il l’a fait monter à Notre-Dame de la Garde, vendredi. J’espère qu’il a mis les pois chiches dans les chaussures mais il ne connaît rien à Marseille. C’est un touriste électoral. Quand on propose des pass pour interdire les plages à une partie de la population, quand on veut faire un couvre-feu, quand leur candidat dans les 6-8 dit que les jeunes qui font du foot ça fait du bruit… ça fait froid dans le dos. Que fait le RN ? Il surfe sur les peurs.

    Léo Purguette : Vous êtes un peu dans une tenaille. Vous dites que la gauche est irréaliste mais pour gagner il faut aussi faire un peu rêver, donner envie non ?

    La ville a tellement pris de retard qu’aujourd’hui il faut répondre aux problématiques qui sont simples : la sécurité, la propreté, la tranquillité, mais c’est aussi des endroits comme le Centre Bourse à revitaliser. La Belle de Mai, quartier le plus pauvre d’Europe où il y a des marchands de sommeil, des squatteurs… À côté d’une gare Saint-Charles qui va être absolument magnifique. Je l’ai fait inclure dans Euroméditerranée pour aménager ces espaces. Je vais peut-être vous choquer mais ce que j’aimerais, c’est qu’un maximum de Marseillais devienne propriétaire, parce que, quand on a sa propre maison, c’est un havre de paix. Aujourd’hui, on a du mal à louer, du mal à acheter. C’est pourquoi je veux instaurer un prêt à taux zéro pour les primo-accédants et un bail réel solidaire qui permet d’acheter les murs mais pas le sol et grâce auquel vous payez 40% de moins votre logement. C’est le droit à se loger, pas le droit à spéculer.

    La Métropole

    Didier Gesualdi : Vous proposez de réformer la Métropole, vous êtes à sa tête depuis un moment. Qu’est-ce qui cloche ?

    Elle est née avec les forceps, il y a 10 ans en 2016. J’ai eu l’honneur d’en prendre la présidence en 2018. Une loi a supprimé les conseils de territoires en 2022. Il faut lancer un acte III pour qu’on se recentre sur les compétences comme l’économie, la mobilité, l’environnement, la gestion des déchets… On a déjà commencé sur Aix, ça marche très bien. Marseille voulait récupérer la propreté mais au dernier moment Benoît Payan a reculé, c’était trop de travail.

    Didier Gesualdi : Il dit que vous ne lui donniez pas les moyens.

    C’est faux, il ment. Maintenant ce que je propose c’est qu’une fois les maires élus, on travaille pour qu’en 2027 on ait une Métropole stabilisée au niveau politique et financier.

    Léo Purguette : On vous entend vous projeter. Vous serez candidate à la présidence quel que soit le résultat des municipales ? Certains dans votre camp s’activent en coulisses.

    C’est normal. Personne n’est éternel. Mais on n’en est pas là. Il va y avoir un premier tour, un deuxième tour et après il y aura ce troisième tour.

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jocelyne Alba :

    Bonjour Madame. Je ne partage pas vos idées mais je suis intéressée de connaître vos propositions pour les droits des femmes alors que nous approchons du 8 mars. Après tout, vous êtes seule candidate.

    C’est une question fondamentale. Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de violences sur les femmes et les enfants, quelques hommes aussi, qu’il ne faut pas oublier. Pour les faire reculer, il faut mettre en place des dispositifs. Je l’ai fait au Département, je le ferai à la Ville de Marseille. Je voudrais acheter des logements sociaux et les mettre à disposition des femmes qui subissent des violences. Il faut aussi aider encore plus les associations qui font de l’accueil. Très souvent on oblige les femmes à raconter 50 fois leur histoire, c’est très compliqué. Il faut améliorer l’accompagnement sur le plan psychologique et judiciaire.

    Par ailleurs, on dit souvent que c’est difficile de pouvoir mener de front, quand on est une femme, sa vie professionnelle, familiale et personnelle. Je souhaite instaurer un droit opposable à la garde d’enfants. C’est-à-dire avoir une priorité pour les femmes qui vont travailler pour avoir une place en crèche. Je souhaite doubler leur nombre, faire un audit très précis des places publiques, privées et des assistantes maternelles. Je propose aussi d’agir pour ceux qu’on appelle « les orphelins de 16h30 », parce qu’ils se retrouvent tous seuls en fin d’après-midi, avec des « maisons de la réussite » et de l’intergénérationnel en embauchant des personnes retraitées pour faire de l’aide au devoir. C’est important parce qu’on est tous passé par là, après une longue journée de travail, ça peut finir dans les cris… Il faut tendre la main à chacun. L’égalité femme-homme n’est pas encore là. Il faut continuer dans ce sens.

  • À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    « Un meeting extraordinaire. » Pour Christine Romano (PCF), tête de liste de Fréjus Riposte qui a réussi à rassembler à gauche en réunissant communistes, insoumis, écologistes, socialistes et membre de l’Après, la réunion de ce vendredi, dans la salle Sextant, aura été un moment qui compte. D’abord parce qu’elle a rassemblé 150 personnes, mais aussi de par la présence de soutiens comme Guillaume Roubaud-Quashie, historien et porte-parole du PCF, ou Manon Aubry, eurodéputée LFI. « Nous avons aussi beaucoup de colistiers issus de la société civile, syndicaliste ou association, qui ont pu prendre la parole », précise l’ancienne retraitée de la Poste en retrait de la présidence de l’UL-CGT Saint-Raphaël-Fréjus.

    Les sujets évoqués auront été nombreux avec une priorité : libérer une ville aux mains du maire d’extrême droite, David Rachline, depuis 12 ans, et candidat à sa réélection pour un 3e mandat. « Il n’est pas officiellement investi par le RN, mais le parti est derrière », assure la candidate, qui dénonce un bilan catastrophique entre urbanisation à outrance et creusement de la dette qui dépasse les 150 millions d’euros. Une gestion municipale dénoncée dans leur rapport par les magistrats de la Chambre régionale des comptes, en mars dernier.

    Si le programme de Fréjus Riposte est en cours de finalisation, il s’agit déjà de « rétablir une démocratie participative », martèle la candidate, en remettant notamment les comités de quartier en place, où les habitants éliront eux-mêmes leurs représentants.

    Favoriser l’accès au logement

    Finie aussi la bétonisation à tout crin. L’hôtel de luxe sur Fréjus plage « disparaît », « nous sommes aussi favorables à un pôle universitaire sur la base nature, centrée sur les métiers de la mer et la restauration » des milieux, détaille Christine Romano. Terminé la fusion de quatre écoles en un seul et même lieu, dans le secteur de Caïs Nord, soit pas moins de 1 000 élèves, concentrés à côté de l’autoroute. « Un projet énorme qui n’a pas de sens », commente-t-elle.

    Sur cette commune de près de 60 000 habitants, deuxième bassin d’emplois du département du Var avec deux grandes ZAC, la tête de liste entend également améliorer l’accès au logement. « Nous ne sommes pas en pénurie, de 8 à 9% de logements sont vacants, beaucoup sont consacrés aux locations de vacances ou Airbnb », assure Christine Romano, qui mise notamment sur la taxation des résidences secondaires pour « créer les conditions au vrai locatif ». Sans oublier la mise en place de 3 000 logements sociaux « quand la municipalité préfère actuellement payer une amende de 882 000 euros plutôt que de respecter la loi SRU qui fixe à 25% le ratio de logements sociaux », dénonce-t-elle.

    Sur la santé, les colistiers souhaitent l’implantation d’un centre avec des salariés. La gestion de l’eau se ferait en régie et sur les transports, « nous avons plein d’idées », indique Christine Romano, entre pistes cyclables, gratuité et réorganisation de dessertes pas toujours adaptées quand il faut attendre le bus une heure. Une compétence de la communauté d’agglomération, sur laquelle « nous comptons peser si nous remportons la ville ». Enfin, sur la sécurité, sujet qui préoccupe les citoyens, c’est sur la police nationale qu’elle veut s’appuyer, « des gardiens de la paix » qui agissent aussi sur la proximité et la prévention « que nous comptons demander à l’État ».

  • [Entretien] Patrick Amico : « La lutte contre l’habitat indigne doit se poursuivre »

    [Entretien] Patrick Amico : « La lutte contre l’habitat indigne doit se poursuivre »

    La Marseillaise : Quel bilan tirez-vous de l’action du Printemps marseillais sur le logement ?

    Patrick Amico : Extrêmement positif. La situation était catastrophique après la rue d’Aubagne, il a fallu qu’on fasse le tri parmi les permis de construire. À partir de 2023, on s’est retrouvé en situation où on était menacé de carence [en matière de logement social] au titre de la loi SRU. Et avec tout le travail que l’on a effectué sur l’habitat indigne avec la création d’une direction passée de 4 à 130 personnes, le travail fait depuis 2023 avec Éric Méry [adjoint à l’urbanisme (Mad Mars)] sur les problématiques de relance, on est arrivé à dépasser les objectifs donnés par l’État. Avec le meilleur score en 2025 de création de logements sociaux depuis la création de la métropole. Notre bilan est reconnu par la profession, cela aussi bien fonctionné avec la métropole, malgré l’antagonisme politique, et avec l’État.

    Comment voyez-vous la suite ?

    P.A. : La lutte contre l’habitat indigne va prendre des décennies, elle est d’une complexité effarante, mais nécessaire. Ce que je souhaite, c’est que la majorité à laquelle j’appartiens continue à suivre politiquement les mêmes choses et valorise le travail fait. La tâche est immense au niveau municipal et métropolitain. Et c’est là tout l’enjeu avec cette loi PLM.

    Souhaiteriez-vous continuer à porter ce sujet au sein de la future municipalité ?

    P.A. : Si le maire me le demande, oui, ce sera avec grand plaisir. Sur certains dossiers, on travaille depuis 2022, je connais tous les rouages de cette problématique. Je représente aussi la composante GRS avec Sophie Camard, le souhait a toujours été de faire en sorte qu’elle fasse partie de la majorité et soutienne pleinement l’action du maire.

  • À Montpellier, la proposition phare d’une agence municipale pour le logement

    À Montpellier, la proposition phare d’une agence municipale pour le logement

    « Le logement, c’est la dignité. Avoir un toit, c’est pouvoir élever ses enfants », estime l’actuel maire socialiste de Montpellier et candidat à sa réélection, Michaël Delafosse. « Partout en Europe, il y a une crise du logement ». Et Montpellier, où de nombreux ménages victimes de la flambée des loyers peinent à se loger, n’y échappe pas. De cette question « souvent esquivée dans les débats publics », Michaël Delafosse et son équipe ont décidé de faire « une priorité absolue » d’un éventuel prochain mandat, dans la continuité de la politique volontariste engagée depuis 2020.

    La proposition phare du programme consiste en la création d’une agence municipale du logement. Situé au sein de l’espace Ambroise Croizat, récemment inauguré dans le quartier des Arceaux, ce dispositif prendra la forme d’un guichet unique pour accompagner dans leurs démarches à la fois les locataires et les propriétaires. « Sur toutes ces problématiques liées au logement – lutte contre l’habitat indigne, aides financières, rénovation énergétique, accès au logement social, dispositifs solidaires… – les gens ont du mal à savoir vers qui se tourner. Ce lieu, où chacun pourra être orienté vers le bon interlocuteur, a vocation à créer de la visibilité », explique Clara Gimenez (PCF), conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée déléguée à la politique de la Ville. « C’est un endroit où toutes les compétences concernant le logement seront réunies », résume l’ancienne députée LFI Muriel Ressiguier.

    Loyers modérés d’un côté, garantie de paiement de l’autre

    Le dispositif s’adresse autant aux locataires qu’aux propriétaires, qu’il propose de sécuriser dans la mise en location de leur bien. « Souvent les propriétaires ont peur des impayés de loyers. Nous leur proposons donc, via cette agence, de devenir assureur, afin de créer de la confiance », explique le maire – candidat. « Les propriétaires loueront leur bien à loyer modéré tout en étant garantis du paiement ». L’agence municipale pour le logement proposera également un accompagnement de la rénovation énergétique des logements privés classés E ou F. « C’est un dispositif qui prend en compte l’ensemble de la population : les plus précaires, les classes moyennes et aussi les propriétaires », insiste Muriel Ressiguier.

    Parmi les autres mesures novatrices en matière de logement, un dispositif de prêt à taux zéro pouvant aller jusqu’à 10 000 euros, baptisé “pass accession montpelliérain”, permettra d’aider les jeunes ménages à constituer un apport en vue de l’acquisition d’un premier logement. La commune pourra également prendre en charge, sous conditions de ressources, les frais de notaire pour les 18-30 ans. « Cette mesure s’inscrit dans notre objectif global de permettre à au moins 10 000 Montpelliérains d’accéder à la propriété, en réduisant concrètement le coût d’entrée dans le parcours résidentiel. »

    Pour ce faire, l’équipe de Michaël Delafosse mise sur la construction de 4 000 logements neufs en bail réel solidaire (BRS), dispositif qui permet aux bénéficiaires d’être propriétaires de leur logement sans être propriétaires du terrain (ce qui revient 30% moins cher). « Notre but c’est d’aider une partie des gens qui sont locataires dans le parc social à accéder à la propriété, et permettre ainsi à d’autres d’entrer dans le parc social », détaille le candidat. Outre l’engagement de respecter les 25% de logements sociaux imposés par la loi SRU, le maire sortant prévoit notamment de construire 1 000 logements sociaux étudiants en partenariat avec le Crous et les bailleurs sociaux ainsi que 500 logements à destination des personnes âgées, répartis dans 4 « résidences sociales seniors  ».

    L’équipe de Michaël Delafosse prévoit par ailleurs de poursuivre la dynamique enclenchée lors de ce premier mandat en matière de lutte contre l’habitat indigne : « nous allons continuer notre lutte contre les marchands de sommeil, étendre le permis de louer, poursuivre la résorption des bidonvilles, travailler sur les bâtiments vacants pour soutenir les dispositifs d’habitat intercalaire qui nous ont notamment permis de résorber des squats et créer 7 nouvelles pensions de familles pour sortir les personnes de la rue, ce qui portera leur nombre à 14. »