Tag: Logements sociaux

  • Logement social : Toulon en passe de sortir de la carence

    Logement social : Toulon en passe de sortir de la carence

    « Chaque logement social que nous produisons, que nous finançons, nous éloigne de la carence et nous rapproche de l’objectif fixé par le contrat de mixité sociale », explique Serge Lhotellier 21e adjoint au maire, en présentant un projet de participation financière de la ville à la Société foncière d’Habitat et Humanisme pour une opération rue Picot.

    « Il nous arrive de nous abstenir sur la construction de logements sociaux dans des zones que nous estimons beaucoup trop denses », s’est cru obligé d’expliquer le conseiller d’opposition (RN) Amaury Navarranne, histoire de ne pas se montrer sous son plus mauvais jour, sabre au clair en hussard de son parti antisocial. Contrairement à sa collègue Laure Lavalette qui aura beaucoup moins de pudeur un peu plus tard.

    « Ce n’est pas notre politique du logement, puisque nous privilégions plutôt la réhabilitation ou la rénovation », lui répond la maire de Toulon Josée Massi (SE). La charge viendra un peu plus tard, menée comme annoncée par la députée d’extrême droite au moment du débat sur la modification du Plan local d’urbanisme (PLU). Avec en guise d’intro, pour « expliquer » son retard, une attaque du monde syndical et du droit de manifester, la caravane FO ayant fait escale devant l’hôtel de ville.

    L’ignominie du RN

    Cette modification du PLU vise entre autres à accompagner le projet de reconstruction de la résidence sociale Adoma installée à La Loubière, afin de garantir aux résidents des conditions de vie dignes et confortables explique Geneviève Lévy, l’adjointe à l’urbanisme.

    Ceci va être prétexte pour l’élue frontiste pour tirer à boulets rouges sur les contraintes d’urbanisme qui selon elle, « empêche de construire et loger les Français ». La solution pour le parti à la flamme dont elle a été la porte-parole : « Nous aimerions mettre fin, abroger cette loi SRU qui nous paraît tout à fait Jacobin ». C’est-à-dire supprimer l’obligation de faire du logement social pour avoir soi-disant plus de logements sociaux à la fin, juste en faisant confiance à la bonne volonté des maires. Un raisonnement fallacieux pour éviter de dire tout le mal que pense le RN du logement social et de ses habitants.

    Elle pointe également le montant « hallucinant » de ce qu’elle appelle abusivement des pénalités. Et finit sa tirade en osant parler de justice sociale, en éructant que « la solidarité nationale devrait être réservée aux nationaux ».

    Préférant répondre par du concret plutôt qu’à ses fadaises, la maire de Toulon met en avant les 965 logements sociaux produits sur les trois ans, et la diminution de plus de moitié de la « pénalité ». Et de conclure : « Nous donnons la possibilité en effet aux Toulonnais d’être logés. Et nous avons bon espoir cette année de sortir de la carence ». De bons résultats salués par le préfet, dans ce secteur aussi, qui démontrent que non seulement Toulon a une capitaine mais qu’en plus elle sait plutôt bien barrer. N’en déplaise à son prédécesseur, Hubert Falco, qui s’est cru autorisé à faire référence au naufrage du Titanic, alors que le seul homme définitivement à la mer, c’est bien lui.

  • François Ruffin veut faire du logement une priorité

    François Ruffin veut faire du logement une priorité

    Du front de la Somme aux logements sociaux marseillais, il n’y a qu’un pas pour François Ruffin. « La question du logement doit être centrale pour la prochaine élection », martèle, ce jeudi, le candidat à l’élection présidentielle, devant une résidence du bailleur social bien connu de la cité phocéenne, 13 Habitat, aux Chartreux dans le 4e arrondissement. Nassera, une habitante de l’ensemble lui fait une visite de son logement qui est dans un état qui se passe de commentaires. « Avec un enfant handicapé, je n’ai pas de lumière dans la cuisine, la salle de bains et les toilettes. J’ai des fuites, je suis obligée de vider mes excréments avec une bassine… L’été, on crève de chaud et l’hiver de froid », dénonce-t-elle, les larmes aux yeux.

    De quoi faire réagir le député d’Amiens : « Je l’ai déjà vu à Amiens, ailleurs dans le pays, ici à Marseille. La situation du logement en France est catastrophique : 3,5 millions de logements vacants. […] Il faut un vrai programme d’isolation des passoires thermiques. » Et de balayer d’un revers de main les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu sur le sujet en vue du prochain budget : « Il n’y a rien ! Je n’attends rien d’ici avril prochain [mois de l’élection présidentielle, Ndlr], mais il faudra que des décisions soient prises à ce moment. » En clair, l’élu plaide pour un recentrage du débat public autour de l’habitat : « On doit tout miser sur le logement dans cette campagne, chacun doit avoir des propositions prioritaires sur la question. »

    Et côté proposition, l’Amiénois plaide pour « pour le plafonnement des loyers dans le pays » mais aussi par « la lutte contre les logements vacants ». Il ne se dit notamment « pas opposé » à la réquisition des logements vides. Tout un programme.

  • À Toulon, le PS veut promouvoir le Pacte du pouvoir de vivre pour répondre aux attentes des habitants

    À Toulon, le PS veut promouvoir le Pacte du pouvoir de vivre pour répondre aux attentes des habitants

    À sept mois de l’élection présidentielle, les militants socialistes souhaitent « replacer au centre des débats la place de l’économie sociale et solidaires et des associations, car nous sommes convaincus que c’est un terroir fabuleux d’élan social et de progrès », pose Jacques Blandin, secrétaire de section du PS Toulon. C’est ce que promeut le Pacte du pouvoir de vivre, qui a fait l’objet d’un « Atelier de la rose », organisé par le parti jeudi à Toulon.

    Des « propositions fortes »

    Ce collectif apartisan de 67 associations, né des Gilets jaunes, promeut « un travail commun sur les préoccupations que sont les fins de mois et l’environnement », résume Yann Fradin, membre du bureau d’Emmaüs France. Un combat porté par « des acteurs de terrain, mutualistes, associations, syndicats », décrit Isabelle Godefroy, coordinatrice PACA du Pacte et membre du PS toulonnais.

    Et il en ressort des « propositions fortes » : faire respecter la loi SRU à travers la Fondation pour le logement – parti du pacte -, notamment à Toulon « qui n’affiche que 17 % de logements sociaux », et eu égard aux « 240 000 foyers français sans logement pérenne » ; multiplier les « territoires zéro non-recours » où sont déployés des référents pour apporter des aides pratiques et juridiques, mais aussi les « territoires zéro chômeur longue-durée », expérimentés dans 85 quartiers prioritaires de la ville, qui visent des retours à l’emploi pérennes et pour lesquels « on espère que le projet de loi visant à les étendre, adopté en juin au sénat, passera en seconde lecture à l’assemblée d’ici décembre », précise Michele Monte, représentante locale d’ATD Quart Monde, mouvement qui a créé ce dispositif en 2011.

  • Les dogmes du RN défendus ou remodelés en conseil municipal de La Seyne

    Les dogmes du RN défendus ou remodelés en conseil municipal de La Seyne

    Parmi les surprises, un peu feintes, il faut bien l’avouer, le contenu du vœu exprimé par la majorité en fin de séance, concernant « un soutien indéfectible aux sapeurs-pompiers et la valorisation de leur engagement citoyen ». La conseillère municipale d’opposition Alternative progressiste, Brigitte Cheinet (PCF), se félicitant au passage avec ironie que le maire adopte cette position, glissant toutefois que le groupe RN en novembre 2025 a voté contre l’augmentation du budget des Service départementaux d’incendie et de secours.

    Recevant la pique, Dorian Munoz cherche un peu à se défendre, puis abdique : « On a voté contre un projet plus global. Mais ce n’est pas grave on ne va pas se reprocher des choses. Votre camp politique a bien appelé à voter pour les macronistes contre le Rassemblement national. »

    On ne va donc pas chipoter. D’autant que le texte précise : « À l’heure où les crises climatique, sanitaire et environnementale se multiplient… » Terminé donc aussi le climatoscepticisme du parti d’extrême droite, apparemment. Serait-ce une inflexion idéologique ou une navigation au gré des courants ? Concernant le rapport social 2025 présenté, le conseiller municipal d’opposition Cédric Turco a déploré la faiblesse de l’analyse accompagnant les chiffres et surtout l’absence de véritable perspective. « Nous serons donc très vigilants sur l’évolution des effectifs et la défense du service public communal », prévient-il.

    « On m’a un peu forcé la main »

    Parmi les points positifs de la séance, on peut retenir, le projet de construction Altavilla, qui prévoit 41 logements sociaux pour jeunes actifs. Avec une livraison théorique du programme en 2028-2030.

    Mais aussi les 26 autres qui vont être réalisés en centre-ville dans le cadre de la convention pluriannuelle de renouvellement urbain conclue avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Cela va se passer entre autres sur le site de l’ancienne école Eugénie Cotton. Mais difficile d’en attribuer un quelconque mérite au maire en place qui en refuse d’ailleurs catégoriquement la paternité en précisant qu’il a été contraint de soutenir au final leur réalisation après s’y être fermement opposé lorsqu’il était dans l’opposition. « On m’a un peu forcé la main », déclare-t-il. Au risque sinon de perdre les 50 millions de l’Anru.

    « Avez-vous chiffré la pénalité SRU que la Ville devra payer en 2027 », interroge Stéphane Sacco (GRS) pour Alternative progressiste. Elle devait diminuer de moitié et passer de 1,2 million à 600 000 euros, annonce le maire de la 2e ville du Var.

    Concernant la mise en place de la taxe plutôt vertueuse sur les locaux commerciaux vacants en centre-ville, c’est l’intervention de l’ancien maire de droite Joseph Minniti qui a surpris tout le monde. Ce dernier s’emparant du vocabulaire du RN pour appeler à ne pas sanctionner « les propriétaires qui protègent notre ville »… De quoi ? « De l’arrivée des barber-shops », selon lui. Affligeant.

  • Legré Mante : la consultation du public est lancée

    Legré Mante : la consultation du public est lancée

    La consultation du public sur le permis de construire au 195, avenue de Montredon (8e), sur les friches industrielles polluées Legré Mante, est ouverte depuis lundi et pour 30 jours.

    Les 25 premières expressions par voie électronique sont divisées. « Pourquoi faut-il construire 140 logements, générer de nouveaux déplacements et augmenter encore la pression sur un quartier déjà saturé pour rendre possible la réhabilitation d’un site dont la pollution est connue depuis des années ? », interroge une adhérente de Santé Littoral Sud. « Ce projet traîne depuis des années et il est vraiment temps qu’il puisse enfin voir le jour. Au-delà des logements, c’est tout un quartier qui va pouvoir être réaménagé », estime au contraire Sandrine.

    En juillet 2024, le tribunal administratif a annulé les deux permis délivrés en raison de l’information très lacunaire du dossier d’enquête publique, mais surtout pour non-respect de la loi Littoral : 300 logements représentaient une densification excessive en bord de mer. En juin 2013, les permis d’Océanis Promotion avaient connu le même sort judiciaire.

    Le nouveau projet propose 139 logements collectifs, dont 30% sociaux dans les bâtiments existants dépollués et réhabilités, une villa individuelle ainsi que 400 m² de surfaces commerciales. La société de construction-vente LGM Madrague (Constructa et Ginkgo) ambitionne « de faire renaître cette friche industrielle et permettre aux riverains de se la réapproprier » avec l’agence d’architecte Kern +associés et le paysagiste Marc Richier. « Ce site d’exception sera rendu aux habitants, à la nature, aux futures générations, avec la volonté de valoriser son architecture industrielle historique et de l’inscrire comme un témoignage précieux du passé marseillais. »

  • Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?

    Pierre Jaumain : J’ai trouvé un service public municipal efficace et à l’écoute de nos nouvelles orientations. Il a fallu quelques mois pour que soit nommé un nouveau directeur général adjoint (DGA) et que nous ayons un mode de fonctionnement optimal. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec les équipes de Nîmes Métropole pour veiller à ce que ces équipes se parlent et travaillent bien ensemble en s’appuyant sur le fait majeur qu’elles ont le même élu de référence, ce qui est nouveau.

    Quelles ont été les priorités à lancer à partir d’avril ?

    P.J. : Un état des lieux général d’abord. L’inflexion, ensuite, des dossiers qui n’étaient plus dans nos priorités ou contraires à nos principes, comme sur le projet de parking à la Placette. Mais on ne peut pas tout modifier d’un claquement de doigts car il y a des règles, des réalités juridiques et financières dont on ne peut pas s’extraire avec irresponsabilité. Un des premiers changements majeurs a été de signifier notre volonté de répondre à la crise du logement en impulsant la production de logements sociaux auxquels une grande majorité de Nîmois a droit. Nous essayons par exemple de pousser les porteurs de projets, les promoteurs, à faire du logement social, alors que ce n’était pas prévu initialement. Comme ce n’est pas imposé dans les documents réglementaires, c’est à eux de bien vouloir le faire ou pas. Ils sont aujourd’hui globalement coopératifs. Mais c’est pour cela qu’une révision du PLU est très importante.

    Comment va se dérouler
    cette révision du PLU ?

    P.J. : Nous avons lancé en conseil municipal le 4 juillet une procédure de modification du PLU dont la végétalisation est un des enjeux majeurs. On votera au conseil municipal les décisions de cette modification au mieux au printemps. Nous avons aussi lancé une révision du PLH (Programme Local de l’Habitat) à Nîmes Métropole. Ce sont deux dispositifs-cadres extrêmement importants. Mais aujourd’hui dans le PLU, il n’y a pas grand-chose qui contraigne à la création de logements sociaux. Il y a donc un décalage entre nos intentions politiques et les outils réglementaires qui permettraient d’imposer ces intentions politiques. Pour la révision du PLU, nous avons décidé de concerter très largement donc ça va prendre deux ou trois ans.

    Quels sont les autres grands sujets qui vont vous occuper cette année ?

    P.J. : Se doter d’outils de pilotage et d’anticipation qui manquent cruellement pour maîtriser le foncier, construire des logements et développer cette ville harmonieusement. Nous sommes très mobilisés avec ma collègue Agnès Charraix sur la question du végétal en ville et de la réponse à apporter pour s’adapter au nouveau climat dans lequel nous vivons désormais. Et nous devons continuer à rencontrer l’ensemble des acteurs de l’urbanisme et du logement pour les comprendre, les associer et leur expliquer nos priorités.

    Où en est la rénovation engagée dans les quartiers prioritaires
    de la Ville ?

    P.J. : Beaucoup de choses sont contractualisées et nous sommes tenus de les suivre. Mais il y a des marges de manœuvre que nous allons activer. Je ne cesse de rappeler aux équipes que, même quand on travaille sur des plans, il s’agit toujours de la vie de femmes et d’hommes et que la dimension humaine de notre urbanisme est fondamentale. Je pense notamment que les financements liés aux aménagements ont été trop faibles. Et puis nous sommes déjà très mobilisés pour l’Anru 3 afin que notre territoire bénéficie des financements nécessaires et que soient prises en compte des problématiques nouvelles comme l’accompagnement des copropriétés dégradées. Nous sommes sur le pont sur les dossiers de renouvellement urbain et de politique de la Ville. Notre boussole, c’est la dignité, l’égalité et le respect. Nous avons pris un engagement durant la campagne sur l’égalité de l’ensemble des quartiers de notre commune. Nous le tenons et nous le tiendrons.

    Quel est votre rôle dans la mise en place des « places communes », l’un des axes les plus importants de la campagne de Nîmes en commun ?

    P.J. : C’est un travail collégial de nombreux élus et des services sous la houlette de ma collègue Maya Amer-Moussa. Je prends ma part, notamment dans le repérage foncier des lieux les plus adaptés et de leur intégration urbaine. Cela concerne les quartiers constitués comme ceux en mutation. C’est un travail très enthousiasmant car cela contribue totalement à cet urbanisme à échelle humaine qui est le nôtre. Un urbanisme qui recrée des lieux d’échange et de partage, des lieux de communication et de culture, des lieux de services publics et d’actions associatives, des lieux de citoyenneté.

    Sur ces sujets très techniques, comment parvenez-vous à faire participer la population dans la prise de décision ?

    P.J. : Par le dialogue permanent d’abord avec les corps intermédiaires, les comités de quartiers, les collectifs citoyens, les associations comme par l’information de tous les élus en refusant le fonctionnement cloisonné. Pour la révision du PLU par exemple, nous allons proposer un dispositif qui permette à toutes et tous de comprendre et de proposer des idées dans une dimension d’éducation populaire à laquelle je suis très attaché. Nous allons nous efforcer d’expliquer clairement ce qui est parfois très technique et un peu abscons. Nous souhaitons une large appropriation car nous allons parler de l’avenir de notre territoire et cela concerne tout le monde.

  • Lionel de Cala invite la loi SRU dans la campagne sénatoriale

    Lionel de Cala invite la loi SRU dans la campagne sénatoriale

    À la tête d’une commune de plus de 21 000 habitants ne comptant que 7,5% de logements sociaux, loin des 25% exigés par la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), le maire LR d’Allauch, Lionel de Cala, appelle à l’aide les candidats aux élections sénatoriales.

    Lors du dernier conseil municipal, l’élu LR a demandé aux candidats à la chambre haute de s’engager en signant un manifeste en faveur d’une réforme du dispositif. Adoptée en 2000, la loi SRU impose aux communes de disposer d’au moins 25% de logements sociaux pour favoriser une répartition plus équilibrée de l’offre de logement. Dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs communes demeurent éloignées de cet objectif, et sept dépassent les 500 000 euros de pénalités en 2026, dans un contexte de crise persistante du logement et de forte tension sur l’accès au parc social.

    En tête de liste, Allauch qui a déjà versé 1,3 million d’euros de pénalités à l’État au titre de ses objectifs non atteints. Son maire a été réélu en avril avec la promesse de ne pas construire de logements sociaux, alors qu’en 2024, 1 121 ménages y étaient en attente (31 attributions).

    « Un outil indispensable » pour son opposition

    Lui met en avant les contraintes foncières de sa commune et déplore les sanctions financières auxquelles elle est soumise. Face à sa réticence à faire sortir de terre des logements sociaux, l’ancien préfet avait préempté en mars 2025, une parcelle pour y construire une quinzaine de logements sociaux. Une pétition de plus de 6 000 signatures avait alors été recueillie pour contester cette décision.

    Sans demander la suppression de la loi SRU, Lionel de Cala plaide pour une évolution de son application, souhaite, vieille rengaine des communes carencée, que l’effort de construction soit apprécié à l’échelle des bassins de vie plutôt que commune par commune. Il propose aussi que les pénalités payées par les communes déficitaires soient réinvesties localement dans la production de logements et réclame un rôle accru des maires dans les processus d’attribution.

    Des propositions balayées par le conseiller municipal d’opposition et ancien député (PCF), Frédéric Dutoit qui se dit favorable au « maintien et au renforcement » de la loi SRU, qu’il considère comme « un outil indispensable pour garantir le droit au logement, favoriser la mixité sociale et mieux répartir l’effort de construction entre les territoires ».

    Si le communiste reconnaît les contraintes auxquelles sont confrontées certaines communes, lui estime qu’elles doivent au contraire conduire à un meilleur accompagnement des collectivités plutôt qu’à un affaiblissement du dispositif. Il appelle ainsi à « une contractualisation renforcée entre l’État, les communes et les intercommunalités » afin de concilier production de logements, préservation du foncier et réponse aux besoins des habitants.

  • Privés d’ascenseur les habitants se font porter

    Privés d’ascenseur les habitants se font porter

    « J’avais annulé tous mes rendez-vous chez le neurologue parce que je suis tombée deux fois dans les escaliers, explique Danièle, locataire du 7e étage que l’accompagnateur de SAMV aide à s’installer dans le « vertimove », un fauteuil monte-escaliers électrique. Maintenant, je peux y retourner, puisqu’Enzo me remonte. » Depuis huit mois, les locataires des 26 appartements du bâtiment 31 étaient privés d’ascenseurs.

    Enzo manie le fauteuil avec prudence pour conduire Danièle à l’extérieur. « Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas le prendre pour aller m’amuser en bas », rassure la dame. Mais au 31 de cette cité du 15e arrondissement, on ne rigole pas vraiment depuis huit mois. Comme dans beaucoup d’autres immeubles, « les pannes, on connaît, mais longues comme ça, on n’en peut plus », souffle une autre locataire dans le hall. Elle a déposé ses quatre sacs de courses dans en attendant l’aide de son mari pour grimper les étages les bras chargés. « On a bien tenté d’appeler le numéro, mais ils ne sont pas venus, explique-t-elle en désignant une affiche. Et c’est compliqué de s’organiser pour dire quand on arrive avec les commissions. »

    « Une aide au portage de courses est aussi proposée, mais par la Régie de quartier », souligne le directeur technique de 13 Habitat. Il souhaite coordonner les services d’aide aux personnes à mobilité réduite, au portage ou à la descente des ordures ménagères « sur un seul numéro d’appel, pour plus de simplicité ». Quand une panne s’éternise, « qu’on ait des problèmes de santé ou qu’on soit valide, à partir du 3e ça devient pénible », reconnaît la responsable de l’agence Belvédère. Elle n’a pourtant enregistré « que trois demandes » depuis la mise place du service, le 20 août dernier, parce que « les gens n’osent pas et il faut le temps que l’information passe… ».

    Pannes d’ascensoristes

    « C’est inhumain d’être assigné à résidence », convient Damien Vanoverschelde. Le directeur général de 13 Habitat est venu assister à l’expérimentation de cette aide à la mobilité. « C’est une première pour 13 Habitat, mais ce système a déjà été expérimenté ailleurs. Nous souhaitons le déployer sur tout le département quand il y a des pannes ou quand il y a une mise à l’arrêt pour des travaux programmés », précise-t-il. Il convient que le délai de réparation est particulièrement long sur cet appareil : « Il y a eu un incendie criminel qui a détruit le hall et la cage en janvier. La police avait mis des scellés. Puis on a remis le hall en état. Mi-juin, on a demandé le rétablissement de l’électricité. Enedis n’a répondu que le 22 juillet, puis est intervenu le 12 août. L’ascensoriste va pouvoir lancer les travaux ».

    Mais la problématique des pannes récurrentes d’ascenseurs est plus large. C’est « sur ce constat » que s’est créée l’association, puis la société de services SAMV, explique son directeur, Fouad Ben-Ahmed, qui développe depuis 10 ans les services de portage et commence à constituer une équipe à Marseille. « On est intervenu sur plusieurs résidences sociales et copropriétés, comme au Mail dans le 14e. Le fauteuil passe aussi dans l’escalier en colimaçon ». Pour lui, les ascensoristes « n’ont plus de stock depuis le Covid, car c’est cher. C’est pour ça qu’il y a des délais pour les pièces manquantes ».

    « Oui, il y a un vrai sujet sur les ascenseurs, admet Damien Vanoverschelde. Quand il y a une panne, on est tributaire des pièces. Elles sont en métal ou avec des composants électronique qui proviennent de Chine. Le blocage du détroit d’Ormuz n’a pas arrangé les choses. » Il reste qu’au XXIe siècle, remettre au goût du jour la chaise à porteurs, tout électrique soit-elle, pour remédier à un souci national du marché des ascensoristes, ça vous scotche aux escaliers ! Quid de la loi visant à contraindre toute la chaîne de responsabilité à agir sans délai, proposée par le député PS des Bouches-du-Rhône, Laurent Lhardit, et adopté il y a un an par l’Assemblée nationale ?

  • À L’Estaque, les familles sinistrées de Château Bovis dans l’impasse

    À L’Estaque, les familles sinistrées de Château Bovis dans l’impasse

    Du petit immeuble à coursières construit en 1880 par le négociant en bois Pépin Bovis et classé à l’inventaire général du patrimoine culturel il ne reste plus grand-chose. Locataires depuis des lustres de ces logements à loyers sociaux, les familles sinistrées se sont relogées dans des mobil-homes sur un terrain en contrebas mis à disposition par la Ville.

    La solidarité a joué dans le quartier, puis les familles ont rapidement investi dans des mobil-homes et les ont aménagés, essuyant encore les inondations de septembre. En un an, la vie s’est réorganisée dans ce mini-village provisoire. Mais les traumatismes restent vifs et l’avenir incertain. « J’en rêve encore la nuit », explique Anne-Marie Lacroix, 64 ans. Pourtant, venue habiter Château Bovis « à l’âge de 10 ans », elle souhaite comme les autres locataires « retourner vivre là où on a fait notre vie ». Une ombre sérieuse se dresse encore devant l’espoir de ces familles. Anne-Marie déplie une assignation datée du 1er juin à comparaître devant le tribunal judiciaire de Marseille le 4 mai 2027. Une requête de la SCI en vue d’une expulsion du logement sinistré d’où elle a été évacuée. Chaque locataire a reçu la même notification.

    « Les locataires ont déjà un contentieux judiciaire avec ce propriétaire. Nous avons contesté des factures d’eau faramineuses » précise Jennifer, sa fille, également locataire. Propriétaire depuis 2018, via la SCI Terrasse Bourguignon, Bruno Junes évoque un passif hérité de l’ancienne gestion. Il se dit « touché par la situation des sinistrés ». Mais l’entrepreneur cannois déplore « 80 000 euros d’impayés de charges et loyers ».

    Restitution des clés

    Il n’a pas cherché à organiser leur relogement retranché derrière l’article 1722 du Code civil qui stipule « Si, pendant la durée du bail, la chose louée est détruite en totalité par cas fortuit, le bail est résilié de plein droit ». Et il réclame aujourd’hui à tous ses locataires « de restituer les clés ».

    Les familles craignent que le propriétaire tire du sinistre un effet d’aubaine pour « se débarrasser de nous », lâche un des sinistrés. La tension est montée entre « certaines familles » et Bruno Junes, qui a déposé une plainte « pour menaces verbales et physiques ». Quant à l’avenir du bâti sur ce terrain à la vue splendide, « je n’ai aucune visibilité », explique-t-il, déplorant « la lenteur abjecte des assureurs et de l’administration ». Dans l’attente d’une solution pérenne, la Ville doit prolonger la convention d’occupation. « Pas question de les laisser tomber » assure Jean-Marc Coppola, maire PCF du secteur.

  • [Entretien] Serge Lhotellier, le logement social « est un atout »

    [Entretien] Serge Lhotellier, le logement social « est un atout »

    Contrairement à d’autres communes varoises dépensant plus d’énergie à fustiger la loi SRU qu’à construire un avenir pour leurs habitants, la Ville de Toulon a pris le problème à bras-le-corps pour tenter de combler son retard en matière de logement social par rapport à ses obligations légales. L’adjoint au maire Serge Lhotellier met en avant les efforts déployés et prononce un discours clair concernant le logement social afin de dissiper les idées reçues.

    « Ce qu’il faut comprendre, c’est que le logement social est une chance et un atout pour les territoires », affirme-t-il sans détour, en rappelant une évidence que beaucoup d’élus, tous à droite sur l’échiquier politique, ont tendance à oublier. « Cela permet aux jeunes de rester dans leur ville, aux ménages de pouvoir se loger dans des conditions dignes et correspondantes à leurs ressources ». Sans compter, « pour les travailleurs, la possibilité de pouvoir se loger pas très loin de leur emploi… » Ce qui en matière de développement durable est plutôt vertueux.

    Cela permet aussi aux seniors vivre dans leur cité, ajoute l’élu. « Dit autrement, le logement social permet effectivement de répondre à tous les besoins des Toulonnais dans leur diversité », insiste-t-il.

    Une démarche vertueuse

    Ce n’est donc pas seulement, contrairement à ce que de nombreux maires du territoire veulent y voir, qu’une contrainte imposée par l’État mais bien d’une urgence à laquelle en toute responsabilité les équipes en place doivent apporter une réponse y compris comme ici lorsque cela est difficile.

    Dans le Port du Levant, la première magistrate Josée Massi veut continuer à s’atteler à la tâche en luttant en même temps contre le logement dégradé. C’est dans ce cadre qu’a été reçu le mois dernier le ministre du logement Vincent Jeanbrun. « Nous lui avons fait visiter le quartier de la Grande Plaine », rappelle Serge Lhotellier. Une copropriété dans laquelle prospèrent la pauvreté et la désespérance dans des appartements loués chèrement. La municipalité, assure-t-il, a la volonté de reconquérir cet espace et l’intégrer dans un vaste projet urbain d’aménagement. « Ce qui permettrait de créer des logements sociaux qu’on offrirait au Toulonnais… » Et de poursuivre : « Chaque financement d’un logement social nous rapproche de l’objectif fixé par l’État et nous éloigne de la pénalité financière. » L’adjoint résume la démarche de la Ville de Toulon : « La politique de la municipalité est une politique de cohésion, d’attractivité et d’intégration de toute la diversité de la ville », conclut Serge Lhotellier qui préside également l’organisme d’HLM Toulon Habitat Méditerranée.

    Pendant ce temps à Six-Fours-les-Plages

    Alors que la Ville de Toulon, la Métropole Toulon Provence Méditerranée et la préfecture s’activent les pour répondre à la demande des habitants en logement, le contraste est saisissant avec la commune voisine de Six-Fours, tombée aux mains du RN. Le nouveau maire Frédéric Boccaletti, précédemment conseiller municipal, joue les offusqués en faisant mine de découvrir une programmation de plus de 600 logements sociaux sur la commune, en s’indignant contre son prédécesseur le LR Jean-Sébastien Vialatte qui a pourtant peu œuvré pour le logement social.

    Six-Fours commune ne dispose que de 9,8% de logements locatifs sociaux. Elle est donc lourdement prélevée pour cette carence, rappelle le militant logement Jean-Paul Jambon. Déjà trop pour le maire d’extrême droite qui jure sur ses grands dieux qu’il n’était pas au courant de ces futurs logements agréés par l’État. Si cela se confirme cela montre qu’il aurait été un opposant peu au fait des dossiers. Inquiétant quand on prétend la diriger.