Tag: Logement

  • L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    La préfecture a lancé un appel à manifestation d’intérêt « pour la captation d’hébergements, de relogements, et d’accompagnement social pour des ménages dont le logement fait l’objet d’un arrêté d’insalubrité ».

    L’approche, qui se veut expérimentale, s’attelle enfin au laxisme qui a longtemps prévalu dans le suivi des arrêtés préfectoraux d’insalubrité, en particulier ceux qui prescrivent une interdiction temporaire ou parfois définitive du logement. Il ne suffit pas de relancer la chaîne de production des arrêtés, faut-il encore s’assurer de leur exécution.

    Par manque de logements et de volontarisme aussi, nombre d’arrêtés sont restés lettres mortes face à la carence du bailleur, même sous la pression croissante d’astreintes. Les autorités sont souvent dans l’incapacité de se substituer au propriétaire à ses frais avancés. De fait, de nombreux occupants finissent par se reloger d’eux-mêmes, mais certains n’ont d’autres choix que de se maintenir dans le local insalubre, comme le constate régulièrement La Marseillaise : des locaux insalubres interdits depuis des lustres restent occupés et parfois même reloués en douce.

    La Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) est en quête d’un opérateur inventif à qui confier cette mission pour une durée initiale d’un an, reconductible jusqu’à trois ans « sous réserve de disponibilité budgétaire ». « L’appel à projets vise à favoriser l’émergence de projets innovants et partenariaux… Toutes les propositions alternatives et les initiatives sont les bienvenues », énonce le cahier des charges qui promeut l’idée d’un « groupement d’opérateurs » qui « serait semble-t-il de nature à favoriser la capitalisation des compétences et des expériences dans des domaines variés et de mieux couvrir l’intégralité du département ».

    Marseille exclue de la mission expérimentale

    La DDETS rappelle combien la lutte contre l’habitat indigne est une priorité d’action de la puissance publique « à valeur constitutionnelle », dans un département qui détient « les taux les plus élevés de France » : 63 000 logements privés y sont potentiellement indignes, soit 9,6% des résidences principales. « Marseille concentre, à elle seule, 30% du parc potentiellement indigne de la région Paca. Ainsi, 40 000 logements privés sont potentiellement indignes à Marseille, dont 10 000 nécessiteraient un traitement prioritaire. »

    Pourtant, Marseille est exclue de l’expérimentation, alors que la cité phocéenne pèse pour la moitié (242) des 502 arrêtés préfectoraux engageant la procédure d’insalubrité dans le département ces dix dernières années. Depuis le début de l’année, 66 arrêtés préfectoraux (dont 9 avec interdiction définitive du local) ont ouvert une procédure de traitement de l’insalubrité, dont 39 à Marseille (60%). L’État justifie cette exclusion par « la convention de délégation de traitement des situations d’insalubrité », signée en janvier 2023 avec la Ville de Marseille. « La plupart des situations de la ville de Marseille sont donc gérées par le service communal d’hygiène et de santé (SCHS), hormis les situations de ménages non titrés et en surpeuplement. » Or, la ville est bien plus confrontée à ses difficultés que l’État.

  • Jean-François, le père Noël des délogés, est décédé

    Jean-François, le père Noël des délogés, est décédé

    Il avait vécu plus de quinze ans à la rue et était devenu une figure aimée du quartier de Saint-Victor où les habitants lui glissaient la pièce, un mot sympa, un sandwich et une caresse à César, son fidèle chien placé dans un refuge durant son hospitalisation et dont il a été soulagé d’apprendre qu’une famille l’a adopté.

    Jean-François était né à Liège le 7 février 1955. Il avait été cuisinier à Monaco puis avait exercé comme gardien d’immeuble dans le quartier du boulevard National avant de tomber dans l’extrême précarité. Avant d’être frappé par plusieurs accidents vasculaires cérébraux, Jean-François avait été bénévole aux Restos du cœur. « Il m’avait dit : Je veux être enterré au carré des indigents avec mes amis SDF” », raconte Sandrine Rolengo qui l’accompagnait dans ses démarches administratives car il n’avait jamais su réclamer ses droits sociaux. Des anonymes aux revenus modestes lui payaient son complément de loyer quand un logement lui avait été trouvé, rampe Saint-Maurice.

  • Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    Une bourse aux logements pour les locataires HLM

    C’est un peu notre Bon coin à nous », plaisante Galla Bridier, directrice adjointe d’Habitat social en Occitanie (HSO). La structure, qui réunit 67 organismes dans la région, vient en effet de lancer une bourse aux logements sociaux à destination des locataires HLM désireux de changer de logement pour des raisons diverses. La composition de la famille peut par exemple avoir changé, ou le locataire avoir trouvé du travail dans une autre ville du territoire.

    Onze bailleurs sociaux se sont, pour le moment, engagés dans ce dispositif innovant lancé, dans un premier temps, dans l’Hérault et le Gard. Ce qui représente près de 82 000 logements susceptibles d’être proposés à l’échange. « À terme, cette bouse a une vocation régionale et sera étendue à d’autres départements », prévient Michel Calvo, président de HSO et d’ACM Habitat, l’office HLM de Montpellier, premier bailleur social public de la région.

    Dès 2022, ACM Habitat a mis en place une bourse d’échange de logements sociaux interne à son parc, qui a servi de base aux travaux constitutifs de la plateforme Place du logement*. Laquelle s’est également inspirée d’expériences similaires conduites, par exemple, en Nouvelle-Aquitaine depuis 2019 (18 bailleurs associés) ou dans le Rhône depuis 2024 (16 bailleurs).

    Opérationnelle depuis le 30 septembre, la plateforme régionale coordonnée par HSO s’adresse uniquement aux locataires d’un bailleur adhérent au dispositif. Les candidats à l’échange doivent avoir une demande de logement social active au moment de l’inscription, être titulaires du bail et occuper le logement depuis au moins deux ans. « Une fois leur compte créé, les locataires ont accès aux différentes annonces et peuvent entrer en contact avec d’autres grâce à une messagerie intégrée. Les échanges peuvent déboucher sur des visites d’appartements. Si les deux parties sont intéressées, elles signent un engagement réciproque et c’est ensuite les bailleurs qui valident ou non les échanges en commission d’attribution », détaille Galla Bridier. Ces derniers gardent donc la maîtrise du dispositif, en vérifiant notamment l’adéquation entre la situation familiale et la typologie des logements (l’attribution d’un F4 à une personne seule, par exemple, sera refusée).

    « Rendre visible une offre aujourd’hui invisible »

    Cette initiative permettra de « fluidifier les parcours résidentiels et l’autonomie » des locataires désireux de changer de logement, en élargissant le champ des possibles. « Grâce à cet outil, nous allons augmenter les possibilités d’échange entre des locataires au-delà de la seule demande de mutation avec le bailleur avec lequel ils sont en contrat », explique Michel Calvo.

    Dans une région soumise à une forte pression de la demande de logement social (estimée à 6,7 demandes pour 1 attribution), ce dispositif constitue une aubaine, un accélérateur pour des locataires qui attendent parfois de longues années avant que leur demande de mobilité ne soit satisfaite. Sur les 213 500 demandes d’un logement social recensées fin janvier 2025 en Occitanie, 29% concernent des demandes de mutation (27% dans l’Hérault et 32% dans le Gard). Cette initiative se révèle également vertueuse pour les bailleurs, car elle crée « un mouvement supplémentaire » dans un contexte où « les taux de vacance, qui permettent d’amorcer une rotation, n’ont jamais été aussi bas (moins de 1%) », souligne Gilles Dupont, directeur général d’Hérault logement, l’un des bailleurs associés au projet. « L’objectif est de rendre visible une offre aujourd’hui invisible. En tant que bailleur, nous ne communiquons pas, même si nous sommes au courant, sur les envies de partir des uns et des autres. Grâce à ce dispositif, c’est le locataire lui-même qui fera connaître sa volonté de changement. Cela va créer du flux, un mouvement de libération de logements qui viendra s’ajouter aux efforts déjà réalisés par les bailleurs », poursuit-il. Un autre de ses collègues y voit également un moyen « d’inciter les locataires à entretenir leur logement s’ils doivent un jour mettre des photos en ligne dans la perspective d’un échange ».

    * http://place-du-logement-occitanie.fr

  • Une offre de logements sociaux toujours au rabais

    Une offre de logements sociaux toujours au rabais

    C’est un fait, le secteur du logement est en crise. Si la problématique est nationale, l’Hérault ne déroge pas à la règle. « Il y a près de 64 000 demandes de logements sociaux dans l’Hérault en 2025, soit une augmentation de 14 % par rapport à l’année 2024 », soupire Aline Veyrié, présidente de la Confédération nationale du logement (CNL) de l’Hérault, qui milite pour défendre un droit au logement pour tous. L’Occitanie n’est pas en reste, avec 215 000 demandes, soit une hausse de 11% en un an. Problème, seuls 7 636 logements sociaux sont disponibles dans la région.

    Dès lors, il devient difficile de trouver chaussure à son pied. D’autant que certaines collectivités ne respectent pas les règles du jeu, à l’instar de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain, Ndlr), qui impose un nombre minimal de logement social (20 à 25% du parc immobilier) à chaque commune. « Dans le département, seules Montpellier et Béziers la respectent », poursuit Aline Veyrié. Les autres préférant payer des amendes plutôt que d’être solidaires – le bonnet d’âne revenant sans aucun doute à Agde qui a préféré payer un million d’euros pour être à 9% de logements sociaux. À cela s’ajoute la ponction annuelle décrétée par l’État de plus de 1 milliard d’euros, la réduction du loyer de solidarité (RLS), autant de manque à gagner pour la construction de nouveaux logements.

    Vers une nouvelle approche du logement ?

    De l’autre côté, les locataires font face à une explosion de la vie chère, plongeant une grande partie d’entre eux dans la précarité. « Avec l’inflation, les loyers ont augmenté, même dans le logement social. Alors dans le logement privé, c’est encore pire. Il y a eu aussi une explosion des charges, on a eu beaucoup de réclamations – surtout dans le privé où il est très difficile de les rétablir, les propriétaires ne nous répondent pas », fait valoir la présidente de la CNL héraultaise. Sans parler de la stagnation des salaires et de pensions de retraite.

    Pour pallier la situation, la CNL se veut force de propositions. Notamment une aide à la pierre, un investissement vertueux selon Aline Veyrié. « La construction des logements sociaux permettrait de créer des emplois, c’est un tout. » Surtout, la CNL milite pour une sécurité sociale du logement, à savoir « une sorte d’assurance basée sur le modèle de la Sécu permettant de prévoir un logement à chacun, avec des prix abordables ». Une proposition de la CNL publiée début septembre dans le Manifeste pour une sécurité sociale du logement. Cette dernière comprendrait une caisse nationale de sécurité locative, des allocations temporaires pour faire face aux accidents mais aussi un moratoire sur les expulsions, l’encadrement des loyers… Une véritable nouvelle approche pour tenter de sortir par le haut de la crise du logement.

  • La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    C’est le troisième grand festin que l’on organise, mais le premier de cette ampleur » s’enthousiasme Florence Armitano, responsable nationale du réseau Des étoiles et des femmes. Après le Pays basque et Arles, c’est à Marseille qu’aura lieu, ce vendredi, le grand banquet pour l’anniversaire du programme de réinsertion féminine par la cuisine, Des étoiles et des femmes. Sur la place Bargemon, des chefs des 14 villes où le programme est développé prépareront le repas avec des femmes qui ont bénéficié de l’initiative.

    Un programme lancé par l’association Festin à Marseille et qui fête ses 10 ans. « L’idée est d’accompagner des femmes qui sont éloignées de l’emploi pour qu’elles passent des diplômes en cuisine et qu’elles retrouvent un emploi », explique la responsable du réseau. Le suivi de ces femmes passe par une aide pour trouver des solutions de garde d’enfants, une aide au logement ou un accompagnement contre la précarité alimentaire si elles en ont besoin. « On leur propose aussi des stages dans des restaurants étoilés ou bistronomiques pour briser le plafond de verre », ajoute Florence Armitano. Depuis sa création, plus de mille femmes ont suivi le programme et trois quarts auraient retrouvé un travail d’après la responsable.

    Ce vendredi, certaines seront présentes sur la place Bargemon, avec des chefs de toute la France, pour préparer des repas aux participants du banquet. Des personnalités locales, comme des danseurs de (La)Horde ou l’autrice de Marseille Trop Puissante Margaux Mazellier, prêteront main-forte et pourront échanger avec les participants. Une exposition photos et un dj set sont également prévus.

    35 euros, réservation sur helloasso.com

  • Un pas de plus vers le nouvel espace urbain de la Mosson

    Un pas de plus vers le nouvel espace urbain de la Mosson

    Mercure, Neptune… À Montpellier, les habitants de la Mosson n’ont pas encore d’étoiles plein les yeux mais commencent à voir le ciel s’éclaircir.

    Depuis quelques mois, le bâti vieillissant de ce quartier populaire de 25 000 habitants s’y transforme radicalement grâce au vaste programme de renouvellement urbain (Anru) doté d’un demi-milliard d’euros sur une dizaine d’années. Depuis fin 2024, le bâtiment Gisèle Halimi abrite l’école de la 2e chance. Début 2025, l’immense Tour d’Assas, symbole de l’urbanisme froid des années 60 qui avait permis l’accueil des rapatriés, a disparu. Le symbole majeur d’une volonté de reconquête urbaine qui n’est pas resté un coup politique isolé.

    Cet été, l’arche Mercure est tombée à son tour. Et à la rentrée, la nouvelle école Hypatie a accueilli ses premiers écoliers. Depuis lundi 22 septembre, c’est au tour de la vétuste résidence Neptune d’être à son tour grignotée par une immense grue. « Ce n’est pas juste la destruction d’un bâtiment. La Mosson change de visage, c’est une question de dignité pour ses habitants. Le sujet c’est comment on lie l’humain et l’urbain », résume, l’adjointe Clara Gimenez (PCF).

    D’ici 2028, le bâtiment sans âme laissera la place au siège d’Altemed qui regroupe le bailleur social ACM, les aménageurs Serm et SA3M. Soit 440 emplois dont le maire affirme qu’ils vont booster la Mosson. « Longtemps, on a mis tous les équipements publics le long du Lez. Aujourd’hui, on rééquilibre la ville », insiste Michaël Delafosse. L’élu socialiste ajoute que les 250 fonctionnaires des impôts (Dgfip) s’installeront d’ici 3 ans en lieu et place de la tour d’Assas. Et que si la clinique Clémentville a refusé le déménagement à la Mosson, il annonce « le positionnement d’une offre [un pôle, Ndlr] de santé courant 2028 près des halles Saint-Paul ».

    À deux pas du commissariat de la police nationale qui vient d’ouvrir et fait déjà la chasse aux narcotrafiquants, Michaël Delafosse en profite pour réaffirmer sa détermination contre les marchands de sommeil. « À Font Del Rey, on a fait condamner les propriétaires (appel en cours). Chaque fois qu’on en identifie, on fait un signalement au procureur. Il n’y a pas d’impunité pour cette délinquance en col blanc qui nourrit la filière migratoire illégale et se nourrit de la détresse humaine. »

    Reste une inconnue majeure pour la Paillade. L’avenir de son stade de foot. Promis à l’abandon, il serait finalement rénové pour 70 millions d’euros selon le maire de Pérols Jean-Pierre Rico. Interrogé, M. Delafosse garde le suspense jusqu’en octobre mais lâche un indice : « Aujourd’hui, les gens viennent voir les matchs mais ne vivent pas le quartier. L’enjeu c’est comment on fait vivre le quartier autour du stade… »

  • Le BTP attend plus de stabilité et de lisibilité

    Le BTP attend plus de stabilité et de lisibilité

    Le BTP ne cache pas sa déception après la chute du gouvernement Bayrou. Dans un contexte de « rétractation des marchés », la position ne se veut pas politique. Sur un an dans les Bouches-du-Rhône, les appels d’offres (-11,2%) et leur montant (-16,3%) ont dévissé, et l’emploi salarié (-1,4%) et intérimaire (-5%) a baissé, poussé des défaillances d’entreprises (+25%).

    La « légère reprise » dans le neuf (+21,3% d’autorisation de logement et +64,4% de mise en vente; +55,5% d’autorisation de locaux), en lien avec une « amélioration de la délivrance des permis de construire à Marseille », précise Cyril Sauvat, ne rassure pas le secteur. D’autant que les réservations baissent de 5,7%. « Qui dit investissement dit vision à long terme, ce qui n’est pas le cas avec l’instabilité politique », reprend le président de la fédération du BTP 13.

    Et de rappeler que depuis 2020, six ministères du Logement se sont succédé, « un niveau de considération proche de l’insulte ». La déception est d’autant plus forte qu’avec Valérie Létard, « les choses avançaient dans le bon sens ». Notamment autour du travail réalisé par le « statut de bailleur privé » devait être intégré à la loi de finances 2026.

    « La mère des réformes »

    « C’est la mère des réformes, ça va relancer le marché, la construction, relancer la dynamique de la pierre », reprend Cyril Sauvat. En contrepartie de loyers plafonnés et de normes énergétiques strictes, ce statut veut encourager la rénovation et la location en permettant aux propriétaires d’amortir fiscalement jusqu’à 80% du prix du bien, d’augmenter le plafond de déficit foncier à 40 000 euros, et d’échapper à l’impôt sur la fortune immobilière. Pour les partis de gauche ce statut favorise surtout les investisseurs, sans garantie sur les loyers. Eux préféreraient un renforcement du logement social et un encadrement strict du parc privé.

    Mais pour le BTP d’autres dossiers sont encore sur la table : la stabilité et la visibilité des aides à la rénovation énergétique, le maintien du Prêt à taux zéro, la refonte de la responsabilité élargie du producteur, ou la baisse de la Réduction de loyer de Solidarité qui grève les finances des bailleurs sociaux.

  • Le tourisme des « 4 saisons » en plein essor dans le Var

    Le tourisme des « 4 saisons » en plein essor dans le Var

    « Nous tordons le cou à ceux qui disent que le Var est le deuxième département touristique derrière Paris. C’est faux, on est numéro 1 depuis trois ans ! » Le chauvinisme de Jean-Louis Masson, président (LR) du département, trouve ses raisons dans le bilan des huit premiers mois de l’année, exposé mardi à l’hôtel du département, même si celui-ci est en léger recul après une saison 2024 record, notamment en raison des Jeux olympiques de Paris et du 80e anniversaire du débarquement de Provence.

    Avec 61,9 millions de nuitées touristiques depuis début 2025 (-2% par rapport à 2024, +2% par rapport à 2023), le département reste dans une dynamique positive. Celle-ci peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de touristes étrangers (+4% par rapport à 2023), dans la lignée des objectifs gouvernementaux, qui vise les 100 milliards d’euros de recettes touristiques internationales à l’horizon 2030. « Au niveau national, nous sommes à 290 millions de nuitées et 37 milliards d’euros de recettes internationales sur le premier semestre 2025 », détaille Guillaume Decard, vice-président du département et président de Var Tourisme.

    Des touristes représentant 32% de la clientèle totale, qui viennent en majorité d’Allemagne (19%), des Pays-Bas (10%) et du Royaume-Uni (9%), et qui incarnent un axe de progression important pour le secteur : « Nous voulons mettre en avant trois marchés : les États-Unis, avec qui nous allons mettre en place une opération avec Atout France en 2026, la Scandinavie, où on a été reçu cet été à Copenhague par la princesse du Danemark, auprès de qui on veut, par exemple, mettre en valeur la richesse de nos vins, et l’Italie, avec qui nous avons des projets transfrontaliers avec la région Toscane », explique Guillaume Decard.

    Cette clientèle dépense généralement davantage et vient compenser le tassement de la clientèle française (-2% par rapport à 2023), qui s’est recentrée sur l’essentiel (logement, nourriture). Et dont les deux principales régions de provenance (Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes) sont en recul, au détriment de la région Paca, marquant une limitation des déplacements au niveau national, induite par une baisse de pouvoir d’achat. « Nous devons travailler sur la clientèle à l’année et la clientèle de proximité pour avoir un taux d’ouverture encore plus important », insiste Guillaume Decard.

    Autre facteur de développement, justement : le tourisme
    « 4 saisons », à savoir une activité plus uniquement centrée sur juillet et août. Les chiffres en la matière sont éloquents : celle-ci est passée de 44% de touristes hors été en 2011 à 58% en 2024 (de 7 à 13% en hiver, de 22 à 26% au printemps, de 15 à 19% en automne). Un lissage sur l’année qui a pu être particulièrement observé au mois de juin : +8% par rapport à 2023, et +6% par rapport à 2024. Le phénomène est encore plus important en ce qui concerne les touristes étrangers : +14% de nuitées par rapport à 2023, +12% par rapport à 2024. Cela, grâce à la mise en valeur d’autres spécificités du territoire (massifs, histoire, gastronomie…) et des prix plus attractifs hors saison. Et les perspectives sont bonnes pour la fin d’année, avec 85% de professionnels optimistes quant au niveau de réservation de septembre, et 82 pour octobre, novembre et décembre.

    Pour aller plus loin, le département propose la mise en place d’assises du tourisme, réunissant les acteurs du secteur. « Sans la force privée, la force publique ne peut pas avancer, et vice versa. Sans synergies, on ne pourra pas développer un tourisme du mimosa, un tourisme d’hiver… », appuie le président de Var Tourisme.

  • Le Département se débarrasse de ses bijoux de famille

    Le Département se débarrasse de ses bijoux de famille

    Ce vendredi, le huis clos de la Commission permanente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône doit valider une série de cessions de biens de la collectivité lourdement endettée. Après la cession pour 50 000 euros d’un appartement, avec un local commercial et une cave, situé au 143, rue Félix-Pyat (3e) au profit de l’association Prends-toi en main, c’est surtout sur l’avenir de l’ancien tribunal administratif que se prononceront les élus.

    Dessiné par l’architecte marseillais Pierre-Marius Bérangier à la fin du XIXe siècle, cet ancien hôtel particulier haut de trois étages, situé au 20-24 rue Breteuil, dans le 6e arrondissement, avec sa porte cochère encadrée par deux atlantes colossaux, avait été estimé à 3,6 millions d’euros par les Domaines, le 28 mai 2024. L’emblématique bâtiment ne sera vendu que pour 3,2 millions d’euros à la société Neohive, sous condition suspensive d’obtention de toutes les autorisations administratives. Celle-ci espère y installer une résidence hôtelière de 41 logements meublés. Si l’évaluation comptait 1 670 m² de surface totale, « il s’avère qu’en réalité la surface disponible n’est seulement que de 1 143 m² », justifie la délibération.

    Un appartement situé 15, allées des Vignes (15e) est aussi vendu 160 000 euros à un particulier, pour une valeur estimée de 190 000 euros. « Le bien étant implanté géographiquement proche des cités sensibles, très peu de candidats ont formulé des offres », pointe le Département. L’ancienne maison départementale des solidarités à Gardanne, au 173, boulevard Pont-de-Peton, est de son côté vendue à la société Ypsi Sud, pour 550 000 euros, « le Département n’ayant plus l’utilité de ce bien ». Une valeur correspondant à celle donnée par une expertise privée, mais qui est moitié moins importante que celle des Domaines, qui évaluaient en 2023 cet immeuble de 580 m² à 1,2 million d’euros. L’ancienne gendarmerie de Roquevaire est quant à elle vendue pour 1,7 million d’euros à la SAS City Invest, une filiale de CDC Habitat, au-dessus de son estimation de 1,5 million d’euros.

    À Tarascon, enfin

    Ce sont les anciens tribunaux de Tarascon qui viennent clore cette séance de Monopoly. « Ces bâtiments sont à la vente depuis de nombreuses années dans le cadre d’une procédure de vente en continu, mais n’ont pas trouvé preneur », pointe la délibération. L’ancien tribunal de commerce et l’ancien tribunal de grande instance avaient été estimés à 907 000 euros, ils sont cédés à Demeter Promotion pour 800 000 euros, pour y créer des logements. « L’historique de ce dossier, le coût de l’entretien bâtimentaire pour le Département et les difficultés rencontrées pour vendre ces biens depuis des années ont conduit à valider cette offre et à la juger très satisfaisante », explique la collectivité alors que l’estimation rappelle que les bâtiments, vacants depuis 2014, sont « en très mauvais état d’entretien » avec de nombreux dégâts des eaux. Un projet de réhabilitation a déjà été présenté à la commune dans le cadre d’une concertation préalable.

  • Des logements miniers repensés face au climat

    Des logements miniers repensés face au climat

    Près de 300 logements « hérités de la SA d’HLM de Franche-Comté (SAFC), devenu Néolia, réservés au logement des anciens mineurs », sont en attente de rénovations. Le bailleur social 3F Sud, filiale d’Action Logement, vient de lancer un plan stratégique pour réhabiliter ce patrimoine minier.

    En parallèle, le groupe 3F organise le concours d’idées « Conforts 2050 : réadapter l’habitat aux climats », en partenariat avec l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles. Cette expérimentation locale interroge notamment la réhabilitation à l’épreuve du changement climatique et retient Gardanne comme l’un des quatre sites de réflexion à l’échelle nationale. « Le concours vise dejeunes professionnels. Aujourd’hui, on a besoin d’une vision fraîche qui dépasse le sens du confort tel que la norme le décrit », explique Luca de Franceschi, directeur de l’architecture et du développement durable de 3F. Les candidats ont jusqu’au 7 octobre pour déposer leur proposition.

    Ce patrimoine, hérité de l’histoire minière, compte 296 logements, dont une large majorité (223) est située à Gardanne. « Le quartier est encore marqué par cette histoire, décrit Luca de Franceschi. Gardanne est un site emblématique de la naissance du logement social ». Le reste est réparti entre Fuveau, Gréasque, Meyreuil, Mimet, Rousset et les 2e et 15e arrondissements de Marseille. Majoritairement constitués de pavillons individuels, ces logements avaient été réservés aux familles de mineurs, via une convention passée avec l’Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs (ANGDM). Ils sont encore aujourd’hui habités par d’anciens mineurs et leurs familles. Mais, construites il y a plusieurs décennies, les habitations présentent désormais un état de dégradation « plus prononcé que la moyenne du patrimoine ».

    L’appel d’offres porte sur une mission de neuf mois, visant à réaliser un diagnostic complet du bâti, puis à élaborer une stratégie de réhabilitation sur cinq ans. « L’idée est aussi de repenser la notion de confort dans ces logements sociaux à l’épreuve du climat », estime 3F Sud. « Décarbonation, économies d’énergie et confort d’été » figurent dans les critères de réhabilitation. Les premières conclusions du plan stratégique sont attendues au printemps.