Tag: Logement

  • Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Pour que la forte croissance démographique reste soutenable autour de Montpellier, il est indispensable que les conditions d’accueil suivent. Le phénomène impose aux décideurs de penser le développement à long terme dans plusieurs domaines.

    Côté logement, seul le parc social de la Ville de Montpellier respecte la loi SRU (25% d’habitat minimum). Parce que les loyers privés sont souvent hors de prix, la majorité de Michaël Delafosse a créé en 2021 son Organisme foncier solidaire (OFS). Dans toutes les ZAC publiques, il permet 22% de logements abordables via le Bail réel solidaire (BRS). « Cela permet à des gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter une villa à 800 000 euros de devenir propriétaires », résume Claudine Vassas-Mejri (PS). Sous conditions de ressources (plafond haut), il est ainsi possible d’acheter des murs et de payer une redevance à la collectivité (1,3 euro/m²) pour la location du foncier. « Cela permet aussi d’éviter la spéculation », précise la vice-présidente. Encore méconnu, cet outil privilégie les travailleurs essentiels, les familles avec enfants venant du logement social. Un millier d’habitats en BRS sont programmés, 4 000 à terme.

    Depuis le Covid, la crise du logement fait rage. L’actuel Plan local de l’habitat prévoyait la construction de 5 000 logements dans la métropole « mais on n’y arrivera pas », regrette l’élue. La faute à l’inflation, au désordre national, à la fin des incitations fiscales (type Pinel) et à la rareté du foncier. Sans compter que la loi Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) freine l’appétit des promoteurs. « Dans les villages, le moindre projet de ZAC suscite une levée de boucliers alors que la plupart des gens qu’on reçoit cherchent un logement », témoigne C. Vassas-Meijri.

    Dès 2020, le président M. Delafosse (PS) a doté la Métropole de nouveaux outils. La régulation des locations AirBnB (déclaration obligatoire) vise à lutter contre la concurrence déloyale. Les loyers encadrés à Montpellier permettent d’éviter les abus. Et le permis de louer (à Celleneuve, Figuerolles, Saint-Martin et aux Cévennes) traque les marchands de sommeil.

    Le Service express régional…

    Dans un monde qui s’accélère, les mobilités sont aussi essentielles. Avec la 5e ligne de tramway et la connexion entre les deux gares, Montpellier est désormais bien maillée. Ce n’est pas le cas des territoires aux alentours. C’est la raison d’être du Service express régional métropolitain (Serm), sorte de RER métropolitain promis par Emmanuel Macron. « À Montpellier, 20% des trajets viennent d’en dehors de la métropole, où la dépendance à la voiture est forte », résume Julie Frêche. Elle a beau adorer le vélo, la vice-présidente sait que les pistes cyclables ne peuvent pas tout quand on se déplace aussi loin.

    Avec 8 intercommunalités de l’aire d’attraction de Montpellier, de l’agglo de Sète à celle de Lunel en passant par la vallée de l’Hérault et le Pic-Saint-Loup, un réseau de transports en commun est en cours d’élaboration pour connecter ces territoires qui concentrent 73% de la population héraultaise et accueillent 12 000 habitants de plus par an. Il y a bien sûr le grand projet de Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan. Le premier tronçon vers Béziers (horizon 2032) aura vocation à désengorger la ligne ferroviaire du littoral. La Région pourra ainsi renforcer son offre de TER.

    Du côté de la Métropole de Montpellier, on travaille déjà sur les futures lignes de bustram ou cars dits « à haut niveau de service ». Ils seront non polluants et éviteront les bouchons grâce à des voies réservées. Trois études sont déjà en cours pour des cars vers le Cœur d’Hérault (Gignac, Clermont, Lodève…), Balaruc depuis Garcia Lorca et Saint-Mathieu-de-Tréviers depuis le rond-point de Girac. Deux autres lignes verront le jour : l’une depuis Castelnau vers Castries, l’autre vers Lavérune, Pignan, Cournonsec voire Poussan. Des liaisons vers Saint-Gély-du-Fesc ainsi qu’entre Baillargues et Mauguio sont aussi dans les tuyaux. Au total : 267 millions d’euros d’investissement qui créeront des emplois. Mais « l’État doit jouer son rôle », presse Julie Frêche.

  • Mario Martinet candidat à Berre-l’Étang pour « terminer les projets »

    Mario Martinet candidat à Berre-l’Étang pour « terminer les projets »

    « La mayonnaise a pris. » Mario Martinet, maire (DVG) de Berre-l’Étang, a donné une conférence de presse, vendredi matin à la salle Alain-Bombard, pour annoncer le lancement de sa campagne pour les élections municipales de mars 2026, avec sa liste Berre avenir.

    « Personne n’a envie de partir », indique d’emblée le maire-candidat, qui a dressé un rapide bilan. S’il devait retenir une chose, Mario Martinet tranche : c’est le centre médical. « Berre était un désert médical », selon le mairel, tout en soulignant « en même temps la réanimation du centre mutualiste Gabrielli », anciennement Oxance. Si la Ville cherche encore un spécialiste, « nous avons récupéré les médecins et on fait en sorte que les Berrois puissent se soigne,r car c’est essentiel », affirme le maire. Et ce n’est pas tout : « Nous allons l’accompagner pour qu’il bénéficie d’un IRM », annonce le candidat.

    « Dans la vie, il y a trois piliers que sont la santé, le logement et l’emploi », estime l’élu. Sur ce dernier point, l’édile craint pour le complexe pétrochimique LyondellBasell de Berre, actuellement en vente, « normalement réglée à la fin du premier semestre 2026 avec un groupe d’investisseurs allemands », avance-t-il.

    « Mon cœur est à gauche »

    La raison qui pousse Mario Martinet et son équipe à rempiler est simple. « Nous n’avons pas terminé certains projets », en particulier la piste cyclable de la coopérative vinicole à la plage. Mais, aussi, la réhabilitation de la chapelle Notre-dame de Caderot, dont le plancher s’effondrait, retardée par des fouilles archéologiques. « Les travaux devraient débuter en 2026 », d’après l’élu.

    L’ambition du maire est de « changer l’image de Berre », cette ville « où on venait pour travailler » et où l’on vient désormais aussi vivre et se divertir. Festives de Berre, Nuits de Berre, concerts gratuits de Gims ou Vitaa, mais aussi les sports constituent une offre que le maire veut continuer à développer. Notamment avec l’aménagement d’un gymnase au quartier Fernand-Léger pour le club de basket ou encore des anciens hangars avec quatre salles de sport pour le taekwondo et la boxe, entre autres.

    Mario Martinet, ancien socialiste, présente sa gestion comme politiquement neutre, même s’il affirme que « [s]on cœur est à gauche ». Et reste fidèle à cet engagement : « Mon adversaire essentiel est à l’extrême droite. »

    Le prochain rendez-vous de la campagne sera celui du bilan face à la population, vendredi 6 février à 18h30, salle Alain-Bombard. Liste et programme seront annoncés le 27 février à la salle polyvalente.

  • La gauche organise sa première réunion à Aix-en-Provence

    La gauche organise sa première réunion à Aix-en-Provence

    L’union de gauche, rangée derrière le candidat aux élections Marc Pena (député PS) a tenu, ce mercredi soir, une réunion publique autour de la thématique du logement. Associations, soutiens de listes, mais surtout les chefs de file des partis de gauche (hors LFI) se sont retrouvés au local de campagne dédié aux élections, 13, rue Granet. « Le logement est une question qui touche à la dignité humaine (…), ce n’est pas une variable d’ajustement des politiques publiques », a lancé Marc Pena. Nous reviendrons sur cette rencontre dans nos colonnes, ce vendredi.

  • Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    « Dans ce combat, les communistes doivent être en première ligne. » L’opération de tractage a été décidée voilà quelques jours dans toutes les sections communistes marseillaises. Pour Anthony Gonçalves, chef de file PCF aux municipales, le sondage La Marseillaise /Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié dans nos colonnes ce 13 janvier, qui met à égalité au premier tour le maire sortant, Benoît Payan (DVG), et le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote, a renforcé la nécessité de s’engager dans la bataille. À l’aune de l’histoire des communistes dans la ville, « acteurs majeurs de la Libération, les armes à la main », il s’agit pour lui d’un « coup de tonnerre » : « On est saisi par l’effroi que cette dynamique RN fait peser sur la ville. »

    Faire s’exprimer les quartiers populaires

    Saluant l’entrée en campagne de Benoît Payan, il ajoute que cette opération va permettre de « rappeler que le rassemblement à gauche, des citoyens, des écologistes, du monde du travail autour de [cette] liste doit se faire maintenant, de la façon la plus large possible et dès le premier tour ». Un rassemblement où le PCF a son rôle à jouer.

    « On doit être à l’avant-garde du dialogue avec les quartiers populaires, celles et ceux qui ne veulent pas revenir à cette ville de classes construite pendant 25 ans de gestion de droite », assène Anthony Gonçalves. Pour convaincre là où, souvent, on ne va plus aux urnes, les communistes comptent sur leurs propositions qui ont « infusé » le programme, mais aussi sur leur bilan au sein du Printemps marseillais : « Je pense au combat pour l’accès aux soins, le logement, l’égalité homme-femme. Il y a aussi ce qui a été fait par nos adjoints, Audrey Garino dans le domaine de la solidarité, Jean-Marc Coppola à la culture. »

    Et d’insister aussi sur le développement du port, inquiet de ce que « certains veulent en faire, y compris d’où on ne l’attendrait pas »… En clair, des insoumis. « Nous sommes partisans de lier de façon indissoluble développement économique et exigences écologiques. Ce n’est pas en les opposant qu’on va avancer », estime-t-il.

  • Martigues : la campagne électorale se joue aussi à Notre-dame-des-Marins

    Martigues : la campagne électorale se joue aussi à Notre-dame-des-Marins

    La sortie d’école a une saveur particulière mardi après-midi, pour les élèves de la maternelle Di Lorto. Une saveur de chocolat même, pour ceux qui se sont arrêtés un instant devant la table des partisans du maire sortant, Gaby Charroux (PCF), en pleine campagne pour les élections municipales dans le quartier de Notre-Dame-des-Marins.

    Les habitants venus au contact des militants ont des choses à dire. Nassim, avec sa fille au bras, attend avec impatience « la rénovation des appartements », promise par le bailleur 13 Habitat pour 2027, et pour laquelle la Ville a participé à hauteur d’un million d’euros, en 2019. Le maire était d’ailleurs présent à la réunion avec le bailleur et les habitants, fin décembre.

    Valérie Martos, militante associative et politique ayant vécu plusieurs années dans le quartier, en fait son argumentaire. « Je dis aux gens qui ont froid, qui ont des problèmes dans leur logement, de ne pas se tromper de cible. J’insiste sur la présence du maire et de ses élus, surtout lors du problème avec le bâtiment KM. Les frigos puants jetés par-dessus les balcons avant la destruction, c’est pas la Métropole ni le bailleur qui les ont enlevés, c’est la Ville ! », rappelle-t-elle.

    Services rapides

    Une autre habitante, profitant d’un chocolat chaud avec sa fille Sofia, fait remarquer que « sur le quartier, on a appelé plusieurs fois la Ville pour des soucis de propreté ou pour des branches sur le chemin de l’école. Ça a toujours été fait rapidement ».

    Arrivée il y a 4 ans, Héloïse Dyot n’avait « pas connaissance » de la politique martégale. Mais, à peine arrivée, « le centre social est venu nous chercher. Ça fait du bien de rencontrer des gens, sortir de la maison et de ne pas être seule quand on est enceinte », se souvient-elle. Héloïse Dyot s’estime « très contente » d’être venue à Martigues, au regard du « peu d’activités » dans son ancien quartier.

  • Christine Romano nommée tête de liste de Fréjus Riposte

    Christine Romano nommée tête de liste de Fréjus Riposte

    Ayant réussi le pari de réunir un large spectre de la gauche (PCF, LFI, PS, Les Écologistes, l’Après), Fréjus Riposte formalise désormais son projet politique à un peu plus de deux mois des élections municipales. Sa tête de liste a été désignée par les colistiers et présentée samedi : il s’agit de Christine Romano, militante PCF, retraitée de la Poste, et présidente de l’UL CGT Saint-Raphaël-Fréjus depuis vingt ans (poste qu’elle va céder à Cathie Klink, aussi membre de Fréjus Riposte).

    Forte de son engagement de longue date, elle est habituée aux campagnes électorales après s’être présentée aux élections départementales de 2021 dans le canton de Fréjus. Elle en a (re)précisé les contours, déjà exposés en novembre lors de la présentation de la liste. Première motivation : reprendre la ville au RN et à David Rachline, qui la dirigent depuis 2014. « Le RN se dit proche de la population mais n’hésite pas à voter contre l’augmentation du Smic et contre la taxe Zucman. Il défend les catégories les plus favorisées contre le reste de la population », dénonce Christine Romero, qui ne manque pas de rappeler le bilan du maire actuel, « impliqué dans des affaires de prise illégale d’intérêts [il a été jugé en septembre, verdict attendu le 27 janvier, Ndlr.] et favoritisme [jugement le 22 septembre, Ndlr.] ».

    L’écologie en « fil rouge »

    Christine Romano et Fréjus Riposte promettent ainsi une rupture vis-à-vis de la municipalité actuelle. Tout d’abord sur l’aspect démocratique, « en faisant des citoyens des co-concepteurs de la politique municipale. Nous organiserons l’intervention populaire via le droit de pétition, un budget participatif… ». L’écologie sera le « fil rouge » des politiques municipales, notamment sur le logement, « avec la création de 3 000 logements sociaux manquants, avec des matériaux durables, des espaces verts et des services », et l’abandon du projet d’hôtel 4 étoiles à la Base Nature, « qui doit rester réservé à l’usage exclusif de la population », pointe Christine Romano.

    Parmi les projets énoncés par Fréjus Riposte, la création d’une « maison médicale avec du personnel salarié, donc sans dépassement des honoraires », tout en « défendant et améliorant l’hôpital public ». La sécurité sera « assurée en priorité par la police nationale, mais aussi avec des médiateurs, des espaces de dialogue appuyés notamment par la police municipale ». Une politique de transport ambitieuse avec « des navettes pour les villes périphériques et les transports municipaux, la création de pistes cyclables et la mise à disposition de vélos ». L’éducation sera, enfin, un axe prioritaire, avec « la mise en valeur du patrimoine de la ville, une cuisine centrale alimentant les cantines scolaires en produits bio, et l’ambition de faire de Fréjus une ville universitaire », soutient Christine Romano, qui compte aussi « mettre en place des centres sociaux, notamment dans les quartiers de Villeneuve, de l’Agachon, de la Gabelle, que le maire avait supprimés dès son élection ».

  • Rendez-vous en préfecture pour Plombières

    Rendez-vous en préfecture pour Plombières

    Réunis en association, copropriétaires et locataires de la résidence qui dénonçaient une situation glaciale après une fuite dans le réseau de chauffage ont été reçus à l’hôtel de Ville. Derrière la panne, une situation tendue avec l’administrateur provisoire devra s’éclaircir en préfecture où une réunion doit être programmée la semaine prochaine.

    Mi-décembre, deux appartements inondés révèlent une fuite dans le réseau de chauffage collectif. Depuis le 22 décembre, tout a été coupé. « Voilà un mois que ça dure et nous n’avons aucune garantie de rétablissement rapide. Pire, déplorent les copropriétaires, l’entretien se dégrade, les espaces verts sont à l’abandon, le passage piéton pour accéder à l’école est verrouillé, et on subit une explosion des montants des appels de fonds, on n’obtient ni les devis ni les factures des travaux, qui sont décidés sans concertation. » Dans le bâtiment C2, deux dames accusent également le coup : « L’ascenseur qui dessert les 12 étages est en panne depuis deux mois. » L’administrateur provisoire de l’agence Perier-Giraud, qui a repris il y a 5 ans la gestion de la résidence après la défaillance du syndic Citya, était autour de la table à l’hôtel de Ville. La réunion en préfecture, dont la date reste à fixer, devra permettre de lever l’opacité sur cette gestion et de restaurer la confiance des copropriétaires. Soudés, ils préviennent : « Si rien ne bouge, on bloque le boulevard de Plombières. »

  • Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Nîmes sort de vingt-cinq années de « système Fournier » comme on se réveille d’une longue nuit : groggy, traversée de rancœurs, mais aussi d’espoirs confus. Le bilan est lourd. Dans une ville parmi les plus pauvres de France, plus de 30% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, avec des pics dépassant largement les 70% dans certains quartiers populaires comme celui Pissevin où les habitants subissent une double peine : l’insécurité sociale et celle de l’insécurité liée aux narcotrafiquants.

    La carte postale romaine
    – Arènes ripolinées, Maison carrée classée à l’Unesco, centre historique repeint pour les touristes – masque mal une ville à deux vitesses. Les habitants parlent d’une « ville d’en haut » et d’une « ville d’en bas », séparées par quelques rues et un gouffre social. Pendant que la majorité sortante vantait le « rayonnement » et louait son patrimoine, les immeubles lézardés du centre ancien et les barres des quartiers populaires s’enfonçaient dans l’humidité, la précarité et le décrochage scolaire.

    Sur cette toile de fond, l’insécurité est devenue l’obsession officielle. Nîmes aligne l’un des parcs de vidéosurveillance les plus denses de France – plus de 680 caméras, juste derrière Nice en ratio par habitant – sans que cela n’enraye durablement ni la petite délinquance ni les règlements de comptes liés au narcotrafic. Là où la droite promet toujours plus d’objectifs, de caméras de surveillance, les habitants réclament d’abord de l’humain : des policiers de proximité, des médiateurs, des éducateurs, du travail et des logements dignes. Les colères sont multiples : jeunes qui ne se projettent pas dans leur ville, locataires du vieux centre qui vivent dans des passoires, habitants des quartiers populaires relégués loin des équipements publics, commerçants étranglés par la hausse des charges. Les inégalités climatiques s’y ajoutent : à l’heure du dérèglement du climat, le projet « Nîmes 2035 » de Franck Proust un des candidats de la droite, avec ses palmiers de carte postale qui « ne font pas d’ombre », apparaît comme le symbole d’une droite plus préoccupée d’esthétique que de justice sociale ou de fraîcheur urbaine.

    Pourtant, les urnes ont déjà montré qu’une autre majorité est possible. En 2022, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête avec 28,68% au premier tour de la présidentielle à Nîmes, en 2024, lors des élections législatives anticipées, le Nouveau front populaire rassemblant la gauche devance le parti d’extrême droite RN dans la ville, quand le reste du département bascule massivement à son profit. Cette contradiction – ville votant plutôt à gauche au premier tour dans les scrutins nationaux mais bloquée à droite au niveau municipal – « Nîmes en commun » veut en faire un atout, un point d’appui.

    « D’abord on se tait, on écoute et puis on construit »

    Face à ce paysage, la force de Vincent Bouget coordinateur et leader de « Nîmes en commun » n’est pas seulement d’incarner l’union de la gauche (PCF, PS, écologistes, PRG, Place publique, mouvements citoyens), mais d’avoir patiemment construit une autre manière de faire de la politique. Depuis plus d’un an, « Nîmes en commun » laboure le terrain : film participatif s’appuyant sur les témoignages des habitants projeté dans les quartiers, plus de 110 entretiens filmés, une trentaine de réunions publiques, puis un questionnaire portant notamment sur les vœux de chacun, rempli par près de 3 000 Nîmoises et Nîmois dans tous les quartiers.

    La soirée du 11 décembre de restitution de ce questionnaire devant 900 personnes, micro et parole qui circulent, – une assemblée décrite comme un « moment démocratique rare et enthousiasmant ». Là où la droite s’est enfermée dans l’entre-soi municipal, Vincent Bouget assume un pari inverse : « D’abord on se tait, on écoute », avant de « construire un projet ». Il promet de prolonger cette méthode après le scrutin de mars, pour que la démocratie participative ne s’arrête pas au soir du vote.

    Sur le fond, la colonne vertébrale qui se dessine est claire : une ville qui « prend en compte tous les quartiers » et ne se contente plus de bichonner l’hypercentre ; une politique de sécurité globale, articulée à l’emploi, au logement et aux services publics, plutôt qu’aux seuls slogans « musclés » ; une stratégie de réhabilitation massive de l’habitat, plutôt que de nouveaux grands « projets vitrines » ; une priorité assumée à la jeunesse, à l’éducation, au sport et à la culture ; une véritable politique écologique, où « on peut trouver mieux que les palmiers pour faire de l’ombre ». Vincent Bouget le martèle : « Face à la division, il faut faire du commun », et se présente comme « le seul à pouvoir battre l’extrême droite », non pas en moralisant, mais en proposant un espace démocratique où les habitants se reparlent et reprennent la main sur leur ville.

    « Faire du commun », ou « la guerre de succession »

    Car en face, le spectacle offert par la droite locale est aux antipodes de ce patient travail de terrain et de concertation populaire. À l’approche des municipales, sous la pression des ambitions personnelles, la majorité sortante se divise. Jean-Paul Fournier, affaibli, tire sa révérence après vingt-cinq ans à l’Hôtel de Ville, sans designer de successeur.

    D’un côté, Franck Proust, président LR de Nîmes Métropole, adoubé récemment par Horizons, parti de l’ancien premier ministre Edouard Philippe. De l’autre, Julien Plantier, ancien premier adjoint, qui refuse de se ranger derrière lui et finit par s’allier à la macroniste Valérie Rouverand sous la bannière « L’avenir des Nîmois ». S’ajoutera, une liste du RN, dont la dynamique est forte à l’échelle du département. Les communiqués assassins, les invectives sur « l’arrogance » de l’un ou « le mépris de l’autre » sonnent comme autant de coups de Jarnac : tout concourt à donner l’image d’un camp qui règle ses comptes sur la place publique et cherche sa survie électorale plutôt qu’il ne se préoccupe des Nîmois.

    Politiquement, cette fragmentation ouvre une fenêtre historique pour la gauche rassemblée. Publié fin novembre 2025, Un sondage Quorum pour Le Réveil du Midi dessinait les contours d’une ville en trois blocs : gauche, droite et extrême droite. Dans la plupart des scénarios, Vincent Bouget arrive en tête au premier tour, autour de 28-30%, devançant l’extrême droite RN autour de 25-27% et Franck Proust crédité de 22%. En cas de ticket Plantier-Rouverand, Proust est même relégué plus bas, et la quadrangulaire devient un cauchemar pour la droite traditionnelle. Rien n’est fait pour autant. Les mêmes enquêtes montrent que dans le cas d’une triangulaire classique, avec un RN qualifié au second tour, la droite espère encore arracher la victoire de justesse, « Nîmes en commun » considère que forte de sa diversité elle rassembler et devenir un rempart face à la menace RN et à une droite essoufflée et sans réel projet transformateur.

    C’est là que se noue la réponse à la question : Nîmes va-t-elle basculer à gauche avec Vincent Bouget porteur des couleurs de « Nîmes en commun » ? C’est possible, si la dynamique citoyenne enclenchée par « Nîmes en commun » dans les urnes, si les milliers de personnes qui ont pris la peine de remplir un questionnaire, d’aller aux assemblées votent et font voter glissent aussi un bulletin le 15 mars. Oui, si « Nîmes en commun » parvient à être entendue à la fois aux quartiers populaires aujourd’hui délaissés et à l’électorat traditionnel démocrate écœuré par la « fin de règne » chaotique aspire à un changement positif et serein. Dans un Gard saturé par la poussée lepéniste, le basculement de Nîmes serait bien plus qu’un changement de maire : un signal national, la preuve qu’une ville populaire du Sud peut encore choisir de résister et reconstruire ensemble, plutôt que de céder à la résignation ou à la haine.

    REPERES

    11 février 2025 : Projection du film-documentaire Si je vous dis Nîmes, donnant la parole aux habitants de tous les quartiers.

    Automne 2025 : Les militants et bénévoles sillonnent marchés, et quartiers pour interroger les Nîmois via un questionnaire. 3 000 réponses recueillies.

    11 décembre 2025 : 900 personnes réunies à la halle des sports Ludivine-Furnon pour débattre du résultat du questionnaire.

  • Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Il a consulté sa famille avant de l’annoncer officiellement. Le maire de Miramas Frédéric Vigouroux (DVG) se lance dans la campagne des élections municipales pour briguer un quatrième mandat. « On ne se rend pas compte de l’investissement que ça représente d’être élu, il faut que je sois tourné vers la ville à 200%, donc il fallait que ce soit un choix collectif avec mes proches », explique-t-il.

    Ce « sacerdoce républicain », l’édile souhaite de nouveau l’endosser pour « protéger les habitants ». « Miramas n’est pas une ville riche, c’est une ville populaire. Elle est plus touchée par les effets du monde, les différentes crises – financières, sanitaires, énergétiques et autres -, donc il faut que sa population soit plus protégée au quotidien par la mairie. » Après avoir réalisé 90% du programme de 2020, malgré deux années compliquées dues au Covid-19, Frédéric Vigouroux a l’ambition « de continuer à transformer cette ville », la « préparer au développement économique, aux effets du changement climatique, préserver son environnement en assurant de l’habitat ».

    Des réunions thématiques

    Certains projets sont déjà dans les tuyaux : le nouveau pôle ferroviaire, la construction d’un hôtel des polices avenue Chalve, la mise en place d’une unité de production culinaire en collaboration avec la Ville de Saint-Chamas pour nourrir les enfants des écoles des deux communes avec des aliments bio et locaux, l’installation d’agriculteurs à Saint-Désiré, mais aussi de commerces à proximité d’Intermarché, de professionnels de santé à la maison pluridisciplinaire du nord de la Ville comme à la Boule Noire, ou encore la réouverture de l’ancien centre mutualiste de santé.

    Certains projets d’aménagement sont à définir avec les habitants. « J’habite la ville, mais je n’habite pas partout. Il faut utiliser les instances participatives pour imaginer la commune de demain », affirme Frédéric Vigouroux. Notamment sur la question du logement : « De nombreux jeunes Miramasséens veulent revenir ici bâtir leur famille, preuve que la ville est attractive. Ces gens nous demandent de construire. Donc on a un gros travail à faire sur le thème : comment la ville se réinvente sur elle-même, sans sur bétonner et en préservant la nature, l’environnement et l’agriculture. C’est ça qu’on va écrire avec les habitants dans le nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal de 2028. »

    Des réunions thématiques seront organisées dans les semaines à venir pour co-construire le programme. La première aura lieu le 22 janvier. Le projet électoral définitif devrait être annoncé le 19 février. La liste, sans étiquette, est ouverte à tous les partis « sauf un ». Entendre : le RN. « Il y aura des visages connus, avec un rajeunissement mais une ossature importante de personnes expérimentées », affirme le maire candidat. Rendez-vous « dans quelques semaines », pour connaître les noms.

  • Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Dimanche, 39 hommes sans abri ont dormi sur ces lits de camp et 38 femmes et enfants qui étaient à la rue ont été hébergés en hôtel. » Au stade Vallier, Audrey Garino est venue faire un point avec les équipes partenaires du SIAO (Ville, Samu social, Croix Rouge et Direction des services de solidarité de la préfecture), soit une vingtaine d’agents qui se relaient sur l’accueil.

    Il est 10h30 et une dizaine d’hommes y sont encore à se réchauffer. « Il y a déjà 50 inscriptions pour la soirée, précise l’élue municipale (PCF) en charge de la solidarité. On reste ouvert au moins jusqu’à jeudi ou vendredi. » Dans l’ambiance feutrée dans ce gymnase réquisitionné, encore plongé dans l’obscurité, ils sont quelques uns à émerger des couvertures sur les lits de camp. La nuit a été dure. « J’étais depuis une semaine près des Docks, mais avec le vent qui traverse le duvet, on n’arrive plus à dormir », explique Maxime, 43 ans, agent d’entretien intérimaire, qui vit depuis quelques semaines dans la rue, après 3 ans d’hébergement « à droite, à gauche ». Il a fait la route depuis Toulouse avec Ludo, 51 ans, parti se resservir une tasse de café et embarquer une madeleine « pour reprendre des forces avant d’aller faire la manche ». Ils rejoignent Tony, marseillais « à la rue depuis trois ans » à une table. Tous sont chaudement vétus, mais ont encore du mal à se réchauffer.

    « Le 115 n’a pas de place »

    « La douche est glacée », regrette Ludo. Habitué du dispositif d’urgence, Tony les rassure : « Il y a toujours un temps de mise en route. Le disjoncteur pète, après ça va… » Gilles Aspinas, délégué (PCF) aux affaires sociales confirme : « Vous pouvez y aller, tout est rétabli. » Pour Ludo, « le problème c’est le manque de logements sociaux, à la base ». Comme les deux autres, il est célibataire « donc pas prioritaire. Alors difficile de se remettre en selle. D’autant que je me suis fait volé mes papiers ». Tony lui indique les agents à l’accueil : « Les services sociaux sont réactifs, ils vont t’aider. »

    Hamad s’avance sur ses béquilles pour demander « un gros sweat ». Emmitouflé dans une parka élimée et trop large, il décrit : « J’ai tout perdu d’un coup, mon logement, mis en péril. Mon boulot, mis en liquidation. » En un an et demi de rue, il n’a décroché « que des jobs au black, du coup, personne ne me loue ». Comme les trois autres, il « refuse de squatter ». Depuis, sa « bascule », il a tenté comme les autres « le 115, à de nombreuses reprises, mais il n’y a jamais de place ».

    En novembre dernier, durant la première vague de froid de cet hiver, Vallier a abrité 81 personnes. Ces ouvertures récurrentes restent temporaires. Un manque de places structurel sur lequel la Ville alerte depuis des années les services d’un gouvernement loin de son objectif « Zéro SDF ».