Tag: littoral

  • À Hyères, la ministre Monique Barbut inaugure la Fête de la Nature

    À Hyères, la ministre Monique Barbut inaugure la Fête de la Nature

    Monique Barbut a mis à profit son après-midi varois, largement consacré à la conservation du patrimoine naturel et à l’adaptation au changement climatique. Après une visite au Domaine du Rayol, où elle a pu découvrir la pépinière d’acclimatation destinée à développer des espèces résistantes au stress hydrique, puis participé à une séquence d’épandage d’un traitement biocide contre la fourmi électrique, la ministre de la Transition Écologique a terminé sa journée aux Vieux Salins de Hyères.

    Un lieu emblématique de la préservation de la biodiversité et de la lutte contre l’érosion, où lui ont été présentés les effets du projet « Adapto + ». Celui-ci vise à ralentir la perte de littoral en lui redonnant une dynamique naturelle, notamment via la protection de la posidonie et la suppression des enrochements artificiels censés réduire l’érosion, mais qui se sont avérés contre-productif. En l’espace de 7 ans, ce dispositif a permis de regagner 5 à 10 m de plage, incitant le gouvernement à le transposer en Nouvelle-Aquitaine.

    Attention particulière portée à l’artificialisation des sols

    La ministre a ensuite inauguré la Fête de la Nature. Un événement qui invite les Français à redécouvrir « ces lieux parfois si familiers que l’on en oublie la richesse », déplorant le fait que « la place de la nature ne cesse de reculer dans nos vies quotidiennes ». Un recul qui « rejaillit sur nos propres imaginaires », avec « des conséquences sur notre propension à la protéger. »

    Monique Barbut a par ailleurs insisté « sur le besoin de protéger nos sols, dont le rôle essentiel sera mis en avant à l’occasion de cette 20e édition. En particulier face à ceux qui entendent revenir sur certaines dispositions visant à les protéger d’une artificialisation excessive ». Un sujet prégnant dans un département soumis à d’importantes inondations, comme au Lavandou en 2025.

  • Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    À l’intérieur, la sobriété domine, laissant la mer et l’île aride comme seuls éléments de décor. L’architecte Thierry Gueza a voulu y recréer l’atmosphère d’un cabanon marseillais. Le long de son balcon, des panneaux d’illustrations expliquent la faune et la flore maritime et terrestre de l’archipel. Les promeneurs des environs sont les bienvenus et même invités à visiter la Villa Marine, dédiée à la découverte et au respect de ce patrimoine protégé.

    Préserver l’archipel,

    un engagement collectif

    Les divers acteurs à l’initiative de ce projet étaient présents, pour l’inauguration, ce jeudi, fiers de cette convergence de savoirs scientifiques et de cette collaboration entre acteurs publics, associatifs et citoyens. « Ce qui est beau, c’est qu’on arrive à se retrouver hors des étiquettes politiques et construire des ponts entre nous pour protéger la mer », estime Christophe Madrolle (UDE), conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et président de la commission biodiversité, mer et littoral, parcs naturels régionaux, risques.

    L’objectif affiché est de préserver une « biodiversité exceptionnelle, qui lui a valu le bénéfice d’être incluse dans le périmètre du Parc national des Calanques en 2012 », rappelle Didier Réault, président du Parc des Calanques, par ailleurs vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Un titre qui a notamment gelé tout nouveau projet immobilier sur les îles. « Le Département que je représente, celui présidé par Martine Vassal, a à cœur d’être présent sur l’ensemble de ces espaces naturels et d’y adopter une bonne gestion », ajoute-t-il.

    L’archipel du Frioul accueille chaque année entre 400 000 et 500 000 visiteurs, tout en demeurant un quartier résidentiel de Marseille. Dans ce contexte, la gestion des eaux usées, de l’énergie et des usages humains constitue un enjeu primordial. La Ville de Marseille s’engage et agit aussi par la restauration des milieux naturels, la régulation des usages et le développement de mouillages écologiques. Pour Hervé Menchon, adjoint au maire en charge de l’environnement et de la biodiversité, cette inauguration marque un moment particulier : « En ces temps compliqués de mise à mal des engagements environnementaux et de défiances croissantes partout dans le monde face aux vérités scientifiques, il es t précieux de pouvoir ouvrir au grand public un nouveau lieu d’éducation à l’environnement », exprime-t-il.

    Un besoin de préservation qui se transmet puisque ce site s’inscrit dans la volonté affirmée par le maire (DVG) Benoît Payan, à l’occasion des Jeux olympiques d’été de 2024, d’offrir à tous les élèves de CM1 et CM2 une expérience au contact de la mer, avant leur entrée au collège. Les travaux de la Villa Marine auront nécessité l’intervention de 13 corps d’état et auront coûté 1,7 million d’euros aux partenaires financiers.

  • L’Estaque inspire une exposition collective

    L’Estaque inspire une exposition collective

    Le littoral en trois façons. Depuis mercredi 14 mai, les artistes Benjamin Bloch, Aurélie Jourdain et Romus exposent des œuvres inspirées par l’Estaque et ses environs. En alliant peinture, installations et bas reliefs, l’exposition célèbre la mer, d’abord, avec la série de dessins « Vue mer », réalisés au graphite par Aurélie Jourdain. Une série qui invite à la contemplation, comme autant de fenêtres sur un monde en mouvement. L’artiste expose également une série d’œuvres réalisée à partir d’algues récupérées sur les côtes, tout en finesse.

    L’artiste Romus, originaire du Var, cherche, grâce à ses paysages côtiers et urbains à l’acrylique, à créer de l’interaction avec les spectateurs. « Je n’ai volontairement pas mis de cartels sous mes peintures. J’aime que les spectateurs cherchent à reconnaître les endroits que j’ai peints, je vois que ça les touche » raconte le peintre.

    Protéger le littoral

    L’exposition, sur deux étages, retrace la vie de la côte, au travers des tableaux réalisés in situ par Romus. « Ma pratique en extérieur est concentrée sur l’interaction entre la matière et ce qui m’entoure » explique-t-il. Une œuvre composite de sa série « Recyclage de paysage » en est le symbole. Il raconte : « Pour ce travail, j’ai récupéré des déchets sur la plage du Jonquet, à la Seyne-Sur-Mer. Puis je les ai assemblés pour reproduire le paysage devant mes yeux. » Une série qui, à l’image de l’exposition, sensibilise à la protection du littoral. Le travail de l’artiste Benjamin Bloch nous plonge dans les terres calcaires de l’Estaque, sensibles aux aléas climatiques. À la fois dessinateur et maçon spécialisé dans la terre crue, ses œuvres décodent le paysage minéral, grâce à des cartographies, des schémas, des empreintes. Son œuvre « Chemins de terre », bas relief réalisé en terre crue, fait partie de son travail de recherche. « Ma pratique de la maçonnerie est étroitement liée à ma pratique artistique. Mes œuvres sont comme des tests pour de nouvelles techniques de construction écologique » continue Benjamin Bloch. Une exposition entre matières minérales, végétales et plastique, retraçant sensiblement un environnement fragile, invitant à le préserver collectivement.

    Exposition « Territoire littoral », du 14 au 25 mai au Pôle des Arts Visuels de l’Estaque. Entrée libre, 10h-12h, 13h-18h, fermé le mercredi.

  • Des fouilles archéologiques à la Base Navale de Toulon mettent au jour des vestiges antiques

    Des fouilles archéologiques à la Base Navale de Toulon mettent au jour des vestiges antiques

    À Toulon, l’histoire antique continue de s’écrire. En vue de la construction du France Libre, le porte-avions nouvelle génération qui stationnera à la base navale de Toulon dès 2035, et de ses infrastructures, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mène, depuis septembre 2025, des fouilles archéologiques sur une zone de 11 500 m² correspondant à l’emprise partielle de l’ancienne île de Milhaud.

    Y ont ainsi été découverts les vestiges d’un établissement antique dédié au commerce. Les objets et infrastructures retrouvés (vaisselle, fours, parures…) témoignent d’habitations, activités artisanales (production de farine et vin ou huile) et commerciales entre le IIe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle.

    Une découverte unique sur le littoral provençal

    Rattachée au continent depuis 1935 dans le cadre de l’élargissement de la base navale, l’île fut autrefois un pôle commercial stratégique, dès le IIe siècle avant J.-C., avant et après la fondation de Telo Martius (cité antique romaine ancêtre de Toulon, fondée au Ier siècle avant J.-C.). Les grandes quantités de fragments d’objets retrouvés montrent que l’établissement mis au jour, dont la découverte est sans équivalent sur le littoral provençal, a occupé une place significative dans les échanges commerciaux maritimes. Leur qualité et leur origine témoignent de l’empreinte romaine, avant la naissance de Telo Martius, malgré l’emprise grecque en Méditerranée à l’époque. Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle que le site devient une emprise militaire, avec, notamment, l’édification d’une poudrière.

    D’autres fouilles devraient commencer dans la Rade, sur les fonds marins, qui devront être creusés pour permettre le passage du porte-avions.

  • Trois mois de travaux pour réhabiliter l’anse de Méjean

    Trois mois de travaux pour réhabiliter l’anse de Méjean

    L’anse de Méjean devrait être à nouveau accessible au public le 15 juillet. C’est ce qu’annoncent la Ville de Toulon et la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), qui chapotent ensemble l’opération de sécurisation de la zone, débutée le 27 avril.

    Fermé depuis le 18 février par arrêté municipal, le site a depuis cet automne fait face à plusieurs épisodes météorologiques intenses rendant dangereuse sa fréquentation. Les cumuls de précipitations, inédits depuis 10 ans, couplés aux passages des tempêtes Nils et Pedro, ont saturé les sols, les gorgeant d’eau, et ont fragilisé les falaises de bord de mer. L’anse de Méjean a été particulièrement touchée par ces assauts climatiques, qui ont entraîné sur place des glissements de terrains avec des dégradations importantes sur son à-pic – versant de la falaise – et au niveau de l’extrémité du quai de l’abri côtier. Menés dans le cadre d’une « procédure d’urgence impérieuse » afin de protéger les usagers, les travaux doivent permettre de purger et évacuer les matériaux, de retirer les ouvrages endommagés et de mettre en place des dispositifs permettant de renforcer et de soutenir la falaise. Le montant du chantier s’élève à 715 000 euros. Si, sauf intempéries majeures, le public devrait pouvoir accéder à la majorité de l’anse le 15 juillet, le secteur le plus touché, situé à proximité du petit port, devrait demeurer clôt encore un temps. En cause, d’après le site de la Ville : la nécessité de mener « des études complémentaires spécifiques » afin de « mettre en œuvre des solutions techniques adaptées permettant une sécurisation durable ». Une langue de sable longeant la mer permettra cependant au public de traverser la zone en travaux. Au total, ce sont près de 1 500m ³ de roche et de terre qui se sont décrochées de la falaise lors des différentes intempéries. La Ville invite les usages à « respecter la signalisation et les restrictions en vigueur » afin de « préserver ce lieu emblématique du littoral toulonnais ».

  • Toulon : travaux de sécurisation de la falaise en cours sur l’anse Méjean

    Toulon : travaux de sécurisation de la falaise en cours sur l’anse Méjean

    À la suite de fortes intempéries ayant entraîné des glissements de terrain, la Ville de Toulon et la Métropole Toulon Provence Méditerranée ont engagé des travaux pour une durée d’environ 3 mois, sous réserve des aléas techniques et météorologiques. L’objectif étant de pouvoir rouvrir les zones sécurisées d’ici mi-juillet. Jusque-là, le site reste fermé au public, de la sortie du Hameau de Méjean côté Ouest jusqu’à la descente du chemin de la Mer côté Est.

  • À l’Estaque, le rêve collectif d’accès à la mer se fait entendre

    À l’Estaque, le rêve collectif d’accès à la mer se fait entendre

    Depuis 20 ans, ils ferraillent pour un accès à la mer. Et depuis 20 ans, les grilles continuent à barricader le paysage, du port de la Lave à la plage de Corbières. Un nouveau projet « d’amodiation pour trois ans du quai de la Lave à un privé, probablement pour y installer de nouvelles étagères à bateaux, donc de nouvelles clôtures », redoute Pierre-Yves Gilles, président de l’Association Estaque environnement (AEE).

    La journée a démarré avec TerreMer, qui a débarrassé les 2,5 hectares du quai en friche de bouteilles en verre, canettes et autres plastiques. De quoi remplir « 27 sacs de 100 litres », précise l’association. En 30 ans, les promesses du Grand projet urbain de Marseille n’ont accouché ici que « de l’Espace Mistral, d’une mise à l’eau et d’un encorbellement au-dessus du port », regrette Christian Apercé, membre du collectif.

    Pas que des chichis

    Le choix du site de la fête, devant le « Camembert », anciens bains de l’Estaque fermés après Covid et le hangar où dort depuis 1970 le « Saga », plus grand sous-marin civil imaginé en 1966 par Cousteau et repris en 1981 par la Comex, ne tient pas du hasard. Désamianté, mais voué à la démolition par le Grand Port maritime de Marseille (GPMM), le premier a été sauvé par la mobilisation du collectif, même si son avenir reste suspendu à un appel à projets. La trentaine de structures du collectif rêve d’y accueillir un « centre de recherches océaniques, des ateliers d’artistes, des locaux associatifs… », listait le CIQ de l’Estaque.

    Si « on rame dans les commissions, où on a le sentiment d’être entendu, mais où on n’obtient pas de vision claire dans les projets sur le littoral, un accord tripartite entre le GPMM, la Ville et le collectif devrait voir jour » a bon espoir Pierre-Yves Gilles. L’intérêt du nouveau maire des 15-16, Jean-Marc Coppola (PCF), et la création d’une Scic (société coopérative d’intérêt collectif) semblent de bon augure. Quant au bâtiment marin, son déplacement semble trop coûteux et dangereux pour l’environnement. En attendant les résultats d’une contre-expertise, l’association Les compagnons du Saga y reprend ses visites, ouvertes au public dès le mois de juin.

    « On aimerait avoir un peu plus que des chichis », lâche une habitante, confirmant les résultats invariables de deux enquêtes menées par l’AEE auprès de la population en 2007 et 2018 : le souhait d’un accès à la mer, de pistes cyclables, d’espaces publics préservés accessibles à tous.

  • Les paillotes ne prennent pas ombrage à la Grande-Motte

    Les paillotes ne prennent pas ombrage à la Grande-Motte

    Sur les plages du Grand Travers, le jeu du chat et de la souris ne se démode pas entre la municipalité qui accorde les concessions de plages et l’association Grande-Motte Environnement (GME) qui les attaque en justice.

    Le 19 février dernier, on aurait pu penser que c’en était fini des paillotes du Grand Travers. Dans sa décision, la Cour administrative d’appel de Toulouse confirmait le jugement du Tribunal administratif de 2023. À savoir qu’au titre de leur positionnement dans un Espace remarquable et caractéristique du littoral (ERCL), protégé par la loi Littoral, ces restaurants de plage éphémères sont illégaux.

    Deux d’entre eux (la Voile Bleue et l’Effet Mer) n’en prennent pas ombrage et sont en train d’être montés depuis quelques jours. Comment est-ce possible ? Avant même d’être réélu le mois dernier, le maire Stéphan Rossignol a décidé de prendre un nouvel arrêté, une sorte de permis de construire saisonnier, leur autorisant une concession de plage du 23 mars au 23 octobre. L’élu les Républicains n’aurait-il que faire des décisions de justice ? Que nenni selon lui. L’édile précise que l’emplacement de ces deux plages privées ayant été décalé vers la zone urbaine, au niveau de la Dune, il ne serait plus dans le collimateur de la loi Littoral. « On a fait une étude quatre saisons à la demande de l’État. Ces emplacements ont été décidés avec la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) », argumente Stéphan Rossignol. « Il y a juste à côté un bâtiment avec une discothèque, un restaurant et même une colonie de vacances. C’est le début de la zone urbaine, on n’est plus dans l’espace remarquable. On subit un véritable acharnement », s’agace-t-il.

    Intérêt touristique

    Un sentiment pas partagé par l’association GME qui vient de déposer un nouveau recours administratif. « Les paillotes n’ont été décalées que de quelques mètres. On se moque de nous et de la justice ! », s’agace Françoise Clerc. Depuis 2019, la présidente de GME revendique 14 victoires en justice et désespère de devoir encore batailler contre ces constructions estivales qui détériorent le cordon dunaire, assure-t-elle. « Deux fois par an, c’est le bazar. Le montage nivelle les dunes, ils grattent au bord des ganivelles. Quand le démontage est mal fait, on voit les eaux usées partir dans le sable. » Elle fustige aussi cette privatisation de l’espace public maritime. Il fut un temps où « des vigiles vous empêchaient de passer jusqu’au bord de l’eau », se souvient Françoise Clerc qui se dit victime « d’intimidations ».

    De son côté, le maire met en avant l’emploi et les intérêts touristiques. Désormais située vers le Port dans la zone du Couchant et donc plus concernée par le recours, « la Paillote Bambou a perdu une clientèle. L’été dernier, elle a recruté deux fois moins de saisonniers », illustre Stéphan Rossignol. Un argument irrecevable selon Françoise Clerc. « Il faut arrêter de dire n’importe quoi. Ce n’est pas parce qu’une paillote va bouger d’un kilomètre que ses clients ne vont plus y aller. » D’autant que si manque à gagner il devait y avoir, il pourrait être compensé selon la présidente. « Ils s’arrangent. »

    Ce qui est sûr c’est que les collectivités trouvent leur intérêt financier dans ces concessions. Parfois les Villes récupèrent directement un pourcentage du chiffre d’affaires. « Cela peut être entre 10 et 25% et dépasser les 100 000 euros par paillote », illustre Romain Ecorchard selon qui certains maires « n’en ont rien à carrer d’être dans la légalité, ils continuent à délivrer des actes illégaux. Ils jouent sur l’épuisement financier des associations ». Mais selon ce juriste de France nature environnement (FNE), les revers de la Grande-Motte pourraient finir par « faire jurisprudence ». Contre des schémas d’aménagement douteux ou des plans locaux d’urbanisme, de nouveaux recours sont dans les tuyaux à Vendres dans l’Hérault ou Leucate dans l’Aude.

  • Vincent Garel : « Le tourisme de proximité est devenu une vraie attente »

    Vincent Garel : « Le tourisme de proximité est devenu une vraie attente »

    La Marseillaise : Comment s’annonce la saison touristique 2026 en Occitanie ?

    Vincent Garel : On est clairement dans un contexte économique tendu, notamment avec le prix de l’essence qui pèse sur les arbitrages. Mais les premiers signaux ne sont pas mauvais : les ponts de mai sont très bien réservés, dans la continuité des bonnes saisons précédentes. En revanche, sur début juillet, on sent un peu d’attentisme, avec une stagnation, voire une légère baisse des réservations. Cela tient au contexte, bien sûr, mais aussi à une habitude qui s’installe : les réservations de dernière minute. Et parallèlement, on observe un report assez net vers septembre, qui progresse depuis plusieurs saisons.

    Le tourisme de proximité
    est-il devenu un vrai levier ?

    V.G. : Oui. Dès 2019, avant le Covid, nous avons travaillé ce tourisme de proximité. Aujourd’hui, il correspond à une vraie attente : 30% des Français cherchent à partir pas trop loin de chez eux. En Occitanie, les clientèles françaises représentent déjà près des trois quarts des nuitées. Et la région a un atout majeur : la diversité de ses territoires. On ne part plus forcément quinze jours au même endroit ; on rayonne davantage, on multiplie les courts séjours, les week-ends, les découvertes. L’offre culturelle, patrimoniale et paysagère de la région permet justement cette mobilité.

    Dans cette évolution, les transports collectifs semblent occuper une place centrale.

    V.G. : Oui, parce qu’ils répondent à la fois à la question du pouvoir d’achat et à celle de l’environnement. Quand le coût du transport individuel augmente, il faut offrir des alternatives accessibles. L’Occitanie Rail Tour, les lignes TER, les lignes d’autocar régulières et saisonnières permettent justement d’irriguer le territoire à bas coût. On a 19 lignes TER régulières et 270 lignes d’autocar régulières, auxquelles s’ajoutent des dessertes saisonnières… et on continue d’ouvrir des lignes ! C’est aussi une réponse écologique : la première externalité négative du tourisme, c’est le transport. On accompagne aussi des destinations avec le label Green Destination et on travaille sur la question du dernier kilomètre avec du vélo, des navettes ou du covoiturage.

    Le littoral reste-t-il la locomotive ?

    V.G. : Oui, le littoral reste clairement moteur sur la période estivale. Il a des attraits extraordinaires et une grande capacité d’accueil, avec les grands campings, l’hôtellerie et bien sûr l’attractivité de la Méditerranée. Mais ce qui est intéressant, c’est que les stations ne se font plus concurrence de la même manière : elles sont de plus en plus complémentaires, avec des offres différenciées. Et surtout, ce moteur littoral bénéficie aussi à l’intérieur des terres. Quelqu’un qui séjourne en station balnéaire peut aller découvrir l’arrière-pays, les villages, les sites patrimoniaux ou naturels. Les offices de tourisme proposent désormais de véritables parcours de découverte autour de leur destination.

    Quel cap faut-il donner au tourisme en Occitanie ?

    V.G. : Le tourisme est un secteur économique majeur, le deuxième pourvoyeur d’emplois en Occitanie après l’agriculture et l’agroalimentaire, avec une croissance moyenne de 4% par an depuis 25 ans. Mais il faut le développer autrement. La saison ne va plus seulement de juin à août : elle s’étend des ponts de mai jusqu’à fin septembre. Il faut mieux répartir les flux, développer les offres hors été et mieux prendre en compte les enjeux environnementaux. Et il faudra aussi, à un moment, ouvrir le débat sur les vacances scolaires, parce qu’on ne régulera pas vraiment les flux sans cela. On a des propositions, mais encore faut-il que l’État nous écoute.

  • À l’Estaque, les riverains plaident pour un littoral associatif et populaire

    À l’Estaque, les riverains plaident pour un littoral associatif et populaire

    Tous aux quais ! Retrouvailles à la mer », tel est le nom que le collectif Faites le Grand Estaque avec nous ! (Faites GEAN !), composé d’une trentaine d’associations, donne à sa nouvelle action, organisée samedi au 149 plage de l’Estaque, au pied du symbolique « camembert de Cousteau » (16e), de 10h à 20h.

    Ouvert à tous et construit en écho aux manifestations tenues les 13, 14 et 15 juin derniers, le rendez-vous « festif et familial » porte une grande ambition : « Célébrer » le partage du littoral nord en « montrant que certains espaces peuvent être réinvestis par les habitants et les savoir-faire locaux », souligne Michel Teule, de la Fédération des comités de quartiers (CIQ) du 16e arrondissement. Spectacle, conférence, balades en bateaux, inventaire botanique, flash mob par les jeunes du Centre social de l’Estaque… La journée sera animée par l’ensemble des associatifs membres du collectif, venus témoigner de la potentielle « rentabilité sociale » d’un espace pour l’heure « inexploité » par le Grand Port maritime de Marseille (GPMM), propriétaire du foncier.

    En juin dernier déjà, les associations de riverains s’étaient unies pour organiser un week-end festif afin de réclamer de nouveaux travaux autour de l’Estaque et un meilleur accès à la mer. Les habitants se désolaient alors que les engagements pris pour l’aménagement du Grand Estaque ne soient pas tenus. Ils lançaient du même coup leur mot d’ordre, désormais monté en collectif : « Faites le Grand Estaque avec nous ! ». En août, Faites GEAN ! avait réaffirmé sa volonté de faire vivre le secteur, prônant la sauvegarde du « camembert de Cousteau » (16e), propriété du GPMM et menacé de démolition. Un point aujourd’hui « en bonne voie », selon Michel Teule.

    « Rendez-nous la mer »

    Mais la revendication de ce week-end dépasse celle de l’exploitation du « camembert » : il s’agit de réclamer un meilleur aménagement du littoral au global, pour permettre un meilleur accès à la mer. « C’est honteux que le seul endroit où on nous laisse nous installer soit entouré de grillages, s’indigne Marie Prost-Coletta, vice-présidente de l’association Cap au nord. Nous ce qu’on veut c’est la mer, rendez-nous là ! »

    Le collectif évoque notamment l’exploitation du quai de la Lave (16e), investi pendant plusieurs semaines par les membres de la Flottille partie pour Gaza, le 4 avril. Un épisode que Michel Teule tient pour preuve de la possibilité d’une exploitation sereine et populaire des lieux. Faites GEAN ! appelle, dans les plus brefs délais, à une réunion tripartite, entre le GPMM, la mairie de secteur avec la mairie centrale et le collectif des habitants afin de réfléchir sur la manière dont doit s’organiser la modélisation du littoral. Le collectif de riverains, soutenu par Jean-Marc Coppola, nouveau maire des 15-16 (PCF), espère obtenir l’appui de la mairie centrale.