Tag: littoral

  • Ce sable rapporté sur les plages de Saint-Mandrier qui fait grincer les dents des militants

    Ce sable rapporté sur les plages de Saint-Mandrier qui fait grincer les dents des militants

    Dominique Calmet pour l’Association pour la protection de l’environnement de Saint-Mandrier (APE) poursuit inlassablement, même au cœur de l’été, sa mission de lanceur d’alerte en mettant en avant de nouvelles entorses à la légalité ou du moins des libertés prises par les élus sans études d’impact. En cause toujours les recharges de sable effectuées, cette fois « par des travaux qualifiés d’entretien », dénonce-t-il. Ce qui permet aux communes de s’exonérer des demandes d’autorisation « en laissant les herbiers de posidonie protégés en payer le prix ». Une démarche qui se serait généralisée dans le département. Sauf bien sûr sur la plage de Sainte Asile qui fait office aujourd’hui, paradoxalement, d’îlot protégé, après une longue bataille en justice remportée par l’APE.

    Depuis 2019, l’association documentait ici les recharges répétées en sable de la plage effectuées sans étude d’impact. Et le 15 mai 2025, le tribunal administratif de Marseille a annulé l’autorisation préfectorale, jugeant les incidences sur l’herbier suffisamment notables pour exiger une étude d’impact complète. Résultat concret : le rechargement massif prévu pour 2026 n’a pas eu lieu. Seule une opération de reprofilage sans apport de sable.

    Herbiers de posidonies menacés et pollution

    Ce qui n’est pas le cas selon les défenseurs de l’environnement des quatre autres plages de la commune, notamment les 15 et 16 juillet derniers. « Un communiqué municipal précisait seulement que les travaux se dérouleraient de nuit, entre 22h et 6h, pour limiter la gêne. Aucune information sur l’origine du sable apporté, ni sur le fondement juridique de l’opération, n’a été communiquée, pas plus sur le site de la mairie que lors des conseils municipaux », s’époumone l’océanographe. Et de poursuivre : « J’ai demandé à la mairie de m’envoyer une copie de l’autorisation administrative de ces travaux sans que cela soit suivi d’effet. »

    Pour le scientifique le plus grave ce sont ceux réalisés à la vieille « à moins de dix mètres du récif frangeant de posidonie qui borde la plage », une formation d’herbier particulièrement fragile, dont l’ensablement des rhizomes est déjà en cours. « Sans intervention, cet herbier risque de connaître, dans les prochaines années un déclin progressif », alerte-t-il. Avec le sable déposé qui finira immanquablement dispersé sur le banc.

    Une intervention similaire selon l’association à celle effectuée sur la plage de Sainte Asile que le tribunal administratif de Marseille a jugé illégale. Autre vrai sujet de préoccupation : la pollution par un émissaire rejetant des eaux usées provenant du terrain militaire en surplomb.

    « On a carrément des eaux d’égout qui sortent des installations de la marine et qui se jettent sur la plage de Grave-Cavalas, j’ai fait des prélèvements et les résultats sont catégoriques », précise Dominique Calmet. Et de poursuivre : « Le laboratoire d’analyse a retrouvé par exemple 2 000 entérocoques intestinaux par 100 ml, c’est énorme ! » Des résultats que la ville réfute tout aussi catégoriquement partant plutôt de « pollution psychologique » de l’association, en assurant que les eaux de baignade sont de bonne qualité. « Le maire dit que je dois faire mes prélèvements avec une bouteille souillée. Or, plus jeune, j’ai passé un certificat de bactériologie, virologie pour pouvoir travailler à l’hôpital et payer mes études, donc prélever et conserver les échantillons c’est quelque chose que je sais faire », affirme le scientifique.

    Affaire à suivre donc.

  • La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    Lison, cheveux blonds attachés, t-shirt vert clair, se penche par-dessus la bouée du zodiac pour ramasser un sac plastique. « Hier, on en a ramassé plusieurs, quand j’ai ouvert le bidon pour les jeter, l’odeur était horrible », raconte Lola. Elles sont toutes les deux salariées de l’association Naturoscope depuis 5 ans, l’une des 17 structures ambassadrices de la campagne Écogeste Méditerranée, qui se déploie sur tout le littoral méditerranéen, financée par l’Agence de l’Eau et la mairie de Marseille. Dans ce cadre, chaque été, plusieurs fois par semaine, Lola et Lison partent en mer pour sensibiliser les plaisanciers aux bons gestes écologiques à adopter en mer pour protéger la posidonie et la biodiversité marine. En moyenne, elles accostent une dizaine de bateaux par jour.

    La plante à fleurs

    de la Méditerranée

    Lola a repéré un bateau dans une calanque de l’archipel du Frioul avec six jeunes écoutant de la musique. Lison tente : « Bonjour, vous connaissez la campagne Écogeste ? », alors que Lola rapproche l’embarcation. Les jeunes répondent par la négative. Lison prend son questionnaire sur les pratiques écologiques : « Vous faites attention lorsque vous ancrez le bateau ? » ; « Euh oui, il faut planter dans le sable », répond Kassim, capitaine du bateau, encore en pleine baignade. Lison insiste car il s’agit de protéger la posidonie, une plante à fleurs sous-marine protégée au niveau national et international. Elle se déracine lorsque les bateaux ancrent aux endroits où elle pousse et quand le fond est raclé par l’ancre. Or, la posidonie protège plus de 400 espèces de plantes et 1 000 espèces animales. Elle est fragile à cause de sa lente repousse. Un garçon du groupe répond : « On n’ancrera pas à ces endroits parce que j’ai peur des algues, croyez-moi ! »

    « Et comment vous gérez les nuisances sonores ? », poursuit Lison, en prenant des notes dans son carnet. Les animaux marins sont sensibles aux bruits ; les ondes sonores se propagent environ cinq fois plus vite qu’à la surface. Le bruit peut poser problème aux animaux marins pour interagir, les paniquer ou causer des blessures. Un garçon aux longs cheveux blonds, avec des lunettes de soleil sur le nez, rigole. « En vrai, on ne met pas la musique trop fort, l’enceinte ne pousse pas trop », dit-il. Lison et Lola qui ont entendu la musique en arrivant, hochent la tête.

    Pensez au savon

    de Marseille

    Dans une autre calanque de l’archipel, un voilier de 15 mètres a posé son ancre. Les deux plaisanciers irlandais arrivent d’Espagne et vivent sur leur bateau depuis janvier 2026. David balbutie quelques mots en français. « Ola, ça va être compliqué, on a un questionnaire en anglais ? », dit Lola en interpellant Louison. « Est-ce que vous donnez de la nourriture aux poissons ? », teste-t-elle en anglais, accompagnée de gestes pour se faire comprendre. « Non, on fait attention, on sait que c’est pas bon pour eux », assure David dans un français sommaire. Les poissons sont une attraction dans les calanques. « Les nourrir permet de les attirer, mais cela menace l’équilibre des espèces, explique Lola. L’Oblade a une façon de se nourrir opportuniste. Elle va manger tout ce que donne le plaisancier, et elle se reproduit très vite, au détriment des autres espèces », décrit-elle, pour exemple. « Et vous faites comment pour les douches ? », poursuit Lola. « Vous utilisez quoi comme savon ? », ajoute Lison. « Il certifié écologique en Australie », répond David. Pour diminuer la pollution en mer, les deux salariées recommandent d’utiliser des savons et des produits certifiés par des labels verts. « Ok, on ne connaît pas ça… Mais n’hésitez pas le savon de Marseille c’est super ! », répond Lison en rigolant. En repartant, Lola sourit, « ils étaient super eux, ils connaissaient tout ».

    Gabrielle Cartellier

  • Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Les sentinelles de la biodiversité sur le pont

    Le vent se lève sur l’étang de Berre, mardi en début d’après-midi. Sur la plage de Champigny, à Berre-l’Étang, familles et habitués profitent d’une eau à 32 degrés. Ce couple et leur enfant venant d’arriver s’apprêtent à se mettre à l’eau. Mais juste avant… « Bonjour ! C’est la brigade littorale, est-ce qu’on peut vous poser quelques questions ? » demande Camille Moreti au couple. La volontaire en service civique du Gipreb, le syndicat mixte gestionnaire de l’étang, dispose d’un petit questionnaire. « C’est la première fois qu’on vient ici » avoue Issam Benabdelkrim, venu de Marseille. « On allait surtout au Jaï avant, mais on préfère ici car il y a plus de place et la plage est propre », remarque-t-il.

    Il n’y a pas que la baignade. « J’y pêche des loups grands comme ça ! », explique Didier Coulomb, en mimant la longueur d’un avant-bras. « Ça fait 20 ans que je suis parti dans les Alpes mais je reviens une semaine chaque été », explique le quinquagénaire. « J’ai connu l’étang pollué et sans poisson. C’est très bien ce que vous faites, il faut préserver et le montrer à nos petits-enfants ! », affirme-t-il.

    C’est justement la mission du Gipreb et de sa brigade, que les deux volontaires en service civique ont rejoint le premier mars dernier. « Sur les plages, on repère ceux qui ne respectent pas les règles : ceux qui amènent leurs chiens quand c’est interdit, ou qui ne mettent pas la laisse alors qu’il le faut quand c’est autorisé, ou le fait de fumer », détaille Martin de Fombelle, marseillais et étudiant l’aménagement du littoral à Toulon. Si la bonne entente est la règle, certains sont parfois réfractaires comme l’illustre Camille Moreti, venue des Alpilles et étudiante en bio-écologie à Montpellier. « Une fois, un mec pêchait la palourde un mardi, jour d’interdiction. On lui a expliqué que c’était interdit, qu’il fallait les relâcher, mais dans ce cas les gens se sentent vite lésés après avoir passé une heure ou plus à pécher, alors ils négocient, nous demandent de fermer les yeux… » Dans le pire des cas, c’est la police qui tranchera. « Notre travail s’arrête à la sensibilisation », reprend la volontaire. « Ceux qui veulent bien faire nous écoutent et changent, certains ne le feront pas, au détriment des autres », analyse son collègue.

    C’est la quatrième année d’existence de cette brigade. « Le dispositif découle de notre feuille de route. On ne pouvait pas créer de police spéciale pour l’étang alors on a embauché des saisonniers », retrace Raphaël Grisel, directeur du Gipreb. « Après deux ans, on s’est rendu compte que 90% des interventions ne nécessitaient pas d’être policier. On a étendu le service sur des périodes de six mois à partir de mars », complète le directeur. La brigade va aussi sur l’eau cet été. « La question se pose de créer une brigade sur l’eau supplémentaire », indique Raphaël Grisel. L’objectif est de protéger les zostères, une plante marine qui a repeuplé le milieu et atteint les 100 hectares. « Plus l’étang ira bien, plus il y aura de monde, plus il y aura de problème », anticipe Raphaël Grisel.

    LA BIODIVERSITÉ MÉDITERRANÉENNE EN CHIFFRES

    10%

    La Méditerranée abrite près de 10% des espèces marines connues dans le monde alors qu’elle représente 1% de la surface des océans. Parmi elles, le grand dauphin est inscrit sur la liste des mammifères marins protégés. Il peut mesurer jusqu’à trois mètres et vit proche des côtes.

    100 millions

    La posidonie, la plante à fleur de la Méditerranée, serait née il y a 70 à 100 millions d’années. Elle occupe entre 20 % et 50 % des fonds méditerranéens. La posidonie protège les animaux, stocke autant de CO2 qu’une forêt et protège de l’érosion côtière.

    80%

    En Méditerranée, les poissons sont surpêchés à 80% : 1,5 million de tonnes de poissons extraits des eaux. C’est la mer où la pêche excessive est la plus importante au monde. Les pêcheurs ont vu leurs prises reculer d’un tiers sur les cinquante dernières années.

  • [C’est l’été] Rando baignade à Saint-Mandrier

    [C’est l’été] Rando baignade à Saint-Mandrier

    Au départ des Sablettes, il suffit de longer, à travers la pinède, le littoral en direction de la presqu’île pour tomber sur une première plage, celle de Sainte-Asile. Ralliez ensuite le boulevard du même nom, d’où vous pourrez emprunter le sentier du littoral et admirer la Méditerranée depuis les falaises jusqu’à la plage de Cavalas (où débute l’emprise militaire), non sans avoir au préalable profité d’un bon bain dans la calanque de Marégau et sur la plage de la Coudoulière. Au retour, deux options : rebrousser chemin, ou passer par les terres via le port, pour, pourquoi pas, boire un verre et manger une glace bien méritée !

  • [Tribune] Ce que nous disent les incendies

    [Tribune] Ce que nous disent les incendies

    Nos peurs et nos larmes ne suffiront pas. Dans les incendies d’aujourd’hui, il y a bien plus que la violence des flammes. Ce qui brûle, ce ne sont pas seulement des arbres, des champs, des maisons, ni même seulement des vies brisées, comme celles de nos pompiers morts en service. Ce sont des équilibres anciens, des présences humaines, des métiers, des paysages, des mémoires. Une certaine manière d’habiter la terre. Ayons le courage de le regarder en face.

    Longtemps, nous avons cru que les incendies ne concernaient que des marges : campagnes lointaines, villages peu connus, forêts reculées, territoires touristiques voués à l’usure, campagnes « en déclin ». Comme si le capital d’un pays ne se trouvait que dans ses grandes villes, comme si cette nature abondante se régénérait seule. Résultat : des moyens insuffisants, des stratégies sourdes aux climatologues, des pompiers volontaires épuisés et sous-payés. Ce temps de cécité est terminé. Quand le feu s’approche de Paris ou de Madrid, qu’il coupe une autoroute, vide des quartiers entiers, c’est toute l’échelle qui change. L’incendie n’est plus rural : il est métropolitain, global. Il révèle un monde où ville et campagne sont prises ensemble dans la même vulnérabilité, après qu’on a oublié l’essentiel : le territoire, la terre, les gens.

    Derrière les flammes, il y a un territoire lentement désaccordé. Les zones humides ont reculé, comme si l’eau elle-même avait été sommée de quitter un pays qui lui doit tout. Les arbres, éprouvés par les sécheresses, les parasites, les maladies, ne jouent plus leur rôle de protection ni de puits de carbone. La déprise agricole referme les paysages, laisse les friches gagner, simplifie les milieux, et le feu trouve des continuités qu’il n’avait pas auparavant. Les campagnes se vident par endroits, et avec les habitants disparaissent les gestes d’entretien, de vigilance, de présence. Ce n’est pas une cause unique, c’est une fragilité accumulée.

    La forêt nous oblige à abandonner les réponses trop simples. Plus de surface boisée ne signifie pas plus de résilience. Une forêt plantée à marche forcée, d’arbres identiques alignés selon une logique industrielle, n’est pas une forêt sauvée, mais une forêt fragilisée à l’avance. La vraie forêt est diverse, mélangée, lente, humide, vivante. Elle a besoin de sols, d’eau, de temps, d’ombre, de diversité d’essences, et d’être pensée comme un milieu à habiter avec précaution, non comme une simple usine à carbone. De même, les zones humides, longtemps traitées comme des terrains « à gagner », sont en réalité une mémoire de l’eau : elles retiennent, filtrent, rafraîchissent, amortissent les à-coups, protègent les villages, donnent du souffle au territoire. Leur disparition silencieuse ne se voit qu’après coup, quand l’eau manque, que la terre durcit, que les incendies avancent et que les paysages se dessèchent.

    Le drame se poursuit dans les corps : paysans épuisés par les canicules, travailleurs du vivant qui luttent sans répit, habitants pour qui l’été devient une épreuve. Le climat n’est pas une abstraction, il s’inscrit dans les gestes empêchés, les cultures perdues, les nuits sans fraîcheur. Pourtant, quelque chose tient encore. Après le feu, des paysans s’organisent, des voisins se prêtent main-forte, des bénévoles apportent eau, matériel, temps. Cette entraide n’est pas anecdotique : elle est un savoir, une condition de la résilience de nos territoires, un trésor national.

    Le tourisme entre lui aussi dans cette histoire. Les territoires touristiques vivent du climat, de l’eau, des paysages. Un tourisme trop intensif use ce qu’il prétend célébrer : il consomme, densifie, épuise. Quand les canicules s’intensifient, quand l’eau manque, quand les incendies menacent collines et littoraux, le modèle doit changer : moins concentré, moins lourd, plus sobre, plus respectueux des seuils d’accueil.

    Le feu nous parle enfin de la ville. Derrière les campagnes, il y a toujours les grandes villes, leurs infrastructures, leurs flux. Quand un incendie se rapproche d’une métropole, menace routes, eau, équipements, il met à nu l’interdépendance des territoires. Nous ne vivons plus dans des compartiments, mais dans un système de continuités. C’est ce qui rend la catastrophe plus grave et nous oblige à repenser l’ensemble.

    La question de la mémoire devient alors décisive. Quelle trace laissera chaque feu ? Une émotion brève, un échec collectif vite recouvert par la catastrophe suivante ? Ou une leçon durable, un nouveau pacte, une autre manière de faire territoire ? Nous avons besoin d’un pacte national et climatique qui relie forêt et eau, ville et campagne, agriculture et biodiversité, tourisme et sobriété, infrastructures et vivant. Un pacte qui reconnaisse que le territoire n’est pas un décor mais une matière vivante, qui ne se protège pas par des slogans, mais par des choix justes, cohérents, incarnés.

    En terminant ces lignes, je pense aux deux sapeurs-pompiers morts en opération, et à tous leurs camarades. Nos larmes ne les ramèneront pas. Mais leur courage nous oblige. Quand il ne reste que le corps des hommes face au feu, c’est que la défaillance est entière. Penser à eux et être dignes de leur sacrifice doit nous guider avec fermeté, courage et lucidité.

  • [Kallisté] La posidonie sur nos plages : pas de quoi bisquer !

    [Kallisté] La posidonie sur nos plages : pas de quoi bisquer !

    Chaque été, les feuilles brunes accumulées sur certaines plages corses provoquent les mêmes réactions. Elles sont parfois accusées de gâcher le paysage, de dégager une odeur désagréable ou de salir le sable. Pourtant, la posidonie n’est ni une algue ni un déchet, mais une véritable plante à fleurs qui pousse uniquement en Méditerranée.

    Sous la mer, elle forme de vastes herbiers, comparables à des forêts sous-marines. Ils oxygènent l’eau, stockent du carbone et offrent nourriture, abri et lieu de reproduction à de nombreuses espèces. Ils contribuent également à stabiliser les fonds marins.

    Comme les arbres perdent leurs feuilles, la posidonie renouvelle naturellement les siennes. Les feuilles mortes sont alors ramenées vers le rivage par les vagues et forment ce que l’on appelle des « banquettes ». En amortissant la houle et en retenant le sable, celles-ci constituent une protection naturelle contre l’érosion.

    Une espèce protégée qui protège les plages

    Leur présence est donc parfaitement normale et témoigne généralement de l’existence d’herbiers à proximité. Un rivage entièrement débarrassé de ses éléments naturels n’est pas forcément plus propre ni en meilleure santé.

    À Santa Giulia, près de Porto-Vecchio, deux opérations mécanisées ont récemment suscité des interrogations. Comme l’a indiqué Corse-Matin, elles avaient bien été autorisées. Cet épisode rappelle néanmoins que la posidonie est une espèce protégée, y compris lorsqu’elle est échouée, et que sa gestion doit rester strictement encadrée et adaptée à chaque site.

    Alors, si quelques feuilles brunes s’invitent au bord de votre serviette, inutile de bisquer : elles ne salissent pas le littoral. Elles racontent la vie de la Méditerranée et contribuent surtout à protéger nos plages.

  • [C’est l’été] Passez un mercredi « les pieds dans l’eau » à La Garde

    [C’est l’été] Passez un mercredi « les pieds dans l’eau » à La Garde

    C’est une sortie qui invite à la découverte et à la sensibilisation environnementale. Les participants y apprennent que la nature est fragile, qu’il faut la préserver et en prendre soin. Avec l’animation du mercredi, « Les pieds dans l’eau », proposée par le pôle Var du Naturoscope, les enfants dès 3 ans et leurs parents prennent le temps d’observer les petits êtres qui peuplent le littoral.

    « C’est une animation que nous proposons tous les mercredis de l’été et qui est importante pour nous parce que nous savons que pendant les vacances, les enfants adorent observer les animaux des rochers en bord de mer. Souventn ils utilisent les épuisettes pour les attraper d’ailleurs. Or, il faut les manipuler avec précaution, explique Marion George, responsable du pôle Var du Naturoscope et animatrice de la sortie. Notre thématique principale, ce sont ces petites bêtes que l’on aime observer, toucher aussi tout en étant le moins intrusif possible. »

    Comprendre les bons gestes à adopter

    Pendant deux heures et uniquement avec les outils mis à leur disposition, petits et grands vont donc pouvoir partir à la découverte du petit écosystème marin qui borde le littoral de l’Anse Magaud, un site préservé et riche en biodiversité. « En réalité, c’est une sortie très opportuniste parce qu’on va faire avec ce qu’on a sous les yeux au moment de l’observation. C’est très pédagogique et ludique comme moment, car nous livrons des anecdotes et apprenons aux participants des informations sur les espèces que l’on trouve », continue-t-elle. La délicatesse est donc de mise avec cette balade où il est possible d’attraper avec les doigts et surtout, sans épuisette les animaux observés, « bien que le retour à l’habitat de départ est indispensable ». « C’est un moment très agréable et les enfants comprennent très bien ce qu’on leur explique, au moins, ils pourront avoir les bons gestes plus tard », souligne Marion George.

    Dans le même temps, une randonnée subaquatique est proposée pour les familles et les enfants dès 8 ans, pour observer les scènes de vie des petits fonds marins.

    5 euros par personne

  • De la médiation contre les plongeons dangereux

    De la médiation contre les plongeons dangereux

    « Plouf. » Un adolescent plonge de plus de dix mètres de haut depuis la corniche Kennedy, ce lundi, près de l’Anse de la Fausse Monnaie. « Là-bas, là-bas ! », s’exclame un médiateur. Depuis début juillet, et jusqu’à fin août, une cinquantaine de médiateurs sociaux sillonnent le littoral marseillais et rencontrent de jeunes adeptes des plongeons sauvages pour leur rappeler les risques. « Vous connaissez les dangers de sauter à cette hauteur ? », s’adresse, aux amis du plongeur, Jérôme Borgeot, médiateur depuis plusieurs années. « Détruire sa vie à votre âge, c’est dommage. Imaginez les gens qui vont annoncer à vos parents que vous êtes blessés, paralysés ou décédés. Si vous vous loupez, vous allez arriver comment en bas ? Vous vous imaginez à 16 ans en fauteuil roulant ? », poursuit-il. En face, le groupe d’adolescents est à l’écoute. « Je compte sur vous les gars, vous faites pas de bêtise », conclut Jérôme Borgeot. « C’est bien de faire ça pour les jeunes, ça évite les blessures. On est conscient des risques. Ça me fait peur, mais je sais sauter », confie Alexandre, 15 ans, adepte des plongeons depuis un an. « On essaye de leur parler avec des mots forts. C’est du travail au quotidien. On gagnera peut-être pas la guerre dessus, mais c’est important de gagner des microbatailles », assure Jérôme Borgeot.

    Interdit depuis 2006

    Les médiateurs travaillent en collaboration avec la police municipale, en signalant les plongeurs aux agents. Les sauts de plus de trois mètres de hauteur étant interdits sur l’ensemble du littoral, depuis un arrêté municipal de 2006. Une fois qu’un plongeur est repéré, son identité est relevée et il peut écoper d’une amende, allant de 38 à 150 euros. « Le plongeur a l’obligation de venir en mairie pour un rappel à la loi. Lors de cette réunion, il y a également un ancien féru de saut qui s’est blessé lors d’un plongeon et aujourd’hui paralysé. S’il se rend à la mairie, l’amende est annulée », explique Pierre-Marie Ganozzi, adjoint au maire et délégué à la sécurité. Dans le programme du maire de Marseille, figuraient un aménagement de plongeoirs et un accompagnement de la pratique. « On est en train d’analyser les choses, ce n’est pas aussi simple que ça. On verra dans un futur proche, comment on peut, ou pas, arriver à aménager le littoral. Mais pour l’instant, ça fait partie des réflexions », déclare l’adjoint au maire. Depuis le début de l’été, deux personnes se sont gravement blessées en plongeant depuis le littoral marseillais.

  • L’anse Méjean rouvre au public après des travaux de sécurisation

    L’anse Méjean rouvre au public après des travaux de sécurisation

    À la suite d’épisodes météorologiques survenus à l’automne 2025, qui avaient provoqué des glissements de terrain, des travaux de sécurisation de la falaise et du quai avaient été engagés par la Ville de Toulon et la Métropole Toulon Provence Méditerranée. Les travaux étant désormais achevés, l’anse peut à nouveau accueillir les usagers dans des conditions de sécurité optimales.

  • Le sentier du littoral de Niel est à nouveau praticable

    Le sentier du littoral de Niel est à nouveau praticable

    Après 25 ans de fermeture pour des raisons de sécurité, les randonneurs vont enfin retrouver le sourire. Le sentier du littoral du Niel à Giens, commune d’Hyères est à nouveau praticable depuis le 7 juillet. Des désordres géotechniques sur les falaises ont nécessité plus de dix ans d’études et de travaux menés par la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) et ses partenaires.

    Les travaux ont porté sur environ 800 mètres, incluant la réalisation d’ouvrages de soutènement, d’ancrages de fondations, la requalification du cheminement piéton, et la création d’un déport du sentier à l’intérieur de l’hôtel Le Provençal pour garantir la sécurité et la pérennité de la restauration. Pour une meilleure intégration paysagère, l’entrée du sentier du Niel a été déplacée de 4 à 5 mètres à l’intérieur de l’hôtel. Le montant de la restauration et de la sécurisation s’élève à 998 813 euros soit 405 113 euros pour la sécurisation des falaises et 593 700 euros de travaux de réhabilitation. À cela viennent s’ajouter le montant de la maîtrise d’œuvre de 83 900 euros et le suivi environnemental de 19 800 euros.

    Site classé Natura 2000

    C’est donc 1 102 513 euros au total de déboursés pour rendre l’accès du sentier aux promeneurs. Un projet piloté par la Métropole TPM en lien étroit avec les services de l’État, la commune d’Hyères, et les propriétaires concernés.

    Le chantier s’est déroulé dans un site classé Natura 2000 et dans le périmètre du Parc national de Port-Cros, nécessitant des procédures réglementaires spécifiques et une attention particulière aux enjeux écologiques et paysagers. Géré par TMP, le sentier du littoral, long de 52 km s’étale de Six-Fours à la presqu’île de Giens à Hyères. Un guide du sentier est édité pour informer les promeneurs sur les balades, la faune, la flore et les aspects pratiques. Des écogardes en assurent la surveillance, l’entretien et l’information des promeneurs 6 jours sur 7. Une signalétique adaptée et une lettre d’information sont également mises à disposition pour faciliter l’usage du sentier. Depuis 2003, 20 km de sentier ont été réhabilités, notamment avec la voie douce des Salins.

    L’accès en voiture au port du Niel est limité en cette saison. Des parkings gratuits sont situés au village de Giens