Tag: liquidation

  • La grève de la dernière chance à Kem One

    La grève de la dernière chance à Kem One

    La bombe sociale qui couvait à Kem One est sur le point d’éclater. Sur le pôle pétrochimique de Martigues-Lavéra, à Fos-sur-Mer, comme dans la région lyonnaise, l’ensemble des syndicats CGT du groupe pétrochimique appellent à la grève, ce mardi 31 mars, « pour défendre nos emplois et notre outil de travail », tel que le présente la coordination syndicale. Ils sont appuyés par leur fédération des industries chimiques (Fnic-CGT) et par leurs unions locales, notamment à Martigues.

    1 300 emplois sont en jeu à l’échelle nationale. « Tous les signes sont négatifs », quant à la santé financière de l’entreprise, considère Geoffrey Del Baldo, secrétaire général du syndicat CGT du site de Lavéra. Depuis notre état des lieux publié le 14 janvier, le syndicaliste poursuit son travail de « lanceur d’alerte ». Et pour cause : « Apollo a mis en vente Kem One depuis le début de l’année pour se désengager le plus vite possible », indique-t-il, à propos du fonds d’investissement, repreneur en 2021. La coordination syndicale CGT de Kem One fait état d’une dette colossale contractée par l’entreprise depuis, à hauteur de 700 millions d’euros au total, dont 230 millions « prioritaires en cas de liquidation », à comparer aux « 10 millions d’euros de dette » à la reprise en 2021. Et couplée aux « presque zéro euros d’obligations de l’entreprise sur les marchés financiers », soit un autre signal de faiblesse.

    Apollo ne répond plus

    La première des inquiétudes des syndicats est celle de l’emploi. Rien que pour le site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo fait état d’« une vingtaine de postes qui n’existent plus depuis un an et demi, deux ans », citant notamment « deux postes RH en moins, un au magasin et deux à l’inspection ». « Plein d’alternants et de CDD n’ont pas été reconduits sur le site, ce qui met en péril la formation », selon le responsable, ce qui interroge sur la politique des ressources humaines.

    D’autre part, « la direction générale nous a dit que tout était possible lors du CSE extraordinaire du 25 mars », reprend Geoffrey Del Baldo, à propos d’une liquidation ou même d’un démembrement du groupe. « La vente à des concurrents, comme à des entreprises qui ne produisent pas de PVC, ou le démembrement : il n’y a pas de limite », rapporte-t-il. « Si, demain, il y a concurrence entre nos sites, certains seront désavantagés », estime le syndicaliste, pour qui « l’affaiblissement de Kem One est celui de toute la chimie ». Ce que confirme la Fnic-CGT dans sa lettre ouverte à Emmanuel Macron, lorsqu’elle parle de la « place stratégique au cœur de la chaîne de valeur industrielle française » de Kem One, « représentant des milliers d’emplois induits », ainsi qu’un aspect stratégique en Europe face au PVC chinois à bas prix.

    Dans leur combat, les syndicalistes de Kem One peuvent compter sur le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi, qui a réagi en apportant son « soutien aux travailleurs en lutte pour la transparence et la pérennité de leurs emplois ». « Le gouvernement doit prendre la mesure de l’actualité de Kem One et agir pour pérenniser les savoir-faire et les outils de production stratégiques de notre pétrochimie », considère le sénateur. L’élu prévoit d’être représenté auprès des salariés mobilisés ce mardi, à Lavéra et à Fos-sur-Mer, pour « échanger avec eux afin de déterminer quelle sera notre action » au niveau parlementaire.

    D’autres soutiens locaux sont comptés comme le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, et Pierre Dharréville, de la direction nationale du PCF. Contactée, la direction de Kem One ne nous a pas répondu.

  • Liquidation d’Alinéa : quel avenir pour les 39 salariés de Pérols ?

    Liquidation d’Alinéa : quel avenir pour les 39 salariés de Pérols ?

    C’est le dernier rebondissement dans la saga finale d’Alinéa : le groupe roumain SDC Holding est de nouveau candidat à la reprise, après avoir pourtant retiré sa première offre à la mi-février. Un dossier a été déposé en dernière minute au tribunal le lundi 2 mars, proposant de reprendre le site, plusieurs magasins, et au moins la moitié des 1 200 employés.

    Pour mieux comprendre pourquoi cette nouvelle ne constitue pas un vrai soulagement pour les 39 salariés du magasin Alinéa de Pérols, il faut remonter quelques épisodes en arrière. Créée à Avignon en 1988, l’enseigne d’ameublement est en difficulté financière depuis une quinzaine d’années déjà. En 2020, elle avait cependant en partie été « sauvée » par la famille Mulliez, septième fortune de France qui détient, entre autres, Auchan et Décathlon. L’Association de la famille Mulliez avait alors racheté dix points de vente, dont l’antenne du centre commercial Plein Sud, à Pérols. Ce n’était là qu’un soulagement temporaire : en octobre 2025, les salariés du magasin de Pérols ont été informés que l’enseigne était placée en redressement judiciaire, après avoir perdu 47 millions d’euros l’année précédente. L’enseigne Grand Frais et le groupe roumain SDC Holding s’étaient alors portés candidats à la reprise, avant de retirer leur offre chacun leur tour. Et de la proposer de nouveau donc, en dernière minute, pour le second…

    Lionel Rigal est conseiller de vente à l’Alinéa de Pérols depuis 25 ans. Il affirme : « Il n’y a plus d’espoir depuis que SDC s’est retiré la première fois. Nous nous sommes faits à l’idée de devoir chercher du boulot ailleurs. » De fait, tout le monde s’était déjà préparé à la fermeture définitive du magasin, qui a déjà entamé un immense déstockage. De plus, le dossier du potentiel repreneur aurait reçu un avis défavorable de la part de la direction : « Le juge donnera sa décision dans dix jours, poursuit le salarié. Mais il y a très peu de chances que cela aboutisse. »

    Des salariés déboussolés

    « C’est un véritable ascenseur émotionnel », se désole Lionel Rigal. Samedi 14 février dernier, il était aux côtés de ses collègues pour manifester devant l’enseigne et demander des indemnités de départ supérieures au minimum légal. Depuis, les négociations entre le principal syndicat Sega et la direction des administrateurs ont repris. Selon Aurélie Tavernier, du syndicat Force Ouvrière 34, à date du jeudi 5 février, la dernière proposition des syndicats était une enveloppe de 10,7 millions d’euros. L’avenir de cette proposition est cependant lui aussi suspendu à la décision du tribunal d’accepter ou non l’offre de SDC Holding.

    La possible liquidation de l’enseigne représente une forme de traumatisme pour les salariés du magasin de Pérols : « Nous, le personnel, nous sommes très attachés à cette boîte, poursuit Lionel Rigal. On aimait nos produits, on en était fiers. Nous étions comme une famille. » Plusieurs facteurs expliquent ce naufrage selon lui : les mauvaises stratégies commerciales, mais aussi le contexte du secteur de l’ameublement qui se dégrade en raison de la concurrence et des changements d’habitudes de consommation des acheteurs. En attendant la fermeture définitive, prévue initialement pour la fin du mois de mars, les salariés s’étaient déjà préparés à se retrouver sur le carreau : « Ce n’est pas facile, on est tous un peu déboussolés, conclut Lionel Rigal. Les clients n’arrêtent pas de nous demander ce qu’on va devenir. Mais on ne le sait pas nous-mêmes. »

  • L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    « Si on tombe, c’est toute la filière française de bois qui est en danger. » Ce vendredi, les représentants de l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT) de l’usine de pâte à papier de Tarascon, Fibre Excellence, ont le ton grave.

    Et pour cause : leur site et ses plus de 250 salariés sont « menacés de redressement judiciaire puis de liquidation » d’ici la fin du mois de mars. « C’est ce qui a été annoncé par notre PDG lors d’un comité social et économique extraordinaire mercredi dernier, sans mesures concrètes à la mi-février, on serait en redressement à la fin mars », explique Laurent Quinto représentant de la Filpac-CGT sur le site. Le lendemain, les syndicalistes du site étaient à Bercy, où ils enchaînent des réunions depuis décembre avec le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) entre quelques rencontres avec les maires environnants et en sous-préfecture. Leur objectif ? « Sauver le site et les 5 000 emplois induits ».

    Car l’usine qui produit de la pâte à papier, à partir de bois, laquelle sert ensuite de base à de multiples formes de papiers, cartons ou emballages, tourne à plein régime. En 2025, le site tarasconnais a « battu des records de production » avec quelque 230 000 tonnes de pâte produite. Mais elle fait face à une conjoncture plus que difficile. « En 3 ans, le prix du bois a pris plus de 50% », explique Laurent Quinto, évoquant un coût de plus d’une centaine d’euros la tonne. « On vend moins de 500 euros la tonne de pâte à papier », ajoute Edwige Le Gangneux, pour la CFDT. Et il faut environ 4 tonnes de bois pour faire une tonne de pâte à papier. À partir de là, le calcul est simple : « On est quasiment à perte. »

    Le site peut donc difficilement faire face à la concurrence américaine mais il est pourtant essentiel au tissu industriel local et même national. « On est l’un des derniers acteurs de la filière papetière française », insiste Laurent Quinto. Car l’usine se targue de se fournir en « bois essentiellement français » et de faire vivre une multitude de « forestiers locaux », une partie de sa matière première fournie par l’ONF. Avec une usine sœur à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne et la reprise de la symbolique Chapelle d’Arblay par le groupe, une liquidation de l’entreprise aurait en effet des conséquences désastreuses sur l’économie forestière. Et, in fine, l’entretien des forêts en Paca et Occitanie.

    Un appel à l’aide à l’État

    L’intersyndicale s’en remet donc à l’État et aux élus locaux pour tenter de sauver le site dans un territoire au taux de chômage élevé, à près de 9% selon l’Insee. Et visiblement, ils ne peuvent pas compter sur leur actionnaire principal, Domtar (ex-Paper Excellence), pas vraiment en difficulté financière, pour mettre la main à la pâte. Rappelons que ce dernier avait fait la bonne affaire de reprendre son propre site en 2021 après l’avoir lâché, via une cessation de paiement. « L’actionnaire a dit plusieurs fois qu’il n’aiderait plus le groupe. Il a déjà fermé deux usines en deux mois au Canada, et bien plus grosses que nous », commente avec inquiétude Laurent Quinto. Les représentants des salariés ne croient pas non plus à un plan de sauvegarde : « On ne peut pas faire tourner le site avec moins de salariés. Après le dernier plan on est déjà au minimum, il n’y en aura pas d’autre », abonde Florian Berthone, pour FO. Un levier que veulent actionner les syndicats serait une revalorisation du prix de revente à EDF, donc l’État, de l’électricité que produit le site via ses résidus de bois et une turbine. Ils prennent l’exemple de la Centrale de Gardanne qui revend aux environs des 250 euros le mégawattheure, contre une centaine environ pour le site tarasconnais. « Si l’on passe à 200 euros, on sort la tête de l’eau immédiatement », assure Laurent Quinto. Une prochaine réunion à Bercy est prévue le 11 février. D’ici là, les salariés espèrent recevoir le soutien des présidents de Région respectives, Renaud Muselier et Carole Delga.

  • La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La descente aux enfers des Sang et Or fait des remous au conseil municipal de Martigues

    La dégringolade du Football club de Martigues (FCM) n’en finit pas de faire parler. Après la liquidation de la structure professionnelle, le club Sang et Or était reparti en Régional 1 en juillet dernier, les garanties financières promises par l’actionnaire n’étant pas arrivées à temps. En août, la chute des Martégaux s’était amplifiée avec une deuxième sanction, cette fois-ci de la part de la Ligue Méditerranée de Football, qui l’avait rétrogradé en Départemental 1. Au conseil municipal, jeudi dernier, l’avenir du club aux 450 licenciés a interrogé les élus.

    Le conseiller municipal d’opposition et candidat (DVD) aux municipales Jean-Luc Di Maria a décrit un FCM « aujourd’hui en 9e division et endetté jusqu’au cou », pointant la responsabilité de la majorité : « Avec 380 000 euros de subvention par an, je vous laisse comptable de cette situation. » Pourtant, la responsabilité de trouver les fonds nécessaires pour que le club s’engage en championnat national incombait à l’actionnaire américain du club.

    Éliane Isidore, conseillère municipale déléguée aux sports, a répondu : « Cette rétrogradation n’est pas due aux dettes du FCM, mais à des décisions d’instances fédérales. (…) La situation en 2025/2026 va être la même que cette année, pas moins de joueurs, pas plus de dette. Ce n’est pas à la Ville que vous devriez vous en prendre mais aux instances pour leurs décisions inconséquentes. Dans le monde du foot, on n’a jamais vu une rétrogradation de 7 divisions. »

    La Goutte d’or libérée

    Quant à la demande de Frédéric Grimaud (LFI) de mettre en place une commission d’enquête pour « comprendre la descente faramineuse » du club et s’assurer de « la bonne gestion des deniers publics », l’élue a rétorqué : « Créer une commission qui va aller éplucher les comptes, c’est du délit d’ingérence. La Ville n’a pas de pouvoir d’enquête sur les associations et c’est une bonne chose. Quand les associations sont subventionnées à cette hauteur-là, elles ont des commissaires aux comptes. Ce sont eux qui attestent de la sincérité des finances. » Un autre dossier a fait jaser : celui de la Goutte d’or. La Ville avait acheté ce bâtiment, situé au bout du cours de Jonquières, en 2019. Après six ans de contentieux pour « récupérer notre bien et pouvoir le valoriser », c’est désormais chose faite avec l’approbation d’un protocole d’accord transactionnel de 275 000 euros que la municipalité versera à la SARL la Renaissance au titre de l’indemnité d’éviction. La société demandait initialement 550 000 euros. La Ville récupérera les locaux le 15 janvier.

    Jean-Luc Di Maria a déploré le « manque de vision » de la municipalité, l’accusant d’avoir acheté sans « stratégie » ni « anticipation ». Le premier adjoint Henri Cambessedes (PCF) a affirmé : « Le service de l’urbanisme travaille masqué pour faire en sorte que, le plus vite possible, des commerçants, des notaires, des médecins puissent s’installer dans le cœur de Martigues et rehausser la qualité de notre centre-ville. »

  • Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Sapins et guirlandes de Noël sont déjà de sortie devant les Galeries Lafayette du centre commercial Cap Sud d’Avignon en ce jeudi 13 novembre, mais pas de foules à l’image de celles vues le 16 octobre dernier pour la première journée de liquidation des Galeries du centre Bourse, à Marseille.

    Dans les allées, sous un éclairage aux lumières blanches et entre les produits de marques plus ou moins connues des férus de mode, une douzaine de clients flânent en regardant parfois un produit qui attire l’œil. Parmi eux, des habitués comme Marcelle et Anita, retraitées avignonnaises du groupe Monoprix, pour qui ce « serait dommage » de voir disparaître « ce genre d’endroit symbolique qui porte un peu de chic dans la ville ». Tout en regrettant « des prix qui ont rendu inaccessibles ces produits à la plupart des gens ». « Franchement, une fermeture ne me ferait absolument rien », rit, après avoir fait les gros yeux devant les étiquettes de prix d’une veste, Nathalie. Venue avec son fils Tom, 17 ans, car ils passaient dans le coin, « c’est la première fois en 15 ans que je viens ». « Il y a presque trop de choses. À l’heure des plateformes de seconde main, je ne comprends pas ce type de magasin. Même si je conçois que ça manquera aux personnes qui ont l’habitude de s’habiller ici », abonde Tom, sac d’une enseigne de prêt-à-porter à bas prix en main.

    « Il n’y a pas de craintes de fermeture », assure Olivier Bernardi, directeur du site. Et ce, car le magasin a été affilié en 2021 par le groupe Retail Avignon, qui est aussi propriétaire des Galeries Lafayette de Béziers et Nîmes. « Les finances sont totalement dissociées. Et tout se passe bien à Avignon. En 2025, nous avons fait entrer plusieurs nouvelles marques, par exemple, et en 2024, on était en progression de 5 points », détaille le responsable.

    Un rachat qui a réorganisé le fonctionnement du magasin et chamboulé certains employés comme Jérôme*, plus de trente ans d’ancienneté et en arrêt maladie depuis plus d’un an. « Suite au rachat, la charge de travail a augmenté et on nous a supprimé nos primes alors qu’on a un salaire minable. Je ne reconnais plus mon magasin. Après tant d’années de joie, je ne peux plus approcher du centre commercial sans ressentir de l’angoisse », soupire-t-il.

    *Prénom modifié à sa demande

  • Ultime journée pour les Galeries Lafayette

    Ultime journée pour les Galeries Lafayette

    La fermeture avait été annoncée en janvier et prendra effet dès ce samedi 18h : les Galeries Lafayette marseillaises tirent définitivement leur rideau, un mois après le début de la liquidation de la marchandise. Les 145 personnes qu’employaient l’enseigne seront toutes licenciées dans la foulée. « Les Galeries n’avaient plus le prestige qu’elles ont pu avoir à l’époque, note Yacine, employé depuis un an et demi dans le magasin du Centre Bourse (1er). Et puis les habitudes changent, les gens achètent sur internet ou dans des magasins plus discount, ça ne me choque pas, c’est la demande qui évolue ». Il envisage une reconversion, dans la santé, « brancardier peut-être ». Les 145 salariés seront accompagnés par un cabinet de conseil pour mieux envisager leur avenir professionnel.

    La fin d’une époque

    Autour de Yacine, les rayons sont bien vides. Quelques articles se vendent encore, bradés jusqu’à 70%. Restent les marques qui ne « participent pas à la liquidation » : Chabrand, Lacoste et plusieurs autres exposent encore leurs articles, plein pot. à l’étage, les couloirs sont déserts. Morgan, Tommy Hilfiger, Boss, Dockers, Guess : il ne reste que les logos de ces géants du prêt à porter, dont les étals ne présentent plus une chemise. « ça fait peur quand même », souffle une cliente. Deux portants Diesel sont encore installés à l’entrée où se vendent des jeans en promo. « Bien sûr qu’on est tristes, on vient depuis l’ouverture, tonne une habituée en entrant. Quand on est du quartier, on connaît bien les lieux ! ». Patrick Durand, lui aussi fidèle de l’enseigne, voit dans cette fermeture le symbole d’un appauvrissement de la ville. « Je viens depuis que je suis gamin, j’étais là dès 77 quand ça s’appelait encore les nouvelles galeries. ça représentait quelque chose… ça ferme parce que les gens n’ont plus assez d’argent pour consommer ici », s’indigne-t-il.

    Un centre-ville moins attractif ?

    Dans une étude publiée en 2024, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Aix-Marseille établit un bilan mitigé sur l’évolution de l’attractivité du centre-ville. Alors que le taux de vacance moyen est évalué à 15% dans la zone commerciale historique, soit 4 points de plus que la moyenne nationale, l’étude constate une légère amélioration sur le secteur Vieux-Port (2e), avec un passage de 13 à 11% de vacance entre 2019 et 2024. Un périmètre qui confirme donc son positionnement convivial et festif, malgré des signes de faiblesse notés sur le Quai du Port, en lien avec un turn over important. La rue Paradis conserve, elle, son statut de première de la classe, affichant un taux de vacance à 6% et étant évaluée comme « l’axe commercial le plus dynamique ». Sur les 212 commerçants interrogés lors de l’enquête, 52% assurent constater une baisse de chiffre d’affaires, allant parfois jusqu’à moins 30%.

    Informations sur la reprise des Galeries Lafayette, dans la Rue de la République avec Benoît Payan dans nos pages.

  • Marseille : fermeture anticipée pour les Galeries Lafayette

    Marseille : fermeture anticipée pour les Galeries Lafayette

    Les deux magasins Galeries Lafayette à Marseille, au Centre Bourse dans le centre-ville et de Prado Shopping près du stade Vélodrome, vont définitivement fermer leurs portes le 15 novembre à 18h, avec deux semaines d’avance sur la date initialement prévue. Cette décision a été prise, mercredi après-midi, par la direction et les instances représentatives du personnel après le succès de la liquidation des stocks, rapportaient jeudi matin nos confrères d’ICI Provence. Si les deux magasins sont ouverts, il ne reste plus que quelques articles en vente.

  • Fermeture des Galeries Lafayette prises d’assaut

    Fermeture des Galeries Lafayette prises d’assaut

    La journée avait pourtant bien démarré hier matin, avec avant même l’ouverture des centaines de personnes massées devant les portes des Galeries Lafayette pour pouvoir accéder à la liquidation des deux grandes enseignes. Neuf cents clients étaient comptabilisés dès la première heure au Centre Bourse. Entre midi et deux, la foule n’a fait que croître et la tension aussi. Mouvements de foule, des bagarres et des tentatives de vols ont conduit la sécurité à fermer les portes du magasin en centre-ville. Au Prado, à Marseille Shopping, c’est tout le centre commercial qui a dû fermer plus tard dans l’après-midi impuissant face à l’incivisme de cette marée humaine. Les magasins rouvrent normalement aujourd’hui.

  • Liquidation aux Galeries Lafayette et la fin d’une époque

    Liquidation aux Galeries Lafayette et la fin d’une époque

    « Je suis furieuse, vraiment. C’est un si bel établissement… des produits de qualité, des vendeuses toujours attentives », lâche depuis les rayons du Centre Bourse Fadila la cinquantaine, « cliente marseillaise du 7e » précise-t-elle avant de poursuivre : « Je compare, puis j’attends les soldes. Je ne vais pas sur internet. » Tout à côté, dans le rayon foulards, où les étiquettes annoncent le -70% dès mercredi, se trouve Marie-Anne, 75 ans : « Ici, tout me plaît. C’est de la qualité, certes pas forcément à portée de bourse. Je venais déjà rue Saint-Ferréol aux Nouvelles Galeries avec ma mère qui m’habillait à Noël et à Pâques pendant les périodes de promotion. »

    Parquet au sol, tout est bien rangé par thème et mis en valeur dans les vitrines. Daniella, la vingtaine est plongée dans un bac de sacs à main. « J’aimais bien venir. Je rêve un peu dans ce magasin », lâche la jeune fille.

    Véritable vitrine pour les fabricants locaux représentant pour certains jusqu’à 50% du chiffre d’affaires, le grand stand central de créateurs marseillais accueille les visiteurs. Cigale, hirondelle, fleurs de badiane fluo, les objets de décoration signés Monochromic sont des produits d’appel avec ses classiques jamais ringard. Marseille en vacance invite à apprendre les expressions locales les plus typiques, les plus drôles. Ou encore Theline et sa signature avec un trait métallique qui symbolisent la ville. La vendeuse responsable y était… pour tout. Après le 29 novembre, ce sera le chômage, où la retraite pour nombre des salariés, majoritairement des femmes. Les 145 travailleurs des magasins du centre-ville et du Prado seront licenciés.

    La fin d’une époque

    Beaucoup d’émotion dans les rayons, pour les clientes, mais aussi pour celles qui travaillent et étiquettent la liquidation.

    Entre 1850 et 1930 parallèlement à l’essor des transports et de l’industrie, c’est l’âge d’or, les grands magasins reflètent l’évolution de la société. Ils ont révolutionné les modes de consommation tout en inventant une organisation sociale nouvelle, souvent comparée à une ruche, avec une multitude d’employés. À Marseille, ce sera 1925 pour les Dames de France rue Saint-Ferréol, devenues Nouvelles Galeries, puis fermées en 2018, pour renaître dans le centre commercial Prado la même année. Le centre Bourse inauguré en 1977, à l’époque se veut futuriste. En 2015, il fait peau neuve, avec une nouvelle façade en forme de vague, puis un agrandissement l’année suivante assorti d’une rénovation de l’intérieur entamée en début d’année 2017. Huit ans plus tard, rien n’y aura fait. Les Galeries Lafayette tirent le rideau pour laisser la place aux magasins discounts, au grand dam des pouvoirs locaux impuissants devant ce raz-de-marée.

    L’OM au Prado Shopping ?

    Au centre commercial Prado Shopping, les milliers de mètres carrés sur 4 niveaux laissés vacants par les Galeries Lafayette sont à portée de crampon du Stade Vélodrome, sur le boulevard Michelet. Selon nos confrères d’Ici Provence, l’Olympique de Marseille serait très intéressé pour créer une nouvelle boutique OM plus grande, mais aussi un restaurant aux couleurs du club. Reste à savoir ce qu’en pense le groupe Klépierre propriétaire des lieux.